Programme de la fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste

Nativité de saint Jean-BaptisteSaint-Eugène, le samedi 24 juin 2017, messe de 11h célébrée dans le rit dominicain (avec l’association SOS Chrétiens d’Orient).

La fête de la naissance de saint Jean-Baptiste est célébrée six mois avant celle du Christ, en accord avec l’évangile de Luc, qui rapporte que la conception du Précurseur avait eut lieu six mois avant celle du Sauveur :

Et sachez qu’Élisabeth, votre cousine, a conçu aussi elle-même un fils dans sa vieillesse, et que c’est ici le sixième mois de celle qui est appelée stérile (Luc I, 36).

Aussi la fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste est-elle aussi appelée la « Noël d’été ». On pourrait s’étonner que l’Eglise ait choisi le 24 juin plutôt que le 25 juin pour la célébrer, mais de fait la coïncidence entre les deux Noëls fonctionne si l’on utilise l’ancienne computation des dates romaines : le 24 juin est en effet le VIIIème jour des calendes de juillet et le 25 décembre le VIIIème jour des calendes de janvier.

Alors que la fête de la lumineuse & glorieuse naissance du Christ survient aux alentours du solstice d’hiver, là où la nuit est la plus noire, la fête de la nativité de saint Jean-Baptiste survient au moment du solstice d’été, lequel marque le moment où les jours recommencent à décroître. Jean-Baptiste ne disait-il pas du Christ : « Il faut qu’il croisse, et que je diminue. » (Jean III, 30).

Comme l’institution de la fête de Noël fut romaine à l’origine, il paraît bien que celle de la Noël d’été le fut également, avant de se répandre en Orient. On conserve 8 sermons de saint Augustin (354 † 430) pour cette fête. Le Sacramentaire Léonien – dont les formules remontent au pontificat de saint Léon le Grand (440-461), nous conserve pas moins de cinq messes différentes : une messe pour la vigile la veille au soir, une messe probablement de l’aurore, une messe du jour et deux messes célébrées au baptistère de Saint-Jean-de-Latran.

Le parallélisme liturgique entre les 2 Noëls est assez frappant. Comme l’Avent précède Noël, la Nativité de saint Jean-Baptiste était précédée d’un jeûne préparatoire de plusieurs semaines. Dans le sacramentaire grégorien, comme à Noël, la veille – entre none & vêpres – se célèbre la messe de la vigile (celle-ci est toujours marquée dans notre Missel Romain). Puis avait lieu une seconde messe durant la nuit ou à l’aurore (disparue de notre missel) et enfin une troisième messe du jour (l’actuelle messe de la fête), célébrée entre tierce & sexte. Comme à Pâques, les IIndes vêpres de la saint Jean étaient des vêpres stationales au cours desquelles on se rendait en procession aux fonts baptismaux.

Les trois hymnes de la fête ont été composées en action de grâce par Paul Diacre, moine du Mont-Cassin au VIIIème siècle. Celui-ci en effet avait perdu sa voix avant de chanter l’Exultet pascal et avait invoqué le secours de saint Jean Baptiste qui avait guéri par sa naissance le mutisme de son père Zacharie. La poésie distinguée de Paul Diacre, ami de Charlemagne, constitue un beau témoignage de la Renaissance Carolingienne des lettres & des Arts.

L’hymne des vêpres – Ut queant laxis – est tout à fait fameux, car il a servi à donner leurs noms aux notes de la musique. Guy d’Arezzo en effet utilisa la mélodie en usage en Italie – laquelle monte de degré en degré de l’Ut au La au début de chaque hémistiche – pour nommer les notes (le Si n’est pas dans la mélodie et il est formé de la réunion des deux initiales Sancte Iohannes) :

Il convenait que le divin Précurseur, la Voix dont les accents révélèrent au monde l’harmonie du Cantique éternel, eût cet honneur de voir se rattacher à son nom l’organisation des mélodies de la terre. (dom Guéranger).

A noter que les Eglises de France, & à leur suite, le rit dominicain, employaient depuis le haut Moyen-Age pour cette hymne un autre ton (sa mélodie ne progresse pas en degrés successifs, à l’inverse du ton italien).

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Plain-chant dominicain – Nativité de saint Jean-Baptiste – Hymne Ut queant laxis

Die 24 Junii
In Nativitate S. Ioannis Baptistæ
Ad vesperas. Hymnus.

Hymne - Ut queant laxis -  ton 2

UT queant laxis REsonáre fibris
MIra gestórum FAmuli tuórum,
SOLve pollúti LAbii reátum
Sancte Ioánnes.
Pour que tes serviteurs puissent chanter à pleine voix les merveilles de ta vie, efface le péché qui souille leurs lèvres, saint Jean !
Núntius celso véniens Olympo
Te patri magnum fore nascitúrum,
Nomen, et vitæ sériem geréndæ
Ordine promit.
Un messager venu du haut du ciel dévoile à ton père ta naissance, ta grandeur future, ton nom, et tout le déroulement de ta vie.
Ille, promíssi dubius supérni,
Pérdidit promptæ módulos loquélæ :
Sed reformásti génitus perémptæ
Organa vocis.
Mais lui, doutant des promesses célestes, perdit le libre usage de sa langue ; par ta naissance, tu lui rendis la voix qu’il avait perdue.
Ventris obstrúso pósitus cubíli,
Sénseras Regem thálamo manéntem :
Hinc parens nati méritis utérque
Abdita pandit.
Enfermé dans le sein de ta mère, tu avais reconnu la présence du roi dans sa chambre nuptiale ; aussi tes parents ont-ils tous deux, par les mérites de leur fils, révélé des mystères cachés.
Láudibus cives célébrent supérni
Te Deus simplex, paritérque trine :
Súpplices et nos véniam precámur :
Parce redémptis. Amen.
Les habitants du Ciel te célèbrent par leurs louanges, toi Dieu un et trine à la fois. Nous aussi nous venons prier et te supplions d’avoir pitié de ceux que tu as rachetés. Amen.

