Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Interview de Marcel Pérès sur le chant grégorien par Radio Vatican

Interview de Marcel Pérès sur le chant ecclésiastique réalisée par Marie-Agnès Georges, mise en ligne le 14 septembre dernier, en la fête de l’Exaltation de la sainte Croix.

https://schola-sainte-cecile.com/wp-content/2011/09/Interview-Marcel-Peres-Radio-Vatican-sept-2011.MP3

Source : Radio Vatican

Communiqué de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

Le 14 septembre 2011, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a eu lieu une rencontre de Son Éminence Révérendissime le Cardinal William Levada, Préfet de cette Congrégation et Président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, Son Excellence Monseigneur Luis Ladaria, s.j., Secrétaire de cette Congrégation, et Monseigneur Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, avec Son Excellence Monseigneur Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité sacerdotale saint Pie X, et Messieurs les Abbés Niklaus Pfluger et Alain-Marc Nély, Assistants généraux de la Fraternité.

À la suite de la supplique adressée le 15 décembre 2008 par le Supérieur général de la Fraternité sacerdotale saint Pie X à Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, le Saint-Père avait pris la décision de lever l’excommunication des quatre évêques consacrés par Monseigneur Marcel Lefebvre et d’ouvrir en même temps des colloques doctrinaux avec la Fraternité, afin de surmonter les difficultés et les problèmes d’ordre doctrinal, et de parvenir à la réduction de la fracture existante.

Obéissant à la volonté du Saint-Père, une commission mixte d’études, composée d’experts de la Fraternité sacerdotale saint Pie X et d’experts de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, s’est réunie à huit reprises pour des rencontres qui ont eu lieu à Rome entre le mois d’octobre 2009 et le mois d’avril 2011. Ces colloques, dont l’objectif était d’exposer et d’approfondir les difficultés doctrinales majeures sur des thèmes controversés, ont atteint leur but, qui était de clarifier les positions respectives et leurs motivations.

Compte tenu des préoccupations et des instances présentées par la Fraternité sacerdotale saint Pie X à propos du respect de l’intégrité de la foi catholique face à l’herméneutique de la rupture du Concile Vatican II à l’égard de la Tradition – herméneutique mentionnée par le Pape Benoît XVI dans son Discours à la Curie romaine en date du 22 décembre 2005 –, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi prend pour base fondamentale de la pleine réconciliation avec le Siège apostolique l’acceptation du Préambule doctrinal qui a été remis au cours de la rencontre du 14 septembre 2011. Ce préambule énonce certains des principes doctrinaux et des critères d’interprétation de la doctrine catholique nécessaires pour garantir la fidélité au Magistère de l’Église et au sentire cum Ecclesia, tout en laissant ouvertes à une légitime discussion l’étude et l’explication théologique d’expressions ou de formulations particulières présentes dans les textes du Concile Vatican II et du Magistère qui a suivi.

Au cours de la même réunion ont été proposés quelques éléments en vue d’une solution canonique pour la Fraternité sacerdotale saint Pie X, qui suivrait la réconciliation éventuelle et espérée.

[01275-03.01] [Texte original: Français]

Source : Service de presse du Vatican

A noter que ce communiqué est publié en ce 4ème anniversaire de l’entrée en vigueur du motu proprio Summorum Pontificum.

***

En complément : Entretien avec Mgr Fellay après sa rencontre avec S.E. le cardinal Levada sur le site de Dici.

Première messe solennelle de M. l’Abbé de Labarre

Oráte, fratres : ut meum ac vestrum sacrifícium acceptábile fiat apud Deum Patrem omnipoténtem.

Priez, frères, afin que ce sacrifice – qui est mien et vôtre – soit rendu acceptable auprès de Dieu le Père tout-puissant.

Ce samedi 30 juillet, en la basilique de Saint-Seurin, à Bordeaux, M. l’Abbé de Labarre, fssp, ordonné le 2 juillet dernier par S.E. le cardinal Ricard, archevêque de Bordeaux, célébrait sa première messe solennelle, sur les reliques de saint Seurin, entouré d’un grand concours de clergé et de fidèles.

Saint Seurin ou Séverin fut évêque de Bordeaux au Vème siècle, il était originaire de l’Orient. La basilique, fondée au VIème siècle, reconstruite au XIIème siècle, est l’un des sanctuaires les plus anciens de France.

