Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Avec le Pape : Tournés vers le Seigneur

Le Pape célèbre Ad Orientem à la chapelle Sixtine

Dimanche dernier, pour la fête du Baptême du Seigneur, le Saint Père a célébré la messe (nouveau rit concélébré, & en italien), à l’ancien autel de la Chapelle Sixtine, face à Dieu, tourné vers l’Orient (& donc dos au peuple), selon la manière antique attestée universellement dans tout l’univers chrétien (jusqu’aux prétendues réformes de Martin Luther qui a voulu célébrer sa cène face au peuple). Pour l’occasion, l’autel “nouveau rit” a été désinstallé du chœur de la Chapelle Sixtine.

L’événement est important puisque c’est sans doute la première fois (en dehors de sa messe privée) que le Pape actuel célèbre publiquement vers l’Orient depuis la réforme liturgique. Rien dans le missel de Paul VI (jusqu’à sa dernière édition par Jean-Paul II) ne supposait du reste la célébration de la messe face au peuple. Les médias en ont fait tout un plat, alors que Jean-Paul II avait fait de même au début de son pontificat.

Messe devant Sixte IV

Messe devant Sixte IV (XIVème siècle).

Pie VII à la Chapelle Sixtine

Pie VII à la Chapelle Sixtine (XVIIIème siècle)

Messe devant Pie XI à la Chapelle Sixtine

Messe devant Pie XI à la Chapelle Sixtine (XXème siècle)

Jean-Paul II célèbre Ad Orientem à la chapelle Sixtine

Au début de son pontificat, manifestement, Jean-Paul II célébrait aussi à l’autel de la chapelle Sixtine versus ad Orientem (XXème siècle). Cela devait dater d’avant la prise de fonction de Mgr Piero Marini comme cérémoniaire.

Le Pape célèbre Ad Orientem à la chapelle Sixtine

Messe de Benoît XVI à la Chapelle Sixtine (XXIème siècle)

Entretien de Mgr Ranjith

Entretien exclusif accordé par Son Excellence Monseigneur Albert Malcolm Ranjith Patabendige, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, accordé au site italien “Petrus” qui l’a publié ce lundi 5 novembre.

monsranjith.jpg

Question : Excellence, quel accueil a reçu le motu proprio de Benoît XVI qui a libéralisé la Sainte Messe selon le rite tridentin? Quelques uns, dans le sein même de l’Eglise, ont un peu “tordu le nez”… (note du traducteur: expression italienne que nous reportons littéralement en français en raison de l’image éloquente).

Réponse : “Il y a eu des réactions positives et, inutile de le nier, des critiques et des prises de positions contraires, même de la part de théologiens, liturgistes, prêtres, évêques et aussi des cardinaux. Franchement, je ne comprends pas ces formes d’éloignement et – pourquoi pas? – de rébellion contre le Pape. J’invite tout le monde, mais par dessus tout les pasteurs, à obéir au Pape, qui est le successeur de Pierre. Les évêques, en particulier, ont juré fidélité au Pontife: qu’ils soient cohérents et fidèles à leur engagement.”

Question: A votre avis, à quoi sont dues ces manifestations contraires au motu proprio ?

Réponse : “Vous savez qu’il y a eu, de la part de quelques diocèses, aussi des documents d’interprétation qui visent inexplicablement à limiter le motu proprio du Pape. Derrière ces actions se cachent d’une part
Des préjugés de type idéologique et d’autre part l’orgueil, un des péchés les plus graves. Je répète: j’invite tout le monde à obéir au Pape. Si le Saint Père a retenu de devoir publier le motu proprio, il a eu ses raisons que pour ma part je partage pleinement.”

Question : La libéralisation du rite tridentin décidée par Benoît XVI est perçue comme le juste remède à tant d’abus liturgiques tristement enregistrés après le concile Vatican II avec le “novus ordo”…

Réponse : “Faites attention, je ne veux pas critiquer le “novus ordo”. Cependant je me prends à rire quand j’entends dire, même par des amis, que dans une paroisse un prêtre est saint en raison de l’homélie ou de la manière dont il parle. La Sainte Messe est un sacrifice, un don, un mystère, indépendamment du prêtre qui la célèbre. Il est important, voire fondamental, que le prêtre se mette de côté : le protagoniste de la Messe, c’est le Christ. Je ne comprends pas, donc, les célébrations eucharistiques transformées en spectacle avec des ballets, des chants ou des applaudissements, comme malheureusement cela arrive souvent avec le “novus ordo”.

