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La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du XIVème dimanche après la Pentecôte – saints Joachim & Anne – ton 5

Saints Joachim & Anne, parents de la Mère de DieuParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 22 septembre 2019 du calendrier grégorien, 9 septembre 2019 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. Le rit byzantin célèbre usuellement au lendemain des grandes fêtes les protagonistes secondaires de l’évènement qui vient d’être fêté. Aussi est-ce tout naturellement que les parents de la Mère de Dieu, saints Joachim & Anne, soient fêtés le 9 septembre, au lendemain de la grande fête de la Nativité de la Sainte Vierge.

Nous sommes dans les 4 jours d’après-fête de la Nativité de la Mère de Dieu. Ce dimanche est aussi le dimanche avant la fête de l’Exaltation de la sainte Croix, d’où un prokimen, un alleluia & des lectures propres. Aussi ce dimanche combine le XIVème dimanche après la Pentecôte, ton V, l’après-fête de la Nativité, les saints Joachim & Anne et le dimanche avant la Croix.

*

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Saints. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du dimanche.
A sexte: Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : de la fête.

A la divine liturgie

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, 4 tropaires de la 1ère ode du 1er canon de la fête, œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749), & 4 tropaires de la 6ème ode du canon des Saints, œuvre attribuée à saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845) :
1. Le bon Larron sur la croix * eut foi en ta divinité, ô Christ ; * il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant : ** De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.
2. Sur le bois de la croix * pour nous les hommes tu fis fleurir la vie * et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu : ** Sauveur & Créateur, nous te chantons d’un même chœur.
3. Par ta mort, ô Christ, * tu as brisé la force de la mort, * ressuscitant tous les morts depuis Adam, ** qui te chantent comme vrai Dieu & Sauveur du genre humain.
4. Venues à ton sépulchre, Sauveur, * les saintes Femmes te cherchaient * pour embaumer la Source de vie, ** mais un Ange leur apparut pour leur dire : Il est ressuscité, le Seigneur !
5. Venez, fidèles, nous réjouissant * dans l’Esprit divin, par nos hymnes vénérons * la Toujours-Vierge qui en ce jour * est issue d’un infertile sein ** pour le salut des mortels.
6. Exulte d’allégresse, Joachim, * avec Anne, car de ton flanc * est issue la Vierge choisie par Dieu, * celle dont naquit ** le Christ notre Seigneur.
7. Réjouis-toi, ô Mère immaculée * et servante du Christ notre Dieu, * toi qui procures au genre humain * son antique félicité : ** en nos hymnes nous te glorifions, comme il se doit.
8. En ce jour est enfantée la passerelle de la vie : * par elle ayant trouvé le salut * après leur chute dans l’Hadès, * en leurs hymnes, les mortels ** glorifient le Christ qui donne la vie.
9. Anne, jadis stérile, ayant reçu * la fertile semence de la divine illumination, * fut à même d’enfanter ** la Souveraine de l’entière création.
10. Stérile qui enfantes maintenant, * tu obéis à la volonté divine en recevant * la Vierge enfantant sans le vouloir de la chair, ** Dieu lui-même l’ayant voulu expressément.
11. Isaïe, dans la lumière de l’Esprit, * vit le fruit produit par Anne et Joachim * comme le livre nouveau ** où fut écrit le Verbe incarné.
12. Le mystère précède le mystère : * la grâce, d’abord stérile, en effet * engendre la virginité ** dont la naissance nous assure le salut.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, * né de la Vierge pour notre salut, * chantons-le, fidèles, et adorons-le, * car il a daigné dans sa chair monter sur la Croix * et supporter la mort, * afin de ressusciter les morts ** par sa glorieuse Résurrection.
2. Tropaire de la fête, ton 4 : Ta nativité, Vierge Mère de Dieu, * a annoncé la joie à tout l’univers, * car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, * qui, en détruisant la malédiction, nous a donné la bénédiction ; ** et en abolissant la mort, Il nous a donné la vie éternelle.
3. Tropaire des saints, ton 1 : Etant justes dans la grâce de la Loi, * Joachim & Anne pour nous ont fait naître l’enfant donné par Dieu ; * c’est pourquoi la sainte Eglise en ce jour, * exulte, radieuse, & fête dans la joie * votre mémoire vénérable, ** en louant Dieu qui nous suscite une force de salut dans la maison de David.
4. Kondakion du dimanche, ton 5 : Tu es descendu aux enfers, ô mon Sauveur, * tu as brisé leurs portes, comme Tout-Puissant, * avec toi tu as ressuscité les morts, comme Créateur ; * et tu as brisé l’aiguillon de la mort * et Adam a été délivré de la malédiction, ô Ami des hommes. * Aussi te clamons-nous : ** Sauve-nous, Seigneur.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion des saints, ton 2 : Anne se réjouit maintenant * que les chaînes de sa stérilité sont brisées ; * elle nourrit la Vierge tout-immaculée, * invitant l’univers à célébrer * Celui qui donne aux hommes comme fruit de son sein ** la seule Vierge Mère et Epouse inépousée.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion de la fête, ton 4 : Joachim et Anne ont été délivrés de l’opprobre de la stérilité, * et Adam et Ève de la corruption de la mort, ô Immaculée, en ta sainte nativité ; * c’est elle que fête également ton peuple * libéré de la condamnation pour ses péchés, * en te criant : * « La stérile met au monde la Mère de Dieu, ** & la nourricière de notre vie ».

Prokimen
Du dimanche avant la Croix, ton 6 :
℟. Sauve, Seigneur ton peuple, et bénis ton héritage (Psaume 27, 9).
℣. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne reste pas silencieux en face de moi (Psaume 27, 1).
Des Saints, ton 4 :
℟. Dieu est admirable dans ses saints, lui le Dieu d’Israël (Psaume 67, 36).

Epîtres
Du dimanche avant la Croix: Galates (§ 215) VI, 11-18.
Pour moi, à Dieu ne plaise que je me glorifie en autre chose qu’en la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est mort, crucifié pour moi, comme je suis mort, crucifié pour le monde !
[Du dimanche : II Corinthiens (§ 170) I, 21 – II, 4.
Et c’est lui aussi qui nous a marqués de son sceau, et qui pour arrhes nous a donné le Saint-Esprit dans nos cœurs.]
[Des Ancêtres de Dieu : Philippiens (§ 210) IV, 22–31.
Car il est écrit : Réjouis-toi, stérile, qui n’enfantais point ; pousse des cris de joie, toi qui ne devenais point mère : parce que celle qui était délaissée, a plus d’enfants que celle qui a un mari.]

Alleluia
Du dimanche avant la Croix, ton 1 :
℣. Il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton Nom, ô Très-Haut, (Psaume 91, 1)
℣. de publier au matin ton amour, ta fidélité au long des nuits (Psaume 91, 2).
Des Saints, même ton :
℣. Le salut des justes vient du Seigneur, il est leur appui au temps de l’affliction. (Psaume 36, 39).

Evangiles
Du dimanche avant la Croix : Jean (§ 9) III, 13-17.
Et comme Moïse éleva dans le désert le serpent, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé en haut.
[Du dimanche : Matthieu (§ 89) XXII, 1-14.
Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.]
[Des Ancêtres de Dieu : Luc (§ 36) VIII, 16–21.
Mais il leur répondit : Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent.]

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique, de la fête
Verset : Magnifie, ô mon âme, la très glorieuse nativité de la Mère de Dieu.
Hirmos de la 9ème ode du second canon de matines, œuvre de saint André de Crète, évêque de Gortyne (c. 660 † 740) : Étrangères aux mères, la virginité,* et étranger aux vierges, l’enfantement ; * mais en toi, Mère de Dieu, * les deux merveilles sont unies * et toutes les familles des nations, ** d’âge en âge nous te magnifions.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux.
Des saints : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme de la fête de la Nativité de la Mère de Dieu

Nativité de Notre Dame la Mère de Dieu & Très-Sainte Vierge Marie - 8 septembreParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le samedi 21 septembre 2019 du calendrier grégorien, 8 septembre 2019 du calendrier julien, tierce & sexte à 11h15, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 11h30.

Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Nous fêtons en ce jour la fête de la Nativité de notre Très-Sainte Dame la Mère de Dieu et toujours Vierge Marie.

Dans le rit byzantin, la fête de la Nativité de la Mère de Dieu est l’une des douze grandes fêtes de l’année liturgique. Elle est précédée d’un jour d’avant-fête (le 7 septembre) et de quatre jours d’après-fête (clôture de la fête le 12 septembre).

