Programme du dimanche de l’expulsion d’Adam du Paradis – après-fête de la Rencontre du Seigneur – ton 4

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 18 février 2018 du calendrier grégorien – 5 février 2018 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15. A l’issue de la divine liturgie, chant des vêpres du pardon (vêpres d’entrée en Carême).

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Le dimanche de l’expulsion d’Adam du Paradis perdu est aussi appelé dimanche de la Tyrophagie car ce jour est le dernier jour de la semaine de la Tyrophagie, où les fidèles peuvent encore user des laitages. Ce dimanche est le dernier jour avant le grand Carême, lequel commence aux vêpres de ce soir. Techniquement, ce dimanche correspond au Ier dimanche de Carême dans la tradition latine (en Occident, le jeûne de Carême commençait aussi jusqu’à saint Grégoire le Grand au lundi suivant ce dimanche ; c’est toujours le cas dans les rits ambrosien & mozarabe).

Les vêpres de ce dimanche soir appartiennent déjà liturgiquement au lendemain lundi, qui est le premier jour du jeûne du Carême dans le rit byzantin. Cet office des vêpres du dimanche soir est donc le premier office du Carême byzantin.

« Ta grâce a resplendi, Seigneur, * & nos âmes sont illuminées. * Voici le temps favorable, voici le temps du repentir ; * laissons les œuvres des ténèbres * & revêtons les armes de la lumière, * afin de traverser le vaste océan du jeûne, * & de parvenir à la Résurrection du troisième jour ** de notre Seigneur & Sauveur Jésus-Christ, qui sauve nos âmes. » (premier stichère idiomèle des apostiches).

Dans le rit byzantin, l’entrée en Carême se fait à l’entrée du clergé dans le sanctuaire après le chant du lucernaire de ces vêpres du dimanche soir, à l’issue desquelles se déroulent dans la tradition russe le rit émouvant du pardon : le célébrant demande pardon à tous pour les blessures et les offenses qu’il a pu causer ; tous se demandent alors pardon tandis que le chœur a pris récemment coutume de chanter les stichères de Pâques (rien n’est prescrit à cet endroit par le Typikon ; dans certains lieux, on a pris coutume de chanter le psaume 136 « Sur le bord des fleuves de Babylone » ou les stichères du psaume 50 de l’Avant-Carême : « Ouvre-moi les portes de la pénitence »). Les stichères de Pâques sont chantés à ce moment comme un avant-goût de la joie pascale qui nous attend au terme du Carême, mais aussi en raison du pardon mutuel & de la fraternité chrétienne véritable qu’ils chantent :

« C’est le jour de la Résurrection, * soyons illuminés par le triomphe, * embrassons-nous les uns les autres, * disons : « Frères », * même à ceux qui nous haïssent ; * pardonnons tout dans la Résurrection. »

Aux vêpres du pardon, les stichères de Pâques sont chantés tout doucement à mi-voix par le chœur ; elles seront proclamées à pleine voix dans la nuit de la résurrection.

*

Fête de la Rencontre du SeigneurCe dimanche se combine cette année avec l’après-fête de la Rencontre du Seigneur (Hypapante), appelée en Occident Purification de la Sainte Vierge ou « Chandeleur » (les livres liturgiques occidentaux appelaient aussi autrefois cette fête Occursum Domini. Du reste, deux pièces de la liturgie byzantine – le tropaire et le premier des apostiches idiomèles – ont été transcrites en latin au VIIIème siècle pour servir à la procession latine de la Chandeleur.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du Triode.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la fête.

A la divine liturgie

Tropaires des Béatitudes : quatre tropaires du ton dominical occurrent et quatre tropaires de la 3ème ode du canon du Triode (de Christophe l’hymnographe) & quatre tropaires de la 9ème ode du canon de la fête (œuvre de saint Côme de Maïouma) ::
1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Le serpent rusé, jalousant autrefois mon bonheur * murmura la malice aux oreilles d’Eve. * Par elle je fus trompé et je fus exilé ** hélas, hors du lieu de la vie.
6. Dans mon inclination j’ai tendu la main * j’ai goûté de l’Arbre de la connaissance * dont Dieu m’avait ordonné de ne pas prendre. ** Et je fus rejeté amèrement hors de la gloire divine.
7. Hélas ma pauvre âme, comment n’as-tu pas reconnu la malice * Comment n’as-tu pas senti le mensonge et la jalousie de l’ennemi ? ** Comment ton intelligence aveuglée, as-tu transgressé l’ordre de ton Créateur ?
8. Mon espérance et ma sainte retraite * qui seule as recouvert par ton enfantement la nudité d’Adam déchu ** revêts moi, Vierge pure, de l’incorruptibilité.
9. Les Anges et les mortels * sont incapables de saisir * le mystère qui s’accomplit ** en toi, Vierge Mère immaculée.
10. Le vieillard Siméon * enserre dans ses mains * l’Auteur même de la Loi ** et le Maître de toutes choses.
11. Le Créateur, désireux * de sauver les fils d’Adam, * a voulu demeurer ** en ton sein, Vierge toute-pure.
12. Le genre humain tout entier * te déclare bienheureuse, Immaculée * et te glorifie avec foi ** comme la Mère ayant conçu notre Dieu.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleine de fierté, aux apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
2. Tropaire de la fête, ton 1 : Je te salue, pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu : * de toi, en effet, s’est levé le soleil de justice, le Christ notre Dieu, * illuminant ceux qui sont dans les ténèbres ; * et toi, juste vieillard, * sois dans la joie, * car tu as reçu dans tes bras le libérateur de nos âmes, ** celui qui nous donne la résurrection.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du Triode, ton 6 : Guide de sagesse & maître de savoir, * pédagogue qui nous donnes la raison, * protecteur des pauvres, fortifie & instruis mon cœur, * acccorde-moi de chanter : ** Dieu de tendresse, aie pitié de moi, pauvre pécheur.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de la fête, ton 1 : Tu as sanctifié le sein virginal par ta nativité * et Tu as béni les bras de Syméon, comme il convenait ; * Tu es venu et Tu nous as sauvés en ce jour, Christ-Dieu, * dans ses guerres, donne la paix à Ta cité * et affermis les chrétiens orthodoxes ** que Tu as aimés, Toi seul Ami des hommes.

Prokimen
Du Triode, ton 8 :
R/. Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur, notre Dieu (Psaume 75, 12).
V/. Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand (Psaume 75, 2).
De la fête, ton 3 :
R/. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc I, 46).

Epître
Du dimanche de l’expulsion d’Adam : Romains (§ 112), XIII, 11 – XIV, 4.
La nuit est déjà fort avancée, et le jour s’approche ; quittons donc les œuvres de ténèbres, et revêtons-nous des armes de lumière.

Alleluia
Du Triode, ton 6 :
V/. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
V/. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
De la fête, ton 8 :
V/. Maintenant laisse s’en aller ton serviteur, Maître, selon ta parole, dans la paix. (Luc II, 29).

Evangile
Du dimanche de l’expulsion d’Adam : Matthieu (§ 17), VI, 14-21.
Car si vous pardonnez aux hommes les fautes qu’ils font, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez point aux hommes leurs fautes, votre Père ne vous pardonnera point non plus vos péchés.

Versets de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De la fête: J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

La divine liturgie sera suivie directement des

vêpres d’entrée en Carême

Lucernaire, ton 4
4 stichères de l’octoèque, ton 4 (deux des vêpres du dimanche soir, deux des apostiches des matines du lundi matin), 3 stichères du Triode, ton 2 & 3 stichères des Ménées (au 14 février : de notre vénérable Père Auxence de Bithynie († c. 470)), ton 4. Théotokion des Ménées, ton 4..
5. Du Triode, de saint Joseph l’Hymnographe († 886), ton 2 : Entrant dans le stade divin du jeûne purificateur, * hâtons-nous, par la tempérance, de rendre humble la chair, * par les prières et les larmes, recherchons le Seigneur qui nous sauve, * oublions définitivement tout mal et clamons : * Christ Roi, nous avons péché contre Toi, * sauve-nous comme jadis Tu as sauvé les Ninivites ** et, dans ta tendresse, rends-nous participants du Royaume céleste.
6. Du Triode, de saint Joseph l’Hymnographe († 886), ton 2 : Seigneur, je désespère de moi-même, * à la pensée de mes oeuvres qui méritent le châtiment, * car voici, Sauveur, j’ai négligé tes saints commandements * et j’ai dépensé ma vie dans le péché. * Aussi, je T’implore, Toi le seul miséricordieux, * purifie-moi dans les flots du repentir, * illumine-moi par le jeûne et la prière * et ne Te détourne pas de moi, ô Très-bon, ** Toi qui combles de biens l’univers.
7. Du Triode, de saint Théodore Studite (759 † 826), ton 2 : Commençons dans la joie le temps du jeûne, * engageons le combat spirituel, * purifions l’âme, purifions la chair, * abstenons-nous de toute passion, comme de nourriture, * pour goûter aux vertus de l’Esprit en persévérant dans leur désir, * afin d’être rendus dignes de contempler * la Passion vénérable du Christ Dieu ** et, dans l’allégresse spirituelle, sa sainte Pâque.
8. Du vénérable Père Boukolos, évêque de Smyrne, ton 6 : Rayonnant la clarté des vertus divines, Père saint, * comme lumière tu fus posé * mystiquement sur le chandelier * de l’Eglise de Dieu, * pour l’éclairer de ta doctrine sacrée.
9. Du vénérable Père Boukolos, évêque de Smyrne, ton 6 : Père théophore Boukolos, * l’Esprit saint t’a sanctifié * et il accorde par toi * aux fidèles t’approchant, * la sainteté, la lumière et le salut.
10. Du vénérable Père Boukolos, évêque de Smyrne, ton 6 : Annonçant par ta prédication * l’extrême bonté de notre Dieu, * tu fis passer les peuples du mal vers le bien * en les conduisant sagement * vers le Sauveur et Bienfaiteur, en pontife sacré.
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Théotokion des Ménées, au 7 février, ton 6 : Le plus grand des bienfaits * fut pour nous tous en vérité * l’enfantement virginal de la Mère de Dieu * renouvelant notre nature corrompue * pour façonner à nouveau le genre humain.

Entrée – Lumière joyeuse

Grand prokimenon de vêpres :
R/. Ne détourne pas ta Face de ton serviteur, car je suis dans l’affliction ; * hâte-Toi de m’exaucer. Prête attention à mon âme, et délivre-la. (Psaume 68, 18-19)
V/. Que ton salut, ô Dieu, vienne me secourir. (Psaume 68, 30)
V/. Que les pauvres voient et se réjouissent. (Psaume 68, 33)
V/. Cherchez Dieu, et votre âme vivra. (Psaume 68, 33)

Litanie ardente – prière de vêpres – Litanies de demandes.