Cette célèbre hymne de la fête de la Nativité de saint Jean Baptiste, à vêpres, fut écrite par Paul Diacre au VIIIème siècle. Les premières lettres de chacun des vers de la première strophe ont servi à donner leurs noms aux notes de musique.

Plain-chant dominicain – Nativité de saint Jean-Baptiste – Officium De ventre

Die 24 Junii
In Nativitate S. Ioannis Baptistæ
Officium

Officium - De ventre - ton 2 - chant dominicain

De ventre matris meæ vocávit me Dóminus nómine meo : et pósuit os meum ut gládium acútum : sub teguménto manus suæ protéxit me, et pósuit me quasi sagíttam eléctam. Dès le sein de ma mère, le Seigneur m’a ap-pelé par mon nom ; et il a fait de ma bouche un glaive acéré ; il m’a abrité à l’ombre de sa main, et il a fait de moi une flèche aigüe.
(Isaïe XLIX, 1-2).
V/. Audíte ínsulæ, & atténdite pópuli de longe : Dóminus ab útero vocávit me. V/. Iles, écoutez, & vous, peuples lointains, soyez attentifs. Le Seigneur m’a appelé dès le sein maternel.
(Isaïe XLIX, 1).
Glória Patri, & Fílio, & Spirítui Sancto. Sicut erat in princípio, & nunc, & semper, & in sæcula sæculórum. Amen. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Le même office, avec Gloria Patri noté en plain-chant dominicain :

Officium - De ventre - avec Gloria Patri - ton 2 - chant dominicain

Plain-chant dominicain – Nativité de saint Jean-Baptiste – Cantilène de l’épître

Die 24 Junii
In Nativitate S. Ioannis Baptistæ
Epistola

Proposition de cantilène de l’épître, selon les règles du plain-chant dominicain (cf. Processionarium juxta ritum S. Ordinis Prædicatorum Apostolica auctoritate approbatum Reverendissimi in Christo Patris Fratris Hyacinthi Mariæ Cormier, Rome, 1913, pp. 414-424) :

Epître - saint Jean-Baptiste - rit dominicain

Epître - saint Jean-Baptiste - rit dominicain

Léctio Libri Isaíæ Prophétæ.

Isaie. XLIX, 1-3, 5, 6-7

Audíte, ínsulæ, et atténdite, pópuli, de longe : Dóminus ab útero vocávit me, de ventre matris meæ recordátus est nóminis mei. Et pósuit os méum quasi gládium acútum : in umbra manus suæ protéxit me, et pósuit me sicut sagíttam eléctam : in pháretra sua abscóndit me. Et dixit mihi : Servus meus es tu, Israel, quia in te gloriábor. Et nunc dicit Dóminus, formans me ex útero servum sibi : Ecce, dedi te in lucem géntium, ut sis salus mea usque ad extrémum terræ. Reges vidébunt, et consúrgent príncipes, et adorábunt propter Dóminum et sanctum Israel, qui elégit te. Iles, écoutez-moi ! peuples lointains, soyez attentifs ! Le Seigneur m’a appelé dès le sein maternel, dès les entrailles de ma mère il a prononcé mon nom. Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m’a caché dans l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche de choix, il m’a serré dans son carquois. Et il m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je me glorifierai. » Et maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a formé dès le sein de ma mère pour être son serviteur. Et il dit : « Voici que j’ai fait de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. Des rois verront, et ils se prosterneront, à cause du Seigneur, à cause du Saint d’Israël, qui t’a choisi. »

Livret téléchargeable.

Plain-chant dominicain – Nativité de saint Jean-Baptiste – Répons Priusquam te formarem

Die 24 Junii
In Nativitate S. Ioannis Baptistæ
Responsorium

Répons - Priusquam te formarem - tons 6 & 5

Priúsquam te formárem in útero, novi te : et ántequam exíres de ventre, sanctificávi te. Avant que je t’eusse formé dans le sein maternel, je t’ai connu ; et avant ta naissance, je t’ai sanctifié.
(Jérémie I, 5).
V/. Misit Dóminus manum suam, et tétigit os meum. V/. Le Seigneur a étendu sa main et a touché ma bouche.
(Jérémie I, 19).

Plain-chant dominicain – Nativité de saint Jean-Baptiste – Alleluia Inter natos mulierum

Die 24 Junii
In Nativitate S. Ioannis Baptistæ
Alleluia

Alleluia - Inter natos mulierum - ton 1

Alleluia, alleluia.
V/. Inter natos mulíerum non surréxit major Ioánne Baptísta.
Alleluia.
Alléluia, alléluia.
V/. Parmi les enfants des femmes, il ne s’en est pas élevé de plus grand que Jean-Baptiste.
Alléluia.

(Matthieu XI, 11).

Plain-chant dominicain – Nativité de saint Jean-Baptiste – Offertoire Iustus ut palma

Die 24 Junii
In Nativitate S. Ioannis Baptistæ
Offertorium

Offertoire - Iustus ut palma - ton 4

Iustus ut palma florébit : sicut cedrus, quæ in Libano est, multiplicábitur. Le juste fleurira comme le palmier ; il se multipliera comme le cèdre du Liban.
(Psaume XCI, 13).