Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du VIIème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 7 juillet 2013, grand’messe de 11h.

Vous les reconnaitrez à leurs fruits

Le Seigneur nous recommande d’évaluer aux fruits des œuvres les paroles de flatterie et les apparences de douceur et de n’apprécier personne tel qu’il se dépeint en paroles, mais bien tel qu’il se présente par ses actes ; car la rage du loup se couvre chez plus d’un de la peau du mouton. Les épines ne produisent, pas de raisins, ni les chardons des figues, et les arbres mauvais ne donnent pas de bons fruits : le Seigneur nous enseigne par là que la réalité des bonnes œuvres ne consiste pas en de telles apparences, et qu’il faut donc reconnaître chacun à ses fruits. Car ce n’est pas uniquement le zèle en paroles qui obtiendra le Royaume des Cieux et ce n’est pas celui qui dit : « Seigneur, Seigneur » qui en recueillera l’héritage.

Homélie de saint Hilaire, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

  • Propre grégorien du jour
  • Procession d’entrée : Omnes gentes – Chœur de Michel-Richard de Lalande (1657 † 1726), sous-maître de la chapelle des rois Louis XIV & Louis XV. Psaume XLVI, premier ton
  • Kyriale XI – Orbis factor
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du Vème ton – faux-bourdon parisien (édition de 1739)
  • Après la Consécration : O salutaris Hostia sur le ton du récitatif liturgique de la préface – Henri de Villiers
  • Pendant la communion : Gustate et videte – répons « Ad accedentes » (pour la communion) ordinaire de la messe du rit mozarabe – harmonisation sur le plain-chant mozarabe : Henri de Villiers
  • Domine salvam fac Galliam – Prière pour la France, faux-bourdon parisien du IVème ton (d’après l’édition de 1739)
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Psaume CL – tradition du monastère de Valaam – adaptation Henri de Villiers
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Programme de la Nativité de saint Jean Baptiste – dimanche de tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie – ton 1

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 7 juillet 2013 du calendrier grégorien, 24 juin 2013 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Dimanche du ton I de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la Nativité du vénérable & glorieux Prophète, le Précurseur & Baptiste Jean.

    La Nativité de saint Jean-Baptiste est raconté par saint Luc au premier chapitre de son évangile. Conformément à l’évangile, six mois jours pour jours – mais comptés selon le calendrier romain (VIII des calendes de juillet (soit le 24 juin) – VIII des calendes de janvier (soit le 25 décembre) séparent les fêtes de la Nativité de saint Jean-Baptiste et de celle de Notre Seigneur.

    Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les dates de naissance de saint Jean-Baptiste le 24 juin et de son cousin le Christ, six mois plus tard le 25 décembre (Elisabeth étant enceinte de six mois lors de la Visitation de sa cousine la Vierge Marie), n’ont pas été fixé arbitrairement ou pour prétendument christianiser des fêtes païennes. Le professeur Shemarjahu Talmon (1920 † 2010), de l’Université Hébraïque de Jérusalem, après avoir étudié les documents de Qumran et le calendrier du Livre des Jubilés, avait réussi à préciser l’ordre de succession des 24 classes sacerdotales dans le Temple de Jérusalem autour de notre ère (chacune servant deux fois par an), selon le curieux calendrier solaire alors en usage en Palestine dans les communautés juives. Ses résultats furent livrés dans l’article « The Calendar Reckoning of the Sect from the Judean Desert. Aspects of the Dead Sea Scrolls ». Dans cette étude, le professeur Talmon indique que la classe d’Abia (ab-Jah) servait ainsi deux fois dans le Temps : la première fois, du 8 au 14 du troisième mois du calendrier ; la seconde fois du 24 au 30 du huitième mois du calendrier. Ce second tour correspond à la dernière décade de notre mois de septembre. Or nous savons par saint Luc que Zacharie, père de saint Jean-Baptiste, était prêtre de la classe d’Abia et servait dans le Temple lorsqu’il fut frappé de mutisme en raison de son incrédulité après que l’Ange lui a annoncé la naissance d’un fils (Luc I). Le rite byzantin, de façon très ancienne, fait mémoire de l’annonce à Zacharie le 23 septembre. C’est donc très logiquement que 9 mois après, nous célébrons la naissance de saint Jean Baptiste le 24 juin et celle du Christ six mois plus tard le 25 décembre (les bergers gardant leurs troupeaux durant la nuit suggèrent davantage une naissance en hiver qu’en été, comme l’aurait été si on prenait pour point de référence le premier service annuel de la classe d’Abia dans le Temple de Jérusalem). Rappelons aussi que saint Jean Chrysostome justifiait l’adoption de la date du 25 décembre pour fêter Noël par l’examen des archives impériales mises à la disposition de l’Eglise de Rome.

    Fils du prêtre Zacharie & d’Elisabeth la stérile, fruit de la promesse, Jean délia par sa naissance la langue de son père devenu muet, et « combla de joie le monde entier ». C’est alors que son père, prononçant l’immortel cantique où il chante la réalisation de la promesse faite à Abraham, prédit à son petit enfant le rôle grandiose de Précurseur, devant préparer les voies sur terre à l’Astre qui vient d’en-haut, « afin de mettre nos pieds dans le droit chemin, sur la voix de la paix ». Ce cantique de Zacharie est joint dans le rit byzantin au cantique de la Vierge Marie, et tous deux forment le 9ème cantique de l’office de matines. Les tropaires de la 9ème ode des canons de matines ont été à l’origine écrits pour être chantés entre les versets de ce cantique double.

    Dans le rit byzantin, la fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste – célébrée comme au romain le 24 juin – est suivie d’un jour d’après-fête le 25 juin.

    Tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie (Toussaint russe)LE SECOND DIMANCHE APRES LA PENTECOTE
    MEMOIRE DE TOUS LES SAINTS QUI ONT ILLUMINE LA TERRE DE RUSSIE

    La fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste tombant cette année au second dimanche après la Pentecôte, elle se combine non seulement avec le dimanche, ton 1, mais aussi avec la fête de tous les saints qui ont illuminée la terre de Russie (Toussaint russe).

    Cette célébration vit le jour au XVIème siècle sous le saint métropolite Macaire de Moscou & de toutes les Russies mais fut abandonnée au siècle suivant lors des réformes du Patriarche Nikon. Cette fête fut restaurée à la suite du concile local de Moscou le 26 août 1918.

    L’initiateur de la restauration de cette fête fut un professeur de l’Université de Saint-Pétersbourg, Boris Touraev. Il fut du reste le co-auteur avec le hiéromoine Athanase Sakharov de la première édition de l’office parue en 1918. Une seconde édition de cet office parut en 1946 et fut publiée par le Patriarcat de Moscou. Les différentes strophes des odes du canon du jour à matines énumèrent un très grand nombre de saints russes.

    L’office de tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie se combine avec celui du dimanche, ton 1.

    Par les prières de ta Mère immaculée et de tous les saints, Christ notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous, dans ton unique bonté & ton amour pour les hommes. Amen.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche, ton 1. Gloire au Père. Tropaire de tous les saints de Russie. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : de tous les saints de Russie.
    A sexte : Tropaire du dimanche, ton 1. Gloire au Père. Tropaire du Précurseur. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du Précurseur.

    Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 1, 4 tropaires de la 3ème ode du canon du Précurseur & 4 tropaires de 4ème ode du canon de tous les saints de Russie.
    1. Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam * lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, * mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron qui lui criait : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    2. Je me prosterne devant ta Passion * et je glorifie ta sainte Résurrection ; * avec Adam & le bon Larron * je te crie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    3. Librement, Seigneur sans péché, * tu as souffert la croix & la mise au tombeau ; * mais, comme Dieu, tu es ressuscité, * faisant surgir avec toi * Adam qui s’écrie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    4. Le temple de ton corps, tu l’as relevé * du tombeau le troisième jour ; * avec Adam, ô Christ notre Dieu, * tu as ressuscité le genre humain, * qui chante : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    5. D’une Vierge devait naître le Seigneur; * quant à son loyal Serviteur, * il naît d’une mère stérile et âgée: ** d’un autre miracle les plus grands se laissent précéder.
    6. La Stérile, en ses vieux jours, * embrasse la Vierge mère, sachant bien * que pour un tel enfantement ** Dieu l’a délivrée de sa stérilité.
    7. Ton cri au sortir de la Stérile a rompu * les liens par lesquels la voix de ton père était retenue * et fit connaître, illustre Prophète, clairement * la divine révélation ** de l’ineffable condescendance du Christ.
    8. Issu de l’inféconde stérilité, * celui qui annonce la fécondité en Christ * avec la cognée de sa prédication * a retranché le peuple ingrat * comme stérile et sans fruit.
    9. Bienheureux prince Daniel, * le Seigneur a fait de toi * le fondateur de la ville de Moscou. * Par ta constante prière auprès de lui * protège ta cité et de tout mal * sauve le pays et, dans ta compassion, * ne cesse pas de veiller sur le peuple de Russie.
    10. Nous vous prions, pontifes du Christ * Pierre, Alexis, Jonas, Philippe, Innocent, * Photius, Théognoste & Cyprien, * et tous les autres thaumaturges de Moscou : * dissipez le trouble des esprits, * et ramenez le calme par vos prières auprès de Dieu.
    11. Pontife Hermogène, tu as été * patriarche de l’Eglise de Russie, * confesseur de l’orthodoxie, * l’opposant du péché & de l’impiété, * l’organisateur de la Russie : pour cela * tu souffris la prison & la faim, puis ayant reçu de Dieu * l’incorruptible couronne, tu es entré * dans la joie des pontifes martyrs.
    12. Joie pour l’illustre ville de Moscou, * d’allégresse est comblée l’entière Russie, * comptant sur tes prières, Serge bienheureux ; * et ton monastère est florissant, * lui qui garde, tel un trésor sacré, * tes reliques sans cesse vénérées.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 1: La pierre fut scellée par les Juifs, les soldats gardèrent ton corps immaculé. Cependant, tu ressuscitas le troisième jour, donnant la vie au monde, ô Sauveur. Aussi, les Puissances célestes te crièrent, à toi, source de vie : « Gloire à ta Résurrection, ô Christ ! Gloire à ta royauté ! Gloire à ta divine économie, toi qui seul aimes les hommes ! »
    2. Tropaire du Précurseur, ton 4 : Prophète & Précurseur de la venue du Christ * nous ne pouvons te louer dignement, nous qui t’honorons avec amour : * par ta glorieuse & vénérable nativité * la stérilité d’une mère & le mutisme d’un père ont cessé, ** tandis qu’est annoncée au monde l’incarnation du Fils de Dieu.
    3. Tropaire de tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie, ton 8: Comme le bon fruit de tes salutaires semailles * la terre de Russie t’offre, Seigneur, * tous les Saints qui sur elle ont resplendi ; * à leur prière & par celle qui t’enfanta * garde les fidèles de son Eglise dans une profonde paix, * Dieu de miséricorde.
    4. Kondakion du Précurseur, ton 3 : La stérile de jadis enfante en ce jour le Précurseur du Christ, * le dernier de tous les prophètes & le plus grand ; * car à celui que tous ils avaient annoncé * il imposa la main dans les flots du Jourdain * & du Verbe divin s’est de la sorte montré * Prophète, Prédicateur en même temps que Précurseur.
    5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    6. Kondakion de tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie, ton 3: En ce jour, le chœur de tous les Saints * qui sur la terre de Russie furent agréables à Dieu * se tient parmi nous invisiblement et prie pour nous ; * avec eux les Anges glorifient le Seigneur * et pour cette fête exultent les autres Saints de l’Eglise du Christ, * intercédant tous ensemble auprès du Dieu d’avant les siècles.
    7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    8. Kondakion du dimanche, ton 1: Tu sors du tombeau en gloire, en tant que Dieu, ressuscitant le monde avec Toi. La mort est anéantie et la nature humaine te chante, ô Dieu. Adam exulte, ô Maître, et Eve libérée de ses liens se réjouit en criant : Tu es, ô Christ, Celui qui donne à tous la résurrection !

    Prokimen
    Du dimanche, ton 1 :
    ℟. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
    ℣. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
    Du Précurseur, ton 7 :
    ℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).

    Epître
    Du dimanche : Romains (§ 81) II, 10-16.
    De tous les saints de Russie : Hébreux (§ 330) XI, 33 à XII, 2.
    Du Précurseur : Romains (§ 112) XIII, 11 – XIV, 4.
    Car ce ne sont point ceux qui écoutent la loi, qui sont justes devant Dieu ; mais ceux qui gardent la loi seront justifiés.

    Alleluia
    Du dimanche, ton 1 :
    ℣. C’est Dieu qui me donne les vengeances & prosterne les peuples sous moi. (Psaume 17, 48)
    ℣. Il multiplie pour son roi les délivrances et montre de l’amour pour son Christ. (Psaume 17, 51)
    Du Précurseur, ton 1 :
    ℣. Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, de ce qu’il a visité et racheté son peuple. (Luc 1, 68)

    Evangile
    Du dimanche : Matthieu (§ 9) IV, 18-23.
    Des saints : Matthieu (§ 10) IV, 25 à V, 12.
    Du Précurseur : Luc (§ 1) I, 1-25, 57-68, 76, 80.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    Du Précurseur : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Le rit mozarabe : esquisse d’une histoire

    Miniature mozarabe illustrant Apocalypse 7, 2-3. Beato de San Miguel de La Escalada, Pierpont Morgan Library, New York, Ms. 644, f.° 115v.La liturgie mozarabe est l’ancienne liturgie de l’Espagne, pratiquée depuis l’origine du christianisme en ce pays. Cette antique liturgie fut codifiée par les conciles et les Pères de cette Eglise dès le IVème siècle et connu son âge d’or au VIIème siècle sous le royaume des Wisigoths ; tâchant de survivre sous le joug musulman, elle finit par quasiment disparaître d’Espagne au profit de la liturgie romaine, sur laquelle les souverains catholiques s’appuyèrent lors de la Reconquête.

    Mozarabe, un nom contestable

    Il semblerait que l’étymologie du terme mozarabe demeure quelque peu incertaine. Elle dérive probablement de l’arabe musta ra’b qui signifie littéralement arabisé. Ce terme de mozarabe a, de fait, été employé pour désigner la population chrétienne qui vivait en Espagne sous la domination musulmane, et par extension la liturgie qu’elle pratiquait.

    Appliqué à la liturgie, le terme mozarabe est cependant d’une justesse contestable. En effet, l’origine et l’organisation de cette liturgie sont antérieures à l’invasion musulmane (qui a plutôt contribué à la figer). D’autre part, elle continua d’être employée par les chrétiens espagnols dans les zones septentrionales de l’Espagne non soumises au califat de Cordoue. Enfin, le terme laisserait entendre que la liturgie des chrétiens d’Espagne aurait subi une arabisation, ce qui ne fut aucunement le cas (précisons que ce rit fut toujours célébré en latin jusqu’à une période très récente).

