Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Funérailles de M. le professeur Hervé Coutau-Bégarie

Ce matin ont été célébrées en la Chapelle Saint-Louis de l’Ecole Militaire les funérailles de M. Hervé Coutau-Bégarie, décédé le 24 février dernier.

Capitaine de frégate de réserve, il était reconnu comme un éminent spécialiste en stratégie navale. Enseignant à l’Ecole de Guerre où il était directeur de recherche en Stratégie, professeur au Cours Supérieur d’Etat-Major et directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Etudes, Hervé Coutau-Bégarie a formé des générations d’officiers supérieurs et d’étudiants. Il laisse de nombreux ouvrages, parmi lesquels son monumental Traité de stratégie traduit en six langues et dont la septième édition vient de paraître. Hervé Coutau-Bégarie était également le président de l’Institut de Stratégie et des Conflits – Commission Française d’Histoire Militaire (ISC-CFHM). Il était également chevalier de la Légion d’honneur, de l’ordre du Mérite maritime et de l’ordre des Arts et des Lettres.

Grand chrétien, sa bibliographie commentée de l’oeuvre du pape Benoît XVI, qu’il admirait, devrait paraître. C’était un paroissien de Saint-Eugène que nous admirions – outre pour être un puits de science – pour sa naturelle bonté, son humour et son courage face à la maladie. La Schola Sainte Cécile présente à sa famille ses sincères condoléances et l’assure de sa prière.

De très nombreux fidèles & amis ont tenu à assister à la messe de funérailles, laquelle été célébrée par le R.P. de Langalerie, ancien vicaire de Saint-Eugène, en présence de M. le Curé de Saint-Eugène et de l’aumônier militaire de la Chapelle Saint-Louis, l’homélie étant prononcée par M. l’abbé Christian-Philippe Chanut.

Après la messe, l’Armée rendit les honneurs à ce grand professeur dans la cour de l’Ecole Militaire.

Curriculum vitæ de Monsieur Coutau-Bégarie sur le site de l’Institut de Stratégie et des Conflits.

Réunion à Londres du Gregorian Chant Network

Samedi dernier s’est déroulée à l’Oratoire de Londres la seconde réunion du réseau Gregorian Chant Network.

Cette association britannique fondée il y a deux ans a pour vocation de fédérer des chœurs catholiques chantant le plain-chant dans un cadre ecclésial, pour non seulement leur apporter des ressources en terme de formation mais également pour permettre des échanges et de meilleures connaissances mutuelles. Ce samedi étaient donc présents sur invitation une cinquantaine de maîtres de chapelle, chefs de chœur, chantres & musiciens d’église, parmi lesquels on notait la présence de la fine fleur des institutions musicales catholiques de Grande-Bretagne.

L’invité d’honneur de cette réunion du Gregorian Chant Network était le fameux compositeur écossais James MacMillan, lequel donna la première conférence de la journée : il y fit part de sa propre expérience de catholique et de compositeur, souligna l’importance du sens de la beauté dans la liturgie véritable et s’exprima sur la place éminente du plain-chant dans la musique ecclésiastique, y compris pour les compositions contemporaines.

Après le déjeuner, le président du Gregorian Chant Network, M. Joseph Shaw fit le tableau des activités de l’association

Puis le R.P. Guy Nichols, de l’Oratoire de Birmingham, présenta le tout nouveau Blessed John Henry Newman Institute of Liturgical Music qui vient de s’y établir.

Sous la direction de James MacMillan, l’assemblée répéta ensuite le chant des vêpres. Etant donné le niveau musical de l’assistance, cette répétition ne présenta guère de difficultés.

Le thé, comme le déjeuner, fut l’occasion pour les participants de nouer de fructueux contacts. J’ai eu le plaisir de revoir plusieurs des amis que j’avais pu connaître dans le passé lors des session liturgiques à Merton College à Oxford.

La journée se termina par le chant des premières vêpres du dimanche de la Quinquagésime dans le Petit Oratoire de Brompton.

Merci à M. Joseph Shaw pour m’avoir permis de reproduire quelques unes de ses photos des vêpres.

