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La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Abbé Lambert (harm.) – Venez, divin Messie

Harmonisation de l’Abbé Lambert (Versailles, 1845)
Venez, divin Messie.
4 voix. 2 pages.

Ce cantique de l’Avent est adapté sur le chant du vieux noël traditionnel français « Laissez paistre vos bestes », attesté en Bresse au XVIème siècle. Le texte des paroles provient des travaux de M. l’Abbé Simon-Joseph Pellegrin (1663 † 1745), lequel composa à l’attention des demoiselles de Saint-Cyr de très nombreux vers sur les chants des vieux noëls de France, afin d’en renouveler les textes.

Voici en guise de comparaison le refrain et la première strophe de l’ancien noël bressan :

Laissez paistres vos bestes, Pastoureaux,
Par monts et par vaux,
Laissez paistre vos bestes,
Et venez chanter Nau.
J’ai ouy chanter le rossignô,
Qui chantoit un chant si nouveau,
Si haut, si beau,
Si résonneau,
Il me rompoit la teste,
Tant il preschoit
Et caquetoit.
Adonc prins ma houlette
Pour aller voir Naulet.

Le texte reçu de Venez, divin Messie connaît plusieurs variantes de détail tant dans les paroles que dans la répartition des vers entre les strophes. Pellegrin a du reste composé plusieurs textes sur le mètre de ce noël, en voici le refrain de l’un d’entre eux :

Le sauveur vient de naître :
Allons, Pasteurs, éveillez-vous
Venez voir votre Maître,
Marchez, accourez tous.

Voici la leçon du texte que nous présentons en partition :

℟. Venez, divin Messie,
Sauvez nos jours infortunés,
Vous êtes notre vie,
Venez, venez, venez.

1. Ah ! descendez, hâtez vos pas,
Seigneur de l’éternel trépas
Délivrez-nous, ne tardez pas.
Les temps se renouvellent
Sans voir nos crimes pardonnés
Les peuples vous appellent,
Venez, venez, venez.

2. Que nos soupirs soient entendus,
Les biens que nous avons perdus
Ne nous seront-ils pas rendus.
Voyez couler nos larmes
Grand Dieu si vous nous pardonnez
Nous n’aurons plus d’alarmes
Venez, venez, venez.

3. Ah! Puissions-nous chanter un jour
Dans votre bienheureuse cour
Et votre gloire et votre amour.
A nous livrer la guerre
Tous les démons sont acharnés
Pour vaincre leur colère,
Venez, venez, venez.

4. Si vous venez en ces bas lieux,
Nous vous verrons victorieux,
Fermer l’enfer, ouvrir les cieux.
Nous l’espérons sans cesse ;
Les cieux nous furent destinés :
Tenez votre promesse ;
Venez, venez, venez.

Pour mémoire, signalons l’existence d’une version moderne du texte, considérablement appauvrie, loin du charme indéniable de la langue de Pellegrin (lequel fut aussi librettiste de Rameau). L’harmonisation à 4 parties de M. l’Abbé Lambert est très usitée dans les communautés traditionnelles en France. Nous en proposons deux transpositions : en Si bémol majeur (ton original) et en La bémol majeur (plus apte au chant de l’assemblée).

Les premières mesures de cette partition :

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Marc-Antoine Charpentier – O salutaris Hostia de la veille des O (H. 36)

Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV, des Jésuites & de la Sainte Chapelle.
O salutaris Hostia de la veille des O (H. 36).
3 voix égales & basse continue.
3 pages – Ut Majeur (transposition en La majeur disponible).

Ecrit par Charpentier dans la tonalité d’Ut majeur, soit « gai & guerrier » dans sa conception des « énergies des modes », cet O salutaris Hostia a été écrit pour un salut du Très-Sacrement devant être chanté la veille des grandes antiennes d’O, soit le 16 décembre. Il constitue en quelque sorte le prélude à l’admirable série des 7 antiennes d’O écrite par Charpentier.

Les antiennes d’O – ou « grandes O » – sont les 7 antiennes qui se chantent aux Magnificat des vêpres des 7 jours précédant Noël : O sapientia (17 décembre), O Adonai (18 décembre), O radix Jesse (19 décembre), O clavis David (20 décembre), O Oriens (21 décembre), O Rex gentium (22 décembre), O Emmanuel (23 décembre). Les initiales de chaque nom divin ainsi énumérés, pris à l’envers, forment l’acronyme suivant : ERO CRAS (je serai là demain). Le chant de ces antiennes de Magnificat revêtait beaucoup de solennité dans les antiques usages diocésains français ; l’antienne d’O était triplée (chantée intégralement 3 fois : avant le Magnificat, avant le Gloria Patri, à la fin après le Sicut erat) voire triomphée (le chant de l’antienne était intégralement repris entre chaque verset du Magnificat). Les 7 antiennes de Charpentier purent servir pour l’une de ces reprises (probablement l’ultime).