    Aussi a-t-on proposé d’autres qualificatifs pour se substituer à celui de mozarabe : rit gothique, wisigothique ou gotho-hispanique, liturgie isidorienne, liturgie de Tolède. Le plus exact et adapté serait sans doute tout simplement liturgie ou rit hispanique.

    Cependant, puisqu’un usage pluri-séculaire a consacré le terme de mozarabe et que les autres qualificatifs avancés ne sont pas non plus exempts d’imprécisions, nous continuerons à désigner – avec la grande majorité des auteurs – l’antique rit en usage depuis les premiers temps du christianisme en Espagne sous le nom de rit mozarabe.

    Quelques jalons historiques sur les origines du rit mozarabe

    Miniature mozarabe représentant un concile de TolèdeS’il n’existe pas de témoins directs des livres liturgiques hispaniques dans les premiers siècles chrétiens, on parvient toutefois à reconstituer de nombreux aspects de la vie liturgique des premiers chrétiens espagnols grâce aux actes des martyrs, aux écrits des Pères mais surtout aux nombreux conciles qui animèrent cette Eglise, depuis le Concile d’Elvire réuni dès l’an 305 (soit 20 ans avant le premier concile œcuménique de Nicée). Ces textes donnent avant tout une idée de la structuration hiérarchique de la communauté chrétienne (les lecteurs sont cités dès le milieu du IIIème siècle, les sous-diacres au Concile d’Elvire de 305, les exorcistes à Saragosse en 314). Il est intéressant de noter que le premier concile de Braga de 563 oblige quiconque veut être ordonné prêtre à recevoir au préalable les ordres de lecteur, sous-diacre & diacre et de les avoir exercé au moins un an. Le même concile indique les vêtements liturgiques portés par les différents ordres. Le Ier concile de Tolède tenu l’an 400 indique que tout le clergé doit chanter l’office tous les jours. Le concile de Tarragone de 516 décrit l’organisation de l’office quotidien de matines & de vêpres dans les petites paroisses rurales et insiste sur la présence de tous les clercs pour chanter les Ières vêpres du dimanche (le samedi soir) afin que tous puissent prendre part à la célébration de la liturgie dominicale le lendemain. Nous verrons lorsque nous décrirons ultérieurement l’office divin mozarabe que cette structure quotidienne (et archaïsante) de deux offices par jour – un office du matin et un office du soir – a été préservée.

    Le fond de la liturgie hispano-mozarabe est indéniablement latin : ce rit partage un patrimoine commun avec les autres liturgies latines : italiques (Rome, Aquilée, Milan), africaine, gallicane, celtique. De nombreux points communs la rapprochent plus précisément de l’ancien rit des Gaules. On note aussi la présence de nombreux éléments byzantins. Ceux-ci à mon avis durent être reçus et assimilés lors de la reconquête d’une partie de l’Espagne (la Bétique) par les troupes de l’empereur saint Justinien Ier (qui régna de 527 à 565). Ce règne – marqué par une politique religieuse ferme et de grands travaux, dont Sainte-Sophie de Constantinople demeure l’achèvement le plus connu – vit aussi le déploiement des premiers fastes liturgiques byzantins.

    Saint Braulion de Saragosse et saint Isidore de SévilleQuoi qu’il en soit des relations qu’entretint le rit mozarabe avec les autres familles liturgiques, cette liturgie forme un ensemble cohérent qui présente des caractères nationaux bien marqués. Outre les 18 conciles de Tolède qui s’échelonnèrent de 400 à 702, ce sont surtout les Pères espagnols des VIème et VIIème siècle qui contribuèrent à lui donner son organisation, et surtout sa physionomie propre. Saint Léandre de Séville, saint Isidore de Séville, saint Julien de Tolède, saint Ildefonse de Tolède jouèrent pour ce rit le même rôle que les papes saint Damase, saint Léon le Grand, saint Gélase ou saint Grégoire le Grand pour le rit romain. Sous le règne des Wisigoths qu’ils avaient converti à la foi catholique, ces Pères organisèrent les offices, établirent et rédigèrent les textes euchologiques, instituèrent le chant liturgique, & uniformisèrent les usages pour toute l’Espagne. Cet œuvre combinée des grands docteurs espagnols produisit une des liturgies les plus originales qui soit.

    Après l’invasion musulmane

    Vue de la vieille ville de Tolède : la cathédrale et l'AlcazarLe roi Rodrigue tombé sous le cimeterre, Tolède – la capitale de l’Espagne chrétienne – fut conquise en 714. Néanmoins, les musulmans laissèrent aux chrétiens devenus dhimmis une certaine liberté de culte. Il ne leur était pas permis de construire de nouvelles églises, un certain nombre fut transformé en mosquées, tout prosélytisme était interdit, mais l’exercice du culte catholique put se continuer et les chrétiens parviennent à maintenir la hiérarchie ecclésiastique et les principales charges épiscopales d’avant l’invasion : trois sièges métropolitains (Tolède, Séville et Mérida), ainsi que 18 sièges épiscopaux purent continuer d’exister. Pendant près de 4 siècles, les mozarabes furent coupés du reste de la chrétienté, aussi leur liturgie de même que leurs arts se figèrent-ils et cessèrent d’évoluer. Cela expliquera, comme nous le verrons dans un article ultérieur, que ce rit ait pu conservé de nombreux archaïsmes liturgiques.

    La compétition avec le rit romain

    Notons que la liturgie romaine s’était curieusement déjà implantée dans le diocèse de Braga dès 563. Il semble bien que c’était la première fois que le rit de Rome s’acclimatait ailleurs que dans la Ville éternelle. Cette greffe a donné l’actuel rit de Braga (il ne serait plus de nos jours que par un seul prêtre), qui est de fait un rit romain ayant conservé nombre d’éléments anciens disparus entre temps à Rome.

    Cloître de l'Abbaye bénédictine de SilosPlus tard, lors de l’invasion islamique, les chrétiens du Nord de la Péninsule résistèrent aux musulmans de Cordoue et furent dans un premier temps soutenus par les Carolingiens. Ce soutien politique d’Outre-Pyrénées fut épaulé par le soutien spirituel du monachisme clunisien qui amena avec lui dans le Nord de l’Espagne non seulement la règle de saint Benoît, mais également le rit romain tel qu’il était pratiqué dans l’Empire franc.  La mise en place du grand pèlerinage de saint Jacques de Compostelle va entraîner sur les routes du Nord de la péninsule les fidèles venu de tout le reste de l’Europe, qui pratiquaient le rit romain. La reconquête catholique vers le Sud va de ce fait amener avec elle le monachisme bénédictin et l’ordo romanus.

    Un jugement par le feu

    Dès le XIème siècle, les royaumes de Navarre et d’Aragon avaient définitivement abandonné la liturgie mozarabe pour la romaine, en dépit des efforts de saint Veremond, (1020 † 1092), abbé du monastère d’Irache, auprès du Saint-Siège. La Castille et le Léon restaient encore largement mozarabes.

    Le roi Alphonse VI  de Léon & Castille (1040 † 1109) – surnommé le Brave – fut une figure déterminante de la Reconquête chrétienne. Conseillé par son épouse la reine Agnès de France et les moines clunisiens, il cherchait à introduire le rit romain partout dans ses états à la place des usages mozarabes. Déjà le problème liturgique s’était posé avec acuité à Alphonse VI dès mars 1475 à Ovideo où les deux rits étaient en concurrence lors de l’ouverture des reliques de l’Arche sainte. Le roi avait exhorté ceux qui étaient présent à redoubler leurs prières pour résoudre la controverse liturgique. Il semblerait qu’en 1076, Alphonse VI avait pris la décision d’abolir le rit mozarabe sur ses terres, mais voyant la réelle affection de son peuple pour celle-ci, il retarda l’acte formel de la suppression. Le 9 avril 1077, qui était dimanche des Rameaux, on décida de régler l’épineuse question liturgique au moyen d’un duel entre deux chevaliers qui eut lieu à Burgos. Le champion du rit mozarabe en sortit vainqueur. Malgré tout, le roi promulga en 1080 l’abandon dans ses états du rit mozarabe pour le rit romain.