Le Codex Calixtinus bientôt retrouvé ?

C’est ce que laisse entendre l’archiviste de la cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle, l’Abbé Segundo Pérez, qui a indiqué à la presse de Zamora que la police tenait des pistes sérieuses, lesquelles permettrait de retrouver le précieux manuscrit.

Le Codex Calixtinus, appelé encore Liber Sancti Jacobi ou Livre de Saint Jacques, était un précieux manuscrit conservé à la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle jusqu’à son vol spectaculaire annoncé le 5 juillet 2011, lequel vol avait suscité une vive émotions. Ce codex est une compilation de textes anciens à la gloire de saint Jacques le Majeur, réalisé par un français aux alentours de 1140. L’exemplaire de Compostelle a dû être écrit vers 1150 et l’on possède à Barcelone une copie datée de 1173.

L’ouvrage comprend cinq livres. Le premier d’entre eux contient l’office de saint Jacques & de nombreuses pièces liturgiques. ainsi que des chants de pèlerins et des sermons. Cette partie de l’ouvrage est fondamentale pour la connaissance de la musique liturgique médiévale. Outre l’office & la messe de saint Jacques, cette partie du recueil contient également une vingtaine de pièces polyphoniques, parmi les premières dont la notation nous soient parvenues, et qui témoigne d’une virtuosité vocale somptueuse ainsi que de l’art consommé d’un contrepoint subtil. C’est là – entre autres trésors – que l’on trouve la toute première notation d’une pièce à trois voix, le Congaudeant catholici, signé d’un certain maître Albert des Parisiens (Magister Albertus Parisiensis, chantre à Notre-Dame). Cet exemple est unique même si l’écriture en est encore assez gauche. L’ensemble de cette partie du manuscrit, compilation des meilleures pièces du répertoire des cathédrales françaises du XIIème siècle, révèle un très haut niveau de culture vocale, et semble avoir eu une valeur exemplaire : sans doute s’agissait-il de favoriser la diffusion du rit romain en Espagne, où avait cours jusqu’alors la liturgie mozarabe. Peut-être faut-il aussi rappeler ici que de ces toutes premières constructions polyphoniques est sortie toute la musique occidentale ultérieure.

Pour se rendre compte de la beauté des pièces polyphoniques du Codex Calixtinus et de leur complexité, voici un Benedicamus Domino en organum, par Marcel Pérès et l’Ensemble Organum, tiré du CD Vêpres de saint Jacques de Compostelle :

Voici l’un des plus fameux chant des pélerins jacquaires du XIIème siècle, Dum Pater familias, par les mêmes interprètes :

Un répons avec parties en organum :

Et enfin le Congaudeant catholici dont nous faisions allusion plus haut :

Le IInd livre du Codex Calixtinus présente une liste des miracles opérés par saint Jacques, pour la plupart datés des XIème & XIIème siècles. Le IIIème livre rapporte l’histoire des travaux évangéliques de saint Jacques et de la translation de son corps après sa mort jusqu’à Compostelle. Le IVème livre présente une histoire de Charlemagne et de Roland. Enfin, le Vème & dernier livre se présente sous la forme d’un étonnant guide touristique pour les pèlerins de Compostelle, le premier du genre.

L’ouvrage, bien connu & étudié, est de ce fait impossible à introduire dans un circuit « commercial » normal par son voleur, qui parait avoir été bien renseigné sur la disposition des lieux dans la cathédrale de Compostelle, déjouant 5 caméras de surveillance. Juste après le vol, divers bruits avaient couru indiquant que le voleur, repenti, souhaitait restituer l’ouvrage. Souhaitons que la police espagnole mette rapidement un terme à ce vol honteux.

Source : Religion Digital

Restauration de la Vierge de Lépante

Cette statue de Notre Dame était à bord de la Galère Royale commandée par don Juan d’Autriche, demi-frère du roi Philippe II d’Espagne, à la bataille de Lépante. Le navire amiral de la flotte chrétienne est justement celui dont les troupes ont abordé La Sultane et décapité le commandant des Ottomans, Ali Pacha, tandis que le pape Pie V priait le Rosaire à Rome pour la victoire de la Sainte Ligue. Cette victoire éclatante de Lépante a durablement protégé l’Europe chrétienne des agressions musulmanes. C’était le 7 octobre 1571, date que commémore tous les ans la fête de Notre Dame du Rosaire.

