Programme du Vème dimanche après la Pentecôte – Icône de la Mère de Dieu de Tikhvine

Icone de la Mère de Dieu de Tikhvine

Icone miraculeuse de la Mère de Dieu de Tikhvine.

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 9 juillet 2017 du calendrier grégorien – 26 juin 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15. Après la divine liturgie, bénédiction solennelle des icônes écrites par l’atelier d’iconographie au cours de cette année (texte de la bénédiction des icônes).

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour l’apparition de l’icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Tikhvine (1383).

Le 26 juin 1383, une icône de la Mère de Dieu apparut à quatre reprises dans la région qui va du Lac Ladoga à Novgorod (l’icône flottait dans les airs), la dernière apparition ayant eut lieu à proximité de la ville de Tikhvine (Тихвин, parfois transcrit Tichvine), sur la rive gauche de la rivière Tikhvinskaïa, où l’on bâtit un sanctuaire pour l’abriter.

On l’identifia peu après à une icône qui avait disparu de Constantinople, ville qui l’aurait elle-même reçu de Jérusalem au Vème siècle.

L’église en bois qui avait été édifiée sur le lieu de la dernière apparition brûla à trois reprises mais l’icône demeura à chaque fois intacte. Cette église fut rebâtie en pierre sur ordre de Basile III le Grand, grand prince de Vladimir et de Moscou, de 1507 à 1515. Puis en 1560 fut fondé autour de cette église le monastère de la Dormition de la Mère de Dieu de Tikhvine (Тихвинский Богородичный Успенский монастыр) sur ordre du Tsar Ivan III le Terrible.

En 1613, les armées suédoises pénétrèrent sur le sol russe et s’emparèrent de Novgorod. Les habitants de la région coururent se réfugier au monastère de Tikhvine. Les champs furent dévastés, le bétail dispersé, et le monastère encerclé par l’ennemi protestant. Les moines et les habitants réfugiés se préparaient à affronter un long siège. La Toute-Sainte Vierge apparut une nuit à une femme du nom de Marie, qui avait peu de temps auparavant recouvré la vue devant l’icône : « Dis aux défenseurs que l’ennemi n’entrera pas dans le monastère. Prends mon icône, et faites une procession sur les remparts du monastère ! » Les moines agirent selon les paroles de la Reine des cieux, et les Suédois levèrent le camp en effet.

Pendant la guerre contre Napoléon de 1812, et de même lors de la guerre de Crimée de 1855-1856, l’icône fut empruntée au monastère pour soutenir le moral des troupes russes.

Procession avec l'icône de Tikhvine en 1812.

Procession avec l’icône de Tikhvine en 1812.

De nombreux miracles sont signalés autour de cette icône, ou bien de ses nombreuses copies diffusées un peu partout en Russie. Parmi les plus connus, la guérison miraculeuse au XIXème d’une jeune protestantes de Saint-Pétersbourg nommée Catherine Levestam, qui ne pouvait plus marcher. La Mère de Dieu lui était apparue dans son sommeil en lui disant : « Va à la cathédrale Saint-Isaac. Là se trouve une copie de mon icône de Tikhvine. Si tu la vénères, tu seras guérie ». Les paroles étaient si convaincantes que Catherine, toute protestante qu’elle était, fit le trajet transportée en calèche, fut portée dans l’église, et, dès qu’elle aperçut l’icône de la Mère de Dieu, s’écria : « C’est elle ! » On la déposa sur le sol et, quand elle put tenir debout sans aide, elle s’approcha de l’icône et l’embrassa. La guérison fut instantanée.

Icône de la Mère de Dieu de Tikhvine avec son riza (revêtement précieux).

Icône de la Mère de Dieu de Tikhvine avec son riza (revêtement précieux).

Lors de la Seconde Guerre mondiale, la ville de Tikhvine fut prise le 8 novembre 1941 par le 39ème Corps blindé allemand, afin de couper le ravitaillement de Léningrad. La ville fut rapidement libérée par l’Armée rouge le 9 décembre 1941, mais durant leur courte occupation, les Nazis avaient pillé le monastère de Tikhvine, emportant entre autres l’icône miraculeuse, qui avait pourtant échappée aux spoliations des objets d’art religieux par les Soviétiques dans les années 1920.