    Jugement par le feu des livres mozarabe et romainEn 1085, Tolède fut reconquise et libérée par Alphonse VI. Les Tolédans protestèrent alors de leur fidélité à l’antique liturgie de saint Isidore et de saint Julien, refusant l’introduction de la nouvelle liturgie romaine dans la cité du primat d’Espagne. La Chronique de Najera rapporte le jugement par le feu qui eut alors lieu. On jeta dans un feu un missel romain et un missel mozarabe, celui qui brûlerait serait condamné à disparaître de Tolède. Le mozarabe resta dans le feu mais ne se consuma pas, le romain bondit hors de celui-ci, aussi sans se consumer. Le signe fut interprété comme une réponse de Dieu pour que les deux rits puissent cohabiter. La population mozarabe put continuer à célébrer l’antique liturgie dans les six paroisses de Tolède dont elle avait déjà la jouissance sous le joug musulman : Saint-Just, Saint-Luc, Sainte-Eulalie, Saint-Marc, Saint-Torcat & Saint-Sébastien.

    En dehors de Tolède cependant, le rit disparut à peu près partout dans les territoires progressivement reconquis. Ainsi Cordoue avait eu la possibilité de continuer le rit mozarabe, mais celui-ci s’y éteignit une cinquantaine d’années seulement après sa reconquête opérée en 1236 par saint Ferdinand de Castille.

    En dehors des six paroisses de Tolèdes, quelques très rares endroit maintinrent la célébration du rit, le plus notable étant la basilique de Saint-Isidore de León, qui était nécropole royale.

    Avec l’implantation en Espagne du rit romain disparut aussi l’ère hispanique, qui avait été établie par l’évêque Idace (388 † 470) et qui avait la particularité d’avoir 38 ans de plus que notre ère commune, élaborée par Denys le Petit.

    La restauration du Cardinal Cisneros

    Portrait du cardinal Cisneros dans la salle du chapitre de la cathédrale de TolèdeFrancisco Jiménez, cardinal de Cisneros (1436 † 1517) est une figure majeure et attachante de la Renaissance espagnole. Austère et ascétique franciscain, il fut choisi pour confesseur par Isabelle la Catholique qui le promut archevêque de Tolède et primat d’Espagne, honneur qu’il refusa et il fallut l’intervention insistante du Pape pour qu’il l’accepte au bout de quelques mois. Le cardinal Cisneros devint par la suite un homme politique de premier plan : il assura à plusieurs reprise la régence de la Castille et affermit le trône du jeune Charles Quint. Il conduisit à ses frais une expédition militaire en Afrique du Nord et conquis Oran, Bougie et Tripoli. Hélas, le roi Ferdinand d’Aragon préféra se consacrer aux guerres d’Italie, plutôt qu’à une conquête de grande ampleur de l’Afrique du Nord, qu’appelait de ses vœux Cisneros.

    A la tête du diocèse de Tolède, le cardinal Cisneros s’inquiéta de la décadence des traditions mozarabes dans sa ville. Chaque paroisse mozarabe célébrait la messe & les offices de manières divergentes, et la tradition orale qui seule soutenait le chant était en train de se perdre.

    Cathédrale de Tolède : la Chapelle Mozarabe de Corpus Christi se trouve sous la coupole de droiteCisneros commença par fonder en 1495 dans sa cathédrale la Chapelle du Corpus Christi ou Chapelle mozarabe. Recevant l’appui de la reine Isabelle la Catholique, la Chapelle mozarabe se vit dotée de revenus importants afin de subvenir au nécessaire des 13 prêtres chanoines devant y assurer perpétuellement le chant quotidien de la messe et de l’office mozarabes.

    Le cardinal – en grand érudit qu’il était – fit également réunir une grande quantité de manuscrits mozarabes en provenance de tout le royaume. Se fondant sur l’étude de ces manuscrit, il fit imprimer pour la première fois le missel (1500) et le bréviaire (1502) mozarabes. Le rit mozarabe, ainsi fixé par l’imprimerie, était sauvé. Ce rit intégra toutefois à cette occasion quelques éléments venus du rit romain.

    Pour l’usage de la chapelle mozarabe, Cisneros fit aussi réaliser 4 livres de chœur manuscrits contenant tout le chant pour la messe & l’office, recueillant les traditions orales des paroisses mozarabes de Tolède : c’était la première fois (à une exception près sur laquelle nous reviendront) que le chant mozarabe était noté en notation carrée sur une portée. Le chant subit néanmoins quelques aménagements que nous examinerons dans un prochain article.

    Le rit mozarabe restauré par Cisneros fut pleinement reconnu dans l’Eglise. Les fidèles qui le suivaient avaient des droits particuliers et formait une communauté canonique, à la fois civile et liturgique. On devenait mozarabe (et on le devient toujours ! il y a actuellement en Espagne 2000 fidèles relevant canoniquement du rit mozarabe) par la naissance de parents mozarabes et le baptême dans ce rit, ou par mariage. Le pape Jules III (1550-1555) accorda aux Mozarabes de Tolède de ne relever que de l’une de leurs six paroisses et d’y payer exclusivement les dîmes, en quelqu’endroit qu’ils habitassent dans toute l’Espagne. On découvre ainsi historiquement établi le principe de la paroisse personnelle, non territoriale (cf. le canon 518 du nouveau Code de droit canonique de 1983).

    Francisco Antonio, cardinal de Lorenzana, archevêque de Tolède, primat d'EspagneAu XVIIIème siècle, l’épuisement des livres imprimés sous Cisneros appela une nouvelle édition entreprise avec beaucoup de soin par le cardinal Francisco Antonio de Lorenzana y Butrón. Lorenzana n’introduisit aucune modification aux livres mozarabes imprimés par son prédécesseur Cisneros.

    La réforme du cardinal González Martín

    La réforme liturgique post-conciliaire du pape Paul VI eut également des répercussions dans toutes les liturgies occidentales : soit qu’elles furent purement & simplement abandonnées (ce fut le cas par exemple du vénérable rit lyonnais ou du rit carme dit du Saint-Sépulchre) soit qu’elles durent subir une réforme (celle du rit ambrosien fut ainsi opérée sur des bases de travail tout à fait contestables).  Le rit mozarabe n’échappa pas à ce mouvement, mais, comme cette réforme fut l’une des dernières engagées, elle fut plutôt très bien conduite.

    arcelo González Martín, archevêque de Tolède, primat d'EspagneCe travail fut réalisé sur ordre du cardinal de Tolède, Marcelo González Martín, et dura plus de neuf ans. Contrairement aux réformes liturgiques engagées ailleurs, celle-ci s’attachât à restaurer les textes antiques des manuscrits qui n’avaient pas été retenus par Cisneros, en éliminant d’autre part les éléments de romanisation introduits au XVIème siècle, et ceci sans faire entrer d’innovations malheureuses et intellectualisantes.