A bord de la Galera Real, cette Vierge en bois, Vierge du Rosaire devenue « Vierge de la Victoire », avait été offerte à Jean d’Autriche par les alliés vénitiens. De retour en Espagne après ce haut fait d’armes sur lequel elle avait veillé, la statue de la Mère de Dieu fut léguée par don Juan d’Autriche à sa mort en 1578 à la Confrérie des Galères en l’église de Saint-Jean-de-Latran – aujourd’hui détruite – du Port de Santa María à Cadix.

En 1854, la statue fut transférée au Collège des Aspirants de l’Académie des Gardes Marines de San Fernando, ancêtre de l’Ecole Navale espagnole. Il y reçut une première restauration des mains de l’artiste Flores Loma au mois de septembre de cette même année.

La statue – ensuite à peu près oubliée -, subit les outrages des temps & était très abîmée. Elle vient d’être remise au Musée naval de Madrid, où, après restauration, en « habit de gala » comme le promet le restaurateur José Maria Galvez Farfan, elle sera visible pour tous. Avec son regard qui a conservé une grande intensité, assez pour galvaniser les combattants contre « le Grand Turc »…

L’icône, patrimoine de tous les chrétiens – les 50 ans de l’Atelier d’Icônes Saint Georges

A l’occasion des 50 ans de l’Atelier d’Icônes Saint Georges créé en 1962 par le Père Egon Sendler, s.j., une exposition parisienne présente plus de 60 icônes, des esquisses, des livrets qui rassemblent des photos des églises et des fresques, œuvres iconographiques réalisées par le Père Sendler et ses élèves des 3 ateliers Saint Georges (à Meudon, à Publier en Savoie, et à Versailles).

L’Icône est dans son essence un art religieux et même un art théologique. Surgie des origines chrétiennes d’Orient et des siècles de persécution, enrichie par la difficile recherche dogmatique des conciles, purifiée par les épreuves de la persécution iconoclaste, l’icône fait partie du grand courant de la tradition, c’est-à-dire de la vie intérieure de l’Église, prolongement de l’Incarnation du Christ. L’icône est intimement liée aux Ecritures et à la liturgie, c’est en elles qu’elle s’enracine et c’est d’elles qu’elle tire sa valeur aux yeux de la foi.

Les icônes du Père Sendler et celles de ses ateliers sont écrites avec sobriété : il n’y a aucune complaisance donnée au sentimentalisme, le spirituel ne laisse aucune place au superflu, tout est pureté, tout est message, tout est prière. Elles respectent les canons en vigueur avant l’époque de la Renaissance: dans les symbolismes, les proportions, les structures, les couleurs, les lumières et bien sûr la perspective inversée qui rappelle que c’est l’icône qui nous regarde et qui nous sollicite. La dynamique qui ressort des dessins des icônes et particulièrement des fresques et des esquisses traduit bien ce message : celui que l’homme va également être en mouvement s’il accepte de se laisser tirer par Dieu.

Pour le Père Sendler, on entre en écriture d’icônes en étant un simple instrument au service de Dieu. Tout ce que fait l’iconographe doit correspondre à la théologie. Il ne faut pas « inventer » ce qui n’aurait pas de base biblique ou liturgique, car l’icône est le reflet d’une réalité, et elle est même un lieu de présence. Le Père enseigne déjà en sa propre personne les qualités alors nécessaires pour un véritable iconographe : l’enthousiasme (étym. : être en Dieu) et le silence intérieur, l’humilité et la générosité.

