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La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

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Programme du IVème dimanche de Carême – Quarante Martyrs de Sébaste – ton 8

Quarante Martyrs de SébasteParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 22 mars 2015 du calendrier grégorien – 9 mars 2015 du calendrier julien, divine liturgie de saint Basile le Grand de 9h15.

Dimanche du ton VIII de l’Octoèque. Le concile de Laodicée, tenu en 364, dans son 51ème canon, ordonnait de ne pas célébrer la mémoire des martyrs pendant la sainte Quarantaine, mais de commémorer leurs fêtes les samedis et dimanches, jours qui n’appartiennent pas aux jours de jeûne & de pénitence. Dans l’esprit de ce canon, le rit byzantin continue de célébrer les samedis & dimanches pendant le Carême certains saints importants dont la mémoire tombe systématiquement pendant la sainte Quarantaine.

D’ordinaire, le IVème dimanche de Carême, le rit byzantin fête saint Jean Climaque. Cependant, cette année, ce dimanche coïncide avec le 9 mars qui est la grande fête des Quarante Martyrs de Sébaste, laquelle a préséance sur la mémoire de saint Jean Climaque. Le canon de l’office de saint Jean Climaque est de ce fait déplacé aux complies du vendredi soir qui précède. Le chiffre des Quarante Martyrs est en rapport avec les quarante jours de jeûne du Carême pendant lequel tombe systématiquement leur fête, ainsi que l’exprime admirablement don Guéranger :

Quarante nouveaux protecteurs se lèvent sur nous, comme autant d’astres pour nous protéger dans la sainte carrière de la pénitence.

Voici les circonstances de leur martyre, qui frappa beaucoup les esprits de nos Pères, aussi bien en Orient qu’en Occident.

L’an 420, sous l’empereur Licinius et le gouverneur Agricola, quarante soldats de la Douzième Légion, alors en garnison à Mélitène en Arménie romaine, firent briller d’un vif éclat leur foi en Jésus-Christ et leur courage à souffrir les pires tourments pour son Nom. Après qu’on les eut jetés à diverses reprises en prison, chargés de chaînes, et qu’on leur eut brisé les mâchoires à coups de pierres, on leur fit passer la nuit sur un étang glacé près de la ville de Sébaste (l’actuelle Sivas), nus, exposés à la rigueur de l’hiver afin qu’ils mourussent de froid. Or, voici la prière commune qu’ils élevèrent vers le ciel :

« Seigneur, disaient-ils, nous sommes entrés quarante dans la lice ; accordez-nous d’être aussi quarante à recevoir la couronne, et qu’il n’en manque pas un à ce nombre. Il est en honneur, ce nombre que vous avez consacré par un jeûne de quarante jours, ce nombre par le moyen duquel la loi divine fut donnée au monde ; et c’est aussi en cherchant Dieu par un jeûne de quarante jours qu’Élie a obtenu de le voir. »

Pendant que les Martyrs priaient, l’un de leurs gardes aperçut une lumière qui les environnait et des Anges qui descendaient du ciel pour donner des couronnes à trente-neuf soldats, comme de la part de leur roi. A cette vue, il se dit en lui-même : Ils sont quarante, où donc est la couronne du quarantième ?

On avait établi des thermes sur les bords de l’étang gelé et on leur promettait des bains chauds s’ils reniaient. Mais les Martyrs se soutenaient les uns les autres pour qu’aucun ne se perde. L’un des Quarante déserta cependant et se rendit dans les thermes où il mourut à cause du changement trop violent de température.

Le garde en revanche, émerveillé de sa vision, ayant ôté ses vêtements et déclaré à haute voix qu’il était chrétien, alla se joindre aux Martyrs afin de compléter le chiffre de Quarante.

Les Romains leur brisèrent alors à tous les jambes à coups de bâtons.

Tous moururent au cours de la nuit du 9 mars, excepté le plus jeune, nommé Méliton. Sa mère qui était présente, le voyant encore en vie, bien qu’il eût les jambes rompues, l’exhorta en ces termes : « Mon fils, souffre encore un peu, voici que le Christ se tient à la porte, t’aidant de son secours ». Lorsqu’elle vit qu’on chargeait sur des chariots les corps des autres Martyrs pour les jeter dans un bûcher et qu’on laissait le corps de son fils, parce que cette troupe impie espérait amener l’adolescent au culte des idoles, s’il survivait, cette mère, l’ayant pris sur ses épaules, suivit les chariots qui portaient les corps des Martyrs. Méliton rendit son âme à Dieu dans les embrassements de sa mère, et elle plaça son corps sur le même bûcher qui devait consumer les restes des autres Martyrs : en sorte que ceux qui avaient été si étroitement unis par la foi et le courage le furent encore après la mort dans les mêmes funérailles, et parvinrent au ciel tous ensemble. Leurs corps étant brûlés, on jeta leurs ossements dans une rivière, mais les chrétiens recueillirent ces reliques et les ensevelirent avec honneur.

Voici les noms des Quarante Martyrs conservés par la tradition : : Acace, Aétius, Alexandre, Angias, Athanase, Candide (ou Claude), Cyrille, Dométien, Domnus, Ecdikios, Élie, Eunoïque, Eutychius, Flavius, Gaïus, Gorgonius, et un second Gorgonius, Hélien, Héraclius, Hésychius, Jean, Khoudion (ou Léonce), Lysimaque, Mélèce, Méliton, Nicolas, Philoktimon, Priscus, Quirion, Sacerdon, Sévérien, Sisinius, Smaragde, Théodule, Théophile, Valens, Valère, Vivien, Xanthias, et le gardien Aglaïos.

Cette persécution avait été ordonnée par Licinius, empereur en Orient, alors qu’il était convenu avec son collègue Constantin Ier, empereur en Occident, de laisser aux chrétiens leur liberté de conscience : l’Édit de Milan avait été promulgué en 313 par les deux empereurs. Pour faire respecter la fin des persécutions, Constantin prit alors les armes contre Licinius, le vainquit et devint seul empereur romain.

Les grands docteurs saint Basile de Césarée, saint Grégoire de Nysse et saint Éphrem prononcèrent des homélies en leur honneur. Leur culte se répandit aussi en Occident. A Rome, quatre églises leur furent consacrées, la plus ancienne vers le VIIIème siècle.

Sur la glace meurtrière de l’étang qui fut l’arène de leurs combats, ils se rappelaient, nous disent leurs Actes, les quarante jours que le Sauveur consacra au jeûne ; ils étaient saintement fiers de figurer ce mystère par leur nombre. Comparons leurs épreuves à celles que l’Église nous impose. Serons-nous, comme eux, fidèles jusqu’à la fin ? La couronne de persévérance ceindra-t-elle notre front régénéré dans la solennité pascale ? Les quarante Martyrs souffrirent, sans se démentir, la rigueur du froid et les tortures auxquelles ils furent ensuite soumis ; la crainte d’offenser Dieu, le sentiment de la fidélité qu’ils lui devaient, assurèrent leur constance. Que de fois nous avons péché, sans pouvoir alléguer en excuse des tentations aussi rigoureuses !
Dom Guéranger.

Par les prières de tes Quarante Martyrs, Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de nous.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Martyrs. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Martyrs. Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : des Martyrs.

Divine liturgie de saint Basile le Grand

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical occurrent & quatre tropaires de la troisième ode du canon des Martyrs :
1. Souviens-toi de nous, Christ Sauveur du monde, * comme sur la croix tu t’es souvenu du bon Larron, * & rends-nous dignes, seul Seigneur compatissant, ** d’avoir tous notre part en ton royaume, dans les cieux.
2. Adam, écoute, avec Eve, réjouis-toi, * car celui qui jadis vous dépouilla tous les deux * & dont la ruse nous rendit captifs ** est anéanti par la Croix du Christ.
3. Sur l’arbre de la croix, Sauveur, tu acceptas d’être cloué * pour sauver Adam de la malédiction méritée sous l’arbre défendu * et lui rendre la ressemblance à ton image, Dieu de bonté, ** ainsi que le bonheur d’habiter le Paradis.
4. En ce jour le Christ est ressuscité du tombeau, * à tout fidèle accordant l’incorruptible vie ; * aux Myrrophores il donne l’annonce de la joie ** après ses Souffrances & sa divine Résurrection.
5. Sages Myrrophores, réjouissez-vous * qui les premières avez vu la Résurrection du Christ * & qui à ses Apôtres avez annoncé ** la restauration du monde entier.
6. Vous les Apôtres, amis du Christ en cette vie * & destinés à partager son trône dans la gloire du ciel, * comme Disciples intercédez auprès de lui ** pour que sans crainte devant son trône nous puissions nous présenter.
7. Sans faire cas de la vie et de leur corps, * de la richesse et de leur rang, * avec gloire les Martyrs ** ont hérité le Christ en échange de tout bien.
8. Sans pitié, sur l’ordre du tyran * frappés de pierres, les Quarante ont repoussé * par le souffle de l’Esprit ** contre les bourreaux eux-mêmes leurs coups.
9. Par les lèvres des tyrans, c’est contre toi, * Créateur, que le serpent a blasphémé, * mais par les pierres lancées aux Martyrs ** fut broyée sa bouche hostile à Dieu.
10. Seule Mère toujours-vierge, inépousée, * devenue l’encensoir d’or * de cette braise qu’est le Christ, ** sur mon cœur impur répands ton parfum.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 8 : Tu es descendu des hauteurs, ô Plein de bonté ! * Tu as accepté l’ensevelissement de trois jours, * afin de nous délivrer de nos passions, ** ô notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi !
2. Tropaire des Martyrs, ton 1 : Par les souffrances que les Saints endurèrent pour toi * laisse-toi fléchir, Seigneur ; * guéris toutes nos douleurs, ** Ami des hommes, nous t’en prions.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion des Martyrs, ton 6 : Ayant laissé à ce monde toute armée, * vous vous êtes attachés au Maître des cieux, * vous les Quarante Martyrs, * car étant passés par le feu et par l’eau, * vous avez reçu, Bienheureux, * la gloire céleste ** et les couronnes méritées.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 8 : Ressuscité du tombeau, Tu as relevé les morts * et ressuscité Adam ; * Eve exulte en ta résurrection ** et les confins du monde célèbrent ** ta résurrection d’entre les morts, ô Très-miséricordieux.

Prokimen
Du dimanche, ton 8 :
℟. Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur, notre Dieu (Psaume 75, 12).
℣. Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand (Psaume 75, 2).
Des Martyrs, ton 5 :
℟. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).

