Programme de la fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste

Saint-Eugène, le mercredi 24 juin 2020, grand’messe en rit romain traditionnel de 19h.

La fête de la naissance de saint Jean-Baptiste est célébrée six mois avant celle du Christ, en accord avec l’évangile de Luc, qui rapporte que la conception du Précurseur avait eut lieu six mois avant celle du Sauveur :

Et sachez qu’Élisabeth, votre cousine, a conçu aussi elle-même un fils dans sa vieillesse, et que c’est ici le sixième mois de celle qui est appelée stérile (Luc I, 36).

Aussi la fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste est-elle aussi appelée la « Noël d’été ». On pourrait s’étonner que l’Eglise ait choisi le 24 juin plutôt que le 25 juin pour la célébrer, mais de fait la coïncidence entre les deux Noëls fonctionne si l’on utilise l’ancienne computation des dates romaines : le 24 juin est en effet le VIIIème jour des calendes de juillet et le 25 décembre le VIIIème jour des calendes de janvier.

Alors que la fête de la lumineuse & glorieuse naissance du Christ survient aux alentours du solstice d’hiver, là où la nuit est la plus noire, la fête de la nativité de saint Jean-Baptiste survient au moment du solstice d’été, lequel marque le moment où les jours recommencent à décroître. Jean-Baptiste ne disait-il pas du Christ : « Il faut qu’il croisse, et que je diminue. » (Jean III, 30).

Comme l’institution de la fête de Noël fut romaine à l’origine, il paraît bien que celle de la Noël d’été le fut également, avant de se répandre en Orient. On conserve 8 sermons de saint Augustin (354 † 430) pour cette fête. Le Sacramentaire Léonien – dont les formules remontent au pontificat de saint Léon le Grand (440-461), nous conserve pas moins de cinq messes différentes : une messe pour la vigile la veille au soir, une messe probablement de l’aurore, une messe du jour et deux messes célébrées au baptistère de Saint-Jean-de-Latran.

Le parallélisme liturgique entre les 2 Noëls est assez frappant. Comme l’Avent précède Noël, la Nativité de saint Jean-Baptiste était précédée d’un jeûne préparatoire de plusieurs semaines. Dans le sacramentaire grégorien, comme à Noël, la veille – entre none & vêpres – se célèbre la messe de la vigile (celle-ci est toujours marquée dans notre Missel Romain). Puis avait lieu une seconde messe durant la nuit ou à l’aurore (disparue de notre missel) et enfin une troisième messe du jour (l’actuelle messe de la fête), célébrée entre tierce & sexte. Comme à Pâques, les IIndes vêpres de la saint Jean étaient des vêpres stationales au cours desquelles on se rendait en procession aux fonts baptismaux.

Les trois hymnes de la fête ont été composées en action de grâce par Paul Diacre, moine du Mont-Cassin au VIIIème siècle. Celui-ci en effet avait perdu sa voix avant de chanter l’Exultet pascal et avait invoqué le secours de saint Jean Baptiste qui avait guéri par sa naissance le mutisme de son père Zacharie. La poésie distinguée de Paul Diacre, ami de Charlemagne, constitue un beau témoignage de la Renaissance Carolingienne des lettres & des Arts.

L’hymne des vêpres – Ut queant laxis – est tout à fait fameux, car il a servi à donner leurs noms aux notes de la musique. Guy d’Arezzo en effet utilisa la mélodie en usage en Italie – laquelle monte de degré en degré de l’Ut au La au début de chaque hémistiche – pour nommer les notes (le Si n’est pas dans la mélodie et il est formé de la réunion des deux initiales Sancte Iohannes) :

Il convenait que le divin Précurseur, la Voix dont les accents révélèrent au monde l’harmonie du Cantique éternel, eût cet honneur de voir se rattacher à son nom l’organisation des mélodies de la terre. (dom Guéranger).

A noter que les Eglises de France, & à leur suite, le rit dominicain, employaient depuis le haut Moyen-Age pour cette hymne un autre ton (sa mélodie ne progresse pas en degrés successifs, à l’inverse du ton italien).

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Programme du Ier dimanche de Carême – Triomphe de l’Orthodoxie (restauration des saintes Images) – Première et seconde invention des reliques du chef de saint Jean Baptiste – ton 5

Triomphe de l'Orthodoxie - rétablissement du culte des Images par l'impératrice ThéodoraParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 8 mars 2020 du calendrier grégorien – 24 février 2020 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Basile le Grand de 9h15.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. En ce jour premier dimanche de Carême, le rit byzantin célèbre le Triomphe de l’Orthodoxie, c’est-à-dire le rétablissement de la vénération des icônes au sein de l’Église et la fin définitive de l’hérésie iconoclaste. Cette fête fut instituée en 843.

