Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Communiqué de la Commission Pontificale “Ecclesia Dei”

Le texte de la réponse de Son Excellence Monseigneur Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité sacerdotale saint Pie X, requise au cours de la rencontre du 16 mars 2012 au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, est parvenu le 17 avril 2012. Ce texte sera examiné par le Dicastère et soumis ensuite au jugement du Saint-Père.

Source : Radio Vatican.

Le Sacramentaire de Charles le Chauve (IXème siècle)

Le Département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France conserve sour le numéro Latin 1141, un magnifique Sacramentaire qui a été réalisé à la cour de Charles le Chauve vers 869-870. Ce magnifique manuscrit richement enluminé n’est pas vraiment un sacramentaire, il s’agit en fait du canon de la messe romaine, selon les délimitations usitées par le pape saint Grégoire puisqu’il démarre précisément au dialogue de la préface pour s’arrêter après l’embolisme du Pater. On sait que le déplacement du Pater à la fin du canon est dû à saint Grégoire et que le pontife voulait par là que la Prière du Seigneur fasse partie intégrante du canon eucharistique et en forme la conclusion. Donc, en son état, le manuscrit forme un tout cohérent, et c’est à tort, à mon avis, qu’il est décrit comme un sacramentaire incomplet (il doit s’agir plutôt d’une sorte de canon pontifical avant l’heure). Indirectement toutefois, ce riche manuscrit constitue néanmoins un témoignage des livres liturgiques (découlant du type du sacramentaire grégorien) envoyés à la cour de Charlemagne par le Pape Hadrien Ier en 784. Il offre aussi un témoignage précieux sur l’usage liturgique de l’enluminure.

Après avoir été en possession de la cathédrale de Metz et de l’Abbaye de Jumièges, ce manuscrit apparait dans les collections du célèbre bibliophile & académicien français Jean Ballesdens (1595 † 1675), avant d’être acquis par Colbert (la reliure porte ses armes). Les héritiers du contrôleur général des finances le lèguent au roi de France en 1732. De la Bibliothèque du Roi, l’ouvrage finit naturellement dans les collections de la Bibliothèque nationale de France.

Voici les miniatures contenues dans cet ouvrage :

Folio 2, v° : l’empereur – vraisemblablement Charles le Chauve – reçoit sa couronne du ciel, entre deux pontifes qui seraient les papes saint Grégoire & saint Gélase, tenant chacun son sacramentaire, celui de Gélase étant fermé et celui de Grégoire ouvert.

Le sacramentaire du pape saint Gélase a été reçu assez tôt en Gaule. Lorsque les premiers carolingiens décident d’unifier la liturgie dans leurs territoire, ils recourent dans un premier temps à ce sacramentaire pour en faire la nouvelle norme liturgique. Au vu des remaniements complexes et hétérogènes qu’avaient déjà subis le sacramentaire gélasien, Charlemagne comprend que ce manque de cohérence entrave la réforme unificatrice commencée par son père. En 784, il demande alors au pape de lui envoyer les livres liturgiques utilisés à Rome, dont un sacramentaire, afin d’en faire la référence des scribes de l’Empire. Dans sa réponse à une lettre perdue de Charlemagne, le pape Hadrien Ier annonce qu’il lui envoie un livre dont il attribue lui-même la rédaction au pape Grégoire, d’où le nom qu’on lui donnera de sacramentaire grégorien.

Notons quelques détails de cette miniature : l’empereur – en braies – arbore l’auréole des saints (!). Les deux pontifes portent paliums, chasubles, tuniques laticlaves, étoles & aubes.

Folio 3 r° : saint Grégoire le Grand dicte son sacramentaire (présenté là encore ouvert) à ses scribes, sous l’inspiration du Saint-Esprit.

La présence de saint Grégoire à deux reprises au début de ce canon de la messe romaine place bien sûr la prière liturgique qui va suivre sous le haut patronage de ce pontife qui a travaillé au perfectionnement et à la fixation de la liturgie romaine.

Folio 4 r° : début de la préface : Vere æquum & salutare. Splendide & exceptionnelle initiale !

Folio 4 v°. Suite de la préface (dite de nos jours « commune » : Nos tibi semper et ubíque grátias agere : Dómine sancte, Pater omnípotens, ætérne Deus : per Christum, Dóminum nostrum. Per quem majestátem tuam laudant Angeli, adórant Dominatiónes, tremunt Potestátes. Cœli cœlorúmque Virtútes ac beáta Séraphim sócia exsultatióne concélebrant. Cum quibus et nostras voces ut admitti jubeas, deprecámur, súpplici confessione dicéntes.

