Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du dimanche du Paralytique – saint Georges – ton 3

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 6 mai 2012 du calendrier grégorien – 23 avril 2012 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Après avoir fêté l’Apôtre Thomas le IInd dimanche de Pâques, les femmes Myrophores avec Nicodème et Joseph d’Arimathie le IIIème dimanche de Pâques, la liturgie byzantine propose à l’édification des fidèles les trois dimanches qui suivent des épisodes de la vie du Christ s’étant déroulés au cours des Cinquante Jours, la Pentecôte hébraïque :

  • la guérison du Paralytique à la piscine de Bethesda,
  • la conversion de la Samaritaine,
  • la guérison de l’Aveugle-né.
  • L’origine de la célébration de la guérison du Paralytique au IVème dimanche de Pâques est constantinopolitaine ; dans la tradition de Jérusalem, l’évangile de ce jour était lu le dimanche suivant.

    L’hymnographie de ce dimanche est donc essentiellement d’origine constantinopolitaine, comme du reste l’essentiel du Pentecostaire.

    Ce jour voit également l’occurrence de la fête du saint & illustre mégalomartyr Georges le Victorieux, né au ciel le 23 avril 303.

    Saint Georges est né à Lydda en Palestine entre 275 et 285. Tribun militaire et comte de l’empereur, il était un intime de Dioclétien à la cour impériale de Nicomédie. Lorsque Dioclétien publie le 24 février 303 le premier des quatre édits qui lance la persécution générale des chrétiens, Georges se déclare ouvertement et courageusement chrétien, ce qui a pour effet de bouleverser l’empereur, qui était attaché à Georges. En dépit de nombreuses propositions de Dioclétien en terres, argent et esclaves s’il sacrifiait aux idoles, Georges refuse de renier le Christ. Il est emprisonné et subit diverses tortures (dont des lacérations par une roue chargée d’épées, dont il fallut le ranimer trois fois) avant d’être finalement décapité sous les murailles de Nicomédie le vendredi 23 avril 303. A la vue du témoignage et de la constance de Georges, l’impératrice Alexandra et un prêtre païen du nom d’Athanase se convertirent et l’accompagnèrent dans le martyre.

    Sous Constantin eut lieu la translation solennelle du corps de saint Georges jusqu’à sa ville de Lydda, où l’empereur lui avait élevé une église magnifique dont les encénies furent célébrées un 3 novembre. La renommée de saint Georges, modèle du courageux soldat chrétien se répandit rapidement dans tout l’univers chrétien, aussi bien en Orient qu’en Occident. Déjà au Vème siècle, le pape saint Gélase Ier avait déclaré que Georges faisait partie de ces saints dont les noms sont justement révéré chez les hommes, mais dont les actions ne sont connues que de Dieu.

    Les reliques de saint Georges durent être ultérieurement envoyées au moins en partie à Constantinople, comme beaucoup d’autres reliques insignes. Le 8 septembre 1206, après avoir chanté les vêpres de la Nativité de la Sainte Vierge en l’église Saint-Georges de Mangana à Constantinople, un clerc amiénois du nom de Walon de Sarton, découvrit le chef, un bras & un doigt de saint Georges, ainsi que le chef de saint Jean Baptiste. Ces précieuses reliques furent envoyées à la cathédrale d’Amiens. Si le chef de saint Jean Baptiste y est toujours conservé, les reliques de saint Georges furent hélas détruites à la révolution.

    Saint Georges est célébré par le rit byzantin & les rits occidentaux au 23 avril. L’église russe célèbre également la translation de ses reliques et la dédicace de la cathédrale de Lydda sous Constantin au 3 novembre, ainsi que la dédicace de son église à Kiev le 27 novembre (c. 1054). Les rits copte & éthiopien célèbrent la saint Georges le 1er mai (mais cela correspond au 23ème jour du mois correspondant au mois d’avril). Dans le rit éthiopien, saint Georges est de plus commémoré tous les 23 de chaque mois.