En dépit du septième concile œcuménique de Nicée II de 787, les empereurs iconoclastes avaient persisté à persécuter les défenseurs des saintes icônes. A la suite d’une vision de la Vierge qu’eut l’impératrice Théodora, l’empereur Théophile se repentit de sa politique iconoclaste, marquant le triomphe définitif des fidèles sur les hérétiques. Le refus de l’icône par les iconoclastes n’était pas une hérésie anodine puisqu’elle équivalait de fait à un refus de l’Incarnation.

L’instauration de cette fête au début du Carême n’est pas sans rapport avec celui-ci. « Le Christ est l’icône du Dieu invisible, le Premier Né de la création » (Colossiens, 1,15). La sainteté consiste bien à restaurer l’image de Dieu en nous, telle qu’elle était au commencement avant qu’elle ne soit altérée par la Chute, comme l’exprime parfaitement & de façon admirable le kondakion de ce dimanche. Cette fête rappelle par ailleurs que le jeûne est aussi une ascèse du regard, de la manière dont nous regardons le monde, et que la contemplation des saintes images y contribue.

Aux dimanches de Carême, c’est la liturgie de saint Basile le Grand qui est utilisée, en place de celle de saint Jean Chrysostome.

Le canon des matines est l’œuvre du saint moine Théophane le Marqué, moine palestinien réfugié à Constantinople en raison des persécutions musulmanes et l’un des principaux protagonistes de la lutte théologique contre l’hérésie iconoclaste. Avec son frère saint Théodore, ils subirent maintes fois l’ire impériale et ont mérité leur surnom de « Marqués » à la suite d’un cruel supplice : en 836, on leur grava sur le visage, à l’aide d’aiguilles rougies au feu, douze trimètres iambiques à la gloire de l’iconoclasme.

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Chef de saint Jean Baptiste, conservé à la cathédrale d'AmiensCette année, la fête du Triomphe de l’Orthodoxie se combine avec celle de la première & de la seconde invention du chef du Prophète, Précurseur & Baptiste Jean (aux Ménées du 24 février).

L’Eglise byzantine connait six fêtes de saint Jean Baptiste :
1. sa Conception, le 23 septembre,
2. sa mémoire, au lendemain du baptême du Seigneur, le 7 janvier,
3. la première & la seconde Invention (au sens étymologique de découverte) de son Chef le 24 février,
4. la troisième Invention de son Chef le 25 mai,
5. sa Nativité le 24 juin,
6. sa Décollation le 29 août.

La première invention du Chef de saint Jean Baptiste eu lieu au IVème siècle sous les empereurs Valens & Théodose le Grand. La seconde fut effectuée en 451 sous l’empereur Justinien & la troisième eut lieu vers 850 sous l’empereur Michel III (842 † 867). Ces trois inventions sont surtout des fêtes de translation de la précieuse relique.

Au IVème siècle, la tête du Précurseur fut retrouvée une première fois en Palestine, par deux moines, et transférée par eux en Cilicie. L’ayant appris, l’empereur arien Valens (364 † 375) ordonna en 371 de la ramener à Constantinople. Sur la route, le char qui la transportait se trouva miraculeusement immobilisé à Panteichion en Bithynie. On laissa la relique à cet endroit à la garde d’une communauté monastique, jusqu’au jour où l’empereur Théodose le Grand vint la prendre lui-même et, la portant avec humilité & dévotion dans les plis de son manteau, le 17 février 392, il la déposa dans la somptueuse église du quartier de l’Hebdomon, qu’il avait fait construire pour la recevoir. C’est dans cette église Saint-Jean-Baptiste de l’Hebdomon que se déroulait une partie importante du cérémonial de la proclamation & du couronnement des empereurs byzantins.

A une époque inconnue, la relique n’était plus conservée à Constantinople mais à Emèse. L’empereur Justinien la ramena à Constantinople en 451 ou 452, elle fut à nouveau déposée dans l’église Saint-Jean-Baptiste de l’Hebdomon qui avait été ruinée et que l’empereur fit restaurer.

La relique quitta une troisième fois Constantinople pendant la crise iconoclaste pour être préservée des destructions des iconoclastes. Elle fut déposée à Comana du Pont. Une fois la paix de l’Eglise retrouvée, l’empereur Michel III la ramena à Constantinople & la déposa dans le Palais impérial.

