Programme du XXXIème dimanche après la Pentecôte – dimanche après la Théophanie – saint Grégoire de Nysse – ton 6

Saint Grégoire de NysseParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 23 janvier 2022 du calendrier grégorien – 10 janvier 2022 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Ce dimanche est aussi celui après la Théophanie, aussi plusieurs pièces de la liturgie du jour sont-elles propres à ce dimanche, qui se situe encore dans les 8 jours d’après-fête, laquelle se clôture le 14 janvier.

Nous fêtons aussi en ce jour Sa Sainteté Gregoire, évêque de Nysse.

Saint Grégoire nait dans une famille de saints – l’une des plus célèbres de l’histoire ! -, originaire de la ville de Néocésarée, dans la province du Pont, et appartenant à la noblesse sénatoriale.

Ayant eu des aïeuls martyrs, sa grand-mère sainte Macrine l’Ancienne et son mari avaient été en outre persécutés et obligés de fuir leur ville lors des persécutions de Dioclétien et de Maximien au début du IVème siècle. Sainte Macrine avait connu enfant le célèbre saint Grégoire le Thaumaturge, évêque de Néocésarée et disciple d’Origène, lequel avait converti tout le pays à la foi chrétienne.

Ses parents étaient saint Basile l’Ancien, rhéteur de son état, et sainte Emmelia, qui, une fois veuve, embrassa la vie monastique. Il avait un oncle évêque. Ses frères et sœurs étaient sainte Macrine la Jeune, moniale, saint Basile le Grand, évêque de Césarée de Cappadoce, Naucratios, qui se fit ermite mais mourut prématurément, saint Pierre, évêque de Sébaste, Théosebie, diaconesse.

Saint Grégoire naquit aux alentours de l’an 335. Après avoir gravi les premiers échelons des ordres ecclésiastiques, il abandonna cette voie pour aller vers une vie mondaine, devint rhéteur comme son père et se maria (vers 364, mais il devint veuf assez rapidement semble-t-il). Son grand frère saint Basile le Grand le ramène cependant assez vite vers une vie plus religieuse. Il compose en 371 un Eloge de la Virginité, et est élu – contre son gré et sur l’instigation expresse de son frère Basile – évêque de Nysse, petite cité de Cappadoce, en 372, afin de fortifier le nombre d’évêques catholiques dans la province, face aux poussées de l’Arianisme alors promu par l’empereur Valens. Du reste saint Grégoire est déposé du siège de Nysse en 376 par un synode arien, et il est exilé par l’empereur. Il rentre triomphalement dans son évêché en 378 à la mort de Valens. Le 1er janvier suivant voit la mort de son frère Basile de Césarée, dont il prononce le panégyrique ; il fait de même pour sa sœur aînée sainte Macrine la Jeune, dont il partage les derniers moments, lui inspirant un traité fameux sur la mort (le Dialogue sur l’âme et la résurrection).

Après la mort de son frère Basile, il est probable que saint Grégoire se soit senti investi du devoir de poursuivre l’œuvre de son frère comme guide et référence du parti catholique contre les anti-nicéens : il participe au concile local d’Antioche de 379 puis joue un rôle prépondérant au second concile œcuménique, celui de Constantinople, réunit l’an 381 par le nouvel empereur, Théodose Ier : Grégoire apparait comme la référence théologique du concile, où on lit publiquement les deux premiers livres de son traité Contre Eunome, vaste traité contre l’Arianisme. Il est ensuite chargé de missions en Arabie, à Jérusalem et en Arménie. Le 25 août 385, il prononce à Constantinople l’éloge funèbre de la princesse Pulchérie, morte à l’âge de 6 ans, unique enfant de l’empereur Théodose Ier, et peu après, celui de l’impératrice Flacilla : saint Grégoire apparait alors comme l’orateur officiel de la cour. Après l’installation de l’empereur à Milan en 386, saint Grégoire, eut alors loisir de regagner sa ville épiscopale de Nysse et enfin se consacrer à rédiger de brillants ouvrages de théologie, d’homélies, de traités monastiques, parmi lesquels la Grande Catéchèse (386) ou encore Sur les titres des psaumes (où il développe une théologie de la musique).

Saint Grégoire de Nysse meurt vers 395. Avec son frère saint Basile de Césarée et leur ami commun saint Grégoire de Naziance, il est compté comme l’un des trois saints et grands docteurs cappadociens.

Il faut toujours prier sans se décourager. Car c’est de l’acte de prier que naît le fait d’être avec Dieu, et celui qui est avec Dieu est séparé de l’adversaire. Même si nous étendons la conversation avec Dieu à toute notre vie dans l’action de grâces et la prière, nous sommes aussi éloignés d’une forme convenable de compensation que si nous n’avions pas eu l’intention de donner même le début d’une compensation à notre bienfaiteur.
Saint Grégoire de Nysse, Première homélie sur le Notre Père.

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Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Et maintenant. Theotokion de tierce.
Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de sexte.
Kondakion : de la fête.

