Programme du XXVIIème dimanche après la Pentecôte – saint Philarète de Moscou – ton 2

Saint Philarète, métropolite de MoscouParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 2 décembre 2018 du calendrier grégorien – 19 novembre 2018 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Carême de Noël. Nous fêtons aussi en ce jour Sa Sainteté Philarète, métropolite de Moscou et de Kolomna.

Philarète fut une figure marquante du renouveau de l’orthodoxie russe au XIXème siècle. Né Vassili Mikhaïlovitch Drozdov, il avait reçu la tonsure monastique et son nom de Philarète durant ses études de théologie à la Laure de la Trinité-Saint-Serge. Ordonné prêtre en 1809, il enseigne à l’Académie théologique de Saint-Pétersbourg. Ayant lu les orateurs français, Massillon, Bourdaloue et Fénelon, il délivra des homélies qui sont des chefs-d’œuvre d’éloquence, comme ses sermons du Vendredi Saint 1813 et 1816. Il prêche et écrit beaucoup ; en particulier sont publiés en 1815 ses « Entretiens d’un sceptique et d’un croyant sur l’orthodoxie de l’Église orientale » et en 1823 son « Catéchisme détaillé de l’Église catholique orthodoxe d’Orient« , écrit sur le modèle des catéchismes catholiques par questions et réponses de la Contre-Réforme tridentine, ces ouvrages auront beaucoup de succès et d’influence. Nommé métropolite de Moscou en 1826, il s’oppose l’année suivante au projet du général Morder d’une réforme du Saint-Synode sur le modèle du consistoire protestant, ce qui lui vaudra beaucoup d’ennemis. Il soutiendra tous ceux qui oeuvraient à la renaissance de la spiritualité, en particulier les pères du célèbre monastère d’Optino ou les moniales de Diveyevo, couvent fondé par saint Séraphim de Sarov. Il sera aussi à l’origine de la traduction de la Bible en russe moderne.

Seigneur! Je ne sais pas que te demander. Tu es seul à savoir ce qui m’est nécessaire. Tu m’aimes davantage que je ne puis m’aimer moi-même. Accorde-moi, à moi ton serviteur, de voir ce que je suis incapable de demander par moi-même. Je n’ose demander ni la croix, ni la consolation. Je me tiens seulement devant toi. Mon cœur t’est ouvert. Tu vois les besoins que j’ignore. Vois et agis selon ta miséricorde. Frappe-moi et guéris-moi. Terrasse-moi et relève-moi. Je révère ta volonté, et je me tais devant toi, devant ta volonté sainte, devant tes arrêts impénétrables. Je me donne à toi entièrement. Il n `y a en moi ni volonté, ni désir, si ce n’est le désir d’accomplir ta volonté. Enseigne-moi à prier. Prie toi-même au-dedans de moi.”

Enterré en 1867 dans l’église Saint-Philarète sur le territoire de la laure de la Trinité-Saint-Serg, cette église fut rasée dans les années 1939-1940 par les Communistes. En 1994, une commission d’archéologues entreprit, avec la bénédiction du patriarche Alexis et de l’archimandrite de la Laure, à creuser sous l’asphalte. A plus de 2 mètres a été découvert le corps incorrompu de saint Philarète. La canonisation de saint Philarète par l’Eglise russe eut lieu en 1995.

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Nous fêtons aussi en ce jour saint Barlaam de Césarée, martyr. Saint Barlaam, d’humble naissance, était originaire des environs d’Antioche.

Durant la persécution de Dioclétien, il fut jeté en prison. Traduit devant le juge, qui se moqua de son langage rustique, on le déchira à coups de fouets et avec des ongles de fer jusqu’à lui ouvrir les côtés. Barlaam demeurait constant dans sa foi au Christ durant ces divers supplices. Le juge inventa alors un supplice nouveau pour l’obliger à sacrifier : l’ayant fait mener près d’un autel païen dédié aux faux dieux où l’on avait allumé du feu pour un sacrifice, les païens lui prirent la main, la remplirent d’encens & de charbons brûlant et la lui tinrent immédiatement au dessus du feu, espérant que n’en pouvant supporter l’ardeur, il jetterait les charbons et l’encens sur l’autel.

Mais saint Barlaam conserva sa main fermée et préféra être brûlé que de faire mine de sacrifier aux idoles.

Supportant dans sa main la braise avec l’encens,
Barlaam encensa le seul Dieu tout-puissant.
Par ses saintes prières, ô notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous. Amen.
Synaxaire du jour.