Gravure représentant le Chef de saint Jean Baptiste, conservé à la cathédrale d'AmiensLors de la IVème Croisade, la relique fut enlevée de Constantinople & apportée en 1206 à la cathédrale d’Amiens par le chanoine Walon de Sarton, qui l’offre à l’évêque, Richard de Gerberoy. La cathédrale d’Amiens conserve toujours aujourd’hui la précieuse relique du Chef du Précurseur & Baptiste Jean.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Précurseur. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : de la fête du Triode.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête du Triode. Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : de la fête du Triode.

Divine liturgie de saint Basile le Grand

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 5, 4 tropaires de la 3ème ode du canon du Triode, œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe (c. 778 † 845), métropolite de Nicée, & 4 tropaires de la 6ème ode du canon du Précurseur :
1. Le bon Larron sur la croix * eut foi en ta divinité, ô Christ ; * il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant : ** De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.
2. Sur le bois de la croix * pour nous les hommes tu fis fleurir la vie * et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu : ** Sauveur & Créateur, nous te chantons d’un même chœur.
3. Par ta mort, ô Christ, * tu as brisé la force de la mort, * ressuscitant tous les morts depuis Adam, ** qui te chantent comme vrai Dieu & Sauveur du genre humain.
4. Venues à ton sépulchre, Sauveur, * les saintes Femmes te cherchaient * pour embaumer la Source de vie, ** mais un Ange leur apparut pour leur dire : Il est ressuscité, le Seigneur !
5. Les faux docteurs impies ne relèvent plus le front, * car la puissance divine ** a affermi la vraie foi.
6. Qu’aujourd’hui les nuées de prophètes * fassent pleuvoir sur nous du ciel ** une rosée vivifiante pour le relèvement de la foi !
7. Que les voix des apôtres du Christ * retentissent avec éloquence ** pour le rétablissement des saintes icônes !
8. Chantons le Christ * qui nous a donné une reine pieuse et amie du Christ, ** avec son fils couronné de Dieu.
9. Le Christ, la Vérité, * t’appela Prophète, le plus grand des Prophètes, * Baptiste et Précurseur de la Vie, * toi qui as vu de tes yeux * celui qu’avaient annoncé ** les Prophètes et la Loi.
10. Elle n’a pas souffert d’être cachée, * cette source de miracles, * ce trésor de grâce, ton vénérable chef, * Baptiste, Prophète et Précurseur ; * mais, se montrant à nos yeux, ** elle a répandu le flot des guérisons.
11. Ton illustre cité, * cette ville qui aime le Christ, * est fière de posséder * comme riche couronne, * brillante parure, salutaire bouclier, ** Précurseur, ta tête sacrée.
12 De tous les prophètes le plus grand, * d’avance Moïse t’a désignée, * virginale Mère de Dieu, * comme l’arche, l’urne d’or, * la table sainte et le chandelier, ** toutes images du Très-Haut prenant chair en ton sein.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, * né de la Vierge pour notre salut, * fidèles, chantons-le et adorons-le, * car il a daigné dans sa chair monter sur la Croix * et supporter la mort, * afin de ressusciter les morts ** par sa glorieuse Résurrection.
2. Tropaire du triomphe de l’Orthodoxie, ton 2 : Nous vénérons ton icône très pure, toi qui es bon, * en implorant le pardon de nos fautes, ô Christ Dieu ; * car Tu as bien voulu dans ta chair monter sur la croix, * pour délivrer de l’esclavage de l’Ennemi ceux que Tu as créés. * Aussi, en te rendant grâce, te clamons-nous : ** Tu as tout empli de joie, ô notre Sauveur, toi qui es venu pour sauver le monde.
3. Tropaire du Précurseur, ton 4 : S’étant levé de terre, le chef du Précurseur * irradie comme un soleil sur les croyants * la lumière de l’incorruptible condition * et les grâces des guérisons; * il rassemble la multitude des Anges dans le ciel * et sur terre convoque le genre humain ** pour rendre gloire, d’un même chœur, au Christ notre Dieu.
4. Kondakion du dimanche, ton 5 : Tu es descendu aux enfers, ô mon Sauveur, * tu as brisé leurs portes, comme Tout-Puissant, * et avec toi tu as ressuscité les morts, comme Créateur ; * tu as brisé l’aiguillon de la mort * et Adam a été délivré de la malédiction, ô Ami des hommes. ** Aussi te clamons-nous : ** Sauve-nous, Seigneur.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion du Précurseur, ton 2 : Prophète de Dieu et Précurseur de la grâce, * ton chef, comme une rose sanctifiée, nous l’avons trouvé en terre ; * nous en recevons toujours la guérison, ** car comme jadis tu continues de prêcher au monde le repentir.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion du Triode, ton 2 : Le Verbe incirconscriptible du Père, * s’est circonscrit en s’incarnant de toi, ô Mère de Dieu, * et, restaurant sous sa forme ancienne l’image souillée, * Il l’a unie à la divine beauté. ** Mais confessant le salut, nous le représentons en actes et en paroles.