    Saint Georges est le saint patron de la Georgie, de l’Ethiopie, de l’Angleterre, du Portugal, de la Bourgogne, de l’Aragon, de la Catalogne, de Gênes, de Venise, de Barcelone, etc. Il est le patron d’un très grand nombre de lieux, d’églises et d’organisations (dont les scouts). Très vénéré en Russie, saint Georges à cheval figure sur les armoiries de la Moscovie, reprises sur les armoiries impériales et désormais sur les nouvelles armes de la Russie.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les cieux se réjouissent ! * que la terre exulte d’allégresse ! 
* car le Seigneur a fait merveille par la force de son bras, 
* terrassant la mort par sa propre mort et devenant le Premier-né d’entre les morts !
 * Du sein de l’Enfer, Il nous a tous sauvés, ** accordant au monde la grande miséricorde.
    2. Tropaire de saint Georges, ton 4 : Libérateur des prisonniers et défenseur des pauvres, * médecin des malades et soutien des princes, * ô Georges, grand martyr victorieux, * intercède auprès du Christ Dieu ** pour le salut de nos âmes.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion de saint Georges, ton 4 : Cultivé toi-même par Dieu, tu devins * le vénérable jardinier de la foi, * recueillant les gerbes des vertus : * ayant semé dans les larmes, tu moissonnas dans la joie ; * pour le combat sanglant que tu menas, * tu obtins le Christ comme prix ; * par tes prières, saint Georges, tu procures à tous le pardon de leurs péchés.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion du Paralytique, ton 3 : Relève, Seigneur, mon âme cruellement paralysée par toutes sortes de péchés * & d’actions insensées, * par ta divine sollicitude, * de même que jadis Tu as relevé le paralytique, * afin que sauvé, je te clame : ** Ô Christ compatissant, gloire à ta puissance.

    Prokimen
    Du Paralytique, ton 1 :
    ℟. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
    ℣. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
    De saint Georges, ton 7 :
    ℟. Le juste a sa joie dans le Seigneur, et en lui il se réfugie (Psaume 63, 11).
    Epîtres :
    Du Paralytique : Actes des Apôtres (§ 23) IX, 32-42
    De saint Georges : Actes des Apôtres (§ 29) XII, 1-11
    Alleluia
    Du Paralytiques, ton 5 :
    ℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
    ℟. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
    De saint Georges.
    Evangiles :
    Du Paralytique : Jean (§ 14) V, 1-15
    De saint Georges : Jean (§ 52) XV, 17 à XVI, 2
    A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
    L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
    Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !
    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1).
    De saint Georges :La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Programme du IIIème dimanche après Pâques – Jubilate Deo

    Saint-Eugène, le dimanche 29 aril 2012, grand’messe de 11h.

    Le troisième dimanche après Pâques est aussi appelé dimanche de Jubilate, en raison du premier mot de l’introït de la messe. L’évangile de la messe de ce jour est tiré du dernier discours du Christ à la Cène dans l’évangile de Jean (16, 16-22) : « Un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et puis un peu encore, et vous me verrez, car je vais au Père. » Aussi ce dimanche constitue-t-il un point de bascule au milieu du temps pascal : après avoir célébré la résurrection et la vie nouvelle offerte par le baptême & l’eucharistie, voici que la perspective que nous offre la sainte liturgie change et nous prépare au départ du Seigneur vers son Père et à l’envoi de l’Esprit, aux fêtes prochaines de l’Ascension & de la Pentecôte.

  • Procession d’entrée : Salve festa dies – chant processionnel pascal des Églises des Gaules – Texte et mélodie de Saint Venance Fortunat, évêque de Poitiers (VIème siècle) – harmonisation : Touve Ratovondrahety et Henri de Villiers (extraits)
  • A l’aspersion : reprise de l’antienne Vidi aquam sur un faux-bourdon de Mgr Louis Lazare Perruchot (1852 † 1931), maître de chapelle de Saint-François-Xavier à Paris et de la cathédrale de Monaco
  • Kyriale I Lux & Origo
  • Credo de la messe royale du Ier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), maître de la chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint-Paul et du duc d’Anjou
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Tristitia vestra, petit motet à deux voix d’Henry du Mont d’après l’évangile du jour (Jean XVI, 20)
  • Après la Consécration : O salutaris Hostia sur Salve festa dies
  • Pendant la communion : Agnus redemit oves – motet de Charles de Courbes (1622) sur l’ancien texte de la prose de Pâques
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est I
  • Au dernier Evangile : Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : Cantilène pascale O filii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation Henri de Villiers
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Programme du dimanche des Myrrophores – ton 2

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 29 avril 2012 du calendrier grégorien – 16 avril 2012 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Le dimanche de la troisième semaine de Pâques, l’Eglise byzantine honore les saintes femmes Myrrophores (porteuses de myrrhe), qui ont embaumé le corps du Seigneur, ainsi que ceux qui contribuèrent à son ensevelissement : Joseph d’Arimathie et Nicodème. Ce dimanche constitue donc une synaxe de tous les témoins de l’ensevelissement et de la résurrection du Christ (comme la synaxe de la Mère de Dieu suit le jour de Noël ou la synaxe de Jean le Baptiste suit la Théophanie). L’évangile de la divine liturgie de ce jour est tiré de Marc 15, 43 à 16, 8, et relate l’ensevelissement & la résurrection du Christ. Il constitue une dérogation dans la lecture continue de l’évangile de saint Jean pendant le temps pascal. L’origine de cette fête est Constantinopolitaine (à l’origine, à Jérusalem, Marc 15, 43 – 16, 8 était précisément l’évangile du jour de Pâques – on y lisait Jean 2, 1-11 le troisième dimanche de Pâques).