Question : Monseigneur Patabendige, votre Congrégation a plusieurs fois dénoncé ces abus liturgiques…

Réponse : “C’est vrai. Il existe tellement de documents que cependant ils sont de façon déplaisante restés lettre morte, oubliés dans des rayons poussiéreux ou, pis encore, à la corbeille à papiers.”

Question : Un autre point: de nombreuses fois on assiste à des homélies très longues…

Réponse : “Ceci aussi est un abus. Je suis opposé aux ballets et aux applaudissements dans le cours des Messes, qui ne sont pas un cirque ni un stade. En ce qui concerne les homélies, elles doivent regarder exclusivement l’aspect catéchétique, comme l’a souligné le Pape, en évitant la sociologie et les bavardages inutiles. Comme exemple, souvent les prêtres la font porter sur la politique parce qu’ils n’ont pas bien préparé l’homélie, qui au contraire doit être étudiée scrupuleusement. Une homélie excessivement longue est synonyme de peu de préparation: le temps juste pour une prédication doit être de 10 minutes, au maximum 15. Nous devons bien nous rendre compte que le moment culminant de la célébration est le mystère eucharistique, je ne le dis pas diminuer la liturgie de la Parole mais pour clarifier de quelle manière une liturgie correcte est mise en œuvre.”

Question : Revenant au motu proprio, quelques uns critiquent l’emploi du latin durant la Messe…

Réponse : “Le rite tridentin fait partie de la tradition de l’Eglise. Le Pape a convenablement expliqué les raisons de sa mesure, un acte de liberté et de justice envers les traditionalistes. Pour ce qui est du latin, je voudrais souligner qu’il n’a jamais été aboli, et qu’en plus il garantit l’universalité de l’Eglise. Mais je le répète: j’invite les prêtres, les évêques, les cardinaux à l’obéissance, laissant de côté tout type d’orgueil et de préjugés.”

Source & traduction : motuproprio.fr.

Interview du nouveau cérémoniaire du Pape

guido-marini.jpg

Il est arrivé il y a peu de temps au Vatican : accent génois très marqué, 42 ans, a grandi à l’école du Cardinal Giuseppe des Siri et des collaborateur de confiance des Archevêques Dionigi Tettamanzi, Tarcisio Bertone et Angelo Bagnasco, le nouveau maître des célébrations liturgique du Pape Benoît XVI, Mgr Guido Marini, successeur de l’homonyme Piero Marini, parle pour la première fois après l’attribution de cette prestigieuse prestigieux.

Source : Eucharistie Miséricorde

Monseigneur, avant tout bienvenue et bon travail…

« Merci de ce vœu, j’en ai vraiment besoin. Je sais, je suis à Rome depuis très peu de temps, et je dois observer, étudier, me faire aux habitudes locales… : il y a beaucoup à faire, je crois ».

Entre temps on passe d’un Marini … à l’autre : que dit Piero, votre prédécesseur ?

« Je le remercie de tout cœur. Il a donné beaucoup à l’Eglise, il a servi deux Papes, et je me trouve seulement au début de mon chemin ».

Il a été appelé à une tâche ardue…

« C’est évident. La vie de chaque maître de cérémonies liturgiques du Saint Père est parsemée de problèmes. Nous sommes sous les feux de la rampe, nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de commettre des erreurs ».

Beaucoup ont soutenu que vous aviez été appelé parce que sur le plan liturgique vous étiez plus sobre et plus traditionnel que Mgr Piero Marini. Quelle est votre conception de la liturgie ?

« Comme le veut et l’enseigne l’Eglise, ni plus ni moins. Je ne suis pas quelqu’un qui cherche des inventions et des fantaisies. Je peux même sembler banal, mais la liturgie est le respect des règles dictées par l’Eglise, et je ne vois pas la raison pour laquelle je dois ne pas l’accepter ».

On dit justement qu’à Gênes, où vous avez œuvré jusqu’à maintenant, la liturgie était bien soignée, sobre et élégante, sans fioritures fantaisistes…

« Mais la liturgie est par nature-même ainsi. Je le répète : personne ne peut déroger aux règles liturgique de l’Eglise. La Messe est un don, une grâce, non un spectacle. Donc aucune invention, mais le respect absolu des règles liturgique ».

Le pape Benoît XVI, au-delà du très grand théologien, est également un fin liturgiste. Il accorde une grande importance à la liturgie correctement exécutée …

« Collaborer avec le Saint Père sera pour moi une grâce. La popularité du Pontife, son souci de prêcher la vérité et son courage sautent aux yeux de tous. Et pour ce qui est de la liturgie, je suis en total accord avec la thèse du pape : la Messe est un sacrifice ».