Prokimen
Du dimanche de l’Orthodoxie (des Pères), ton 4 :
℟. Béni es-tu, Seigneur, Dieu de nos Pères, * & ton nom est loué & exalté dans tous les siècles.
℣. Car tu es juste en tout ce que tu as fait pour nous, toutes tes œuvres sont vérité.
Du Précurseur, ton 7 :
℟. Le juste a sa joie dans le Seigneur, en lui il se réfugie (Psaume 63, 11).

Epîtres
Du dimanche de l’Orthodoxie : Hébreux (§ 329), XI, 24-26, 32 – XII, 2.
Jetant les yeux sur Jésus, l’auteur et le consommateur de la foi, qui au lieu de la vie tranquille, heureuse dont il pouvait jouir, a souffert la croix en méprisant la honte, l’ignominie, et maintenant est assis à la droite du trône de Dieu.
Du Précurseur : II Cоrinthiens (§ 176), IV, 6-15.
Or nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que la grandeur de la puissance est de Dieu, et non pas de nous.

Alleluia
Du dimanche de l’Orthodoxie (des Pères), ton 8 :
℣. Moïse & Aaron, parmi ses prêtres, & Samuel, invoquant son nom,
℣. En appelaient au Seigneur, & Dieu les exauçait.
Du Précurseur :
℣. Le juste fleurira comme un palmier, il grandira comme un cèdre du Liban (Psaume 91, 13).

Evangiles
Du dimanche de l’Orthodoxie : Jean (§ 5), I, 43-51.
Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi, et que les prophètes ont prédit : Jésus de Nazareth, fils de Joseph.
Du Précurseur : Matthieu (§ 40), XI, 2-15.
Je vous le dis en vérité : entre ceux qui sont nés de femmes, il n’y en a point eu de plus grand que Jean-Baptiste ; mais celui qui est le plus petit dans le royaume des cieux, est plus grand que lui.

Mégalinaire de la liturgie de saint Basile le Grand :
En toi se réjouissent, * ô Pleine de grâce, * toute la création, * la hiérarchie des anges * et la race des hommes. * Ô Temple sanctifié, * ô Jardin spirituel, * ô Gloire virginale, * c’est en toi que Dieu s’est incarné, * en toi qu’est devenu petit enfant * Celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. * De ton sein il a fait un trône, * il l’a rendu plus vaste que les cieux. * Ô Pleine de grâce, * toute la création se réjouit en toi, ** gloire à toi.

Versets de communion
Du triomphe de l’Orthodoxie : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
Du Précurseur : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.
Télécharger le livret des choristes pour le commun de la liturgie des dimanches de Carême.

Programme du XVIème dimanche après la Pentecôte – Conception de saint Jean Baptiste – ton 7

Conception de saint Jean BaptisteParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 6 octobre 2019 du calendrier grégorien – 23 septembre 2019 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la Conception du vénérable & illustre Prophète, Précurseur & Baptiste Jean.

La Naissance de Notre Sauveur est fêtée par la liturgie le 25 décembre, précédé de 6 mois (le 24 juin) par celle de son cousin Jean Baptiste (cf. Luc I, 36). Aussi l’Eglise fête-t-elle neuf mois auparavant – le 23 septembre – la fête de la Conception du Baptiste & Précurseur Jean, rapportée par l’évangile de Luc (I, 5-25). Saint Jean Baptiste partage donc avec la Bienheureuse Vierge Marie et avec notre Seigneur le privilège d’être fêté liturgiquement pour leur conception, leur naissance et leur trépas, tandis que les autres saints ne sont fêtés qu’au jour de leur mort, leur naissance au ciel.