    Joseph d’Arimathie était membre du Sanhédrin (Luc 23, 50 – Marc 15, 43). En cette qualité, il a dû prendre part au jugement qui a condamné Jésus, « mais il n’avait pas donné son assentiment à leur décision & à leur acte, car c’était un homme bon & juste » (Luc 23, 51). Il s’était fait disciple de Notre Seigneur (Matthieu 27, 57), mais en secret, par crainte des Juifs (Jean 19, 38). Il était riche (Matthieu 27, 57), notable & grand (Marc 15, 43), aussi la liturgie byzantine le désigne sous l’appellation du « noble Joseph ». Il était originaire d’Arimathie (aujourd’hui Rentis, au Nord-Est de Lydda), mais devait habiter Jérusalem puisqu’il s’y était fait tailler son tombeau dans le roc, à la manière des riches.

    Quoique craintif de se déclarer pour Jésus au milieu du Sanhédrin, Joseph ose entreprendre la démarche auprès de Pilate pour ensevelir le corps de Jésus. D’après la coutume juive, les corps des suppliciés devaient être jetés dans des fosses communes qui étaient la propriété des tribunaux. Aussi Joseph s’adresse-t-il à Pilate, car la loi romaine concédait le cadavre d’un supplicié aux amis ou aux parents qui le réclamaient. Pilate, étonné de ce que Jésus fut décédé si tôt, ne fit pas de difficulté pour accorder à Joseph la faveur de rendre les derniers devoirs aux corps du Christ.

    Joseph descendit donc le corps de Jésus de la Croix, aidé vraisemblablement par les quelques disciples encore présents, probablement saint Jean, mais surtout Nicodème, explicitement nommé (Jean 19, 39). Comme Joseph, Nicodème fait partie du Sanhédrin (Jean 3, 1). Pendant que Joseph faisait les démarches auprès de Pilate, Nicodème avait dû aller acheter précipitamment les aromates nécessaires à l’ensevelissement, en se souciant semble-t-il de la quantité plus que de la qualité : environ 100 livres (soit 32 kg 700) d’une mixture de myrrhe & d’aloès.

    Le corps de Jésus, descendu de la Croix, a probablement d’abord été lavé. On y versa les aromates et on l’enveloppa dans un suaire propre (Matthieu 27, 59) avec plusieurs autres linges (bandelettes & pièces de linceuls cf. Jean 19, 40 – Luc 23, 53 – Marc 15, 46 – Matthieu 27, 58). Les saintes femmes durent prêter main forte à Joseph & Nicodème pour la toilette funéraire, mais celle-ci dû être faite à la hâte et de façon incomplète, car le crépuscule approchait et l’on entrait dans le grand Sabbat de la Pâques où tout travail de ce genre était prohibé.

    Jésus n’ayant pas de tombeau, Joseph lui céda le sien (Matthieu 27, 60) : un tombeau aristocratique tout neuf qui venait d’être taillé dans le roc, dans un enclôt tout près du Golgotha. Le corps de Jésus fut placé sur la banquette de pierre et Joseph roula la grande pierre prévue pour servir de fermeture au tombeau.

    Les saintes femmes qui avaient aidé à la toilette funèbre observèrent soigneusement où on avait placé le corps de Jésus : elles étaient décidées à accomplir à nouveau la toilette funèbre plus dignement et plus complètement, avec des onguents de grand prix, très tôt le dimanche matin, une fois le Sabbat de Pâques passé.

    Dans la tradition orientale, ces saintes femmes myrrophores sont les suivantes :