A noter que dans le Sacramentaire grégorien, les préfaces sont dès l’origine très peu nombreuses et que sur ce point, il se distingue très nettement des autres rits en usage anciennement en Occident (ambrosien, vétéro-gallican, mozarabe, et aussi gélasien). La préface que nous appelons maintenant « commune » se disait initialement quasiment tous les jours (y compris, jusqu’au XVIIIème siècle, aux dimanches après la Pentecôte ou après l’Epiphanie). La préface de la Sainte Vierge n’est même pas encore écrite (elle date du XIIème siècle et ne fut pas reçue aisément partout), ni bien sûr les préfaces modernes (celles des Morts (qui apparait seulement après la première guerre mondiale), du Christ-Roi, du Sacré-Cœur, etc…). La concision des formules liturgiques, – dont la simplicité de la préface est un élément majeur – est un des traits du génie du rit romain, du moins depuis saint Grégoire, trait caractéristique qui n’a pas peu contribué à son large succès, face aux formules, il faut le reconnaître, souvent ampoulées et redondantes des rits mozarabes ou gallicans.

Folio 5 r° : le Christ (ici imberbe) en gloire avec les 4 évangélistes et les hiérarchies célestes, pour illustrer la Préface & le Sanctus : la grande action de grâce de la préface nous fais entrer dans la liturgie céleste. A noter que le terme liturgique « préface » ne doit pas être compris avec son sens moderne, mais une préface, dans le monde antique, est une proclamation solennelle.

Folio 5 v° : les hiérarchies célestes & les saints célèbrent la divine liturgie céleste ; autre illustration de la grande action de grâces de la Préface & du Sanctus.

Folio 6 r° : le Sanctus : Sanctus, Sanctus, Sanctus Dóminus, Deus Sábaoth. Pleni sunt coeli et terra glória tua. Hosánna in excélsis. Benedíctus, qui venit in nómine Dómini. Hosánna in excélsis.

Notez la présence des Séraphins aux six ailes, dont le Trisaghion (le triple Sanctus) est le chant propre (Isaïe, 6, 3) que notre liturgie terrestre imite.

Folio 6 v° : Initiale illustrée : Te igitur (début du canon eucharistique romain). Dans la tradition manuscrite romano-franque, qui s’est perpétuée jusque dans les éditions de l’époque moderne, le canon débute toujours par une représentation du Christ en Croix, le plus souvent crucifié sur le Tau du Te igitur. Dans la tradition liturgique romano-franque (maintenue dans beaucoup de liturgies particulières jusqu’au XIXème siècle), le célébrant du reste embrasse cette représentation du Christ en commençant le canon. Souvent, on peut observer que le manuscrit présente des usures à cet endroit, pour cette raison, mais ce qui n’est pas le cas ici (ce manuscrit aurait peu servi ?). L’iconographie du Tau du Te igitur n’est pas dû au hasard bien sûr : il est le fruit d’une réflexion théologique profonde qui entend exprimer admirablement le caractère sacrificiel du canon eucharistique, renouvellement du sacrifice de la Croix.

On trouvera l’intégralité de ce manuscrit en ligne sur le site de la Bibliothèque nationale de France.

A noter que le reste du canon n’est pas spécialement illustré, et qu’en particulier, rien dans la calligraphie ne distingue les paroles de la consécration du reste du récit de l’institution ni même du reste du canon. Cela peut surprendre nos mentalités modernes, surtout si l’on considère le luxe apporté ici à la présentation graphique de la Préface et à son illustration. Ce traitement calligraphique différent n’est pas totalement anodin. La Préface est une action de grâces publiquement proclamée, alors que le reste du canon est secret et inaudible. Par ailleurs, l’étude de la prière eucharistique dans les liturgies primitives montre que finalement le seul élément véritablement permanent et universel qu’on retrouve dans toutes les liturgies chrétiennes antiques est l’action de grâces de la préface et son dialogue introductif (il existe des anaphores eucharistiques très primitives, vraisemblablement antérieures au Concile de Nicée, qui ne possèdent ni épiclèse, ni même de récit de l’institution, ou des récits de l’institution incomplets). La proclamation solennelle de la Préface lors de leur culte par les tous premiers chrétiens représentait leur participation à l’action de grâces du Christ lors de la dernière Cène.