Papa Stronsay, la nouvelle Thébaïde des terres du Nord

Les Rédemptoristes Transalpins, connus aussi sous le nom de Fils du Tres-Saint Rédempteur (F.SS.R.) forment une communauté originale, mi-contemplative mi-apostolique, qui célèbre la liturgie traditionnelle en reprenant les anciennes traditions et pieux exercices des Rédemptoristes institués par leur fondateur saint Alphonse Marie de Liguori au XVIIIème siècle. Cette communauté nouvelle existe depuis 1988, fondée par les R.P. Michael Mary et Anthony Mary. Le premier lieu d’établissement de la communauté dans le Kent s’étant révélé exigu, les Rédemptoristes firent l’acquisition en 1999 d’une île de 74 hectares, Papa Stronsay, située dans l’archipel des Orcades, au Nord de l’Ecosse, y fondant le Monastère du Golgotha.

Pour rejoindre Papa Stronsay, il faut tout d’abord se rendre sur l’île principale des Orcades, Mainland, au terme d’une heure trente de traversée en ferry depuis Thurso au Nord de l’Ecosse :

Puis de là, reprendre un second ferry pour l’île de Stronsay. Au terme d’une nouvelle traversée d’une heure trente, on arrive en vue de Stronsay et de Papa Stronsay qui se situe juste en face :

Arrivé à Stronsay, il faut prendre le bateau des frères pour passer en face sur l’Ile de Papa Stronsay :

A l’entrée du monastère sur le quai de Papa Stronsay veille l’icône de Notre-Dame du Perpétuel Secours. A dire vrai, sa reproduction est un peu partout présente sur Papa Stronsay, car cette icône miraculeuse était tenue en grande vénération par saint Alphonse Marie de Liguori, fondateur des Rédemptoristes : la sandale de l’Enfant Jésus qui se détache signifierait le « rachat », (selon la coutume israélite de donner sa sandale pour conclure un marché) donc la Rédemption (de redimere, racheter) de l’humanité perdue par Notre Seigneur Jésus-Christ lors de Sa Passion. L’Enfant-Jésus sur cette icône regarde aussi deux archanges lui tendant les instruments de sa passion et non sa Mère comme sur d’autres icônes, tandis que la Vierge nous regarde : elle est notre Mère et nous sommes ses enfants.

L’icône de Notre-Dame du Perpétuel Secours, apportée à Rome où elle était vénérée dès 1499, avait disparu durant le sac de la Ville éternelle par les troupes napoléoniennes. Redécouverte en 1868, sa garde en fut confiée aux Rédemptoristes romains par le Pape Pie IX. Les Rédemptoristes contribuèrent alors à sa diffusion dans tout l’univers catholique.

Au sommet de l’entrée du Monastère du Golgotha trône la Croix de Papa Stronsay :

Cette croix celtique fut découverte sur l’île de Papa Stronsay et provient du premier monastère établi ici probablement dès le VIème siècle par des moines celtes disciples de saint Colomban. Ce monastère était toujours en activité au XIème siècle, après la conquête des Orcades par les Viking. Du reste, le nom de Papa signifie que l’île était tenue par des Papari, terme qui désignait en vieil irlandais les Pères moines qui y avaient leur monastère. Cette croix constitue ainsi le magnifique témoignage que cette île sainte retrouve sa vocation environ sept siècles après les derniers moines.

On retrouve la Croix de Papa Stronsay sur les armes du Monastère du Golgotha, avec l’étoile qui symbolise Marie, Stella MarisEtoile de la Mer :

Les Rédemptoristes Transalpins ont d’abord réutilisé les bâtiments de la ferme abandonnée qui existaient sur l’île lors de son acquisition. Dû à l’accroissement de leur communauté, ils agrandissent ceux-ci par de nouvelles extensions.