Outre l’exposition à la galerie Bansart (Paris VII), pour rendre grâce à Dieu pour ces 50 ans d’activité, la Divine Liturgie de saint Basile le Grand sera célébrée par le père Jean-Louis Lemaire, accompagné du chœur de la paroisse russe catholique de Paris, le samedi 14 janvier, à 10h45 à la chapelle de l’Ermitage – 23 rue de l’Ermitage, à Versailles. Le 14 janvier correspond en effet au 1er janvier dans le calendrier julien et voit la double fête de la Circoncision de Notre Seigneur Jésus Christ et celle de notre Père parmi les saints Basile le Grand, archevêque de Césarée de Cappadoce.

Biographie du Père Egon Sendler

Egon Sendler, est né en Silésie (actuellement en Pologne) en 1923. Pendant les années du nazisme il travaille avec les Pères de la Compagnie de Jésus dans une organisation catholique, un épisode qui déterminera sa vie. La guerre l’envoya sur le front de l’est où l’armée russe le fit prisonnier. Les épreuves endurées l’amenèrent à être réceptif à l’appel de la vie consacrée : « S’il lui était donné de survivre il ferait connaître la culture religieuse de la Russie et travaillerait à l’unité des chrétiens. »

Il rejoint la Compagnie de Jésus et fait ses études à Munich et à Rome. Ses supérieurs l’orientent vers l’apostolat russe pour lequel il est ordonné en rite byzantin. Au milieu d’un groupe de compagnons il travaille désormais pour l’union des Églises, spécialement le rapprochement avec l’orthodoxie russe.

Influencé par sa mère qui était peintre, il réveille l’intérêt de l’occident pour l’iconographie. Au début des années 60, le Père Sendler est enseignant au sein du Collège jésuite de Saint-Georges à Meudon pour l’immigration russe. Il y enseigne la peinture des icônes, d’abord aux mères des élèves, puis dans ce qui devint l’atelier de Meudon. Suivirent des ateliers en Savoie, à Milan, à Syracuse, à Jérusalem, à Buenos-Aires.

Dans son atelier actuel de Versailles, il donne de nombreux stages, des élèves de toutes confessions viennent du monde entier : de Chine, du Japon, de Pologne, d’Angleterre, des USA.

Ses fresques se trouvent dans des églises aux USA, en Allemagne, à Rome, en Sicile, à Paris, au Liban. Ses quatre livres sont des ouvrages de référence pour les iconographes.

Ouvrages du Père Egon Sendler

1. L’icône, image de l’Invisible, DDB 1981
2. Les icônes byzantines de la mère de Dieu, DDB 1992
3. Les mystères du Christ, Icônes de la liturgie, DDB 2001
4. Le secret de la ligne, Le dessin des icônes, Edition Istina 2009

Renseignements pratiques

GALERIE BANSARD
26, avenue de La Bourdonnais, Paris 7ème
Exposition du 12 janvier au 2 février 2012, ouverte tous les jours de 14h à 18h 30 :
Conférence à la galerie le 19 janvier 2012 à 19 h sur le thème : « L’Icône, patrimoine de tous les chrétiens »

Atelier Saint Georges
21, rue de l’Ermitage 78000 Versailles

Des pèlerins ukrainiens célèbrent la divine liturgie à Myre en Lycie

Du 17 au 20 décembre 2011, une délégation de l’Église orthodoxe ukrainienne s’est déplacée en Turquie pour un parcours sur les lieux liés à la vie et au ministère de saint Nicolas de Myre en Lycie.

Après avoir été reçus à Constantinople par Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée, le à 19 décembre, le métropolite Onuphre assisté de l’évêque Jonas, de clercs venus d’Ukraine, de Russie et de Géorgie ont célébré la Divine liturgie dans l’antique cathédrale de Myre en Lycie (aujourd’hui Demre), où célébra jadis saint Nicolas et où reposèrent ses reliques incorrompues et exhudant de l’huile jusqu’à leur translation à la ville italienne de Bari en 1087.

Le même jour, la délégation ukrainienne a visité les ruines de l’antique ville de Patara, d’où saint Nicolas était originaire. Le clergé y a célébré un office avec lecture de l’acathiste de ce saint.

Source : Site du Département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou.

