Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Le lavement des pieds dans le rit byzantin

La cérémonie du lavement des pieds dans le rit byzantin est une cérémonie plus rare que dans le rit romain, puisqu’elle n’est accomplie ordinairement que par l’évêque dans son église cathédrale.

Voici quelques images et une vidéo de cette cérémonie accomplie ce Jeudi Saint 2012 en la cathédrale du Saint-Sauveur par le patriarche Cyrille de Moscou. Le rite du lavement des pieds de 12 prêtres a été effectué par le patriarche après la prière devant l’ambon, à la fin de la divine liturgie de saint Basile du Grand Jeudi, tandis que l’archidiacre chantait le récit de cet épisode de la dernière Cène dans l’évangile de saint Jean (13, 1-17).

Notez que le douzième prêtre figure saint Pierre et que, lorsque vient son tour, le dialogue narré par l’Evangile s’instaure entre les deux protagonistes :

Il arrive ainsi devant Simon Pierre. Et Pierre lui dit : « Seigneur, c’est toi qui me laves les pieds ! » Jésus lui répondit : « Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant ; après, tu comprendras. » Pierre lui dit : « Non, jamais tu ne me laveras les pieds ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi. » Simon Pierre lui dit : « Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Celui qui a pris un bain n’a point besoin de se laver, sauf toutefois les pieds : il est entièrement pur. Vous aussi, vous êtes purs ; mais pas tous. »

Vidéo de la cérémonie pratiquée en 2017 par Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou dans sa cathédrale du Christ-Sauveur.

*

Comme dans le rit romain, le chant d’une série d’antiennes est prévue pour accompagner ce rite. Nous les donnons ci-après.

Stichères du lavement des pieds.

Ton 1 – Christ Dieu qui d’un linge t’es revêtu * qui as lavé les pieds des disciples * purifie la pensée de notre âme * couvre nous des liens de l’Esprit ** pour accomplir tes commandements, pour célébrer ta bonté.

Ton 2 – Fidèles qui allons recevoir l’immense bienfait * approchons pieusement du vase précieux * non pour laver la souillure de la chair, mais pour sanctifier mystiquement les âmes. * Car le Christ notre Sauveur, qui regarde la terre et la fait trembler * s’incline lui-même et touche les pieds d’argile * nous donnant de vaincre sûrement toute puissance contraire. * Rendons-lui grâce et disons-lui : * Toi qui nous as montré dans l’humilité * la voie la meilleure pour nous élever ** sauve nous, Dieu bon, dans ton amour de l’homme.

Pierre ne voulait pas que les mains saintes * qui créèrent Adam, lui lavent les pieds. * Mais quand il entendit : Si Je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi * il fut pris de grande peur et te dit : Seigneur * lave-moi non seulement les pieds, mais les mains et la tête * Ô les grands dons du Maître ! * Il fait communier ses disciples à sa grâce. * Il leur promet qu’ils auront part à la gloire ineffable. * Il leur dit qu’avec eux au calice mystique * il boira le vin nouveau dans le Royaume des cieux. * De lui, rends nous dignes, en ta compassion et ton amour de l’homme.

Ton 8 – Aujourd’hui, l’Inaccessible en son Etre * a fait œuvre de serviteur. * Lui qui entoure le ciel de nuées s’est revêtu d’un linge. * Lui qui ouvrit la mer Rouge a versé l’eau dans le vase. * Il a plié les genoux, il a lavé les pieds des disciples. * Il les a essuyés du linge dont il était revêtu. * Mais quand il lava les pieds des disciples, il leur dit : * Vous êtes purs, mais pas tous ** signifiant celui qui le trahissait.

Mieux eut valu pour toi, Judas * que tu ne fus pas conçu dans le sein de ta mère. * Mieux eut valu pour toi que tu ne fus pas né, * traître qui te détachas du Fils de Dieu. * Par toi fut rompue l’assemblée des disciples du Christ * et le larron crucifié vendange les fruits de la vraie Vigne. * Par toi fut brisée la clôture, * et les iniques détruisent le temple qui ne fut pas fait de main d’homme. * Tu as considéré pour son prix la myrrhe de la pécheresse. * Comment n’as tu pas tremblé de livrer aux mains des iniques le sang du Juste ? * Mieux eut valu pour toi que tu ne fus pas né, ** traître qui te détachas du Fils de Dieu.