Cette fête, probablement d’origine hiérosolomytaine, semble avoir été introduite dans le synaxaire de Constantinople par l’empereur Maurice (582 † 602). Saint Jean Damascène (c. 676 † 749), qui est l’auteur de l’un des deux canons de matines, avec son frère de lait saint Côme de Maïouma, en fait également mention dans ses homélies, de que même saint André de Crète (660 † 740) :

Aujourd’hui comme pour des noces, l’Eglise se pare de la perle inviolée, de la vraie pureté. Aujourd’hui, dans tout l’éclat de sa noblesse immaculée, l’humanité retrouve, grâce aux mains divines, son premier état et son ancienne beauté. Les hontes du péché avaient obscurci la splendeur et les charmes de la nature humaine ; mais, lorsque naît la Mère de celui qui est la Beauté par excellence, cette nature recouvre en elle ses anciens privilèges, elle est façonnée suivant un modèle parfait et entièrement digne de Dieu. Et cette formation est une parfaite restauration et cette restauration est une divinisation et cette divinisation, une assimilation à l’état primitif. Aujourd’hui, contre toute espérance, la femme stérile devient mère et cette mère, donnant naissance à une descendance qui n’a pas de mère, née elle-même de l’infécondité, a consacré tous les enfantements de la nature. Aujourd’hui est apparu l’éclat de la pourpre divine, aujourd’hui la misérable nature humaine a revêtu la dignité royale. Aujourd’hui, selon la prophétie, le sceptre de David a fleuri en même temps que le rameau toujours vert d’Aaron, qui, pour nous, a produit le Christ rameau de la force. Aujourd’hui, une jeune vierge est sortie de Juda et de David, portant la marque du règne et du sacerdoce de celui qui a reçu, suivant l’ordre de Melchisédech, le sacerdoce d’Aaron. Pour tout dire en un mot, aujourd’hui commence la régénération de notre nature, et le monde vieilli, soumis à une transformation divine, reçoit les prémices de la seconde création.

Le Pape d’origine syrienne saint Serge Ier (c. 650 † 701) introduisit cette fête à Rome dans le rit romain, faisant précéder la messe d’une procession ; fait curieux (qui n’est pas isolé), le tropaire de l’office byzantin de la fête a été traduit en latin et sert d’antienne de Magnificat des secondes vêpres romaines. Saint Serge Ier mourut du reste le 8 septembre 701.

Cette fête tombe cette année le samedi avant la fête de l’Exaltation de la sainte Croix, mais les lectures propres à ce jour sont anticipées au vendredi précédent.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire : de la fête. Gloire au Père. Et maintenant. Théotokion de l’heure. Kondakion : de la fête.

A la divine liturgie de saint Jean Chrysostome

Tropaires des Béatitudes : quatre tropaires de la 3ème ode du 1er canon de la fête, œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749) & quatre tropaires de la 3ème ode du 1er canon de la fête, œuvre de saint André de Crète, évêque de Gortyne (c. 660 † 740) :
1. Ayant vécu sans reproche devant Dieu, * ils ont mis au monde le salut de tous, * les parents de celle qui enfanta ** notre divin Créateur.
2. Le Seigneur qui fait jaillir la vie pour tous * d’une stérile a fait naître * la Vierge dont il fit le lieu de son séjour, ** la gardant sans faille après l’enfantement.
3. En ce jour sainte Anne donne un fruit, et c’est Marie, * celle qui produit le vivifiant Raisin: * chantons-la comme la Mère de Dieu, ** le secours, la protection de l’univers.
4. Seule Mère toujours-vierge, inépousée, * devenue l’encensoir d’or * de cette braise qu’est le Christ, ** sur mon cœur impur répands ton parfum.
5. Nous chantons ta sainte nativité, * nous vénérons aussi ta virginale conception, * divine Epouse et Vierge inépousée ; ** avec nous exultent les Anges et les âmes des Saints.
6. Vierge pure, plus sainte que les Saints, * tes chastes parents t’amenèrent au temple du Seigneur * pour y être élevée saintement ** et préparée à ta divine maternité.
7. Stériles et mères, dansez de joie, * courage, exultez, les sans-enfants, * car la Stérile enfante la Mère de Dieu ** qui va délivrer Adam et Eve de la malédiction et des douleurs.
8. J’entends David chanter à ton sujet : * A ta suite des vierges sont amenées * vers le palais du Roi ; et moi aussi, ** avec lui je te chante comme fille du Roi.

A la petite entrée :
1. Tropaire de la fête, ton 4 : Ta nativité, Vierge Mère de Dieu, * a annoncé la joie à tout l’univers, * car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, * qui, en détruisant la malédiction, nous a donné la bénédiction ; ** et en abolissant la mort, Il nous a donné la vie éternelle.
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Kondakion de la fête, ton 4 : Joachim et Anne ont été délivrés de l’opprobre de la stérilité, * et Adam et Ève de la corruption de la mort, ô Immaculée, en ta sainte nativité ; * c’est elle que fête également ton peuple * libéré de la condamnation pour ses péchés, * en te criant : * « La stérile met au monde la Mère de Dieu, ** & la nourricière de notre vie ».

Prokimen
De la fête, ton 3 :
℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).
℣. Il s’est penché sur son humble servante, désormais tous les âges me diront bienheureuse (Luc 1, 47).

Epître
De la fête : Philippiens (§ 240) II, 5-11.
Mais il s’est anéanti lui-même en prenant la forme et la nature de serviteur, en se rendant semblable aux hommes, et étant reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui au dehors.

Alleluia
De la fête, ton 8 :
℣. Ecoute, ma fille, et vois et incline ton oreille (Psaume 44, 10).
℣. Les riches du peuple prieront devant ta face (Psaume 44, 12).

Evangile
De la fête : Luc (§ 54) X, 38-42; XI, 27-28.
Jésus lui dit : Mais plutôt heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent !

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique, de la fête
Verset : Magnifie, ô mon âme, la très glorieuse nativité de la Mère de Dieu.
Hirmos de la 9ème ode du second canon de matines, œuvre de saint André de Crète, évêque de Gortyne (c. 660 † 740) : Étrangères aux mères, la virginité,* et étranger aux vierges, l’enfantement ; * mais en toi, Mère de Dieu, * les deux merveilles sont unies * et toutes les familles des nations, ** d’âge en âge nous te magnifions.

Verset de communion
De la fête : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du Vendredi des Quatre-Temps de septembre

Vendredi des Quatre-Temps de septembreSaint-Eugène, le vendredi 20 septembre 2019, grand’messe en rit romain traditionnel de 19h.

Si donc nous faisons des œuvres bonnes, qui répandent dans l’Église l’odeur d’une bonne réputation, que faisons-nous en ce qui concerne le corps du Seigneur, sinon de l’inonder de parfum ? Mais la femme se tint aux pieds de Jésus : nous nous mettons devant les pieds du Seigneur quand nous nous opposons à ses voies par nos péchés ; mais si nous nous convertissons après nos fautes et embrassons une pénitence sincère, alors nous nous tenons en arrière, à ses pieds, car nous voulons suivre ses pas au lieu de les arrêter. La femme arrose ses pieds de ses larmes : ce que nous faisons aussi vraiment si, par un sentiment de compassion, nous nous inclinons vers le moindre des membres du Seigneur, si nous prenons part à la souffrance de ses saints dans la tribulation ; si, leur tristesse, nous la considérons comme notre tristesse.
Homélie de saint Grégoire, pape, IInde leçon des vigiles nocturnes de ce vendredi.

A la sainte messe :

  • Propre grégorien du jour
  • Kyrie : des féries de pénitence au propre de Paris
  • Offertoire Benedic, chanté avec ses antiques versets
  • Sanctus XVIII
  • A l’élévation : O salutaris sur le ton de l’hymne de la Croix : Vexilla Regis prodeunt
  • Agnus Dei XVIII
  • Antienne de communion, chantée avec des versets du psaume CXVIII
  • Benedicamus Domino XVIII
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Benedic anima mea (Psaume CII, 2) et Psaume XCVI – Vème ton

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Programme du Mercredi des Quatre-Temps de septembre

Mercredi des Quatre-Temps de septembreSaint-Eugène, le mercredi 18 septembre 2019, grand’messe en rit romain traditionnel de 19h.

La semaine qui suit l’Exaltation de la Sainte Croix, l’Eglise romaine célèbre le jeûne des Quatre-Temps, lequel s’étend sur le mercredi, le vendredi et le samedi de la semaine, quatre fois dans l’année au commencement des saisons. Cette pratique, qui remonte à la plus haute antiquité, s’inspire directement de l’Ecriture : le prophète Zacharie parle ainsi du Jeûne du quatrième, du cinquième, du septième (= »septembre ») et du dixième (« décembre ») mois. Il est de règle que la station du mercredi des Quatre-Temps soit toujours à Rome dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure. La messe des Mercredis des Quatre-Temps comporte deux prophéties de l’Ancien Testament avant l’Evangile. Une première oraison est dite avant la première prophétie, et le chant de la collecte de la messe n’arrive qu’après le chant d’un premier graduel.