S.E. le cardinal Ranjith : « Le temps est venu d’encourager de plus en plus le retour au Vetus Ordo »

La 20ème assemblée générale de la Fœderatio Internationalis Una Voce s’est tenue les 5 & 6 novembre dernier à Rome, le compte rendu de celle-ci a été publié le 19 décembre. A l’occasion de cette assemblée générale, S.E. Malcolm, cardinal Ranjith, – archevêque de Colombo & ancien secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin – a adressé une lettre aux participants de cette réunion, dont voici l’essentiel, en traduction française par nos soins :

« Je tiens à exprimer tout d’abord ma gratitude à vous tous pour le zèle et l’enthousiasme avec lequel vous faites la promotion de la cause de la restauration de la véritable tradition liturgique de l’Église.

Comme vous le savez, c’est l’adoration qui renforce la foi et la réalisation héroïque de celle-ci dans la vie. C’est le moyen par lequel les êtres humains sont élevées au niveau du transcendant et de l’éternel : le lieu d’une rencontre profonde entre Dieu et l’homme.

La liturgie pour cette raison ne peut jamais être une création humaine. Car si nous adorons de la façon que nous voulons et fixons nous-mêmes les règles, alors nous courons le risque de recréer le veau d’or d’Aaron. Nous devons constamment insister sur le fait que le culte est une participation à l’œuvre de Dieu lui-même, sinon nous courons le risque de nous engager dans l’idolâtrie. Le symbolisme liturgique nous aide à nous élever au-dessus ce qui est humain vers ce qui est divin. En cela, c’est ma ferme conviction que le Vetus Ordo représente pour une grande part et de la manière la plus enrichissante l’appel mystique et transcendant à une rencontre avec Dieu dans la liturgie. Ainsi le temps est venu pour nous, non seulement de renouveler par des changements radicaux le contenu de la nouvelle liturgie, mais aussi d’encourager de plus en plus le retour au Vetus Ordo, chemin vers le renouveau véritable de l’Eglise, ce qui était ce que les Pères de l’Eglise réunis au Concile Vatican II ont désiré.

La lecture attentive de la Constitution conciliaire sur la sainte Liturgie, Sacrosanctum Concilum, montre que les changements irréfléchis introduits ultérieurement dans la liturgie n’existèrent jamais dans l’esprit des Pères du Concile.

Ainsi le temps est venu pour nous d’être courageux afin de travailler à une véritable réforme de la réforme mais aussi au retour de la vraie liturgie de l’Eglise, laquelle s’est développée de façon continue au cours de son histoire bi-millénaire. Je souhaite et prie pour que cela advienne.

Que Dieu bénisse vos efforts avec succès.

+ Malcolm, cardinal Ranjith
Archevêque de Colombo
24/8/2011

Source : New Liturgical Movement.

Découverte et restauration de peintures murales du XIIIème siècle à la Cathédrale de Chartres

La découverte en octobre 2010, de peintures murales gothiques datées du début du XIIIème siècle (entre 1200 et 1235) dans un monument aussi étudié et connu qu’est la Cathédrale de Chartres fut une surprise générale pour les services des Monuments Historiques.

Situées dans les roses murées des intrados donnant sur les tours Nord et Sud, ce sont en fait des trompe-l’œil destinés à simuler la présence de vitraux. Bénéficiant de leur situation inaccessible, ces peintures nous sont parvenues dans leur état d’origine, à peine occultées par un badigeon de recouvrement ancien et l’empoussièrement séculaire. Leur restauration est maintenant achevée et intéressera non seulement les historiens et les archéologues, mais également les spécialistes de la musique médiévale, puisque les deux peintures présentent des rois jouant d’instruments de musique.

On trouvera une présentation complète des peintures et des travaux de restauration dans cet article de la revue CeROArt.

Rose du roi David jouant du psaltérion.