Apostiches, ton 4
1. Ta grâce a resplendi, Seigneur, * et nos âmes sont illuminées. * Voici le temps favorable, voici le temps du repentir ; * laissons les œuvres des ténèbres * et revêtons les armes de lumière, * afin de traverser le vaste océan du jeûne, * et de parvenir à la Résurrection du troisième jour ** de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, qui sauve nos âmes.
V/. J’ai levé les yeux vers Toi qui habites dans les cieux. Comme les yeux des serviteurs sont fixés sur la main de leurs maîtres, comme les yeux de la servante sont fixés sur la main de sa maîtresse, ainsi nos yeux sont tournés vers le Seigneur, notre Dieu, jusqu’à ce qu’Il nous fasse miséricorde.
2. (On répète le premier).
V/. Aie pitié de nous, Seigneur, aie pitié de nous, car nous avons été par trop rassasiés de mépris, notre âme a été par trop rassasiée de l’opprobre des nantis et du mépris des orgueilleux. (Psaume 122, 3-4)
3. Ô Christ notre Dieu, * Toi qui es glorifié dans la mémoire de tes saints, ** par leurs supplications, accorde-nous la grande miséricorde.
V/. Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit. Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.
4. Théotokion : Les ordres des anges te glorifient, * ô Mère de Dieu, toute pure, * toi qui as enfanté Dieu, coéternel au Père et à l’Esprit, * qui par sa volonté a créé du néant les puissances des anges. * Prie-Le, ô Toute-pure, ** de sauver et d’illuminer les âmes de ceux qui te chantent dans la vraie foi.

Cantique de Siméon – Trisaghion & Oraison dominicale

Tropaire apolytikia de Carême, ton 4 :
1. Vierge Mère de Dieu, * réjouis-Toi, Marie, pleine de grâce, * le Seigneur est avec Toi ; * Tu es bénie entre toutes les femmes, * et béni est le fruit de ton sein, ** car Tu as enfanté le Sauveur de nos âmes.
On fait ici une grande métanie.
2. Baptiste du Christ, * souviens-toi de nous tous, * afin que nous soyons délivrés de nos iniquités ; ** car tu as reçu la grâce d’intercéder pour nous.
On fait ici une grande métanie.
3. Priez pour nous, saints apôtres et vous, tous les saint ; * afin que nous soyons délivrés des dangers et des peines, * car en vous nous possédons de fervents défenseurs ** auprès du Sauveur.
On fait ici une grande métanie.
4. Sous ta miséricorde nous nous réfugions, ô Mère de Dieu, * ne méprise pas les supplications que nous T’adressons dans l’adversité, * mais délivre-nous des dangers, * Toi seule pure, seule bénie.

Prières finales – Prière de saint Ephrem le Syrien – Conclusion des vêpres & renvoi

Rit du pardon avec le chant des stichères de Pâques.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.
Télécharger le livret des vêpres de l’entrée en Carême pour l’année 2017.

Programme du dimanche de l’expulsion d’Adam du Paradis – ton 3

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 26 février 2017 du calendrier grégorien – 13 février 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15. A l’issue de la divine liturgie, chant des vêpres du pardon (vêpres d’entrée en Carême).

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Le dimanche de l’expulsion d’Adam du Paradis perdu est aussi appelé dimanche de la Tyrophagie car ce jour est le dernier jour de la semaine de la Tyrophagie, où les fidèles peuvent encore user des laitages. Ce dimanche est le dernier jour avant le grand Carême, lequel commence aux vêpres de ce soir. Techniquement, ce dimanche correspond au Ier dimanche de Carême dans la tradition latine (en Occident, le jeûne de Carême commençait aussi jusqu’à saint Grégoire le Grand au lundi suivant ce dimanche ; c’est toujours le cas dans les rits ambrosien & mozarabe).

Les vêpres de ce dimanche soir appartiennent déjà liturgiquement au lendemain lundi, qui est le premier jour du jeûne du Carême dans le rit byzantin. Cet office des vêpres du dimanche soir est donc le premier office du Carême byzantin.

« Ta grâce a resplendi, Seigneur, * & nos âmes sont illuminées. * Voici le temps favorable, voici le temps du repentir ; * laissons les œuvres des ténèbres * & revêtons les armes de la lumière, * afin de traverser le vaste océan du jeûne, * & de parvenir à la Résurrection du troisième jour ** de notre Seigneur & Sauveur Jésus-Christ, qui sauve nos âmes. » (premier stichère idiomèle des apostiches).

Dans le rit byzantin, l’entrée en Carême se fait à l’entrée du clergé dans le sanctuaire après le chant du lucernaire de ces vêpres du dimanche soir, à l’issue desquelles se déroulent dans la tradition russe le rit émouvant du pardon : le célébrant demande pardon à tous pour les blessures et les offenses qu’il a pu causer ; tous se demandent alors pardon tandis que le chœur a pris récemment coutume de chanter les stichères de Pâques (rien n’est prescrit à cet endroit par le Typikon ; dans certains lieux, on a pris coutume de chanter le psaume 136 « Sur le bord des fleuves de Babylone » ou les stichères du psaume 50 de l’Avant-Carême : « Ouvre-moi les portes de la pénitence »). Les stichères de Pâques sont chantés à ce moment comme un avant-goût de la joie pascale qui nous attend au terme du Carême, mais aussi en raison du pardon mutuel & de la fraternité chrétienne véritable qu’ils chantent :

« C’est le jour de la Résurrection, * soyons illuminés par le triomphe, * embrassons-nous les uns les autres, * disons : « Frères », * même à ceux qui nous haïssent ; * pardonnons tout dans la Résurrection. »

Aux vêpres du pardon, les stichères de Pâques sont chantés tout doucement à mi-voix par le chœur ; elles seront proclamées à pleine voix dans la nuit de la résurrection.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du Triode.

A la divine liturgie

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical occurrent et quatre tropaires de la 6ème ode du canon du Triode (de Christophe l’hymnographe) :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Aux Myrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant : Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
7. Lorsque je vois * l’océan de cette vie * soulevé par la tempête des tentations, * j’accours à ton havre de paix * et je crie, O Dieu de bonté : ** A la fosse rachète ma vie.
8. Sauveur, au Paradis * tu m’avais revêtu, dans ta bonté, * d’un vêtement divin ; * mais, séduit par le démon, * j’ai violé ton commandement ** et, malheureux, j’ai reconnu, ma nudité.
9. Pauvre âme, tu t’es éloignée, * dans ta négligence, de Dieu ; * le Paradis de délices te fut ravi * et des Anges tu fus séparée ; * dans la fosse tu es tombée : ** quelle chute, ce jour-là !
10. Fais-moi grâce et prends pitié, * Seigneur tout-puissant ; * Dieu de bonté, ne méprise pas * l’ouvrage de tes mains, * bien que je me sois éloigné ** du cortège de tes Saints.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Kondakion du Triode, ton 6 : Guide de sagesse & maître de savoir, * pédagogue qui nous donnes la raison, * protecteur des pauvres, fortifie & instruis mon cœur, * acccorde-moi de chanter : ** Dieu de tendresse, aie pitié de moi, pauvre pécheur.

Prokimen
Du Triode, ton 8 :
R/. Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur, notre Dieu (Psaume 75, 12).
V/. Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand (Psaume 75, 2).

Epître
Du dimanche de l’expulsion d’Adam : Romains (§ 112), XIII, 11 – XIV, 4.
La nuit est déjà fort avancée, et le jour s’approche ; quittons donc les œuvres de ténèbres, et revêtons-nous des armes de lumière.

Alleluia
Du Triode, ton 6 :
V/. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
V/. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).

Evangile
Du dimanche de l’expulsion d’Adam : Matthieu (§ 17), VI, 14-21.
Car si vous pardonnez aux hommes les fautes qu’ils font, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez point aux hommes leurs fautes, votre Père ne vous pardonnera point non plus vos péchés.

Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

La divine liturgie sera suivie directement des

vêpres d’entrée en Carême

Lucernaire, ton 3
4 stichères de l’octoèque, ton 3 (deux des vêpres du dimanche soir, deux des apostiches des matines du lundi matin), 3 stichères du Triode, ton 2 & 3 stichères des Ménées (au 14 février : de notre vénérable Père Auxence de Bithynie († c. 470)), ton 4. Théotokion des Ménées, ton 4..
1. De l’Octoèque (tiré du lucernaire des vêpres), ton 3 : J’ai péché, Seigneur mon Dieu, j’ai péché : * Verbe, fais-moi grâce, ne me repousse pas, dans ta répugnance pour moi ; * mais, dans ton unique miséricorde & compassion, * accueille-moi qui, dans la pénitence, retourne vers toi * & donne-moi la force d’accomplir, ** Dieu de tendresse, tes préceptes de salut.
2. De l’Octoèque (tiré du lucernaire des vêpres), ton 3 : Hâte-toi, Seigneur, * de m’arracher à la main de l’Ennemi, * car je me suis laissé captiver par l’erreur * & me suis éloigné de tes préceptes, Sauveur ; * donne-moi l’occasion du repentir * & conduis-moi vers la lumière de la componction, ** afin que je pleure au souvenir de mes forfaits.
3. De l’Octoèque (tiré des apostiches des matines du lundi), ton 3 : Rassemble, Seigneur, mon esprit dispersé, * émonde les ronces de mon cœur, * comme à Pierre donne-moi le repentir * & comme au Publicain les soupirs, * comme à la courtisane les pleurs, * afin que d’une voix forte je m’écrie : * Sauve-moi, ô mon Dieu, ** ami des hommes, le seul compatissant.
4. De l’Octoèque (tiré des apostiches des matines du lundi), ton 3 : Souvent lorsque je chantais pour toi * je me suis trouvé en état de péché, * &, lorsque ma bouche te louait, * mon âme méditait des vanités ; * par la pénitence corrige-moi tout entier, ** ô Christ notre Dieu, aie pitié & sauve-moi.
5. Du Triode, de saint Joseph l’Hymnographe († 886), ton 2 : Entrant dans le stade divin du jeûne purificateur, * hâtons-nous, par la tempérance, de rendre humble la chair, * par les prières et les larmes, recherchons le Seigneur qui nous sauve, * oublions définitivement tout mal et clamons : * Christ Roi, nous avons péché contre Toi, * sauve-nous comme jadis Tu as sauvé les Ninivites ** et, dans ta tendresse, rends-nous participants du Royaume céleste.
6. Du Triode, de saint Joseph l’Hymnographe († 886), ton 2 : Seigneur, je désespère de moi-même, * à la pensée de mes oeuvres qui méritent le châtiment, * car voici, Sauveur, j’ai négligé tes saints commandements * et j’ai dépensé ma vie dans le péché. * Aussi, je T’implore, Toi le seul miséricordieux, * purifie-moi dans les flots du repentir, * illumine-moi par le jeûne et la prière * et ne Te détourne pas de moi, ô Très-bon, ** Toi qui combles de biens l’univers.
7. Du Triode, de saint Théodore Studite (759 † 826), ton 2 : Commençons dans la joie le temps du jeûne, * engageons le combat spirituel, * purifions l’âme, purifions la chair, * abstenons-nous de toute passion, comme de nourriture, * pour goûter aux vertus de l’Esprit en persévérant dans leur désir, * afin d’être rendus dignes de contempler * la Passion vénérable du Christ Dieu ** et, dans l’allégresse spirituelle, sa sainte Pâque.
8. Du vénérable Père Auxence, ton 4 : Auxence, en l’ascèse croissant, * de Dieu tu reçus * l’augmentation de tes charismes pour guérir les maladies * et chasser les démons * en invoquant le Christ avec foi, Père bienheureux ; * alors, comblé de la puissance de l’Esprit * et de sa grâce divine, tu as atteint, ** sous sa conduite, le havre de la paix.
9. Du vénérable Père Auxence, ton 4 : Ayant purifié ton esprit, * tu reçus la grâce des miracles et des guérisons ; * en effet, tu avais repoussé loin de toi * le mal des passions, le brouillard et la tempête de la chair * et changé le climat de ton âme en un temps radieux ; * c’est pourquoi tu es devenu resplendissant * en l’assemblée des Moines saints, * où tu pries l’Ami des hommes pour les fidèles t’acclamant.
10. Du vénérable Père Auxence, ton 4 : Tu as accru le talent * qui te fut confié, Bienheureux, * en le faisant fructifier abondamment; * ayant semé dans les larmes, tu moissonnes à présent dans la joie, * recueillant au centuple allégresse et jubilation ; * grâce au crédit que tu possèdes auprès du Christ, * supplie le Maître en faveur ** de qui te chante, Père Auxence porteur-de-Dieu.
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Théotokion des Ménées, au 14 février, ton 4 : A mon âme faible et relâchée, * Vierge Mère, immaculée, * accorde puissance et vigueur, * pour qu’en la crainte et l’amour * elle accomplisse les commandements de ton divin Fils ; * alors j’échapperai au feu dévorant * et grâce à toi je recevrai l’héritage du ciel * et la vie sans fin, dans l’éternelle exultation.