A la divine liturgie de saint Jean Chrysostome

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du ton dominical occurrent, auxquels on ajoute 4 tropaires de la 5ème ode du canon de la fête – œuvre de saint Côme le Mélode, évêque de Maïouma (c. 675 † vers 787) et de saint Jean Damascène (676 † 749), & 4 tropaires de la 6ème ode du canon de Sa Sainteté, œuvre de saint Jean Damascène :
1. Souviens-toi de nous, Christ Sauveur du monde, * comme sur la croix tu t’es souvenu du bon Larron, * & rends-nous dignes, seul Seigneur compatissant, ** d’avoir tous notre part en ton royaume, dans les cieux.
2. Adam, écoute, avec Eve, réjouis-toi, * car celui qui jadis vous dépouilla tous les deux * & dont la ruse nous rendit captifs ** est anéanti par la Croix du Christ.
3. Sur l’arbre de la croix, Sauveur, tu acceptas d’être cloué * pour sauver Adam de la malédiction méritée sous l’arbre défendu * et lui rendre la ressemblance à ton image, Dieu de bonté, ** ainsi que le bonheur d’habiter le Paradis.
4. En ce jour le Christ est ressuscité du tombeau, * à tout fidèle accordant l’incorruptible vie ; * aux Myrrophores il donne l’annonce de la joie ** après ses Souffrances & sa divine Résurrection.
5. Une foule innombrable s’étant rassemblée * pour être baptisée par Jean, * celui-ci se tenait au milieu et disait : * Qui vous a appris, rebelles, à éviter la colère à venir ? * Produisez donc des fruits dignes du Christ ; ** déjà par sa présence il nous donne la paix.
6. Celui qui a planté la création, * au milieu de nous se tenant comme l’un de nous, * prend possession des cœurs et, tenant en main * le van purificateur, il vanne sagement, * brûlant ce qui est stérile sur l’aire du monde entier ** pour accorder la vie éternelle à qui porte du fruit.
7. Le Créateur, voyant dans les ténèbres du péché, * tenu par de solides liens, celui qu’il façonna de ses mains, * le hisse sur ses épaules, * pour le laver dans le bouillonnement des grandes eaux ** de l’antique déshonneur qu’Adam s’était causé par son méfait.
8. Courons de tout l’élan de notre foi * vers les sources immaculées de ce flot sauveur, * fixant nos yeux sur le Verbe qui nous offre * d’un sein pur le breuvage étanchant la soif de Dieu ** comme un doux remède pour guérir le monde de son mal.
9. Toi dont l’esprit était doué d’humilité * et qui manifestais envers tous de la douceur, * Grégoire, tu t’es montré combatif ** envers ceux qui voulaient diminuer la gloire du Christ.
10. L’étrange division de la Trinité * que prônait Arius en son bavardage effronté, * Grégoire, tu l’as renversée ** entièrement par tes sages discours.
11. Lui qui pensait, dans son ignorance, qu’en la Trinité * les personnes, au lieu d’être unies, sont confondues, * Sabellius fut réfuté en ennemi de Dieu ** par toi, Grégoire bienheureux.
12. Ô Vierge, tu as enfanté * et vierge après l’enfantement tu demeuras ; * Vierge et Mère, tu portas en vérité ** celui qui porte l’univers en ses mains.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !
2. Tropaire de la fête, ton 1 : Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
3. Tropaire de Sa Sainteté, ton 4 : Dieu de nos Pères, * dont la clémence agit toujours envers nous, * n’éloigne pas de nous ta miséricorde, * mais par leurs supplications * gouverne notre vie dans la paix.
4. Kondakion du dimanche, ton 6 : De sa main, source de vie, * le Donateur de vie a ressuscité tous les morts du fond des ténèbres, * lui, le Christ Dieu, * qui a accordé la résurrection à l’homme qu’il avait façonné, * car il est le Sauveur, la résurrection et la Vie de tous, ** lui, le Dieu de l’univers.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion de Sa Sainteté, ton 2 : De l’Eglise il fut un hiérarque divin, * de la Sagesse, l’hymnographe vénéré, de Nysse, l’esprit vigilant, * avec les Anges exultant * et jouissant de la divine lumière, ** prie sans cesse pour nous tous.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion de la fête, ton 4 : En ce jour de l’Epiphanie * l’univers a vu ta gloire * car, Seigneur, tu t’es manifesté * et sur nous resplendit ta lumière ; * c’est pourquoi en pleine connaissance nous te chantons : * Tu es venu et t’es manifesté, ** Lumière inaccessible.

Prokimen
Du dimanche après la Théophanie, ton 1 :
℟. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
℣. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
De Sa Sainteté, ton 7 :
℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).

Epîtres
Du dimanche après la Théophanie : Ephésiens (§ 224) IV, 7-13.
Or la grâce a été donnée à chacun de nous, selon la mesure du don du Christ.
Du Vénérable Père : I Corinthiens (§ 151) XII, 7-11.
Or c’est un seul et même Esprit qui opère toutes ces choses, distribuant à chacun selon qu’il lui plaît.

Alleluia
Du dimanche après la Théophanie, ton 5 :
℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
℣. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
Du Vénérable Père, ton 6 :
℣. Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui a une grande affection pour ses commandements (Psaume 111, 1).

Evangiles
Du dimanche après la Théophanie : Matthieu (§ 8) IV, 12-17.
Ce peuple qui était assis dans les ténèbres a vu une grande lumière, et la lumière s’est levée sur ceux qui étaient assis dans la région de l’ombre de la mort.
De Sa Sainteté : Matthieu (§ 11) V, 14-19.
Celui donc qui violera l’un de ces moindres commandements, et qui apprendra aux hommes à les violer, sera regardé dans le royaume des cieux comme le dernier ; mais celui qui fera et enseignera, sera grand dans le royaume des cieux..

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique (de la fête)
Mégalynaire : Magnifie, mon âme, * la Toute-vénérable reine de l’armée des cieux, * la très sainte Vierge Mère de Dieu.
Hirmos : O merveille qui dépasse tout esprit, * ton enfantement, Epouse immaculée ; * par toi, Mère bénie, ayant trouvé le salut, * nous t’offrons un chant d’action de grâces mérité ** & comme bienfaitrice t’acclamons.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De Sa Sainteté : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du IVème dimanche après la Pentecôte – saint Eusèbe de Samosate – ton 3

Saint Eusèbe de SamosateParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 5 juillet 2020 du calendrier grégorien – 22 juin 2020 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint hiéromartyr Eusèbe de Samosate.

Saint Eusèbe était natif de Samosate (Σαμόσατα), appelée aussi Antioche de Commagène, ville du Nord de la Syrie sur l’Euphrate (la Samsat des Turcs, engloutie sous les eaux du barrage Atatürk créé en 1989) et ancienne capitale du petit royaume de Commagène, absorbé en 72 dans la province romaine de Syrie.