Le monastère comporte trois chapelles. Voici l’intérieur de l’une d’entre elles :

Au cours des offices & prières communs, j’ai pu découvrir quelques unes des nombreuses spécificités des Rédemptoristes, en particulier dans les prières du soir et du matin réglées par saint Alphonse de Ligori en sus de l’office divin : abandon à la Providence, grand amour de Notre Dame, amour pour l’enfance de Jésus (les Rédemptoristes font mémoire de la fête de Noël le 25 de chaque mois), importance de la prière commune pour des intentions précises. La vie en cellule monacale tient aussi une grande place, l’entrée dans sa cellule passe par un petit oratoire où l’on est invité à prier en entrant et en sortant. Je ne soupçonnais pas l’importance des nombreux pii exercitationes qui font la richesse de la tradition rédemptoriste (il me faudra faire l’acquisition d’un manuel rédemptoriste traditionnel latin-français, qui manque à ma bibliothèque). Toutefois, un des aspects qui m’a beaucoup poussé à découvrir Papa Stronsay est l’intérêt que porte cette communauté – qui célèbre le rit romain traditionnel – au rit byzantin slave. Voici la chapelle byzantine du Monastère du Golgotha :

Le monastère referme de nombreuses reliques. Parmi celles-ci, mon attention a été retenue par cet antimension sur lequel célébrait le Bienheureux Nicholas Charnesky (1884 † 1959), Rédemptoriste et évêque byzantin, martyr du communisme, béatifié par le Pape Jean-Paul II en 2001 :

Ce saint évêque et martyr est en grande vénération à Papa Stronsay.

Sur l’île voisine de Stronsay (beaucoup plus grande et peuplée d’environ 300 habitants, très majoritairement protestants), les frères sont en train de construire une église catholique. Les intérieurs viennent juste d’être achevés, l’extérieur est en cours de finition. Chaque dimanche, la communauté tout entière vient y chanter la messe à 9h, auquel assistent les fidèles catholiques de l’île. Heureux effet de la Providence, lors de mon passage tombait ce dimanche-là l’une des grandes fêtes patronales des Rédemptoristes, la Fête du Très-Saint Rédempteur, fixée de façon mobile au 3ème dimanche de juillet :

La fête liturgique du Très-Saint Rédempteur au 3ème dimanche de juillet est propre à quelques lieux & quelques congrégations. Le Pape l’a concédée aux Rédemptoristes comme fête double de 1ère classe avec octave le 8 mars 1749, mais cette fête est plus ancienne : elle fut instituée à Venise à la suite d’un vœu fait par le Sénat de cette ville, en action de grâce pour la rapide cessation de la peste de 1576.

Voici un détail de la chasuble du célébrant où l’on peut lire la devise des Rédemptoristes, tirée du psaume 129, v. 7 Copiosa apud eum redemptioPrès de lui abondante rédemption.

Retour au monastère des frères en bateau après la sainte messe à Stronsay :

Les conditions de vie aux Orcades sont difficiles. En raison du vent qui souffle sur l’archipel, presque aucun arbre ne s’y rencontre. Partout ne sont que pâtures pour moutons et vaches. A ces conditions déjà rudes, s’ajoutent à Papa Stronsay l’absence de câble fournissant depuis l’extérieur l’eau ou l’électricité à l’île. Des forages profonds ont permis aux frères de trouver de l’eau douce, l’électricité est fournie par des groupes électrogènes. Comme les autres Orcadiens, les frères élèvent sur l’île des vaches & des moutons :

Les frères ont cependant construit une serre qui produit à profusion des légumes et des fruits (dont du raisin) et aussi les fleurs qui serviront à orner les différents autels du monastère :

Sur l’un des rivages de l’île, les frères ont également construit un ermitage byzantin :

L’accueil de la communauté fut d’une authentique et palpable charité, qui réchauffait singulièrement le cœur sur ces terres froides & isolées. Que Dieu bénisse avec largesse cette communauté, que la Providence pourvoie amplement à ses besoins !

Le site web du Monastère du Golgotha à Papa Stronsay.
Le blog de Fils du Très-Saint Rédempteur (Rédemptoristes Transalpins).

Fête-Dieu à Liège ce samedi 25 juin 2011

La Solennité de la Fête-Dieu sera célébrée le samedi 25 juin prochain à 16 heures, en l’église du Saint-Sacrement à Liège (Bd d’Avroy, 132). La messe solennelle sera célébrée par le chanoine Jos Vanderbruggen, o.praem., recteur du sanctuaire de Tancrémont (officiant), assisté par les abbés Jean-Pierre Herman, chapelain aux sanctuaires de Beauraing (diacre) et Claude Germeau, directeur du foyer d’accueil des jeunes à Herstal (sous-diacre).

La Schola Sainte-Cécile interprétera, outre le propre grégorien de la fête, la messe Ad Majorem Dei Gloriam d’André Campra (1660 † 1744) ainsi que des motets du XVIIème siècle français (Michel de Lalande, Jean de Bournonville) et liégeois (Henri Du Mont, Peter Philips, Lambert Pietkin).