Les premières mesures de cette partition :

Marc-Antoine Charpentier - O salutaris Hostia (H. 36)

O salutáris Hóstia,
Quæ cœli pandis óstium :
Bella premunt hostília,
Da robur, fer auxílium.
Ô victime salutaire,
Qui nous ouvres la porte du ciel,
L’ennemi nous livre la guerre,
Donne-nous force, porte-nous secours.

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Vous pouvez écouter un enregistrement de cette partition sur YouTube (Les Arts Florissants, dirigés par William Christie) :

Programme du quatrième dimanche de l’Avent

L

Catéchisme de l’Avent

Saint-Eugène, le dimanche 20 décembre 2009, grand’messe de 11h.
40 ans de sacerdoce du R.P. de Langalerie.

  • Kyriale : selon les anciens usages parisiens
  • Procession d’entrée : Conditor alme siderum – hymne de l’Avent, à vêpres – texte du IXème siècle, polyphonie de Virgile Le Blanc (1592) extraite de « La Doctrine chrestienne » du R.P. Coyssard, s.j.
  • Kyrie du propre de Paris pour l’Avent
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Veni, veni Emmanuel, Hymne de l’Avent – texte du XVIIIème siècle sur un plain-chant du XVème siècle, polyphonie adaptée d’après Zoltan Kodaly (1882 + 1967) – cet hymne énumère les 7 noms divins chantés par les grandes antiennes d’O, antiennes qui se chantent aux Magnificat des vêpres des 7 derniers jours avant Noël
  • Préface de l’Avent au propre de l’archidiocèse de Paris
  • Sanctus XV
  • Après la Consécration : O salutaris Hostia de la veille des O (H. 36) – Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV, des Jésuites & de la Sainte Chapelle
  • Agnus Dei XV
  • Pendant la communion : Rorate cœli, plain-chant de l’Oratoire de France – 1615 – harmonisations du refrain : traditions de Langres et d’Avignon – chant des versets : tradition de Rouen
  • Antienne de communion & Magnificat du 1er ton (faux-bourdon parisien)
  • Prière pour la France, faux-bourdon du IInd ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Venez, divin Messie – texte (1701) de l’abbé Simon-Joseph Pellegrin (1663 + 1745), sur le vieux noël « Laissez paistre vos bestes » ; harmonisation de M. l’abbé Lambert (Versailles, 1845)
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Trope de l’Introït du Premier dimanche de l’Avent – Sanctissimus namque Gregorius

    Sanctissimus namque Gregorius - trope de l'introït du premier dimanche de l'Avent

    Ce trope du XIème-XIIème siècle se chantait en quelque sorte en guise de prélude à l’introït du premier dimanche de l’Avent. C’est du reste à bon droit qu’il figurait en cette position : non seulement c’est la première pièce par laquelle commence le graduel grégorien, mais encore, l’institution et l’organisation des pièces des 4 dimanches de l’Avent est attribuée par les liturgistes au Pape saint Grégoire le Grand.

    En voici le texte latin :

    Sanctíssimus namque Gregórius cum preces effúnderet ad Dóminum ut músicum donum ei désuper in carmínibus dedísset, tunc descéndit Spíritus Sanctus super eum, in spécie colúmbæ, et illustrávit cor ejus, et sic demum exórtus est cánere, ita dicéndo : Ad te levavi… (& on enchaîne sur l’introït)

    Et la traduction française :

    Or, tandis que le Très-Saint Grégoire répandait ses prières au Seigneur afin qu’il lui accorde le don de la musique à appliquer aux chants, voici que le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d’une colombe et illumina son cœur, et il commença alors à chanter, en disant cela : Vers toi j’ai élevé mon âme… (& on enchaîne sur l’introït).

    Trope Sanctissimus namque Gregorius

    Source : Graduale sacrosanctæ Romanæ Ecclesiæ de Tempore et de Sanctis – SS. D. N. Pii X. Pontificis maximi jussu restitutum et editum. Rome, Edition Vaticane – 1908.