Saint Eusèbe était devenu évêque de sa ville natale de Samosate. On ne sait rien de sa vie avant l’an 361 où il participa au concile d’Antioche réuni pour élire le patriarche de cette ville. Les évêques étaient divisés entre les deux tendances nicéennes & ariennes, et on se résolut à élire saint Mélèce, personnage que les Ariens estimaient faible et indécis et qu’ils pensaient être dans leurs rangs. Le décret canonique de cette élection fut remis à saint Eusèbe de Samosate. Une fois élu, saint Mélèce proclama un courageux discours en faveur de la foi catholique devant l’empereur arien Constance II, qui ulcéré, l’exila aussitôt et chercha à annuler canoniquement son élection. L’empereur envoya un messager à Samosate demander à Eusèbe de remettre le décret canonique de l’élection de Mélèce. Eusèbe refusa, répondant qu’ayant reçu ce dépôt de la main des évêques, il ne pouvait le rendre qu’à eux-mêmes & qu’il fallait les réunir pour ce sujet. L’empereur Constance, irrité, envoya une seconde délégation lui ordonnant de rendre le décret canonique, sous peine de se voir couper la main droite. Le saint évêque, ayant lu la lettre sans s’effrayer, présenta ses deux mains, disant qu’on pouvait les couper, mais qu’il ne rendrait jamais cet acte, qui était une conviction manifeste de l’impiété des Ariens. Cette réponse courageuse fut admirée de l’empereur lui-même.

Julien l’Apostat (361-363), ayant succédé à Constance II, s’emploie à restaurer le culte des idoles. Saint Eusèbe, déguisé en soldat et portant une tiare, parcourt alors la Syrie, la Phénicie & la Palestine ravagées par la persécution, exhortant les chrétiens à la fidélité et ordonnant clandestinement des clercs, des diacres, des prêtres et des évêques.

En 363, Eusèbe participe à un concile de 27 évêques syriens réuni à Antioche autour de saint Mélèce et y signe le Symbole de Nicée, à la suite d’une lettre synodale que le concile adresse au nouvel empereur Jovien, un chrétien qui a succédé à Julien l’Apostat. Cette lettre met l’accent sur le terme « consubstantiel », mais l’explique en disant qu’il est un équivalent de « semblable en substance », dans une volonté manifeste de réconciliation avec les franges les moins hérétiques du parti arien.

Ayant montré son courage lors de la persécution arienne de Constance et celle païenne de Julien l’Apostat, Eusèbe est tenu en haute estime par les chrétiens de son temps. C’est ainsi que saint Basile le Grand, encore jeune prêtre, lui écrit en 368 (Lettre 27) et le considère comme un père spirituel, estimant que la Sagesse personnifiée du livre des Proverbes au chapitre IX figure l’image de l’Esprit Saint qui habite ce confesseur de la foi.

Justement, en 370, le siège de Césarée de Cappadoce devient vacant, et saint Grégoire de Naziance l’Ancien, le père du Théologien, appelle saint Eusèbe pour présider à l’élection du nouvel évêque de Césarée, quoique cette ville ne soit pas de sa province ecclésiastique. L’assemblée des évêques choisit d’élire saint Basile et l’amitié des deux saints continua de grandir. Basile écrivit de très nombreuses lettres à Eusèbe, allant lui rendre visite à Samosate pour y goûter « le miel si doux et si agréable de cette Eglise » (cf. Lettres 145 & 157). Ces nombreuses lettres de saint Basile témoignent du zèle apostolique de saint Eusèbe. Malheureusement, aucune des lettres d’Eusèbe n’a été conservée. Saint Basile l’appelle « le généreux défenseur de la foi et le protecteur infatigable des Eglises ». Grégoire le Théologien – qui entretint également une correspondance importante avec saint Eusèbe – salue en lui « la colonne et le fondement de l’Église, le luminaire du monde, la règle de la foi et l’ambassadeur de la vérité. »

Saint Eusèbe était resté sur son siège au milieu de la persécution du nouvel empereur Valens (364-378), qui cherchait à imposer l’arianisme. Cependant ce prince fit exiler Mélèce en Arménie et, en 374, choisit de déposer Eusèbe de son siège de Samosate et de l’exiler en Thrace. Aux messagers de l’empereur qui lui apportaient cet ordre, Eusèbe dit de cacher le motif de leur venue, « car si le peuple, dit-il, en avait connaissance, comme il a été élevé dans le zèle de la religion, il vous noierait dans le fleuve, & on me rendrait responsable de votre mort ». Eusèbe célébra les vêpres dans sa cathédrale comme à l’ordinaire puis partit de nuit avec les envoyés de l’empereur et descendit le fleuve jusqu’à Zeugma. Dès le lendemain, tous les habitants de Samosate se jetèrent dans des barques à la poursuite de saint Eusèbe pour le retenir et refusèrent de le laisser partir plus loin. Le saint évêque leur lut alors le passage de l’Apôtre qui commande d’obéir aux princes. On le laissa partir, non sans avoir tenté de le combler de cadeaux, qu’il refusa. Exilé en Thrace, saint Eusèbe continua une correspondance active avec ses amis saint Basile le Grand et saint Grégoire de Naziance le Théologien. Il échappa en particulier aux massacres perpétrés par les Goths qui envahirent plusieurs fois cette province. Successivement, deux évêques ariens furent nommé par l’empereur pour occuper le siège de Samosate mais le peuple manifesta sa parfaite fidélité à l’orthodoxie. Le premier évêque arien s’appelait Eunome, personnage plutôt doux, mais aucun habitant de la ville ne voulut se tenir dans une assemblée liturgique en sa présence, ni même lui adresser la parole ou le fréquenter, de sorte que, découragé, il démissionna. Le second s’appelait Lucius et tenta d’employer des manières plus contraignantes, exilant les prêtres & clercs fidèles à la foi catholique orthodoxe exprimée au concile de Nicée, mais ne parvint pas davantage à rallier les habitants, qui évitaient soigneusement tout contact avec lui, le considérant comme impur.