Epîtres
Du quatrième dimanche de Carême : Hébreux (§ 314) VI, 13–20.
L’espérance sert à notre âme comme d’une ancre ferme et assurée, et qui pénètre jusqu’au [sanctuaire qui est au] dedans du voile, où Jésus comme précurseur est entré pour nous, ayant été établi pontife éternel selon l’ordre de Melchisédech.
Des Martyrs : Hébreux (§ 331), XII, 1-10.
Puis donc que nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, dégageons-nous de tout le poids qui nous abat, et du péché qui nous assiège, et courons par la patience dans cette carrière qui nous est ouverte.

Alleluia
Du dimanche, ton 8 :
℣. Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons le Dieu qui nous sauve (Psaume 94, 1).
℣. Allons devant lui en actions de grâces, au son des musiques, acclamons-le (Psaume 94, 2).
Des Martyrs, ton 4 :
℣. Acclamez Dieu, toute la terre, chantez à la gloire de son Nom (Psaume 65, 2).

Evangiles
Du quatrième dimanche de Carême : Marc (§ 40) IX, 17-31.
Cependant il instruisait ses disciples, et leur disait : Le Fils de l’homme sera livré entre les mains des hommes, et ils le feront mourir, et il ressuscitera le troisième jour après sa mort.
Des Martyrs : Matthieu (§ 80) XX, 1-16.
Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers : parce qu’il y en a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.

Mégalinaire de la liturgie de saint Basile le Grand :
En toi se réjouissent, * ô Pleine de grâce, * toute la création, * la hiérarchie des anges * et la race des hommes. * Ô Temple sanctifié, * ô Jardin spirituel, * ô Gloire virginale, * c’est en toi que Dieu s’est incarné, * en toi qu’est devenu petit enfant * Celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. * De ton sein il a fait un trône, * il l’a rendu plus vaste que les cieux. * Ô Pleine de grâce, * toute la création se réjouit en toi, ** gloire à toi.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Des Martyrs : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

*

La divine Liturgie de saint Grégoire le Grand des saints dons présanctifiés sera célébrée – comme chaque mercredi du Grand Carême – ce mercredi 25 mars 2015 à 18h30.

Enregistrement & photos : sainte messe de la fête de saint Joseph

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Saint Joseph 2015 - A l'élévation du Corps du Seigneur

A l’élévation du Corps du Seigneur.

Saint Joseph 2015 - Domine non sum dignus ut intres sub tectum meum

Domine non sum dignus ut intres sub tectum meum…

Saint Joseph 2015 - Sed tantum dic verbo, et sanabitur anima mea

…Sed tantum dic verbo, et sanabitur anima mea.

Les fichiers MP3 sont téléchargeables ici.

Giovanni Gasparro - saint Joseph - Basilica di San Giuseppe Artigiano a L'Aquila

Programme de la fête de saint Joseph

Le songe de Joseph - Philippe de ChampaigneSaint-Eugène, le jeudi 19 mars 2015, grand’messe de 19h.

La fête de saint Joseph, connue en Egypte depuis au moins le Vème siècle, fut établie en Occident au 19 mars vers l’an 800. Il n’est pas impossible que le choix de cette date en plein Carême ait découlé du fait que l’Eglise latine lise à partir du IIIème dimanche de Carême l’histoire du patriarche Joseph dans le livre de la Genèse. Or les Pères de l’Eglise ont souvent reconnu dans le patriarche Joseph une figure typologique du père nourricier de notre Sauveur, le glorieux époux de la Vierge Marie, comme l’atteste par exemple l’admirable sermon de saint Bernard lu aux matines de la fête de ce jour :

Quel homme fut le bienheureux Joseph, vous pouvez vous en faire idée d’après le titre dont il a mérité d’être honoré, le Seigneur ayant voulu qu’on l’appelât et qu’on le crût père du Fils de Dieu, titre qui n’est vrai cependant, qu’au sens de nourricier. Jugez-en aussi d’après son propre nom qu’on interprète, vous le savez, par accroissement. Rappelez-vous, en même temps, le grand Patriarche qui fut autrefois vendu en Égypte ; et sachez que non seulement celui-ci a été l’héritier de son nom, mais qu’il eut encore sa chasteté, son innocence et sa grâce.
Sermon de saint Bernard, abbé, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

Si ce Joseph, vendu par l’envie de ses frères et conduit en Égypte, préfigura le Christ qui devait être vendu, lui aussi, saint Joseph fuyant la haine d’Hérode porta le Christ en Égypte. Le premier, pour demeurer fidèle à son maître, refusa de consentir à la passion de la maîtresse ; le second, reconnaissant une Maîtresse dans la vierge devenue mère de son Maître vécut aussi dans la continence et se montra son fidèle gardien. A l’un fut donnée l’intelligence des songes mystérieux ; à l’autre, il a été accordé d’être le confident des mystères célestes, et d’y coopérer pour sa part.
Sermon de saint Bernard, abbé, Vème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

L’un a mis du blé en réserve, non pour lui, mais pour tout un peuple ; l’autre a reçu la garde du pain du ciel, tant pour lui que pour le monde entier. On ne peut douter que ce Joseph à qui fut fiancée la mère du Sauveur, n’ait été un homme bon et fidèle. C’est, dis-je, le serviteur fidèle et prudent que le Seigneur a établi, pour être le consolateur de sa mère, le nourricier de son enfance, enfin le seul et très digne coopérateur, ici-bas, de l’accomplissement de son grand dessein.
Sermon de saint Bernard, abbé, VIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

  • Procession d’entrée : orgue
  • Kyriale VIII – De Angelis
  • Epître : Ecclésiastique XLV, 1-6 : Il l’a sanctifié dans sa foi et dans sa douceur, et l’a choisi d’entre tous les hommes.
  • Evangile : Matthieu I, 18-21 : Mais lorsqu’il était dans cette pensée, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et lui dit : Joseph, fils de David, ne craignez point de prendre avec vous Marie, votre femme : car ce qui est né dans elle, a été formé par le Saint-Esprit.
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Iste Confessor Patriarcha – hymne du XVIème siècle, du rit de Prémontré
  • Pendant la communion : Antienne parisienne solennelle O felicem virum, composée vers l’année 1400 par Jean de Charlier de Gerson (1358 † 1429), chancelier de l’Université de Paris
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : Chantons Joseph, louons ses vertus – cantique de Dom Deprez († 1928)

Organiste : Philippe Ourcelin.

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Programme du IVème dimanche de Carême – dimanche de Lætare

IVème dimanche de CarêmeSaint-Eugène, le dimanche 15 mars 2015, grand’messe de 11h.

> Catéchisme sur le Carême

A Rome, la messe stationnale de ce jour se tient en la basilique de Sainte-Croix-de-Jérusalem. Cette basilique, l’une des sept basiliques du pèlerinage romain, fut construite autour d’une pièce du palais impérial de sainte Hélène, le palais du Sessorium, qu’elle avait transformée en chapelle vers l’an 320. Sainte Hélène fit répandre une grande quantité de la terre du Golgotha sur le sol des fondations de ce sanctuaire, où elle fit déposer plusieurs reliques insignes de la Passion qui y sont toujours. Quelques décennies plus tard, cette chapelle est transformée en une véritable basilique, appelé Heleniana ou Sessoriana. Lorsqu’il récupéra la vraie croix volée par les Perses, l’empereur Héraclius fit partager celle-ci en trois morceaux : Jérusalem conserva le principal d’entre eux, mais l’empereur fit envoyer les deux autres parties à Constantinople et à Rome, qui l’accueillit tout naturellement en la Basilique de Sainte-Croix de Jérusalem (cette partie insigne du bois de la vraie Croix fut transféré en 1629 sur ordre du pape Urbain VIII dans la basilique Saint-Pierre où elle est conservée près de la statue monumentale de sainte Hélène).

La basilique de Sainte-Croix de Jérusalem représente symboliquement à Rome la sainte cité de Jérusalem. C’est pour cette raison que les textes de la messe de ce jour y font allusion :

  • Lætare, Jerusalem – Réjouis-toi Jérusalem (introït),
  • Sina enim mons est in Arabia, qui conjunctus est ei, quæ nunc est Jerusalem – le mon Sinaï se trouve en Arabie ; elle correspond à la Jérusalem actuelle (saint Paul, dans l’épître de ce jour, aux Galates)
  • Lætátus sum in his, quæ dicta sunt mihi : in domum Dómini íbimus – Je me suis réjoui de ce qu’on m’a dit : Nous allons à la maison du Seigneur (graduel),
  • Qui confídunt in Dómino, sicut mons Sion : non commovébitur in ætérnum, qui hábitat in Jerúsalem – Qui se confie en le Seigneur sera comme le Mont Sion : jamais il ne sera ébranlé, celui qui habite Jérusalem (trait).
  • Jerúsalem, quæ ædificátur ut cívitas, cujus participátio ejus in idípsum – Jérusalem, qui est édifiée comme une cité où toutes les parties ne font qu’une (communion)

Comme la liturgie byzantine qui célèbre joyeusement la vénération de la Croix au IIIème dimanche de Carême[1], le rit romain, méditant en ce milieu du Carême devant les reliques de la Croix & de la Passion, n’y associe nullement les sentiments de la tristesse mais bien au contraire ceux de la joie : la Croix, autrefois symbole de la mort la plus vile réservée aux criminels, est devenue par le sacrifice du Christ le glorieux Arbre de vie qui nous réconcilie avec le Père et nous rouvre les portes du ciel.

Aussi répondant à l’appel de l’introït de ce jour – Lætare Jerusalem – le rit romain suspend-il en ce jour les rigueurs du Carême : les ornements de la messe ne sont plus violet mais roses, on fleurit les autels, le diacre & le sous-diacre laissent les chasubles pliées pour prendre la dalmatique & la tunique qui sont des vêtements de joie, l’orgue – muet depuis le Mercredi des Cendres – fait tonner ces accents glorieux et joyeux.