Le Roi David est identifiable certes par son sceptre mais surtout par son instrument par excellence, le psaltérion décachorde, lyre à dix cordes, instrument à cordes pincées auquel les psaumes se réfèrent fréquemment, e.g. :

Bonum est confiteri Domino, et psallere nomini tuo, Altissime :
ad annuntiandum mane misericordiam tuam, et veritatem tuam per noctem,
in decachordo psalterio ; cum cantico, in cithara. (Psaume 91, 2-4)

Il est bon de louer le Seigneur et de psalmodier pour ton Nom, ô Très-Haut ;
d’annoncer au matin ta miséricorde, et ta vérité durant la nuit,
avec le psaltérion à dix corde, par un cantique avec la cithare.

Les spéculations sur la façon dont étaient accordées les dix cordes du roi David ont occupé les théoriciens de la musique jusqu’au XVIIème siècle – voyez par exemple L’Harmonie Universelle (1637) du Père Marin Mersenne (1588 † 1648). De ces spéculations découlent en grande part les différents systèmes d’accord des instruments de musique.

Rose d’un roi jouant du rebec.

Le rebec est un instrument à cordes frottées dérivé de la lyra grecque utilisée dans l’empire byzantin. Le rebec est ici encore joué sur les genoux, comme le décrit Jérôme de Moravie dans son Tractatus de Musica, vers 1280. C’est ultérieurement que le jeu à bras sera pratiqué. C’est bien sûr l’ancêtre des violes et des violons.

Russie : la relique de la ceinture de la Vierge Marie a fait un séjour triomphal

Bravant un froid glacial (la température est descendue jusqu’à -11° mercredi 23 novembre), un million de fidèles moscovites ont fait la queue durant des heures pour se recueillir devant la relique de la sainte ceinture de la Vierge Marie de Vatopedi dont l’ostension solennelle avait lieu dans la cathédrale du Christ-Sauveur.

Entre quinze et vingt heures de file d’attente étaient nécessaires en moyenne avant de vénérer la sainte relique (certains ont dû faire 2 jours de queue). Plus de 300 personnes ont déjà eu besoin de soins et 52 ont dû être hospitalisées. Pourtant, les autorités avaient mis en place un dispositif pour parer à tous problèmes : distribution gratuite de nourriture, possibilité de se réchauffer dans des bus, ambulances garées en permanence devant la cathédrale…

Des avertissements ont été également donnés. Le docteur Alexandre Tchoutchaline, membre de l’association des médecins orthodoxes, a par exemple recommandé aux pèlerins de bien “mesurer les risques que présentent pour leur santé” ces heures d’attente. Mais la ferveur a été plus forte, de nombreux croyants ont refusé toute assistance de peur de perdre leur place dans l’imposante file d’attente (plus de 8,5 km) !

Surpris par cette affluence, le patriarcat s’est résolu à surélever la relique en la plaçant au dessus d’une arche sous laquelle, les pèlerins passaient sans s’arrêter, juste le temps de lever les bras pour effleurer le toit de l’arche, ce qui permis d’accélérer la cadence.

Selon la tradition, la Vierge aurait laissée sa ceinture à l’apôtre Thomas lors de son Assomption. La relique fut conservée à Edesse en Syrie au IVème siècle, avant d’être transférée à Constantinople sous le règne de l’empereur Arcadius (395 † 408). La relique fut ensuite divisée en plusieurs parts qui se retrouvèrent dans plusieurs pays. La France ainsi en possède une part en la cathédrale du Puy depuis le XIIème siècle et un autre fragment depuis 1252 à Quintin en Bretagne, l’Italie depuis 1141 possède la sienne en la cathédrale de Prato en Toscane. Mais la partie de la ceinture qui a visité la Russie est très célèbre en Orient et est conservée au Monastère de Vatopedi au Mont-Athos en Grèce où elle fut offerte aux moines par le prince serbe Lazar Chlebeljanovic. La relique n’avait jamais quitté ce monastère en dépit des demandes réitérées de croyants de différents pays. L’exception pour la Russie s’est faite au terme de démarches complexes.

Avant de conclure son périple russe par Moscou, la ceinture avait effectué un pèlerinage dans quatorze grandes villes depuis son arrivée dans le pays, le traversant d’Ouest en Est jusqu’à Vladivostok.