Pris par le sommeil diabolique, Judas s’est endormi dans la mort. * C’est le temps de veiller, c’est le temps d’être vigilant. * Que gémisse le cœur, que pleurent les paupières, que veille le chant. * Grande est la force de la Croix. Le Christ est aux portes. * La Pâque immolée est venue. ** Gloire à Toi, Seigneur, gloire a Toi.

Bénédiction des œufs de Pâques

Dans l’ancienne discipline de l’abstinence quadragésimale, la consommation des œufs, comme de toute nourriture d’origine animale, était suspendue pendant tout le Carême et reprenait donc à Pâques. Beau symbole de la vie, l’œuf devint tout naturellement un symbole de la résurrection du Christ chez les chrétiens. Dès le IVème siècle, en Orient, les chrétiens apportaient des œufs à l’église à Pâques pour les faire bénir.

Comme l’apparition de la Benedictio ovorum (bénédiction des œufs de Pâques) dans les livres liturgiques latins semble dater du XIIème siècle, il se pourrait que la large diffusion de cet usage en Occident soit une conséquence directe des Croisades. On sait ainsi que le roi Edouard Ier d’Angleterre (1239 † 1307), qui avait pris la Croix le 24 juin 1268 et participé aux VIIIème & IXème croisades, avait fait recouvrir de feuilles d’or 450 œufs pour Pâques 1290, qu’il fit distribuer comme présents aux membres de la famille royale & aux familiers de sa cour. Très tôt, comme en Orient, les œufs sont peints et décorés en Occident (Rabelais y fait même allusion). La couleur qui revient le plus souvent dans les textes à partir du XVIème siècle est le rouge mais on note aussi le vert, le noir ou le bleu. La Satyre Ménippée, rédigée à l’occasion de la tenue des états généraux convoqués à Paris le 26 janvier 1593 par le duc de Mayenne, chef de la Ligue hostile à Henri IV, dans le but d’élire un roi catholique, indique qu’on avait interdit la vente des œufs de Pâques dans les rues de Paris (une chose bénite ne se vend pas).

Ce Samedi Saint, pendant que les femmes de la Schola Sainte Cécile répétaient pour leur concert du lundi de Pâques à Luxeuil, les chantres se sont mis à la réalisation des œufs de Pâques. En voici le résultat :

Bénédiction des œufs de Pâques à Paris

Les œufs ont été bénis à la fin de la Vigile Pascale & distribués aux paroissiens de Saint-Eugène – Sainte-Cécile.

Voici l’oraison de la bénédiction des œufs de Pâques au Rituel Romain, titre VIII, chapitre 14, inchangée depuis le XIIème siècle :

Subvéniat, quæsumus, Dómine, tuæ bene†dictiónis grátia huic ovórum creatúræ : ut cibus salúbris fiat fidélibus tuis, in tuárum gratiárum actióne suméntis, ob resurrectiónem Dómini Jesus Christi : Qui tecum vivit & regnat in sæcula sæculórum. Amen.

Que vienne, Seigneur, la grâce de ta bénédiction sur cette créature que sont les œufs. Qu’elle soit un aliment salutaire à tes fidèles, qui les consommeront pour te rendre grâce de la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Qui avec toi vit & règne pour les siècles des siècles.

Petit reportage photo sur la réalisation des œufs sur la page Facebook de la Schola Sainte Cécile.

Programme du dimanche de Pâques

Saint-Eugène, le dimanche 8 avril 2012, grand’messe de 11h.