La messe sera suivie de la procession du Saint-Sacrement se déroulera ensuite dans les rue de Liège.

Vision de sainte Julienne par Philippe de Champaigne

La fête du Corps du Seigneur est née au Pays de Liège voici plus de sept siècles, avec l’instauration de la Fête-Dieu en 1246 sous l’impulsion de sainte Julienne de Cornillon et de la bienheurseuse Ève de Saint-Martin. Elle fut étendue par le Pape Urbain IV au monde entier en 1264 et la procession qui suit la messe instituée quelque cinquante ans plus tard en 1318.

Foule massée à Liege pour la procession fluviale de la Fete-Dieu sur la Meuse

Mais à Liège, berceau de la fête, cette procession, qui revêtait autrefois une solennité fastueuse, s’est éteinte dans les années 1970. Un comité de fidèles a vu le jour pour la faire renaître au cœur de la cité.

L’an dernier, près de 500 personnes y ont pris part ainsi qu’à la messe dont elle procède. Le rendez-vous est pris cette année pour le samedi 25 juin 2011, 16 heures, à l’église du Saint-Sacrement.

EXTRAIT DU RADIOMESSAGE DU PAPE PIE XII AU PEUPLE LIÉGEOIS, LE 30 JUIN 1946
pour le VIIe centenaire de l’institution de la Fête-Dieu à Liège

« Faut-il Nous étonner que le Christ de lumière, d’amour et de charité ait choisi votre patrie pour lui confier, par le ministère caché de la vierge augustinienne de Cornillon, ce joyau de la liturgie catholique, la Fête-Dieu, afin que, brillant d’abord chez vous du plus pur éclat, il rayonne de chez vous sur le monde entier en sorte que tous, sans distinction de pays, de classes, de conditions, rassasiés de la même nourriture divine, goûtent ensemble la fortifiante douceur de l’unité et de la paix que signifient les apparences du pain et du vin sous lesquelles se voilent le corps, le sang, l’âme, la divinité du Christ, notre véritable aliment et notre véritable vie.

Tel est l’objet de la prière qui monte, ardente, de Notre cœur vers le Cœur de Jésus, présentée par le Cœur immaculé de Marie, Mère et Médiatrice ; qu’elle attire sur vous l’abondance de toutes grâces avec la Bénédiction que Nous allons vous donner dans toute l’effusion de Notre amour paternel à vous, peuple liégeois, à vos chefs spirituels et particulièrement aux nouveaux prêtres et sous-diacres ordonnés en cette mémorable journée. »

Plus d’informations sur le site de l’église du Saint-Sacrement de Liège et sur le blog de la Fête-Dieu à Liège.

Des croix sur une église dans la péninsule arabique

En la fête de l’Ascension de ce jeudi 2 juin dernier, les coupoles de l’église orthodoxe russe Saint-Philippe de l’émirat de Charjah (aux Emirats Arabes Unis) ont reçues cinq croix dorées bien visibles sur leur sommet.

Le sanctuaire est dédié à saint Philippe l’Apôtre, qui passe pour avoir évangélisé les Parthes, dont l’empire s’est étendu jusqu’au tout proche Qatar (mais l’apôtre n’a probablement pas dû aller plus loin que la Parthie historique au Sud-Est de l’Arménie – les apôtres Thomas, Barthélémy & Thadée ont évangélisé la Mésopotamie).

Le site web de la paroisse décrit les offices de la toute jeune communauté. Voici la procession pascale dans la nuit de la Résurrection :

La communauté parait déjà nombreuse et bien organisée. Voici une vue des matines de Pâques (notez le chœur en tribune) :

La cérémonie de pose de la première pierre à la base de la future église avait eu lieu le 9 septembre 2007 par le Métropolite Cyrille de Smolensk & de Kaliningrad – devenu depuis le Patriarche Cyrille de Moscou & de toutes les Russies, en présence du Prince héritier de Sharjah, le cheikh Isam Bin Al Sagra Kasemi :

L’émirat de Charjah, l’un des Emirats Arabes Unis, immédiatement voisin de Dubaï, est pourtant réputé très conservateur (la Charia constitue la base du droit, la consommation d’alcool reste interdite même aux non-musulmans). Il semble que l’Eglise orthodoxe russe a noué d’excellents liens avec son souverain, le cheikh Sultan bin Mohammed al-Qasimi.