Il est possible que le fleurissement des croix à Byzance en ce dimanche ait influé sur l’usage des fleurs dans la liturgie occidentale en ce même dimanche. A Rome, le pape bénit en ce jour la rose d’or qu’il offre ensuite à une princesse catholique ou à un sanctuaire. Cette coutume est attestée depuis au moins le XIème siècle. Voici le texte de la bénédiction employé à cette occasion :

« O Dieu, dont la parole et la puissance ont tout créé, dont la volonté gouverne toutes choses, vous qui êtes la joie et l’allégresse de tous les fidèles ; nous supplions votre majesté de vouloir bien bénir et sanctifier cette Rose, si agréable par son aspect et son parfum, que nous devons porter aujourd’hui dans nos mains, en signe de joie spirituelle : afin que le peuple qui vous est consacre, étant arraché au joug de la captivité de Babylone par la grâce de votre Fils unique qui est la gloire et l’allégresse d’Israël, représente d’un cœur sincère les joies de cette Jérusalem supérieure qui est notre mère. Et comme votre Église, à la vue de ce symbole, tressaille de bonheur, pour la gloire de votre Nom ; vous, Seigneur, donnez-lui un contentement véritable et parfait. Agréez la dévotion, remettez les pèches, augmentez la foi : guérissez par votre pardon, protégez par votre miséricorde ; détruisez les obstacles, accordez tous les biens : afin que cette même Église vous offre le fruit des bonnes œuvres, marchant à l’odeur des parfums de cette Fleur qui, sortie et de la tige de Jessé, est appelée mystiquement la fleur des champs et le lis des vallées, et qu’elle mérite de goûter une joie sans fin au sein de la gloire céleste, dans la compagnie de tous les saints, avec cette Fleur divine qui vit et règne avec vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen. »

L’évangile chanté ce jour est le récit de la multiplication des cinq pains & des deux poissons. Cet évangile fait partie du cycle de préparation des catéchumènes au baptême qu’ils recevront lors de la vigile pascale et figure l’Eucharistie, où le Christ, en son action de grâce au Père, se donne lui-même en une nourriture qui ne s’épuise jamais.

Car c’est un plus grand miracle de gouverner le monde entier que de rassasier de cinq pains cinq mille personnes. Et pourtant, nul ne s’étonne du premier prodige, tandis que l’on est rempli d’admiration pour le second, non parce qu’il est plus grand, mais parce qu’il est rare. Qui, en effet, maintenant encore, nourrit le monde entier, sinon celui qui, de quelques grains, fait sortir les moissons ? Jésus a donc agi à la manière de Dieu. En effet, par cette même puissance qui d’un petit nombre de grains multiplie les moissons, il a multiplié entre ses mains les cinq pains. Car la puissance était entre les mains du Christ. Ces cinq pains étaient comme des semences non plus confiées à la terre, mais multipliées par celui qui a fait la terre.
Homélie de saint Augustin, évêque, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

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Victor Matorin, La Multiplication des pains

Notes :    (↵ reviens au texte)

  1. Le IIIème dimanche de Carême byzantin correspond de fait exactement au IVème dimanche de Carême romain, la façon de compter étant différente : en Orient on compte pour premier dimanche de Carême celui qui arrive au bout de la première semaine complète de jeûne, alors qu’à Rome celui-ci est compté pour IInd dimanche de Carême.↵

Programme du IIIème dimanche de Carême – Adoration de la Croix – ton 7

Croix près du lac SengilParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 15 mars 2015 du calendrier grégorien – 2 mars 2015 du calendrier julien, divine liturgie de saint Basile le Grand de 9h15.

Dimanche du ton VII de l’Octoèque. En ce troisième dimanche de Carême, le rit byzantin présente aux fidèles la vénération de la sainte, précieuse & vivifiante Croix. Cette tradition, qui tire son origine de la pratique de l’Eglise de Jérusalem où la vraie Croix fut longtemps conservée, connaît son exact équivalent le Vendredi Saint dans le rit romain avec le rite de l’adoration de la Croix. Du reste, au cours de l’adoration de la Croix le Vendredi saint romain, on chante la même antienne qu’au rit byzantin pour la même cérémonie :

Crucem tuam adoramus, Domine, et sanctam ressurectionem tuam laudamus.
Ta Croix, nous l’adorons, ô Maître, & ta sainte Résurrection, nous la chantons.

De plus, si l’on considère que ce dimanche du Carême byzantin correspond de fait exactement au IVème dimanche de Carême du rit romain, d’autres parallélismes peuvent être observés entre les deux rits : à Rome, la station se fait ce jour en la basilique de Sainte-Croix-de-Jérusalem, afin d’y vénérer les reliques de la vraie Croix et du Golgotha déposées là par l’impératrice sainte Hélène. Il n’est pas impossible que le fleurissement des croix qui a lieu ce jour chez les byzantins ait pu influencer l’Eglise romaine qui en use en ce dimanche de Lætare, au cours duquel le Pape bénit la rose d’or.

Voici comment se déroule l’adoration de la Croix dans le rit byzantin : aux vigiles de toute la nuit de ce dimanche, pendant la grande doxologie, le célébrant, revêtu de tous ses vêtements liturgiques, encense trois fois l’autel sur lequel a été déposée la sainte croix. Durant le chant du Trisaghion, il fait une triple prosternation devant la croix, la soulève au dessus de sa tête, fait le tour de l’autel et sort du sanctuaire par la porte du nord précédé du porte-cierge et de l’encensoir. Devant les portes royales il proclame : « Sagesse, soyons attentifs », et le chœur chante trois fois le tropaire apolytikion de la Croix : « Sauve, Seigneur ton peuple ». Le célébrant dépose la croix sur un lutrin au centre de l’église et l’encense trois fois. Enfin, il procède à la triple prosternation devant la sainte croix en entonnant le tropaire du ton 5 : « Devant Ta croix nous nous prosternons, ô Maître – et Ta sainte Résurrection, nous la glorifions ». Le clergé et les fidèles se prosternent alors devant la Croix. La Croix restera au centre de l’église jusqu’au vendredi suivant.


La Vénération de la Croix au célèbre monastère d’Optina Pustyn en 2011

L’hymnodie de ce dimanche développe le thème de la victoire et de la joie de la Croix, et non pas celui la souffrance. Pour les Pères de l’Église, la Croix, source de vie est l’arbre de la vie, planté au milieu du pèlerinage du Carême. Elle est l’arbre planté au jardin de l’Eden ; elle rappelle aux fidèles tant le bonheur d’Adam que la manière dont il l’a perdu.

La Croix est plantée au milieu de l’Église également pour réconforter et encourager ceux qui participent au Grand Carême. Pour l’Église, l’apparition de la Croix au milieu des fidèles rappelle les bannières et symboles qui précèdent le retour d’un roi triomphant. La lecture en ce jour à la liturgie de l’Épître aux Hébreux explique la prêtrise du Christ et la lecture de l’Évangile est un passage de Marc qui finit par les mots : Et il leur disait : « En vérité je vous le dis, il en est d’ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Royaume de Dieu venu avec puissance ».

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Triode (de la Croix). Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du Triode (de la Croix).

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical occurrent et quatre tropaires de la 3ème ode du canon du Triode (suivant les indications du Triode ; le Typikon préconisant lui quatre tropaires de la 6ème ode) :
1. Il est beau à voir & bon à manger, * le fruit qui a causé mon trépas ; * mais le Christ est cet arbre de vie * dont je puis manger sans mourir ; * & je crie avec le bon Larron : ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
2. Dieu de tendresse, mis en croix, tu effaças * la cédule de l’antique péché d’Adam ; * de l’erreur tu sauvas l’ensemble des mortels : ** aussi nous te chantons, Bienfaiteur & Seigneur.
3. Sur le croix, Dieu de tendresse, tu clouas nos péchés, * par ta mort tu triomphas de la mort ; * d’entre les morts tu éveillas les trépassés ; ** aussi nous nous prosternons devant ta sainte Résurrection.
4. Dans les oreilles d’Eve le serpent injecta son venin, * mais le Christ sur l’arbre de la croix * fit jaillir pour le monde la douceur de la vie. ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
5. Au sépulchre on te dépose comme un mortel, * ô Christ, universelle Vie, * mais de l’Enfer ayant brisé les verrous, * tu ressuscites le troisième jour * avec gloire & puissance, illuminant le monde entier : ** gloire, Seigneur, à ta sainte Résurrection.
6. Ressuscité d’entre les morts le troisième jour, * le Seigneur donne aux Disciples sa paix ; * les bénissants, il les envoie et leur dit : ** Amenez tous les hommes au royaume de Dieu.
7. Venez fidèles, puisons * non à la fontaine qui verse l’eau de la corruption * mais à la source de la lumière ** par la vénération de la croix du Christ, en laquelle nous nous glorifions.
8. Embrassant maintenant Ta croix que Moïse figura de ses mains * Christ, Maître, nous renversons l’Amalek spirituel ** et par elle nous sommes sauvés.
9. Dans la pureté des yeux et des lèvres * fidèles, disons notre réjouissance ** vénérons la croix du Seigneur et chantons de joie.
10. Je vénère en trois Personnes un seul Dieu sans commencement * indivisible dans la forme de l’Etre * le Père, le Fils et l’Esprit vivant ** en qui nous sommes baptisés.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Tu as détruit la mort par ta croix, * ouvert au Larron le Paradis ; * changé en joie les pleurs des myrrophores * et ordonné aux apôtres de prêcher. * Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, ** donnant au monde ta grande miséricorde !
2. Tropaire de la Croix, ton 1 : Sauve, Seigneur, ton peuple, * et bénis ton héritage, * accorde aux chrétiens orthodoxes * la victoire sur les ennemis, * et garde ton peuple ** par ta Croix.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. Kondakion de la Croix, ton 7 : Désormais le glaive de feu ne garde plus la porte de l’Eden, * car le bois de la Croix l’empêche de flamboyer ; l’aiguillon de la mort est émoussé, * la victoire échappe à l’Hadès ; * Dieu Sauveur, tu es venu dire aux captifs de l’Enfer : * Entrez à nouveau dans le Paradis.

A la place du Trisaghion, on chante en ce jour :
Ta Croix, nous l’adorons, ô Maître, & ta sainte Résurrection, nous la chantons.

Prokimen
De la Croix, ton 6 :
℟. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
℣. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne reste pas silencieux en face de moi (Psaume 27, 1).

Epître :
Du troisième dimanche de Carême : Hébreux (§ 311) IV, 14 – V, 6.
Allons donc nous présenter avec confiance devant le trône de la grâce, afin d’y recevoir miséricorde, et d’y trouver le secours de sa grâce dans nos besoins.

Alleluia
De la Croix, ton 8 :
℣. Souviens-toi de ta communauté, que tu as acquis à l’origine. (Psaume 73,2)
℣. Et Dieu notre Roi depuis l’éternité, a réalisé notre salut au milieu de la terre. (Psaume 73,12)

Evangile :
Du troisième dimanche de Carême : Marc (§ 37) VIII, 34 – IX, 1.
Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à soi-même, qu’il porte sa croix, et qu’il me suive.