Les Nazis firent passer l’icône à Pskov puis à Riga en Lettonie. Lorsqu’ils évacuèrent la ville en 1944, l’icône put être récupérée et miraculeusement sauvée par Mgr Jean Garklavs, évêque orthodoxe de Riga. Avec sa mère, son fils adoptif Serge et un petit groupes de prêtres orthodoxe lettons, Mgr Jean choisit de prendre la fuite devant l’avancée des troupes communistes, en emportant avec lui la précieuse icône. Ils parvinrent en Bavière où l’évêque contribua à l’organisation de paroisses orthodoxe, avant d’émigrer en 1949 aux Etats-Unis et d’intégrer la Métropole orthodoxe américaine (actuelle Eglise orthodoxe d’Amérique), étant nommé évêque de Détroit et Cleveland en 1949, puis archevêque de Chicago-Minneapolis en 1957. L’icône miraculeuse de Tikhvine fut alors vénérée dans la cathédrale de la Sainte-Trinité de Chicago, y demeurant sous la protection de l’archevêque Jean jusqu’à sa mort en 1982, puis de son fils adoptif le prêtre Serge Garklavs, à condition qu’il la restitue au monastère de Tikhvine si celui-ci devait un jour reprendre vie.

Avec la fin du Communisme en Russie, ce monastère fut bien heureusement rendu à l’Eglise russe en 1995, la vie monastique y refleurissant peu après. Accomplissant le vœu de son père adoptif, le prêtre Serge Garklavs proposa en 2003 le retour de l’image sainte, qui fut accompli triomphalement en 2004, déplaçant des foules gigantesques sur son trajet, tant à Moscou qu’à Saint-Pétersbourg. L’icône retrouva la place que la Mère de Dieu lui avait assignée en 1383 le 8 juillet 2004, veille de la fête liturgique de Notre-Dame de Tikhvine.

Monastère de la Dormition de la Mère de Dieu de Tikhvine

Monastère de la Dormition de la Mère de Dieu de Tikhvine

L’icône de la Mère de Dieu de Tikhvine appartient au type Hodighitria (οδηγεώ : je conduis, je guide). Dans ce type iconographique, la Mère de Dieu montre son Fils avec sa main droite, guidant par là même les hommes vers Dieu et vers le salut éternel ; l’Enfant-Jésus, lui, bénit le geste de sa Mère avec sa main droite. La particularité du type iconographique de Tikhvine réside dans un petit détail : les jambes de l’Enfant-Christ sont croisées, avec la plante de l’un de ses pieds tournée vers celui qui contemple l’icône.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la Mère de Dieu.

Tropaires des Béatitudes : Six tropaires du dimanche, ton 4, et quatre tropaires de la IIIème ode du canon de la Mère de Dieu :
1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Pour nous l’Impassible devient homme de douleur * et sur la croix se laisse clouer, * afin de nous ressusciter avec lui ; * aussi nous glorifions avec la Croix * les Souffrances & la sainte Résurrection * par lesquelles nous fûmes rénovés, * obtenant le salut en criant : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
6. Ressuscité d’entre les morts * et dépouillant l’empire de la Mort, * il apparut aux Myrrophores, leur annonçant la joie ; * et nous fidèles, prions-le * d’épargner à nos âmes la corruption, * lui répétant sans cesse la parole du bon Larron : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleine de fierté, aux apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
2. Tropaire de la Mère de Dieu, ton 4 : En ce jour comme un soleil resplendissant a brillé pour nous dans les airs, * Notre Dame, ton icône toute-digne de vénération, * illuminant de ta rayonnante miséricorde le monde entier ; * et, la grande Russie, * comme un don de Dieu, l’ayant reçue d’en haut avec piété, * te glorifie, Mère de Dieu, Souveraine de l’Univers, * & magnifie avec joie notre Dieu, le Christ, né de toi ; ô Dame & Reine Mère de Dieu, prie-le * de garder toute ville et contrée chrétienne * à l’abri de toutes les incursions ennemies* et de sauver les fidèles se prosternant devant Lui et devant ton image sacrée, ** ô Vierge inépousée.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon Sauveur & mon libérateur * a ressuscité tous les mortels, * les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau ; * il a brisé les portes de l’Enfer ** et en maître souverain il est ressuscité le troisième jour.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de la Mère de Dieu, ton 8 : Tous ensemble accourons vers la Vierge Mère de Dieu et Reine * rendant grâces au Christ Dieu * et de tout cœur devant l’icône miraculeuse * prosternons-nous et crions vers elle : O Marie notre Dame ! * toi qui as visité miraculeusement ce pays par l’apparition de ta vénérable icône, * garde en paix l’ensemble des Chrétiens, * fais qu’ils héritent l’éternelle vie. ** Nous te chantons avec foi : réjouis-toi, ô Vierge, salut du monde !

Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
R/. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
V/. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).
De la Mère de Dieu, ton 3 :
R/. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 103) X, 1-10.
Si vous confessez de bouche que Jésus est le Seigneur, et si vous croyez de cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, vous serez sauvé.
De la Mère de Dieu : Philippiens (§ 240) II, 5-11.
Mais il s’est anéanti lui-même en prenant la forme et la nature de serviteur, en se rendant semblable aux hommes, et étant reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui au dehors.

Alleluia
Du dimanche, ton 4 :
V/. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
V/. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).
De la Mère de Dieu, ton 8 :
V/. Ecoute, ma fille, regarde et tends l’oreille (Psaume 44, 11).

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 28) VIII, 28 à IX, 1.
Deux possédés qui étaient si furieux que personne n’osait passer par ce chemin-là, sortirent des sépulcres, et vinrent au-devant de lui ; ils se mirent en même temps à crier, et à lui dire : Jésus, fils de Dieu ! qu’y a-t-il entre vous et nous ?
De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42; XI, 27-28.
Jésus lui dit : Mais plutôt heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent !

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Bénédiction solennelle des icônes de l’atelier d’iconographie à la paroisse russe catholique de Paris

02-Bénédiction solennelle des icônes

Ce matin après la divine liturgie eut lieu la bénédiction solennelle des icônes dernièrement réalisées par les élèves de l’atelier d’iconographie d’Anne Nicolas.

01-Bénédiction solennelle des icônes

Le rit byzantin connait quatre offices de bénédictions différents qui permettent de consacrer une icône pour la prière des fidèles. Ceux-ci constituent un véritable traité de théologie sur la vénération des saintes images, et son fondement scripturaire. Ces quatre offices de bénédictions – bénédiction des icônes de la Trinité, du Christ, de la Mère de Dieu & des saints – partagent la même structure, mais les oraisons différent en fonction du sujet qui est représenté. Les icônes de la Théophanie, de la Transfiguration et de la Pentecôte (fêtes qui célèbrent des évènements au cours desquels la Très-Sainte Trinité s’est manifestée) suivent le rit de la bénédiction des icônes de la Trinité. Nous présentons ci-dessous les quatre offices de façon synoptique.

03-Bénédiction solennelle des icônes

Bénédiction solennelle des icônes réalisées par l'atelier d'iconographie : de la Mère de Dieu, de saint Joseph, des saints Ancêtres de Dieu Joachim & Anne, de saint Jean le Théologien et de sainte Marie Madeleine

Bénédiction solennelle des icônes réalisées par l’atelier d’iconographie : de la Mère de Dieu, de saint Joseph, des saints Ancêtres de Dieu Joachim & Anne, de saint Jean le Théologien et de sainte Marie Madeleine

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Un atelier hebdomadaire d’iconographie à la paroisse catholique russe de Paris

Atelier d'iconographie - Anne Nicolas - à la paroisse catholique russe de Paris 01

Ce dimanche de l’Orthodoxie, qui célèbre la victoire de la vraie foi sur les iconoclastes impies, fournit l’occasion de présenter l’atelier d’iconographie qui s’est ouvert récemment dans les locaux de la paroisse catholique russe de Paris.

Cet atelier est dirigé par l’iconographe Anne Nicolas, disciple depuis son enfance du R.P. Egon Sendler, spécialiste mondialement reconnu de l’icône (décédé l’an passé).

L’atelier fonctionne tous les jeudis après-midi dans les locaux paroissiaux, 39, rue François-Gérard – 75016 Paris.

Anne Nicolas anime également l’Atelier iconographique de Meudon, fondé par le RP. Egon Sendler, où d’autres créneaux horaires existent. Pour avoir plus de renseignement sur l’atelier d’iconographie et joindre Anne Nicolas : icones-meudon@orange.fr.

Atelier d'iconographie - Anne Nicolas - à la paroisse catholique russe de Paris 06

L’Icône est dans son essence un art théologique. Surgie des origines chrétiennes d’Orient et des siècles de persécution, enrichie par la recherche dogmatique des conciles, purifiée par les épreuves de la persécution iconoclaste, l’icône fait partie du grand courant de la tradition, c’est-à-dire de la vie intérieure de l’Église, prolongement de l’Incarnation du Christ. L’icône est intimement liée aux Ecritures et à la liturgie byzantine, c’est en elles qu’elle s’enracine et c’est d’elles qu’elle tire sa valeur aux yeux de la foi.