Voici comment le Sacramentaire gélasien annonçait l’arrivée des jeûnes des Quatre-Temps :

Frères très aimés, la purification annuelle du jeûne qui sanctifie le corps et l’âme nous est annoncée par le retour de ce mois salutaire. Donc, aux féries quatrième et sixième, unissons-nous d’un commun zèle pour offrir à Dieu le jeûne spirituel ; et samedi, célébrons les saintes vigiles de la piété chrétienne en l’Église du bienheureux Pierre, sur l’intercession duquel notre foi fonde son espérance. Ainsi en ces jours saints, les souillures du péché dues à la fragilité de la chair seront effacées par le jeûne et l’aumône, avec l’aide de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, étant Dieu, vit et règne avec le Père et l’Esprit-Saint dans les siècles des siècles.

A la sainte messe :

  • Propre grégorien du jour
  • Kyrie : des féries de pénitence au propre de Paris
  • Offertoire Meditabitur, chanté avec ses antiques versets
  • Sanctus XVIII
  • A l’élévation : O salutaris sur le ton de l’hymne de la Croix : Vexilla Regis prodeunt
  • Agnus Dei XVIII
  • Antienne de communion, chantée avec des versets du psaume LXXX
  • Benedicamus Domino XVIII
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Antienne Gaudium Domini (II Esdras 10) et Psaume XCVI – IVème ton

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Programme de la fête de Notre-Dame des 7 Douleurs

Notre Dame des 7 Douleurs - Anonyme du XVIème s.Saint-Eugène, le dimanche 15 septembre 2019, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

La dévotion aux Douleurs de la Vierge est attestée au Monastère de Schönau, en Allemagne dès l’année 1221 et fut reprise et largement propagée par l’Ordre des Servites, fondé à Florence en Toscane en 1223. L’éclosion de cette dévotion est préparée par les auteurs spirituels des XIème et XIIème siècle, en particulier saint Pierre Damien († 1072), saint Anselme († 1109), Eadmer de Cantorbéry († 1124), saint Bernard († 1153) qui tous méditent sur la souffrance de la Vierge au pied de la Croix. Voici par exemple ce qu’écrit saint Anselme :

Ta peine, Vierge sacrée, a été la plus grande qu’une pure créature ait jamais endurée ; car toutes les cruautés que nous lisons que l’on a fait subir aux martyrs, ont été légères et comme rien en comparaison de ta douleur. Elle a été si grande et si immense, qu’elle a crucifié toutes tes entrailles et a pénétré jusque dans les plus secrets replis de ton cœur. Pour moi, ma très pieuse Maîtresse, je suis persuadé que tu n’aurais jamais pu en souffrir la violence sans mourir, si l’esprit de vie de ton aimable Fils, pour lequel tu souffrais de si grands tourments, ne t’avait soutenue et fortifiée par sa puissance infinie.
Saint Anselme, De l’exercice de la Vierge, I 5.

Ce courant spirituel qui médite sur les douleurs de la Vierge est illustré par l’admirable séquence Stabat Mater dolorosa, qui fut écrite par un ardent franciscain, le Frère Jacques de Benedetti de Todi (1236 † 1306), o.f.m. (Jacopone de Todi).

La méditation sur les douleurs de la Vierge s’épanouit ensuite principalement dans les Flandres et en Rhénanie au cours des XIVème et XVème siècles. La liste des sept douleurs est alors fixée vers cette époque :

  • la prophétie du vieillard Siméon, (Luc II, 34-35)
  • le massacre des Innocents et la fuite en Egypte, (Matthieu II, 13-21)
  • la perte de Jésus au Temple de Jérusalem, (Luc II, 41-51)
  • La rencontre de Marie et de Jésus lors du portement de la croix, (Luc XXIII, 27-31)
  • la mise en croix et la mort du Christ, (Jean XIX, 25-27)
  • la déposition de la croix du corps du Christ, (Matthieu XXVII, 57-59)
  • la mise au tombeau de Jésus. (Jean XIX, 40-42)

Jean de Coudenberghe, curé de Saint-Sauveur de Bruges, fit placer dans son église une représentation de la Vierge avec les scènes de ces sept Douleurs, pour demander à la Mère de Dieu la cessation de la guerre civile qui ravageait les états bourguignons après la mort de Marie de Bourgogne en 1482. Une confrérie de Notre Dame des 7 Douleurs fut fondée à Bruges en 1492. Elle célébrait sa fête le dimanche dans l’octave de l’Ascension. Cette image de Bruges devait être assez semblable à celle-ci, peinte par Bernard van Orley (1491 – 1542) :

Notre Dame des 7 Douleurs par Bernard van Orley (1491 † 1542)
Notre Dame des 7 Douleurs par Bernard van Orley (1491 † 1542)

Une première fête de Notre Dame de Compassion, dite aussi Notre-Dame des Douleurs ou Notre-Dame de Pitié, ou encore de la Transfixion de Notre-Dame, fut instituée par le Concile de Cologne en 1423 contre les Hussites qui désolaient alors les églises et détruisaient les images saintes. Cette fête est fixée au vendredi après le dimanche de la Passion : afin – dit le Concile – d’honorer l’angoisse et la douleur qu’éprouva Marie lorsque, les bras étendus sur l’autel de la Croix, notre Rédempteur Jésus-Christ s’immola pour nous et recommanda cette Mère bénie à saint Jean (…) surtout afin que soit réprimée la perfidie des impies hérétiques Hussites. Cette fête, qui existe toujours, a été inscrite au Martyrologe Romain par le pape Sixte IV (1471-1484) et étendue à toute l’Eglise latine par le pape Benoît XIII en 1727.

Cependant les règles liturgiques austères du Carême ne permettent pas un plein épanouissement de cette célébration en tant que fête. Aussi l’Ordre des Servites commença en 1668 à célébrer une seconde fête de Notre Dame des 7 Douleurs fixée de façon mobile au IIIème dimanche de septembre, ce qui lui fut confirmé comme un privilège propre par le pape Innocent XI. Rendu à la liberté, le pape Pie VII étendit cette fête à toute l’Eglise latine le 18 septembre 1814. Conséquence du changement du Bréviaire en 1908, on décida en 1914 de libérer un dimanche en fixant cette fête désormais au 15 septembre, octave de la fête de la Nativité de la sainte Vierge et lendemain de celle de l’Exaltation de la sainte Croix.

A noter que les textes liturgiques latins des deux messes de ces deux fêtes sont substantiellement les mêmes (le Trait du Carême est remplacé par l’Alleluia en septembre), la liturgie ne parlant que d’une fête de la Transfixion de la Vierge : ce terme (qui vient du latin transfigere, transpercer) rappelle la prophétie du vieillard Siméon lors de la Présentation au Temple de Jérusalem : Vois, cet enfant est fait pour la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en but à la contradiction, et toi-même, un glaive te transpercera l’âme, afin que se révèlent les pensées de bien des cœurs.

A la sainte messe :

  • Procession d’entrée : Les étendards du roi s’avancent, traduction versifiée du Vexilla Regis prodeunt – harmonisation du plain-chant traditionnel par Maxime Kovalevsky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris
  • Propre grégorien du jour
  • Kyrie : de la missa Eructavit cor meum de François Cosset (c. 1610 † c. 1673), maître de chapelle des cathédrales de Laon, Reims et Paris
  • Gloria IX
  • Séquence Stabat Mater dolorosa – texte attribué au Frère Jacques de Benedetti de Todi (1236 † 1306), o.f.m.
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire : O vos omnes, second répons du second nocturne des Ténèbres du Samedi Saint – Tomas Luis de Victoria (1540 † 1611), maître de chapelle de l’impératrice Marie – Texte : Lamentations du Prophète Jérémie I, 12.
  • Sanctus IX
  • A l’élévation : O salutaris sur le ton de Vexilla Regis prodeunt, d’après Antoine de Bertrand (1530 † 1581)
  • Agnus Dei : de la missa Eructavit cor meum de François Cosset
  • Pendant la communion : Stabat Mater dolorosa – complainte de la Très Sainte Vierge au pied de la Croix du Sauveur – texte de Jacques de Benedetti de Todi (1236 † 1306), musique de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la Sainte Chapelle : « Stabat Mater pour des religieuses » (H. 15)
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du Ier ton (faux-bourdon d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est IX
  • Après le dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : Je mets ma confiance – Cantique et mélodie du R.P. Lambillotte, s.j. (1796 † 1855), maître de chapelle et directeur de musique de la Compagnie de Jésus – harmonisation de M. le chanoine Gaston Roussel, maître de chapelle de la cathédrale de Versailles

IIndes vêpres de la fête de Notre Dame des 7 Douleurs avec mémoire du XIVème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O salutaris hostia, sur le ton de l’hymne de la croix Vexilla Regis prodeunt
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Stabat Mater dolorosa – complainte de la Très Sainte Vierge au pied de la Croix du Sauveur – texte de Jacques de Todi († 1306), plain-chant (versets impairs) et alternances de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la Sainte Chapelle : « Stabat Mater pour des religieuses » (H. 15) (versets pairs)
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Oremus pro Pontifice nostro Francisco.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo, sur le ton de l’hymne de la croix Pange lingua
  • Supplication finale : Antique litanie qui concluait autrefois l’office des Ténèbres

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Programme du XIIIème dimanche après la Pentecôte – saint Mammès – saint Jean IV le Jeûneur – ton 4

Saint Mammès le mégalomartyrParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 15 septembre 2019 du calendrier grégorien – 2 septembre 2019 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour saint Mammès le mégalomartyr.