    Néanmoins, on pourra s’interroger sur la nécessité de supprimer les usages romains qui avaient été introduits en petit nombre par le cardinal Cisneros : ne constituaient-ils pas un développement organique naturel, permettant en quelque sorte de rattrapper les « retards » qu’avait pris le rit mozarabe sur ses voisins romano-francs, lesquels avaient pu explorer à l’époque carolingienne des développements positifs. On songe ici aux prières secrètes dites d’apologies qui renforcent la préparation spirituelle & la piété des célébrants mais ne concernent pas les fidèles : apparues d’abord dès le Vème siècle en milieu syriaque, pratiquées par les autres rites orientaux, elles connurent une grande extension dans les liturgies carolingiennes et post carolingiennes : prières de préparation avant la messe et d’habillement, prière au bas de l’autel, prières de l’offertoire, prières avant et après la communion, dernier évangile, prières après la messe. Il est vrai que la réforme bugninienne s’était acharnée à faire disparaître tous ces éléments dans le nouveau missel de Paul VI. Une messe de semaine dans le rit mozarabe réformé débarrassé des éléments romains traditionnels commence ex abrupto par les lectures, après un simple Dominus sit semper vobiscum.

    En 1992, le premier volume du Missel Hispano-Mozarabe fut publié, fruit de ce long travail de recherche et de restauration des anciens rites. Un travail de restauration musicale a été également parallèlement tenté.

    De plus, pour assurer le développement de ce rit réformé, le pape Jean-Paul II a étendu la permission d’utilisation de la liturgie mozarabe et de son chant à tous les lieux d’Espagne qui le demanderaient. Des chapelles mozarabes se sont alors instituées dans les cathédrales de Cordoue et de Salamanque, sur le modèle de celle de Tolède. Des messes mozarabes sont désormais célébrées régulièrement à Madrid, à Séville et dans différentes villes d’Espagne. Si la chapelle mozarabe de Tolède maintient une célébration en latin, l’espagnol tend aussi à s’imposer par ailleurs, avec un nouveau répertoire de chants qui ne s’inscrivent plus dans la tradition du rit. L’ars celebrendi actuel parait de même très influencé par les usages que l’on observe en général pour le missel de Paul VI (perte de la célébration ad Orientem).

    On peut espérer que le nouveau mouvement liturgique qui se dessine globalement dans l’Eglise profite à terme à l’antique rit de l’Espagne.

    Programme de la solennité des saints Pierre & Paul

    Saint-Eugène, le dimanche 30 juin 2013, grand’messe de 11h.

    Mémoire du VIème dimanche après la Pentecôte.

    Sans doute, frères bien-aimés, le reste du monde prend part à toutes nos solennités saintes ; et la piété d’une même foi demande qu’on célèbre en tous lieux, avec une joie commune, ce qui s’est accompli pour le salut de tous. Néanmoins la fête d’aujourd’hui, en plus de ce respect qui lui est acquis par toute la terre, doit être en notre Ville le sujet d’une vénération spéciale, accompagnée d’une particulière allégresse : de sorte que là où les deux principaux Apôtres sont morts si glorieusement, il y ait, au jour de leur martyre, une plus grande explosion de joie. Car ce sont là, ô Rome, les deux héros qui ont fait resplendir à tes yeux l’Évangile du Christ ; et c’est par eux que toi, qui étais maîtresse d’erreur, tu es devenue disciple de la vérité.

    Sermon de saint Léon, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Messe IV – Cunctipotens
  • Procession d’entrée: Tu es Petrus – ancien répons en l’honneur de saint Pierre chanté à Rome lors du pèlerinage aux tombeaux des Saints Apôtres – mélodie et arrangements : Henri de Villiers
  • Séquence Te laudamus, o Regnator – Au propre de Paris, texte de Simon Gourdan (1646 † 1729), chanoine de Saint-Victor – selon la tradition, l’orgue figure les versets impairs
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Ecce quam bonum – psaume 132 – musique d’Antoine de Boësset, seigneur de Villedieu (1587 † 1643), surintendant de la musique du roi Louis XIII & maître de la musique de la Reine & des Bénédictines de Montmartre
  • Après la Consécration : O salutaris – adaptation depuis un Cherouvikon russe tiré du recueil dit du « Vieux Siméon » (1903)
  • Pendant la communion : Antienne de la fête & Magnificat – 1er ton, faux-bourdon parisien (édition de 1739)
  • Prière pour la France, sur le VIème ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est IV
  • Au dernier Evangile : Sub tuum præsidium
  • Procession de sortie : Chantez, voix bénies – Hymne officiel de l’Etat du Vatican, composé initialement en l’honneur de Sa Sainteté le Bienheureux Pape Pie IX – paroles de Louis Gallet – musique de Charles Gounod (1818 † 1893)
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    Programme du dimanche de tous les saints – ton 8

    Fête de tous les saints - icône du monastère d'Aghiou Pavlou - XIXème siècleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 30 juin 2013 du calendrier grégorien – 17 juin 2013 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    LE DIMANCHE DE TOUS LES SAINTS
    ВСЕХ СВЯТЫХ

    Le Synaxaire de Nicéphore Calliste Xanthopoulos (XIVème siècle) explique que la fixation de la fête de tous les saints au dimanche qui suit la Pentecôte exprime que l’Esprit-Saint est la source de toute sainteté. Il fait aussi remarquer que le cycle pascal se conclut par cette fête, ayant démarré par le récit de la création et de l’expulsion d’Adam au dimanche de la Tyrophagie ; puis, au travers de la croix, de la passion, de la résurrection, de la descente du Saint-Esprit et de la révélation de la Trinité, le cycle mobile du Triode a exposé le plan d’amour de Dieu pour sauver l’homme : l’économie du salut, laquelle voit sa conclusion naturelle par la sanctification des disciples du Christ.

    Cependant, de même que c’est la dédicace du Panthéon en basilique Sainte-Marie-des-Martyrs au VIème siècle qui est à l’origine de la fête de tous les saints dans le rit romain, de même c’est la dédicace de l’église de Tous les Saints par l’empereur Léon VI le Sage (886 † 912) à Constantinople, près de l’église des Douze Apôtres, qui est à l’origine de la fête de ce dimanche dans le rit byzantin. Pour la petite histoire, cette église fut construite par Léon VI le Sage afin d’y abriter les reliques de son épouse Théophanô, morte ascète et en odeur de sainteté au couvent des Blachernes. Par ses reliques s’accomplissaient des miracles, mais l’empereur répugna à dédier la nouvelle église à sa première épouse et préféra la dédier à tous les saints.

    L’office de tous les saints se combine avec celui du dimanche, ton 8.

    Par les prières de ta Mère immaculée et de tous les saints, Christ notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous, dans ton unique bonté & ton amour pour les hommes. Amen.

    Aux heures
    Tropaire du dimanche, ton 8. Gloire au Père. Tropaire de tous les saints. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : de tous les saints

    Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 8 & 4 tropaires de 6ème ode du canon de tous les saints.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 8 : Tu es descendu du lieu très-haut, toi qui es compatissant. * Tu as souffert l’ensevelissement durant trois jours, * pour nous libérer des passions. * Notre vie et notre résurrection, Seigneur, gloire à toi !
    2. Tropaire de tous les saints, ton 4 : Parée du sang de tes martyrs du monde entier * comme de pourpre et de lin, * ton Église te clame par leur intercession, ô Christ Dieu : * « Étends ta compassion sur tes fidèles ; ** accorde la paix à ton peuple et à nos âmes la grande miséricorde. »
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    4. Kondakion de tous les saints, ton 8 : Comme prémices de la nature, à Toi qui fais pousser la création, * le monde entier t’offre, Seigneur, les martyrs théophores ; * garde ton Église dans une paix profonde, par leurs supplications ** et par les prières de la Mère de Dieu, ô Très- miséricordieux.