La présence d’églises chrétiennes – interdites en Arabie Saoudite – est tolérée par les différents émirats du Golfe qui connaissent une forte proportions de travailleurs immigrés. En règle générale, les administrations imposent aux communautés chrétiennes une discrétion totale des signes extérieurs du christianisme.

Voici par exemple l’église Saint-André des Grecs orthodoxes à Abou Dhabi :

Ou encore l’église de la Sainte-Trinité des Anglicans à Dubaï :

Ou bien encore l’église Saint-Thomas des Syro-Malabares catholiques à Doha :

Ou enfin la vaste Sainte-Marie des Catholiques romains à Dubaï :

Les croix posées sur les coupoles de Saint-Philippe paraissent donc être une nouveauté inouïe dans la région (et plusieurs sites et blogs les présentent comme une grande première).

Toutefois, à Charjah même, on pouvait déjà noter une certaine visibilité autorisée aux églises chrétiennes. Voici par exemple la façade de l’église Saint-Grégoire des Malankares autocéphales dans ce même émirat, qui présentait déjà une croix en vitrail, outre de nombreux signes visibles du christianisme :

Saint-Georges des Syro-Jacobites et Syro-Malankares à Al-Aïn, récemment devenue cathédrale, présente une grande croix bien visible sur son parvis devant son entrée :

Cette cathédrale est probablement l’une des premières de la région à notre époque, avec la cathédrale Saint-Georges des Syro-Malankares autocéphales à Abou Dhabi (il y a eu toutefois des évêques syro-chaldéens à Dubaï & au Qatar dès les premiers siècles). La croix au sommet de la nouvelle cathédrale syriaque, bien présente sur le projet infographiste en ligne sur le site de la cathédrale, n’a peut-être pas été placée en définitive (difficile de bien se rendre compte sur les photos) :

La croix figure peut-être sur le second bâtiment construit derrière la cathédrale (l’évêché ?) :

L’église Saint-Ignace des mêmes Syro-Malankares Jacobites à Dubaï parait présenter une discrète croix sur sa façade :

Sainte-Marie des mêmes Syro-Jacobites Malankares à Charjah présenterait elle-aussi un croix sur son pignon, mais peut-être n’est-elle restée qu’au stade infographiste :

Comme le rappelle l’ouvrage L’Arabie chrétienne de Michele Piccirillo, professeur au Studium Biblicum Franciscanum, ces terres avaient reçu l’évangile et à la faveur des flux migratoires de notre époque, le retrouvent quelque peu aujourd’hui. Au travers de ces quelques exemples ci-dessus, il est probable qu’une plus large tolérance sur les signes extérieurs commence à se manifester. Rappelons que l’ouverture de la première église catholique au Qatar en 2008 avait paru un évènement incroyable, or nous voyons les lieux de cultes chrétiens se multiplier ces derniers mois dans les émirats. Constatons tout particulièrement la vitalité des églises issues des Chrétiens de saint Thomas, venus du Kérala au Sud de l’Inde. On note par ailleurs des conversions en Iran en dépit des persécutions.

Prions pour tous les chrétiens du Golfe.

Quelques applications pour chantres liturgeeks d’Orient & d’Occident

1. Old Music est une sympathique application disponible pour iPhone & iPad (au prix de 3,99 $), réalisée par Ambroise Charron. L’application synthétise trois applications précédemment réalisées :

  • Neumes décrit les principaux neumes en notation sangallienne, en notation carrée et leurs équivalents en notation moderne.
  • Psaltis référence les neumes utilisés dans la musique byzantine, classées par noms des notes, par mouvements mélodiques et par rythmes.
  • Mensural rassemble les principales notations utilisées dans la musique entre 1300 et 1600, classées par noms des notes, par mouvements mélodiques (ligatures) et par indications rythmiques.
  • Signalons du même éditeur l’application « Old Brass » qui vous donne tous les doigtés pour les deux instruments si caractéristiques des anciennes pratiques cantorales françaises que sont le serpent & l’ophicléide.

    2. Psalter / Псалтырь vous apporte gracieusement sur iPhone le psautier utilisé dans le rit byzantin en slavon. Les psaumes sont répartis selon les 20 cathismes (divisions du psautier dans le rit byzantin), à la fin desquels figurent les tropaires. Les psaumes ont été également regroupés par office et par thèmes pour inspirer la prière personnelle.