Schola Sainte Cécile & ensemble de cuivres Hexactus

  • Procession d’entrée : Air pour la Paix, de Jean-Baptiste de Lully (1633 † 1687), maître de la musique du roi Louis XIV
  • A l’aspersion : reprise de l’antienne Vidi aquam sur un faux-bourdon de Mgr Louis Lazare Perruchot (1852 † 1931), maître de chapelle de Saint-François-Xavier à Paris et de la cathédrale de Monaco
  • Kyrie & Gloria : de la Messe pour le Samedy de Pasques (H. 8) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de la Sainte Chapelle
  • Hæc dies – polyphonie de Ludovico Grossi da Viadana (1564 † 1627), maître de chapelle de la cathédrale de Mantoue
  • Prose Victimæ paschali laudes : harmonisation du rythme traditionnel par Mgr Jehan Revert, maître de chapelle émérite de Notre-Dame de Paris
  • Credo de la messe royale du Ier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), maître de la chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint-Paul et du duc d’Anjou
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Prélude pour O filii (H. 511) de Marc-Antoine Charpentier – Cantilène pascale O filii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation Henri de Villiers
  • Pendant la communion : Dextera Domini – offertoire pour le jour de Pâques sur le texte de l’offertoire de l’ancien rit parisien – César Franck (1822 † 1890), organiste & maître de chapelle de la basilique Sainte-Clotilde – Psaume 117, 16-17
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est pascal
  • Au dernier Evangile : Symphonie devant Regina cœli (H. 509) de Marc-Antoine Charpentier
    Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : « La Résurrection » – Cantate de Pâques du chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Programme de la Vigile pascale

    Résurrection de la cathédrale de Fribourg

    Saint-Eugène, le Samedi Saint 7 avril 2012, vigile pascale de 21h00.
    Répétition pour les choristes à 16h30.

  • Traits en plain-chant
  • Au retours des fonts baptismaux: Tibi laus perennis, Auctor – « l’hymne du retour des fonts » des manuscrits de l’antique liturgie parisienne – texte de saint Venance Fortunat (c. 535 † c. 601), évêque de Poitiers.
  • Kyrie & Gloria : Messe pour le Samedy de Pasques (H. 8) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de la Sainte Chapelle
  • Offertoire : O filii et filiæ – offertoire d’orgue pour le Samedy de Pâques – Jean-François d’Andrieu (1682 † 1738), organiste de Saint-Barthélémy et du Roi à Versailles
  • Sanctus & Benedictus : Messe pour le Samedy de Pasques (H. 8) de Marc-Antoine Charpentier
  • Pendant la communion : Regina cœli de Giovanni Battista Riccio († c. 1621), organiste de Saint-Jean-L’Evangéliste à Venise
  • Au dernier évangile : Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : Cantilène pascale O filii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation Henri de Villiers.
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Photos du Vendredi Saint 2012 à Saint-Eugène

    Chant du premier trait (Habacuc 3, 1-3), par les Chantres.

    Dómine, audívi audítum tuum, et tímui : * considerávi ópera tua, et expávi. ℣. In médio duórum animálium innotescéris : dum appropinquáverint anni, cognoscéris : * dum advénerit tempus, ostendéris. ℣. In eo, dum conturbáta fúerit ánima mea : * in ira, misericórdiæ memor eris. ℣. Deus a Líbano véniet, * et Sanctus de monte umbróso et condénso. ℣. Opéruit cælos majéstas ejus : * et laudis ejus plena est terra.

    Seigneur, j’ai entendu ta voix, et j’ai crains ; j’ai considéré tes œuvres, et j’ai eu peur. ℣. Tu t’es manifesté entre deux animaux quand les années furent accomplies, et quand viendra le temps, tu te montreras. ℣. Alors mon âme sera troublée, au jour de ta colère, tu auras mémoire de ta miséricorde. ℣. Dieu viendra du Liban, le Saint de la montagne ombragée et boisée. ℣. Sa majesté a couvert les cieux, et de sa louange la terre est pleine.

    Les Grandes Oraisons Catholiques.

    Orémus et pro ómnibus episcopis, Presbyteris, Diacónibus, Subdiacónibus, Acólythis, Exorcístis, Lectóribus, Ostiáriis, Confessóribus, Virgínibus, Víduis : et pro omni pópulo sancto Dei.