    1. Marie Madeleine (Marie de Magdala) (la seule mentionnée par Jean 20, 1), de qui Jésus avait chassé sept démons, la première arrivée au tombeau le dimanche matin (peut-être parce que les autres avaient été retardées par l’achat de nouvelles aromates),
    2. Marie de Jacques, femme de Cléophas (ou Clopas dit aussi Alphée) et mère de Jacques le Mineur et de Joseph (ou Joset), sœur de la Sainte Vierge (en réalité sa belle-sœur, Cléophas étant frère de Joseph) et donc tante de Jésus (cf. Jean 19, 25). Ses quatre fils Jacques, Joseph, Simon & Jude sont les cousins germains de Jésus, que l’évangile, à la manière sémite, désigne sous le nom de « frères » du Seigneur.
    3. Salomé (ou Marie Salomé), femme de Zébédée et mère des apôtres Jacques le Majeur & Jean l’Evangéliste, vraisemblablement eux aussi de la parenté de la Sainte Vierge et de saint Joseph.
    Ces trois myrrophores sont spécialement mentionnées par les 4 évangiles (Matthieu 27, 56 et 28, 1 – Marc 15, 40 et 16,1 – Luc 24, 10 – Jean 19, 25). Cependant, elles n’étaient pas les seules (cf. Luc 24, 10 : « celles qui leur firent ce rapport étaient Marie-Madeleine, Jeanne & Marie, mère de Jacques, et les autres qui étaient avec elles »), et la tradition leur associe les suivantes :
    4. Jeanne, femme de Chusa qui était intendant d’Hérode Antipas (citée nommément donc par Luc 24, 10).
    5. Suzanne, citée parmi les femmes qui accompagnaient Jésus et l’assistaient de leurs biens (Luc 8, 3).
    6. & 7. Marthe & Marie, les deux sœurs de Lazare.

    La tradition iconographique leur associe également la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, qui, ayant assisté avec saint Jean à la mort de son fils, dût être présente lors de la déposition de la croix et des cérémonies de l’ensevelissement, conduites par Joseph d’Arimathie assisté de Nicodème.

    Les femmes myrrophores furent parmi les premières à suivre Jésus et soutenaient la troupe apostolique de leurs services & de leurs ressources. Elles lui furent fidèles jusqu’au bout, malgré l’échec apparent, au pied de la Croix, tandis que les disciples se tenaient loin. En récompense de la constance inébranlable de leur amour et de leur fidélité, c’est à elles qu’est confiée la première annonce de la résurrection.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu t’es abaissé jusqu’à la mort, toi l’immortelle vie, tu as terrassé les enfers par l’éclat de ta divinité. Lorsque tu as ressuscité les défunts de dessous la terre, toutes les puissances des cieux ce sont écriées : « O Christ, qui donnes la vie, notre Dieu, gloire à toi ! »

    2. Tropaire de Joseph d’Arimathie, ton 2 : Le noble Joseph, ayant descendu de la croix ton corps immaculé, l’enveloppa d’un linceul blanc avec des aromates et le coucha avec soin dans un tombeau neuf ; mais tu es ressuscité le troisième jour, Seigneur, faisant au monde grande miséricorde.

    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion des Myrrophores, ton 2 : Ayant dit aux Myrrophores « Réjouissez-vous », tu as fait cesser par ta Résurrection, ô Christ Dieu, les gémissements d’Eve, notre première mère. Mais à tes apôtres tu as donné l’ordre de prêcher : « Le Sauveur est ressuscité du tombeau ».
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion de Pâques, ton 8 : Lorsque tu gisais dans le tombeau, Seigneur immortel, tu as brisé la puissance de l’Enfer, et tu es ressuscité victorieusement, ô Christ notre Dieu, ordonnant aux Myrrophores de se réjouir, visitant tes Apôtres et leur donnant la paix, toi qui nous sauves en nous accordant la résurrection.
    Prokimen
    Des Myrrophores, ton 6 :
    ℟. Sauve, Seigneur ton peuple * et béni ton héritage.
    ℣. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne sois pas sourd envers moi.
    Epître : Actes des Apôtres (§ 16) VI, 1-7
    Alleluia
    Des Myrophores, ton 8 :
    ℣. Tu aimes ton pays, Seigneur, tu fais revenir les captifs de Jacob.
    ℣. Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent.
    Evangile : Marc (§ 69) XV, 43 à XVI, 8
    A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
    L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
    Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !
    Verset de communion
    De Pâques : Recevez le corps du Christ, goûtez à la source immortelle.

    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Programme du IInd dimanche après Pâques – Dimanche du Bon Pasteur

    Saint-Eugène, le dimanche 22 avril 2012, grand’messe de 11h.

    Ce second dimanche de Pâques est aussi appelé dimanche de Misericordia (du 1er mot de l’introït) ou – le plus souvent – sous le nom populaire de dimanche du Bon Pasteur, en raison de l’évangile qui y est lu (Jean 10, 11-16) et qui est repris par le second Alleluia et l’antienne de communion du jour :

    Ego sum pastor bonus : et cognósco meas et cognóscunt me meæ. Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.

    Dès l’antiquité, à Rome, la messe stationnale du pape a lieu en ce jour à Saint-Pierre du Vatican, auprès de la tombe du Prince des Apôtres qui a été le premier pasteur du peuple chrétien après Notre Seigneur, que saint Pierre précisément appelle, dans l’épître qui est lue ce jour à la messe :

    Pastórem et epíscopum animárum vestrárum, Le Pasteur et l’Evêque de vos âmes.