    Prokimen
    Du dimanche, ton 8 :
    ℟. Rendez hommage et faites offrande au Seigneur notre Dieu. (Psaume 75, 12)
    ℣. Dieu est connu en Judée, en Israël grand est son nom. (Psaume 75, 1)
    De tous les saints, ton 4 :
    ℟. Dieu est admirable dans ses saints, le Dieu d’Israël. (Psaume 76, 36)

    Epître : Hébreux (§ 330) XI, 33 à XII, 2.
    Puis donc que nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, dégageons-nous de tout le poids qui nous abat, et du péché qui nous assiège, et courons par la patience dans cette carrière qui nous est ouverte.

    Alleluia
    De tous les saints, ton 4 :
    ℣. Par la Parole du Seigneur, les cieux ont été affermis, et par l’Esprit de sa bouche, toute leur puissance.
    ℣. Depuis les cieux, le Seigneur a regardé, il a vu tous les fils des hommes.

    Evangile : Matthieu (§ 38) X, 32-33, 37-38 & XIX, 27-30
    Et quiconque aura quitté pour mon nom sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, en recevra le centuple, et aura pour héritage la vie éternelle.

    Versets de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1).
    De tous les saints : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alléluia, alléluia, alléluia.

    Enregistrement & photos de la sainte messe de la Nativité de saint Jean Baptiste

    L’enregistrement de cette messe :

    Le sermon de M. l’Abbé Chapeau :

    Saint Jean Baptiste par Mignard

    Les fichiers sont téléchargeables ici.

    La messe de ce lundi 24 juin 2013 a été célébrée par M. l’Abbé Chapeau, prêtre, assisté par M. l’Abbé Baumann, diacre et par M. l’Abbé de Nedde, sous-diacre.

    Nativité de saint Jean Baptiste

    Aux encensements de l’offertoire.

    Nativité de saint Jean Baptiste

    Au canon.

    Nativité de saint Jean Baptiste

    A l’élévation du Corps du Seigneur.

    Nativité de saint Jean Baptiste

    A l’élévation du Sang du Seigneur.

    Programme du Vème dimanche après la Pentecôte

    Le pardon des injures

    La justice des Pharisiens consistait à ne pas tuer ; la justice de ceux qui doivent entrer dans le royaume des cieux est de ne point se fâcher sans raison. C’est donc peu de chose que de ne pas tuer ; et celui qui aura violé ce commandement sera appelé très petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui l’aura observé, en ne se rendant point coupable d’homicide, ne sera pas pour cela réputé grand devant Dieu et digne du royaume des cieux, quoiqu’il soit déjà monté d’un degré ; il se perfectionnera s’il ne se met pas non plus en colère sans sujet ; et s’il se perfectionne, il sera beaucoup plus éloigné de l’homicide. C’est pourquoi le législateur qui nous défend de nous mettre en colère, ne détruit nullement la loi, nous interdisant de tuer ; mais il la complète plutôt, afin que nous gardions l’innocence, et extérieurement, en ne tuant point, et au fond de notre cœur, en ne nous mettant pas en colère.

    Homélie de saint Augustin, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

    Saint-Eugène, le dimanche 23 juin 2013, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h.

  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du Ier ton – faux-bourdon de l’abbé Cardine
  • Après la Consécration : O vere digna Hostia de Guillaume Bouzignac (c. 1587 † ap. 1643), maître de chapelle des cathédrales d’Angoulême, de Bourges, de Rodez et de Clermont-Ferrand
  • Pendant la communion : Ecce panis H. 242 – Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de musique des Jésuites & de la Sainte Chapelle – texte extrait du Lauda Sion, séquence de la Fête-Dieu, de saint Thomas d’Aquin
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du VIIème ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Inviolata
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    Programme de la sainte Pentecôte

    Fête patronale de la Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité:

  • le samedi 22 juin 2013 du calendrier grégorien – 9 juin 2013 du calendrier julien, vigile (grandes vêpres & matines) à 18h.
  • le dimanche 23 juin 2013 du calendrier grégorien – 10 juin 2013 du calendrier julien, divine liturgie de 9h15.
  • La liturgie sera suivie de la présentation des comptes de la paroisse.
  • Pique-nique paroissial organisé ensuite dans les jardins de l’Abbaye de La Source.
  • A 15h30, vêpres de l’agenouillement (fin du temps pascal).
  • La Pentecôte est l’une des douze grandes fêtes de l’année. Le cinquantième jour après Pâques célèbre la descente du Saint-Esprit sur les disciples au Cénacle, à l’heure de Tierce.

    L’Eglise de Jérusalem, au témoignage de la pèlerine Egérie au IVème siècle, célébrait à la Pentecôte non seulement la descente du Saint-Esprit – en se rendant à Sion à la troisième heure – mais également l’Ascension en se rendant au Mont des Oliviers pour les vêpres. A la suite du second Concile œcuménique, la fête de l’Ascension fut célébrée à la fin du IVème siècle au quarantième jour. Cependant, comme l’atteste le Lectionnaire arménien au début du Vème siècle, la station au Mont des Oliviers fut maintenue à Jérusalem à la dixième heure où l’on faisait trois prières solennelles d’agenouillement après des lectures, ce qui est l’origine des actuelles vêpres de l’agenouillement au soir de la Pentecôte. Cet agenouillement solennel à la clôture du temps pascal rappelle que – conformément au dernier canon du Ier concile de Nicée de 325 -, les chrétiens ne doivent pas s’agenouiller lorsqu’ils célèbrent la résurrection du Christ, savoir les dimanches et durant tout le temps de la cinquantaine pascale.

    Dans le rit byzantin, la fête de la Pentecôte est également celle de la Très-Sainte Trinité, l’Esprit-Saint nous faisans adorer en vérité un seul Dieu en trois personne par la révélation qu’il nous fait de la vie divine.

    Par les prières de tes Apôtres, Christ notre Dieu, aie pitié de nous. Amen.

    VIGILE DE LA PENTECOTE : GRANDES VEPRES & MATINES – SAMEDI 22 JUIN A 18h

    Evangile de matines :
    De la fête : Jean (§ 65) XX, 19-23
    Ayant dit ces mots, il souffla sur eux, et leur dit : Recevez le Saint-Esprit.

    DIVINE LITURGIE – DIMANCHE 23 JUIN A 9h15

    Aux heures
    Tropaire de la fête. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la fête.

    Les psaumes des typiques ainsi que les Béatitudes, au début de la liturgie dominicale, sont remplacées par les trois antiennes suivantes :

    Première antienne, ton 2 – Psaume XVIII
    ℣. Les cieux racontent la gloire de Dieu, * et l’œuvre de ses mains, le firmament l’annonce.
    ℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
    ℣. Le jour au jour proclame la Parole, * et la nuit à la nuit annonce la connaissance.
    ℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
    ℣. Leur son a retenti par toute la terre, * et leur parole jusqu’aux extrémités du monde.
    ℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
    ℣. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    ℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.

    Seconde antienne, ton 2 – Psaume XIX
    ℣. Que le Seigneur t’exauce au jour de la tribulation, * que le Nom du Dieu de Jacob te protège.
    ℟. Sauve-nous, Consolateur, Dieu bon, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
    ℣. Que du sanctuaire, il t’envoie son secours, * et que de Sion il t’apporte son soutien.
    ℟. Sauve-nous, Consolateur, Dieu bon, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
    ℣. Qu’il te donne selon ton cœur * et qu’il accomplisse tous tes desseins.
    ℟. Sauve-nous, Consolateur, Dieu bon, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
    ℣. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    Fils unique & Verbe de Dieu, qui es immortel & qui, pour notre salut, as voulu t’incarner de la sainte Mère de Dieu & toujours Vierge Marie, qui, sans changer, t’es fait homme, as été crucifié, Christ-Dieu, et par ta mort as vaincu la mort, l’un de la sainte Trinité, glorifié avec le Père et le Saint-Esprit, sauve-nous.