    Prions aussi pour tous les évêques, les prêtres, les diacres, les sous-diacres, les acolytes, les exorcistes, les lecteurs, les portiers, les chantres, les vierges, les veuves, et pour tout le saint peuple de Dieu.

    Les Grandes Oraisons Catholiques.

    Omnípotens sempitérne Deus, cujus Spíritu totum corpus Ecclésiæ sanctificátur et régitur : exáudi nos pro univérsis ordínibus supplicántes ; ut grátiæ tuæ múnere ab ómnibus tibi grádibus fidéliter serviátur.

    Dieu tout-puissant et éternel, par l’Esprit de qui tout le corps de l’Eglise est sanctifié et régi, exauce nos supplications pour tous les ordres, afin que par le don de ta grâce, on te serve fidèlement à tous les degrés.

    Album photos de cette messe sur la page Facebook de la Schola Sainte Cécile.

    Crédit photo : Constance C. de J. & Fanny B., à qui vont tous nos remerciements pour ces photographies qui nous permettront de garder mémoire d’une émouvante & magnifique cérémonie.

    Photos du Jeudi Saint 2012 à Saint-Eugène

    Nos autem gloriári opórtet in Cruce Dómini nostri Jesu Christi : in quo est salus, vita & resurréctio nostra : per quem salváti, et liberáti sumus.

    Pour nous cependant, nous devons nous glorifier dans la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ, en qui est le salut, la vie et notre résurrection, par qui nous sommes sauvés et libérés. (introït de la messe du Jeudi Saint)

    Ego enim accépi a Dómino, quod et trádidi vobis, quóniam Dóminus Jesus, in qua nocte tradebátur, accépit panem, et grátias agens fregit, et dixit : Accípite et manducáte : hoc est corpus meum, quod pro vobis tradétur : hoc fácite in meam commemoratiónem. Simíliter et cálicem, postquam cenávit, dicens : Hic calix novum testaméntum est in meo sánguine : hoc fácite, quotiescúmque bibétis, in meam commemoratiónem. Quotiescúmque enim manducábitis panem hunc, et cálicem bibétis : mortem Dómini annuntiábitis, donec véniat. »

    Pour moi, j’ai reçu du Seigneur ce qu’à mon tour je vous ai transmis : le Seigneur Jésus, la nuit où il était livré, prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et il dit : « Prenez et mangez, ceci est mon corps livré pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » De même pour la coupe, après le repas ; et il dit : « Cette coupe est la nouvelle Alliance dans mon sang. Faites cela, chaque fois que vous en boirez, en mémoire de moi. » Chaque fois que vous mangez ce pain et buvez de cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. (Epître de la messe : Première lettre de Paul au Corinthiens, 11, 20-32)

    Album photos de cette messe sur la page Facebook de la Schola Sainte Cécile et sur Google+ de Constance.

    Crédit photo : Constance C. de J. & Fanny B., à qui vont tous nos remerciements pour ces photographies qui nous permettront de garder mémoire d’une émouvante & magnifique cérémonie.

    Oraison de Jérémie en plain-chant musical

    L’Oraison de Jérémie (Lamentations, 5, 1-11) est la dernière des 9 Lamentations chantées au cours de la Semaine Sainte, la troisième leçon donc du premier nocturne des Ténèbres du Samedi Saint.

    La musique ci-dessus, qui rend tout particulièrement bien le drame du texte de Jérémie, a été composée au début du XVIIIème siècle par M. Chabert, maître de chapelle et organiste de la collégiale Saint-Agricol d’Avignon. M. Chabert avait mis en plain-chant figuré le cycle complet des 9 Lamentations de Jérémie, celles-ci ont connu un succès certain au-delà d’Avignon. Les éditions avignonnaises du XIXème siècle qui les donnent assez communément me paraissent avoir cherché à trop transcrire l’ornementation usuelle du chant au point de rendre difficile la lecture des Lamentations de Chabert. Aussi ai-je transcrit cette ultime Lamentation depuis un manuscrit langrois dont le chant, plus dépouillé, est vraisemblablement proche de l’original du XVIIIème siècle.