    « La dévotion à Jésus Rédempteur sous les traits du Bon Pasteur pénétra de bonne heure dans le cœur des premiers fidèles. Abercius, dans son inscription funéraire, parle du Bon Pasteur qui, de ses yeux toujours vigilants, regarde son troupeau. A la fin de l’âge apostolique, Hermas donne précisément le nom du Pasteur à son écrit apocalyptique sur la pénitence, sujet alors si discuté. A Rome, l’église située sur le Viminal, près de laquelle les Pontifes fixent leur résidence temporaire, est dédiée au bon Pasteur, dont l’image, au dire de Tertullien, ornait les calices et les coupes eucharistiques. La représentation du bon Pasteur est si familière aux peintres et aux sculpteurs des catacombes que nous la trouvons reproduite à profusion dans les arcosolia et sur les sarcophages. Bien plus, à une époque où le spiritualisme de l’art chrétien antique avait encore en horreur les statues, on fait une exception en faveur de celle du bon Pasteur, dont plusieurs exemplaires importants nous ont été conservés. » (Bienheureux cardinal Schuster, archevêque de Milan, in Liber Sacramentorum).

  • Procession d’entrée : Tristes erant Apostoli – hymne des vêpres des Apôtres et Evangélistes au temps pascal, texte attribué à saint Ambroise (IVème siècle), mise en musique de Charles de Courbes (1622), organiste de Saint-Sauveur à Paris
  • A l’aspersion : reprise de l’antienne Vidi aquam sur un faux-bourdon de Mgr Louis Lazare Perruchot (1852 † 1931), maître de chapelle de Saint-François-Xavier à Paris et de la cathédrale de Monaco
  • Kyriale : Messe I Lux & Origo
  • Credo de la messe royale du Ier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), organiste de Saint-Paul et de la reine, maître de la chapelle du roi Louis XIV
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Orgue
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton de Salve festa dies
  • Pendant la communion : Surrexit Pastor bonus, petit motet à deux voix et instrument extrait des Cantica Sacra (1652) d’Henry du Mont (1610 † 1684), maître de la chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint-Paul et du duc d’Anjou
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est I
  • Au dernier Evangile : Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : Cantilène pascale O filii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation Henri de Villiers
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Programme du dimanche de Thomas – ton 1

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 22 avril 2012 du calendrier grégorien – 9 avril 2012 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Huit jours après Pâques, le rit byzantin (comme le rit romain) célèbre la confirmation de la Résurrection à l’incrédule Apôtre Thomas et sa magnifique profession de foi dès qu’il eut reconnu son Rédempteur. L’évangile (Jean 20, 19-31) nous dit en effet que cet événement eut lieu huit jour après Pâques et que cela arriva alors que toutes les portes du lieu où ils se trouvaient étaient closes. Aussi ce dimanche s’appelle-t-il dans la tradition byzantine le Dimanche de Thomas, mais aussi le Dimanche des portes fermées : les portes de l’iconostase, qui étaient restées grandes ouvertes pendant toute la Semaine du Renouveau afin de signifier la pleine ouverture de la grâce lors de la résurrection du Christ, sont à nouveau fermées (précisément avant none dites devant les vêpres de ce dimanche, hier soir). On l’appelle aussi le dimanche de l’Antipâques (Antipascha).

    A la petite entrée :
    1. Tropaire de la fête, ton 7 : Le sépulcre étant scellé, * toi qui es la Vie, Tu t’es levé du tombeau, ô Christ Dieu, * et les portes étant fermées, * Tu t’es présenté devant tes disciples, toi, la Résurrection de tous, * et par eux Tu as renouvelé en nous l’Esprit de Vérité, ** dans ta grande miséricorde.

    2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    3. Kondakion de la fête, ton 8 : Voulant s’assurer de ta résurrection, Thomas toucha de sa main ton côté vivifiant, ô Christ Dieu ; * aussi, lorsque Tu entras, les portes étant fermées, * il te clama avec les autres apôtres : ** Tu es mon Seigneur et mon Dieu.
    Prokimen
    De la fête, ton 3 :
    ℟. Il est grand, notre Seigneur, tout-puissant, à son intelligence point de mesure.
    ℣. Louez le Seigneur, car il est bon de chanter notre Dieu, car il est doux de le louer.
    Epître : Actes des Apôtres (§ 14) V, 12–20
    Alleluia
    De la fête, ton 8 :
    ℣. Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons le Dieu qui nous sauve (Psaume 94, 1).
    ℣. Allons devant lui en actions de grâces, au son des musiques, acclamons-le (Psaume 94, 2).
    Evangile : Jean (§ 65) XX, 19-31
    A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
    L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
    Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !
    Verset de communion
    De la fête : Loue, Jérusalem, le Seigneur, loue ton Dieu, Sion. (Psaume 147, 2). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Le Sacramentaire de Charles le Chauve (IXème siècle)