A votre avis, y a-t-il eu des abus liturgiques dernièrement ?

« Vous savez, l’Eglise est grande. Mais, comme l’a reconnu le Pape lui-même dans la Lettre explicative au Motu Proprio Summorum Pontificum, il y a eu des abus et les interprétations extravagants. Ce que je peux dire est que sûrement je ne serai auteur d’aucune invention, je me limiterai à appliquer scrupuleusement les règles aujourd’hui existantes ».

A propos : que pensez du Motu Proprio de Benoît XVI qui a libéralisé la Messe sous sa forme tridentine ?

« Je suis à 100% avec le Motu proprio, c’est un acte de bon sens, de justice, de liberté et de clairvoyance ».

Document sur l’interprétation de Summorum Pontificum à paraître

“Dans un entretien accordé au site italien d’informations religieuses Petrus, Mgr Camille Perl affirme que la Commission Ecclesia Dei dont il est le secrétaire “rédige actuellement un document-instruction sur l’interprétation correcte du Motu Proprio Summorum Pontificum” sur la libéralisation de l’usage du missel de Saint Pie V. Ce texte est rendu nécessaire par la perte “du sens de l’obéissance et du respect de l’autorité”, selon le prélat romain qui vise ainsi l’opposition manifestée par des évêques et des prêtres aux dispositions romaines. Le document devrait préciser, entre autres, la notion exacte de “groupe stable” susceptible de demander la célébration de la messe selon l’ancien rite.

Dans le magazine 30 Jours de juin-juillet, le cardinal Castrillón Hoyos avait pourtant tenté de prévenir les oppositions. A la question : Le motu proprio n’établit pas de nombre minimum de fidèles nécessaire pour demander de pouvoir célébrer la messe de saint Pie V. Et pourtant, le bruit avait couru qu’il était question d’un seuil minimum de trente fidèles…, il répondait : “On a là la démonstration éclatante des innombrables pseudo-nouvelles qui ont été racontées sur ce motu proprio par des gens qui n’avaient pas lu les projets ou qui, de manière intéressée, voulaient peser sur son élaboration. J’ai suivi tout le parcours qui a mené à la rédaction finale et, autant que je me souvienne, aucun seuil minimum de fidèles, ni de trente, ni de vingt, ni de cent, n’est jamais apparu dans aucun projet”.

A la demande du journaliste de 30 Jours, Gianni Cardinale : Et la messe de saint Pie V a-t-elle jamais été abolie par le Novus ordo ?, le cardinal Castrillón Hoyos déclarait : “Le Concile Vatican II ne l’a jamais fait, et il n’y a jamais eu par la suite aucun acte positif qui l’ait établi. La messe de saint Pie V n’a donc jamais été formellement abolie. Il est de toute façon étonnant que ceux qui s’érigent en interprètes authentiques de Vatican II en donnent, dans le domaine liturgique, une interprétation aussi restrictive et aussi peu respectueuse de la liberté des fidèles, en finissant par faire sembler ce Concile encore plus coercitif que le Concile de Trente”.

Un peu plus haut dans le même entretien, le président de la Commission Ecclesia Dei reconnaissait : “Curieusement, il semble même que fleurissent, dans les nouvelles générations, parmi les laïcs comme parmi les clercs, un intérêt et une estime envers l’ancien rite. Et il s’agit de prêtres et de simples fidèles qui n’ont parfois rien à voir avec les disciples de Mgr Lefebvre. Il y a là des faits, des faits de l’Eglise, auxquels les pasteurs ne peuvent faire la sourde oreille” et de préciser : “Ceux qui affirment ces choses (le pape fait un affront à ses prédécesseurs, ndlr) devraient lire les milliers de lettres qui sont arrivées à Rome pour demander la liberté de pouvoir assister à la messe à laquelle ils se sentent tellement liés”.

Le cardinal repousse ici les arguments opposés au Motu Proprio au nom des faits : des clercs et des laïcs appartenant à la nouvelle génération manifestent leur intérêt pour la messe tridentine et des milliers de lettres sont adressées en ce sens à Rome… Autrement dit, contra factum non fit argumentum, contre les faits il n’y a pas d’argument qui tienne… C’est le même constat que faisait Benoît XVI dans la lettre d’accompagnement au Motu Proprio : “Aussitôt après le Concile Vatican II, on pouvait supposer que la demande de l’usage du Missel de 1962 aurait été limitée à la génération la plus âgée, celle qui avait grandi avec lui, mais entre temps il est apparu clairement que des personnes jeunes découvraient également cette forme liturgique, se sentaient attirées par elle et y trouvaient une forme de rencontre avec le mystère de la Très Sainte Eucharistie qui leur convenait particulièrement”. (Sources : Apic/30 Jours)”

Source : DICI du 20/10/2007.

