Programme du Vendredi des Quatre-Temps de l’Avent

Saint-Eugène, le vendredi 16 décembre 2022, grand’messe en rit romain traditionnel de 19h.

> Catéchisme sur les Quatre-Temps

La semaine qui suit le dimanche de Gaudete, l’Eglise romaine célèbre le jeûne des Quatre-Temps de l’Avent. Les Quatre-Temps sont des jours spéciaux de prière et de pénitence qui surviennent le mercredi, le vendredi et le samedi de la semaine, quatre fois dans l’année au commencement des saisons. Cette pratique, qui remonte à la plus haute antiquité, s’inspire directement de l’Ecriture : le prophète Zacharie parle ainsi du Jeûne du quatrième, du cinquième, du septième (= « septembre ») et du dixième (« décembre ») mois. Il est de règle que la station du vendredi des Quatre-Temps soit toujours à Rome dans la basilique des Douze-Apôtres.

La station qui précède les ordinations solennelles à Rome, est toujours à l’Apostoleion de Pelage Ier ; cela, en vue de rendre hommage au chœur des Apôtres, dont la mission pour l’évangélisation du monde devra désormais être continuée par les lévites de demain, et aussi à cause de la grande célébrité qu’avait acquise cette vénérable basilique au début de la période byzantine. Le Liber Pontificalis dit que son premier auteur fut le pape Jules Ier ; mais l’édifice dut être, grâce à l’or byzantin, restauré de fond en comble, sous les pontifes Pelage et Jean III, en sorte que le souvenir du pape Jules ayant disparu, le temple passa communément pour une œuvre de Pelage Ier, monument votif de la victoire remportée par Narsès sur les Goths. En 1873, des fouilles pratiquées sous le maître-autel mirent au jour une cassette contenant des fragments d’os des saints apôtres Philippe et Jacques, mêlés à des résidus de baume, et certainement déposés là à l’occasion de la seconde dédicace de la basilique. Au IXe siècle, plusieurs corps d’anciens martyrs transportés du cimetière d’Apronianus sur la voie Latine, trouvèrent aussi asile en cette église ; parmi eux se trouvait celui de sainte Eugénie, très vénéré et, pour cette raison, conservé dans un oratoire spécial, contigu à l’Apostoleion.
Bienheureux Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum/blockquote>

A la sainte messe :

  • Propre grégorien du jour
  • Kyrie : des féries de pénitence au propre de Paris
  • Sanctus XVIII
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton de Conditor alme siderum – d’après Virgile Le Blanc (1592)
  • Agnus Dei XVIII
  • Benedicamus Domino XVIII
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Rorate cœli, plain-chant de l’Oratoire de France – 1615 – harmonisations du refrain : traditions de Langres et d’Avignon – chant des versets : tradition de Rouen
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Programme de la fête de la Visitation

Philippe de Champaigne - La VisitationSaint-Eugène, le samedi 2 juillet 2022, grand’messe en rit romain traditionnel de 19h.

A Constantinople, le 2 juillet, se tenait depuis le Vème siècle la fête de la déposition aux Blachernes du précieux vêtement de la Mère de Dieu.

Les Croisés furent probablement furent probablement frappés par ces festivités de la Cité impériale et ramenèrent sans doute l’idée d’une fête mariale au 2 juillet.

L’Ordre franciscain semble avoir été le premier à célébrer la Visitation au 2 juillet (cette date est aussi le lendemain de l’octave de la Nativité de saint Jean Baptiste, qui avait tressailli à la voix de la Vierge Marie dans le sein de sa mère lors de la Visitation). Ce fut une décision du chapitre général de 1263 présidé par saint Bonaventure.

L’Ordre répandit la fête dans divers diocèses d’Occident qui l’adoptèrent à des dates parfois légèrement différentes (Paris ainsi la célébra longtemps le 27 juin).

Le Pape Urbain VI décida le 6 avril 1389 la célébration de cette fête par toutes les Eglises d’Occident, mais il mourut avant d’avoir publié la bulle. Ce mérite revint à son successeur Boniface IX qui le fit à l’occasion du jubilé de 1390, par la bulle Superni benignitate Conditoris. La fête avait alors une vigile jeûnée et une octave. Elle ne s’étendit toutefois que très progressivement dans tout l’Occident car le Grand Schisme n’était pas alors résolu.

Lorsque le Rédempteur de notre race fut venu, il alla aussitôt près de Jean, son ami, tandis que celui-ci était encore dans le sein de sa mère. Du sein d’Élisabeth, Jean reconnut Jésus-Christ dans le sein de Marie ; et faisant tressaillir son enveloppe naturelle, il s’écrie : Je vois le Seigneur, qui a établi des limites à la nature et je n’attends pas le temps de naître : le terme des neuf mois ne m’est point ici nécessaire, car j’ai en moi celui qui est éternel ; je sortirai de cette demeure ténébreuse, je prêcherai la connaissance sommaire de choses admirables. Je suis un signe : je présagerai l’avènement du Christ. Je suis une trompette : j’annoncerai le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu. Je retentirai comme une trompette, je bénirai la langue de mon père et la délierai afin qu’elle parle. Je retentirai comme une trompette, et je vivifierai le sein de ma mère.
Sermon de saint Jean Chrysostome, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de la fête, au second nocturne.

A la sainte messe :

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Exposition au musée de la Visitation de Moulins : « Sacrées soieries, étoffes précieuses à la Visitation ».

Le musée de la Visitation conserve un ensemble unique en France de vêtements liturgiques catholiques, issu du savoir-faire des visitandines tant dans la création que dans l’entretien de ces œuvres à travers les siècles. En plus des ornements richement brodés qui ont été dévoilés en 2009 lors de l’exposition « De fleurs en aiguille, l’art de la broderie chez les visitandines », le fond textile comporte une magnifique collection d’étoffes dévoilées dans l’exposition de cette année intitulée : Sacrées soieries, étoffes précieuses à la Visitation.

Cet ensemble dans un parfait état de conservation, illustre le génie des tisserands depuis le XVIème siècle dans la confection des soieries destinées aux plus beaux habits, à l’ameublement et aux fastes des grandes cours d’Europe. Or la lumière, l’humidité et les aléas de l’histoire ont depuis entraîné l’altération et la disparition de la plupart de ces étoffes d’apparat. Ce n’est pas le cas dans les monastères de la Visitation avec la deuxième vie offerte par les religieuses à ces tissus civils grâce à leur transformation en vêtements liturgiques, précieusement conservés au fil du temps.

L’exposition de cette année nous permet, en plus de la découverte d’une infime partie du patrimoine exceptionnel du musée de la Visitation, de parcourir d’une manière originale l’histoire de France et même d’Europe. Entre l’ornement confectionné avec le velours ayant servi au capitonnage du carrosse du sacre d’Henri IV et celui utilisant un brocart offert par la duchesse de Montmorency chaque pièce nous raconte un peu de notre passé. Les visitandines ayant noté au fil des siècles l’origine, l’histoire de chaque tissu reçu, nous pouvons suivre le parcours parfois cocasse de certaines pièces.

Entièrement gratuite, l’exposition temporaire de cette année nous fait redécouvrir un patrimoine unique.