La Préface commune du sacramentaire grégorien, par son admirable concision, rattache admirablement notre liturgie terrestre à la liturgie céleste par l’action de grâces du Fils à son Père. Les riches enluminures de ce manuscrit illustrent cette union liturgique du ciel & de la terre.

Négociations entre Rome et la FSPX : réponse positive de Mgr Fellay

Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, aurait signé le préambule doctrinal proposé par le Saint-Siège, avec quelques modifications mineures sur le texte initial, préambule proposé en septembre dernier pour rentrer en pleine communion et pour initier une régularisation canonique.

L’information, pour l’heure juste informelle et non officielle, est diffusée par Vatican Insider.

Ce préambule contiendrait substantiellement une professio fidei, la profession de foi requise de ceux qui occupent une charge ecclésiastique, engageant une soumission religieuse de volonté et d’intellect à l’enseignement magistériel du Pape et du collège des évêques. Toutefois, le Saint Siège a mentionné à plusieurs reprises que la signature du préambule doctrinal ne signifierait en rien la fin de discussions légitimes ou d’études sur les expressions et formulations présentes dans les documents du Concile Vatican II.

Le texte du préambule, avec les modifications proposées par Mgr Fellay, et signé par lui en tant que supérieur de la Fraternité Saint-Pie X, sera présenté au Pape dans les prochains jours. Il est possible que le texte soit examiné par la Congrégation de la Doctrine de la Foi lors de sa prochaine rencontre de la Feria Quarta (mercredi) au début du mois de mai. La signature du préambule doctrinal ouvrirait la voie pour l’établissement d’un statut canonique pour la FSPX, probablement sous la forme d’une prélature personnelle dépendant directement du Saint-Siège.

Source : Rorate cœli

Photos de la Grande Semaine byzantine 2012

Quelques photos de la Semaine Sainte à la paroisse byzantine catholique de la Très-Sainte-Trinité :

Dans le rit byzantin, à la fin des vêpres du Vendredi Saint, on procède au cours d’une touchante cérémonie à la mise au tombeau symbolique d’une représentation du Christ en son Suaire (en grec : Ἐπιτάφιος, epitáphios, en slavon : Плащаница, plachtchanitsa). Pendant la procession de la mise au tombeau, tandis que le clergé porte le Suaire, le chœur chante sur une mélodie tragiquement émouvante l’une des pièces les plus célèbres de la Semaine Sainte, le tropaire du Noble Joseph :

Le noble Joseph descendit * de l’arbre de la croix ton corps sacré * l’entoura d’un linceul pur * le couvrit de parfums ** et l’ensevelit dans un sépulcre neuf.

La Vigile Pascale dans le rit byzantin est toujours célébrée dans la journée du Samedi Saint (comme dans le rit romain jusqu’à la réforme de la Semaine Sainte de 1955). Il s’agit d’un office de vêpres (comme dans le rit romain avant 1955) sur lequel se greffe la divine liturgie, avec l’anaphore eucharistique de saint Basile le Grand. Comme dans tous les rits d’Orient & d’Occident, de nombreuses prophéties & cantiques de l’Ancien Testament sont lues avant l’épître & l’évangile du jour. Dans le rit byzantin, ces prophéties sont au nombre de 15 (dont le livre de Jonas en entier) et on chante le cantique de Moïse après la lecture du passage de la Mer Rouge (comme dans le rit romain) et celui des 3 Enfants dans la fournaise (comme dans les vigiles des samedis des Quatre-Temps du rit romain).

Chant de l’évangile de la résurrection devant le sépulchre à la vigile pascale byzantine. Comme dans le rit romain, le changement de la couleur liturgique des ornements, passant des couleurs sombres de la pénitence pour celles lumineuses & éclatantes des fêtes se fait entre les prophéties et l’épître, tandis que le chœur chante le répons : « Ressuscite, ô Dieu & juge la terre » (Psaume 82, 8).

L’anaphore eucharistique de saint Basile le Grand a cédé le pas devant celle, un peu plus récente et plus courte, de saint Jean Chrysostome, mais est restée en usage les dimanches de Carême (sauf aux Rameaux) et aux trois grandes vigiles : Pâques, Noël & l’Epiphanie.