Saint Mammès (ou Mammas, Mamas, Mamant, Mamet) fut martyrisée à Césarée de Cappadoce lors de la brève persécution de l’empereur Aurélien vers l’an 274. On ne sait que peu de choses de sa vie et des circonstances de son martyre sinon par les panégyriques qu’on laissés sur lui saint Basile le Grand, évêque de Césarée (Homélie XVI) et saint Grégoire de Naziance (Oraison 43). Saint Basile nous apprend que saint Mammès était un pauvre berger qui n’avait de grand que sa pauvreté et sa piété, n’ayant d’autre biens que sa besace & son bâton et d’autre toit que le ciel. Le berger saint Mammès était proche des animaux et ceux-ci le vénéraient de façon surnaturelle. Saint Grégoire – natif de Césarée – nous rapporte que les biches de la forêt se pressaient autour de lui comme des animaux domestiques afin de se faire traire pour le nourrir de leur lait (il est amusant de savoir que la spécialité locale de la ville de Saint-Mammès en Seine-et-Marne fut longtemps le fromage frais de biche à l’anguille !).

Martyre de saint MammèEncore tout jeune, saint Mammès souffrit le martyre dans les arènes de Césarée, éventré par les païens au moyen d’un trident, après que les lions eurent refusés de le dévorer.

La ville de Césarée de Cappadoce conserva les saintes reliques du martyr après sa mort et saint Grégoire le Théologien nous rapporte que saint Mammès était tenu pour le pasteur de sa ville, accordant après sa mort de très nombreuses grâces par son intercession. Saint Basile nous rapporte que non seulement de nombreuses guérisons – y compris des résurrections d’enfants morts – furent accordées par Dieu par l’intercession du mégalomartyr, mais que saint Mammès était apparu à plusieurs occasions après sa mort. Aussi la fête de ce saint était célébrée par une grande solennité dans la métropole de Césarée. Cette fête était célébrée avec une vigile solennelle le premier jour de l’année du temps de saint Basile – soit donc le 1er septembre. La fête a été depuis déplacée au lendemain, 2 septembre. Outre ce jour de fête principale, il s’en faisait une seconde au printemps à Césarée, à Naziance et dans le reste de la Cappadoce.

La ville de Césarée possédait une église dédiée à saint Mammès et construite sur son tombeau. A ce propos, saint Grégoire de Naziance et Sozomène rapportent une histoire curieuse : vers le milieu du IVème siècle, les cousins de l’empereur Constance, Gallus et Julien (surnommé par la suite l’Apostat), alors en résidence à Césarée, décidèrent de construire cette basilique en l’honneur de saint Mammès sur son tombeau même, se partageant le chantier. Mais tandis que le chantier de Gallus avançait sereinement, la partie que s’était attribuée Julien ne cessa d’être frappée d’accidents qui ruinaient systématiquement tout progrès, ce qui fut après coup interprété comme un signe prémonitoire du terrible règne de ce prince apostat.

La dévotion envers saint Mammès se répandit rapidement en dehors de la Cappadoce. Sa fête de septembre était célébré à Constantinople dès le temps de l’empereur Léon Ier le Thrace (457 – 474), et plusieurs églises furent édifiées dans la ville impériale et dans ses faubourgs en l’honneur du mégalomartyr. Les latins ne furent pas en reste, car la fête du martyr est déjà inscrite au Martyrologe hiéronymien à la date du 17 août, qui est restée traditionnelle en Occident.

Cathédrale Saint-Mammès de LangresVers 755, un noble franc reçut un os du cou de saint Mammès et l’offrit à la cathédrale de Langres en France. La relique fut reçue avec un si grand honneur par les Langrois que la cathédrale de cette ville, dédiée auparavant à saint Jean l’Evangéliste, le fut dès lors à saint Mammès, qui fut aussi établi patron du diocèse de Langres, comme l’attestent des documents remontant à l’époque de Louis le Débonnaire (778 † 840).

L’essentiel des reliques de saint Mammès resta dans sa ville de Césarée jusqu’aux invasions arabes et il est probable qu’elles furent mis en lieu sûr à Constantinople vers le IXème siècle. La ville de Langres, particulièrement dévote envers notre saint, obtint un os de jambe, puis, en 1075, Renaud, évêque de Langres, en pèlerinage aux lieux saints, rapporta de Constantinople un bras de saint Mammès qu’il avait reçu en cadeau de l’empereur byzantin. En 1190, le chef de saint Mammès fut placé par l’empereur Isaac II Ange (1156 † 1204) dans une église qu’il avait fait bâtir et qui fut placée sous le vocable du mégalomartyr. Lors du sac de Constantinople en 1204, Gualon de Dampierre, chanoine de Langres (par la suite archevêque de Damas), alors présent dans la ville impériale, sauva de la destruction la relique du chef de saint Mammès et l’apporta à Langres en 1209 où elle se trouve toujours.

Tapisserie de saint MammèsLes Langrois eurent une dévotion constante envers saint Mammès, et ce prénom fut longtemps en usage dans le diocèse de Langres (le fameux compositeur langrois, le chanoine Couturier, qui régna sur la musique de la cathédrale de Langres à la fin du XIXème siècle et au tournant du XXème siècle, s’appelait Nicolas-Mammès). Le cardinal de Givry, évêque de Langres de 1529 à 1561, désireux d’embellir sa cathédrale, commanda en 1543 des patrons pour une tenture en huit pièces à Jean Cousin le père. Puis il passa un marché en 1544 avec deux lissiers parisiens réputés, Jacques Langlois et Pierre Blasse II. En accord avec le contrat, les tapisseries – un chef d’œuvre de l’art parisien de la Renaissance – furent terminées vers le mois de mai 1545 et livrées au cardinal qui en fit don aussitôt au chapitre de sa cathédrale. Les tapisseries ornaient le chœur de la cathédrale lors des fêtes religieuses jusqu’à la révolution. La série fut alors dispersée, et seules deux pièces furent restituées après le Concordat de 1801 : Saint Mammès prêchant l’Évangile aux bêtes sauvages et Le Martyre de saint Mammès. Une troisième – Saint Mammès se livrant au gouverneur de Cappadoce -, réapparut dans une collection privée et fut donnée en 1940 au musée du Louvre. Cette tenture présente plusieurs épisodes de la vie du saint au travers d’une scène principale et de plusieurs petites scènes. Mammès, jeune berger, partage, en haut à gauche, son repas avec deux hommes au milieu des bêtes sauvages qui étaient devenues ses compagnes. Dans la scène en dessous, ces deux hommes, venus l’arrêter, sont effrayés par les bêtes sauvages qui protègent le saint. Dans la scène centrale, Mammès vient se livrer au gouverneur de Cappadoce et apaise de sa main le lion qui l’a accompagné. Puis, n’ayant pas voulu renoncer à sa foi chrétienne, il est mis à mort et éventré par le trident. La large bordure de la tapisserie présente dans sa partie supérieure les armes du cardinal de Givry.

A la révolution dite française, le fabuleux trésor de la cathédrale de Langres fut en grande partie dispersé dans la tourmente anti-chrétienne. L’actuel trésor n’est plus qu’un pâle reflet de l’ancien, mais il conserve une petite statuette en ivoire de saint Mammès qui a pu être montée sur un bâton cantoral. Le saint est représenté avec ses entrailles éviscérées. Si son ancien reliquaire fut perdu, le chef de saint Mammès fut cependant conservé et reçut un nouveau reliquaire, magnifique travail de 1854 offert en 1855 par S.E. le cardinal Mathieu, ancien évêque de Langres & archevêque de Besançon. Le reliquaire est toujours porté en procession par le clergé du diocèse lors de la fête de saint Mammès le 17 août. Il est probable que le double cerclage d’argent qui enserre le crâne est d’origine byzantine : il est décrit par les textes du XIIIème siècle et permit l’identification de la relique après le sac de Constantinople.