Saint Jean Chrysostome & saint Basile ont laissé deux homélies prêchées en l’honneur de saint Barlaam. Toutes deux paraissent indiquer qu’elles ont été prononcées près du tombeau du martyr, mais saint Jean Chrysostome a donné la sienne à Antioche et saint Basile à Césarée de Cappadoce. On pense d’ordinaire que saint Barlaam, originaire d’Antioche, a été martyrisé à Césarée où était son tombeau, mais qu’une église lui était dédiée dans la ville d’Antioche, sa patrie. Cette église est du reste attestée vers l’an 480.

Le rit romain commémore également au 19 novembre saint Barlaam. Voici la notice que lui consacre le Martyrologe romain :

A Césarée de Cappadoce, saint Barlaam, martyr. Quoiqu’ignorant & inculte, il triompha du tyran par la sagesse dont le Christ le remplit ; il surmonta même la violence du feu par la constance invincible de sa foi. En son jour anniversaire, saint Basile le Grand prononça un célèbre discours.

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Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Kondakion : de Sa Sainteté.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 2, & 4 tropaires de la 3ème ode du canon de Sa Sainteté :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Au plus profond de l’Enfer, * lorsqu’ils virent ta clarté, * ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort, ** ô Christ, se levèrent, ressuscités.
6. Ressuscité du tombeau, * tu vins au-devant des Myrrophores, * et les Disciples reçurent la mission ** de proclamer ta Résurrection.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : * Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire de Sa Sainteté, ton 4 : Ayant acquis la grâce de l’Esprit Saint, * ô hiérarque Philarète sage en Dieu, * tu prêchas la vérité et la justice aux hommes * grâce à ton esprit illuminé ; * tu manifestas la paix et la miséricorde * à ceux qui souffraient * et tu gardas le troupeau de Russie, * comme un maître de foi et un gardien vigilant, * par le bâton de la droiture. * Aussi, ayant de la liberté auprès du Christ Dieu, * prie-Le d’accorder l’affermissement à l’Église ** et à nos âmes le salut.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de Sa Sainteté, ton 2 : Comme un véritable imitateur de saint Serge, tu aimas la vertu depuis ta jeunesse, ô Philarète bienheureux en Dieu. Comme un pasteur juste et un confesseur immaculé, tu subis les outrages et les insultes des athées après ton saint trépas ; mais Dieu t’a glorifié par des signes et des miracles et t’a manifesté comme protecteur de notre Église.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
R/. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
V/. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
De Sa Sainteté, ton 1 :
R/. Ma bouche annonce la sagesse, & le murmure de mon cœur, l’intelligence (Psaume 48, 4).

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 233) VI, 10-17.
Prenez encore le casque du salut, et l’épée spirituelle qui est la parole de Dieu.
De Sa Sainteté : le hasard du calendrier fait que l’épitre de Sa Sainteté Philarète de Moscou est également la même que celle de ce XXVIIème dimanche après la Pentecôte.

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
V/. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
V/. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
De Sa Sainteté, ton 2 :
V/. La bouche du juste méditera la sagesse ; et sa langue parlera selon l’équité et la justice. (Psaume 36, 30).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 66) XII, 16-21.
Mais Dieu dit à cet homme : Insensé que tu es ! on va te redemander ton âme cette nuit même ; et pour qui sera ce que tu as amassé ?
De Sa Sainteté : Matthieu (§ 11) V, 14–19.
Celui donc qui violera l’un de ces moindres commandements, et qui apprendra aux hommes à les violer, sera regardé dans le royaume des cieux comme le dernier ; mais celui qui fera et enseignera, sera grand dans le royaume des cieux.

Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De Sa Sainteté : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Catéchisme sur la Naissance de Jésus-Christ

Adoration des bergers - Sylvain Riandet

Demande. Quelle fête l’Eglise célèbre-t-elle le 25 décembre prochain ?
Réponse. L’Eglise célèbre la Fête de la Naissance de Jésus-Christ, vulgairement appelée Noël.
Explication. Le mot de Noël était anciennement en France un cri d’allégresse & de joie ; il était d’usage aux fêtes & aux réjouissances publiques, comme aux baptêmes des princes, aux entrées des rois, à leur sacre & dans de pareille circonstances. C’est ici une acclamation de joie de la Naissance du Sauveur.