    Partition du trope Sanctissimus namque Gregorius en fichier PDF

    Outre Sanctissimus namque, il existait aussi un autre trope plus ancien pour cet introït, attesté par Agobard de Lyon († 840) qui était une adaptation musicale des fameux vers composés par le pape Hadrien Ier (772 † 795) en l’honneur de saint Grégoire le Grand, vers placés en tête du Sacramentaire envoyé par Hadrien à Charlemagne.

    En relation avec ce trope, il est bon de rappeler ici le texte fameux de Jean Diacre (IXème siècle) dans sa vie de saint Grégoire, premier texte évoquant le rôle de ce pape dans la réorganisation du chant ecclésiastique :

    « Par la suite, dans la maison du Seigneur, à l’exemple du très sage Salomon, il compila avec le plus grand soin, pour la componction qu’inspire la douceur de la musique, un antiphonaire centonisé destinés aux chantres, qui s’avère des plus utiles.

    Il institua aussi une école de chantres (schola … cantorum) qui, de nos jours encore, se fait entendre (modulatur) dans la sainte Eglise romaine selon les règlements par lui édictés. Il fit construire, à l’usage de cette schola, deux demeures avec biens-fonds (praediis) : l’une voisine des degrés de la basilique de saint Pierre Apôtre, l’autre contiguë aux édifices du palais patriarchal du Latran. C’est là que, jusqu’à ce jour, ont été conservés, avec une légitime vénération, le lit sur lequel il s’étendait pour enseigner le chant, la férule avec laquelle il menaçait les enfants, ainsi que son antiphonaire authentique. Par une clause de l’acte de donation, il répartit, sous peine d’anathème, les titres de propriétés (loca) entre les deux fractions de la Schola, comme récompense de leur service quotidien.

    7. Les Germains et les Francs, entre autres nations européennes, eurent l’occasion, tant et tant, d’apprendre à la perfection (insigniter) ce beau chant. Ils ne réussirent pas toutefois à en conserver la pureté originelle, tant à cause de leur légèreté – ils mêlèrent des chants de leur propre crû à ceux de saint Grégoire – que de leur rusticité naturelle. Les races transalpines, en effet, avec leurs voix rauques et tonitruantes, sont incapables de rendre correctement la beauté du chant qu’ils ont reçu : à cause de la grossièreté de leurs gosiers ivrognes, lorsqu’ils s’efforcent d’exécuter l’admirable cantilène « romaine » avec les inflexions et les répercussions, c’est comme si leurs voix rustres faisaient vibrer l’air du vacarme confus de chariots grinçant en déboulant des marches ! Ce faisant, bien loin d’émouvoir l’âme des auditeurs, ils les énervent, les exaspèrent, les horripilent.

    8. Toujours au temps de saint Grégoire, et grâce à la mission de saint Augustin en Angleterre, des chantres d’obédience romaine furent envoyés dans tout l’Occident pour instruire les nations barbares à la perfection. Ces chantres disparus, les églises occidentales vicièrent tellement le répertoire qu’elles avaient reçu, que l’éminent Vitalien dépêcha de France en Angleterre un certain Jean, chantre romain, en compagnie de Théodore, citoyen romain également, puis archevêche d’York. Ledit Jean, rappelant les fidèles des églises environnantes à la beauté de l’antique cantilène, maintint pendant de nombreuses années, tant par son zèle que par celui de ses disciples, la règle de la coutume romaine.

    9. Cependant, notre patrice Charlemagne, roi des Francs, fut choqué, au cours d’un séjour à Rome, de la discordance entre le chant romain et le chant gallican. Comme les chantres francs arguaient insolemment que la corruption du chant était due aux fadaises de certains de nos compatriotes et que ces derniers, pour leur défense, exhibaient un antiphonaire authentique susceptible de mériter l’approbation, on raconte qu’il posa la question suivante : « Qui, de la rivière ou de la source, peut contenir l’eau la plus limpide ? » A ceux qui répondirent : « la source », il répliqua avec sagesse : « Puisque nous avons bu jusqu’à maintenant l’eau corrompue de la rivière, il nous faudra désormais remonter aux sources authentiques de la fontaine éternelle. » Il dépêcha donc auprès d’Hadrien, alors évêque, deux de ses clercs dévoués. Lorsque ceux-ci furent suffisamment instruits, il lui fut possible de réinstaurer dans l’Eglise métropolitaine de Metz la beauté de l’antique cantilène romaine, et, sur le modèle de Metz, de réformer le chant dans toute la Gaule.