Notons que la date retenue pour la fête de la Conception de saint Jean Baptiste aurait pu être le 24 septembre, mais la date du 23 septembre qui a été retenue par l’Eglise de Constantinople avait une signification particulière dans l’Empire romain : c’était en effet l’ancienne date de la fête de la naissance d’Auguste dans le calendrier impérial païen et ce jour était regardé comme le premier jour de l’année dans beaucoup de contrées de la partie orientale de l’Empire. Cette date du 23 septembre avait ensuite été retenue en 312 par l’empereur Constantin pour marquer le commencement de l’Indiction, c’est à dire la fixation de l’impôt foncier annuel. Après la suppression de la fête de la naissance d’Auguste, l’Indiction fut déplacée à une date plus commode : le 1er septembre (on estime que le changement se fit le 1er septembre 462). Pendant un temps, l’Eglise de Constantinople garda l’ancienne date du 23 septembre comme premier jour de l’année ecclésiastique, y célébrant la fête de la Conception de saint Jean Baptiste, qui se trouve être le premier mystère historique de l’économie de la Nouvelle Alliance. Puis, l’Eglise byzantine s’aligna sur le pouvoir civil et démarra son nouvel an également au 1er septembre.

Si nous choisissons de nous étendre quelque peu sur cette question de la date du 23 septembre, c’est parce qu’elle a curieusement une incidence sur l’organisation de la lecture de l’évangile dans le rit byzantin. En effet, primitivement, on lisait à Byzance l’évangile de Matthieu en lecture continue les samedis & dimanches depuis la Pentecôte jusqu’au 23 septembre, et on passait à cette date à la lecture continue de l’évangile de Luc en commençant par ses premiers versets (I, 5-25) qui font justement le récit de la Conception de saint Jean Baptiste.

Le passage du 23 au 1er septembre pour marquer l’indiction et le début de l’année diminua l’importance de la fête de la Conception de saint Jean Baptiste et eut pour conséquence de troubler l’organisation de la lecture continue des évangiles. Plusieurs systèmes se mirent en place pour déterminer la date à laquelle il fallait faire ce que les typikaristes appellent « le saut de Luc », c’est-à-dire la fin de la lecture continue de Matthieu et le passage à la lecture continue de Luc. Certains se mirent à faire le saut de Luc au lendemain du nouvel an le 1er septembre ; d’autres, pour rester à une date plus proche du 23 septembre, fixèrent le saut de Luc au lundi qui suit le dimanche après l’Exaltation de la sainte Croix. L’Eglise russe, elle, lisait l’évangile de Luc à partir du lundi suivant le XVIIIème dimanche après la Pentecôte. Toutefois l’usage de faire le saut de Luc après le dimanche qui suit l’Exaltation de la sainte Croix (14 septembre) – déjà attesté au XIème siècle par le Lectionnaire byzantino-géorgien (Sin. Géorg. 74) – avait finit par largement se diffuser dans les Eglises de tradition grecque. Le Patriarcat de Moscou prit la décision d’introduire cette pratique dans son ressort en 1957 sur l’initiative de l’évêque liturgiste Athanase Sakharov, ce qui sema une certaine confusion dans le clergé les premières années.

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Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Précurseur. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Précurseur. Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : du Précurseur.

A la divine liturgie :

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 7, 4 tropaires de la 3ème ode du canon du Précurseur :
1. Il est beau à voir & bon à manger, * le fruit qui a causé mon trépas ; * mais le Christ est cet arbre de vie * dont je puis manger sans mourir ; * & je crie avec le bon Larron : ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
2. Dieu de tendresse, mis en croix, tu effaças * la cédule de l’antique péché d’Adam ; * de l’erreur tu sauvas l’ensemble des mortels : ** aussi nous te chantons, Bienfaiteur & Seigneur.
3. Sur le croix, Dieu de tendresse, tu clouas nos péchés, * par ta mort tu triomphas de la mort ; * d’entre les morts tu éveillas les trépassés ; ** aussi nous nous prosternons devant ta sainte Résurrection.
4. Dans les oreilles d’Eve le serpent injecta son venin, * mais le Christ sur l’arbre de la croix * fit jaillir pour le monde la douceur de la vie. ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
5. Au sépulchre on te dépose comme un mortel, * ô Christ, universelle Vie, * mais de l’Enfer ayant brisé les verrous, * tu ressuscites le troisième jour * avec gloire & puissance, illuminant le monde entier : ** gloire, Seigneur, à ta sainte Résurrection.
6. Ressuscité d’entre les morts le troisième jour, * le Seigneur donne aux Disciples sa paix ; * les bénissants, il les envoie et leur dit : ** Amenez tous les hommes au royaume de Dieu.
7. La Stérile en ce jour * conçoit le fruit sacré * qui dans la grâce bientôt * devra retrancher * comme avec la cognée ** toute âme stérile et sans fruit.
8. Dans le temple, à l’intérieur, * rendu muet, le grand prêtre Zacharie * par l’annonce redoutable reçoit * la Voix du Verbe et dans la joie * magnifie clairement ** le Seigneur compatissant.
9. Celui qui montre aux croyants * la sûre voie du repentir, * l’illustre Précurseur, * à la voix de l’Ange, par divine volonté, * se lève, contre tout espoir, ** dans le sein maternel.
10. Lorsqu’il reconnut le Christ * porté dans le sein virginal, * l’enfant de la Stérile tressaillit, * révélant d’avance la joie * qui sur terre venait ** délivrer tous les hommes du chagrin.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Tu as détruit la mort par ta croix, * ouvert au Larron le Paradis ; * changé en joie les pleurs des myrrophores * et ordonné aux apôtres de prêcher. * Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, ** donnant au monde ta grande miséricorde !
2. Tropaire du Précurseur, ton 4 : Réjouis-toi, toi qui jadis fus stérile, * car tu as conçu en vérité * la Lampe qui précède le Soleil venant illuminer le monde malade de cécité ; * exulte, ô Zacharie et clame avec hardiesse : ** Voici le prophète du Très-Haut qui est appelé à naître.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du Précurseur, ton 1 : Sois dans l’allégresse, ô illustre Zacharie, * avec Élisabeth, ton épouse toute glorieuse, * car vous avez dignement conçu Jean le Précurseur, * lui que l’archange annonça en se réjouissant * et que nous vénérons comme il convient, ** lui qui est initié au mystère de la grâce.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 7 : La puissance de la mort ne peut plus retenir les hommes, * car le Christ est descendu pour briser et détruire sa force. * Les enfers sont enchaînés, * les prophètes en chœur se réjouissent et disent : * Le Sauveur est apparu aux croyants. ** Venez, fidèles, prendre part à la Résurrection.