Le Premier ministre, Vladimir Poutine, en personne, l’avait accueillie à Saint-Pétersbourg lors de sa première apparition en Russie le 20 octobre dernier.

En un mois de présence sur le sol russe, ce sont près de trois millions de personnes qui se sont pressées pour vénérer la sainte relique. Même la première tournée de U2 (en 2010) dans le pays n’a pas déclenché autant de passion et de ferveur ! 🙂

En cette fête de l’Immaculée Conception dans le calendrier latin, rendons grâce à Dieu pour l’extraordinaire réveil spirituel qui se manifeste en Russie.

Benoît XVI – L’esprit de la musique

Monsieur l’Abbé Iborra, vicaire à Saint-Eugène – Sainte-Cécile, a réuni un très intéressant corpus de textes de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI sur la musique et m’a demandé d’en faire la préface. Afin de vous donner envie d’acheter cet ouvrage, je retranscrit ici cette préface.

« Au milieu des nombreuses études « ratzingériennes » qu’il conduit depuis plusieurs années, Monsieur l’Abbé Iborra a conçu l’excellente idée de réunir les différents textes du pape Benoît XVI sur la musique. A première vue, le corpus de textes très divers ainsi rassemblés, pour beaucoup de circonstances, ne se présente certes pas comme un traité de théologie systématique sur la musique en général, ni sur la musique sacrée en particulier. Pourtant, au fil de la lecture de ces différents textes, on découvre que la pensée de Benoît XVI va bien au-delà de la simple expression de sentiments mélomanes. Elle révèle une vision théologique profonde et originale de la valeur de la musique dans le plan de la Rédemption.

Beaucoup de ces textes sont des discours prononcés à l’issue de concerts offerts au Pape. On y lit bien sûr toute la délicate amabilité du Saint-Père envers les interprètes. On le sait musicien ; il n’est dès lors pas foncièrement surprenant – quoique ! – d’y trouver également des analyses musicales – parfois réellement techniques et précises – sur les œuvres qui viennent d’être interprétées devant lui, même si aucun pape ne s’était à ce point livré à cet exercice avant lui. En premier lieu, la grande variété, tant des interprètes que des œuvres jouées dans ces concerts, fournit au Pape l’occasion de souligner combien la musique est un langage universel, le seul selon lui à avoir échappé à la malédiction de la confusion des langues après la Tour de Babel, un langage sans paroles mais pourtant apte à réunir les hommes. A l’adresse des musiciens, le Pape ne manque pas alors de rappeler que la pratique de la musique induit forcément une expérience de communion : chanter ou jouer d’un instrument ensemble nécessite à la fois l’écoute des autres et aussi un nécessaire don de soi. En ce sens, pour le Pape, la pratique de la musique et du chant contient en elle une force éducatrice universelle pour les sociétés humaines.

Au cours de ses études d’anthropologie, le R.P. Marcel Jousse, s.j. (1886 † 1961) avait posé la démonstration que l’homme primitif ne savait que chanter, et que, par conséquence, le langage parlé n’était arrivé que postérieurement, par paresse en quelque sorte, étant donné l’économie énergétique des moyens qu’il mettait en œuvre par rapport au chant. On trouvera dans ces textes de Benoît XVI cette même idée originale qui souligne combien l’homme chantant exerce par la musique la plénitude de son expression, la pleine extension de sa communication, grâce au déploiement de tous ses moyens.

Une fois posé ces aspects civilisationnels, le Pape souligne combien cette force éducatrice de la musique entraîne l’homme vers l’accomplissement d’un objectif esthétique, la recherche du beau. Loin de nier la valeur de cet impératif esthétique, le Pape montre au contraire combien cette quête de l’harmonie sonore ne constitue de fait qu’une facette de la quête fondamentale de l’harmonie ontologique de l’homme avec Dieu, et, partant, avec les autres et avec le cosmos tout entier. Dieu seul est le souverainement bon et le souverainement beau, lui seul peut parfaitement répondre à la quête des universaux – καλὸς κἀγαθός – de la beauté et de la bonté qui est profondément inscrite au cœur de tout être humain.

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