    3. Breviarium Meum est une application gratuite pour iPhone récemment parue, crée par les Franciscains de l’Immaculée qui permet de réciter le bréviaire romain selon l’état du rit en 1962. C’est donc une alternative à iMass, qui apportait déjà cette possibilité de façon plus complète, et que l’on peut retrouver sur le net à l’adresse suivante : http://divinumofficium.com/.

    4. Mobel est une application plutôt amusante pour iPhone & iPad éditée par AbelSim qui simule les sonneries de cloches traditionnelles des églises anglicanes. Sous l’appellation de Change ringing, il s’agit d’un art consommé datant du XVIIème siècle qui requiert l’emploi de plusieurs sonneurs sous la direction d’un chef. L’application vous permet de vous exercer aux permutations savantes entre sonneurs. Le prix est relativement élevé pour ce type d’application : 9,99 $.

    5. Dans le même ordre d’idée, mais pour faire écho à une tradition plus en faveur chez nous et particulièrement dans le Nord de la France, l’application Carillon de l’allemand Martin Hentze vous permet de vous retrouver virtuellement devant une console de carillonneur.

    Ordination d’un prêtre diocésain dans l’ancien rit à Rome

    Le 1er juin dernier, en l’église de la Très-Sainte-Trinité-des-Pèlerins à Rome, Mgr Haas, archevêque de Vaduz, a conféré l’ordination sacerdotale à l’un de ses diocésains, M. l’Abbé Daniel Kretschmar, en présence de nombreux membres de la Commission pontificale Ecclesia Dei elle-même. Après l’ordination faite par un autre évêque, Mgr Rey, d’un diacre diocésain, le 11 mai dernier, il semble donc bien que le point 31 de la récente instruction Universæ Ecclesiæ ne doivent pas s’entendre de manière absolument restrictive et que les autorisations peuvent être accordées volontiers à un évêque qui souhaiterait ordonner des diocésains avec l’ancien pontifical.

    Bénédiction du nouveau prêtre :

    Crédit photographique & vidéo : John Paul Sonnen

    Analyses de M. l’Abbé Barthe sur l’instruction Universæ Ecclesiæ

    Paix liturgique reproduit l’entretient accordé à Olivier Figueras par Monsieur l’Abbé Claude Barthe publié dans Présent.

    QUELLE ANALYSE GLOBALE FAITES-VOUS SUR L’INSTRUCTION UNIVERSAE ECCLESIAE, PUBLIÉE LE 13 MAI DERNIER ?

    — Il faut, en effet, avoir une vision très globale. D’une part, en se souvenant que l’on vit un effacement sans précédent de l’Église en Occident, de sorte que tout ce qui favorise le relèvement du sacrifice de la messe, et donc du sacerdoce catholique, est pastoralement et du point de vue missionnaire très bénéfique, le Motu Proprio de 2007 et cette instruction d’application étant de cet ordre. Et d’autre part, une vision globale, en replaçant ce texte au sein d’une période de l’histoire de l’Église tout à fait atypique, celle qui a commencé avec Vatican II, où les textes valent désormais plus par le message qu’ils délivrent dans un sens d’« ouverture » ou inversement dans un sens de « restauration » (c’est le cas de ce texte), que par l’autorité réelle de leur contenu, dont tout le monde sait qu’elle est très faible. Cette Instruction, publiée le premier jour du 3e colloque romain consacré à la « forme extraordinaire », qui s’est tenu à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin, dite Angelicum, à Rome, vaut surtout – l’Instruction mise en valeur par le colloque – par l’« événement » qu’elle constitue.

    D’AUTANT QUE SON ÉLABORATION, DIT-ON, A ÉTÉ TRÈS DIFFICILE.