Prokimen
Du dimanche, ton 7 :
℟. Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix (Psaume 28, 11).
℣. Rendez au Seigneur, fils de Dieu, rendez au Seigneur la puissance & la gloire (Psaume 28, 1).
[Du Précurseur, ton 7 :
Le juste a sa joie dans le Seigneur, et en lui il se réfugie (Psaume 63, 11).]

Epîtres
Du dimanche : II Corinthiens (§ 181) VI, 1-10.
Mais agissant en toutes choses comme des ministres de Dieu, nous nous rendons recommandables par une grande patience dans les maux, dans les nécessités, et dans les extrêmes afflictions.
[Du Précurseur : Galates (§ 210) IV, 22-31.
Car il est écrit : Réjouissez-vous, stérile, qui n’enfantiez point ; poussez des cris de joie, vous qui ne deveniez point mère : parce que celle qui était délaissée, a plus d’enfants que celle qui a un mari.]

Alleluia
Du dimanche, ton 7 :
℣. Il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton Nom, ô Très-Haut, (Psaume 91, 1)
℣. de publier au matin ton amour, ta fidélité au long des nuits (Psaume 91, 2).
[Du Précurseur, ton 4 :
℣. Le juste fleurira comme un palmier, il grandira comme un cèdre du Liban (Psaume 91, 13).]

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 17) V, 1-11.
Et ayant ramené leurs barques à bord, ils quittèrent tout, et le suivirent.
[Du Précurseur : Luc (§ 2) I, 5-25.
Car il sera grand devant le Seigneur ; il ne boira point de vin, ni rien de ce qui peut enivrer ; et il sera rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux.
[Du Précurseur : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6).] Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du IIIème dimanche après la Pentecôte – Nativité de saint Jean Baptiste – ton 2

Nativité de saint Jean Baptiste

Nativité de saint Jean Baptiste

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 7 juillet 2019 du calendrier grégorien – 24 juin 2019 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la Nativité du vénérable et glorieux Prophète, Précurseur et Baptiste du Seigneur Jean.

La Nativité de saint Jean Baptiste intervint six mois avant celle du Seigneur et est rapportée par l’Evangéliste Luc au premier chapitre de son évangile, versets 57 à 80. Conformément à l’évangile, six mois jours pour jours – mais comptés selon le calendrier romain (VIII des calendes de juillet (soit le 24 juin) – VIII des calendes de janvier (soit le 25 décembre) séparent en effet les fêtes de la Nativité de saint Jean-Baptiste et de celle de Notre Seigneur.

La fête de la Nativité de saint Jean Baptiste est ancienne dans l’Eglise (saint Maxime l’évoque et nous possédons huit sermons de saint Augustin prononcés en ce jour). Elle est célébrée à la même date dans le rit romain. Dans le rit byzantin, elle est suivie d’un jour d’après-fête le 25 juin.