Mégalinaire de la liturgie de saint Basile le Grand :
En toi se réjouissent, * ô Pleine de grâce, * toute la création, * la hiérarchie des anges * et la race des hommes. * Ô Temple sanctifié, * ô Jardin spirituel, * ô Gloire virginale, * c’est en toi que Dieu s’est incarné, * en toi qu’est devenu petit enfant * Celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. * De ton sein il a fait un trône, * il l’a rendu plus vaste que les cieux. * Ô Pleine de grâce, * toute la création se réjouit en toi, ** gloire à toi.

Verset de communion
De la Croix : Fais lever sur nous la lumière de ta face (Psaume 4, 7). Alléluia, alléluia, alléluia.

Programme du troisième dimanche de Carême

IIIème dimanche de Carême : exorcisme du démon muetSaint-Eugène, le dimanche 8 mars 2015, grand’messe de 11h.

> Catéchisme sur le Carême

Ce troisième dimanche de Carême est aussi appelé Oculi, du premier mot de l’Introït de la Messe.

A Rome, la station de ce troisième dimanche de Carême se fait en la Basilique de Saint-Laurent-hors-les-Murs. Le saint diacre Laurent qui, dans son martyre, a si héroïquement triomphé du diable, va être notre patron et notre protecteur dans la seconde partie du combat de Carême, combat spirituel auquel fait allusion l’évangile de la messe de ce jour. En ce dimanche également, les catéchumènes font un pas de plus vers l’Église : on l’appelle en effet le dimanche des scrutins. C’est à partir d’aujourd’hui qu’on commençait l’examen des candidats au baptême. Les fidèles étaient invités à venir témoigner au sujet de leur conduite. Il y avait sept de ces scrutins qui avaient lieu, d’ordinaire, le mercredi et le samedi. Le plus important était celui du mercredi de la quatrième semaine de Carême. Aux diptyques du canon de la messe de ce troisième dimanche de Carême, on priait autrefois pour les parrains & marraines des futurs baptisés.

« Dans Matthieu on raconte que ce démoniaque est non seulement muet mais aveugle aussi. Il fut guéri par le Seigneur, nous dit-on, si bien qu’il pouvait parler et voir. Trois miracles sont accomplis simultanément dans un seul homme : l’aveugle voit ; le muet parle ; le possédé est délivré du démon. Mais ce qui fut fait alors dans la chair, s’accomplit chaque jour dans la conversion des croyants. Une fois le démon expulsé, ils perçoivent la lumière de la foi, ensuite la bouche, jadis muette, s’ouvre pour louer Dieu. « Mais il s’en trouva pour dire : C’est par Béelzéboub, le chef des démons, qu’il chasse les démons. » Ceux qui dénigraient ainsi, n’étaient pas des personnes dans la foule, mais des scribes et des pharisiens comme l’attestent d’autres évangélistes. »
Homélie de saint Bède le Vénérable, prêtre, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

Luc 14 - Exorcisme du démon muet - 02

  • Procession d’entrée : Audi benigne Conditor, hymne du Carême, à vêpres – alternances polyphoniques de Jean de Bournonville (1585 † 1632), maître de chapelle des cathédrales d’Abbeville et d’Amiens, et de la Sainte Chapelle de Paris
  • Kyrie XVII – Kyrie Salve
  • Epître : Ephésiens V, 1-9 : Car vous étiez autrefois ténèbres ; mais maintenant vous êtes lumière en le Seigneur : marchez comme des enfants de lumière. Or le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité.
  • Trait : Faux-bourdon du VIIIème ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Evangile : Luc XI, 14-28 : Mais si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, assurément le royaume de Dieu est venu jusqu’à vous.
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Parce Domine – motet du chanoine Nicolas Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres
  • Sanctus XV
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton de l’hymne du Carême Audi benigne Conditor, d’après Jean de Bournonville
  • Agnus Dei XV
  • Pendant la communion : Miserere pour l’office des Ténèbres à Saint-Cyr, de Guillaume Gabriel Nivers (1632 † 1714), organiste de Saint Sulpice et de la Maison royale d’éducation de Saint-Cyr
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du Ier ton (édition de 1739)
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : Attende, Domine – plain-chant musical français, harmonisation de M. le chanoine Gaston Roussel, curé du Port-Marly, maître de chapelle de la cathédrale de Versailles. Versets modernes, repris d’une ancienne litanie du rit mozarabe
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    Luc 14 - Exorcisme du démon muet - 01

    Programme du IInd dimanche de Carême – mémoire de saint Grégoire Palamas – ton 6

    Saint Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique - fresque du Monastère de Dyonisiou par le maître Tsortsi Fuca - XVIème siècleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 8 mars 2015 du calendrier grégorien – 23 février 2015 du calendrier julien, divine liturgie de saint Basile le Grand de 9h15.

    Dimanche du ton VI de l’Octoèque. En ce second dimanche de Carême, le rit byzantin commémore depuis l’an 1368 (année de sa canonisation) saint Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique (1296 † 1359).

    Saint Grégoire Palamas a développé une théologie mystique qui insiste sur les voies de l’union de l’homme avec Dieu, conduisant à la divinisation de l’homme par le don de la grâce de Dieu, approfondissant par le moyen des techniques de l’hésychasme, de la prière permanente du cœur, ce que disait déjà au IInd siècle saint Irénée du mystère de l’Incarnation et du Salut (« Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu »).

    « Puisque le Fils de Dieu, dans son incomparable amour pour les hommes, ne s’est pas borné à unir son Hypostase divine à notre nature, en endossant un corps animé et une âme douée d’intelligence, pour apparaître sur terre et vivre avec les hommes, mais puisqu’il s’unit, ô miracle d’une incomparable surabondance, aux hypostases humaines elles-mêmes, en se confondant lui-même avec chacun des fidèles par la communion à son saint Corps, puisqu’il devient un seul corps avec nous et fait de nous un temple de la Divinité tout entière, car dans le Corps même du Christ habite corporellement toute la plénitude de la Divinité, comment n’illuminerait-il pas ceux qui communient dignement au rayon divin de son Corps qui est en nous, en éclairant leur âme comme il illumina les corps mêmes des disciples sur le Thabor ? Car alors ce corps, source de la lumière de la grâce, n’était pas encore uni à nos corps : il illuminait du dehors ceux qui en approchaient dignement et envoyaient l’illumination à l’âme par l’intermédiaire des yeux sensibles ; mais aujourd’hui, puisqu’il est confondu avec nous et existe en nous, il illumine l’âme justement de l’intérieur. »
    saint Grégoire Palamas, Triades 1, 3, 38.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de saint Grégoire. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : de saint Grégoire.
    A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de saint Grégoire. Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : du Triode.

    Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical occurrent et quatre tropaires de la 3ème ode du canon de saint Grégoire :
    1. Souviens-toi de moi, Dieu Sauveur, * quand tu entreras dans ton royaume, ** seul Ami des hommes, sauve-moi.
    2. Adam fut séduit par l’arbre défendu, * mais par celui de la Croix tu as sauvé * le bon Larron s’écriant : ** Dans ton royaume, Seigneur, souviens-toi de moi.
    3. Ayant brisé les portes & les verrous de l’Enfer, * tu as ressuscité, Source de vie, * Sauveur, tous ceux qui s’écrient : ** Gloire à ta sainte Résurrection.
    4. Souviens-toi de moi, Seigneur * qui par ta sépulture triomphas de la mort * & comblas de joie l’univers, ** Dieu de tendresse, par ta Résurrection.
    5. Les Myrophores venues au tombeau * entendirent l’Ange proclamer : * Il est vraiment ressuscité, ** le Christ qui illumine le monde entier.
    6. Le Christ qui fut cloué * sur le bois de la croix * & sauva le monde de l’erreur, ** chantons-le tous d’un même chœur.
    7. Gardant tes divins commandements * nous évitons toutes les ruses des hérétiques ** nous écartons leurs phalanges, Grégoire, par tes saints écrits.
    8. Tu as détruit la sagesse folle des hérétiques * Bienheureux qui avais dans ton cœur la sagesse de la Personne de Dieu ** par laquelle de toute ta voix tu as renversé les ruines de leur orgueil.
    9. Sage qui vivais dans l’ascèse * tu as détruit les passions de la chair qui se corrompent ** et fait de ton âme l’organe divin de la théologie.
    10. Dans la connaissance et la résolution du cœur * j’aimais la confusion et la perdition de ma vie ** Mais par ton intercession, Vierge Epouse de Dieu, attache moi à mon amour.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Devant ton sépulcre les Puissances des cieux, * autant que les soldats, furent frappées d’effroi ; * et Marie (Madeleine) se tenait près du tombeau, * cherchant ton corps immaculé ; * mais tu brisas l’Enfer sans te laisser vaincre par lui, * tu rencontras la Vierge et nous donna la vie. * Ressuscité d’entre les morts, ** Seigneur, gloire à toi.
    2. Tropaire de saint Grégoire Palamas, ton 8 : Luminaire de l’orthodoxie, soutien & docteur de l’Eglise, * modèle des moines, défenseur invincible des théologiens, * Grégoire thaumaturge, gloire de Thessalonique, ** héraut de la grâce, intercède auprès de Dieu pour le salut de nos âmes.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion de saint Grégoire Palamas, ton 8 : Organe sacré & divin de la sagesse, * porte-voix éclatant & harmonieux de la théologie, * nous te chantons, Grégoire aux divines parles. * Soumettant l’intelligence à l’Intelligence première, * conduis vers Elle notre intelligence, Père, pour que nous te clamions : ** Réjouis-toi, prédicateur de la grâce.
    6. Kondakion du Triode, ton 4 : Maintenant est venu le temps de nous mettre à l’œuvre, * le jugement est proche ; * hâtons-nous donc de jeûner, * offrons avec nos aumônes nos larmes. * Nos péchés sont plus nombreux que les grains de sable de la mer, * mais efface-les, Créateur de toutes choses, ** afin que nous recevions les couronnes incorruptibles.

    Prokimen
    Du Triode, ton 5 :
    ℟. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
    ℣. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).
    De saint Grégoire Palamas, ton 1 :
    ℟. Ma bouche annonce la sagesse, & le murmure de mon cœur, l’intelligence (Psaume 48, 4).