    Traduction de cette Lamentation par M. l’Abbé de Bellegarde :

    Le commencement de la Prière du Prophète Jérémie.
    Seigneur, souvenez-vous de ce qui nous est arrivé ; regardez & voyez l’opprobre où nous sommes ; notre héritage est tombé entre les mains des étrangers. Nous sommes devenus orphelins sans père : nos mères sont comme des veuves : nous avons bu l’eau à prix d’argent : nous avons acheté chèrement le bois : on nous a entraînés la corde au col, sans nous donner aucun relâche dans nos fatigues : nous avons tendu la main aux Egyptiens & au Assyriens, pour avoir du pain. Nos pères ont péché, & ils ne sont plus, & nous avons porté la peine de leurs iniquités : des esclaves sont devenus nos maîtres : il ne s’est trouvé personne pour nous délivrer de leurs mains. Nous allions chercher notre pain, en exposant notre vie aux épées dans le désert : notre peau s’est brûlée & noircie par la faim excessive, comme si elle eut été dans un four. Ils ont humilié les femmes dans Sion, & les vierges dans les villes de Juda.
    Jérusalem, Jérusalem, convertissez-vous au Seigneur votre Dieu.

    Programme du Vendredi saint

    Crucifixion tirée d

    Saint-Eugène, le Vendredi Saint 6 avril 2012, office des présanctifiés de 19h.
    Répétition à compter de 18h30.

  • Procession d’entrée en silence
  • Traits : Faux-bourdon du 2nd ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Passion de Notre Seigneur-Jésus-Christ selon Jean – Répons de la Synagogue en polyphonie – Henri de Villiers
  • Découvrement de la croix : Antienne Ecce lignum
  • Pendant l’adoration de la croix :
  • – Premiers impropères : polyphonie de Thomas Luis de Victoria (1540 † 1611), maître de chapelle de l’impératrice Marie
    – Seconds impropères : Popule meus sur une polyphonie du R.P. Jean-Baptiste Geoffroy, s.j. (1601 † 1675), maître de musique de la maison professe des jésuites à Paris
    – Crucem tuam de František Picka (1873 † 1918), organiste, chef d’orchestre et compositeur à Prague
    – Crux fidelis en plain-chant

  • A la procession ramenant le Saint Sacrement : Vexilla Regis prodeunt – hymne du temps de la Passion, composé au VIème siècle par Saint Venance Fortunat lors de la susception à Poitiers des reliques de la vraie Croix par la reine de France Sainte Radegonde – mise en polyphonie d’Anthoine de Bertrand (1530 † 1581)
  • Pendant la communion : Répons tirés de l’office des Ténèbres – polyphonie du Padre Martini (1704 †1784) :
    – Sicut ovis ad occissionem
    – Jerusalem, surge
    – Recessit pastor noster
    – Æstimatus sum
    – Sepulto Domino
  • Procession de sortie : Au sang qu’un Dieu va répandre – cantique sur un texte de François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651 † 1715), archevêque de Cambrai, de l’Académie française – mélodie d’Amédée Gastoué – harmonisation Henri de Villiers
  • Les Présanctifiés seront suivis de l’Office des Ténèbres du samedi saint
    (après une courte pause)

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    Un héritage commun de l’Orient & de l’Occident au Jeudi Saint

    Le Jeudi Saint, le rit byzantin comme le rit ambrosien partagent la même organisation pour célébrer le mémorial du dernier Souper de Notre Seigneur : tous deux commencent par chanter les vêpres, sur lesquelles se greffent ensuite la messe. Le rit Romain, fidèle à un principe qui lui est propre durant toute l’année, dit les vêpres de ce jour immédiatement après la messe. Dans beaucoup d’usages médiévaux du rit romain (c’est le cas par exemple du vieux rit parisien), les vêpres étaient chantée à la communion de la messe du Jeudi Saint, la postcommunion servant d’oraison conclusive pour les vêpres.