Entrée – Lumière joyeuse

Grand prokimenon de vêpres :
R/. Ne détourne pas ta Face de ton serviteur, car je suis dans l’affliction ; * hâte-Toi de m’exaucer. Prête attention à mon âme, et délivre-la. (Psaume 68, 18-19)
V/. Que ton salut, ô Dieu, vienne me secourir. (Psaume 68, 30)
V/. Que les pauvres voient et se réjouissent. (Psaume 68, 33)
V/. Cherchez Dieu, et votre âme vivra. (Psaume 68, 33)

Litanie ardente – prière de vêpres – Litanies de demandes.

Apostiches, ton 4
1. Ta grâce a resplendi, Seigneur, * et nos âmes sont illuminées. * Voici le temps favorable, voici le temps du repentir ; * laissons les œuvres des ténèbres * et revêtons les armes de lumière, * afin de traverser le vaste océan du jeûne, * et de parvenir à la Résurrection du troisième jour ** de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, qui sauve nos âmes.
V/. J’ai levé les yeux vers Toi qui habites dans les cieux. Comme les yeux des serviteurs sont fixés sur la main de leurs maîtres, comme les yeux de la servante sont fixés sur la main de sa maîtresse, ainsi nos yeux sont tournés vers le Seigneur, notre Dieu, jusqu’à ce qu’Il nous fasse miséricorde.
2. (On répète le premier).
V/. Aie pitié de nous, Seigneur, aie pitié de nous, car nous avons été par trop rassasiés de mépris, notre âme a été par trop rassasiée de l’opprobre des nantis et du mépris des orgueilleux. (Psaume 122, 3-4)
3. Ô Christ notre Dieu, * Toi qui es glorifié dans la mémoire de tes saints, ** par leurs supplications, accorde-nous la grande miséricorde.
V/. Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit. Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.
4. Théotokion : Les ordres des anges te glorifient, * ô Mère de Dieu, toute pure, * toi qui as enfanté Dieu, coéternel au Père et à l’Esprit, * qui par sa volonté a créé du néant les puissances des anges. * Prie-Le, ô Toute-pure, ** de sauver et d’illuminer les âmes de ceux qui te chantent dans la vraie foi.

Cantique de Siméon – Trisaghion & Oraison dominicale

Tropaire apolytikia de Carême, ton 4 :
1. Vierge Mère de Dieu, * réjouis-Toi, Marie, pleine de grâce, * le Seigneur est avec Toi ; * Tu es bénie entre toutes les femmes, * et béni est le fruit de ton sein, ** car Tu as enfanté le Sauveur de nos âmes.
On fait ici une grande métanie.
2. Baptiste du Christ, * souviens-toi de nous tous, * afin que nous soyons délivrés de nos iniquités ; ** car tu as reçu la grâce d’intercéder pour nous.
On fait ici une grande métanie.
3. Priez pour nous, saints apôtres et vous, tous les saint ; * afin que nous soyons délivrés des dangers et des peines, * car en vous nous possédons de fervents défenseurs ** auprès du Sauveur.
On fait ici une grande métanie.
4. Sous ta miséricorde nous nous réfugions, ô Mère de Dieu, * ne méprise pas les supplications que nous T’adressons dans l’adversité, * mais délivre-nous des dangers, * Toi seule pure, seule bénie.

Prières finales – Prière de saint Ephrem le Syrien – Conclusion des vêpres & renvoi

Rit du pardon avec le chant des stichères de Pâques.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.
Télécharger le livret des vêpres de l’entrée en Carême pour l’année 2017.

Programme du dimanche de l’expulsion d’Adam du Paradis – ton 8

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 13 mars 2016 du calendrier grégorien – 29 février 2016 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VIII de l’Octoèque. Le dimanche de l’expulsion d’Adam du Paradis perdu est aussi appelé dimanche de la Tyrophagie car ce jour est le dernier jour de la semaine de la Tyrophagie, où les fidèles peuvent encore user des laitages. Ce dimanche est le dernier jour avant le grand Carême, lequel commence à l’entrée des vêpres du soir. Techniquement, ce dimanche correspond au Ier dimanche de Carême dans la tradition latine (en Occident, le jeûne de Carême commençait aussi jusqu’à saint Grégoire le Grand au lundi suivant ce dimanche ; c’est toujours le cas dans les rits ambrosien & mozarabe).

Les vêpres de ce dimanche soir appartiennent déjà liturgiquement au lendemain lundi, qui est le premier jour du jeûne du Carême dans le rit byzantin. Cet office des vêpres du dimanche soir est donc le premier office du Carême byzantin.

« Sur nos âmes a brillé la lumière de ta grâce, Seigneur ; * voici le temps favorable, voici le temps de la conversion ; rejetons les œuvres de ténèbre et des armes de lumière revêtons-nous, * afin que, l’océan du Carême traversé, * nous atteignions le havre de la Résurrection, le troisième jour, * avec notre Seigneur Jésus-Christ, * le Sauveur de nos âmes. » (premier stichère idiomèle des apostiches).

Dans le rit byzantin, l’entrée en Carême se fait à l’entrée du clergé dans le sanctuaire après le chant du lucernaire de ces vêpres du dimanche soir, à l’issue desquelles se déroulent dans la tradition russe le rit émouvant du pardon : le célébrant demande pardon à tous pour les blessures et les offenses qu’il a pu causer ; tous se demandent alors pardon tandis que le chœur a pris récemment coutume de chanter les stichères de Pâques (rien n’est prescrit à cet endroit par le Typikon ; dans certains lieux, on a pris coutume de chanter le psaume 136 « Sur le bord des fleuves de Babylone » ou les stichères du psaume 50 de l’Avant-Carême : « Ouvre-moi les portes de la pénitence »). Les stichères de Pâques sont chantés à ce moment comme un avant-goût de la joie pascale qui nous attend au terme du Carême, mais aussi en raison du pardon mutuel & de la fraternité chrétienne véritable qu’ils chantent :

« C’est le jour de la Résurrection, * soyons illuminés par le triomphe, * embrassons-nous les uns les autres, * disons : « Frères », * même à ceux qui nous haïssent ; * pardonnons tout dans la Résurrection. »

Aux vêpres du pardon les stichères de Pâques sont chantés tout doucement à mi-voix par le chœur ; elles seront proclamées à pleine voix dans la nuit de la résurrection.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du Triode.

A la divine liturgie

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical occurrent et quatre tropaires de la 6ème ode du canon du Triode (de Christophe l’hymnographe) :
1. Souviens-toi de nous, Christ Sauveur du monde, * comme sur la croix tu t’es souvenu du bon Larron, * & rends-nous dignes, seul Seigneur compatissant, ** d’avoir tous notre part en ton royaume, dans les cieux.
2. Adam, écoute, avec Eve, réjouis-toi, * car celui qui jadis vous dépouilla tous les deux * & dont la ruse nous rendit captifs ** est anéanti par la Croix du Christ.
3. Sur l’arbre de la croix, Sauveur, tu acceptas d’être cloué * pour sauver Adam de la malédiction méritée sous l’arbre défendu * et lui rendre la ressemblance à ton image, Dieu de bonté, ** ainsi que le bonheur d’habiter le Paradis.
4. En ce jour le Christ est ressuscité du tombeau, * à tout fidèle accordant l’incorruptible vie ; * aux Myrrophores il donne l’annonce de la joie ** après ses Souffrances & sa divine Résurrection.
5. Sages Myrrophores, réjouissez-vous * qui les premières avez vu la Résurrection du Christ * & qui à ses Apôtres avez annoncé ** la restauration du monde entier.
6. Vous les Apôtres, amis du Christ en cette vie * & destinés à partager son trône dans la gloire du ciel, * comme Disciples intercédez auprès de lui ** pour que sans crainte devant son trône nous puissions nous présenter.
7. Lorsque je vois * l’océan de cette vie * soulevé par la tempête des tentations, * j’accours à ton havre de paix * et je crie, O Dieu de bonté : ** A la fosse rachète ma vie.
8. Sauveur, au Paradis * tu m’avais revêtu, dans ta bonté, * d’un vêtement divin ; * mais, séduit par le démon, * j’ai violé ton commandement ** et, malheureux, j’ai reconnu, ma nudité.
9. Pauvre âme, tu t’es éloignée, * dans ta négligence, de Dieu ; * le Paradis de délices te fut ravi * et des Anges tu fus séparée ; * dans la fosse tu es tombée : ** quelle chute, ce jour-là !
10. Fais-moi grâce et prends pitié, * Seigneur tout-puissant ; * Dieu de bonté, ne méprise pas * l’ouvrage de tes mains, * bien que je me sois éloigné ** du cortège de tes Saints.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 8 : Tu es descendu des hauteurs, ô Plein de bonté ! * Tu as accepté l’ensevelissement de trois jours, * afin de nous délivrer de nos passions, ** ô notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi !
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Kondakion du Triode, ton 6 : Guide de sagesse & maître de savoir, * pédagogue qui nous donnes la raison, * protecteur des pauvres, fortifie & instruis mon cœur, * acccorde-moi de chanter : ** Dieu de tendresse, aie pitié de moi, pauvre pécheur.

Prokimen
Du Triode, ton 8 :
R/. Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur, notre Dieu (Psaume 75, 12).
V/. Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand (Psaume 75, 2).

Epître
Du dimanche de l’expulsion d’Adam : Romains (§ 112), XIII, 11 – XIV, 4.
La nuit est déjà fort avancée, et le jour s’approche ; quittons donc les œuvres de ténèbres, et revêtons-nous des armes de lumière.

Alleluia
Du Triode, ton 6 :
V/. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
V/. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).

Evangile
Du dimanche de l’expulsion d’Adam : Matthieu (§ 17), VI, 14-21.
Car si vous pardonnez aux hommes les fautes qu’ils font, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez point aux hommes leurs fautes, votre Père ne vous pardonnera point non plus vos péchés.

Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

La divine liturgie sera suivie directement des

vêpres d’entrée en Carême

Lucernaire, ton 8
4 stichères de l’octoèque, ton 8 (deux des vêpres du dimanche soir, deux des apostiches des matines du lundi matin), 3 stichères du Triode, ton 2 & 3 stichères des Ménées (au 1er mars : de la Vénérable Mère Martyre Eudocie), ton 4. Théotokion des Ménées, ton 6..
5. Du Triode, par saint Joseph l’Hymnographe († 886), ton 2 : Entrant dans le stade divin du jeûne purificateur, * hâtons-nous, par la tempérance, de rendre humble la chair, * par les prières et les larmes, recherchons le Seigneur qui nous sauve, * oublions définitivement tout mal et clamons : * Christ Roi, nous avons péché contre Toi, * sauve-nous comme jadis Tu as sauvé les Ninivites ** et, dans ta tendresse, rends-nous participants du Royaume céleste.
6. Du Triode, par saint Joseph l’Hymnographe († 886), ton 2 : Seigneur, je désespère de moi-même, * à la pensée de mes oeuvres qui méritent le châtiment, * car voici, Sauveur, j’ai négligé tes saints commandements * et j’ai dépensé ma vie dans le péché. * Aussi, je T’implore, Toi le seul miséricordieux, * purifie-moi dans les flots du repentir, * illumine-moi par le jeûne et la prière * et ne Te détourne pas de moi, ô Très-bon, ** Toi qui combles de biens l’univers.
7. Du Triode, par saint Théodore Studite (759 † 826), ton 2 : Commençons dans la joie le temps du jeûne, * engageons le combat spirituel, * purifions l’âme, purifions la chair, * abstenons-nous de toute passion, comme de nourriture, * pour goûter aux vertus de l’Esprit en persévérant dans leur désir, * afin d’être rendus dignes de contempler * la Passion vénérable du Christ Dieu ** et, dans l’allégresse spirituelle, sa sainte Pâque.
8. De la Vénérable Mère Martyre Eudocie, ton 4 : Par l’ascèse et la tempérance, tout d’abord, * ayant fait cesser les élans de la chair, * ensuite, par ton combat de martyre tu renversas, * bienheureuse Eudocie, * les pièges de l’ennemi * et remportas la victoire sur lui; * aussi, pour ton double exploit te couronna ** l’Ami des hommes et le Sauveur de nos âmes, Jésus.
9. De la Vénérable Mère Martyre Eudocie, ton 4 : Dans les sillons de ton cœur * c’est le grain semé par Dieu * qu’en bonne terre, sous la divine inspiration, tu reçus * et tu lui fis produire en vérité * l’épi du témoignage au centuple fruit, * que tu déposas dans les mystiques greniers * par la force de l’Esprit qui t’avait transformée ** et changée en mieux par sa grâce, vénérable Eudocie.
10. De la Vénérable Mère Martyre Eudocie, ton 4 : Tu as ressuscité des morts * par ta vivifiante invocation, * illustre Eudocie, toi qui avais mis à mort sagement * sous les peines de la tempérance les passions corporelles ; * et maintenant tu habites les cieux avec les Martyrs, * ayant mené ta course d’athlète à bonne fin * grâce à la collaboration de l’Esprit ; ** désormais tu intercèdes pour tout fidèle t’exaltant.
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Théotokion des Ménées, au 1er mars : Réjouis-toi, qui as l’aspect du soleil * et du Soleil fus le char réservé, * d’où resplendit l’insaisissable Clarté, * réjouis-toi, dont l’esprit rayonne de divine splendeur, * éclat fulgurant dont s’illumine le monde entier, * colombe aux reflets d’or, toute belle, immaculée, * qui fis briller pour les croyants ** la lumière n’ayant pas de couchant.

Entrée – Lumière joyeuse
Grand prokimenon de vêpres :
R/. Ne détourne pas ta Face de ton serviteur, car je suis dans l’affliction ; * hâte-Toi de m’exaucer. Prête attention à mon âme, et délivre-la. (Psaume 68, 18-19)
V/. Que ton salut, ô Dieu, vienne me secourir. (Psaume 68, 30)
V/. Que les pauvres voient et se réjouissent. (Psaume 68, 33)
V/. Cherchez Dieu, et votre âme vivra. (Psaume 68, 33)

Litanie ardente – prière de vêpres – Litanies de demandes.

Apostiches, ton 4
1. Du Triode, par saint Joseph l’Hymnographe († 886), ton 2 : Ta grâce a resplendi, Seigneur, * et nos âmes sont illuminées. * Voici le temps favorable, voici le temps du repentir ; * laissons les œuvres des ténèbres * et revêtons les armes de lumière, * afin de traverser le vaste océan du jeûne, * et de parvenir à la Résurrection du troisième jour ** de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, qui sauve nos âmes.
V/. J’ai levé les yeux vers Toi qui habites dans les cieux. Comme les yeux des serviteurs sont fixés sur la main de leurs maîtres, comme les yeux de la servante sont fixés sur la main de sa maîtresse, ainsi nos yeux sont tournés vers le Seigneur, notre Dieu, jusqu’à ce qu’Il nous fasse miséricorde.
2. (On répète le premier).
V/. Aie pitié de nous, Seigneur, aie pitié de nous, car nous avons été par trop rassasiés de mépris, notre âme a été par trop rassasiée de l’opprobre des nantis et du mépris des orgueilleux. (Psaume 122, 3-4)
3. Ô Christ notre Dieu, * Toi qui es glorifié dans la mémoire de tes saints, ** par leurs supplications, accorde-nous la grande miséricorde.
V/. Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit. Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.
4. Théotokion : Les ordres des anges te glorifient, * ô Mère de Dieu, toute pure, * toi qui as enfanté Dieu, coéternel au Père et à l’Esprit, * qui par sa volonté a créé du néant les puissances des anges. * Prie-Le, ô Toute-pure, ** de sauver et d’illuminer les âmes de ceux qui te chantent dans la vraie foi.

Cantique de Siméon – Trisaghion & Oraison dominicale

Tropaire apolytikia de Carême, ton 4 :
1. Vierge Mère de Dieu, * réjouis-Toi, Marie, pleine de grâce, * le Seigneur est avec Toi ; * Tu es bénie entre toutes les femmes, * et béni est le fruit de ton sein, ** car Tu as enfanté le Sauveur de nos âmes.
On fait ici une grande métanie.
2. Baptiste du Christ, * souviens-toi de nous tous, * afin que nous soyons délivrés de nos iniquités ; ** car tu as reçu la grâce d’intercéder pour nous.
On fait ici une grande métanie.
3. Priez pour nous, saints apôtres et vous, tous les saint ; * afin que nous soyons délivrés des dangers et des peines, * car en vous nous possédons de fervents défenseurs ** auprès du Sauveur.
On fait ici une grande métanie.
4. Sous ta miséricorde nous nous réfugions, ô Mère de Dieu, * ne méprise pas les supplications que nous T’adressons dans l’adversité, * mais délivre-nous des dangers, * Toi seule pure, seule bénie.

Prières finales – Prière de saint Ephrem le Syrien – Conclusion des vêpres & renvoi

Rit du pardon avec le chant des stichères de Pâques

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.
Télécharger le livret commun des Dimanches d’Avant-Carême.
Télécharger le livret des vêpres de l’entrée en Carême pour l’année 2016.

Programme du dimanche de l’expulsion d’Adam du Paradis – ton 4

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 22 février 2015 du calendrier grégorien – 9 février 2015 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Le dimanche de l’expulsion d’Adam du Paradis perdu est aussi appelé dimanche de la Tyrophagie car ce jour est le dernier jour de la semaine de la Tyrophagie, où les fidèles peuvent user de laitage. Ce dimanche est le dernier jour avant le grand Carême, lequel commence à l’entrée des vêpres du soir. Techniquement, ce dimanche correspond au Ier dimanche de Carême dans la tradition latine (en Occident, le jeûne de Carême commençait aussi jusqu’à saint Grégoire le Grand au lundi suivant ce dimanche ; c’est toujours le cas dans les rits ambrosien & mozarabe).

Les vêpres de ce dimanche soir appartiennent déjà liturgiquement au lendemain lundi, qui est le premier jour du jeûne du Carême dans le rit byzantin. Cet office des vêpres du dimanche soir est donc le premier office du Carême byzantin.

« Sur nos âmes a brillé la lumière de ta grâce, Seigneur ; * voici le temps favorable, voici le temps de la conversion ; rejetons les œuvres de ténèbre et des armes de lumière revêtons-nous, * afin que, l’océan du Carême traversé, * nous atteignions le havre de la Résurrection, le troisième jour, * avec notre Seigneur Jésus-Christ, * le Sauveur de nos âmes. » (premier stichère idiomèle des apostiches).

Dans le rit byzantin, l’entrée en Carême se fait à l’entrée du clergé dans le sanctuaire après le chant du lucernaire de ces vêpres du dimanche soir, à l’issue desquelles se déroulent dans la tradition russe le rit émouvant du pardon : le célébrant demande pardon à tous pour les blessures et les offenses qu’il a pu causer ; tous se demandent alors pardon tandis que le chœur a pris récemment coutume de chanter les stichères de Pâques (rien n’est prescrit à cet endroit par le Typikon ; dans certains lieux, on a pris coutume de chanter le psaume 136 « Sur le bord des fleuves de Babylone » ou les stichères du psaume 50 de l’Avant-Carême : « Ouvre-moi les portes de la pénitence »). Les stichères de Pâques sont chantés à ce moment comme un avant-goût de la joie pascale qui nous attend au terme du Carême, mais aussi en raison du pardon mutuel & de la fraternité chrétienne véritable qu’ils chantent :

« C’est le jour de la Résurrection, * soyons illuminés par le triomphe, * embrassons-nous les uns les autres, * disons : « Frères », * même à ceux qui nous haïssent ; * pardonnons tout dans la Résurrection. »

Aux vêpres du pardon les stichères de Pâques sont chantés tout doucement à mi-voix par le chœur ; elles seront proclamées à pleine voix dans la nuit de la résurrection.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du Triode.

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical occurrent et quatre tropaires de la 6ème ode du canon du Triode :

1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Pour nous l’Impassible devient homme de douleur * et sur la croix se laisse clouer, * afin de nous ressusciter avec lui ; * aussi nous glorifions avec la Croix * les Souffrances & la sainte Résurrection * par lesquelles nous fûmes rénovés, * obtenant le salut en criant : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
6. Ressuscité d’entre les morts * et dépouillant l’empire de la Mort, * il apparut aux Myrrophores, leur annonçant la joie ; * et nous fidèles, prions-le * d’épargner à nos âmes la corruption, * lui répétant sans cesse la parole du bon Larron : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
7. Lorsque je vois * l’océan de cette vie * soulevé par la tempête des tentations, * j’accours à ton havre de paix * et je crie, O Dieu de bonté : ** A la fosse rachète ma vie.
8. Sauveur, au Paradis * tu m’avais revêtu, dans ta bonté, * d’un vêtement divin ; * mais, séduit par le démon, * j’ai violé ton commandement ** et, malheureux, j’ai reconnu, ma nudité.
9. Pauvre âme, tu t’es éloignée, * dans ta négligence, de Dieu ; * le Paradis de délices te fut ravi * et des Anges tu fus séparée ; * dans la fosse tu es tombée : ** quelle chute, ce jour-là !
10. Fais-moi grâce et prends pitié, * Seigneur tout-puissant ; * Dieu de bonté, ne méprise pas * l’ouvrage de tes mains, * bien que je me sois éloigné ** du cortège de tes Saints.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleine de fierté, aux apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Kondakion du Triode, ton 6 : Guide de sagesse & maître de savoir, * pédagogue qui nous donnes la raison, * protecteur des pauvres, fortifie & instruis mon cœur, * acccorde-moi de chanter : ** Dieu de tendresse, aie pitié de moi, pauvre pécheur.

Prokimen
Du Triode, ton 8 :
R/. Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur, notre Dieu (Psaume 75, 12).
V/. Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand (Psaume 75, 2).