    10. Bien des années plus tard, les chantres qui avaient été formés à Rome étant décédés, Charlemagne, le plus avisé des rois, s’aperçut que le chant des églises gallicanes divergeait de celui pratiqué à Metz, et remarqua que chacune reprochait à l’autre d’avoir corrompu le chant. « A nouveau », dit-il, « remontons à la source. » C’est alors que le pape Adrien, ému par les prières du roi, ainsi que d’aucuns peuvent en témoigner en vérité aujourd’hui, envoya deux chantres en France. Se fiant à leur jugement, le souverain reconnut que tous les chantres francs avaient corrompu, par leur étourderie, la suavité du chant romain. Quant à l’Eglise de Metz, il constata qu’elle avait légèrement dévié de l’usage romain, mais seulement à cause de sa rusticité naturelle.

    Enfin, il est reconnu jusqu’à aujourd’hui par tous ceux qui aiment la vérité pure, que le chant de l’Eglise de Metz surpasse d’autant celui des autres églises des Gaules et de Germanie, que lui-même est surpassé par le chant de Rome.

    J’ai cru bon de relater ces faits au passage, afin de ne pas avoir l’air de passer sous silence l’indéniable frivolité des Francs ».

    Jean Hymonides dit le Diacre, moine du Mont Cassin (v. 824 † av. 882), Vita S. Gregorii Magni, lib. II, 6-10

    La traduction de ce texte qui a fait couler beaucoup d’encre, est emprunté au site musicologie.org, où vous trouverez un appareil de notes très intéressantes.

    Programme du quatrième dimanche de l’Avent

    L

    Catéchisme de l’Avent

    Saint-Eugène, le dimanche 23 décembre 2007, grand’messe de 11h.

  • Kyriale : selon les anciens usages parisiens
  • Procession d’entrée : Conditor alme siderum – hymne de l’Avent, à vêpres – texte du IXème siècle, polyphonie de Virgile Le Blanc (1592) extraite de « La Doctrine chrestienne » du R.P. Coyssard, s.j.
  • Kyrie du propre de Paris pour l’Avent
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Veni, veni Emmanuel, Hymne de l’Avent – texte du XVIIIème siècle sur un plain-chant du XVème siècle, polyphonie adaptée d’après Zoltan Kodaly (1882 + 1967) – cet hymne énumère les 7 noms divins chantés par les grandes antiennes d’O, antiennes qui se chantent aux Magnificat des vêpres des 7 derniers jours avant Noël
  • Préface de l’Avent au propre de l’archidiocèse de Paris
  • Sanctus XV
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton de Conditor alme siderum – d’après Virgile Le Blanc (1592)
  • Agnus Dei XV
  • Pendant la communion : Rorate cœli, plain-chant de l’Oratoire de France – 1615 – harmonisations du refrain : traditions de Langres et d’Avignon – chant des versets : tradition de Rouen
  • Rorate cœli, cantique de la liturgie de rit ambrosien
  • Prière pour la France, faux-bourdon du IInd ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Venez, divin Messie – texte (1701) de l’abbé Simon-Joseph Pellegrin (1663 + 1745), sur le vieux noël « Laissez paistre vos bestes » ; harmonisation de M. l’abbé Lambert (Versailles, 1845)
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    Guillaume Bouzignac (attr.) – Tu quis es ?

    Musique attribuée à Guillaume Bouzignac (c. 1587 † ap. 1643), maître de chapelle des cathédrales d’Angoulême, de Bourges, de Rodez, de Clermont-Ferrand & de la collégiale Saint-André de Grenoble.
    Tu quis es ?
    Motet à deux chœurs en l’honneur de saint Jean Baptiste, pour le temps de l’Avent – 8 voix mixtes (SATB/SATB) – première partie seulement.
    4 pages – La mineur.

    Voici une très étonnante composition de Guillaume Bouzignac, tirée du manuscrit Deslauriers de la Bibliothèque Nationale de France. Bouzignac dramatise le texte de l’évangile du troisième dimanche de l’Avent (Jean, I, 19-28), le transformant en dialogue haletant entre les juifs & saint Jean Baptiste, les brefs échanges entre les deux chœurs recevant encore plus de puissance par une écriture harmonique verticale & simple. On est bien ici en présence d’un mini-oratorio avant l’invention du genre.

    Les premières mesures de cette partition :

    Guillaume Bouzignac - Tu quis es - motet à saint Jean-Baptiste pour l'Avent

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    Virgile Le Blanc – Conditor Alme Siderum – Hymne des vêpres de l’Avent

    Attribué à Virgile Le Blanc (ed. 1592).
    Conditor Alme Siderum – hymne de l’Avent, à vêpres.
    4 voix mixtes (SATB).
    1 page.