    Troisième antienne, ton 8 – Psaume XX
    ℣. Seigneur, en ta force le roi se réjouit ; * et pour ton salut, il exulte grandement.
    ℟. Tu es béni, ô Christ, notre Dieu, * toi qui as empli des pêcheurs d’une sagesse suréminente, * leur ayant envoyé le Saint Esprit, * par eux, tu as pêché le monde entier. * Ami des hommes, gloire à toi.
    ℣. Tu lui as accordé ce que son cœur désirait ; * tu ne lui a pas refusé ce que souhaitaient ses lèvres.
    ℟. Tu es béni, ô Christ, notre Dieu, * toi qui as empli des pêcheurs d’une sagesse suréminente, * leur ayant envoyé le Saint Esprit, * par eux, tu as pêché le monde entier. * Ami des hommes, gloire à toi.
    ℣. Car tu l’as prévenu de bénédictions pleines de douceur, * tu as posé sur sa tête une couronne de pierres précieuses.
    ℟. Tu es béni, ô Christ, notre Dieu, * toi qui as empli des pêcheurs d’une sagesse suréminente, * leur ayant envoyé le Saint Esprit, * par eux, tu as pêché le monde entier. * Ami des hommes, gloire à toi.

    A la petite entrée :
    1. Isodikon de la fête : Sois exalté, Seigneur, dans ta puissance, nous chanterons et jouerons des psaumes pour tes grandes œuvres.
    2. Tropaire de la Pentecôte, ton 8 : Tu es béni, ô Christ, notre Dieu, * toi qui as empli des pêcheurs d’une sagesse suréminente, * leur ayant envoyé le Saint Esprit, * par eux, tu as pêché le monde entier. * Ami des hommes, gloire à toi.

    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    4. Kondakion de la Pentecôte, ton 8 : Lorsque Tu descendis pour confondre les langues, * Tu dispersas les nations, ô Très-Haut ; * mais lorsque Tu distribuas les langues de feu, * Tu nous appelas tous à l’unité. ** Aussi d’une seule voix glorifions-nous le très saint Esprit.

    A la place du Trisaghion :
    ℟. Vous tous qui avez été baptisés en Christ, * vous avez revêtu le Christ. * Alléluia. (3 fois)

    Prokimenon :
    De la fête, ton 8 :
    ℟. Leur son a retenti par toute la terre, et leur parole jusqu’aux extrémités du monde (Psaume 18, 5).
    ℣. Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’œuvre de ses mains, le firmament l’annonce (Psaume 18, 2).

    Epître :
    De la fête : Actes des Apôtres (§ 3) II, 1-11
    Aussitôt ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils commencèrent à parler diverses langues, selon que le Saint-Esprit leur mettait les paroles en la bouche.

    Alleluia :
    De la fête, ton 1 :
    ℣. Par la Parole du Seigneur, les cieux ont été affermis, et par l’Esprit de sa bouche, toute leur puissance.
    ℣. Depuis les cieux, le Seigneur a regardé, il a vu tous les fils des hommes.

    Evangile :
    De la fête : Jean (§ 27) VII, 37-52 ; VIII, 12
    Ce qu’il entendait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui : car l’Esprit n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’était pas encore glorifié.

    A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique (de la fête)
    Mégalynaire : Les Apôtres, contemplant la descente du Consolateur, étaient frappés d’admiration, lorsque, sous la forme de langues de feu, leur apparut le Saint-Esprit.
    Hirmos : Réjouis-toi, Reine, tu as la gloire d’être Vierge et Mère. Les langues les plus habiles et les plus éloquentes ne peuvent discourir ni te chanter dignement. Toute intelligence est impuissante à comprendre ton enfantement. Aussi te glorifions-nous d’une même voix.

    Verset de communion
    De la Pentecôte : Ton Esprit bon me conduira dans la terre de rectitude (Psaume 142, 10). Alléluia, alléluia, alléluia.

    VEPRES DE L’AGENOUILLEMENT – DIMANCHE 23 JUIN A 15h30

    Programme du IVème dimanche après la Pentecôte

    Saint-Eugène, le dimanche 16 juin 2013, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h.

    La Pêche miraculeuse

    Du moment que le Seigneur, par des miracles divers, eut rendu la santé à beaucoup de malades, la foule de ceux qui désiraient ardemment des guérisons ne se laissa plus arrêter par les difficultés de temps et de lieux. La soirée s’avançait et ils le suivaient encore ; près du lac, la foule accourt, le presse ; si bien qu’il se voit obligé de monter dans la barque de Pierre. Cette barque, saint Matthieu nous la représente battue des flots, et saint Luc nous la montre remplie de poissons ; ce qui vous dépeint les fluctuations de l’Église à son berceau, et sa prodigieuse fécondité dans la suite. Les poissons figurent ceux qui naviguent sur l’océan de cette vie. Dans le premier cas, le Christ sommeille encore pour ses disciples ; dans le second, il commande en maître : Jésus dort en effet dans les âmes tièdes, et il veille dans les âmes parfaites.

    Homélie de saint Ambroise, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

  • Procession d’entrée : Regnávit Dóminus, hymne litanique du poète Sedulius (Vème siècle) – mélodie du XIIIème siècle
  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du IVème ton – faux-bourdon parisien (édition de 1739)
  • Après la Consécration : O Salutaris d’après A. Fateiev – adaptation Henri de Villiers
  • Pendant la communion : In exitu Israel – psaume 113 (extraits) – Eustache du Caurroy (1549 † 1609), maître de chapelle du roi Henri IV
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du Ier ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Cor arca legem continens – hymne des laudes de la fête du Sacré Cœur écrite par le piariste Filippo Bruni († 1771) pour être intégrées dans l’office décrété par le pape Clément XIII en 1765 – chant français
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    Programme du dimanche des 318 saints Pères du Concile de Nicée – ton 6

    Dimanche des 318 saints Pères du Concile de Nicée en 325Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 16 juin 2013 du calendrier grégorien – 3 juin 2013 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Ce VIIème dimanche de Pâques, dimanche après l’Ascension, le rit byzantin commémore les 318 saints Pères du premier concile œcuménique de Nicée, tenu l’an 325.

    La fête des 318 saints Pères du premier Concile œcuménique de Nicée est attestée au dimanche qui suit l’Ascension dans le Typikon de la Grande Eglise de Constantinople du IXème siècle. Le choix de cette date correspond plus ou moins à celle de l’ouverture de ce premier Concile, lequel s’est en effet tenu du 20 mai au 25 août 325. Sa fixation au dimanche qui suit l’Ascension s’est établie assez naturellement, puisque, comme le rappelle le Synaxaire de Nicéphore Calliste Xanthopoulos, « le Fils de Dieu est devenu homme en vérité, et l’homme parfait est monté au cieux comme Dieu et s’est assis à la droite de sa grandeur dans les cieux », les Pères conciliaires « l’ont proclamé ainsi, le confessant consubstantiel et partageant le même honneur que le Père ». Cette commémoraison avait semble-t-il primitivement été fixée au 29 mai (Ménologue de Basile) ; elle se célèbre le 9 novembre chez les Coptes & le 21 février chez les Syriens.

