Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.
Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.
Jean-Baptiste Moreau (1656 † 1733), maître de musique de la Maison royale de Saint-Cyr.
Tout l’Univers est plein de sa magnificence – premier chœur de la tragédie Athalie de Jean Racine
3 voix (SAB), 2 instruments & basse continue.
2 pages.
Après le succès rencontré par son Esther, Racine réitère en publiant en 1691 une nouvelle tragédie sur un sujet biblique, Athalie. Comme Esther, Athalie a été écrite pour les damoiselles de la Maison royale de Saint-Cyr, l’institution fondée par Madame de Maintenon pour pourvoir à l’éducation des jeunes filles de la noblesse pauvre & ruinée. La mise en musique des chœurs fut confiée à nouveau à Jean-Baptiste Moreau qui avait déjà écrit celle d’Esther. Toutefois, la musique dans Athalie joue un rôle moins fondamental, les chœurs n’intervenant qu’à la fin des actes.
Voici le texte de ce premier chœur de cette tragédie de Racine :
Tout l’univers est plein de sa magnificence,
Qu’on l’adore ce Dieu, qu’on l’invoque à jamais,
Son empire a des temps précédé la naissance,
Chantons, publions ses bienfaits.
En vain l’injuste violence
Au peuple qui le loue
Imposerait silence
Son Nom ne finira jamais.
Le jour annonce au jour sa gloire & sa puissance,
Tout l’univers est plein de sa magnificence,
Chantons, publions ses bienfaits.
Quoique non liturgique, ce chœur pourra être utilisé à l’entrée ou à la sortie du clergé (les règles traditionnelles prohibant l’emploi d’une autre langue que le latin durant la messe elle-même). Moreau a écrit sa partition pour un chœur à deux voix, – dessus & basse -, mais il était aisé d’y adjoindre une troisième voix à partir du matériel d’orchestre (les lignes instrumentales suivent toujours les parties vocales).
SVSCEPIMVS, * Deus, misericórdiam tuam in médio templi tui : secúndum nomen tuum, Deus, ita et laus tua in fines terræ : justítia plena est déxtera tua.
Ps. Magnus Dóminus, et laudábilis nimis : * in civitáte Dei nostri, in monte sancto ejus. ℣. Glória Patri, & Fílio, & Spirítui Sancto. * Sicut erat in princípio, & nunc, & semper, & in sæcula sæculórum. Amen.
Nous avons accueilli, Dieu, ta miséricorde au milieu de ton temple ; comme ton nom, Dieu, ainsi ta louange retentit par toute la terre ; à ta dextre appartient toute justice.
Ps. Grand est le Seigneur, et digne de louange, dans la cité de notre Dieu, sur sa montagne sainte. ℣. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Réalisation : Henri de Villiers .
Pendant les encensements de l’offertoire : Dirigatur du IVème ton.
4 voix mixtes (SATB).
1 page.
Plusieurs provinces de France (Normandie, Champagne) connaissaient sous l’Ancien Régime l’usage de psalmodier avec antienne par le chœur les versets du psaume 140 que le Missel romain fait réciter secrètement au célébrant pendant que celui-ci encense l’autel & les oblats à l’offertoire. Nous avons repris cet usage (encore bien vivant en Normandie au XXème siècle) à Saint-Eugène – Sainte-Cécile pour les dimanches après la Pentecôte, en faisant en sorte que le ton sur lequel nous chantons le Dirigatur s’accorde avec celui de l’offertoire de la messe du jour. Les antiennes – facilement reprises par le peuple – sont celles transmises par la tradition normande (de simples psalmodies un peu plus ornées), ou bien – à leur instar – ont été recomposées à partir d’anciens tons de psalmodies ornées autrefois en usage en France (comme ici pour ce Dirigatur du IVème ton). Les versets du psaume sont chantés en faux-bourdons parisiens à quatre parties, dans lesquels la teneur grégorienne est chanté par l’une des voix (ici celle du dessus, mais on peut échanger également les parties de dessus & de taille). Ce faisant, les fidèles sont progressivement familiarisés avec les huit tons de l’octoèque grégorien, surtout dans les paroisses où ils ont peu l’habitude de psalmodier les offices.
Plain chant, texte & traduction :
℟. Que ma prière, Seigneur, s’élève comme l’encens devant toi. (les fidèles sont invités à reprendre ce répons avec la schola).