    Epîtres
    Du second dimanche de Carême : Hébreux (§ 304), I, 10 – II, 3.
    C’est pourquoi il a fallu qu’il fût en tout semblable à ses frères, pour être envers Dieu un pontife compatissant et fidèle en son ministère, afin d’expier les péchés du peuple.
    De saint Grégoire Palamas : Hébreux (§ 318), VII, 26 – VIII, 2.
    Car il était bien raisonnable que nous eussions un pontife comme celui-ci, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux.

    Alleluia
    Du dimanche, ton 6 :
    ℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
    ℣. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
    De saint Grégoire Palamas, ton 2 :
    ℣. La bouche du juste produit la sagesse, la langue perverse sera arrachée (Proverbes, 10, 31)

    Evangiles
    Du second dimanche de Carême : Marc (§ 7), II, 1-12.
    Le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés.
    De saint Grégoire Palamas : Jean (§ 36), X, 9-16.
    Pour moi, je suis le bon Pasteur : je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent.

    Mégalinaire de la liturgie de saint Basile le Grand :
    En toi se réjouissent, * ô Pleine de grâce, * toute la création, * la hiérarchie des anges * et la race des hommes. * Ô Temple sanctifié, * ô Jardin spirituel, * ô Gloire virginale, * c’est en toi que Dieu s’est incarné, * en toi qu’est devenu petit enfant * Celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. * De ton sein il a fait un trône, * il l’a rendu plus vaste que les cieux. * Ô Pleine de grâce, * toute la création se réjouit en toi, ** gloire à toi.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    De saint Grégoire Palamas : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Programme du second dimanche de Carême

    Pietro Perugino : La Transfiguration de Notre Seigneur (1496)Saint-Eugène, le dimanche 16 mars 2014, grand’messe de 11h.

    > Catéchisme sur le Carême

    Le second Dimanche de Carême est appelé Reminiscere, du premier mot de l’Introït de la Messe, et quelquefois aussi le Dimanche de la Transfiguration, à cause de l’Évangile qui y est lu.

    La messe de ce dimanche est d’introduction relativement récente : il n’y avait pas primitivement de messe dominicale ce dimanche, car c’est la longue messe du samedi des Quatre-Temps de Carême, laquelle commençait le samedi soir et durait une bonne partie de la nuit (on y faisait les ordinations aux sept ordres ecclésiastiques) qui en tenait lieu. De ce fait, les pièces de la messe de ce dimanche sont empruntées à d’autres jours : l’introït Reminiscere provient de la messe du Mercredi des Quatre-Temps de Carême, de même que le graduel Tribulationes cordis mei, l’offertoire Meditabor in mandatis tuis et l’antienne de communion Intellige clamorem. L’évangile de la Transfiguration est repris de la messe du Samedi des Quatre-Temps de la veille. La secrète est la même qu’au IVème dimanche de l’Avent et la Postcommunion est reprise du dimanche de la Sexagésime.

    Longtemps, le rit romain n’a pas connu d’autre fête de la Transfiguration que ce dimanche (ou plus précisément ce Samedi des Quatre-Temps). Les homélies de saint Léon Ier le Grand sur la Transfiguration, prononcées en cette nuit à Saint-Pierre à la messe du Samedi des Quatre-Temps, sont un vrai chef-d’œuvre et indiquent également les raisons pour lesquelles l’Eglise de Rome a placé la Transfiguration pendant le Carême.

    Au cours du Moyen-Age, à l’instar des Orientaux, plusieurs Eglises d’Occident se mirent à célébrer distinctement une fête de la Transfiguration le 6 août. Rome ne s’y décida qu’en 1457, en mémoire d’une éclatante victoire remportée sous Callixte III contre les ennemis de la Foi.

    La station de ce jour, à Rome, est dans l’Église de Sainte-Marie in Domnica, sur le mont Cœlius. Cette station est assez récente, il s’agissait à l’origine de l’antique Diaconie où présidait saint Laurent, et dans laquelle il distribuait les aumônes de l’Église.

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    Programme du Ier dimanche de Carême – Triomphe de l’Orthodoxie (restauration des saintes Images) – ton 5

    Triomphe de l'Orthodoxie - rétablissement du culte des Images par l'impératrice ThéodoraParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 9 mars 2015 du calendrier grégorien – 24 février 2015 du calendrier julien, divine liturgie de saint Basile le Grand de 9h15.

    Dimanche du ton V de l’Octoèque. En ce jour premier dimanche de Carême, le rit byzantin célèbre le Triomphe de l’Orthodoxie, c’est-à-dire le rétablissement de la vénération des icônes au sein de l’Église et la fin de l’hérésie iconoclaste. Cette fête fut instituée en 843. En dépit du septième concile œcuménique de Nicée II de 787, les empereurs iconoclastes avaient persisté à persécuter les défenseurs des saintes icônes. A la suite d’une vision de la Vierge qu’eut l’impératrice Théodora, l’empereur Théophile se repentit de sa politique iconoclaste, marquant le triomphe définitif des fidèles sur les hérétiques. Le refus de l’icône par les iconoclastes n’était pas une hérésie anodine puisqu’elle équivalait de fait à un refus de l’Incarnation.

    L’instauration de cette fête au début du Carême n’est pas sans rapport avec celui-ci. « Le Christ est l’icône du Dieu invisible, le Premier Né de la création » (Colossiens, 1,15). La sainteté consiste bien à restaurer l’image de Dieu en nous, telle qu’elle était au commencement avant qu’elle ne soit altérée par la Chute, comme l’exprime parfaitement & de façon admirable le kondakion de ce dimanche. Cette fête rappelle par ailleurs que le jeûne est aussi une ascèse du regard, de la manière dont nous regardons le monde, et que la contemplation des saintes images y contribue.

    Les dimanches de Carême, c’est la liturgie de saint Basile le Grand qui est utilisée, en place de celle de saint Jean Chrysostome.

    Aux heures
    A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête du Triode. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la fête du Triode.

    Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche & 4 tropaires de la 6ème ode du canon du Triode :
    1. Le bon Larron sur la croix * eut foi en ta divinité, ô Christ ; * il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant : ** De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.
    2. Sur le bois de la croix * pour nous les hommes tu fis fleurir la vie * et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu : ** Sauveur & Créateur, nous te chantons d’un même chœur.
    3. Par ta mort, ô Christ, * tu as brisé la force de la mort, * ressuscitant tous les morts depuis Adam, ** qui te chantent comme vrai Dieu & Sauveur du genre humain.
    4. Venues à ton sépulchre, Sauveur, * les saintes Femmes te cherchaient * pour embaumer la Source de vie, ** mais un Ange leur apparut pour leur dire : Il est ressuscité, le Seigneur !
    5. O Christ, lorsque tu fus crucifié * au milieu de deux larrons, * l’un fut justement condamné pour t’avoir insulté, ** l’autre par sa confession devint l’hôte du Paradis.
    6. Devant le chœur des Apôtres, * les saintes Femmes s’écriaient : * Le Christ est vraiment ressuscité, ** adorons en lui notre Maître & Créateur.
    7. Je T’offre le sacrifice de louange, Seigneur, proclame l’Eglise purifiée des souillures des démons ** par le sang qui coula de ton côté, en ta compassion.
    8. L’image adorée du Maître * est peinte et vénérée dans la foi * Et l’Eglise reçoit une nouvelle confiance ** glorifiant le Sauveur dans l’amour de Dieu.
    9. L’Eglise du Christ se dépouille * de la tristesse et des ténèbres de l’hérésie. * Elle porte le vêtement de la réjouissance ** et se couvre de la grâce lumineuse de Dieu.
    10. Le peuple des Orthodoxes a reçu la lumière de l’ancienne splendeur * par le geste de Théodora la reine ** et de Michel son empereur qui aime Dieu.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !
    2. Tropaire du triomphe de l’Orthodoxie, ton 2 : Nous vénérons ton icône très pure, toi qui es bon, * en implorant le pardon de nos fautes, ô Christ Dieu ; * car Tu as bien voulu dans ta chair monter sur la croix, * pour délivrer de l’esclavage de l’Ennemi ceux que Tu as créés. * Aussi, en te rendant grâce, te clamons-nous : ** Tu as tout empli de joie, ô notre Sauveur, toi qui es venu pour sauver le monde.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    4. Kondakion du Triode, ton 2 : Le Verbe incirconscriptible du Père, * s’est circonscrit en s’incarnant de toi, ô Mère de Dieu, * et, restaurant sous sa forme ancienne l’image souillée, * Il l’a unie à la divine beauté. ** Mais confessant le salut, nous le représentons en actes et en paroles.

    Prokimen
    Du dimanche de l’Orthodoxie (des Pères), ton 4 :
    ℟. Béni es-tu, Seigneur, Dieu de nos Pères, * & ton nom est loué & exalté dans tous les siècles.
    ℣. Car tu es juste en tout ce que tu as fait pour nous, toutes tes œuvres sont vérité.

    Epître
    Du dimanche de l’Orthodoxie : Hébreux (§ 329), XI, 24-26, 32 – XII, 2.
    Jetant les yeux sur Jésus, l’auteur et le consommateur de la foi, qui au lieu de la vie tranquille, heureuse dont il pouvait jouir, a souffert la croix en méprisant la honte, l’ignominie, et maintenant est assis à la droite du trône de Dieu.

    Alleluia
    Du dimanche de l’Orthodoxie (des Pères), ton 8 :
    ℣. Moïse & Aaron, parmi ses prêtres, & Samuel, invoquant son nom,
    ℣. En appelaient au Seigneur, & Dieu les exauçait.

    Evangile
    Du dimanche de l’Orthodoxie : Jean (§ 5), I, 43-51.
    Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi, et que les prophètes ont prédit : Jésus de Nazareth, fils de Joseph.

    Mégalinaire de la liturgie de saint Basile le Grand :
    En toi se réjouissent, * ô Pleine de grâce, * toute la création, * la hiérarchie des anges * et la race des hommes. * Ô Temple sanctifié, * ô Jardin spirituel, * ô Gloire virginale, * c’est en toi que Dieu s’est incarné, * en toi qu’est devenu petit enfant * Celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. * De ton sein il a fait un trône, * il l’a rendu plus vaste que les cieux. * Ô Pleine de grâce, * toute la création se réjouit en toi, ** gloire à toi.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    Du dimanche de l’Orthodoxie (des Pères) : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Le voile de Carême – Velum quadragesimale

    Voiles de Carême dans les églises parisiennesLe Carême est un temps de jeûne. Autrefois les chrétiens – pour se préparer à vivre le grand mystère de la mort & de la résurrection du Christ – n’y observaient non seulement une privation de nourriture, mais également une privation auditive et visuelle.