Epître
Du dimanche de l’expulsion d’Adam : Romains (§ 112), XIII, 11 – XIV, 4.
La nuit est déjà fort avancée, et le jour s’approche ; quittons donc les œuvres de ténèbres, et revêtons-nous des armes de lumière.

Alleluia
Du Triode, ton 6 :
V/. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
V/. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).

Evangile
Du dimanche de l’expulsion d’Adam : Matthieu (§ 17), VI, 14-21.
Car si vous pardonnez aux hommes les fautes qu’ils font, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez point aux hommes leurs fautes, votre Père ne vous pardonnera point non plus vos péchés.

Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

La divine liturgie sera suivie directement des vêpres d’entrée en Carême.

Au lucernaire, ton 3
4 stichères de l’octoèque, ton 4 (deux des vêpres du dimanche soir, deux des apostiches des matines du lundi matin), 3 stichères du Triode, ton 2 & 3 stichères des Ménées (au 10 février : du saint hiéromartyr Charalampès le Thaumaturge), ton 6. Théotokion des Ménées, ton 6..
5. Du Triode, par saint Joseph l’Hymnographe († 886), ton 2 : Entrant dans le stade divin du jeûne purificateur, * hâtons-nous, par la tempérance, de rendre humble la chair, * par les prières et les larmes, recherchons le Seigneur qui nous sauve, * oublions définitivement tout mal et clamons : * Christ Roi, nous avons péché contre Toi, * sauve-nous comme jadis Tu as sauvé les Ninivites ** et, dans ta tendresse, rends-nous participants du Royaume céleste.
6. Du Triode, par saint Joseph l’Hymnographe († 886), ton 2 : Seigneur, je désespère de moi-même, * à la pensée de mes oeuvres qui méritent le châtiment, * car voici, Sauveur, j’ai négligé tes saints commandements * et j’ai dépensé ma vie dans le péché. * Aussi, je T’implore, Toi le seul miséricordieux, * purifie-moi dans les flots du repentir, * illumine-moi par le jeûne et la prière * et ne Te détourne pas de moi, ô Très-bon, ** Toi qui combles de biens l’univers.
7. Du Triode, par saint Théodore Studite (759 † 826), ton 2 : Commençons dans la joie le temps du jeûne, * engageons le combat spirituel, * purifions l’âme, purifions la chair, * abstenons-nous de toute passion, comme de nourriture, * pour goûter aux vertus de l’Esprit en persévérant dans leur désir, * afin d’être rendus dignes de contempler * la Passion vénérable du Christ Dieu ** et, dans l’allégresse spirituelle, sa sainte Pâque.
8. Du saint hiéromartyr Charalampès le Thaumaturge, ton 6 : Dès ta jeunesse consacré * tout entier au Seigneur, * tu l’as chéri, et tu marchas sur ses traces ; * purifié de toute souillure des passions, * tu as reçu de Dieu le pouvoir de guérir * et de faire des miracles prodigieux ; * et tu rendis témoignage en demeurant * inébranlable sous les coups des châtiments, * par la puissance de celui * qui fut immolé sur la croix ; ** sans cesse intercède pour nos âmes auprès de lui.
9. Du saint hiéromartyr Charalampès le Thaumaturge, ton 6 : Les clous pénétrèrent dans ton corps, * mais tu l’enduras patiemment * en invincible athlète, bienheureux Charalampès ; * et, malgré les supplices qui te broyaient, * tu gardas ton âme sans changement * et demeuras inviolable en ton esprit ; * car au plus profond de ton cœur * brûlait l’amour de Dieu, qui te permit * de supporter toute sorte de châtiment, * victorieux Martyr ayant pris part aux souffrances du Christ ; ** avec confiance, intercède pour nos âmes auprès de lui.
10. Du saint hiéromartyr Charalampès le Thaumaturge, ton 6 : Tu as obtenu, par ton combat de martyr * l’inestimable gloire, la claire joie * et l’éternelle jubilation, * prêtre saint, athlète vénérable, vaillant soldat * qui as submergé sous les flots de ton sang * les troupes d’assaut du dragon ; * toi dont la prière ressuscita les morts par grâce de Dieu, ** avec confiance, intercède pour nos âmes auprès de lui.
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Théotokion des Ménées, au 18 février : Blessé par le brigandage des démons * et gisant sans forces sur le chemin * de cette vie inconstante, j’ai besoin * de ta miséricorde, Vierge tout-immaculée : * viens vite me visiter, en répandant * le vin et l’huile sur mes plaies incurables, * et rends-moi la santé, * afin que je puisse te glorifier * et chanter avec amour, comme il se doit, ** Mère toute-pure et toujours-vierge, tes hauts faits.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Télécharger le livret commun des Dimanches d’Avant-Carême.

Programme du dimanche de l’expulsion d’Adam du Paradis – ton 3

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 2 mars 2014 du calendrier grégorien – 17 février 2014 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Le dimanche de l’expulsion d’Adam du Paradis perdu est aussi appelé dimanche de la Tyrophagie car ce jour est le dernier jour de la semaine de la Tyrophagie, où les fidèles peuvent user de laitage. Ce dimanche est le dernier jour avant le grand Carême, lequel commence à l’entrée des vêpres du soir. Techniquement, ce dimanche correspond au Ier dimanche de Carême dans la tradition latine (en Occident, le jeûne de Carême commençait aussi jusqu’à saint Grégoire le Grand au lundi suivant ce dimanche ; c’est toujours le cas dans les rits ambrosien & mozarabe).

Les vêpres de ce dimanche soir appartiennent déjà liturgiquement au lendemain lundi, qui est le premier jour du jeûne du Carême dans le rit byzantin. Cet office des vêpres du dimanche soir est donc le premier office du Carême byzantin.

« Sur nos âmes a brillé la lumière de ta grâce, Seigneur ; * voici le temps favorable, voici le temps de la conversion ; rejetons les œuvres de ténèbre et des armes de lumière revêtons-nous, * afin que, l’océan du Carême traversé, * nous atteignions le havre de la Résurrection, le troisième jour, * avec notre Seigneur Jésus-Christ, * le Sauveur de nos âmes. » (premier stichère idiomèle des apostiches).

Dans le rit byzantin, l’entrée en Carême se fait à l’entrée du clergé après le chant du lucernaire de ces vêpres, à l’issue desquelles se déroulent dans la tradition russe le rit émouvant du pardon : le célébrant demande pardon à tous pour les blessures et les offenses qu’il a pu causer ; tous se demandent alors pardon tandis que le chœur a pris récemment coutume de chanter les stichères de Pâques (rien n’est prescrit à cet endroit par le Typikon ; dans certains lieux, on a pris coutûme de chanter le psaume 136 « Sur le bord des fleuves de Babylone » ou les stichères du psaume 50 de l’Avant-Carême : « Ouvre-moi les portes de la pénitence »). Les stichères de Pâques sont chantés à ce moment comme un avant-goût de la joie pascale qui nous attend au terme du Carême, mais aussi en raison du pardon mutuel & de la fraternité chrétienne véritable qu’ils chantent :

« C’est le jour de la Résurrection, * soyons illuminés par le triomphe, * embrassons-nous les uns les autres, * disons : « Frères », * même à ceux qui nous haïssent ; * pardonnons tout dans la Résurrection. »

Aux vêpres du pardon les stichères de Pâques sont chantés tout doucement à mi-voix par le chœur ; elles seront proclamées à pleine voix dans la nuit de la résurrection.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du Triode.

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical occurrent et quatre tropaires de la 6ème ode du canon du Triode :

1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Aux Myrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant : Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
7. Lorsque je vois * l’océan de cette vie * soulevé par la tempête des tentations, * j’accours à ton havre de paix * et je crie, 0 Dieu de bonté : ** A la fosse rachète ma vie.
8. Sauveur, au Paradis * tu m’avais revêtu, dans ta bonté, * d’un vêtement divin ; * mais, séduit par le démon, * j’ai violé ton commandement ** et, malheureux, j’ai reconnu, ma nudité.
9. Pauvre âme, tu t’es éloignée, * dans ta négligence, de Dieu ; * le Paradis de délices te fut ravi * et des Anges tu fus séparée ; * dans la fosse tu es tombée : ** quelle chute, ce jour-là !
10. Fais-moi grâce et prends pitié, * Seigneur tout-puissant ; * Dieu de bonté, ne méprise pas * l’ouvrage de tes mains, * bien que je me sois éloigné ** du cortège de tes Saints.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Kondakion du Triode, ton 6 : Guide de sagesse & maître de savoir, * pédagogue qui nous donnes la raison, * protecteur des pauvres, fortifie & instruis mon cœur, * acccorde-moi de chanter : ** Dieu de tendresse, aie pitié de moi, pauvre pécheur.

Prokimen
Du Triode, ton 8 :
R/. Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur, notre Dieu (Psaume 75, 12).
V/. Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand (Psaume 75, 2).

Epître
Du dimanche de l’expulsion d’Adam : Romains (§ 112), XIII, 11 – XIV, 4
La nuit est déjà fort avancée, et le jour s’approche ; quittons donc les œuvres de ténèbres, et revêtons-nous des armes de lumière.

Alleluia
Du Triode, ton 6 :
V/. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
V/. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).

Evangile
Du dimanche de l’expulsion d’Adam : Matthieu (§ 17), VI, 14-21
Car si vous pardonnez aux hommes les fautes qu’ils font, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez point aux hommes leurs fautes, votre Père ne vous pardonnera point non plus vos péchés.

Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

La divine liturgie sera suivie directement des vêpres d’entrée en Carême.

Au lucernaire, ton 3
4 stichères de l’octoèque, ton 3 (deux des vêpres du dimanche soir, deux des apostiches des matines du lundi matin), 3 stichères du Triode, ton 2 & 3 stichères des Ménées (au 18 février : saint Léon, pape de Rome), ton 8. Théotokion des Ménées, ton 8..
5. Du Triode, par saint Joseph l’Hymnographe († 886), ton 2 : Entrant dans le stade divin du jeûne purificateur, * hâtons-nous, par la tempérance, de rendre humble la chair, * par les prières et les larmes, recherchons le Seigneur qui nous sauve, * oublions définitivement tout mal et clamons : * Christ Roi, nous avons péché contre Toi, * sauve-nous comme jadis Tu as sauvé les Ninivites ** et, dans ta tendresse, rends-nous participants du Royaume céleste.
6. Du Triode, par saint Joseph l’Hymnographe († 886), ton2 : Seigneur, je désespère de moi-même, * à la pensée de mes oeuvres qui méritent le châtiment, * car voici, Sauveur, j’ai négligé tes saints commandements * et j’ai dépensé ma vie dans le péché. * Aussi, je T’implore, Toi le seul miséricordieux, * purifie-moi dans les flots du repentir, * illumine-moi par le jeûne et la prière * et ne Te détourne pas de moi, ô Très-bon, ** Toi qui combles de biens l’univers.
7. Du Triode, par saint Théodore Studite (759 † 826), ton 2 : Commençons dans la joie le temps du jeûne, * engageons le combat spirituel, * purifions l’âme, purifions la chair, * abstenons-nous de toute passion, comme de nourriture, * pour goûter aux vertus de l’Esprit en persévérant dans leur désir, * afin d’être rendus dignes de contempler * la Passion vénérable du Christ Dieu ** et, dans l’allégresse spirituelle, sa sainte Pâque.
8. De saint Léon le Grand, ton 8 : Sagement, de ton esprit * ayant fait le maître absolu des passions, * avec les traits de tes vertus et l’éclat de ta vie * tu as peint l’image de ton âme, bienheureux Père Léon ; * c’est pourquoi nous t’en prions: * comme Pontife et Docteur, ** demande pour le monde la paix.
9. De saint Léon le Grand, ton 8 : Fortifié, Bienheureux, * par la puissance du Christ, * tu n’as pas craint la dureté de Léon l’empereur, * saint Pontife, mais au contraire tu as blâmé * l’inconstance de son âme et son ingratitude, en vérité, * son hérésie sur la nature divine du Christ ** et son comportement déloyal.
10. De saint Léon le Grand, ton 8 : Tu es devenu, par ta foi, * le compagnon des saints Hiérarques et des Martyrs, * bienheureux Pontife qui t’es montré * invincible au milieu des combats, * indestructible donjon, inébranlable rempart, * toi dont la doctrine fut tout à fait conforme à la vraie foi ** et qui prêchas si clairement sur l’ineffable nativité du Seigneur.
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Théotokion des Ménées, au 18 février :La source de vie éternelle, * c’est toi, notre Dame, nous le savons: * en ta grâce vivifie donc * ma pauvre âme desséchée par les passions; * sans cesse fais jaillir * les flots du salut * et sur moi laisse couler, * par tes prières, la rémission de mes péchés ** et purifie-moi, je t’en prie.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Télécharger le livret commun des Dimanches d’Avant-Carême.