    — Et très longue. Une instruction, canoniquement, est le décret d’application d’une loi (ici le Motu Proprio) destiné à aider ceux qui doivent appliquer le texte (la Commission Ecclesia Dei essentiellement). Il est publié par l’organisme compétent pour ce texte (généralement le même : ici la Commission présidée par le cardinal Levada) et approuvé ensuite par le Pape. Théoriquement, rien ne doit se trouver dans l’Instruction qui n’était déjà dans la loi. Mais la manière qu’a un décret de préciser peut, on le sait, élargir ou rétrécir la loi.
    En l’espèce, il y a eu trois grandes étapes d’élaboration de cette petite souris de texte qui a accouché des montagnes de pressions et d’interventions :
    a. Le « schéma » élaboré sous l’autorité du cardinal Castrillón, à partir de 2007, texte qui, malgré la très bonne volonté du cardinal, était un vrai pas en arrière.
    b. Le schéma Pozzo-1, commencé dès que l’équipe très homogène du nouveau Secrétaire et patron réel de la Commission, Mgr Guido Pozzo, a été en place. Texte particulièrement extensif.
    c. Et le texte Pozzo-2, le texte actuel, qui a eu lui-même toute une histoire : le schéma Pozzo-1, présenté devant la plenaria de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, en novembre 2010, a été un peu malmené pour diverses raisons qu’il serait trop long d’expliquer, repris, amendé dans le détail dans un sens, puis dans un autre. A partir de la mi-février 2011, lorsqu’un des blogs anglo-saxons traditionnels les plus lus dans le monde, Rorate Coeli, a sonné l’alarme sur les risques de rétrécissements, la fièvre a été maximale et a duré jusqu’à la sortie du texte et jusqu’aux ultimes retouches.
    L’ensemble ou chaque détail ayant toujours, j’y insiste, une importance plus psychologique qu’effectivement normative. Et comme il faut toujours s’élever à une vue générale, je pense que le plus important à retenir est, qu’au cours de toutes ces vicissitudes, la Commission Pozzo s’est calée, comme on dit, sur une position qui, de norme implicite, est devenue explicite (nn. 24, 25) : les livres en usage en 1962 ne seront modifiés en rien, sauf l’ajout futur de nouveaux saints et l’usage possible de nouvelles préfaces. L’usus antiquior, « enrichissable » à la marge, restera inchangé en tout le reste, par exemple dans son lectionnaire dominical, invariable depuis pratiquement mille ans.

    VOUS DOUTEZ DE LA PORTÉE EFFECTIVEMENT NORMATIVE DU TEXTE : N’EST-CE PAS UN TEXTE JURIDIQUE ?

    — Bien sûr que si ! Sa forme montre même que ses maîtres d’œuvre – on pourrait le montrer dans le détail – sont plus à l’aise dans le domaine canonique que dans le domaine liturgique. Le plus important, à cet égard, est dans l’explicitation pointue que fait l’Instruction de ce montage très ingénieux et très particulier qu’est Summorum Pontificum : c’est une loi universelle (n. 2 de l’introduction), et non pas un indult, un privilège ; c’est en outre une loi spéciale qui fait que la liturgie qu’il rétablit en plein droit (celle en usage en 1962) ne peut être atteinte par les innovations postérieures qui lui sont incompatibles (n. 28), du moins lorsqu’elles sont purement liturgiques et non « disciplinaires » (l’incardination des clercs, n. 30, le jeûne eucharistique et autres, n. 27) ; c’est un droit général couvrant tous les livres liturgiques en usage avant les réformes de Paul VI (nn. 32, 35), et tous les livres propres aux religieux (n. 34 – avec un silence prudent sur les rites latins non romains) ; c’est enfin un droit radical qui est reconnu, car si la célébration publique de la liturgie ancienne doit répondre à certaines normes, la célébration privée est toujours permise à tout prêtre séculier ou religieux sans qu’il ait à demander quelque permission que ce soit (n. 23).

    TOUT EST-IL AUSSI NET ?

    — Non. Inutile de revenir sur la question du n. 19, dont Jean Madiran a déjà magistralement traité . En matière d’enseignement dans les séminaires, du latin, de la forme extraordinaire, la Commission prend beaucoup de gants (n. 21), quitte à ne formuler que des vœux pieux. Mais de cette piété les séminaristes pourront se saisir.
    Quant aux ordinations diocésaines en forme extraordinaire, elles n’étaient pas expressément exclues par le Motu Proprio. L’Instruction opère ici un recul en les réservant, par le n. 31, aux instituts et sociétés usant des livres liturgiques anciens (sauf à préciser la définition de cet « usage », voire à discuter la légalité de cette novation de l’Instruction, sachant que de toute façon – c’est de droit commun – l’évêque diocésain pourra toujours demander un indult ponctuel ou général). Lors du colloque à l’Angelicum, des intervenants de poids, Mgr Schneider, Mgr Bux, ont d’ailleurs fortement manifesté l’attachement théologiquement fondé de toute une tendance, au sein des partisans officiels de la forme extraordinaire, vis-à-vis des ordinations selon l’usage traditionnel.