    Privation auditive avec la suppression de l’orgue et des instruments de musique, mais aussi, dans bien des usages diocésains, du son des cloches.

    Privation visuelle avec les voiles que l’on place sur les croix et les statues ou encore la suppression des fleurs sur les autels. Privation visuelle qui consistait aussi à fermer le sanctuaire par un grand voile, le velum quadragesimale.

    A Paris ainsi, jusque vers les années 1870, on tendait celui-ci depuis le premier dimanche de Carême et jusqu’au Mercredi Saint. Ce grand voile, de laine violette ou de couleur cendre, fermait complètement le sanctuaire et masquait la vue du maître-autel. On le faisait tomber sur le pavé du sanctuaire au cours de la messe du Mercredi Saint, pendant qu’on chantait la passion selon saint Luc, précisément lorsque le diacre chroniste arrivait au chant de ce verset :

    Et obscurátus est sol: et velum templi scissum est médium.
    Le soleil fut obscurci, et le voile du temple se déchira par le milieu.
    Luc XXIII, 45

    Cette scène, au dramatisme visuel certain, donnait vie aux paroles de l’Evangile de la Passion que les fidèles écoutaient, et renforçait le sens de celles-ci dans leur cœur.

    Ce grand voile – appelé velum quadragesimale ou velum templi – n’était pourtant pas une particularité parisienne puisqu’il se retrouvait dans tous les pays de l’ancien espace carolingien. Son usage est attesté par plusieurs conciles et statuts médiévaux et remonte de fait à une très haute antiquité chrétienne. Devenu très orné vers la fin du Moyen-Age, surtout en Allemagne, le voile de Carême, qui y avait survécu à la réforme luthérienne, y retrouve actuellement un regain d’intérêt.

    1. Le voile de Carême dans l’ancien usage de Paris

    Voici quelques paragraphes concernant l’ornementation des églises durant le Carême, tirés du Cæremoniale Parisiense publié en 1662 par le cardinal de Retz, et rédigé par Martin Sonnet, prêtre et bénéficier de l’Eglise de Paris, ouvrage de référence pour connaître l’ancien rit parisien. Ce passage décrit la mise en place de l’ornementation des églises propre au temps du Carême, mise en place effectuée avant les premières vêpres du premier dimanche de Carême. A propos du grand voile quadragésimal, le Cérémonial parisien précise non seulement quand doit il être placé dans le sanctuaire, mais aussi à quels moments précis on doit le tenir ouvert ou fermé.

    De Dominicis &   Feriis Quadragesimæ usque ad Dominicam Palmarum

    Des dimanches et féries de Carême jusqu’au dimanche des Rameaux

    Caput VIII

    Chapitre VIII

    Cum ieiunasset Iesus Quadraginta diebus & Quadraginta noctibus, postea esuriit.

    Matth. Cap. 4 v. 2

    Et Jésus ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim ensuite.

    Matthieu, 4, 2.

    1. Dominica prima in Quadragesima, semiduplex, & primæ classis. Semiduplex, quoad officium, primæ classis, quoad privilegium.

    1. Le premier dimanche de Carême est semidouble de 1ère classe. Semidouble en ce qui concerne l’office, de première classe, en ce qui concerne son privilège.[1]

    2. Sabbato ante Vesperas, Magister cæremoniarum curat, ut per Clericum fabricæ vel Sacristam & coadiutores eius omnes Cruces, capsæ seu Reliquiæ sanctorum, & imagines Ecclesiæ etiam crux Processionalis, tegantur & cooperiantur honeste velis violacei seu cinericei coloris, ex Cameloto vel ex Bombyce Damascena seu panno sericeo. Item curat ut maius Altare & alia Altaria Ecclesiæ ornentur paramentis eiusdem coloris.

    2. Le Samedi avant vêpres, le Maître des Cérémonies aura soin que par un clerc de la fabrique ou par le Sacristain et ses adjoints, toutes les croix, toutes les châsses ou reliques des saints, et toutes les images de l’église, même la croix de procession, soient tendues et couvertes avec dignité de voiles violets[2] ou de couleur cendrée[3], faits en camelot[4] ou en bombycine[5] damassée, ou en tissu soyeux. De même il aura soin que le maître-autel et que les autres autels de l’église soient ornés de parements[6] de même couleur.
    3. Et ante maius Altare inter Chorum & Presbyterium ab vno latere ad aliud, appenditur seu extenditur magnum velum oblongum & latum, seu cortina maior ex cameloto violacei seu cinericei coloris, quæ possit retrahi vel plicari vel detendi quando opus erit, vel etiam possit extendi, uel claudi, vel trahi, vsque ad feriam quartam maioris Hebdomadæ. 3. Et devant le maître autel, entre le chœur et le presbyterium[7], d’un côté à l’autre, on pendra ou étendra un grand voile oblong et large, ou une grande tenture, en camelot violet ou de couleur cendrée, qui puisse être ramené ou plié ou ouvert quand cela se doit, ou encore qui puisse être étendu ou fermé ou tiré, jusqu’à la Quatrième férie de la Grande Semaine[8].
    4. Extenditur autem magnum illud velum ad omnes horas feriales tantum, & per totum diem & noctem : Et nunquam extenditur ad Missam : neque ad officium de Dominica a primis eius Vesperis usque ad secundas Vesperas illius & per totum diem & noctem : neque etiam in festis duplicibus & semiduplicibus ad officium, nec per diem & noctem. 4. On étend en effet ce grand voile seulement pour toutes les heures de l’office férial, et tout le jour & la nuit. Et on ne l’étend jamais pour la messe, ni à l’office du dimanche, des premières vêpres jusqu’aux secondes vêpres de celui-ci, et pendant tout ce jour et cette nuit, ni aussi aux fêtes doubles ou semidoubles à l’office, ni pendant le jour & la nuit[9].
    5. Deponuntur etiam per totam Ecclesiam & Chorum omnia aulæa, & omnes tapetes graduum sive suppedanei maioris Altaris, & aliorum, vsque ad Pascha, tota denique Ecclesia exornatur.

    On déposera aussi dans toute l’église et dans le chœur toutes les tentures, & tous les tapis des degrés et des marchepieds du maître-autel et des autres autels, jusqu’à Pâques, en somme on enlève tous les ornements de l’église[10].

    Voici comment le même Cæremoniale décrit l’enlèvement du grand voile de Carême un peu plus loin, lorsqu’il parle du Mercredi Saint :

    11. Diaconus cantat Passionem secundum S. Lucam, quam Celebrans interim legit in cornu Evangelii, vt feria tertia præcedenti notatur. Postquam autem ad aquilam in medio Chori peruenerit, Magister Cæremoniarum extendit magnum velum inter Presbyterium & Altare, more solito : quod soluitur in vtraque parte Chori, & tenetur à duobus Clericis, vsque ad hæc verba Passionis, Еt velum templi scissum est medium. Et cum illa pronuntiat Diaconus, de nutu Cæremoniarii, duo supradicti Clerici subitò relaxant, ita ut etiam repentè cadat omnino super pauimentum Chori, quod velum postea auffertur à Sacrista.

    11. Le diacre chante la Passion selon saint Luc, que le célébrant pendant ce temps lit au coin de l’évangile, ainsi qu’il est noté à la troisième férie précédente. Mais après qu’il soit parvenu à l’aigle qui est au milieu du chœur, le Maître de Cérémonie tire le grand voile entre le Presbyterium et l’autel, de la façon habituelle, lequel est soutenu de chaque côté du chœur et tenu par deux clercs, jusqu’à ces paroles de la Passion : Et le voile du temple se déchira par le milieu. Et quand le diacre prononce ces paroles, sur un signe du Cérémoniaire, les deux clercs susdits le relâchent subitement, afin qu’ainsi il tombe soudain entièrement sur le pavé du chœur, ce voile est ensuite enlevé par le sacristain.

    Il est très intéressant de noter que le grand voile de Carême reste systématiquement ouvert tout le dimanche, des premières vêpres aux secondes : le Jour du Seigneur, Dies Domini, a toujours été la fête de la résurrection, même en Carême ; le jeûne y est proscrit.

    Le Cæremoniale Parisiense du cardinale de Noailles publié en 1703 diffère du reste bien logiquement l’installation du voile de Carême après les complies du Ier dimanche de Carême et avant l’office nocturne du lundi : il est vrai que puisque le voile devait rester ouvert pendant tous les dimanches, son installation avant les Ières vêpres du Ier dimanche de Carême – quoique parfaitement en phase avec la logique de l’entrée en Carême – n’était pas absolument nécessaire. Selon ce Cérémonial, les autres voiles des images et des croix sont toutefois toujours installés avant les Ières vêpres du Ier dimanche de Carême. Comme on le verra, on trouve déjà dans la plupart des coutumiers monastiques médiévaux, dès le Xème siècle, cet usage de mettre en place le voile de Carême après les complies du Ier dimanche, et sans doute est-ce là un souvenir de l’époque reculée – avant saint Grégoire le Grand ! – où le jeûne ne commençait effectivement que le lundi.

    2. Une tradition répandue dans toute l’Europe qui n’est pas propre à Paris

    Avant la Renaissance et l’apparition des premiers cérémoniaux diocésains imprimés, il n’est pas toujours aisé de connaître le déroulement des différents rites liturgiques par le menu détail : les rubriques, dans les anciens missels médiévaux, sont lacunaires voire franchement inexistantes. On peut toutefois glaner des détails utiles dans les actes des conciles provinciaux, mais surtout dans les Coutumiers des Abbayes, qui réglaient avec précision les détails de la vie conventuelle propres à chaque grand centre monastique.

    Ainsi nous trouvons notre grand voile quadragésimal mentionné par une série de conciles médiévaux anglo-normands comme devant faire partie du matériel que toute église doit nécessairement posséder : ce sont les conciles d’Exeter en 1217, de Canterbury en 1220, de Winchester en 1240, d’Evreux aussi en 1240 et d’Oxford en 1287.

    Antérieurement à ces conciles, de nombreux coutumiers, constitutions et statuts médiévaux d’abbayes indiquent l’usage de fermer le sanctuaire d’un voile pendant le Carême.

    La plus ancienne mention se trouve dans les Consuetudines Farfenses – Constitutions de l’abbaye de Farfa, près de Rome, rédigées vers l’an 1010 (chap. XLII), qui indiquent au soir du Ier dimanche de Carême :

    Nam denique secrætarius cortinam exacta vespera in fune ordinet et completorio consummato in circulos extendant.
    Et enfin le sacristain place une courtine sur une corde une fois les vêpres finies et à la fin des complies ils le referment.