Fin 377 – début 378, le pape Damase réunit un concile à Rome en présence de saint Pierre d’Alexandrie qui avait été chassé de son siège patriarcal par les Ariens. Au cours des débats, saint Pierre d’Alexandrie compta au rang des hérétiques ariens saint Mélèce d’Antioche et saint Eusèbe de Samosate, ce qui provoqua la stupeur puis la colère du prêtre Dorothée, légat de saint Basile de Césarée auprès du Pape. Saint Pierre d’Alexandrie retenait que saint Mélèce avait été élu par une partie des évêques ariens, et citait la profession de foi du concile d’Antioche de 363. Saint Basile lui-même dut intervenir auprès de saint Pierre d’Alexandrie, assurant de l’orthodoxie de Mélèce et d’Eusèbe et rappelant que les souffrances & l’exil que ces deux saints souffraient des Ariens étaient la meilleure preuve de leur catholicité (Lettre 263).

En 378 enfin, le nouvel empereur Gratien rétablit la liberté de l’Église et rappela tous les nombreux évêques qui avaient été exilés par Valens pour leur foi. Eusèbe revint à Samosate et assista au concile d’Antioche de 379 où il est marqué le premier après saint Mélèce d’Antioche dans la liste des pères conciliaires.

Dès son retour d’exil, le soucis constant d’Eusèbe fut de placer de nouveaux pasteurs sur les sièges resté vacants par suite de la persécution de Valens, soit en les sacrant lui-même, soit en assistant à leur élection.

Le 22 juin 379, comme il entrait dans la ville de Dolique (Dolikha, petite cité de Commagène à 41 miles de Samosate, alors infectée fortement par l’arianisme) pour y introniser Maris, le nouvel évêque qu’il avait déjà ordonné, il reçut une tuile sur la tête lancée par une adepte de l’arianisme du haut d’un toit. Avant de mourir, priant pour ses ennemis, il exhorta le peuple à ne pas poursuivre la coupable, leur rappelant les paroles de Notre Seigneur sur la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font », ainsi que celles de saint Etienne le Protomartyr : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ».

Les officiers de la justice impériale tentèrent de poursuivre la coupable, mais c’est le peuple catholique qui obtint en effet qu’elle ne soit point punie, conformément à la demande du saint pasteur.

« Telle fut, dit Théodoret (Histoire ecclésiastique, livre V, chapitre 4), la fin de la vie sainte et de tant de combats et de si glorieux travaux du grand Eusèbe, qu’il avait endurés. Après avoir échappé à la fureur des barbares dans la Thrace, il ne put éviter la cruauté des hérétiques : mais leur inhumanité ne servit qu’à lui acquérir la couronne du martyre ».

Saint Eusèbe de Samosate est fêté au 21 juin dans le rit romain :

Le même jour, saint Eusèbe, évêque de Samosate ; qui du temps de l’Empereur Constance, Arien, visitait secrètement les Eglises des Orthodoxes, déguisé sous l’habit de soldat, pour les affermir en la foi catholique ; ensuite sous Valens, il fut exilé en Thrace ; mais la paix ayant été rendue à l’Eglise du temps de Théodose, il fut rappelé de son exil ; & s’étant remis à visiter les Eglises, une femme arienne lui jeta une tuile du haut d’une maison, dont il eut la tête fracassée, & ainsi mourut martyr.
Martyrologe romain

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire du Hiéromartyr. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : 8 tropaires du dimanche, ton 3 :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Aux Myrrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant : Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
7. Fidèles chantons le Père, le Fils, le Saint-Esprit, * un seul Dieu, un seul Seigneur, * car la Trinité, soleil unique au trine éclat, * illumine tous ceux qui lui crient : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
8. Réjouis-toi, divine Porte que franchit, * sans en briser les scellés, * le Créateur lorsqu’il prit chair de toi, * Nuée légère portant le Christ, divine ondée ; * réjouis-toi, Echelle et Trône des cieux ; ** réjouis-toi, Montagne sainte, fertile et n’ayant pas subi d’entaille.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Tropaire du Hiéromartyr, ton 4 : Comme tu as pris part aux travaux des Apôtres et que tu as siégé sur leur trône, * tu as ainsi expérimenté que leur activité était une voie vers la vision divine, O divinement inspiré ! * C’est pourquoi, témoignant de la parole de vérité, * tu as souffert pour la Foi jusqu’à l’effusion de ton sang, * O hiéromartyr Eusèbe ! * prie le Christ-Dieu ** afin qu’il sauve nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du Hiéromartyr, ton 4 : Ayant vécu saintement dans l’épiscopat * et pris le chemin des martyrs, * pontife Eusèbe, tu as éteint les foyers de l’hérésie ; * par le crédit que tu possèdes auprès de du Christ Dieu ** prie le afin qu’il sauve nos âmes.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 3 : Tu es ressuscité aujourd’hui du tombeau, ô Miséricordieux, * et Tu nous as écartés des portes de la mort. * Aujourd’hui Adam exulte et Ève se réjouit ; * avec eux prophètes et patriarches ne cessent de chanter ** la force divine de ta puissance.

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
℟. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
℣. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).

Epître
Du dimanche : Romains (§ 93) VI, 18-23.
Car la mort est la solde et le payement du péché ; mais la vie éternelle est une grâce et un don de Dieu, en Jésus-Christ notre Seigneur.

Alleluia
Du dimanche, ton 4 :
℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 25) VIII, 5-13.
Mais le centenier lui répondit : Seigneur ! je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison ; mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1) Alleluia, alleluia, alleluia.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Programme du XXVIIème dimanche après la Pentecôte – saint Philarète de Moscou – ton 2

Saint Philarète, métropolite de MoscouParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 2 décembre 2018 du calendrier grégorien – 19 novembre 2018 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Carême de Noël. Nous fêtons aussi en ce jour Sa Sainteté Philarète, métropolite de Moscou et de Kolomna.