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Saint Jean IV le Jeûneur, patriarche de ConstantinopleNous fêtons aussi en ce jour notre vénérable Père jean IV le Jeûneur, patriarche de Constantinople du 12 avril 582 au 2 septembre 595.

Jean naquit et fut élevé à Byzance sous le règne de l’empereur Justin Il (565-578). Il était graveur de profession et montra dès sa jeunesse une grande vertu et un fervent amour de Dieu. Sous Jean III Scholastique, il devint sacellaire (responsable des finances de la cathédrale Sainte-Sophie), et l’un des principaux diacres du patriarcat. Quoiqu’il n’ait pas reçu une formation théologique étendue, il était célèbre pour ses pratiques ascétiques, notamment pour les jeûnes qu’il s’imposait, et pour sa charité envers les pauvres de la ville. A la mort du patriarche Eutychès en avril 582, Jean fut choisit comme successeur par l’empereur Tibère II (578-582) et fut contraint d’accepter la succession patriarcale.

Comme patriarche, selon le monophysite Jean d’Éphèse, il se montra partisan de la tolérance envers les chrétiens hétérodoxes : « Comment pourrais-je persécuter des chrétiens, disait-il, qui se montrent irréprochables dans leur christianisme ? » Son amour des pauvres était tel qu’il épuisa toutes ses ressources en aumônes et dut demander à l’empereur un prêt pour poursuivre ses générosités. A sa mort, en 595, lorsque ce dernier voulut se faire rembourser de son prêt, on ne trouva chez le patriarche de Constantinople qu’un vieux manteau de laine et un méchant lit de bois que l’empereur Maurice prit et sur lequel il couchait les jours de pénitence.

Si sa vie ne contient que peu de faits saillant, on retient surtout de ce patriarche la querelle qui l’opposa à la papauté : dans un jugement synodal concernant le procès intenté en 587 au patriarche Grégoire Ier d’Antioche (procès étonnant en soi puisqu’il laissait entendre une juridiction de Constantinople sur Antioche, non fondée canoniquement), Jean prend pour la première fois le titre de « patriarche œcuménique » ; le pape Pélage II lui adressa une lettre de vives protestations, et son successeur saint Grégoire Ier le Grand – qui l’avait connu lorsqu’il était aprocrisiaire à Constantinople (578-584) – accorda à cette affaire la plus grande importance. Le pape saint Grégoire adressa une correspondante abondante à tous les patriarches orientaux sur cette question, précisant « que nul ne doute que l’Eglise de Constantinople est soumise au Siège Apostolique » (Epître IX, 12) ou encore: « Je ne connais aucun évêque qui ne soit pas soumis au Siège Apostolique » (ibid.). Saint Grégoire « a réfuté le nom d’« universel » et fut le premier à commencer à se désigner comme « Serviteur des serviteurs de Dieu » au début de ses lettres, avec suffisamment d’humilité, en laissant à tous ses successeurs cette héréditaire preuve de sa douceur » (Saint Jean Diacre, Vita S. Gregorii, II, 1).

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Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire du Vénérable Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire du Martyr. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

A la divine liturgie

Tropaires des Béatitudes : 8 tropaires du dimanche, ton 4 :
1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Pour nous l’Impassible devient homme de douleur * et sur la croix se laisse clouer, * afin de nous ressusciter avec lui ; * aussi nous glorifions avec la Croix * les Souffrances & la sainte Résurrection * par lesquelles nous fûmes rénovés, * obtenant le salut en criant : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
6. Ressuscité d’entre les morts * et dépouillant l’empire de la Mort, * il apparut aux Myrrophores, leur annonçant la joie ; * et nous fidèles, prions-le * d’épargner à nos âmes la corruption, * lui répétant sans cesse la parole du bon Larron : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
7. Fidèles, glorifions d’un même cœur * le Père, le Fils & l’Esprit saint, * invoquons en trois personnes l’unique Divinité * indivisible, inaccessible, sans confusion, ** qui nous sauve des flammes du châtiment.
8. Ta mère, Seigneur, t’enfanta virginalement * et vierge elle est demeurée même après l’enfantement : * c’est elle que nous te présentons pour intercéder auprès de toi : * accorde à sa prière le pardon des péchés * pour ceux qui ne cessent de te crier : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleines de fierté, aux Apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
2. Tropaire du Martyr, ton 4 : Ton Martyr, Seigneur, Mammès, * pour le combat qu’il a mené, a reçu la couronne d’immortalité de toi, notre Dieu ; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par ses prières sauve nos âmes.
3. Tropaire du Vénérable Père, ton 4 : La vérité de tes œuvres, t’a rendu pour ton troupeau règle de foi, * modèle de douceur, * maître de tempérance. * Aussi as-tu obtenu, par ton humilité, l’exaltation, * par ta pauvreté, la richesse. * Père Jean, * prie le Christ Dieu ** de sauver nos âmes.
4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Kondakion du Martyr, ton 3 : Avec la houlette que Dieu t’a donnée, * mène ton peuple vers les pâturages vivifiants ; * quant aux fauves invisibles & cruels, * écrase-les sous les pieds des fidèles te chantant, * car au milieu des périls nous menaçants, ** c’est toi, Mammès, que nous avons comme fervent défenseur.
6. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
7. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon sauveur & mon libérateur, * au sortir du tombeau * a libéré et ressuscité tous les habitants de la terre, car Il est Dieu. * Il a brisé les portes des enfers, ** et lui le Maître, il est ressuscité le troisième jour.

Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
℟. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
℣. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).
[Du Martyr, ton 7 :
℟. Le juste a sa joie dans le Seigneur, et en lui il se réfugie (Psaume 63, 11).]

Epîtres
Du dimanche : I Corinthiens (§ 166) XVI, 13-24.
Faites avec amour tout ce que vous faites.
[Du Martyr : Romains (§ 99) VIII, 28-39.
Qui donc nous séparera de l’amour du Christ ? Sera-ce l’affliction, ou les déplaisirs, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou les périls, ou le fer, ou la violence ?]

Alleluia
Du dimanche, ton 4 :
℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).
[Du Martyr, ton 4 :
℣. Le juste fleurira comme un palmier, il grandira comme un cèdre du Liban (Psaume 91, 13).]

Evangiles
Du dimanche : Matthieu (§ 87) XXI, 33-42.
Enfin il leur envoya son fils, disant en lui-même : Ils auront quelque respect pour mon fils.
[Du Martyr : Jean (§ 50) XV, 1-7.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez tout ce que vous voudrez, et il vous sera accordé.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux.
[Du Martyr : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).] Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix

L'Empereur Héraclius restitue la Vraie Croix à Jérusalem - école flamandeSaint-Eugène, le samedi 14 septembre 2019, grand’messe en rit dominicain de 11h30 (messe pour l’association SOS Chrétiens d’Orient).

Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix

Découverte par l’impératrice sainte Hélène en 326 après des fouilles, la sainte relique de la Vraie Croix du Christ avait été partagée en trois parts par celle-ci, entre Jérusalem, Constantinople et Rome.

La part de Jérusalem avait été emporté par l’impie Chosroès II, empereur des Perses Sassanides au cours de la terrible guerre de 614 contre l’Empire, pendant laquelle ses troupes s’emparèrent de la ville sainte après un siège de 21 jours, emporté avec la complicité de la population juive. Dans un bain de sang, la ville fut pillée de ses trésors, la basilique de la Résurrection (Saint-Sépulchre) fut détruite, et de nombreuses reliques firent parties du butin perse, parmi lesquelles la relique de la Vraie Croix qui fut emportée à Séleucie-Ctésiphon (non loin de l’actuelle Bagdad), la capitale de l’Empire sassanide, avec d’autres reliques de la Passion du Christ, comme la sainte Eponge ou la sainte Lance. Les survivants du massacre de Jérusalem, dont le patriarche Zacharie, furent déportés en Mésopotamie. La prise de Jérusalem par ces païens mazdéens, soutenus par les Juifs qui préféraient les Perses aux Byzantins, causa un choc intense parmi les chrétiens.

La fête de l’Exaltation de la Sainte Croix fut instituée dans l’Eglise universelle afin de commémorer le retour de la précieuse relique de la Vraie Croix chez les chrétiens, après la victorieuse croisade que mena l’empereur Héraclius de 624 à 631 contre les Perses.

L’éclatante victoire de Ninive que remporta l’empereur Héraclius Ier sur les troupes perses de Chosroès II le 12 décembre 627 entraîna la chute de ce souverain & la restitution de la précieuse relique par le nouveau pouvoir perse. La Vraie Croix restituée fut apportée à Constantinople, ainsi que la relique de la sainte Eponge. Les deux précieuses reliques furent exaltées devant le peuple de Constantinople le 14 septembre 629.