    Saint Lanfranc († 1089), abbé de Saint-Etienne de Caen puis archevêque de Canterbury en 1070, parle dans ses statuts du voile de Carême, qu’on doit placer après les complies du Ier dimanche de Carême, et des autres voiles des croix et des images, qui sont placés le lendemain avant tierce :

    Dominica prima Quadragesimæ post Completorium suspendatur cortina inter Chorum & altare. Feria secunda ante Tertiam debent esse coopertæ Crux, Coronæ, Capsæ, textus qui Imagines deforis habent.
    Le premier dimanche de Carême, après Complies, on suspend un rideau entre le chœur et l’autel. Le lundi, avant tierce, doivent être recouvertes la croix, les couronnes, les châsses, les tissus sur lesquels sont peints des images. (Statuts c. I, § 3.)

    Voici quelques autres citations, qui manifestent certes quelques variantes de détails dans les usages monastiques médiévaux, mais qui permettent surtout d’apprécier la large extension de l’usage du voile de Carême :

    • Post Completorium appenditur velum inter altare, & chorum, quod nullus præter Sanctuarii Custodes, atque Ministros, absque rationabili causa audet transire.
      Après Complies, on pend un voile entre l’autel & le chœur, que nul ne doit oser franchir si ce n’est les gardes du sanctuaires et les ministres [de la messe] ou pour une cause raisonnable.
      Liber Consuetudinum S. Benigni Divionensis – Coutumier de Saint-Bénigne de Dijon.
    • Dominica post completam debet Secretarius tendere cortinam inter chorum, & altare, & Crucifixum cooperire.
      Le Dimanche après complies le Sacristain doit tendre une courtine entre le chœur et l’autel, et couvrir le Crucifix.
      Liber Usuum Beccensium – Livre des Us du Bec-Hellouin
    • Hac die post Completorium cruces cooperiantur, & cortina ante Presbyterium tendatur, quæ ita omnibus diebus privatis per XL. usque ad quartam feriam ante Pascha post Completorium remanebit. (…) In Sabbatis vero, & in vigiliis SS. duodecim Lectionum ante Vesperas à conspectu Presbyterii est cortina retrahenda, & in crastino post Completorium est remittenda. Similiter retrahentur ad Missam pro præsenti defuncto, & ad exequias : Non intres in judicium, donec septem psalmi finiantur post sepulturam, & ad benedictionem novitii. (…) Ad missam vero privatis diebus, ut Sacerdos libere ab Abbate, si assuerit, ad Evangelium legendum benedictionem petat, Subdiaconus cornu cortinæ in parte Abbatis modice retrahat, & date benedictione, ut prius erat, remittat. Diaconus vero accedat ad cortinam, ubi sublevata est, quærens benedictionem.
      Ce jour, après Complies, on couvre les croix, et on tend une courtine devant le Presbyterium, qui demeure tous les jours de semaine pendant le Carême jusqu’après les Complies du Mercredi avant Pâques. (…) Mais les Samedi et la veille des fêtes des saints à douze leçons, avant vêpres on retire la courtine afin de voir le Presbyterium, et on la remets le lendemain après les Complies. On la retire de même aux messes [de funérailles] pour un défunt dont le corps est présent, et aux obsèques, depuis Non entres in judicium, jusqu’à sept psaumes [de la pénitence] qu’on termine après la sépulture, & [aussi] à la bénédiction des novices. (…) Mais à la messe des jours de semaine, si le prêtre le veut, lorsque l’on doit lire l’évangile et qu’il demande à l’Abbé sa bénédiction, le sous-diacre soulève un peu un coin de la courtine du côté de l’Abbé, et une fois la bénédiction donnée, il la remet comme elle l’était auparavant. Le diacre lui vient jusqu’à la courtine, là où elle est soulevée, pour demander la bénédiction.
      Liber Usuum Cisterciensium – Livre des Us de Citeaux, chap. 15 : De Dominica prima XL.
    • Hac die post IX. ante Sanctuarium cortina a Sacrista tendatur, & cruces in ecclesia cooperiantur. (…) In festis vero SS. XII. Lectionum, & Dominicis, die præcedente ad Vesperas à conspectu Sanctuarii cortina abstrahenda est, & in die festi post Completorium retrahenda : similiter singulis diebus ante elevationem Domini Corporis abstrahatur, & ea facta retrehatur.
      Ce jour après None le Sacristain tend une courtine devant le sanctuaire, & couvre les croix dans l’église. (…) Mais les fêtes des saints à douze leçons & les dimanches, la veille à Vêpres on ouvre la courtine pour rendre visible le sanctuaire, et on la referme le jour de la fête après Complies. De même chaque jour on l’ouvre avant l’élévation du Corps du Seigneur, et celle-ci faite on la referme.
      Tullense S. Apri Ordinarium – Ordinaire de Saint-Evre-lès-Toul
    • Vesperæ autem diei præcedentis diem cinerum, cruces, & imagines cooperiantur, & cortina ante Presbyterium tendatur, quæ ita omnibus diebus privatis usque ad quartam feriam hebdomadæ palmarum dum canitur : Et velum Templi scissum est, remanebit. (…) Et omnibus etiam privatis diebus ad elevationem Dominici Corporis & Sanguinis Missæ conventualis, quæ cantantur in summo altari.
      Or à Vêpres du jour précédent le jour des Cendres, on couvre les croix & les images, et on tend une courtine devant le Presbyterium, laquelle demeure ainsi tous les jours de semaine jusqu’au Mercredi Saint lorsqu’on chante : Et le voile du Temple se déchira. (…) Mais pas tous les jours de semaine à l’élévation du Corps & du Sang du Seigneur à la messe conventuelle, qui se chante au maître-autel.
      Cæremoniæ Bursfeldenses – Cérémonial de la congrégation bénédictine allemande de Bursfelde, chap. 31, 1474-1475.
    • 3. Le Fastentuch allemand

      Si le voile de Carême resta en usage ici et là en Sicile et en Espagne, c’est surtout en Allemagne & en Autriche que l’on conserva cet usage jusqu’à nos jours. Le fait que les voiles de Carême (ou Fastentuch en allemand) y étaient devenus de véritables œuvres d’art par leur décoration n’est sans doute pas étranger à leur préservation, et, partant, à la permanence de l’usage.

      Le voile de Carême parisien devait être le plus souvent en toile de laine assez ordinaire (en « camelot » pour reprendre le terme technique employé par Martin Sonnet dans le Cérémonial de 1662) et a dû demeurer longtemps sans ornementation particulière, tel qu’il était dans son état primitif. Aucun n’en a été conservé et nous n’avons pas pu trouver de représentations iconographiques anciennes.

      En revanche, c’est dès la fin du XIIIème siècle qu’on observe, dans les Flandres et en Allemagne, les voiles de Carême se charger d’ornements, de broderies puis de peintures, de plus en plus riches & somptueux.

      C’est surtout en Allemagne du Sud & en Autriche qu’on voit les voiles de Carême devenir de très riches toiles peintes représentant les scènes de la Passion, souvent de vrais chefs d’œuvre de l’art de ces époques.

      Voile de Carême de la cathédrale de Fribourg - 1612
      Voile de Carême de la cathédrale de Fribourg – 1612

      En Allemagne, la cathédrale Notre-Dame de Fribourg conserve le plus grand voile de Carême connu en Europe. Datant de 1612, celui-ci mesure plus de 10 mètres sur 12 pour un poids de près d’une tonne. La scène centrale de la crucifixion est entourée de 25 carrés contenant les différents épisodes de la Passion.

      Voile de Carême de l'Abbaye de Millstatt en Autriche - 1593
      Voile de Carême de l’Abbaye de Millstatt en Autriche – 1593

      Le voile de Carême de l’Abbaye de Millstatt, en Carinthie (Autriche), remontant à 1593, était tombé en désuétude. Restauré, il fut réinstallé et utilisé de nouveau pour chaque Carême depuis 1984.

      Voile de Carême de la cathédrale de Gurk en Autriche - 1458
      Voile de Carême de la cathédrale de Gurk en Autriche – 1458

      Ces voiles de Carême étaient un véritable instrument de catéchèse par l’image, permettant d’enseigner le peuple sur l’histoire du Salut.

      Voile de Carême de la cathédrale de Gurk en Autriche composé de 99 tableaux de l'Ecriture - 1458
      Voile de Carême de la cathédrale de Gurk en Autriche composé de 99 tableaux de l’Ecriture – 1458. La composition – telle une bande dessinée de la Passion, se lit à partir du haut et se termine en bas à droite par la Résurrection.

      En Allemagne du Nord, le voile de Carême est resté de facture beaucoup plus simple : il est fait de lin blanc orné de broderies, comportant assez souvent des citations de l’Ecriture ou de la liturgie. Ces caractéristiques se retrouvent aussi pour les anciens voiles de Carême flamands qui ont été conservés dans les musées de Belgique, les plus anciens remontant au XIVème siècle. Le Musée de la cathédrale de Brandebourg près de Berlin en possède un remontant à l’an 1290.

      Voile de Carême de l'église Saint-Magnus d'Everswinkel  - éléments remontant à 1614
      Voile de Carême de l’église Saint-Magnus d’Everswinkel – éléments remontant à 1614.
      Voile de Carême de l'église l'Assomption à Marienbaum.
      Voile de Carême de l’église l’Assomption à Marienbaum.

      Martin Luther, qui détestait l’idée de Carême et de pénitence, tenta de faire disparaître les Fastentuch de toute l’Allemagne. Peu à peu ceux-ci tombèrent en désuétude, et dès la fin du XIXème siècle l’usage avait pratiquement disparu. Bien curieusement, cette ancienne tradition refit apparition avec force à partir de 1974, année où l’association caritative Misereor eut l’idée de réaliser un Fastentuch pour concrétiser les efforts de Carême des chrétiens. Cette initiative eut un retentissement certain dans toute l’Allemagne, entraînant la redécouverte de cette tradition, la restauration de nombreux voiles historiques qui dormaient dans les réserves des cathédrales ou des musées, et à nouveau leur suspension dans les sanctuaires. Le succès fut tel que même les Luthériens se mirent à en tendre ! Actuellement, on estime qu’un tiers des églises catholiques allemandes ainsi que plusieurs centaines de paroisses luthériennes suspendent un voile pendant le Carême. De l’Allemagne, la pratique tend à se répandre actuellement en Suisse, en Belgique, en Irlande et même en France.