Philarète fut une figure marquante du renouveau de l’orthodoxie russe au XIXème siècle. Né Vassili Mikhaïlovitch Drozdov, il avait reçu la tonsure monastique et son nom de Philarète durant ses études de théologie à la Laure de la Trinité-Saint-Serge. Ordonné prêtre en 1809, il enseigne à l’Académie théologique de Saint-Pétersbourg. Ayant lu les orateurs français, Massillon, Bourdaloue et Fénelon, il délivra des homélies qui sont des chefs-d’œuvre d’éloquence, comme ses sermons du Vendredi Saint 1813 et 1816. Il prêche et écrit beaucoup ; en particulier sont publiés en 1815 ses « Entretiens d’un sceptique et d’un croyant sur l’orthodoxie de l’Église orientale » et en 1823 son « Catéchisme détaillé de l’Église catholique orthodoxe d’Orient« , écrit sur le modèle des catéchismes catholiques par questions et réponses de la Contre-Réforme tridentine, ces ouvrages auront beaucoup de succès et d’influence. Nommé métropolite de Moscou en 1826, il s’oppose l’année suivante au projet du général Morder d’une réforme du Saint-Synode sur le modèle du consistoire protestant, ce qui lui vaudra beaucoup d’ennemis. Il soutiendra tous ceux qui oeuvraient à la renaissance de la spiritualité, en particulier les pères du célèbre monastère d’Optino ou les moniales de Diveyevo, couvent fondé par saint Séraphim de Sarov. Il sera aussi à l’origine de la traduction de la Bible en russe moderne.

Seigneur! Je ne sais pas que te demander. Tu es seul à savoir ce qui m’est nécessaire. Tu m’aimes davantage que je ne puis m’aimer moi-même. Accorde-moi, à moi ton serviteur, de voir ce que je suis incapable de demander par moi-même. Je n’ose demander ni la croix, ni la consolation. Je me tiens seulement devant toi. Mon cœur t’est ouvert. Tu vois les besoins que j’ignore. Vois et agis selon ta miséricorde. Frappe-moi et guéris-moi. Terrasse-moi et relève-moi. Je révère ta volonté, et je me tais devant toi, devant ta volonté sainte, devant tes arrêts impénétrables. Je me donne à toi entièrement. Il n `y a en moi ni volonté, ni désir, si ce n’est le désir d’accomplir ta volonté. Enseigne-moi à prier. Prie toi-même au-dedans de moi.”

Enterré en 1867 dans l’église Saint-Philarète sur le territoire de la laure de la Trinité-Saint-Serg, cette église fut rasée dans les années 1939-1940 par les Communistes. En 1994, une commission d’archéologues entreprit, avec la bénédiction du patriarche Alexis et de l’archimandrite de la Laure, à creuser sous l’asphalte. A plus de 2 mètres a été découvert le corps incorrompu de saint Philarète. La canonisation de saint Philarète par l’Eglise russe eut lieu en 1995.

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Nous fêtons aussi en ce jour saint Barlaam de Césarée, martyr. Saint Barlaam, d’humble naissance, était originaire des environs d’Antioche.

Durant la persécution de Dioclétien, il fut jeté en prison. Traduit devant le juge, qui se moqua de son langage rustique, on le déchira à coups de fouets et avec des ongles de fer jusqu’à lui ouvrir les côtés. Barlaam demeurait constant dans sa foi au Christ durant ces divers supplices. Le juge inventa alors un supplice nouveau pour l’obliger à sacrifier : l’ayant fait mener près d’un autel païen dédié aux faux dieux où l’on avait allumé du feu pour un sacrifice, les païens lui prirent la main, la remplirent d’encens & de charbons brûlant et la lui tinrent immédiatement au dessus du feu, espérant que n’en pouvant supporter l’ardeur, il jetterait les charbons et l’encens sur l’autel.

Mais saint Barlaam conserva sa main fermée et préféra être brûlé que de faire mine de sacrifier aux idoles.

Supportant dans sa main la braise avec l’encens,
Barlaam encensa le seul Dieu tout-puissant.
Par ses saintes prières, ô notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous. Amen.
Synaxaire du jour.

Saint Jean Chrysostome & saint Basile ont laissé deux homélies prêchées en l’honneur de saint Barlaam. Toutes deux paraissent indiquer qu’elles ont été prononcées près du tombeau du martyr, mais saint Jean Chrysostome a donné la sienne à Antioche et saint Basile à Césarée de Cappadoce. On pense d’ordinaire que saint Barlaam, originaire d’Antioche, a été martyrisé à Césarée où était son tombeau, mais qu’une église lui était dédiée dans la ville d’Antioche, sa patrie. Cette église est du reste attestée vers l’an 480.

Le rit romain commémore également au 19 novembre saint Barlaam. Voici la notice que lui consacre le Martyrologe romain :

A Césarée de Cappadoce, saint Barlaam, martyr. Quoiqu’ignorant & inculte, il triompha du tyran par la sagesse dont le Christ le remplit ; il surmonta même la violence du feu par la constance invincible de sa foi. En son jour anniversaire, saint Basile le Grand prononça un célèbre discours.

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Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Kondakion : de Sa Sainteté.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 2, & 4 tropaires de la 3ème ode du canon de Sa Sainteté :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Au plus profond de l’Enfer, * lorsqu’ils virent ta clarté, * ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort, ** ô Christ, se levèrent, ressuscités.
6. Ressuscité du tombeau, * tu vins au-devant des Myrrophores, * et les Disciples reçurent la mission ** de proclamer ta Résurrection.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : * Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire de Sa Sainteté, ton 4 : Ayant acquis la grâce de l’Esprit Saint, * ô hiérarque Philarète sage en Dieu, * tu prêchas la vérité et la justice aux hommes * grâce à ton esprit illuminé ; * tu manifestas la paix et la miséricorde * à ceux qui souffraient * et tu gardas le troupeau de Russie, * comme un maître de foi et un gardien vigilant, * par le bâton de la droiture. * Aussi, ayant de la liberté auprès du Christ Dieu, * prie-Le d’accorder l’affermissement à l’Église ** et à nos âmes le salut.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de Sa Sainteté, ton 2 : Comme un véritable imitateur de saint Serge, tu aimas la vertu depuis ta jeunesse, ô Philarète bienheureux en Dieu. Comme un pasteur juste et un confesseur immaculé, tu subis les outrages et les insultes des athées après ton saint trépas ; mais Dieu t’a glorifié par des signes et des miracles et t’a manifesté comme protecteur de notre Église.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
℣. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
De Sa Sainteté, ton 1 :
℟. Ma bouche annonce la sagesse, & le murmure de mon cœur, l’intelligence (Psaume 48, 4).