Dans l’art de l’icône, il n’y aucune place pour le sentimentalisme : le spirituel ne laisse aucune place au superflu, tout est pureté, tout est message, tout est prière : dans les symbolismes, les proportions, les structures, les couleurs, les lumières et bien sûr la perspective inversée qui rappelle que c’est l’icône qui nous regarde et qui nous sollicite ; l’homme va être en mouvement s’il accepte de se laisser tirer vers Dieu.

Retour à Dieu du R.P. Egon Sendler, s.j.

Révérend Père Egon Sendler, s.j. dans son atelier d'iconographie

Nous apprenons avec tristesse le décès du Père Egon Sendler, s.j. lundi 17 mars 2014 après-midi, à l’âge de 90 ans, à l’hôpital Georges Pompidou à Paris, où il était hospitalisé depuis une semaine.

La messe de funérailles sera célébrée le vendredi 21 mars à 10h, en l’église Saint-Symphorien de Versailles. L’inhumation aura lieu à l’issue de la cérémonie, vers 11h30 au cimetière des Gonards – 19 rue Porte de Buc – 78000 Versailles. Une collation sera proposée ensuite à la communauté des jésuites, 2 rue de l’Ecole des Postes à Versailles.

Le Père Igor (Egon Sendler) est un spécialiste mondialement reconnu de l’art de l’icône.

Egon Sendler, est né en Silésie (Waldtal, actuellement Małkowice en Pologne) le 1er août 1923. Pendant les années du nazisme il travaille avec les Pères de la Compagnie de Jésus dans une organisation catholique, un épisode qui déterminera sa vie. La guerre l’envoya sur le front de l’est où l’armée russe le garda prisonnier pendant 3 ans. Les épreuves endurées l’amenèrent à être réceptif à l’appel de la vie consacrée : « S’il lui était donné de survivre il ferait connaître la culture religieuse de la Russie et travaillerait à l’unité des chrétiens. »

Il rejoint la Compagnie de Jésus en Allemagne en 1948 et fait ses études à Munich, au Russicum à Rome & à Paris où il étudie l’histoire de l’art byzantin. Ses supérieurs l’orientent vers l’apostolat russe pour lequel il est ordonné en rite byzantin. Au milieu d’un groupe de compagnons il travaille désormais pour l’union des Églises, spécialement le rapprochement avec l’orthodoxie russe. Outre l’allemand, il parle couramment le français, le russe, l’italien & le polonais.

Influencé par sa mère qui était peintre, il réveille l’intérêt de l’occident pour l’iconographie. En 1959, le Père Sendler est enseignant au sein du Collège jésuite de Saint-Georges à Meudon pour l’immigration russe. Il y enseigne la peinture des icônes, d’abord aux mères des élèves, puis dans ce qui devint l’atelier de Meudon. Suivirent des ateliers en Savoie, à Milan, à Syracuse, à Jérusalem, à Buenos-Aires. Pour complèter leur instruction, il mène souvent ses élèves en pèlerinage en Russie, en Grèce & à Chypre. En 2002, le centre d’études russes Saint-Georges de Meudon ferme, l’atelier d’iconographie est alors rebaptisé atelier Saint-Georges et s’installe 21, rue de l’Ermitage à Versailles.

Dans son atelier de Versailles, il donne de nombreux stages, des élèves de toutes confessions viennent du monde entier : de Chine, du Japon, de Pologne, d’Angleterre, des USA.

Ses fresques se trouvent dans des églises aux Etats-Unis, en Allemagne, à Rome, en Sicile, à Paris, au Liban. Ses livres sont devenus des ouvrages de référence pour les iconographes. Son premier ouvrage « L’icône, image de l’Invisible » a été traduit dans de nombreuses langues : il s’agit d’une étude approfondie de la théologie et de l’histoire de l’icône, mais aussi de son esthétique et de ses techniques.

Ouvrages du Père Egon Sendler

1. L’icône, image de l’Invisible, DDB 1981
2. Les icônes byzantines de la mère de Dieu, DDB 1992
3. Les mystères du Christ, Icônes de la liturgie, DDB 2001
4. Le secret de la ligne, Le dessin des icônes, Edition Istina 2009

Soyons dans l’action de grâce pour la vie et l’œuvre du Père Igor, à qui nous devons entre autres, les magnifiques fresques du sanctuaire de notre église, rue François Gérard à Paris.

Вечная память! Mémoire éternelle !