      Voile de Carême réalisé pour l'année 2010 pour la cathédrale de Bonn.
      Voile de Carême réalisé pour l’année 2010 pour la cathédrale de Bonn.

      4. Une tradition qui trouve ses racines dans l’antiquité chrétienne

      L’usage de voiler les images, les croix et les reliques pendant le Carême est certainement ancien en Occident. Ainsi, on notera dans la vie de saint Eloi, rédigée par saint Ouin († 686), qu’on couvrait déjà d’un voile la précieuse châsse de ce saint pendant toute la durée du Carême. Mais tel n’est pas tout à fait le propos de cet article.

      L’usage de tendre un voile devant le sanctuaire des églises remonte lui à la plus antique époque.

      L’Ancienne Alliance, type de la Nouvelle, connaissait un voile[11], qui fermait le Saint des Saints, d’abord dans le Tabernacle itinérant au désert, puis dans le Temple de Jérusalem (au témoignage de saint Paul, ce voile qui fut déchiré à la mort du Christ, était du reste le second, un premier voile fermait le Saint. Cf. Hébreux IX, 3).

      Les premières églises chrétiennes ont connu des voiles de sanctuaire aussi bien en Occident qu’en Orient.

      L’autel antique était le plus souvent surmonté d’un ciborium ou baldaquin, entre les colonnes duquel étaient tendus des voiles.

      Le ciborium antique de la basilique Saint-Ambroise de Milan - notez les 4 tringles qui soutenaient les voiles entre les colonnes.
      Le ciborium antique de la basilique Saint-Ambroise de Milan – notez les 4 tringles qui soutenaient les voiles entre les colonnes.

      Mais outre ces voiles du ciborium, le sanctuaire lui-même était séparé du chœur et de la nef par une clôture appelée chancel ou templon, barrière qui pouvait comporter des colonnes, entre lesquelles des voiles étaient tendus. 12 colonnes fermaient ainsi le sanctuaire de la basilique de l’Anastasis (notre Saint-Sépulchre) construite par Constantin au début du IVème siècle. Les colonnes servaient de support pour des rideaux, comme nous renseignent différents textes des Pères de l’Eglise[12]. Le rideau du sanctuaire de Sainte-Sophie à Constantinople, donné par les munificences de l’empereur Justinien, était d’un tissu filé d’or & d’argent estimé à dix mille mines.

      Reconstitution du sanctuaire de Sainte-Sophie à Constantinople - vue de face.
      Reconstitution du sanctuaire de Sainte-Sophie à Constantinople – vue de face.

      Ce double niveau de voiles, voiles du templum et voiles du ciborium, constituait les limites du Saint & du Saint des Saints des temples de la Nouvelle Alliance.

      Reconstitution du sanctuaire de Sainte-Sophie à Constantinople - vue de dessus - notez la présence du ciborium au dessus de l'autel - le sanctuaire est fermé par les colonnes du templon.
      Reconstitution du sanctuaire de Sainte-Sophie à Constantinople – vue de dessus – notez la présence du ciborium au dessus de l’autel – le sanctuaire est fermé par les colonnes du templon.

      Les rideaux étaient fermés ou ouverts selon les moments de l’action liturgique, leur ouverture signifiant toujours la pleine communication de la grâce et symbolisant l’ouverture des cieux.

      « Lorsque, dit saint Jean Chrysostome, l’hostie céleste est sur l’autel, que Jésus-Christ, l’agneau royal, est immolé, lorsque vous entendez ces paroles : « Prions tous ensemble le Seigneur », lorsque vous voyez qu’on tire les voiles et les rideaux de l’autel, figurez-vous que vous contemplez le ciel qui s’ouvre et les anges qui descendent sur la terre. »

      Reconstitution du sanctuaire de Sainte-Sophie à Constantinople - vue latérale du sanctuaire.
      Reconstitution du sanctuaire de Sainte-Sophie à Constantinople – vue latérale du sanctuaire.

      L’Occident n’était pas en reste, on trouve dans le Liber Pontificalis de nombreuses mentions de papes (e.g. Serge Ier, Grégoire III, Zacharie, Hadrien Ier) donnant des voiles pour orner les arcades des ciboria et des sanctuaires des églises romaines.

      Plusieurs anciennes liturgies d’Orient et d’Occident contiennent une oraison – la prière du voile – que dit le célébrant lorsqu’à l’offertoire il quitte le chœur pour pénétrer dans le sanctuaire, au delà du voile qui le fermait.

      L’oraison du voile de la liturgie de saint Jacques, qui représente l’antique usage de l’Eglise de Jérusalem, est justement célèbre :

      Nous te rendons grâce, Seigneur notre Dieu, de nous accorder la confiance de pénétrer dans ton sanctuaire par ce nouveau et vivifiant chemin, qui nous est ouvert par le voile, le chemin de la chair de ton Christ. Maintenant que nous avons été trouvés dignes d’entrer dans le séjour de ta gloire, de nous tenir derrière le voile, et de contempler ton Saint des Saints, nous nous prosternons devant ta bonté. Aie pitié de nous, ô Maître, car désirant nous tenir devant ton saint autel, et de t’offrir ce sacrifice redoutable et non sanglant pour nos péchés et pour les fautes de tout ton peuple, nous sommes remplis de crainte, ô Dieu. Envoie sur nous ta bonne grâce, sanctifie nos âmes, nos corps et nos esprits, oriente nos pensées vers la sainteté afin qu’avec une conscience pure nous puissions t’offrir un sacrifice de paix, un sacrifice de louange.

      Et ayant dévoilé les voiles des mystères qui recouvrent symboliquement ce rite sacré, montre-nous en toute clarté, et remplis notre vision spirituelle avec ta lumière sans fin, et après avoir purifié notre pauvreté de toute souillure de la chair et de l’esprit, rends la digne de cette présence redoutable et craintive.

      (À voix haute) : Par la miséricorde et l’amour pour les hommes de ton Fils unique, avec lequel tu es béni, et ton très saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.
      ℟. Amen.

      Voiles dans une église de rite syro-malankare au Kérala.
      Voiles dans une église de rite syro-malankare au Kérala (Inde du Sud).

      Les Eglises assyro-chaldéennes, arméniennes, coptes et éthiopiennes ont conservé l’usage du rideau qui ferme le sanctuaire. Dans l’Eglise arménienne, une église est réputée désaffectée si son sanctuaire est dépourvu de rideau. Dans l’Eglise byzantine, les colonnes qui au départ soutenaient le rideau se sont au cours des âges chargées d’icônes pour devenir l’iconostase : le rideau y est toujours présent, quoique sa dimension soit en pratique le plus souvent réduite à la largeur des portes du sanctuaire.

      Même si un rideau ferme le sanctuaire toute l’année en Orient, on y note toutefois des usages spéciaux pour le Carême. Ainsi chez les Arméniens, le rideau habituel est changé pour le Carême par un rideau noir. Ce rideau noir reste toujours fermé pendant la messe et les offices quadragésimaux, symbolisant l’expulsion d’Adam et d’Eve du Paradis. Il ne sera pas ouvert avant le dimanche des Rameaux [13].

      Les russes changent également leur rideau habituel, de couleur brillante, pour un autre de couleur sombre pendant les jours de semaine du Grand Carême. Tous les autres voiles et tissus de l’église sont pareillement changés. Le retour des voiles de couleur brillante se fera le samedi saint à la vigile pascale, juste avant le chant de l’évangile de la résurrection, pendant que le chœur chante : « Ressuscite, ô Dieu, & juge la terre. »

      Conclusion

      La restauration en France de cet usage, à l’instar de ce qui s’observe actuellement en Allemagne, serait-elle envisageable ?

      Juridiquement, rien ne s’y opposerait, puisque la Congrégation des Rites avait déclaré que l’usage du grand voile de Carême fermant le sanctuaire était tout à fait admissible (decr. auth. n. 3448 du 11 mai 1878).

      Toutefois, il nous reste toujours aujourd’hui quelque chose du « Carême visuel » que faisaient nos pères puisque nous avons conservé l’usage romain de voiler les croix et les statues à partir des Ières vêpres du dimanche de la Passion (quinze jours avant Pâques). Même si cet article ne traite pas directement de cette belle coutume, il pourra peut-être contribuer à mieux comprendre l’origine de cet usage et, pourquoi pas, d’en saisir quelques profondeurs historiques & symboliques insoupçonnées.

      ***********************

      Notes :    (↵ reviens au texte)

      1. Le premier dimanche de Carême est donc semidouble pour l’office (les antiennes ne sont qu’entonnées avant les psaumes et chantées in extenso après) mais de 1ère classe donc il possède le privilège de ne le céder en rien à aucune autre fête qui pourrait survenir.↵
      2. Dans l’usage romain, on ne voile les croix et les images qu’à partir des Ières vêpres du dimanche de la Passion, quinze jours avant Pâques.↵
      3. La couleur cendrée était souvent employée en Carême en substitut du violet. C’est un rappel des cendres reçues le Mercredi des Cendres.↵
      4. Espèce d’étoffe qui était faite ordinairement de poil de chèvre ou de laine mêlée quelquefois de soie en chaîne.↵
      5. Soie tirée de cocons percés, provenant des bombyx autres que le bombyx du mûrier.↵
      6. Voir notre article sur les antependia des autels.↵
      7. Autrement dit, entre le chœur et le sanctuaire.↵
      8. Autrement dit, le Mercredi de la Semaine Sainte.↵
      9. En résumé, le rideau reste tiré sauf lorsque la messe se célèbre au maître-autel, il est alors ouvert, ainsi que de façon continue depuis les premières jusqu’aux secondes vêpres des dimanches et fêtes doubles & semidoubles.↵
      10. Tous les ornements habituels de l’église sont retirés au profit des voiles de Carême. Martin Sonnet ne parle pas des fleurs mais cela semble aller de soi qu’on n’en orne plus les autels non plus.↵
      11. « Il (Salomon) fit aussi un voile d’hyacinthe, de pourpre, d’écarlate et de fin lin, sur lequel il fit représenter des chérubins. » (I Paralipomènes III, 14).↵
      12. E.g.: Saint Denis, Epître à Démophile – Saint Jean Chrysostome, IIème sermon sur l’Epître aux Ephésiens – Théodoret, Histoire Ecclésiastique livre iv, chap. 17.↵
      13. Renseignements aimablement communiqués par Kevork↵