Déjà en 1985…

Le cardinal Ratzinger célèbre la messe traditionnelle

Dans la dernière livraison de la revue le Baptistère :

“Avant le Concile de Trente, l’Eglise admettait en son sein une diversité de rites & de liturgies. Les Pères tridentins prescrivirent à toute l’Eglise la liturgie de la ville de Rome en sauvegardant, parmi les litrugies occidentales, uniquement celles qui avaient plus de deux siècles d’existence. C’était le cas, par exemple, du rit ambrosien du diocèse de Milan. Si cela pouvait servir à nourrir la religiosité de certains croyants, à respecter la pietas de certains secteurs catholiques, je serais personnellement favorable à un retour à la situation ancienne, c’est-à-dire à un certain pluralisme liturgique.”

Joseph, Cardinal Razinger,
aujourd’hui S.S. le Pape Benoît XVI,
Entretien sur la Foi – 1985.

Interview du cardinal Darà­o Castrillon Hoyos à 30 jours

hoyos.jpg

à‰minence, quel est le sens de ce motu proprio qui libéralise l’usage du Missel dit de saint Pie V ?

DARàO CASTRILLà“N HOYOS : Quand ont eu lieu, après le Concile Vatican II, les changements dans la liturgie, des groupes importants de fidèles et aussi d’ecclésiastiques se sont sentis mal à l’aise parce qu’ils étaient fortement liés à la liturgie en vigueur depuis des siècles. Je pense aux prêtres qui avaient célébré pendant cinquante ans cette messe suivant le rite de saint Pie V et qui, à l’improviste, se sont trouvés dans l’obligation d’en célébrer une autre, je pense aux fidèles habitués depuis des générations à l’ancien rite, je pense aussi aux petits, comme les enfants de chœur, qui se sont trouvés tout d’un coup dépaysés car ils devaient servir la messe selon le Novus ordo. Il y a donc eu un malaise à différents niveaux. Pour certains, celui-ci était même de nature théologique, car ils estimaient que l’ancien rite exprimait mieux que celui qui avait été introduit le sens du sacrifice. D’autres, pour des raisons culturelles aussi, avaient la nostalgie du chant grégorien et des grandes polyphonies qui étaient une richesse de l’à‰glise latine. Et ce qui aggravait le tout, c’est que ceux qui éprouvaient ce malaise attribuaient ces changements au Concile, alors qu’en réalité le Concile en soi n’avait ni demandé ni prévu les détails de ces changements. La messe que célébraient les pères conciliaires était la messe de saint Pie V. Le Concile n’avait pas demandé la création d’un nouveau rite, mais un usage plus large de la langue vernaculaire et une plus grande participation des fidèles.

D’accord, c’était le climat qu’on respirait il y a quarante ans. Mais aujourd’hui, la génération qui avait manifesté ce malaise n’existe plus. Et il y a plus : le clergé et le peuple se sont habitués au Novus ordo, et dans leur immense majorité, ils s’en trouvent très bien.

CASTRILLà“N HOYOS : C’est exactement cela : dans leur immense majorité, même si un grand nombre ignore ce qui a été laissé de côté avec l’abandon de l’ancien rite. Mais tout le monde ne s’est pas habitué au nouveau rite. Curieusement, il semble même que fleurisse, dans les nouvelles générations, parmi les laà¯cs comme parmi les clercs, un intérêt et une estime envers l’ancien rite. Et il s’agit de prêtres et de simples fidèles qui n’ont parfois rien à voir avec les disciples de Mgr Lefebvre. Il y a là des faits, des faits de l’à‰glise, auxquels les pasteurs ne peuvent faire la sourde oreille. C’est pour cela que Benoît XVI, qui est un grand théologien à la profonde sensibilité liturgique, a décidé de promulguer le motu proprio.

Mais n’y avait-il pas déjà un indult ?