Dans la tradition russe, on chante les matines de Pâques dans la nuit. C’est le moment proprement festif par lequel l’Eglise byzantine célèbre la résurrection de son Seigneur. Cet office fut autrefois célébré très joyeusement en Occident également, jusqu’à sa suppression pure & simple lors de la réforme de la Semaine Sainte de 1955. En Orient (comme autrefois en Occident), la liturgie marque par une grande procession lors de ces matines le moment de la résurrection. A la suite des matines, on chante l’Heure pascale (petite heure intégralement chantée, qui se substitue à prime ou à tierce pendant toute la Semaine de Pâques), puis vient la divine liturgie du jour de Pâques (célébrée donc très tôt dans la nuit), où l’on emploie le canon eucharistique de saint Jean Chrysostome.

Toutes les photos de la Grande Semaine byzantine 2012 sur la page Facebook de la paroisse russe byzantine de Paris.

O Filii : Chant joyeux du temps de Pasques (H. 339) – Marc-Antoine Charpentier

O filii & filiæ – Chant joyeux du temps de Pâques (H.339) pour 6 solistes, chœurs à 5 parties, 2 dessus de viole, basse continue, VIIème tome des Meslanges (daté de 1685 par Catherine Cessac).

Interprètes : Le Concert Spirituel sous la direction d’Hervé Niquet, de l’album « Charpentier : Motets – Litanies a la Vierge » (Naxos, 2006)

L’O Filii est un chant de la liturgie catholique pour le temps pascal dont le texte fut établi au XVème siècle par Jehan Tisserant, sur un air populaire remontant au XIIIème siècle. Marc-Antoine Charpentier ré-exploite ici le thème traditionnel en lui apportant sa vitalité débordante.

Programme du Ier dimanche après Pâques – Dimanche in albis ou de Quasimodo

La Résurrection par Tassel

Saint-Eugène, le dimanche 15 avril 2012, grand’messe de 11h.
Pas de répétition le samedi 14 avril, mais raccord ordinaire avant la messe le dimanche à 10h30.

  • Avant la messe : Fantasia allegra (3ème Livre de Ricercari, 1595) – Andrea Gabrieli (c. 1533 † c. 1585), organiste de Saint-Marc de Venise
  • Procession d’entrée : improvisation sur Quasi modo
  • A l’aspersion : reprise de l’antienne Vidi aquam sur un faux-bourdon de Mgr Louis Lazare Perruchot (1852 † 1931), maître de chapelle de Saint-François-Xavier à Paris et de la cathédrale de Monaco
  • Kyriale : Messe I Lux & Origo
  • Credo de la messe royale du Ier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), organiste de Saint-Paul et de la reine, maître de la chapelle du roi Louis XIV
  • Pendant les encensements de l’offertoire : improvisation sur O Filiii
  • Après la Consécration : O salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790)
  • Pendant la communion : Ad cœnam Agni providi – hymne du temps pascal à vêpres, texte de saint Nicetas de Remesiana (Vème siècle) – plain-chant et alternances d’orgue – versets de Jehan Titelouze (1563 † 1633), organiste de la cathédrale de Rouen
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est I
  • Au dernier Evangile : Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : Cantilène pascale O filii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation Henri de Villiers
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
    Télécharger le livret des chants des dimanches de la Septuagésime aux Rameaux au format PDF.

    Le lavement des pieds dans le rit byzantin

    La cérémonie du lavement des pieds dans le rit byzantin est une cérémonie plus rare que dans le rit romain, puisqu’elle n’est accomplie ordinairement que par l’évêque dans son église cathédrale.

    Voici quelques images et une vidéo de cette cérémonie accomplie ce Jeudi Saint 2012 en la cathédrale du Saint-Sauveur par le patriarche Cyrille de Moscou. Le rite du lavement des pieds de 12 prêtres a été effectué par le patriarche après la prière devant l’ambon, à la fin de la divine liturgie de saint Basile du Grand Jeudi, tandis que l’archidiacre chantait le récit de cet épisode de la dernière Cène dans l’évangile de saint Jean (13, 1-17).

    Notez que le douzième prêtre figure saint Pierre et que, lorsque vient son tour, le dialogue narré par l’Evangile s’instaure entre les deux protagonistes :

    Il arrive ainsi devant Simon Pierre. Et Pierre lui dit : « Seigneur, c’est toi qui me laves les pieds ! » Jésus lui répondit : « Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant ; après, tu comprendras. » Pierre lui dit : « Non, jamais tu ne me laveras les pieds ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi. » Simon Pierre lui dit : « Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Celui qui a pris un bain n’a point besoin de se laver, sauf toutefois les pieds : il est entièrement pur. Vous aussi, vous êtes purs ; mais pas tous. »

    Vidéo de la cérémonie pratiquée en 2017 par Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou dans sa cathédrale du Christ-Sauveur.