Les Perses occupaient toujours la Palestine, et ne se retirèrent qu’au cours de l’hiver 629-630. C’est alors qu’Héraclius, accompagné de son épouse l’impératrice Martine, partit pour Jérusalem au début de l’année 630 pour y rapporter la relique de la Vraie Croix reprise aux Perses. Il y fut accueilli le 21 mars par Modeste de Jérusalem, locum tenens du patriarcat, depuis l’exil du patriarche Zacharie. L’empereur entra dans la ville à pied, sans aucun insigne impérial, en portant lui-même la vénérable relique tout au long de la Via Dolorosa. Il fut le seul empereur qui se soit rendu à Jérusalem.

La fête de l’Exaltation de la Sainte Croix fut fixée au 14 septembre pour commémorer cet exploit. Notons que cette fête suit immédiatement la fête de la dédicace de la basilique de la Résurrection (actuel Saint-Sépulcre) – édifiée sur le Golgotha et sur le tombeau du Christ, là même où fut redécouverte la Vraie Croix par sainte Hélène. La dédicace de cette basilique constantinienne fut en effet célébrée le 13 septembre 335.

« A la vue du Christ élevé en croix, il ne faut pas, mes bien-aimés, que votre pensée s’arrête à ce seul aspect extérieur qui frappa les yeux des impies, auxquels il a été dit par Moïse : « Ta vie sera comme en suspens devant tes yeux, et tu craindras jour et nuit, et tu ne croiras pas à ta vie. » En effet, à la vue du Seigneur en Croix, les impies ne pouvaient apercevoir en lui autre chose que leur crime ; ils tremblèrent de crainte, non pas de la crainte qui justifie dans la vraie foi, mais de celle qui torture une conscience coupable. Pour nous, ayant l’intelligence éclairée par l’esprit de vérité, embrassons d’un cœur pur et libre la Croix dont la gloire resplendit au ciel et sur la terre, et appliquons toute l’attention de notre âme à pénétrer le mystère que le Seigneur, parlant de sa passion prochaine, annonçait ainsi : « C’est maintenant le jugement du monde, maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. Et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi. »
Homélie de saint Léon, pape, VIIème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

  • Kyriale dominicain II
  • Epître : Philippiens II, 8-11 : C’est pourquoi Dieu l’a élevé, et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom
  • Evangile : Jean XII, 31-36 : Et pour moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tout à moi.
  • Credo dominicain I
  • Pendant la communion : O Crux ave spes unica – strophe extraite de l’hymne Vexilla Regis prodeunt, hymne de la Croix, composée au VIème siècle par saint Venance Fortunat lors de la susception à Poitiers des reliques de la vraie Croix par la reine de France Sainte Radegonde – musique de Nicolas Antoine Lebègue (1631 † 1702), organiste du roi Louis XIV et de Saint-Merry
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina romain
  • Procession de sortie : Vexilla regis prodeunt – Hymne de la Croix, composée au VIème siècle par saint Venance Fortunat lors de la susception à Poitiers des reliques de la vraie Croix par la reine de France Sainte Radegonde – ton dominicain

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Programme de la fête du Très-Saint Nom de Marie

Saint Nom de MarieSaint-Eugène, le jeudi 12 septembre 2019, messe solennelle de 20h et Te Deum d’actions de grâces pour les six ans de la fondation de l’association SOS Chrétiens d’Orient). Après la messe, dégustation de croissants.

La fête du Très-Saint Nom de Marie fut instituée par le bienheureux pape Innocent XI en action de grâces pour l’éclatante victoire du dimanche 12 septembre 1683, au cours de laquelle, les troupes chrétiennes coalisées, sous la conduite de Jean III Sobieski, roi de Pologne, et de Charles, duc de Lorraine, écrasèrent les armées ottomanes qui assiégeaient la ville de Vienne pour la seconde fois (victoire de Kahlenberg), permettant la levée du siège de la ville et marquant le début de la reconquête des territoires autrichiens puis hongrois, et par là le commencement du reflux des Turcs hors d’Europe.

Les troupes chrétiennes avaient été galvanisées par le Bienheureux Marc d’Aviano. Au petit matin avant la bataille, Jean III Sobieski avait servi la messe de ce Bienheureux capucin, y avait communié et y avait armé son fils chevalier. On rapporte que le Bienheureux Marc d’Aviano remplaça même l’Ite missa est de la messe par ces mots : Ionnes vincet ! – Jean vaincra. Le roi de Pologne avait ensuite harangué les troupes chrétiennes, leur disant : « Aujourd’hui, il y va tout ensemble de la délivrance de Vienne, de la conservation de la Pologne et du salut de la chrétienté entière ! », puis il chargea les Ottomans en criant :

Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam !
Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à Votre Nom donnez la gloire (Psaume CXIII).

Dans Vienne délivrée, Jean Sobieski vint se prosterner avec ses généraux devant la statue de Notre-Dame de Lorette, vénérée dans l’église des Augustins où l’on chanta un Te Deum. Le même jour à Rome, le Bienheureux Innocent XI, quoique malade, s’était attaché à suivre à pied la grande procession pénitentielle où l’on demandait à Dieu la victoire pour les Chrétiens, par l’intercession de la Vierge Marie. La nouvelle de la victoire ne parvint à Rome que le 24 septembre, où elle fut accueillie par des sonneries de cloches et des Te Deum, et dès le lendemain, le pape instituait la nouvelle fête du Très-Saint Nom de Marie, fixée au dimanche dans l’octave de la fête de la Nativité de la Sainte Vierge (le pape Pie X déplaça la fête au 12 septembre). Pour la petite histoire, c’est à l’occasion de cette victoire que furent inventés la viennoiserie appelée croissant ainsi que le cappuccino.

Ô vous, qui que vous soyez, qui vous sentez ici-bas ballotté au milieu des orages et des tempêtes, et non placé sur une terre ferme, ne détournez point vos yeux de cet astre plein d’éclat, si vous ne voulez pas être englouti par les flots. Si le vent des tentations se lève, si vous touchez les écueils des tribulations, regardez l’étoile, invoquez Marie. Si vous êtes secoué par les vagues de l’orgueil, de l’ambition, de la médisance, de la jalousie, regardez l’étoile, invoquez Marie. Si la colère, ou l’avarice, ou les séductions de la chair agitent le frêle esquif de votre âme, jetez un regard vers Marie. Si, troublé par l’énormité de vos crimes, confus de la laideur de votre conscience, effrayé des sévérités du jugement, vous vous sentez entraîné dans le gouffre de la tristesse, dans l’abîme du désespoir, pensez à Marie.
Sermon de saint Bernard, abbé, Vème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

  • Kyriale IX – Cum Iubilo
  • Epître : Ecclésiastique XXIV, 23-31 : Je suis la mère du bel amour, de la crainte, de la science, et de la sainte espérance.
  • Evangile : Luc I, 26-38 : Et le nom de la vierge était Marie.
  • Après la Consécration : O salutaris Hostia du Ier ton – plain-chant de Coutances
  • Pendant la communion : O Virga ac diadema – Séquence de Sainte Marie – composée par sainte Hildegarde de Bingen (1098 † 1179), docteur de l’Eglise
  • Au dernier Evangile : Salve Regina
  • Après la messe : Te Deum d’action de grâces
  • Procession de sortie : O vous qui sur terre n’aspirez qu’au ciel

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Programme de la fête de la Nativité de la Sainte Vierge

Huile sur toile c. 1638-1639 pour servir de carton de tapisserie pour la Tenture de la vie de la Vierge - May de Notre-Dame de Paris conservé au musée d'Arras. Crédit photographique : Henri de Villiers ©Saint-Eugène, le dimanche 8 septembre 2019, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Cette fête, probablement d’origine hiérosolomytaine, semble avoir été introduite dans le synaxaire de Constantinople par l’empereur Maurice (582 † 602). Saint Jean Damascène (c. 676 † 749) ainsi que son frère de lait saint Côme de Maïouma, en fait également mention dans ses homélies, de que même saint André de Crète (660 † 740) :

Aujourd’hui comme pour des noces, l’Eglise se pare de la perle inviolée, de la vraie pureté. Aujourd’hui, dans tout l’éclat de sa noblesse immaculée, l’humanité retrouve, grâce aux mains divines, son premier état et son ancienne beauté. Les hontes du péché avaient obscurci la splendeur et les charmes de la nature humaine ; mais, lorsque naît la Mère de celui qui est la Beauté par excellence, cette nature recouvre en elle ses anciens privilèges, elle est façonnée suivant un modèle parfait et entièrement digne de Dieu. Et cette formation est une parfaite restauration et cette restauration est une divinisation et cette divinisation, une assimilation à l’état primitif. Aujourd’hui, contre toute espérance, la femme stérile devient mère et cette mère, donnant naissance à une descendance qui n’a pas de mère, née elle-même de l’infécondité, a consacré tous les enfantements de la nature. Aujourd’hui est apparu l’éclat de la pourpre divine, aujourd’hui la misérable nature humaine a revêtu la dignité royale. Aujourd’hui, selon la prophétie, le sceptre de David a fleuri en même temps que le rameau toujours vert d’Aaron, qui, pour nous, a produit le Christ rameau de la force. Aujourd’hui, une jeune vierge est sortie de Juda et de David, portant la marque du règne et du sacerdoce de celui qui a reçu, suivant l’ordre de Melchisédech, le sacerdoce d’Aaron. Pour tout dire en un mot, aujourd’hui commence la régénération de notre nature, et le monde vieilli, soumis à une transformation divine, reçoit les prémices de la seconde création.