CASTRILLà“N HOYOS : Si, il y avait déjà un indult, mais Jean Paul II avait déjà compris que l’indult n’avait pas été suffisant, ne serait-ce que parce que certains prêtres et certains évêques rechignaient à l’appliquer, mais surtout parce que les fidèles qui désirent célébrer avec l’ancien rite ne doivent pas être considérés comme des fidèles de deuxième catégorie. Il s’agit de fidèles auxquels doit être reconnu le droit d’assister à une messe qui a nourri le peuple chrétien pendant des siècles, qui a nourri la sensibilité de saints tels que saint Philippe Neri, don Bosco, sainte Thérèse de Lisieux, le bienheureux Jean XXIII et le serviteur de Dieu, Jean Paul II lui-même. Ce dernier, comme je viens de le dire, avait compris le problème de l’indult et il avait donc déjà l’intention d’étendre l’usage du Missel de 1962. Je dois dire que dans les rencontres avec les cardinaux et avec les chefs de dicastères au cours desquelles on avait parlé de ces mesures, les résistances étaient vraiment très limitées. Benoît XVI, qui a suivi ce processus depuis le début, a franchi ce pas important déjà imaginé par son grand prédécesseur. Il s’agit d’une mesure pétrinienne émise par amour du grand trésor liturgique qu’est la messe de saint Pie V, et aussi par amour de pasteur envers un groupe considérable de fidèles.

Et pourtant, les résistances n’ont manqué de la part d’une partie des représentants de l’épiscopat eux-mêmes…

CASTRILLà“N HOYOS : Des résistances qui dépendent, selon moi, de deux erreurs. La première erreur d’interprétation est de dire qu’il s’agit d’un retour au passé. Il n’en est pas ainsi. Ne serait-ce que parce qu’on ne retire rien au Novus ordo, qui reste le mode ordinaire de célébrer l’unique rite romain ; tandis que la liberté de célébrer la messe de saint Pie V est donnée à ceux qui le veulent comme forme extraordinaire.

Il s’agit de la première erreur de ceux qui se sont opposés au motu proprio. Et la seconde ?

CASTRILLà“N HOYOS : Qu’il s’agisse de diminuer le pouvoir épiscopal. Mais il n’en est pas ainsi. Le Pape n’a pas changé le Code de droit canonique. L’évêque est toujours le modérateur de la liturgie dans son propre diocèse. Mais le Siège apostolique a la compétence d’ordonner la sainte liturgie de l’à‰glise universelle. Or un évêque doit agir en harmonie avec le Siège apostolique et il doit garantir à chaque fidèle ses propres droits, y compris celui de pouvoir participer à la messe de saint Pie V, comme forme extraordinaire du rite.

Et pourtant, il a été affirmé qu’avec ce motu proprio, Ratzinger « bafoue le Concile » et « fait un affront » à ses prédécesseurs Paul VI et Jean Paul II…

CASTRILLà“N HOYOS : Benoît XVI suit le Concile, qui n’a pas aboli la messe de saint Pie V ni n’a demandé de le faire. Et il suit le Concile qui a recommandé d’écouter la voix et les désirs légitimes des fidèles laà¯cs. Ceux qui affirment ces choses devraient lire les milliers de lettres qui sont arrivées à Rome pour demander la liberté de pouvoir assister à la messe à laquelle ils se sentent tellement liés. Et le Pape ne s’oppose pas à ses prédécesseurs qui sont abondamment cités dans le motu proprio comme dans la Lettre autographe du Pape qui en accompagne la publication. Dans certains cas, Paul VI a immédiatement concédé la possibilité de célébrer la messe de saint Pie V. Comme je l’ai dit, Jean Paul II voulait préparer un motu proprio semblable à celui qui a été publié aujourd’hui.

On a aussi évoqué le risque qu’une petite minorité de fidèles puisse imposer la messe de saint Pie V à la paroisse…

CASTRILLà“N HOYOS : Ceux qui ont dit cela n’ont évidemment pas lu le motu proprio. Il est clair qu’aucun curé ne sera obligé à célébrer la messe de saint Pie V. Mais si un groupe de fidèles, ayant un prêtre disposé à le faire, demande à célébrer cette messe, le curé ou le recteur de l’église ne pourront pas s’y opposer. à‰videmment, s’il y a des difficultés, il reviendra à l’évêque de faire en sorte que tout se passe sous le signe du respect et, dirais-je, du bon sens, en harmonie avec le Pasteur universel.

Mais ne court-on pas le risque qu’avec l’introduction de deux formes, l’une ordinaire, l’autre extraordinaire, puisse naître une confusion liturgique dans le rite latin, dans les paroisses et dans les diocèses ?