D. Quel jour Jésus-Christ est-il né ?
R. Jésus-Christ est né le vingt-cinq décembre.

D. Dans quel endroit Jésus-Christ est il né ?
R. Jésus-Christ est né à Bethléem, petite ville de Judée.
Explication. Un prophète l’avait ainsi annoncé & avait même nommé cette ville ; ce n’est pas que la Sainte Vierge & saint Joseph y demeurassent, leur séjour ordinaire était à Nazareth ; mais l’Empereur Auguste ayant ordonné un dénombrement général de la Judée, chaque chef de famille fut obligé de se rendre dans la ville d’où dépendait le lieu de sa demeure, pour y donner son nom. La Sainte Vierge, malgré sa grossesse, ne se dispensa point de ce voyage.

D. Quelles sont les autres circonstances de la Naissance de Jésus-Christ ?
R. Jésus-Christ est né dans une pauvre étable au milieu de la nuit.
Explication. L’affluence extraordinaire des peuples qu’occasionna ce dénombrement général, & peut-être plus encore la pauvreté de Marie, furent cause qu’elle ne trouva point de place dans les hôtelleries de Bethléem. Elle fut obligée de se retirer dans une cabane voisine de cette bourgade (c’était une retraite de bergers qui veillaient sur leur bétail pendant la nuit) ; ce fut là que l’auguste Mère de Dieu mit au monde le Sauveur du monde même sans aucune douleur, & sans la moindre altération de sa virginité.

D. Qu’entendit-on d’extraordinaire à la Naissance du Sauveur ?
R. On entendit les cantiques des Anges qui annonçaient la Naissance du Sauveur & la paix à l’univers.
Explication. Les Esprits célestes chantaient dans les airs le commencement de ce cantique célèbre que l’Eglise dit à la sainte messe : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, & paix aux hommes de bonne volonté sur la terre. La Naissance du Sauveur étant le plus grand de tous les bienfaits, il n’est pas étonnant que les chœurs des Anges l’aient annoncée par leurs divins cantiques.

D. Qui sont ceux qui les premiers adorèrent Jésus-Christ dans la crèche ?
R. Ce furent les bergers, auxquels les Anges annoncèrent la venue du Sauveur.
Explication. Un Ange tout brillant de lumière apparut aux bergers qui veillaient sur leurs troupeaux. Cette vue les remplit de frayeur ; l’Ange les rassura aussitôt : Je viens vous apprendre, leur dit-il, la plus heureuse des nouvelles, une nouvelle qui doit vous combler de joie. Il vient de naître un Sauveur dans la ville de David ; empressez-vous d’aller lui présenter vos hommages ; vous le reconnaitrez à la crèche qui lui sert de berceau, & aux langes qui l’enveloppent. Allons, se dirent mutuellement les bergers, allons à Bethléem, voyons cette merveille que le ciel même vient de nous annoncer. Ils arrivent à la cabane, se prosternent devant le divin Enfant, l’adorent comme leur Dieu, & s’en retournent pleins d’admiration & de joie.

D. Pourquoi Jésus-Christ est-il venu au monde ?
R. Jésus-Christ est venu au monde pour nous racheter du péché & de l’enfer.
Explication. Sans la médiation de Jésus-Christ, les hommes étaient perdus sans ressource. L’outrage que le péché avait fait à Dieu était un outrage d’une malice infinie ; toutes les créatures ensemble ne pouvaient le réparer ; il n’y avait qu’un Dieu pénitent & humilié qui put satisfaire à la justice d’un Dieu méprisé & outragé. Cette satisfaction infinie était donc l’unique ressource de l’homme : voilà pourquoi le Fils de Dieu, qu’un amour sans bornes engagea à se faire notre victime & notre caution, a voulu se revêtir de notre mortalité, & commencer, comme le reste des hommes, dans les larmes & la douleur, la vie qu’il devrait un jour donner pour nous sur la croix.

D. Quelles sont les vertus principales que le Sauveur nous apprend dans sa Naissance ?
R. Le Sauveur nous apprend principalement l’humilité, l’amour de la pauvreté & des souffrances.

D. Comment le Sauveur nous apprend-il l’humilité dans sa Naissance ?
R. En méprisant les grandeurs & en naissant dans l’état le plus obscur.
Explication. Il s’est anéanti lui-même, dit l’Apôtre, en prenant la forme d’un esclave ; il a quitté sa gloire, sa majesté, sa grandeur, en les voilant sous les dehors de notre mortalité : quels anéantissements ! Il va plus loin : non content de s’assujettir à toutes les infirmités de l’enfance, ce Dieu si grand, à qui tout appartient, qui peut naître au milieu de l’éclat & de la magnificence, veut naître dans une chaumière ouverte de toutes parts : quelle leçon !