    *

    Comme dans le rit romain, le chant d’une série d’antiennes est prévue pour accompagner ce rite. Nous les donnons ci-après.

    Stichères du lavement des pieds.

    Ton 1 – Christ Dieu qui d’un linge t’es revêtu * qui as lavé les pieds des disciples * purifie la pensée de notre âme * couvre nous des liens de l’Esprit ** pour accomplir tes commandements, pour célébrer ta bonté.

    Ton 2 – Fidèles qui allons recevoir l’immense bienfait * approchons pieusement du vase précieux * non pour laver la souillure de la chair, mais pour sanctifier mystiquement les âmes. * Car le Christ notre Sauveur, qui regarde la terre et la fait trembler * s’incline lui-même et touche les pieds d’argile * nous donnant de vaincre sûrement toute puissance contraire. * Rendons-lui grâce et disons-lui : * Toi qui nous as montré dans l’humilité * la voie la meilleure pour nous élever ** sauve nous, Dieu bon, dans ton amour de l’homme.

    Pierre ne voulait pas que les mains saintes * qui créèrent Adam, lui lavent les pieds. * Mais quand il entendit : Si Je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi * il fut pris de grande peur et te dit : Seigneur * lave-moi non seulement les pieds, mais les mains et la tête * Ô les grands dons du Maître ! * Il fait communier ses disciples à sa grâce. * Il leur promet qu’ils auront part à la gloire ineffable. * Il leur dit qu’avec eux au calice mystique * il boira le vin nouveau dans le Royaume des cieux. * De lui, rends nous dignes, en ta compassion et ton amour de l’homme.

    Ton 8 – Aujourd’hui, l’Inaccessible en son Etre * a fait œuvre de serviteur. * Lui qui entoure le ciel de nuées s’est revêtu d’un linge. * Lui qui ouvrit la mer Rouge a versé l’eau dans le vase. * Il a plié les genoux, il a lavé les pieds des disciples. * Il les a essuyés du linge dont il était revêtu. * Mais quand il lava les pieds des disciples, il leur dit : * Vous êtes purs, mais pas tous ** signifiant celui qui le trahissait.

    Mieux eut valu pour toi, Judas * que tu ne fus pas conçu dans le sein de ta mère. * Mieux eut valu pour toi que tu ne fus pas né, * traître qui te détachas du Fils de Dieu. * Par toi fut rompue l’assemblée des disciples du Christ * et le larron crucifié vendange les fruits de la vraie Vigne. * Par toi fut brisée la clôture, * et les iniques détruisent le temple qui ne fut pas fait de main d’homme. * Tu as considéré pour son prix la myrrhe de la pécheresse. * Comment n’as tu pas tremblé de livrer aux mains des iniques le sang du Juste ? * Mieux eut valu pour toi que tu ne fus pas né, ** traître qui te détachas du Fils de Dieu.

    Pris par le sommeil diabolique, Judas s’est endormi dans la mort. * C’est le temps de veiller, c’est le temps d’être vigilant. * Que gémisse le cœur, que pleurent les paupières, que veille le chant. * Grande est la force de la Croix. Le Christ est aux portes. * La Pâque immolée est venue. ** Gloire à Toi, Seigneur, gloire a Toi.

    Bénédiction des œufs de Pâques

    Dans l’ancienne discipline de l’abstinence quadragésimale, la consommation des œufs, comme de toute nourriture d’origine animale, était suspendue pendant tout le Carême et reprenait donc à Pâques. Beau symbole de la vie, l’œuf devint tout naturellement un symbole de la résurrection du Christ chez les chrétiens. Dès le IVème siècle, en Orient, les chrétiens apportaient des œufs à l’église à Pâques pour les faire bénir.