Rappelons que Zacharie, père de Jean-Baptiste, était prêtre de la classe d’Abia et servait dans le Temple de Jérusalem lorsque l’Ange vint lui apprendre la conception et la future naissance de son fils. Des études de calendriers trouvés dans les manuscrits de Qumran, publiées par les professeurs Shemaryahu Talmon et Israel Knohl en 1995 et Shemaryahu Talmon en 2001 ont permis de reconstruire l’ordre des alternances des 24 classes sacerdotales qui assuraient le service du Temple de Jérusalem à l’époque de la naissance du Christ. On sait désormais que la classe d’Abia était en charge au Grand Temple au cours du troisième trimestre de la troisième année d’un cycle de six ans, ce qui place son service en septembre, pendant le mois de Tishri (fin septembre/début octobre), ce qui tend à corroborer la date traditionnelle de la fête de la Conception de saint Jean Baptiste au 23 septembre, et par voie de conséquence, sa Nativité au 24 juin et celle du Christ au 25 décembre. Rappelons aussi que saint Jean Chrysostome justifiait l’adoption par l’Eglise d’Antioche de la date du 25 décembre pour fêter Noël par l’examen des archives impériales mises à la disposition de l’Eglise de Rome.

Fils du prêtre Zacharie & d’Elisabeth la stérile, fruit de la promesse, Jean délia par sa naissance la langue de son père devenu muet, et « combla de joie le monde entier ». C’est alors que son père, prononçant l’immortel cantique où il chante la réalisation de la promesse faite à Abraham, prédit à son petit enfant le rôle grandiose de Précurseur, devant préparer les voies sur terre à l’Astre qui vient d’en-haut, « afin de mettre nos pieds dans le droit chemin, sur la voix de la paix ». Ce cantique de Zacharie est joint dans le rit byzantin au cantique de la Vierge Marie, et tous deux forment le 9ème cantique de l’office de matines. Les tropaires de la 9ème ode des canons de matines ont été à l’origine écrits pour être chantés entre les versets de ce cantique double.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Précurseur. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Précurseur. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du Précurseur.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 2 & 4 tropaires de la 3ème ode du canon du Précurseur (deux tropaires de chacun des deux canons, le premier est l’œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749), le second de saint Georges l’Hymnographe, évêque de Nicomédie en Bithynie – IXème siècle) :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Au plus profond de l’Enfer, * lorsqu’ils virent ta clarté, * ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort, ** ô Christ, se levèrent, ressuscités.
6. Ressuscité du tombeau, * tu vins au-devant des Myrrophores, * et les Disciples reçurent la mission ** de proclamer ta Résurrection.
7. D’une Vierge devait naître le Seigneur ; * quant à son loyal Serviteur, * il naît d’une mère stérile et âgée : ** d’un autre miracle les plus grands se laissent précéder.
8. La Stérile, en ses vieux jours, * embrasse la Vierge mère, * sachant bien que pour un tel enfantement ** Dieu l’a délivrée de sa stérilité.
9. Ton cri au sortir de la Stérile a rompu * les liens par lesquels la voix de ton père était retenue * et fit connaître, illustre Prophète, clairement * la divine révélation ** de l’ineffable condescendance du Christ.
10. Issu de l’inféconde stérilité, * celui qui annonce la fécondité en Christ * avec la cognée de sa prédication * a retranché le peuple ingrat ** comme stérile et sans fruit.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité . * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : * Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire du Précurseur, ton 2 : Prophète & Précurseur de la venue du Christ * nous ne pouvons te louer dignement, nous qui t’honorons avec amour : * la stérilité d’une mère & la mutité d’un père ont cessé, * par ta glorieuse & vénérable nativité ** tandis que l’incarnation du Fils de Dieu est annoncée au monde.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du Précurseur, ton 3 : Celle qui fut jadis stérile enfante en ce jour le Précurseur du Christ, * celui qui récapitule toutes les prophéties ; * Celui qui avait été annoncé par les prophètes * il Lui imposa la main dans le Jourdain ** & il est apparu à la fois comme le prophète du Verbe de Dieu, le prédicateur et son Précurseur.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
℣. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
Du Précurseur, ton 7 :
℟. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 88) V, 1-10.
Or cette espérance n’est point trompeuse, parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné.
Du Précurseur : Romains (§ 112) XIII, 11 – XIV, 4.
Acquittons-nous donc de cet amour, et d’autant plus que nous savons que le temps presse, et que l’heure est déjà venue de nous réveiller de notre assoupissement ; puisque nous sommes plus proches de notre salut que lorsque nous avons reçu la foi.

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
℣. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
℣. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
Du Précurseur, ton 1 :
℣. Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, de ce qu’il a visité et racheté son peuple (Luc I, 68).