Le temps d’Avant-Carême (Septuagésime) dans les liturgies chrétiennes : antiquité & universalité

SeptuagesimeDans toutes les anciennes liturgies chrétiennes, on retrouve une période préparatoire au grand jeûne du Carême, pendant laquelle les fidèles sont avertis de l’arrivée de cette période majeure de l’année liturgique, afin qu’ils puissent débuter progressivement les exercices d’ascèse qui les accompagneront jusqu’à Pâques. Cette période préparatoire au Carême dure en général 3 semaines dans la plupart des rites. Dans le rit romain, ces 3 dimanches portent les nom de Septuagésime, Sexagésime & Quinquagésime. Ces appellations proviennent du système de comptage en usage dans l’antiquité et désignent la décade dans laquelle tombe chacun de ces dimanches. Ils précèdent le premier dimanche de Carême (Quadragésime).

Les Eglises de traditions syriaque et copte ont conservé un état plus ancien comprenant des périodes de jeûne plus courtes, le jeûne des Ninivites et le jeûne d’Héraclius, à partir desquelles s’est probablement constituée la période d’Avant-Carême des autres rits.

Le souvenir de la fragilité humaine, la méditation sur les fins dernières et par conséquence la prières pour les morts sont des éléments récurrents de cette période liturgique.

Inexplicablement, le rit moderne de Paul VI a supprimé de son année liturgique ce temps d’Avant-Carême, qui avait pourtant pour lui à la fois l’antiquité & l’universalité.
 

Aux origines de l’Avant-Carême : le jeûne des Ninivites

Jonas & la baleine

« Le Seigneur parla une seconde fois à Jonas, et lui dit : Allez présentement en la grande ville de Ninive, et prêchez-y ce que je vous ordonne. Jonas partit aussitôt, et alla à Ninive, selon l’ordre du Seigneur : Ninive était une grande ville qui avait trois jours de chemin. Et Jonas y étant entré, y marcha pendant un jour ; et il cria en disant : Dans quarante jours Ninive sera détruite. Les Ninivites crurent Dieu ; ils ordonnèrent un jeûne public, et se couvrirent de sacs, depuis le plus grand jusqu’au plus petit. Cette nouvelle ayant été portée au roi de Ninive, il se leva de son trône, quitta ses habits, se couvrit d’un sac, et s’assit sur la cendre. Ensuite il fit crier partout et publier dans Ninive cet ordre, comme venant de la bouche du roi et de ses princes : Que les hommes, les chevaux, les bœufs et les brebis ne mangent rien, qu’on ne les mène point aux pâturages, et qu’ils ne boivent point d’eau. Que les hommes et les bêtes soient couverts de sacs, et qu’ils crient au Seigneur de toute leur force : que chacun se convertisse ; qu’il quitte sa mauvaise voie, et l’iniquité dont ses mains sont souillées. Qui sait si Dieu ne se retournera point vers nous pour nous pardonner, s’il n’apaisera point sa fureur et sa colère, et s’il ne changera point l’arrêt qu’il a donné pour nous perdre ? Dieu donc considéra leurs œuvres ; il vit qu’ils s’étaient convertis en quittant leur mauvaise voie ; et la compassion qu’il eut d’eux, l’empêcha de leur envoyer les maux qu’il avait résolu de leur faire. »
Jonas III.

Jonas est rejeté par la Baleine devant NinivePour commémorer le jeûne des Ninivites, les Eglises de Syrie instituèrent un jeûne qui se déroule à partir du lundi de la 3ème semaine avant le début du Carême (correspondant au lundi de la Septuagésime romaine). Ces jours de jeûne sont appelés Baʻūṯá d-Ninwáyé en syriaque, expression qu’on peut rendre par Rogation (ou Supplication) des Ninivites. Il semble que ce jeûne durait initialement toute la semaine, plus précisément du lundi au vendredi, car le jeûne du samedi et du dimanche sont inconnus en Orient (mais l’abstinence sans jeûne pouvait se prolonger pour ces deux jours) ; le jeûne de Ninive fut réduit ultérieurement à 3 jours : lundi, mardi et mercredi (le jeudi est devenu un « jour d’action de grâce des Ninivites » dans le rit assyro-chaldéen). Traditionnellement, on explique le chiffre de ces trois jours de jeûne par les trois jours passés par Jonas dans la baleine. Ce jeûne de Ninive, très strict, est toujours pratiqué par les différentes Eglises araméennes tant de tradition orientale (Eglise chaldéenne, Eglise assyrienne, Eglises syro-malabares) que de tradition occidentale (Eglises syriaques). On y lit le livre de Jonas cité ci-dessus (chez les Assyro-Chaldéens, à la messe du 3ème jour). Ce jeûne est resté très populaire, certains fidèles vont jusqu’à ne pas boire ni manger pendant les trois jours. Seule parmi les Eglises de tradition syriaque, l’Eglise maronite ne connait plus de nos jours le jeûne des Ninivites à proprement parler (mais cette Eglise a adopté la disposition qu’on retrouvera plus loin des trois dimanches de préparation au Grand Carême).

Les neufs saints syriens qui évangélisèrent les campagnes d'Ethiopie au VIème siècleL’Eglise copte d’Egypte, de même que l’Eglise éthiopienne, a reçu des Eglises syriennes cet usage de la Supplication des Ninivites. Dans la liturgie copte égyptienne, ces 3 jours de rogation en mémoire du Jeûne de Ninive (appelé aussi « Jeûne de Jonas ») suivent strictement les usages liturgiques de Carême (la messe est célébrée après vêpres, les hymnes sont chantées sur le ton de Carême & sans cymbales, les lectures sont lues dans le lectionnaire de Carême). Le jeûne de Ninive fut adopté par l’Eglise copte d’Egypte sous le 62ème patriarche d’Alexandrie, Abraham (ou Ephrem) (975 † 978), qui était d’origine syrienne. Il est possible que l’adoption du jeûne de Ninive en Ethiopie fusse plus ancienne (le premier évêque d’Axoum, saint Frumence, était syrien d’origine et l’Eglise d’Ethiopie fut réorganisée au VIème siècles par le groupe des neufs saints syriens, qui contribuèrent grandement à l’évangélisation des campagnes éthiopiennes. Le jeûne de Ninive (Soma Nanawe) est très sévère dans l’Eglise d’Ethiopie et nul ne peut s’en dispenser.

Saint Grégoire l'Illuminateur et le baptême de l'ArménieA quand remonte l’institution du jeûne des Ninivites chez les Syriaques ? Il est probable que ce jeûne fut pratiqué à une haute époque, en voici quelques indices. Saint Ephrem, diacre d’Edesse, compose des hymnes sur le jeûne des Ninivites (il semble que la période de jeûne soit alors d’une semaine et non de 3 jours comme aujourd’hui). L’Eglise arménienne connaît un jeûne de Ninive qui dure cinq jours : il commence le même lundi que les Eglises syriaques (3ème lundi avant le début du Carême) & s’arrête au vendredi suivant (où l’on fait mention de l’appel de Jonas aux Ninivites), soit une semaine complète (on ne jeûne jamais ni le samedi ni le dimanche chez les Arméniens, ce qui est une constante en Orient). Ces jours connaissent un jeûne et une abstinence sévères, semblable à ceux du grand Carême et les auteurs arméniens posent qu’ils ont été institués par saint Grégoire l’Illuminateur au moment de la conversion générale des Arméniens en 301. Il est probable que saint Grégoire l’Illuminateur ne faisait que reprendre une coutume déjà en vigueur chez les chrétiens syriaques voisins. L’institution de ce jeûne – qui paraît être ancienne chez les assyro-chaldéens, pourrait être passée (ou réactivée) au VIème siècle chez leurs cousins les syriaques jacobites par l’action de saint Maruthua, catholicos jacobite de Tagrit, à l’occasion d’une épidémie de peste dans la région de Ninive. Il est possible que la réduction du jeûne à 3 jours au lieu d’une semaine remonte à cette époque.
 

Aux origines de l’Avant-Carême : la semaine de la Quinquagésime, le jeûne d’Héraclius, la semaine de la Tyrophagie

En Orient comme en Occident, la semaine qui précède immédiatement le Carême se revêt très tôt d’un caractère pénitentiel : on y débute une première abstinence, celle des viandes. Rappelons que dans l’Eglise primitive, les chrétiens suivent un régime strictement végétalien durant tout le Carême. Au cours de la semaine qui précède immédiatement le Carême (Quinquagésime latine, Tyrophagie byzantine), si les viandes sont retranchées, en revanche les laitages, les œufs et les autres produits d’origine animale restent encore consommés.

Le Christ au désert servi par les Anges - Philippe de ChampaignePour mieux comprendre l’origine de cette semaine précédant le Carême, rappelons que celui-ci dure 7 semaines en Orient et 6 semaines en Occident. En Orient, où l’on ne jeûne ni le samedi (hormis le samedi saint) ni le dimanche, cela fait donc un Carême de 36 jours de jeûne. En Occident, où l’on jeûne le samedi mais jamais le dimanche, on arrivait donc (avant saint Grégoire le Grand) au compte identique de 36 jours de jeûne. Pour compenser les jours de jeûne manquants et atteindre le chiffre symbolique de 40 (les 40 jours de jeûne du Christ au désert) en tenant compte de la possible occurrence de fêtes qui suppriment le jeûne (principalement l’Annonciation), de pieux chrétiens choisirent d’anticiper d’une semaine le début officiel du Carême.