    LE PLUS FORT DU TEXTE N’EST-IL PAS DANS LA DÉFENSE DES DROITS DES GROUPES DE DEMANDEURS ?

    — C’est certain. C’est même le morceau de bravoure de l’Instruction : aucune mention de chiffre minimum pour le groupe de fidèles demandeurs, qui peuvent même se rassembler sur une paroisse en venant de plusieurs autres, voire d’autres diocèses (n. 15), demander la célébration du Triduum pascal à leur usage (n. 33), exister de manière ponctuelle pour une cérémonie ou un pèlerinage (n. 16). Et surtout, la Commission explicite ses propres pouvoirs : organe du Saint-Siège, elle est le « supérieur hiérarchique » des évêques (de fide ! n. 10 § 1). Elle (dotée d’un pouvoir ordinaire vicaire du Pape) tranche en dernier ressort les litiges qui peuvent survenir (n. 13), ses décisions (des « décrets ») intervenant dans l’ordre dit « administratif » et n’étant susceptibles de recours que devant la cour de cassation/conseil d’État du Saint-Siège, à savoir le Tribunal de la Signature apostolique.
    Mais ne vous réjouissez pas trop vite en imaginant que la Commission va fulminer sur des évêques ou cardinaux terrassés des quantités de « décrets », que le cardinal Burke, Préfet de la Signature apostolique, s’empressera de confirmer si on le lui demande ! Je me garderais bien de dire que tout cela est un tigre de papier, mais il est clair que dans la période postconciliaire dont nous sommes loin d’être sortis, les hommes restent ce qu’ils sont (conciliaires et restaurateurs), et l’exercice de l’autorité ce que nous savons. Mais il y aura des avancées. En outre, l’Instruction, telle qu’elle se présente, constitue une affirmation supplémentaire de l’impossibilité d’un retour en arrière. Cependant, concrètement, ce sont les « groupes stables », l’ensemble des fidèles demandeurs, tous les clercs attachés à l’usage traditionnel, qui auront encore et toujours à agir, à presser, à demander… tout simplement leur droit. Jusqu’au jour où les évêques serviront d’eux-mêmes le meilleur vin sans qu’on ait à les implorer de le faire.

    EN SOMME : « PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS ! »

    — Vous voulez me faire dire bien plus que… Mais au fond, il y a de cela. En fait, si la messe traditionnelle, et « ce qui va avec », les catéchismes, la formation des prêtres, la prédication, etc., a été maintenue depuis 40 ans, c’est parce que, paradoxalement, Vatican II a été parfaitement entendu par ces « prolétaires » de l’Église conciliaires que sont les traditionnels : on a donné la parole aux laïcs, et… voilà qu’ils l’ont prise ! Et pas en faveur du fameux « esprit du Concile », mais pour restaurer la messe traditionnelle. A vrai dire, ils ont pris la parole de façon très « moderne ». Sans parler de la récente montée en puissance des médias internet que les mêmes traditionnels ont parfaitement investis. C’est ainsi. Et le Motu Proprio, dopé par l’Instruction, consacre étrangement, mais bien réellement, la légitimité du très moderne groupe de pression, sous l’appellation délicieusement surannée de coetus fidelium.
    Au total, il y a désormais – notamment dans les nouvelles générations de clercs – un « esprit Motu Proprio », comme il y avait (mon usage de l’imparfait est volontariste !) un « esprit du Concile ». Je ne suis pas prophète, en tout cas pas davantage que les météorologues qui avouent leur incompétence à prévoir la pluie ou le beau temps à trois jours. Mais il me semble qu’on peut dire que le présent pontificat, qualifiable de « pontificat de transition », laissera surtout le souvenir d’avoir ouvert de fait et d’intention (fortement de fait, timidement d’intention) des brèches dans ce fameux « esprit du Concile » (le discours sur l’herméneutique du Concile, le recadrage pratique du dialogue œcuménique, le Motu Proprio). Sous cet aspect, l’affirmation apparemment modeste, mais définitive, que la liturgie antérieure à la réforme de Vatican II n’a jamais été abolie, est un des germes les plus précieux de la revitalisation à venir du catholicisme.

    Propos recueillis par Olivier Figueras.
    Article extrait du n° 7359 du journal Présent du samedi 28 mai 2011