    Conditor Alme Siderum est la fameuse hymne des vêpres de l’Avent dont la composition initiale remonte au IXème siècle. Dans les livres liturgiques anciens, sa mélodie est en général très clairement notée selon un rythme ternaire joyeux. C’est ce rythme ternaire qui est usuellement repris par les compositeurs polyphoniques. En voici un bel exemple, tiré des Paraphrases des Hymnes & Cantiques spirituelz pour chanter avec la Doctrine chrestienne, publié en 1592 à Lyon par le R.P. Coyssard, de la Compagnie de Jésus. La musicologue Denise Launay, qui a étudié cet ouvrage, attribue la paternité de la musique qui y est notée à Virgile Le Blanc. Ce livre de chants tient une position clef dans l’histoire de la musique sacrée catholique : c’est en effet l’un des tous premiers exemples que nous ayons d’une réaction musicale à la musique de la Réforme protestante au lendemain du Concile de Trente. Abandonnant résolument l’antique contrepoint, le compositeur écrit des harmonisations verticales, à la tournure populaire.

    Notre adaptation conserve le ton ternaire le plus usuel du plain-chant à voix seule pour les strophes impaires de l’hymne, tandis que les strophes paires reçoivent l’harmonisation à 4 parties de Virgile Le Blanc.

    Le ton original de Fa Majeur est un peu tendu pour les voix. On peut chanter en Mib Majeur, ou alors, réagencer les parties de sorte à chanter les 4 lignes dans l’ordre suivant : Ténor – Superius – Altus – Bassus, ce qui a pour effet de placer le chant liturgique au Ténor.

    Le texte ici présenté est le texte antique de cette hymne, non celui corrigé par la Commission Médicéenne (dit « hymnaire d’Urbain VIII », lequel n’avait pas été reçu en France avant les éditions modernes du XXème siècle).

    Les premières mesures de cette partition :

    Virgile Le Blanc, Conditor Alme Siderum

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    Catéchisme sur l’Avent

    Vox clamans in deserto - Saint Jean Baptiste prêchant - tableau de BacchiaccaDemande. Qu’est-ce que l’Avent ?
    Réponse. L’Avent est un temps de prières & de pénitence établi par l’Eglise pour préparer les Chrétiens à la Naissance de Jésus-Christ.

    D. Combien de temps renferme l’Avent ?
    R. L’Avent renferme les quatre semaines qui précèdent la Fête de Noël.

    D. L’Avent est-il bien ancien dans l’Eglise ?
    R. En regardant l’Avent comme un temps de préparation à la naissance de Jésus-Christ, il a été établi dès les premiers siècles.

    D. Que fit-on ensuite, & qu’ajouta-t-on aux prières & aux instructions qu’on faisait pendant l’Avent ?
    R. On y ajouta le jeûne ; & quand on eut cessé de jeûner, on garda encore pendant quelques temps l’abstinence.

    D. En quoi consiste aujourd’hui l’Avent ?
    R. L’Avent consiste principalement à se préparer par la prière & par les bonnes œuvres à la Fête de la Naissance de Jésus-Christ.

    D. Que signifie le mot d’Avent ?
    R. Le mot Avent signifie avènement, comme qui dirait avènement ou arrivée de Jésus-Christ.

    D. Combien y a-t-il d’avènements de Jésus-Christ ?
    R. Il y en a deux.

    D. Quel est le premier avènement de Jésus-Christ ?
    R. Le premier avènement de Jésus-Christ est celui de sa naissance temporelle.

    D. Quel est le second avènement de Jésus-Christ ?
    R. Le second avènement de Jésus-Christ est celui qui se fera à la fin du monde lorsqu’il viendra juger tous les hommes.
    Explication. L’Eglise pendant l’Avent rappelle aux fidèles le second avènement de Jésus-Christ, afin qu’ils s’y préparent en vivant saintement. Mais son objet principal est la naissance du Sauveur, ou son avènement dans la chair ; c’est à célébrer dignement cette auguste naissance que tendent toutes les pratiques de piété que l’Eglise a établies pendant l’Avent.