    Comme l’apparition de la Benedictio ovorum (bénédiction des œufs de Pâques) dans les livres liturgiques latins semble dater du XIIème siècle, il se pourrait que la large diffusion de cet usage en Occident soit une conséquence directe des Croisades. On sait ainsi que le roi Edouard Ier d’Angleterre (1239 † 1307), qui avait pris la Croix le 24 juin 1268 et participé aux VIIIème & IXème croisades, avait fait recouvrir de feuilles d’or 450 œufs pour Pâques 1290, qu’il fit distribuer comme présents aux membres de la famille royale & aux familiers de sa cour. Très tôt, comme en Orient, les œufs sont peints et décorés en Occident (Rabelais y fait même allusion). La couleur qui revient le plus souvent dans les textes à partir du XVIème siècle est le rouge mais on note aussi le vert, le noir ou le bleu. La Satyre Ménippée, rédigée à l’occasion de la tenue des états généraux convoqués à Paris le 26 janvier 1593 par le duc de Mayenne, chef de la Ligue hostile à Henri IV, dans le but d’élire un roi catholique, indique qu’on avait interdit la vente des œufs de Pâques dans les rues de Paris (une chose bénite ne se vend pas).

    Ce Samedi Saint, pendant que les femmes de la Schola Sainte Cécile répétaient pour leur concert du lundi de Pâques à Luxeuil, les chantres se sont mis à la réalisation des œufs de Pâques. En voici le résultat :

    Bénédiction des œufs de Pâques à Paris

    Les œufs ont été bénis à la fin de la Vigile Pascale & distribués aux paroissiens de Saint-Eugène – Sainte-Cécile.

    Voici l’oraison de la bénédiction des œufs de Pâques au Rituel Romain, titre VIII, chapitre 14, inchangée depuis le XIIème siècle :

    Subvéniat, quæsumus, Dómine, tuæ bene†dictiónis grátia huic ovórum creatúræ : ut cibus salúbris fiat fidélibus tuis, in tuárum gratiárum actióne suméntis, ob resurrectiónem Dómini Jesus Christi : Qui tecum vivit & regnat in sæcula sæculórum. Amen.

    Que vienne, Seigneur, la grâce de ta bénédiction sur cette créature que sont les œufs. Qu’elle soit un aliment salutaire à tes fidèles, qui les consommeront pour te rendre grâce de la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Qui avec toi vit & règne pour les siècles des siècles.

    Petit reportage photo sur la réalisation des œufs sur la page Facebook de la Schola Sainte Cécile.

    Regina cœli par Michel-Richard de Lalande

    Regina cœli, lætare. Alleluia.
    Quia quem meruisti. Alleluia.
    Resurrexit, sicut dixit. Alleluia.
    Ora pro nobis Deum. Alleluia.

    Reine du ciel, réjouis-toi. Alleluia.
    Car celui que tu as mérité de porter. Alleluia.
    Est ressuscité, comme il l’avait dit. Alleluia.
    Prie Dieu pour nous. Alleluia.

    Grand motet de Michel-Richard de Lalande (1657 † 1726), sous-maître de la chapelle des rois Louis XIV & Louis XV.

    Ensemble Ex Cathedra sous la direction de Jeffrey Skidmore.

    Programme du dimanche de Pâques

    Saint-Eugène, le dimanche 8 avril 2012, grand’messe de 11h.

    Schola Sainte Cécile & ensemble de cuivres Hexactus

  • Procession d’entrée : Air pour la Paix, de Jean-Baptiste de Lully (1633 † 1687), maître de la musique du roi Louis XIV
  • A l’aspersion : reprise de l’antienne Vidi aquam sur un faux-bourdon de Mgr Louis Lazare Perruchot (1852 † 1931), maître de chapelle de Saint-François-Xavier à Paris et de la cathédrale de Monaco
  • Kyrie & Gloria : de la Messe pour le Samedy de Pasques (H. 8) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de la Sainte Chapelle
  • Hæc dies – polyphonie de Ludovico Grossi da Viadana (1564 † 1627), maître de chapelle de la cathédrale de Mantoue
  • Prose Victimæ paschali laudes : harmonisation du rythme traditionnel par Mgr Jehan Revert, maître de chapelle émérite de Notre-Dame de Paris
  • Credo de la messe royale du Ier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), maître de la chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint-Paul et du duc d’Anjou
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Prélude pour O filii (H. 511) de Marc-Antoine Charpentier – Cantilène pascale O filii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation Henri de Villiers
  • Pendant la communion : Dextera Domini – offertoire pour le jour de Pâques sur le texte de l’offertoire de l’ancien rit parisien – César Franck (1822 † 1890), organiste & maître de chapelle de la basilique Sainte-Clotilde – Psaume 117, 16-17
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est pascal
  • Au dernier Evangile : Symphonie devant Regina cœli (H. 509) de Marc-Antoine Charpentier
    Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : « La Résurrection » – Cantate de Pâques du chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.