CASTRILLà“N HOYOS : Si les choses sont faites conformément au simple bon sens, on ne court pas ce risque. D’autre part, il y a déjà des diocèses dans lesquels on célèbre des messes dans différents rites, car il s’y trouve des communautés de fidèles latins, gréco-catholiques ukrainiens ou ruthènes, maronites, melchites, syro-catholiques, chaldéens, etc. Je pense par exemple à certains diocèses aux à‰tats-Unis, comme Pittsburgh, qui vivent cette variété liturgique légitime comme une richesse, et non pas comme une tragédie. Et puis il existe aussi de simples paroisses qui accueillent des rites différents du latin, même de communautés orthodoxes ou préchalcédoniennes, sans que cela crée de scandale. Je ne vois donc pas de danger de confusion. à€ condition, je le répète, que tout se déroule dans l’ordre et dans le respect réciproque.

Il y a aussi des gens qui pensent que ce motu proprio porte atteinte à l’unicité du rite qui aurait été voulu par les Pères conciliaires…

CASTRILLà“N HOYOS : à‰tant admis que le rite latin reste unique, quoiqu’on puisse le célébrer sous deux formes, je me permets de rappeler qu’il n’y a jamais eu, dans l’à‰glise latine, un seul rite pour tous. Aujourd’hui, par exemple, il y a tous les rites des à‰glises orientales en communion avec Rome. Et même dans le rite latin, il y a d’autres rites que le rite romain, comme le rite ambrosien ou le rite mozarabique. La messe de saint Pie V elle-même, lorsqu’elle a été approuvée, n’a pas annulé tous les rites précédents, mais seulement ceux qui ne pouvaient pas se prévaloir d’au moins deux siècles d’ancienneté…

Et la messe de saint Pie V a-t-elle jamais été abolie par le Novus ordo ?

CASTRILLà“N HOYOS : Le Concile Vatican II ne l’a jamais fait, et il n’y a jamais eu par la suite aucun acte positif qui l’ait établi. La messe de saint Pie V n’a donc jamais été formellement abolie. Il est de toute façon étonnant que ceux qui s’érigent en interprètes authentiques de Vatican II en donnent, dans le domaine liturgique, une interprétation aussi restrictive et aussi peu respectueuse de la liberté des fidèles, en finissant par faire sembler ce Concile encore plus coercitif que le Concile de Trente.

Le motu proprio n’établit pas de nombre minimum de fidèles nécessaire pour demander de pouvoir célébrer la messe de saint Pie V. Et pourtant, le bruit avait couru qu’il était question d’un seuil minimum de trente fidèles…

Lire plus

Exaltation de la Sainte Croix – Entrée en vigueur de Summorum Pontificum

Première messe de l'abbé Giard

En cette belle fête de l’Exaltation de la Sainte Croix entre en vigueur le motu proprio Summorum Pontificum donné par le Saint Père le jour du quadruple sept (07/07/07, un samedi, le septième jour de la semaine).

Lors de sa découverte par sainte Hélène en 326, la vraie Croix avait été découpée en trois morceau: l’un pour Jérusalem, le second pour Rome, le troisième pour Constantinople. Lors de son pillage de Jérusalem en 614, le roi des Perses Chosroès II s’empare de la Sainte Croix de Jérusalem. Vainqueur des Perses en 627, l’empereur Héraclius force ceux-ci à restituer la sainte relique. Héraclius rapporte la vraie Croix pieds nus au Saint Sépulcre, où une ostension solennelle est faite le 14 septembre. La fête de l’Exaltation de la Sainte Croix commémore cet évènement. Elle intervient au second jour des Encénies : en effet le Saint-Sépulcre avait été dédié un 13 septembre, & la fête de sa dédicace, si importante dans l’Eglise de Jérusalem, se poursuivait sur plusieurs jours.

Cette fête, autrefois très célèbre dans tout l’univers chrétien, a un peu perdu de sa solennité en Occident, tandis que les différents rits orientaux continuent de l’entourer de grandes splendeurs liturgiques. Ainsi, en souvenir de l’exaltation d’Héraclius, les cathédrales (& par usage certaines paroisses) de rit byzantin font aujourd’hui un rite particulier : le pontife élève la croix & bénit solennellement les différents points cardinaux, tandis que le choeur répond à une litanie spéciale par cinq fois 100 Kyrie eleison. Le chant de ces 500 Kyrie eleison a reçu un traitement polyphonique magnifique & très original dans la tradition musicale russe.

Cette année, l’Exaltation de la Sainte Croix coïncide en quelque sorte, pourrait-on dire, avec l'”exaltation de la Sainte Messe”, par la mise en pratique des nouvelles dispositions devant favoriser la liturgie traditionnelle de rit romain.