    Le Département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France conserve sour le numéro Latin 1141, un magnifique Sacramentaire qui a été réalisé à la cour de Charles le Chauve vers 869-870. Ce magnifique manuscrit richement enluminé n’est pas vraiment un sacramentaire, il s’agit en fait du canon de la messe romaine, selon les délimitations usitées par le pape saint Grégoire puisqu’il démarre précisément au dialogue de la préface pour s’arrêter après l’embolisme du Pater. On sait que le déplacement du Pater à la fin du canon est dû à saint Grégoire et que le pontife voulait par là que la Prière du Seigneur fasse partie intégrante du canon eucharistique et en forme la conclusion. Donc, en son état, le manuscrit forme un tout cohérent, et c’est à tort, à mon avis, qu’il est décrit comme un sacramentaire incomplet (il doit s’agir plutôt d’une sorte de canon pontifical avant l’heure). Indirectement toutefois, ce riche manuscrit constitue néanmoins un témoignage des livres liturgiques (découlant du type du sacramentaire grégorien) envoyés à la cour de Charlemagne par le Pape Hadrien Ier en 784. Il offre aussi un témoignage précieux sur l’usage liturgique de l’enluminure.

    Après avoir été en possession de la cathédrale de Metz et de l’Abbaye de Jumièges, ce manuscrit apparait dans les collections du célèbre bibliophile & académicien français Jean Ballesdens (1595 † 1675), avant d’être acquis par Colbert (la reliure porte ses armes). Les héritiers du contrôleur général des finances le lèguent au roi de France en 1732. De la Bibliothèque du Roi, l’ouvrage finit naturellement dans les collections de la Bibliothèque nationale de France.

    Voici les miniatures contenues dans cet ouvrage :

    Folio 2, v° : l’empereur – vraisemblablement Charles le Chauve – reçoit sa couronne du ciel, entre deux pontifes qui seraient les papes saint Grégoire & saint Gélase, tenant chacun son sacramentaire, celui de Gélase étant fermé et celui de Grégoire ouvert.

    Le sacramentaire du pape saint Gélase a été reçu assez tôt en Gaule. Lorsque les premiers carolingiens décident d’unifier la liturgie dans leurs territoire, ils recourent dans un premier temps à ce sacramentaire pour en faire la nouvelle norme liturgique. Au vu des remaniements complexes et hétérogènes qu’avaient déjà subis le sacramentaire gélasien, Charlemagne comprend que ce manque de cohérence entrave la réforme unificatrice commencée par son père. En 784, il demande alors au pape de lui envoyer les livres liturgiques utilisés à Rome, dont un sacramentaire, afin d’en faire la référence des scribes de l’Empire. Dans sa réponse à une lettre perdue de Charlemagne, le pape Hadrien Ier annonce qu’il lui envoie un livre dont il attribue lui-même la rédaction au pape Grégoire, d’où le nom qu’on lui donnera de sacramentaire grégorien.

    Notons quelques détails de cette miniature : l’empereur – en braies – arbore l’auréole des saints (!). Les deux pontifes portent paliums, chasubles, tuniques laticlaves, étoles & aubes.

    Folio 3 r° : saint Grégoire le Grand dicte son sacramentaire (présenté là encore ouvert) à ses scribes, sous l’inspiration du Saint-Esprit.

    La présence de saint Grégoire à deux reprises au début de ce canon de la messe romaine place bien sûr la prière liturgique qui va suivre sous le haut patronage de ce pontife qui a travaillé au perfectionnement et à la fixation de la liturgie romaine.

    Folio 4 r° : début de la préface : Vere æquum & salutare. Splendide & exceptionnelle initiale !

    Folio 4 v°. Suite de la préface (dite de nos jours « commune » : Nos tibi semper et ubíque grátias agere : Dómine sancte, Pater omnípotens, ætérne Deus : per Christum, Dóminum nostrum. Per quem majestátem tuam laudant Angeli, adórant Dominatiónes, tremunt Potestátes. Cœli cœlorúmque Virtútes ac beáta Séraphim sócia exsultatióne concélebrant. Cum quibus et nostras voces ut admitti jubeas, deprecámur, súpplici confessione dicéntes.