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 18) VI, 22-33.
Pourquoi aussi vous inquiétez-vous pour le vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent point, ils ne filent point : et cependant je vous déclare que Salomon même dans toute sa gloire n’a jamais été vêtu comme l’un d’eux.
Du Précurseur : Luc (§ 1) I, 1–25, 57–68, 76, 80..
Ayant demandé des tablettes, il écrivit dessus : Jean est son nom. Ce qui remplit tout le monde d’étonnement.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Du Précurseur : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme de la fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste

Saint-Eugène, le lundi 24 juin 2019, grand’messe en rit romain traditionnel de 19h. 30ème anniversaire d’ordination sacerdotale de M. l’Abbé Eric Iborra.

La fête de la naissance de saint Jean-Baptiste est célébrée six mois avant celle du Christ, en accord avec l’évangile de Luc, qui rapporte que la conception du Précurseur avait eut lieu six mois avant celle du Sauveur :

Et sachez qu’Élisabeth, votre cousine, a conçu aussi elle-même un fils dans sa vieillesse, et que c’est ici le sixième mois de celle qui est appelée stérile (Luc I, 36).

Aussi la fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste est-elle aussi appelée la « Noël d’été ». On pourrait s’étonner que l’Eglise ait choisi le 24 juin plutôt que le 25 juin pour la célébrer, mais de fait la coïncidence entre les deux Noëls fonctionne si l’on utilise l’ancienne computation des dates romaines : le 24 juin est en effet le VIIIème jour des calendes de juillet et le 25 décembre le VIIIème jour des calendes de janvier.

Alors que la fête de la lumineuse & glorieuse naissance du Christ survient aux alentours du solstice d’hiver, là où la nuit est la plus noire, la fête de la nativité de saint Jean-Baptiste survient au moment du solstice d’été, lequel marque le moment où les jours recommencent à décroître. Jean-Baptiste ne disait-il pas du Christ : « Il faut qu’il croisse, et que je diminue. » (Jean III, 30).

Comme l’institution de la fête de Noël fut romaine à l’origine, il paraît bien que celle de la Noël d’été le fut également, avant de se répandre en Orient. On conserve 8 sermons de saint Augustin (354 † 430) pour cette fête. Le Sacramentaire Léonien – dont les formules remontent au pontificat de saint Léon le Grand (440-461), nous conserve pas moins de cinq messes différentes : une messe pour la vigile la veille au soir, une messe probablement de l’aurore, une messe du jour et deux messes célébrées au baptistère de Saint-Jean-de-Latran.

Le parallélisme liturgique entre les 2 Noëls est assez frappant. Comme l’Avent précède Noël, la Nativité de saint Jean-Baptiste était précédée d’un jeûne préparatoire de plusieurs semaines. Dans le sacramentaire grégorien, comme à Noël, la veille – entre none & vêpres – se célèbre la messe de la vigile (celle-ci est toujours marquée dans notre Missel Romain). Puis avait lieu une seconde messe durant la nuit ou à l’aurore (disparue de notre missel) et enfin une troisième messe du jour (l’actuelle messe de la fête), célébrée entre tierce & sexte. Comme à Pâques, les IIndes vêpres de la saint Jean étaient des vêpres stationales au cours desquelles on se rendait en procession aux fonts baptismaux.

Les trois hymnes de la fête ont été composées en action de grâce par Paul Diacre, moine du Mont-Cassin au VIIIème siècle. Celui-ci en effet avait perdu sa voix avant de chanter l’Exultet pascal et avait invoqué le secours de saint Jean Baptiste qui avait guéri par sa naissance le mutisme de son père Zacharie. La poésie distinguée de Paul Diacre, ami de Charlemagne, constitue un beau témoignage de la Renaissance Carolingienne des lettres & des Arts.

L’hymne des vêpres – Ut queant laxis – est tout à fait fameux, car il a servi à donner leurs noms aux notes de la musique. Guy d’Arezzo en effet utilisa la mélodie en usage en Italie – laquelle monte de degré en degré de l’Ut au La au début de chaque hémistiche – pour nommer les notes (le Si n’est pas dans la mélodie et il est formé de la réunion des deux initiales Sancte Iohannes) :

Il convenait que le divin Précurseur, la Voix dont les accents révélèrent au monde l’harmonie du Cantique éternel, eût cet honneur de voir se rattacher à son nom l’organisation des mélodies de la terre. (dom Guéranger).

A noter que les Eglises de France, & à leur suite, le rit dominicain, employaient depuis le haut Moyen-Age pour cette hymne un autre ton (sa mélodie ne progresse pas en degrés successifs, à l’inverse du ton italien).

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