Après avoir souffert depuis 20 ans que je suis attaché à ce rit maints persécutions & ostracismes, il est bien consolant de constater à la lecture du document pontifical que ce rit n’avait jamais été aboli, contrairement à ce qui nous été tant de fois affirmé à l’époque. Partant, cela confirme le caractère injuste (voire inique ?) de ce que nous avons dû endurer durant toutes ces années.

TE DEVM LAVDAMVS

PS. Et bien sûr, n’oubliez pas de relire en ce jour Alexandre de Chypre !!! 😉 (private joke).

PS2. En vertu de l’entrée en vigueur du motu proprio, le curé de Saint-Georges de La Villette (Paris XIX) offrira ce soir à 19h le saint sacrifice de la messe selon le rit traditionnel. N’hésitez pas à vous y rendre pour encourager cette première initiative sur Paris.

La musique a le pouvoir de conduire au Créateur

CITE DU VATICAN, 5 SEP 2007 (VIS). Hier après-midi dans la cour du palais pontifical de Castelgandolfo, Benoît XVI a assisté au concert que lui a offert l’Orchestre symphonique de Bamberg, dans le cadre du millénaire de la cathédrale de ce diocèse allemand.

Après le concert, le Papa a déclaré que, “au delà d’elle-même, la musique a le pouvoir de conduire au créateur de toute harmonie, suscitant en nous un accord avec la beauté et la vérité de Dieu, et ce avec une capacité qu’aucun savoir humain ni aucune philosophie ne saurait exprimer”.

Et après avoir félicité le chef d’orchestre, les musiciens et les organisateurs, le Saint-Père a dit qu’il concevait ce concert comme un lien d’affection particulière entre le diocèse de Bamberg et le Successeur de Pierre.

“Puisse votre pèlerinage jubilaire aux tombes des Apôtres -a-t-il conclu- renforcer votre foi et votre joie en Dieu, afin de toujours être ses témoins”.

Interview du cardinal Darío Castrillón Hoyos

LITURGIE. Le motu proprio Summorum pontificum
Nova et vetera

Benoît XVI a signé et publié le document qui libéralise l’usage du Missel Romain édité par le pape Jean XXIII en 1962. Interview du cardinal Darí­o Castrillón Hoyos, président de la commission Pontificale “Ecclesia Dei” : “La première erreur d’interprétation est de dire qu’il s’agit d’un retour au passé. Il n’en est pas ainsi.”

S. E. le cardinal Hoyos célèbre la sainte messe
dans le rit romain traditionnel
à l’autel papal de Sainte-Marie-Majeure le 24 mai 2003.
La Schola Sainte Cécile chanta cette messe historique.
Photo prise depuis la tribune du chœur par un choriste.

Interview du cardinal Darío Castrillón Hoyos par Gianni Cardinale (30 jours)

Eminence, quel est le sens de ce motu proprio qui libéralise l’usage du Missel dit de saint Pie V ?

DARIO CASTRILLON HOYOS : Quand ont eu lieu, après le Concile Vatican II, les changements dans la liturgie, des groupes importants de fidèles et aussi d’ecclésiastiques se sont sentis mal à l’aise parce qu’ils étaient fortement liés à la liturgie en vigueur depuis des siècles. Je pense aux prêtres qui avaient célébré pendant cinquante ans cette messe suivant le rite de saint Pie V et qui, à l’improviste, se sont trouvés dans l’obligation d’en célébrer une autre, je pense aux fidèles habitués depuis des générations à l’ancien rite, je pense aussi aux petits, comme les enfants de chœur, qui se sont trouvés tout d’un coup dépaysés car ils devaient servir la messe selon le Novus ordo. Il y a donc eu un malaise à différents niveaux. Pour certains, celui-ci était même de nature théologique, car ils estimaient que l’ancien rite exprimait mieux que celui qui avait été introduit le sens du sacrifice. D’autres, pour des raisons culturelles aussi, avaient la nostalgie du chant grégorien et des grandes polyphonies qui étaient une richesse de l’à‰glise latine. Et ce qui aggravait le tout, c’est que ceux qui éprouvaient ce malaise attribuaient ces changements au Concile, alors qu’en réalité le Concile en soi n’avait ni demandé ni prévu les détails de ces changements. La messe que célébraient les pères conciliaires était la messe de saint Pie V. Le Concile n’avait pas demandé la création d’un nouveau rite, mais un usage plus large de la langue vernaculaire et une plus grande participation des fidèles.