    Réunis par l’Empereur Constantin lui-même pour régler les désordres graves provoqués par l’hérésie d’Arius, les 318 Pères du Concile se répartissaient entre 232 évêques & 86 prêtres, diacres & moines. Le pape saint Sylvestre Ier, déjà âgé, est représenté par Ossius de Cordoue et par deux légats. Arius et ses partisans sont excommuniés, le Concile déclare que le Fils est bien consubstantiel & coéternel au Père, dans une célèbre confession de la foi qui, complétée au Concile de Constantinople, deviendra notre Credo ou Symbole de Nicée-Constantinople.

    Voici le texte de la confession des Pères à Nicée :

    Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, Créateur de toutes choses visibles et invisibles ; et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, engendré du Père, c’est-à-dire, de la substance du Père. Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ; engendré et non fait, consubstantiel au Père ; par qui toutes choses ont été faites au ciel et en la terre. Qui, pour nous autres hommes et pour notre salut, est descendu des cieux, s’est incarné et s’est fait homme ; a souffert, est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux, et viendra juger les vivants et les morts. Nous croyons aussi au Saint-Esprit.

    Le Concile décide d’uniformiser la célébration de la date de Pâques au premier dimanche après la première pleine lune qui suit le 21 mars. Il pose les premiers éléments juridiques des patriarcats de Rome, Alexandrie & Constantinople. Le dernier canon du Concile demande de supprimer les agenouillements les jours où l’on célèbre la résurrection à savoir les dimanches et durant la cinquantaine pascale.

    Par les prières des trois cent dix-huit Pères saints & théophores, Christ notre Dieu, aie pitié de nous.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche, ton 6. Gloire au Père. Tropaire des Pères. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : des Pères.
    A sexte : Tropaire du dimanche, ton 6. Gloire au Père. Tropaire de la fête (Ascension). Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : de la fête.

    Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 6, 4 tropaires de la 4ème ode du 1er canon de la fête (Ascension) & 4 tropaires de 6ème ode du canon des Pères :
    1. Souviens-toi de moi, Dieu Sauveur, * quand tu entreras dans ton royaume, ** seul Ami des hommes, sauve-moi.
    2. Adam fut séduit par l’arbre défendu, * mais par celui de la Croix tu as sauvé * le bon Larron s’écriant : ** Dans ton royaume, Seigneur, souviens-toi de moi.
    3. Ayant brisé les portes & les verrous de l’Enfer, * tu as ressuscité, Source de vie, * Sauveur, tous ceux qui s’écrient : ** Gloire à ta sainte Résurrection.
    4. Souviens-toi de moi, Seigneur * qui par ta sépulture triomphas de la mort * & comblas de joie l’univers, ** Dieu de tendresse, par ta Résurrection.
    5. Roi des Anges, dans la gloire tu montas * pour nous envoyer d’auprès du Père le Paraclet ; * c’est pourquoi nous te chantons : ** Gloire à ton Ascension, ô Christ.
    6. Quand vers son Père le Sauveur fut élevé * corporellement, * les Anges furent pris d’étonnement, * & se mirent à chanter : ** Gloire à ton Ascension, ô Christ.
    7. L’une & l’autre les Puissances se disaient : Elevez les portes pour le Christ notre Seigneur ; * il est le Roi que nous chantons ** avec le Père & l’Esprit, d’un même chœur.
    8. La Vierge a mis au monde sans douleurs, * mais elle est Mère & Vierge en même temps ; * c’est elle que nous chantons allègrement : ** Réjouis-toi, ô Mère de Dieu.
    9. Il ne put rester caché * à l’ineffable justice de Dieu, * le semeur de zizanie * au nom signifiant la belliqueuse fureur ; * car, ayant imité Judas, ** il mourut déchiré comme lui.
    10. L’auguste assemblée des Pères saints, * Seigneur, t’a proclamé * comme le Fils unique & le Reflet * que l’être du Père fait briller * & comme le Fils ** avant tous les siècles engendré.
    11. Le ventre qui avait produit * le flot imbuvable & fangeux * des hérésies contraires à la piété * fut « déchiré par le milieu », * labouré soigneusement ** par l’intercession des Pères saints.
    12. De tous les prophètes le plus grand, * Moïse d’avance t’a montrée * comme l’arche & le vase d’or, * comme la table sainte & le chandelier, * en images figurant le Très-Haut, ** Vierge & Mère, prenant chair de ton sein.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !
    2. Tropaire de la fête, ton 4 : Tu t’es élevé dans la gloire, * Christ notre Dieu, * ayant par la promesse du Saint-Esprit * rempli de joie tes disciples affermis par ta bénédiction ; ** car tu es le Fils de Dieu, le libérateur du monde.
    3. Tropaire des Pères, ton 8 : Sois glorifié par-dessus tout, ô Christ notre Dieu, * qui sur terre as établi nos Pères saints comme des flambeaux * & grâce à eux nous as tous conduits vers la vraie foi : ** Dieu de miséricorde, Seigneur, gloire à toi.
    4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    5. Kondakion des Pères, ton 8 : Le message des Apôtres et l’enseignement des Pères saints * pour l’Eglise affermissent l’unité de la foi ; * portant la tunique de vérité * tissée par la céleste révélation, * elle dispense fidèlement ** & fortifie le grand mystère de la foi.
    4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    5. Kondakion de l’Ascension, de saint Romain le Mélode, ton 6 : Ayant accompli ton dessein de salut pour nous, * et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, * tu t’es élevé dans la gloire, Christ notre Dieu, * sans nullement nous quitter, mais en demeurant inséparable de nous * et clamant à ceux qui t’aiment : ** Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

    Prokimen :
    Des Pères, ton 4 :
    ℟. Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos Pères, & vénérable, & que ton nom soit glorifié éternellement. (Daniel, 3, 26)
    ℣. Car tu es juste en tout ce que tu nous as fait. (Daniel, 3, 27)

    Epître :
    Du 7ème dimanche de Pâques : Actes des Apôtres (§ 44) XX, 16-18A, 28-36.
    Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour gouverner l’Église de Dieu, qu’il a acquise par son propre sang.

    Alleluia :
    Des Pères, ton 1 :
    ℣. Le Dieu des dieux, le Seigneur, parle. Il appelle la terre du lever du soleil à son couchant.
    ℣. Assemblez devant lui ses fidèles, qui scellèrent son alliance en sacrifiant. (Psaume 49, 1 & 5)

    Evangiles :
    Du 7ème dimanche de Pâques : Jean (§ 56) XVII, 1-13.
    Père ! l’heure est venue ; glorifiez votre Fils, afin que votre Fils vous glorifie.

    A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique (de la fête) :
    Mégalinaire : Magnifie, * mon âme, * celui qui s’est élevé de la terre jusqu’au ciel, ** le Christ Source de vie.
    Hirmos : Dépassant notre esprit et notre entendement, Mère de Dieu, * tu mis au monde et dans le temps * celui qui est intemporel : * nous les fidèles, d’un seul cœur ** nous te magnifions.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux.

    Des Pères : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange. Alleluia, alleluia, alleluia.

    Après la communion
    Le tropaire d’action de grâces ordinaire « Nous avons vu la Lumière véritable » étant omis jusqu’à la Pentecôte, on chante à sa place le tropaire de l’Ascension, ton 4 :
    Tu t’es élevé dans la gloire, * Christ notre Dieu, * ayant par la promesse du Saint-Esprit * rempli de joie tes disciples affermis par ta bénédiction ; ** car tu es le Fils de Dieu, le libérateur du monde.

    Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.