    A noter que dans le Sacramentaire grégorien, les préfaces sont dès l’origine très peu nombreuses et que sur ce point, il se distingue très nettement des autres rits en usage anciennement en Occident (ambrosien, vétéro-gallican, mozarabe, et aussi gélasien). La préface que nous appelons maintenant « commune » se disait initialement quasiment tous les jours (y compris, jusqu’au XVIIIème siècle, aux dimanches après la Pentecôte ou après l’Epiphanie). La préface de la Sainte Vierge n’est même pas encore écrite (elle date du XIIème siècle et ne fut pas reçue aisément partout), ni bien sûr les préfaces modernes (celles des Morts (qui apparait seulement après la première guerre mondiale), du Christ-Roi, du Sacré-Cœur, etc…). La concision des formules liturgiques, – dont la simplicité de la préface est un élément majeur – est un des traits du génie du rit romain, du moins depuis saint Grégoire, trait caractéristique qui n’a pas peu contribué à son large succès, face aux formules, il faut le reconnaître, souvent ampoulées et redondantes des rits mozarabes ou gallicans.

    Folio 5 r° : le Christ (ici imberbe) en gloire avec les 4 évangélistes et les hiérarchies célestes, pour illustrer la Préface & le Sanctus : la grande action de grâce de la préface nous fais entrer dans la liturgie céleste. A noter que le terme liturgique « préface » ne doit pas être compris avec son sens moderne, mais une préface, dans le monde antique, est une proclamation solennelle.

    Folio 5 v° : les hiérarchies célestes & les saints célèbrent la divine liturgie céleste ; autre illustration de la grande action de grâces de la Préface & du Sanctus.

    Folio 6 r° : le Sanctus : Sanctus, Sanctus, Sanctus Dóminus, Deus Sábaoth. Pleni sunt coeli et terra glória tua. Hosánna in excélsis. Benedíctus, qui venit in nómine Dómini. Hosánna in excélsis.

    Notez la présence des Séraphins aux six ailes, dont le Trisaghion (le triple Sanctus) est le chant propre (Isaïe, 6, 3) que notre liturgie terrestre imite.

    Folio 6 v° : Initiale illustrée : Te igitur (début du canon eucharistique romain). Dans la tradition manuscrite romano-franque, qui s’est perpétuée jusque dans les éditions de l’époque moderne, le canon débute toujours par une représentation du Christ en Croix, le plus souvent crucifié sur le Tau du Te igitur. Dans la tradition liturgique romano-franque (maintenue dans beaucoup de liturgies particulières jusqu’au XIXème siècle), le célébrant du reste embrasse cette représentation du Christ en commençant le canon. Souvent, on peut observer que le manuscrit présente des usures à cet endroit, pour cette raison, mais ce qui n’est pas le cas ici (ce manuscrit aurait peu servi ?). L’iconographie du Tau du Te igitur n’est pas dû au hasard bien sûr : il est le fruit d’une réflexion théologique profonde qui entend exprimer admirablement le caractère sacrificiel du canon eucharistique, renouvellement du sacrifice de la Croix.

    On trouvera l’intégralité de ce manuscrit en ligne sur le site de la Bibliothèque nationale de France.

    A noter que le reste du canon n’est pas spécialement illustré, et qu’en particulier, rien dans la calligraphie ne distingue les paroles de la consécration du reste du récit de l’institution ni même du reste du canon. Cela peut surprendre nos mentalités modernes, surtout si l’on considère le luxe apporté ici à la présentation graphique de la Préface et à son illustration. Ce traitement calligraphique différent n’est pas totalement anodin. La Préface est une action de grâces publiquement proclamée, alors que le reste du canon est secret et inaudible. Par ailleurs, l’étude de la prière eucharistique dans les liturgies primitives montre que finalement le seul élément véritablement permanent et universel qu’on retrouve dans toutes les liturgies chrétiennes antiques est l’action de grâces de la préface et son dialogue introductif (il existe des anaphores eucharistiques très primitives, vraisemblablement antérieures au Concile de Nicée, qui ne possèdent ni épiclèse, ni même de récit de l’institution, ou des récits de l’institution incomplets). La proclamation solennelle de la Préface lors de leur culte par les tous premiers chrétiens représentait leur participation à l’action de grâces du Christ lors de la dernière Cène.

    La Préface commune du sacramentaire grégorien, par son admirable concision, rattache admirablement notre liturgie terrestre à la liturgie céleste par l’action de grâces du Fils à son Père. Les riches enluminures de ce manuscrit illustrent cette union liturgique du ciel & de la terre.