D’accord, c’était le climat qu’on respirait il y a quarante ans. Mais aujourd’hui, la génération qui avait manifesté ce malaise n’existe plus. Et il y a plus: le clergé et le peuple se sont habitués au Novus ordo, et dans leur immense majorité, ils s’en trouvent très bien.

CASTRILLON HOYOS : C’est exactement cela : dans leur immense majorité, même si un grand nombre ignore ce qui a été laissé de côté avec l’abandon de l’ancien rite. Mais tout le monde ne s’est pas habitué au nouveau rite. Curieusement, il semble même que fleurisse, dans les nouvelles générations, parmi les laà¯cs comme parmi les clercs, un intérêt et une estime envers l’ancien rite. Et il s’agit de prêtres et de simples fidèles qui n’ont parfois rien à voir avec les disciples de Mgr Lefebvre. Il y a là des faits, des faits de l’à‰glise, auxquels les pasteurs ne peuvent faire la sourde oreille. C’est pour cela que Benoît XVI, qui est un grand théologien à la profonde sensibilité liturgique, a décidé de promulguer le motu proprio.

Mais n’y avait-il pas déjà un indult ?

CASTRILLON HOYOS : Si, il y avait déjà un indult, mais Jean Paul II avait déjà compris que l’indult n’avait pas été suffisant, ne serait-ce que parce que certains prêtres et certains évêques rechignaient à l’appliquer, mais surtout parce que les fidèles qui désirent célébrer avec l’ancien rite ne doivent pas être considérés comme des fidèles de deuxième catégorie. Il s’agit de fidèles auxquels doit être reconnu le droit d’assister à une messe qui a nourri le peuple chrétien pendant des siècles, qui a nourri la sensibilité de saints tels que saint Philippe Neri, don Bosco, sainte Thérèse de Lisieux, le bienheureux Jean XXIII et le serviteur de Dieu, Jean Paul II lui-même. Ce dernier, comme je viens de le dire, avait compris le problème de l’indult et il avait donc déjà l’intention d’étendre l’usage du Missel de 1962. Je dois dire que dans les rencontres avec les cardinaux et avec les chefs de dicastères au cours desquelles on avait parlé de ces mesures, les résistances étaient vraiment très limitées. Benoît XVI, qui a suivi ce processus depuis le début, a franchi ce pas important déjà imaginé par son grand prédécesseur. Il s’agit d’une mesure pétrinienne émise par amour du grand trésor liturgique qu’est la messe de saint Pie V, et aussi par amour de pasteur envers un groupe considérable de fidèles.

Et pourtant, les résistances n’ont manqué de la part d’une partie des représentants de l’épiscopat eux-mêmes…

Lire plus

Le Saint Siège & l’avenir écologique de la création

Plan du Vatican

21-07-2007
LE CO2 ET LES VISEES ECOLOGIQUES DU VATICAN

Le Vatican va devenir le premier Etat “neutre” en matière d’émissions de gaz carbonique grâce à la plantation en son nom d’une forêt en Hongrie par une entreprise américano-hongroise.

Une convention entre le Vatican et la société Planktos-Klimafa a été signée le 5 juillet au Vatican. Planktos-Klimafa, engagée dans la reforestation à grande échelle, a offert au Vatican de planter en son nom 7.000 hectares d’arbres dans un parc national en Hongrie, a indiqué sur Radio Vatican Mgr José Sanchez de Toca y Alameda, sous-secrétaire du Conseil pontifical pour la culture.

Grâce à ce don, “on peut dire en exagérant un peu que le Vatican devient ainsi le premier Etat à équilibrer au niveau zéro ses émissions polluantes”, a-t-il dit. Il a cependant relevé que les émissions de CO2 du Vatican “sont très faibles, car il n’a pas de grosses entreprises polluantes”.

Selon le protocole de Kyoto, il est possible pour un Etat d’obtenir des crédits d’émission de gaz à effet de serre en investissant dans l’écologie dans d’autres pays. “Le Vatican veut apporter sa petite pierre à la lutte contre la pollution sur Terre et contribuer à améliorer la planète que Dieu a donnée aux hommes afin qu’ils soient les serviteurs de la Création et non ses maîtres”, a déclaré Mgr Sanchez de Toca y Alameda.

Une autre initiative à visée écologique a été annoncée récemment par l’administration du Vatican: l’installation en 2008 de panneaux solaires sur le toit de l’immense salle Paul VI, où ont lieu les audiences générales du pape, pour en assurer l’éclairage et la climatisation.
(Source : Infocatho)