    La pièce majeure de la Divine Liturgie byzantine de ce jour est la grande entrée chantée durant l’offertoire (et reprise à la communion):

    Τοῦ Δείπνου σου τοῦ μυστικοῦ, σήμερον Υἱὲ Θεοῦ, κοινωνόν με παράλαβε· οὐ μὴ γὰρ τοῖς ἐχθροῖς σου τὸ Μυστήριον εἴπω, οὐ φίλημά σοι δώσω, καθάπερ ὁ Ἰούδας, ἀλλ’ ὡς ὁ Λῃστὴς ὁμολογῶ σοι. Μνήσθητί μου Κύριε, ὅταν ἔλθῃς ἐν τῇ Βασιλείᾳ σου. Aλληλούια, αλληλούια, αλληλούια.

    A ta Cène mystique, fais-moi participer en ce jour, ô Fils de Dieu. Je ne révèlerai pas ton mystère à tes ennemis ; je ne te donnerai pas un baiser comme Judas ; mais avec le larron, je te confesserai. Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton Royaume. Alléluia, alléluia, alléluia.

    Cette même pièce a été traduite depuis une haute époque pour la messe ambrosienne de ce jour, & utilisée à la même place (sans le triple Alleluia final & en rendant μυστικοῦ par mirabili, admirable :

    Cœnæ tuæ mirábili hódie, Fílius Dei, sócium me áccipis. Non enim inimícis tuis mystérium dicam: non tibi dabo ósculum, sicúti et Judas: sed sicut latro confiténdo te. Meménto mei, Dómine, in regno tuo.

    Il ne faut pas se laisser abuser par le titre de cette pièce de la liturgie ambrosienne : l’Antiphona post Evangelium est en fait chantée au début de l’offertoire. En voici la musique :

    Dans les paroisses byzantines russes, l’une des plus belles mises en musique de cette pièce est celle – somptueuse – réalisée par Alexei Lvov (1799 † 1870), qui succéda à son père en 1837 comme maître de la Chapelle Impériale de Saint-Pétersbourg.

    *

    En fait, « A ton mystique banquet » n’est pas le seul offertoire du rit byzantin à avoir été en usage en Occident.

    Pendant la grande entrée (l’équivalent donc de l’offertoire dans la liturgie latine), le rit byzantin n’utilise pendant l’année que quatre pièces différentes. La grande entrée du Samedi Saint, probablement la plus anciennes d’entre elles, provient de l’antique & vénérable liturgie de saint Jacques :

    Que toute chair humaine fasse silence, et se tienne dans la crainte & le tremblement. Qu’elle éloigne toute pensée terrestre. Car le Roi des Rois & le Seigneur des Seigneurs s’avance, afin d’être immolé et se donner en nourriture aux fidèles. Les chœurs angéliques le précèdent, avec toutes les principautés, les puissances, les chérubins aux innombrables yeux & les séraphins aux six ailes, se voilant la face & chantant : Alléluia, alléluia, alléluia.

    Selon certains chercheurs, cette pièce a été connue et peut-être utilisée par les rits gallicans, après la légation byzantine de 567, lorsque l’empereur de Constantinople donna une part de la Vraie Croix à la reine de France sainte Radegonde, pour son monastère de l’année.

    Le Jeudi Saint, la grande entrée chantée, est, nous l’avons vu, « A ta Cène mystique », utilisée donc également par le rit ambrosien.

    Le reste de l’année, à l’exception des liturgies des Présanctifiés, la grande entrée byzantine est le fameux chant des chérubins, qui a été ajouté à la divine liturgie par l’empereur Justin II (565 – 578) :

    Nous qui, mystiquement, représentons les chérubins, & chantons l’hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité, déposons maintenant tous les soucis du monde. Pour recevoir le Roi de toutes choses, invisiblement porté par les anges, alléluia, alléluia, alléluia.

    Au Moyen-Age, ce chant fut chanté en latin à l’offertoire de la messe romaine – entre autres – à l’Abbaye royale de Saint-Denis, nécropole des rois de France.

    *

    En ces jours les plus saints de notre salut, s’il vous plait, merci de ne pas oublier de prier pour l’unité de l’Eglise, comme le fit Notre Seigneur lui-même en cette nuit, lorsqu’il pria pour que tous soient un.

    VT VNVM SINT.