    Photos de la Grande Semaine byzantine 2012

    Quelques photos de la Semaine Sainte à la paroisse byzantine catholique de la Très-Sainte-Trinité :

    Dans le rit byzantin, à la fin des vêpres du Vendredi Saint, on procède au cours d’une touchante cérémonie à la mise au tombeau symbolique d’une représentation du Christ en son Suaire (en grec : Ἐπιτάφιος, epitáphios, en slavon : Плащаница, plachtchanitsa). Pendant la procession de la mise au tombeau, tandis que le clergé porte le Suaire, le chœur chante sur une mélodie tragiquement émouvante l’une des pièces les plus célèbres de la Semaine Sainte, le tropaire du Noble Joseph :

    Le noble Joseph descendit * de l’arbre de la croix ton corps sacré * l’entoura d’un linceul pur * le couvrit de parfums ** et l’ensevelit dans un sépulcre neuf.

    La Vigile Pascale dans le rit byzantin est toujours célébrée dans la journée du Samedi Saint (comme dans le rit romain jusqu’à la réforme de la Semaine Sainte de 1955). Il s’agit d’un office de vêpres (comme dans le rit romain avant 1955) sur lequel se greffe la divine liturgie, avec l’anaphore eucharistique de saint Basile le Grand. Comme dans tous les rits d’Orient & d’Occident, de nombreuses prophéties & cantiques de l’Ancien Testament sont lues avant l’épître & l’évangile du jour. Dans le rit byzantin, ces prophéties sont au nombre de 15 (dont le livre de Jonas en entier) et on chante le cantique de Moïse après la lecture du passage de la Mer Rouge (comme dans le rit romain) et celui des 3 Enfants dans la fournaise (comme dans les vigiles des samedis des Quatre-Temps du rit romain).

    Chant de l’évangile de la résurrection devant le sépulchre à la vigile pascale byzantine. Comme dans le rit romain, le changement de la couleur liturgique des ornements, passant des couleurs sombres de la pénitence pour celles lumineuses & éclatantes des fêtes se fait entre les prophéties et l’épître, tandis que le chœur chante le répons : « Ressuscite, ô Dieu & juge la terre » (Psaume 82, 8).

    L’anaphore eucharistique de saint Basile le Grand a cédé le pas devant celle, un peu plus récente et plus courte, de saint Jean Chrysostome, mais est restée en usage les dimanches de Carême (sauf aux Rameaux) et aux trois grandes vigiles : Pâques, Noël & l’Epiphanie.

    Dans la tradition russe, on chante les matines de Pâques dans la nuit. C’est le moment proprement festif par lequel l’Eglise byzantine célèbre la résurrection de son Seigneur. Cet office fut autrefois célébré très joyeusement en Occident également, jusqu’à sa suppression pure & simple lors de la réforme de la Semaine Sainte de 1955. En Orient (comme autrefois en Occident), la liturgie marque par une grande procession lors de ces matines le moment de la résurrection. A la suite des matines, on chante l’Heure pascale (petite heure intégralement chantée, qui se substitue à prime ou à tierce pendant toute la Semaine de Pâques), puis vient la divine liturgie du jour de Pâques (célébrée donc très tôt dans la nuit), où l’on emploie le canon eucharistique de saint Jean Chrysostome.

    Toutes les photos de la Grande Semaine byzantine 2012 sur la page Facebook de la paroisse russe byzantine de Paris.

    Programme du Ier dimanche après Pâques – Dimanche in albis ou de Quasimodo

    La Résurrection par Tassel

    Saint-Eugène, le dimanche 15 avril 2012, grand’messe de 11h.
    Pas de répétition le samedi 14 avril, mais raccord ordinaire avant la messe le dimanche à 10h30.

  • Avant la messe : Fantasia allegra (3ème Livre de Ricercari, 1595) – Andrea Gabrieli (c. 1533 † c. 1585), organiste de Saint-Marc de Venise
  • Procession d’entrée : improvisation sur Quasi modo
  • A l’aspersion : reprise de l’antienne Vidi aquam sur un faux-bourdon de Mgr Louis Lazare Perruchot (1852 † 1931), maître de chapelle de Saint-François-Xavier à Paris et de la cathédrale de Monaco
  • Kyriale : Messe I Lux & Origo
  • Credo de la messe royale du Ier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), organiste de Saint-Paul et de la reine, maître de la chapelle du roi Louis XIV
  • Pendant les encensements de l’offertoire : improvisation sur O Filiii
  • Après la Consécration : O salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790)
  • Pendant la communion : Ad cœnam Agni providi – hymne du temps pascal à vêpres, texte de saint Nicetas de Remesiana (Vème siècle) – plain-chant et alternances d’orgue – versets de Jehan Titelouze (1563 † 1633), organiste de la cathédrale de Rouen
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est I
  • Au dernier Evangile : Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : Cantilène pascale O filii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation Henri de Villiers
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
    Télécharger le livret des chants des dimanches de la Septuagésime aux Rameaux au format PDF.