La communion de saint Grégoire le GrandLa suppression des viandes la semaine précédant le Carême est tôt attestée en Occident. Le dimanche de la Quinquagésime est appelé dans les anciens livres latins « Dominica ad carnes tollendas » ou « Dominica ad carnes levandas » (d’où le nom de Carnaval…), ce qui indiquait bien qu’on commençait à retrancher les viandes au lendemain de ce dimanche, pour ne passer au régime strictement végétalien du Carême que la semaine suivante. Le premier dimanche de Carême qui suit est lui qualifié de « in capite jejunii » (au début du jeûne). Rappelons qu’avant saint Grégoire le Grand, le Carême romain ne commençait qu’au lundi qui suit le premier dimanche de Carême (disposition conservée chez les Ambrosiens & chez les Mozarabes). Saint Grégoire fit commencer le jeûne au mercredi de la Quinquagésime afin d’arriver à un compte rond de 40 jours de jeûne (pour autant, le rit romain jusqu’à nos jours maintient l’ordonnance des offices de la Quinquagésime après le mercredi des Cendres, les rubriques propres au Carême ne commencent qu’aux premières vêpres du Ier dimanche de Carême).

Saint Léon le GrandL’institution du dimanche de la Quinquagésime est attribuée dans le Liber Pontificalis au pape saint Télesphore, 8ème pape de 125 à 136–138. Cette attribution est peut-être légendaire, mais comme la notice relative au pape Télesphore fut rédigée sous le pape saint Hormisdas (514 † 523), on peut en inférer que cet usage était déjà immémorial à cette époque pour pouvoir être attribué de façon plausible à un pontificat aussi ancien. Le sacramentaire léonien contient une messe de la Quinquagésime ; ses textes passent pour avoir été rédigés sous le pape Vigile vers 538.

En Orient, on peut suivre également les indices précoces de l’établissement de la Semaine de la Tyrophagie (Semaine des Laitages) une semaine avant le Carême. La pèlerine Egérie (Itinéraire 27, 1) rapporte dans son récit qu’une huitième semaine de pénitence était en usage à Jérusalem dès le IVème siècle. Au Vème – VIème siècle, les lectionnaires georgiens, qui témoignent de la liturgie de Jérusalem pour cette période, témoignent de l’existence de lectures particulières pour les deux dimanches qui précèdent le Carême.

Saint Dorothée de Gaza au VIème siècle témoigne que l’institution d’une semaine de pénitence en préambule du Carême est déjà ancienne et ne remonte pas à son temps :

« Ce sont les Pères qui, par la suite, convinrent d’ajouter une autre semaine, à la fois pour exercer à l’avance et comme pour disposer ceux qui vont se livrer au labeur du jeûne, & pour honorer ces jeûnes par le chiffre de la Sainte Quarantaine que notre Seigneur passa lui-même dans le jeûne. »
Dorothée de Gaza, Œuvres spirituelles XV, 159.

L'empereur Héraclius défait l'empereur perse ChosroèsL’usage d’une semaine d’ascèse immédiatement avant l’ouverture du Carême, déjà attesté avant le VIème siècle (Saint Sévère d’Antioche la compte dans sa description du Carême), va être sanctionné par des décisions officielles au VIIème siècle sous le règne d’Héraclius. L’origine du jeûne d’Héraclius est incertaine. La majorité des auteurs la met en relation avec les évènements de la guerre qui eut lieu entre l’Empire romain byzantin et l’Empire perse sassanide de 602 à 628, durant laquelle les populations juives de Palestine entrèrent en rébellion contre les chrétiens et le pouvoir de Constantinople et s’allièrent avec les troupes perses, ce qui aboutit à la chute de Jérusalem aux mains des Perses, à la perte de la relique de la Vraie Croix, emportée en Perse, et au massacre de 90 000 chrétiens. Lorsqu’en 629 Héraclius entra triomphalement dans Jérusalem reconquise par les troupes byzantines, toutes les églises chrétiennes, dont le Saint-Sépulchre, étaient ruinées ; l’empereur ordonna un massacre des milices juives rebelles, en dépit d’une promesse d’amnistie qu’il leur avait faite. En pénitence de ce parjure, le patriarche de l’Eglise de Jérusalem institua une semaine de jeûne avant le début du Grand Carême. Cette ordonnance ne devait durer initialement que 70 ans mais perdure encore aujourd’hui sous ce nom de Jeûne d’Héraclius chez les coptes d’Egypte et d’Ethiopie. A côté de cette explication, la plus répandue, on néglige en général une autre : Héraclius prescrivit à ses troupes une semaine d’abstinence des viandes et de réduction aux laitages lors de la sixième année de ses guerres contre les Perses, afin d’implorer Dieu pour la victoire. Il est d’ailleurs possible que les deux explications soient vraies et plus que probable qu’elles ne faisaient que sanctionner un usage déjà bien répandu. Au siècle suivant, saint Jean Damascène témoigne que le Carême est précédé d’une semaine préparatoire (cf. Du Jeûne sacré, 5).

L’institution d’une semaine de jeûne mitigé juste avant le grand Carême, observée très tôt tant en Orient qu’en Occident, possédait deux vertus, l’une symbolique et l’autre pratique : d’une part, ces jours de semi-jeûne étaient perçus comme une compensation pour atteindre le compte des 40 jours effectifs de jeûne ; d’autre part le passage au régime végétalien strict du Carême était facilité car plus progressif.
 

Synthèse du jeûne des Ninivites et de la Semaine sans viande – extension de l’Avant-Carême sur trois semaines

On l’a vu, au sixième siècle, l’usage de faire précéder le Carême d’une semaine d’abstinence de viandes est déjà bien installé en Orient et en Occident. Seul le 24ème canon du concile d’Orléans de 511 en proscrit l’observance, ce qui a contrario prouve qu’elle tendait à se répandre dès avant cette date dans la France mérovingienne. Certaines Eglises en Orient ajoutent le jeûne des Ninivites dans la 3ème semaine précédant le Carême. Il était dès lors tentant de relier ces deux périodes, et d’étendre l’Avant-Carême d’une à trois semaines.

Eglise arménienneIl est possible qu’en Orient ce pont liturgique entre Carême et le jeûne de Ninive fut jeté en premier en Arménie. Le temps de l’Avant-Carême arménien s’appelle Aratchavor. Il comporte trois dimanches, la Septuagésime s’appelant Barekendam (ou dernier jour gras). La première semaine est stricte & consacrée au jeûne des Ninivites (institué par saint Grégoire l’Illuminateur au IVème siècle). La seconde & la troisième semaine sont moins marquées par la pénitence, on n’y observe que les jeûnes des mercredis & des vendredis.

Sacramentaire de Charles le Chauve : folio 3 r° : saint Grégoire le Grand dicte ses livres liturgiques à ses scribes, sous l'inspiration du Saint-EspritA Rome, c’est dès le cours du VIème siècle que le dimanche de la Quinquagésime se voit lui-même précédé de deux autres dimanches : Sexagésime & Septuagésime. L’Epistolier de Victor de Capoue (datant de 546) atteste de la présence du dimanche de la Sexagésime dès cette époque. Le sacramentaire gélasien ancien (Vat. Reg. 316) contient des textes d’oraisons propres pour la Septuagésime et la Sexagésime. Les stations des trois dimanches sont fixées sous les papes Pélage Ier (556 † 561) & Jean III (561 † 574) dans les basiliques de Saint-Laurent, Saint-Paul et Saint-Pierre. On possède les homélies prononcées par saint Grégoire le Grand pour la Septuagésime, la Sexagésime & la Quinquagésime. Il est du reste plus que probable que saint Grégoire ait remanié la liturgie de ces trois dimanches, en accentuant leur caractère pénitentiel. Le plus ancien lectionnaire romain connu, le lectionnaire dit de Würzburg, rédigé dans la première moitié du VIème siècle, qui fut en usage en Gaule et qui correspond à la structure du sacramentaire gélasien ancien, témoigne que les lectures des 3 dimanches de Septuagésime, Sexagésime & Quinquagésime que nous utilisons encore aujourd’hui étaient déjà en usage. La plupart des variantes diocésaines médiévales du rit romain comportaient aussi des lectures spéciales pour les mercredis et vendredis de ces trois semaines, rappelant que ces jours de jeûnes connaissaient à l’origine des stations liturgiques spéciales.

L’Avant-Carême existe aussi dans la tradition ambrosienne. Les trois dimanches s’appellent comme au romain : Septuagésime, Sexagésime & Quinquagésime. On notera que l’Alleluia n’y est pas supprimé (il le sera au dimanche de Quadragésime, la veille du début du jeûne). Les textes employés pour ces trois dimanches sont très différents de ceux du rit romain, ce qui n’aurait pas été le cas si la Septuagésime n’avait pas été très ancienne à Milan et si elle avait été empruntée à Rome. Citons le beau Transitorium de la messe de la Septuagésime, qui annonce le programme de ce temps spécial d’Avant-Carême :

Convertímini * omnes simul ad Deum mundo corde, & ánimo, in oratióne, jejúniis & vigíliis multis : fúndite preces vestras cum lácrymis : ut deleátis chirógrapha peccatórum vestrórum, priúsquam vobis repentínus supervéniat intéritus ; ántequam vos profúndum mortis absórbeat : & cum Creátor noster advénerit, parátos nos invéniat.

Convertissez-vous tous à Dieu, d’un cœur & d’une âme purs, dans la prière, les jeûnes et les veilles nombreuses. Répandez vos prières avec larmes, afin d’effacez la sentence méritée par vos péchés, avant que la mort ne vienne tout à coup fondre sur vous ; avant que le gouffre de la mort ne vous engloutisse. Et quand notre Créateur adviendra , qu’il nous trouve prêts.

Si l’on considère que le Carême à Rome commençait avant l’époque de saint Grégoire le Grand (fin du VIème siècle) au lundi suivant le Ier dimanche de Carême (comme c’est le cas encore à Milan & à Tolède), et en faisant coïncider ce dimanche avec celui qui précède le Carême byzantin (dimanche de l’Expulsion d’Adam), voici les correspondances entre les Avant-Carêmes romain & byzantin :

Rit romain

Rit byzantin

Septuagésime Dimanche du Publicain & du Pharisien
Sexagésime Dimanche du Fils prodigue
Quinquagésime Dimanche du Jugement dernier
Dernier jour des viandes avant la Semaine de la Tyrophagie
Ier dimanche de Carême Dimanche de l’Expulsion d’Adam

Le rit byzantin choisit au cours de cette période de faire lire des évangiles préparant les fidèles à la pénitence du Carême. L’organisation des trois semaines est attestée par le Typikon de la Grande Eglise (IXème-Xème siècle) ; l’absence de documents liturgiques plus anciens ne permet pas de préciser davantage le temps de cette organisation. A noter que dans la première semaine, celle qui suit le dimanche du Publicain & du Pharisien, & à la suite de polémiques médiévales complexes, les byzantins suppriment complètement tout jeûne, même ceux habituels du mercredi & du vendredi, afin de se démarquer du jeûne des Arméniens de cette même semaine.

Seuls quelques rares rits, isolés du courant général de la chrétienté par les progrès de l’Islam, n’ont pas développé les trois semaine de l’Avant-Carême. Le rit hispano-mozarabe est ainsi resté au stade primitif antérieur au début du VIème siècle d’un seul dimanche préparant le Carême (Quinquagésime). Ce dimanche est appelé dans ce rit Dominica ante carnes tollendas, ce qui indique que le Carême était bien précédé d’une semaine où l’on retranchait les viandes mais pas encore les laitages ni les autres produits non strictement végétaliens. L’Egypte et l’Ethiopie possèdent à la fois le jeûne de Ninive et le jeûne d’Héraclius, mais n’ont pas englobé ces deux jeûnes dans une période d’Avant-Carême. Chez les Ethiopiens toutefois, le dimanche correspondant à la Sexagésime latine – quoique compté encore liturgiquement dans le temps après l’Epiphanie – est fixé de fait par rapport au dimanche suivant (Quinquagésime – Za-Warada ou Qabbaka som) : il s’agit du dimanche du Fiancé (Zamana Qebbala Mar’awi) (car on utilise Matthieu 25, 1-13 dans le texte des antiennes) ; il marque aussi l’arrêt du temps où les mariages sont possibles. Les Assyro-Chaldéens enfin s’en sont tenus aux Rogations des Ninivites et ne connaissent pas l’équivalent de la Quinquagésime.
 