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 233) VI, 10-17.
Prenez encore le casque du salut, et l’épée spirituelle qui est la parole de Dieu.
De Sa Sainteté : le hasard du calendrier fait que l’épitre de Sa Sainteté Philarète de Moscou est également la même que celle de ce XXVIIème dimanche après la Pentecôte.

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
℣. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
℣. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
De Sa Sainteté, ton 2 :
℣. La bouche du juste méditera la sagesse ; et sa langue parlera selon l’équité et la justice. (Psaume 36, 30).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 66) XII, 16-21.
Mais Dieu dit à cet homme : Insensé que tu es ! on va te redemander ton âme cette nuit même ; et pour qui sera ce que tu as amassé ?
De Sa Sainteté : Matthieu (§ 11) V, 14–19.
Celui donc qui violera l’un de ces moindres commandements, et qui apprendra aux hommes à les violer, sera regardé dans le royaume des cieux comme le dernier ; mais celui qui fera et enseignera, sera grand dans le royaume des cieux.

Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De Sa Sainteté : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du Vème dimanche après la Pentecôte – saint Eusèbe de Samosate – ton 4

Saint Eusèbe de SamosateParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 5 juillet 2015 du calendrier grégorien – 22 juin 2015 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint hiéromartyr Eusèbe de Samosate.

Saint Eusèbe était natif de Samosate (Σαμόσατα), appelée aussi Antioche de Commagène, ville du Nord de la Syrie sur l’Euphrate (la Samsat des Turcs, engloutie sous les eaux du barrage Atatürk créé en 1989) et ancienne capitale du petit royaume de Commagène, absorbé en 72 dans la province romaine de Syrie.

Saint Eusèbe était devenu évêque de sa ville natale de Samosate. On ne sait rien de sa vie avant l’an 361 où il participa au concile d’Antioche réuni pour élire le patriarche de cette ville. Les évêques étaient divisés entre les deux tendances nicéennes & ariennes, et on se résolut à élire saint Mélèce, personnage que les Ariens estimaient faible et indécis et qu’ils pensaient être dans leurs rangs. Le décret canonique de cette élection fut remis à saint Eusèbe de Samosate. Une fois élu, saint Mélèce proclama un courageux discours en faveur de la foi catholique devant l’empereur arien Constance II, qui ulcéré, l’exila aussitôt et chercha à annuler canoniquement son élection. L’empereur envoya un messager à Samosate demander à Eusèbe de remettre le décret canonique de l’élection de Mélèce. Eusébe refusa, répondant qu’ayant reçu ce dépôt de la main des évêques, il ne pouvait le rendre qu’à eux-mêmes & qu’il fallait les réunir pour ce sujet. L’empereur Constance, irrité, envoya une seconde délégation lui ordonnant de rendre le décret canonique, sous peine de se voir couper la main droite. Le saint évêque, ayant lu la lettre sans s’effrayer, présenta ses deux mains, disant qu’on pouvait les couper, mais qu’il ne rendrait jamais cet acte, qui était une conviction manifeste de l’impiété des Ariens. Cette réponse courageuse fut admirée de l’empereur lui-même.

Julien l’Apostat (361-363), ayant succédé à Constance II, s’emploie à restaurer le culte des idoles. Saint Eusèbe, déguisé en soldat et portant une tiare, parcourt alors la Syrie, la Phénicie & la Palestine ravagées par la persécution, exhortant les chrétiens à la fidélité et ordonnant clandestinement des clercs, des diacres, des prêtres et des évêques.

En 363, Eusèbe participe à un concile de 27 évêques syriens réuni à Antioche autour de saint Mélèce et y signe le Symbole de Nicée, à la suite d’une lettre synodale que le concile adresse au nouvel empereur Jovien, un chrétien qui a succédé à Julien l’Apostat. Cette lettre met l’accent sur le terme « consubstantiel », mais l’explique en disant qu’il est un équivalent de « semblable en substance », dans une volonté manifeste de réconciliation avec les franges les moins hérétiques du parti arien.

Ayant montré son courage lors de la persécution arienne de Constance et celle païenne de Julien l’Apostat, Eusèbe est tenu en haute estime par les chrétiens de son temps. C’est ainsi que saint Basile le Grand, encore jeune prêtre, lui écrit en 368 (Lettre 27) et le considère comme un père spirituel, estimant que la Sagesse personnifiée du livre des Proverbes au chapitre 9 figure l’image de l’Esprit Saint qui habite ce confesseur de la foi.

Justement, en 370, le siège de Césarée de Cappadoce devient vacant, et saint Grégoire de Naziance l’Ancien, le père du Théologien, appelle saint Eusèbe pour présider à l’élection du nouvel évêque de Césarée, quoique cette ville ne soit pas de sa province ecclésiastique. L’assemblée des évêques choisit d’élire saint Basile et l’amitié des deux saints continua de grandir. Basile écrivit de très nombreuses lettres à Eusèbe, allant lui rendre visite à Samosate pour y goûter « le miel si doux et si agréable de cette Eglise » (cf. Lettres 145 & 157). Ces nombreuses lettres de saint Basile témoignent du zèle apostolique de saint Eusèbe. Malheureusement, aucune des lettres d’Eusèbe n’a été conservée. Saint Basile l’appelle « le généreux défenseur de la foi et le protecteur infatigable des Eglises ». Grégoire le Théologien – qui entretint également une correspondance importante avec saint Eusèbe – salue en lui « la colonne et le fondement de l’Église, le luminaire du monde, la règle de la foi et l’ambassadeur de la vérité. »