    D. Que faut-il faire pour sanctifier le temps de l’Avent ?
    R. Il faut faire quatre choses.

    D. Quelle est la première chose qu’il faut faire pour sanctifier le temps de l’Avent ?
    R. Il faut réfléchir avec attention sur le grand bienfait de la Rédemption.
    Explication. Tous les hommes étaient perdus sans ressource, si un Dieu ne s’était chargé de les racheter. Toute la terre, si l’on excepte la Judée, était plongée dans l’idolâtrie au temps de la naissance du Sauveur ; le vrai Dieu était, pour ainsi dire, le seul qui ne fût pas connu. Avec l’idolâtrie régnaient tous les crimes, les débauches les plus grossières, les vices les plus infâmes. Quel besoin la terre n’avait-elle pas du Rédempteur, qui, avec la connaissance plus particulière du vrai Dieu, y a apporté une Loi toute sainte, une morale toute divine, des mœurs admirables ! Tels sont les fruits heureux de la naissance du Sauveur.

    D. Quelle est la seconde chose qu’il faut faire pour sanctifier le temps de l’Avent ?
    R. Il faut désirer ardemment la venue de Jésus-Christ dans nos cœurs.
    Explication. Les anciens Patriarches soupiraient après l’arrivée du Désiré des Nations : ils souhaitaient que les cieux s’ouvrissent & que le Juste descendit sur la terre : ils ne cessaient de former les vœux les plus ardents, les désirs les plus enflammés de voir le Messie. Dieu le montra en esprit à Abraham, qui fut au comble de la joie. Le saint vieillard Siméon l’ayant vu, se crut assez heureux, & ne demanda plus qu’à mourir. L’Eglise sur la fin de l’Avent répète ces désirs & ces vœux dans des antiennes particulières ; formons-les nous-mêmes ; désirons avec ardeur que le Sauveur naisse dans nos cœurs par la grâce ; disons-lui souvent ce beau mot de l’Ecriture : Venez, Seigneur Jésus, ne tardez pas.

    D. Quelle est la troisième chose ?
    R. Il faut adorer le Sauveur dans le sein de sa mère.
    Explication. Que le Sauveur est grand dans ses anéantissements ! qu’il est aimable & qu’il est digne de nos hommages dans ses humiliations ! Son amour pour nous lui fait quitter en quelque sorte le ciel, le séjour de sa gloire & de sa grandeur, la souveraine Majesté réside dans le sein d’une de ses créatures ; mais plus le Sauveur s’abaisse, plus nous lui devons de reconnaissance de sa tendresse & de sa bonté.
    Une pratique très conforme à l’esprit de l’Eglise en ce temps, est de réciter avec piété l’Angelus, qui est une prière composée pour adorer le Sauveur dans le sein de sa Mère, & pour féliciter Marie de l’éminente dignité de Mère de Dieu, à laquelle Dieu l’a élevée. Il y a cent jours d’indulgence chaque fois qu’on dit cette prière à genoux au son de la cloche ; indulgence plénière une fois par mois, en y joignant la confession & la communion. On doit dire cette prière debout le samedi soir et tout le dimanche, de même que pendant le temps pascal, pendant lequel on dit à cette place le Regina Cœli, suivant la permission de Benoît XIV.

    D. Quelle est la quatrième chose qu’il faut faire pour sanctifier le temps de l’Avent ?
    R. Il faut se préparer à faire une bonne communion le jour de Noël.
    Explication. Anciennement, on communiait chaque dimanche pendant l’Avent ; la communion était prescrite à Noël comme celle de Pâques : les bons Chrétiens ne manquent pas de communier en ce saint jour. Pour se préparer saintement à cette communion, il faut se confesser dès la première semaine de l’Avent, assister, autant qu’on le peut, chaque jour à la sainte messe, aux prières qui se font le soir à l’Eglise, pratiquer quelques œuvres de charité, l’aumône, l’instruction des domestiques, &c.

    D. Quels fruits devons-nous retirer de ce catéchisme ?
    R. C’est d’adorer chaque jour de l’Avent Jésus-Christ dans le sein de sa Mère, de le remercier de ce qu’il s’est incarné pour nous, & de lui demander d’avoir part aux fruits de sa Rédemption.

    D. Comment ferez-vous ces actes d’adoration, d’action de grâces & de demande ?
    R. Mon divin Jésus, je vous adore dans le sein de votre Mère ; je vous remercie de ce que vous vous êtes fait homme pour me racheter ; ne permettez pas que le plus grand de vos bienfaits me devienne inutile.

    Catéchisme sur l’Avent
    extrait de :
    Abbé Meusy, Catéchisme historique, dogmatique et moral des fêtes principales, Besançon, 1774