D. Comment le Sauveur nous enseigne-t-il l’amour de la pauvreté dans sa Naissance ?
R. En naissant de parents pauvres, & dans le sein même de la pauvreté.
Explication. Jésus-Christ eût choisi, s’il eût voulu, des parents distingués par leurs richesses & par leur opulence ; mais il n’eût pas commencé sa vie sainte par nous donner une des plus grandes leçons de son Evangile. Heureux sont les pauvres : ce Dieu qui devait un jour ne pas avoir où reposer sa tête, permet que la Famille royale, dont il est l’héritier, soit, au temps de sa Naissance, réduite à la pauvreté & à l’indigence. Joseph vivait du travail de ses mains ; Marie, suivant la tradition, n’avait pas d’autre ressource. Le Sauveur voulut naître, vivre & mourir pauvre, pour nous apprendre que la pauvreté soufferte en vue de Dieu, est une des plus sûres voies pour arriver au ciel.

D. Comment le Sauveur nous apprend-il l’amour des souffrances en naissant ?
R. En se soumettant lui-même aux souffrances & à la douleur.
Explication. Le Sauveur souffre déjà dans sa Naissance, & commence ainsi le grand ouvrage de notre Rédemption pour lequel il est venu sur la terre ; ses souffrances ne se terminent qu’à la mort par les douleurs les plus inconcevables. En voyant ce Dieu Enfant déjà sujet à souffrir pour nous, ne devrions-nous pas nous réjouir nous-mêmes lorsque l’occasion se présente de souffrir, pour accomplir en nous, suivant l’expression de l’Apôtre, ce qui manque à ses douleurs ?

D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle institué la fête de Noël ?
R. Pour remercier Jésus-Christ du grand bienfait de sa Naissance.
Explication. C’est en cette fête qu’on peut bien s’écrier avec l’Ecriture : Grâces à Dieu d’un don qui est au dessus de toute expression & que l’esprit de l’homme ne comprendra jamais. Le bienfait est si grand, que, pour en remettre sans cesse la mémoire sous les yeux des Chrétiens, tous ceux qui portent ce nom ont fait de la Naissance de Jésus-Christ l’époque qui fixe les années ; en sorte qu’en pensant à chaque année, il semble qu’on doive se rappeler la Naissance du Sauveur.

D. Pourquoi célèbre-t-on trois messes le jour de Noël ?
R. Pour honorer les trois naissances de Jésus-Christ.

D. Quelle est la première naissance de Jésus-Christ, en l’honneur de laquelle on dit la première messe, qui est celle de minuit ?
R. C’est la naissance temporelle dont l’Eglise célèbre la fête.
Explication. La messe se dit à minuit, au temps même, comme on le croit, de la Naissance du Sauveur. Il faut alors adorer Jésus naissant, pour imiter, dit un concile de Bourges, la piété des bergers qui allèrent pendant cette nuit adorer Jésus-Christ dans l’étable de Bethléem.

D. Quelle est la seconde naissance de Jésus-Christ à l’honneur de laquelle on dit la seconde messe à la pointe du jour ?
R. C’est la naissance de Jésus-Christ dans le cœur des justes qui se fait par la grâce.

D. Quelle est la troisième naissance de Jésus-Christ à l’honneur de laquelle on dit la troisième messe en plein jour ?
R. C’est la naissance éternelle de Jésus-Christ dans le sein de son Père.

D. Est-on obligé d’entendre trois messes le jour de Noël ?
R. Non : il n’y a point de loi de l’Eglise qui l’ordonne, mais c’est une coutume sainte & louable d’y assister.

D. N’y avait-il pas autrefois une communion générale le jour de Noël ?
R. Oui, cette communion était prescrite comme à Pâques.
Explication. C’était autrefois un précepte de communier à Noël & à la Pentecôte comme à Pâques. Le concile de Latran n’exigea plus que la communion pascale à cause du relâchement des Chrétiens ; on voit néanmoins des conciles postérieurs à celui de Latran ordonner encore la communion aux principales fêtes ; en particulier celui de Toulouse de 1229, qui se tint quatorze ans après. Il ajoute même qu’on regardera comme suspects d’hérésie ceux qui ne satisferont pas à ce devoir.

D. Quels fruits retirons-nous de ce catéchisme ?
R. Trois principaux. 1. Se confesser & communier si le confesseur le juge à propos. 2. Adorer Jésus enfant, & le remercier de ce qu’il est né pour nous sauver. 3. S’appliquer à la pratique des vertus dont il nous donne l’exemple.

Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

Catéchisme sur le Dimanche

Eglise en Californie avant le Concile Vatican II

Demande. Que signifie le mot Dimanche ?
Réponse. Le mot de Dimanche signifie le jour du Seigneur.

D. Pourquoi dites-vous que le dimanche est le jour du Seigneur ?
R. Parce que le dimanche est un jour que Dieu s’est réservé, pour être consacré à son culte et aux exercices de Religion.

D. L’observance du dimanche est-elle bien ancienne ?
R. L’observance du dimanche est aussi ancienne que la Religion chrétienne.

D. Y a-t-il une obligation particulière de sanctifier le dimanche ?
R. Oui : Dieu en fait un commandement exprès.

D. Que faut-il faire pour sanctifier le dimanche ?
R. En général, il faut pratiquer les œuvres de la Religion, s’abstenir des œuvres serviles et des œuvres mauvaises.

D. Quels sont, en particuliers, les devoirs qu’il faut remplir pour sanctifier le dimanche ?
R. Il y en a plusieurs.

D. Quel est le premier devoir qu’il faut remplir pour sanctifier le dimanche ?
R. Le premier et le principal est d’assister à la sainte messe.

D. Quelle est la messe à laquelle on doit principalement assister le dimanche ?
R. On doit, autant qu’on le peut, assister à la messe de sa paroisse.

D. Est-on obligé d’assister à la messe de sa paroisse ?
R. Oui, on y est obligé.

D. Quel est le second devoir qu’il faut remplir pour sanctifier le dimanche ?
R. Il faut assister aux instructions qui se font à la messe de paroisse, c’est-à-dire au prône.

D. Que remarquez-vous encore de particulier à la messe de paroisse ?
R. L’aspersion de l’eau bénite et le pain bénit.

D. Qu’est-ce que l’eau bénite ?
R. L’eau bénite est de l’eau commune, sanctifiée par les prières de l’Eglise.

D. Que faut-il faire pendant l’aspersion de l’eau bénite ?
R. Il faut former un acte de contrition, demander à Dieu la pureté du cœur et la grâce d’entendre saintement la messe.

D. Que signifie le pain que l’on bénit chaque dimanche à la messe de paroisse ?
R. Le pain bénit signifie l’union et la charité qui doivent régner parmi les Chrétiens.

D. Quel est le troisième devoir qu’il faut remplir pour sanctifier le dimanche ?
R. Il faut assister aux vêpres, et aux autres exercices de piété qui se font dans les paroisses.

D. Quelles sont les autres pratiques de piété par lesquelles on sanctifie le dimanche ?
R. Ce sont les congrégations, les conférences et les catéchismes.

D. Quelles sont les choses qu’il faut éviter le dimanche ?
R. Il faut éviter les œuvres serviles et les œuvres mauvaises.

D. Qu’entendez-vous par œuvres serviles ?
R. J’entends par œuvres serviles, celles par lesquelles on a coutume de gagner sa vie, comme font les artisans et manouvriers.

D. N’est-il jamais permis de travailler les dimanches et fêtes ?
R. Il est permis de travailler les dimanches et les fêtes, en cas de nécessité pressante.

D. Qu’entendez-vous par les œuvres mauvaises qu’il faut éviter, surtout les dimanches et les fêtes ?
R. J’entends principalement les spectacles, les jeux, les danses et la fréquentation des cabarets.

D. Comment faut-il finir la journée du dimanche ?
R. Il faut, le dimanche sur le soir, autant qu’il est possible, faire une visite au Saint-Sacrement.

D. Quels fruits devons-nous tirer de ce catéchisme sur le dimanche ?
R. Trois principaux.

D. Quel est le premier fruit ?
R. C’est d’assister dévotement à la messe de paroisse, au prône, à vêpres, au catéchisme, et à tous les exercices de piété qui se font en commun.

D. Quel est le second fruit ?
R. C’est de réparer, par une sincère douleur et une conduite plus chrétienne, la profanation que nous avons faite d’un si saint jour, en le donnant aux affaires temporelles, à la dissipation, aux amusements, et souvent au péché.

D. Quel est le troisième fruit ?
R. C’est de pratiquer les œuvres de piété que notre état et le temps nous permettront : comme la visite des malades, le soulagement des pauvres, les visites au St. Sacrement, la lecture des livres de piété.

Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

Catéchisme sur l’Assomption

L'Assomption par Nicolas Poussin

Demande. Quelle fête célébrons-nous le 15 août prochain ?
Réponse. Nous célébrons la fête de l’Assomption.

D. Qu’est-ce que l’Eglise honore le jour de l’Assomption ?
R. L’Eglise honore la mort précieuse de la sainte Vierge, & son entrée glorieuse dans le ciel.

D. Comment la Vierge est-elle morte ?
R. La sainte Vierge est morte mue par la force de son amour pour Dieu.
Explication. On ne sait ni le temps précis, ni les circonstances de la mort de la très-sainte Vierge. Suivant une tradition ancienne, on croit que la Mère de Dieu mourut à Ephèse où elle s’était retirée avec saint Jean. Les Ephésiens se glorifiaient d’avoir son tombeau dans leur ville ; d’autres assurent qu’il était dans la vallée de Josaphat. Au reste la sainte Vierge mourut sans crainte, ne soupirant qu’après le bonheur d’être réunie à son divin Fils. Sa mort fut le dernier acte & en même temps le précieux effet de l’amour sacré qui embrassait son cœur.

D. La sainte Vierge est-elle montée en corps & en âme dans le ciel après sa mort ?
R. C’est la foi de l’Eglise que la sainte Vierge est en corps & en âme dans le ciel, de même que le patriarche Enoch & le saint prophète Elie, & qu’elle y est placée au-dessus des anges & des saints.
Explication. Voyez les témoignages de l’antiquité dans Tillemont, Histoire ecclésiastique, tome I, Baronius dans ses notes sur le Martyrologe romain, Joly sur ceux d’Usuard, &c.

D. Pourquoi Dieu a-t-il élevé la sainte Vierge à un si haut degré de gloire ?
R. A cause de son éminente dignité de Mère de Dieu & de sa sainteté parfaite.
Explication. C’est en ce jour de triomphe que Marie est reçue dans le ciel comme la fille bien-aimée du Père Eternel, comme la Mère auguste du Verbe incarné, comme l’épouse toute pure du Saint Esprit. Elle est déclarée Reine du ciel & de la terre ; tous ces prodiges sont une suite de sa qualité de Mère de Dieu, & la récompense de ses admirables vertus.

D. Que faut-il faire en ce jour pour entrer dans l’esprit de l’Eglise ?
R. Il faut remercier Dieu des grandes faveurs qu’il a accordées à la très-sainte Vierge.
Explication. Ces faveurs, ces grâces nous regardent nous-mêmes, & Dieu nous a eu en vue en les accordant à Marie. Ce doit être pour nous un grand sujet de confiance & de joie que la gloire immense à laquelle la Mère de Dieu est élevée dans le ciel.

D. Que faut-il faire encore en ce jour ?
R. Il faut implorer la protection de la sainte Vierge, & lui promettre de la servir & de l’imiter.

D. Pourquoi fait-on une procession solennelle à vêpres le jour de l’Assomption ?
R. Pour satisfaire aux vœux de Louis XIII, qui a mis la Famille royale & la France sous la protection de la sainte Vierge.
Explication. Ce fut en 1638 que Louis XIII se voyant sans enfant, & craignant des troubles dans le Royaume s’il n’avait point d’héritier, fit ce vœu & consacra sa personne, sa famille, son état, sa couronne & ses sujets à la Mère de Dieu. Il fit en conséquence construire le grand autel de l’Eglise de Notre-Dame de Paris ; il ordonna que chaque année dans tout le Royaume on ferait à vêpres une procession solennelle en mémoire de cette consécration & pour la renouveler. Il enjoint aux archevêques & évêques de son Royaume d’avertir ses sujets d’avoir une dévotion particulière à la sainte Vierge, & d’implorer sa protection sur la France.

D. Que faut-il faire pendant la procession ?
R. Il faut prier Dieu pour le roi, pour la Famille royale & pour tout le Royaume.
Explication. C’est une étroite obligation de prier pour les princes ; mais nous n’avons pas besoin de ce motif en France pour nous engager à prier pour nos rois ; nous le trouvons dans notre amour pour eux. Les papes ont accordé des indulgences à tous ceux qui font des prières pour les rois de France, protecteurs de l’Eglise : nouveau motif pour nous de remplir ce devoir. J’ai rapporté ces indulgences & la déclaration de Louis XIII dans le Code de la Religion. Voyez le titre de la dévotion à Marie, tome I.
Prions encore spécialement pour la conservation du précieux dépôt de la Foi en France. Il semble qu’il y ait dans le Royaume très-chrétien une conspiration formée d’anéantir la Religion chrétienne. Mais que peut-elle craindre tant que l’auguste & religieux sang des BOURBON tiendra les rênes de son Empire ?

Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

Catéchisme sur la très-sainte Trinité

Trinite

Demande. Quelle fête célébrons-nous le dimanche qui suit la Pentecôte ?
Réponse. Nous célébrons la fête de la très-sainte Trinité.

D. Qu’est-ce que la très-sainte Trinité ?
R. C’est un seul Dieu en trois personnes, le Père, le Fils & le Saint-Esprit.

D. Y a-t-il plusieurs natures dans les trois personnes de la très-sainte Trinité ?
R. Non : les trois personnes de la très-sainte Trinité n’ont qu’une seule & même nature.

D. Les trois personnes de la très-sainte Trinité sont-elles distinguées entr’elles ?
R. Oui : les trois personnes de la très-sainte Trinité sont réellement distinguées l’une de l’autre.
Explication. Voilà le mystère auguste & incompréhensible qu’il a plu à Dieu de nous révéler : un seul Dieu en trois personnes distinctes, même substance, même divinité, même nature ; chacune de ces trois personnes est Dieu, & ces trois personnes ne sont qu’un Dieu. Le Fils n’est pas le Père, quoiqu’il soit une même substance avec lui ; le Saint-Esprit n’est ni le Père ni le Fils, quoique ces trois adorables Personnes ne soient qu’une même nature. Le Fils est aussi puissant que le Père ; le Saint-Esprit est aussi sage, aussi parfait, aussi puissant que le Père & le Fils : les trois Personnes ensemble n’ont ni plus de puissance, ni plus de sagesse qu’une seule ; toutes trois ont la même immensité, la même puissance, la même éternité, les mêmes perfections.

D. Qu’est-ce que la foi nous apprend de la première Personne ou du Père ?
R. La foi nous apprend que le Père n’est point engendré, qu’il ne procède d’aucune autre Personne, & qu’il engendre son Fils de toute éternité.

D. Qu’est-ce que la foi nous apprend de la seconde Personne ou du Fils ?
R. La foi nous apprend que le Fils est engendré de son Père.

D. Qu’est-ce que la foi nous apprend de la troisième Personne ou du Saint-Esprit ?
R. La foi nous apprend que le Saint-Esprit procède du Père & du Fils.

D. Peut-on expliquer & comprendre le Mystère de la sainte Trinité ?
R. Non, c’est un mystère incompréhensible qu’il faut croire simplement.
Explication. Ce mystère est indubitable puisque Dieu l’a révélé de la manière la plus claire. Il ne révolte point notre raison, mais il surpasse notre intelligence. Dieu veut que nous soumettions notre esprit sous le joug de la foi : il nous commande, dit saint Augustin, de croire le mystère, mais il ne nous permet pas de l’approfondir.

D. Peut-on représenter la très-sainte Trinité ?
R. Non, c’est un mystère dont nous ne pouvons former aucune image.
Explication. On représente souvent le Père sous la figure d’un vieillard respectable, pour désigner son éternité ; le Fils sous une figure humaine, parce qu’il s’est fait homme ; le Saint-Esprit sous la figure d’une colombe, parce qu’il choisit cette image comme un symbole de sa présence lorsqu’il descendit sur Jésus-Christ ; mais ces faibles & impuissants symboles ne nous donnent aucune idée réelle de l’auguste Trinité ; aucune image ne peut la représenter ni la faire comprendre.

D. Qu’attribue-t-on ordinairement au Père ?
R. On attribue au Père l’œuvre de la création.

D. Qu’attribue-t-on ordinairement au Fils ?
R. On attribue au Fils l’œuvre de la rédemption.

D. Qu’attribue-t-on ordinairement au Saint-Esprit ?
R. On attribue au Saint-Esprit l’œuvre de la sanctification.
Explication. La rédemption, en tant qu’elle est l’ouvrage d’un Dieu fait homme, qui a satisfait pour nos péchés, n’appartient qu’au Fils ; les autres œuvres, comme de création, de sanctification, &c. quoique attribuées spécialement à une Personne divine, sont néanmoins communes à toutes.