Saint Eusèbe était resté sur son siège au milieu de la persécution du nouvel empereur Valens (364-378), qui cherchait à imposer l’arianisme. Cependant ce prince fit exiler Mélèce en Arménie et, en 374, choisit de déposer Eusèbe de son siège de Samosate et de l’exiler en Thrace. Aux messagers de l’empereur qui lui apportaient cet ordre, Eusèbe dit de cacher le motif de leur venue, « car si le peuple, dit-il, en avait connaissance, comme il a été élevé dans le zèle de la religion, il vous noierait dans le fleuve, & on me rendrait responsable de votre mort ». Eusèbe célébra les vêpres dans sa cathédrale comme à l’ordinaire puis partit de nuit avec les envoyés de l’empereur et descendit le fleuve jusqu’à Zeugma. Dès le lendemain, tous les habitants de Samosate se jetèrent dans des barques à la poursuite de saint Eusèbe pour le retenir et refusèrent de le laisser partir plus loin. Le saint évêque leur lut alors le passage de l’Apôtre qui commande d’obéir aux princes. On le laissa partir, non sans avoir tenté de le combler de cadeaux, qu’il refusa. Exilé en Thrace, saint Eusèbe continua une correspondance active avec ses amis saint Basile le Grand et saint Grégoire de Naziance le Théologien. Il échappa en particulier aux massacres perpétrés par les Goths qui envahirent plusieurs fois cette province. Successivement, deux évêques ariens furent nommé par l’empereur pour occuper le siège de Samosate mais le peuple manifesta sa parfaite fidélité à l’orthodoxie. Le premier évêque arien s’appelait Eunome, personnage plutôt doux, mais aucun habitant de la ville ne voulut se tenir dans une assemblée liturgique en sa présence, ni même lui adresser la parole ou le fréquenter, de sorte que, découragé, il démissionna. Le second s’appelait Lucius et tenta d’employer des manières plus contraignantes, exilant les prêtres & clercs fidèles à la foi catholique orthodoxe exprimée au concile de Nicée, mais ne parvint pas davantage à rallier les habitants, qui évitaient soigneusement tout contact avec lui, le considérant comme impur.

Fin 377 – début 378, le pape Damase réunit un concile à Rome en présence de saint Pierre d’Alexandrie qui avait été chassé de son siège patriarcal par les Ariens. Au cours des débats, saint Pierre d’Alexandrie compta au rang des hérétiques ariens saint Mélèce d’Antioche et saint Eusèbe de Samosate, ce qui provoqua la stupeur puis la colère du prêtre Dorothée, légat de saint Basile de Césarée auprès du Pape. Saint Pierre d’Alexandrie retenait que saint Mélèce avait été élu par une partie des évêques ariens, et citait la profession de foi du concile d’Antioche de 363. Saint Basile lui-même dut intervenir auprès de saint Pierre d’Alexandrie, assurant de l’orthodoxie de Mélèce et d’Eusèbe et rappelant que les souffrances & l’exil que ces deux saints souffraient des Ariens étaient la meilleure preuve de leur catholicité (Lettre 263).

En 378 enfin, le nouvel empereur Gratien rétablit la liberté de l’Église et rappela tous les nombreux évêques qui avaient été exilés par Valens pour leur foi. Eusèbe revint à Samosate et assista au concile d’Antioche de 379 où il est marqué le premier après saint Mélèce d’Antioche dans la liste des pères conciliaires.

Dès son retour d’exil, le soucis constant d’Eusèbe fut de placer de nouveaux pasteurs sur les sièges resté vacants par suite de la persécution de Valens, soit en les sacrant lui-même, soit en assistant à leur élection.

Le 22 juin 379, comme il entrait dans la ville de Dolique (Dolikha, petite cité de Commagène à 41 miles de Samosate, alors infectée fortement par l’arianisme) pour y introniser Maris, le nouvel évêque qu’il avait déjà ordonné, il reçut une tuile sur la tête lancée par une adepte de l’arianisme du haut d’un toit. Avant de mourir, priant pour ses ennemis, il exhorta le peuple à ne pas poursuivre la coupable, leur rappelant les paroles de Notre Seigneur sur la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font », ainsi que celles de saint Etienne le Protomartyr : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ».

Les officiers de la justice impériale tentèrent de poursuivre la coupable, mais c’est le peuple catholique qui obtint en effet qu’elle ne soit point punie, conformément à la demande du saint pasteur.

« Telle fut, dit Théodoret (Histoire ecclésiastique, livre V, chapitre 4), la fin de la vie sainte et de tant de combats et de si glorieux travaux du grand Eusèbe, qu’il avait endurés. Après avoir échappé à la fureur des barbares dans la Thrace, il ne put éviter la cruauté des hérétiques : mais leur inhumanité ne servit qu’à lui acquérir la couronne du martyre ».

Saint Eusèbe de Samosate est fêté au 21 juin dans le rit romain.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire du Hiéromartyr. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : 8 tropaires du dimanche, ton 4 :
1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Pour nous l’Impassible devient homme de douleur * et sur la croix se laisse clouer, * afin de nous ressusciter avec lui ; * aussi nous glorifions avec la Croix * les Souffrances & la sainte Résurrection * par lesquelles nous fûmes rénovés, * obtenant le salut en criant : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
6. Ressuscité d’entre les morts * et dépouillant l’empire de la Mort, * il apparut aux Myrrophores, leur annonçant la joie ; * et nous fidèles, prions-le * d’épargner à nos âmes la corruption, * lui répétant sans cesse la parole du bon Larron : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
7. Fidèles, glorifions d’un même cœur * le Père, le Fils & l’Esprit saint, * invoquons en trois personnes l’unique Divinité * indivisible, inaccessible, sans confusion, ** qui nous sauve des flammes du châtiment.
8. Ta mère, Seigneur, t’enfanta virginalement * et vierge elle est demeurée même après l’enfantement : * c’est elle que nous te présentons pour intercéder auprès de toi : * accorde à sa prière le pardon des péchés * pour ceux qui ne cessent de te crier : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleine de fierté, aux apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
2. Tropaire du Hiéromartyr, ton 4 : Comme tu as pris part aux travaux des Apôtres et que tu as siégé sur leur trône, * tu as ainsi expérimenté que leur activité était une voie vers la vision divine, * O divinement inspiré ! * C’est pourquoi, témoignant de la parole de vérité, * tu as souffert pour la Foi jusqu’à l’effusion de ton sang, * O hiéromartyr Eusèbe ! * Supplie le Christ-Dieu ** que nos âmes soient sauvées.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du Hiéromartyr, ton 4 : Ayant vécu saintement dans l’épiscopat * et pris le chemin des martyrs, * pontife Eusèbe, tu as éteint * les foyers de l’hérésie ; * par le crédit que tu possèdes auprès de lui * prie le Christ notre Dieu ** d’accorder à nos âmes le salut.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon Sauveur & mon libérateur * a ressuscité tous les mortels, * les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau ; * il a brisé les portes de l’Enfer ** et en maître souverain il est ressuscité le troisième jour.

Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
℟. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
℣. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).

Epître
Du dimanche : Romains (§ 103) X, 1-10.
Si vous confessez de bouche que Jésus est le Seigneur, et si vous croyez de cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, vous serez sauvé.

Alleluia
Du dimanche, ton 4 :
℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 28) VIII, 28 à IX, 1.
Deux possédés qui étaient si furieux que personne n’osait passer par ce chemin-là, sortirent des sépulcres, et vinrent au-devant de lui ; ils se mirent en même temps à crier, et à lui dire : Jésus, fils de Dieu ! qu’y a-t-il entre vous et nous ?

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).

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Programme du XXVIème dimanche après la Pentecôte – saint Barlaam – ton 1

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 2 décembre 2012 du calendrier grégorien – 19 novembre 2012 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton I de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour saint Barlaam de Césarée, martyr. Saint Barlaam, d’humble naissance, était originaire des environs d’Antioche. Durant la persécution de Dioclétien, il fut jeté en prison. Traduit devant le juge, qui se moqua de son langage rustique, on le déchira à coups de fouets et avec des ongles de fer jusqu’à lui ouvrir les côtés. Barlaam demeurait constant dans sa foi au Christ durant ces divers supplices. Le juge inventa alors un supplice nouveau pour l’obliger à sacrifier : l’ayant fait mener près d’un autel païen dédié aux faux dieux où l’on avait allumé du feu pour un sacrifice, les païens lui prirent la main, la remplirent d’encens & de charbons brûlant et la lui tinrent immédiatement au dessus du feu, espérant que n’en pouvant supporter l’ardeur, il jetterait les charbons et l’encens sur l’autel. Mais saint Barlaam conserva sa main fermée et préféra être brûlé que de faire mine de sacrifier aux idoles.

Supportant dans sa main la braise avec l’encens,
Barlaam encensa le seul Dieu tout-puissant.
Par ses saintes prières, ô notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous. Amen. Synaxaire du jour.

Saint Jean Chrysostome & saint Basile ont laissé deux homélies prêchées en l’honneur de saint Barlaam. Toutes deux paraissent indiquer qu’elles ont été prononcées près du tombeau du martyr, mais saint Jean Chrysostome a donné la sienne à Antioche et saint Basile à Césarée de Cappadoce. On pense d’ordinaire que saint Barlaam, originaire d’Antioche, a été martyrisé à Césarée où était son tombeau, mais qu’une église lui était dédiée dans la ville d’Antioche, sa patrie. Cette église est du reste attestée vers l’an 480.

Le rit romain commémore également au 19 novembre saint Barlaam. Voici la notice que lui consacre le Martyrologe romain :

A Césarée de Cappadoce, saint Barlaam, martyr. Quoiqu’ignorant & inculte, il triompha du tyran par la sagesse dont le Christ le remplit ; il surmonta même la violence du feu par la constance invincible de sa foi. En son jour anniversaire, saint Basile le Grand prononça un célèbre discours.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du martyr. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du martyr.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du martyr. Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical occurent et 4 tropaires de la 3ème ode du canon du saint :
1. La consistance de ta chair * et l’harmonie de tes membres, saint Martyr, * ont cédé totalement ; ** mais la vigueur de ton âme n’en fut pas brisée.
2. Tu supportas vaillamment les coups * de ceux qui labourèrent tes flancs, * illustre Martyr, et tu montras ** la plus grande fermeté.
3. Qui pourra faire, Bienheureux, * les éloges te convenant * pour ta vigoureuse fermeté ** et pour tes inflexibles sentiments ?
4. Epouse toute-pure de Dieu, * la corruption de la mort fut arrêtée * lorsque de ton sein est apparue ** dans la chair la Vie personnifiée.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »
2. Tropaire du martyr, ton 4 : Ton Martyr Varlaam, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; ** par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du martyr, ton 4 : Resplendissant de force en ton holocauste, saint Martyr, * tu t’es offert au Christ notre Dieu * en agréable sacrifice d’encens ; * toi qui as reçu la couronne de gloire, Barlaam, ** intercède sans cesse pour nous.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.

Prokimen
1. Du dimanche, ton 1 :
℟. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
℣. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
[Du martyr, ton 7 :
℟. Le juste a sa joie dans le Seigneur, et en lui il se réfugie (Psaume 63, 11).]

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 229) V, 8-19.
[Du martyr : Ephésiens (§ 233) VI, 10-17.]

Alleluia
Du dimanche, ton 1 :
℣. C’est Dieu qui me donne les vengeances & prosterne les peuples sous moi (Psaume 17, 48).
℣. Il multiplie pour son roi les délivrances et montre de l’amour pour son Christ (Psaume 17, 51).
[Du martyr, ton 4 :
℣. Les justes crient, le Seigneur les écoute, et de toutes leurs angoisses il les délivre (Psaume 33, 18).]

Evangile
Du dimanche : Luc (§ 66) XII, 16-21.
[Du martyr : Matthieu (§ 11) V, 14-19.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Du martyr : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.