Le Pape d’origine syrienne saint Serge Ier (c. 650 † 701) introduisit cette fête à Rome, faisant précéder la messe d’une procession, à l’instar de celles qu’il avait instituées aux trois autres grandes fêtes de la Vierge : la Purification le 2 février, l’Annonciation le 25 mars, l’Assomption le 15 août. Fait curieux (qui n’est pas isolé), le tropaire de l’office byzantin de la fête a été traduit en latin et sert d’antienne de Magnificat des secondes vêpres romaines. Saint Serge Ier mourut du reste le 8 septembre 701.

Le propre du diocèse de Paris permet la solennité facultative de la fête de la Nativité de la Sainte Vierge au dimanche.

A la sainte messe :

IIndes vêpres de la fête de la Nativité de la Sainte Vierge avec mémoire du XIIIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O sacrum convivium du VIIème ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1830.
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Gaudii primordium – prose de la Nativité de la Sainte Vierge, au propre de Paris, du Vème ton.
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium du Ier ton.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo « moderne » du Vème ton.
  • Chant d’action de grâces : Laudate Dominum – Psaume CXVI du IInd ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1861.

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Programme du XIIème dimanche après la Pentecôte – Rencontre de l’icône de Notre Dame de Vladimir qui repoussa Tamerlan – ton 3

Icône de la Mère de Dieu de VladimirParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 8 septembre 2019 du calendrier grégorien – 26 août 2019 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le miracle de l’icône de Notre-Dame de Vladimir, qui sauva Moscou de l’invasion de Tamerlan l’an 1395.

L’icône de la Mère de Dieu de Vladimir est l’une des plus vénérées de Russie. Le grand-duc Iouri Dolgorouki de Kiev l’a reçue en présent de Luc Chrysoberges, patriarche de Constantinople, vers 1131. Ce prince la fit placer dans le monastère de femmes Mejihirski près de Kiev jusqu’à ce que son fils Andreï Bogolioubski la porte dans sa ville préférée, Vladimir, en 1155. Lorsque les chevaux qui transportaient l’icône s’arrêtèrent près de Vladimir et refusèrent d’aller plus loin, ceci fut interprété comme un signe que la Theotokos voulait que l’icône reste à cet endroit aux abords de la ville. Andreï Bogolioubski fit construire à cet emplacement la grande cathédrale de l’Assomption de Vladimir de 1158 à 1160 pour abriter l’icône, et cet évènement entraîna par la suite la consécration de nombreuses autres églises à la Mère de Dieu dans tout le nord-ouest de la Russie. En 1164, l’icône de la Vierge de Vladimir accompagnait ce même prince André Bogolioubski dans sa marche victorieuse contre les Bulgares de la Volga. Elle sera miraculeusement épargnée pendant l’incendie qui ravagea la cathédrale de Vladimir le 13 avril 1185 et ne subit aucun dommage lors du sac de la ville le 7 février 1238 par les troupes mongoles, qui incendièrent pourtant la cathédrale, dans laquelle périrent la princesse Agatha Vsevolodovna et le reste de la famille princière.

En 1395, le terrible et sanguinaire Tamerlan menace Moscou avec ses hordes turco-mongoles musulmanes. On fait alors venir l’icône sacrée de Vladimir, protectrice de la Sainte Russie. Une grande procession du clergé et de la population de Moscou vint l’accueillir à une porte de la ville le 26 août 1395. Le lieu de cette sainte rencontre (Сре́тение / sretenie en slavon) en prit le nom : c’est l’actuelle rue Sretenka de Moscou, où s’élève le très beau monastère Sretensky, haut lieu de l’actuelle renaissance spirituelle russe, également réputé pour l’excellence de son chœur liturgique. Ce monastère fut élevé pour commémorer cette rencontre de la Mère de Dieu et du peuple de Moscou suppliant de lui venir en aide.

Après ce miracle, les Moscovites refusèrent de restituer l’icône à la ville de Vladimir et elle demeura dans la cathédrale de la Dormition du Kremlin de Moscou, devenant l’icône despotique de son iconostase. C’est devant elle que se déroulaient les grands actes de la vie du pays, tels que le couronnement du tsar ou l’élection du patriarche. Elle devint l’objet de pèlerinages populaires. Pour ne pas priver totalement les habitants de Vladimir, leur icône y retourna maintes fois, surtout lors des pénibles années de l’invasion tatare. Le prince Basile en fit peindre par ailleurs une copie par saint André Roublev, copie destinée à la cathédrale de la Dormition à Vladimir.

Par la suite, outre ce miracle de 1385, l’icône fut à l’origine de nombreuses délivrances miraculeuses de Moscou face aux envahisseurs musulmans :

  • En 1408 : siège de Moscou par le khan Edigueï
  • En 1451 : siège de Moscou par Mazovcha, le fils du khan de Nagaï. Le métropolite Jonas ordonne une procession sur les remparts avec l’icône de la Mère de Dieu et les forces islamiques lèvent le siège.
  • En 1459 : siège de Moscou par le khan de Nagaï voulant laver l’humiliation de son fils en 1451. Ivan III le met en déroute.
  • En 1480 : siège de Moscou par le khan Ahmat de la Grande Horde.
  • En 1521 : siège de Moscou par Mahmet Guireï. Les troupes russes, inférieures en nombre, parvinrent à encercler les troupes tatares et celles-ci fuirent de façon désorganisée.

En hommage à ces miracles, l’église russe fête trois fois par an les principaux miracles de l’icône de la Vierge de Vladimir : le 21 mai (miracle de 1521), le 23 juin (miracle de 1480) et le 26 août (miracle de 1395). Le miracle de 1451 a eu lieu le jour de la fête de la Déposition du vêtement de la Mère de Dieu dans l’église des Blachernes à Constantinople, il ne possède pas de fête propre.

Après la révolution bolchevique, l’icône fut spoliée par les communistes dès 1918 ; elle fut déposée en 1926 au Musée historique d’Etat puis depuis 1930 à la Galerie Tretyakov de Moscou, qui en est toujours le dépositaire officiel.

On raconte en Russie qu’en décembre 1941, alors que les Allemands approchaient de Moscou, Staline aurait ordonné que l’icône fût placée dans un avion qui ferait le tour de la capitale assiégée. L’armée allemande commença à se retirer quelques jours après.

Comme pour d’autres icônes célèbres (celle de la Trinité écrite par saint André Roublev par exemple), se posa dans les années 1990 le délicat problème de la restitution par la Galerie Tretyakov de ces biens spoliés qui constituent à la fois des trésors artistiques – fleurons de la célèbre galerie – mais sont aussi des joyaux pour la piété des fidèles croyants. Une solution juridique originale a été mise en place en 1999 : l’église Saint-Nicolas de Tolmachi, appartenant à la Galerie Tretyakov, expose désormais l’icône de la Vierge de Vladimir et d’autres trésors religieux célèbres de la galerie. L’église a été reconsacrée et les offices y sont célébrés quotidiennement ; elle est ouverte à la visite touristique en dehors des offices. En outre, l’icône miraculeuse de Notre Dame de Vladimir est aussi régulièrement transférée à la cathédrale de la Dormition du Kremlin pour les grandes fêtes solennelles.

Icône de la Mère de Dieu de Vladimir (détail)Le modèle de l’icône est du type Eleusa – Vierge de tendresse -, la joue du l’Enfant est serrée contre celle de sa Mère dans un geste d’amour et d’affection.

Le prototype de la Vierge de Vladimir est identifiable par une particularité dans la représentation du pied gauche de l’Enfant-Jésus (son pied gauche est replié ce qui laisse voir la plante de face).