D. Avons-nous quelques rapports avec la très-sainte Trinité ?
R. Oui, nous en avons trois principaux.

D. Quel est le premier rapport que nous avons avec la très-sainte Trinité ?
R. Notre premier rapport avec la très-sainte Trinité est d’être créés à son image.
Explication. Faisons l’homme, dit Dieu lui-même, à notre image & à notre ressemblance. Si l’homme comprenait bien toute la grandeur de ce glorieux rapport avec Dieu, pourrait-il se résoudre à souiller par le péché l’image même de la divinité gravée dans son âme & dans tout son être ?

D. Quel est le second rapport ?
R. Notre second rapport avec la sainte Trinité est de lui être consacrés par le baptême.
Explication. C’est au nom de l’adorable Trinité que nous avons été baptisés, que nous avons reçu le sceau de la régénération spirituelle ; nous lui appartenons donc spécialement par l’onction sainte qui nous a été donnée, par la consécration de tout ce que nous sommes à son culte & à son adoration.

D. Quel est le troisième rapport que nous avons avec la Très-Sainte Trinité ?
R. Notre troisième rapport avec la Sainte Trinité est d’être son temple par la grâce qui est en nous.
Explication. Vous êtes les temples du Dieu vivant, disait l’Apôtre aux fidèles de son temps, parce que Dieu habite en vous par sa grâce ; mais saint Paul ajoute que Dieu perdra ceux qui profanent ce Temple auguste, & on le profane quand on offense Dieu.

D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle établi la fête de la Très-Sainte Trinité ?
R. Pour nous rappeler l’obligation de rendre à la Très-Sainte Trinité les hommages continuels que nous lui devons.

D. Que faut-il faire pour rendre ces hommages à la Très-Sainte Trinité ?
R. Il faut croire fermement cet auguste mystère, parce que Dieu l’a révélé.

D. Quels autres hommages devons-nous à l’adorable Trinité ?
R. Nous devons l’adorer profondément & la glorifier sans cesse.
Explication. L’Eglise termine toutes ses prières par la glorification des trois adorables Personnes : cet usage est du premier siècle. Les païens, les hérétiques ayant attaqué le dogme de la Trinité, l’Eglise, pour le mettre continuellement sous les yeux des fidèles, leur faisait répéter sans cesse ces paroles admirables : Gloire au Père, au Fils & au Saint-Esprit. Par cette pratique générale l’Eglise confondait toutes les hérésies, préservait les chrétiens de la séduction, & glorifiait la très-sainte Trinité en lui rapportant toutes choses.

D. Par quelle autre pratique pouvons-nous glorifier la très-sainte Trinité ?
R. En faisant souvent & avec respect le signe de la croix.
Explication. Autre usage des premiers chrétiens établi par la même raison : on ne faisait rien qu’en invoquant, suivant l’avis de l’Apôtre, le Nom admirable du Seigneur. Cette sainte pratique est venue jusqu’à nous ; mais la foi, la confiance, la pureté de cœur qui l’accompagnaient dans ces heureux temps y sont-elles aussi parvenues ?

D. Quel autre hommage devons-nous encore à la très-sainte Trinité ?
R. Nous devons la remercier des grâces qu’elle nous accorde.
Explication. Rien que nous n’ayons reçu de Dieu, bienfaits temporels, grâces spirituelles, tout vient de lui, soit dans l’ordre de la nature, soit dans l’ordre de la grâce : nous en attendons tout dans l’ordre de la gloire : nos actions de grâces devraient être continuelles comme ses dons le sont à notre égard.

D. Quelle autre pratique de piété pouvons-nous faire le jour de la sainte Trinité ?
R. Nous devons célébrer notre baptême & notre profession de foi, en récitant le symbole des Apôtres.
Explication. Les premiers chrétiens appelaient Pâques annotine la célébration de leur baptême, parce qu’ils la faisaient au jour anniversaire auquel ils l’avaient reçu. Saint Grégoire de Naziance, au rapport de saint Charles Borromée, assurait que c’était l’ancien usage de célébrer tous les ans le jour de son baptême ; le Micrologue, auteur du onzième siècle, assurait qu’alors cet usage était universel. Saint Charles, si zélé pour faire revivre l’ancienne discipline, ne manqua pas de renouveller cette sainte pratique ; il le fit dans son sixième concile. Il exhorte les pères à écrire avec soin le jour du baptême de leurs enfants, afin que chaque année, à pareil jour, ils puissent en célébrer la mémoire ; il les conjure de donner l’exemple à leurs enfants. Le jour de la très-sainte Trinité est très-propre pour mettre cette sainte pratique en usage, puisqu’il nous rappelle que nous avons été baptisés en son nom. On doit encore prendre la résolution de le faire chaque année le jour anniversaire de son baptême.

Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774