L’Avant-Carême & la méditation sur la fragilité humaine

Ayant montré l’antiquité & l’universalité de la période d’Avant-Carême dans les différents rits, nous terminons cette présentation par la mise en lumière de thèmes récurrents employés par les liturgies d’Orient & d’Occident.
 

La lecture de la Genèse : méditation sur la chute de l’homme et la nécessité de la Rédemption

Adam fut privé des délices du Paradis * par l’amertume du fruit; * sa gourmandise lui fit rejeter * le commandement du Seigneur ; * il fut condamné à travailler * la terre dont il était lui-même formé ; * à la sueur de son front * il dut gagner le pain qu’il mangeait. * Aussi, gardons la tempérance, pour ne pas devoir comme lui * pleurer devant la porte du Paradis, * mais efforçons-nous d’y entrer.
Cathisme des matines du dimanche de l’Expulsion d’Adam

L’hymnographie byzantine du dimanche qui précède immédiatement le premier jour du Carême (qui donc techniquement correspond en fait au Ier dimanche de Carême des latins) est consacrée à la Création et au péché d’Adam & Eve, mettant en rapport la gourmandise de notre premier père & le jeûne de 40 jours du Seigneur au désert. De fait, on retrouve fréquemment la lecture du livre de la Genèse soit au début du Carême, soit remontée trois semaine au dimanche de la Septuagésime. Au rit romain, on commence encore la lecture de la Genèse aux matines du dimanche de la Septuagésime ; à sa suite les autres livres de la Bible sont lus dans l’ordre tout au long de l’année liturgique.
 

Le souvenir de la mort & les fins dernières

La méditation sur la chute d’Adam s’est naturellement accompagnée de celle sur la fragilité de l’homme, sa mort, et la nécessité de faire pénitence avant le jugement dernier.

L’introït par lequel s’ouvre la messe romaine du dimanche de la Septuagésime est parfaitement éloquent :

Circumdederunt me * gémitus mortis, dolóres inférni circumdedérunt me : et in tribulatióne mea invocávi Dóminum, et exáudivit de templo sancto suo vocem meam.   Les angoisses de la mort m’ont environné et les douleurs de l’enfer m’ont assailli ; dans ma tribulation, j’ai invoqué le Seigneur, et il a exaucé de son saint Temple ma voix.

Media vita : répons pour la Septuagésime de Notker Le BègueLe Media vita est lui aussi un texte encore souvent chanté durant la Septuagésime dans le rit romain. Cette antienne dont l’origine semble remonter au VIIIème siècle fut par la suite transformée en répons (lui-même plutôt intégré dans le temps du Carême). Au Moyen-Age, son texte dramatique lui assura une grande ferveur, on le chantait sur les champs de bataille. En voici la traduction :

R/. Au milieu de la vie, nous sommes dans la mort : quel secours chercher, sinon toi, Seigneur ? toi qui à bon droit es irrité de nos péchés : * Saint Dieu, Saint fort, Saint Sauveur miséricordieux, ne nous livre pas à la mort amère. V/. En toi ont espéré nos pères: ils ont espéré et tu les as libéré. V/. Vers toi ont crié nos pères: ils ont crié et ne furent pas confondus. V/. Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit.

Dans le rit byzantin, le dimanche du Jugement dernier (qui correspond à notre Quinquagésime) fait de même tourner les regards des fidèles vers les fins dernières.

Mais ce rit comporte aussi une pièce emblématique propre à cette période d’avant-Carême : à l’office de matines en effet, on y chante en effet le psaume 136 « Sur les fleuves de Babylone » (Super flumina Babylonis). Ce psaume est alors adjoint aux deux autres psaumes du polyeleos, les psaumes 134 et 135 et ces trois psaumes forment l’équivalent du Troisième nocturne de l’office romain ou bénédictin. Selon l’archevêque Job Getcha, ces trois psaumes 134-135-136, première stase du cathisme 19 dans le Psautier palestinien, étaient chantés ensemble tous les dimanches de l’année, mais le psaume 136, à la tonalité plus triste que les deux précédents, ne fut conservé que pour les dimanches du Fils Prodigue, de l’Apokréo et de la Tyrophagie.

En voici une célèbre version russe, adaptée par nos soins du slavon au latin :


 

La prière pour les morts

Comme la liturgie de l’Avant-Carême nous rappelle notre condition mortelle déchue par le péché, ce temps est aussi devenu dans beaucoup de traditions liturgiques un moment privilégié pour prier pour les morts.

Dans le rit arménien, le jeudi de la Quinquagésime (dernier jeudi avant le début du Carême) est consacré à la commémoraison de tous les défunts.

Dans le rit byzantin, le samedi qui précède immédiatement le dimanche du Jugement dernier est dédié – bien logiquement – à la prière pour tous les fidèles défunts. Son existence est attesté dans le typikon de la Grande Eglise (IXème – Xème siècle, document majeur qui nous décrit l’organisation des offices à Sainte-Sophie).

Dans le rit assyro-chaldéen, le vendredi de la seconde semaine avant le Carême (notre Vendredi de la Sexagésime) est consacré à la commémoraison de tous les fidèles défunts.

Chez les Maronites, les trois dimanches d’Avant-Carême sont consacrées au souvenir des morts : le dimanche des prêtres défunts (Septuagésime), le dimanche des Justes & droits (Sexagésime), le dimanche des fidèles défunts (Quinquagésime). La disposition de l’Avant-Carême syriaque jacobite est sans doute plus primitif : jeûne des Ninivites (Sawmo d’ninwoyé – du lundi au mercredi de la Septuagésime), dimanche des prêtres défunts (Kohné – Sexagésime), dimanche des fidèles défunts (‘Aneedé – Quinquagésime).
 

Conclusions

Les acteurs de la réforme liturgique du missel de Paul VI ont inexplicablement supprimé le temps de la Septuagésime, cet antique élément du rit romain, sans égard pour son antiquité et son universalité (la Septuagésime avait même été conservée dans le Book of Common Prayer des Anglicans et chez nombre de communautés luthériennes !). Cet article a permis de préciser les points suivants :

1. Dans toutes les traditions liturgiques, le Carême est précédé d’une période pénitentielle. Cette période est à l’origine soit le jeune des Ninivites, dans la troisième semaine avant le Carême, soit la semaine qui précède immédiatement le Carême (Tyrophagie / Quinquagésime / jeûne d’Héraclius). Les plus anciens témoignages de cette période d’Avant-Carême remontent au IVème siècle (saint Grégoire l’Illuminateur, saint Ephrem, Egérie à Jérusalem). Les Coptes d’Egypte & d’Ethiopie connaissent ces deux jeûnes, le rit Mozarabe ne connaît que la Quinquagésime, les Assyro-Chaldéens que les Rogations des Ninivites. A partir du début du VIème siècle, l’Avant-Carême se développe & s’étend sur les trois semaines précédent le Carême (rits romain, ambrosien, byzantin, arménien, syro-jacobite, maronite).

2. Ce temps est conçu comme une entrée progressive dans le Carême, permettant une ascèse graduée & une préparation spirituelle. Cet aspect est mis en avant par le protoprêtre Alexandre Schmemann dans sa description des dimanches d’Avant-Carème :

« Trois semaines avant que ne commence réellement le Grand Carême, nous entrons dans une période de préparation. C’est une caractéristique constante de notre tradition liturgique que chaque événement liturgique majeur – Noël, Pâques, Carême, etc, est annoncé et préparé longtemps à l’avance. Connaissant notre manque de concentration, l’état « matérialiste » de notre vie, l’Église attire notre attention sur l’aspect important de l’événement qui s’approche, nous invite à en méditer les différentes « dimensions » ; dès lors, avant que nous ne puissions pratiquer le Grand Carême, on nous en donne la théologie de base. »
Protopresbyter Alexander Schmemann, The Liturgical Structure of Lent.

3. La médiation sur la chute de l’homme et les fins dernières (avec pour conséquence l’institution fréquente de prières pour les fidèles défunts) constituent des éléments récurrents dans les différents rits.

Programme du dimanche de l’expulsion d’Adam du Paradis – ton 8

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 26 février 2013 du calendrier grégorien – 13 février 2013 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VIII de l’Octoèque. Le dimanche de l’expulsion d’Adam du Paradis perdu est aussi appelé dimanche de la Tyrophagie car ce jour est le dernier jour de la semaine de la Tyrophagie, où les fidèles peuvent user de laitage, c’est donc le dernier jour avant le grand Carême, lequel commence à l’entrée des vêpres du dimanche soir. On l’appelle aussi dimanche du pardon en raison du rit du pardon que la coutume a placé à l’issue de ces premières vêpres du Carême ce dimanche soir.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du Triode.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : du Triode.

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical occurrent et quatre tropaires de la 6ème ode du canon du Triode :
1. Lorsque je vois * l’océan de cette vie * soulevé par la tempête des tentations, * j’accours à ton havre de paix * et je crie, 0 Dieu de bonté : ** A la fosse rachète ma vie.
2. Sauveur, au Paradis * tu m’avais revêtu, dans ta bonté, * d’un vêtement divin ; * mais, séduit par le démon, * j’ai violé ton commandement ** et, malheureux, j’ai reconnu, ma nudité.
3. Pauvre âme, tu t’es éloignée, * dans ta négligence, de Dieu ; * le Paradis de délices te fut ravi * et des Anges tu fus séparée ; * dans la fosse tu es tombée : ** quelle chute, ce jour-là !
4. Fais-moi grâce et prends pitié, * Seigneur tout-puissant ; * Dieu de bonté, ne méprise pas * l’ouvrage de tes mains, * bien que je me sois éloigné ** du cortège de tes Saints.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 8 : Du ciel tu descendis, ô Dieu de miséricorde, * trois jours dans le tombeau tu souffris de demeurer * pour nous délivrer de nos péchés ; * notre Vie & notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi.
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Kondakion du Triode, ton 6 : Guide de sagesse & maître de savoir, * pédagogue qui nous donnes la raison, * protecteur des pauvres, fortifie & instruis mon cœur, * acccorde-moi de chanter : ** Dieu de tendresse, aie pitié de moi, pauvre pécheur.

Prokimen
Du Triode, ton 8 :
R/. Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur, notre Dieu (Psaume 75, 12).
V/. Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand (Psaume 75, 2).

Epître
Du dimanche de l’expulsion d’Adam : Romains (§ 112), XIII, 11 – XIV, 4
La nuit est déjà fort avancée, et le jour s’approche ; quittons donc les œuvres de ténèbres, et revêtons-nous des armes de lumière.

Alleluia
Du Triode, ton 6 :
V/. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
V/. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).

Evangile
Du dimanche de l’expulsion d’Adam : Matthieu (§ 17), VI, 14-21
Car si vous pardonnez aux hommes les fautes qu’ils font, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez point aux hommes leurs fautes, votre Père ne vous pardonnera point non plus vos péchés.

Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

La divine liturgie sera suivie directement des vêpres d’entrée en Carême.