Les analyses tant historiques que scientifiques établissent que l’icône de la Vierge de Vladimir a été composé à la fin du XIème siècle ou au début du XIIème siècle par un ou des maîtres de l’école byzantine de Constantinople. Les spécialistes la considèrent comme l’icône la plus importante de la période comnénienne du point de vue artistique. La taille initiale de l’icône est de 78 cm x 55 cm. La planche de tilleul à une épaisseur de 2,7 cm. Elle a été augmentée pour mesurer 104 cm x 69 cm (probablement pour faciliter son insertion dans une iconostase). Elle possède de ce fait une arche profonde et des champs larges.

L’icône présente la particularité d’être écrite sur les deux faces. Le verso, qui représente un autel byzantin avec l’évangéliaire, la croix & les instruments de la Passion, date du début du XVème siècle. Cette image a été peinte par l’école d’iconographie de Moscou.

L’icône de Notre-Dame de Vladimir exprime profondément le sentiment d’amour maternel de la Mère de Dieu mais aussi son anxiété vis-à-vis de son enfant. Elle transcrit de manière claire mais pourtant retenue l’intensité des émotions. Prions la Mère de Dieu qu’elle daigne continuer à nous protéger de nos dangers présents par sa maternelle protection.

*

Saint Adrien et sainte Nathalie de NicomédieEn ce jour nous fêtons également saint Adrien de Nicomédie, sainte Nathalie, & leurs 23 compagnons, martyrs à Nicomédie au IVème siècle.

Adrien était un païen, officier de l’armée romaine âgé de 28 ans, et vivait à Nicomédie avec son épouse chrétienne Nathalie au début du IVème siècle. Lors des grandes persécutions déclenchées par Dioclétien et poursuivies par Galère, il fut impressionné par le courage de vingt-trois chrétiens de Nicomédie que l’empereur avait ordonné de supplicier en les faisant fouetter à coups de nerfs, en leur broyant la bouche avec des pierres, puis en les emprisonnant après leur avoir mis le garrot. Ayant assisté à leur supplice, Adrien leur demanda : « Pour quelle raison endurez-vous ces supplices intolérables et ces terribles tortures ? » Ils répondirent : « Nous endurons tout cela pour gagner les délices réservées par Dieu à ceux qui souffrent pour Lui, délices que ni l’ouïe ne peut entendre, ni la parole exprimer (cf. I Corinthiens II, 9). »

L’âme illuminée par la grâce divine, Adrien demanda alors aux scribes de joindre son nom à celui des chrétiens : « Ce sera pour moi un plaisir de mourir avec eux pour l’amour du Christ ! » s’écria-t-il. Il fut aussitôt chargé d’entraves et jeté en prison, dans l’attente du jugement. Quelque temps après, l’empereur fit comparaître devant lui Adrien en présence de ses compagnons pour le faire fouetter ; les coups furent si violents qu’à la fin les entrailles d’Adrien sortaient de son corps. Puis Adrien et ses compagnons furent de nouveau jetés en prison.

Des matrones, dont Nathalie, femme d’Adrien, soignaient en cachette les martyrs dans leur prison, mais lorsque l’empereur l’apprit il leur en interdit l’accès. Nathalie se coupa alors les cheveux, et revêtant des habits masculins, elle réussit à pénétrer dans la prison et prit soin des martyrs. Elle fut bientôt imitée par les autres pieuses femmes. Informé qu’on avait réussi à détourner ses prescriptions et que les détenus jouissaient de quelque consolation dans leurs souffrances, Maximien ordonna de leur broyer les jambes dans des étaux, de leur trancher les pieds puis les jambes – et une fois morts – qu’on fasse brûler leur corps (toutefois la pluie éteignit le feu). Adrien fut le premier supplicié et on lui coupa également une main.

Reliquaire de saint Adrien et sainte Nathalie - c. 1150 - Conservée au Art Institute of ChicagoUne partie des reliques de saint Adrien furent apportées en 630 à Rome où fut édifiée à cette occasion par le pape Honorius Ier l’église de Saint-Adrien au Forum (Sant’Adriano al Foro) dans les ruines de l’ancienne Curie construite par Jules César. Cette église sert de titre pour un cardinal diacre de l’Eglise romaine. Le souvenir de cette translation est conservé au 8 septembre par le rit romain. Le reste des reliques de sainte Nathalie et de saint Adrien ont été transférées en 1110 de Constantinople dans l’abbaye qu’avait fondée en 1068 le comte Baudouin VI de Flandre à Grammont (actuelle Belgique), lieu qui prit dès lors le nom d’Abbaye Saint-Adrien de Grammont.

En raison de son supplice devant l’empereur, saint Adrien est traditionnellement invoqué en France pour la guérison des maux de ventre. En Occident, il est aussi saint patron des soldats & des bouchers.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Précurseur. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Précurseur. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du Précurseur.

A la divine liturgie

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 3, et 4 tropaires de la 3ème ode du canon de la Mère de Dieu :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Aux Myrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant : Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
7. Laissant de côté toute pensée terrestre, * ô toi divinement sage, * viens saluer le bien-aimé rayon * qui tient le Rayon tout-lumineux ** qui illumine et enrichit le monde entier avec miséricorde.
8. Après avoir acquis ta plus précieuse & plus merveilleuse icône * comme une alliée puissante et un rempart inexpugnable, ô Mère de Dieu, * les princes de Russie te prient de bien vouloir accorder victoire sur toutes les hérésies ** à nos pieux hiérarques orthodoxes.
9. Tu t’es montrée telle un nuage radieux * qui nettoie les impuretés de nos corps avec la rosée de la grâce et l’illumination de nos âmes, ** ô toi seule qui es la plus louée. 
10. Tu t’es révélée comme un arbre des plus fructueux, * ravissant tous avec de la nourriture qui ne périt pas, * et réjouissant les âmes des hommes, ô pure épouse de Dieu. * Déverse de bons dons sur tous, ** et sauve-nous des tribulations violentes.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Tropaire de la Mère de Dieu, ton 4 :En ce jour rayonne l’illustre cité de Moscou, * car elle a reçu comme un rayon de soleil, notre Dame, ton icône miraculeuse, * vers laquelle nous accourons * en te priant et en nous écriant : * ô très merveilleuse Souveraine Mère de Dieu, * prie Celui qui s’est incarné de toi, le Christ notre Dieu, * de protéger cette cité, & toutes les cités et pays chrétiens, * de toutes les embûches des ennemis, ** et qu’Il sauve nos âmes, car Il est miséricordieux.
3. Tropaire des martyrs, ton 4 : Tes Martyrs, Seigneur, * pour le combat qu’ils ont mené ont reçu la couronne d’immortalité de toi, notre Dieu ; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par leurs prières sauve nos âmes.
4. Kondakion du dimanche, ton 3 : Tu es ressuscité aujourd’hui du tombeau, ô Miséricordieux, * et Tu nous as écartés des portes de la mort. * Aujourd’hui Adam exulte et Ève se réjouit ; * avec eux prophètes et patriarches ne cessent de chanter ** la force divine de ta puissance.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion des martyrs, ton 4 : Témoin du Christ, accueillant dans ton cœur les saints propos * de ta pieuse femme, Adrien, * tu courus au-devant des tourments ; ** avec elle tu reçus la couronne des Martyrs.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion de la Mère de Dieu, ton 8 : À toi, vaillante Stratège, * nous offrons l’hymne de victoire. * Délivrés des malheurs par la venue de ta précieuse icône, ô Souveraine Mère de Dieu, * nous commémorons joyeusement la fête de ta rencontre, * et comme à l’habitude, nous te clamons : réjouis-toi, Épouse inépousée !

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
℟. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
℣. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).
Autre prokimen de la Mère de Dieu, ton 3 :
℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

Epîtres
Du dimanche : I Corinthiens (§ 158) XV, 1-11.
Car, premièrement, je vous ai donné ce que j’avais moi-même reçu ; savoir : Que le Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures ; qu’il a été enseveli, et qu’il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures.
De la Mère de Dieu : Philippiens (§ 240) II, 5-11.
Mais il s’est anéanti lui-même en prenant la forme et la nature de serviteur, en se rendant semblable aux hommes, et étant reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui au dehors.

Alleluia
Du dimanche, ton 3 :
℣. En toi, Seigneur, j’ai mon abri ; sur moi pas de honte à jamais (Psaume 30, 2).
℣. Sois pour moi un Dieu qui me défend, un lieu fort qui me sauve (Psaume 30, 3).
De la Mère de Dieu, ton 8 :
℣. Ecoute, ma fille, regarde & tends l’oreille, oublie ton peuple & la maison de ton père (Psaume 44, 11).

Evangiles
Du dimanche : Matthieu (§ 79) XIX, 16-26.
Et Jésus dit à ses disciples : Je vous dis en vérité, qu’il est bien difficile qu’un riche entre dans le royaume des cieux.
De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42; XI, 27-28.
Jésus lui dit : Mais plutôt heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent !

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux.
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.