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La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Prose parisienne de la Toussaint – Offices notés complets de Paris – 1899

Prose de la Toussaint - Sponsa Christi quæ per orbem

Le texte de cette séquence fut rédigé par Jean-Baptiste de Contes, chanoine de Notre-Dame de Paris, l’an 1660 et entra ensuite dans la liturgie propre parisienne.

En voici le texte latin avec une traduction extraite d’un missel de Paris latin—français de 1764 à l’attention des fidèles.

Sponsa Christi, quæ per orbem,
Mílitas Ecclésia,
Prome cantus, & sacrátos
Dic triúmphos cœlitum.
Épouse de Jésus-Christ, Église fidèle qui combattez sur la terre, célébrez par vos cantiques la gloire & les triomphes des Saints qui sont dans le ciel.
Hæc dies cunctis dicáta,
Mixta cœli gáudiis,
Læta currat, & solémni
Pérsonet melódia.
Que ce jour destiné à les honorer tous, soit pour nous un jour de joie : unissons nos voix à celles des esprits célestes ; & que tout retentisse d’une sainte mélodie.
Lavreatvm ducit agmen
Juncta Mater Fílio,
Sola, quæ partu pudórem
Virgo numquam pérdidit.
A la tête de l’armée triomphante des Bienheureux marche à côté de Jésus-Christ cette Mère sainte, qui seule a eu la prérogative de mettre un Fils au monde, sans cesser d’être Vierge.
Mox sequúntur Angelórum
Administri spíritus,
Siderúmque Conditóri
Mille laudes cóncinunt.
Ensuite paraissent les Anges, ces ministres du Seigneur, qui chantent mille cantiques de louanges à la gloire du Créateur de l’univers.
His Joánnes, vate major,
Præco Christi prævius,
Patriárchæ cum Prophétis,
Accinunt dulci melo.
Après eux vient Jean-Baptiste le plus grand des Prophètes. Ce saint Précurseur de Jésus-Christ, les Patriarches, & les Prophètes unissent leurs voix à la céleste harmonie.
Principies sacri senátus
Orbis almi júdices,
Sédibus celsis sublímes,
Facta pendunt ómnium.
Ils sont suivis des Apôtres : ces princes du sacré Sénat sont assis sur des trônes, pour juger l’univers.
Prodigi vitæ, cruóre,
Purpuráti Mártyres,
Auspicáti morte vitam,
Pace gaudent pérpeti.
On voit marcher après ces généreux Martyrs, tout couverts du sang qu’ils ont répandu : en perdant une vie passagère, ils sont entrés en possession d’une éternité de bonheur & de paix.
Turba sacra Confiténtum,
Cum Levítis Præsules,
Sæculi luxu rejécto,
Perfruúntur glória.
Ils sont accompagnés de ces saints Confesseurs, de ces Evêques, & de ces Lévites, qui n’ayant eu que du mépris pour les vanités du siècle, possèdent une gloire qui n’aura pas de fin.
Pompa nuptiális, Agno
Consecrátæ Virgines,
Líliis, rosisque Sponsum
Æmulántur prósequi.
Les Vierges, ces chastes épouses de l’Agneau, portant des lys et des roses, s’empressent d’augmenter le cortège de ce divin époux.
Omnibus sors hæc beáta,
Glóriam Deo dare,
Et poténtem confitéri,
Terque sanctum dícere.
Tous n’ont que l’heureuse occupation de louer le Seigneur : leur partage est de chanter les merveilles, la puissance & la sainteté d’un seul Dieu en trois Personnes.
Cœlites o vos beáti,
Quos Deus felícitat,
Súpplicum votis adéste,
Et favéte sínguli.
Heureux habitants du ciel, dont Dieu fait la félicité, recevez nos hommages ; & que chacun de vous nous aide de ses prières auprès du Tout-Puissant.
Hausta fonte liberáli
Dona terris fúndite :
Pace nostris in diébus
Obtinéte pérfrui.
Faites couler jusque sur la terre une partie de ces célestes dons que vous puisez dans la source même : obtenez-nous la paix dont nous avons besoin pendant cette vie.
Vt Deo cum sanctitáte
Serviámus súbditi,
Glóriæ posthac futúri,
Quam tenéris, cómpotes. Amen. Alleluia.
Afin que servant Dieu dans la sainteté, & dans une parfaite soumission, nous ayons un jour une part à la gloire dont vous jouissez dans le ciel. Amen. Alleluia.

Panis angelicus du Vème ton en plain-chant langrois

Panis angelicus à une voix du Vème ton - tradition langroise

Panis angélicus fit panis hóminum;
Dat panis cœlicus figúris términum;
O res mirábilis: mandúcat Dóminum
Pauper servus et húmilis.
Le pain des Anges devient le pain des hommes ; le pain descendu du ciel achève et réalise les figures de l’ancienne loi. O merveille ! Le Seigneur se fait la nourriture de son pauvre et misérable serviteur.
Te, trina Déitas únaque, póscimus;
Sic nos tu vísita, sicut te cólimus:
Per tuas sémitas duc nos quo téndimus,
Ad lucem quam inhábitas. Amen.
O Dieu unique et trine, nous vous en prions, répondez par votre visite aux hommages de vos fidèles : par vos sentiers conduisez-nous là où nous tendons, à la lumière que vous habitez. Amen.

Ex Pratique du plain-chant ou Manuel du jeune chantre, précédé des principes élémentaires du chant grégorien, à l’usage des séminaires et des écoles normales et primaires, par Louis Feltz, organiste de la Cathédrale de Langres. Ouvrage approuvé par Monseigneur l’Evêque de Langres. Langres, Chapelet, 1856.

Henry du Mont – Kyrie – Messe royale du VIème ton

Kyrie de la messe royale du VIème ton d'Henry du Mont

Livret PDF téléchargeable de cette messe d’Henry du Mont.

Kyrie eleison.
Christe eleison.
Kyrie eleison.
Seigneur, aie pitié.
Christ, aie pitié.
Seigneur, aie pitié.

Cette partition est extraite du Propre de Paris de 1925, édition établie sur la première édition originale de 1669, et suivant fidèlement le rythme et les altérations voulues par le compositeur.

Messe royale du VIème ton d’Henry du Mont :

Voyez aussi :

Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont :

Messe royale du IInd ton d’Henry du Mont :

Henry du Mont – Gloria – Messe royale du VIème ton

Henry du Mont, Gloria de la Messe royale du VIème ton

Livret PDF téléchargeable de cette messe d’Henry du Mont.

Glória in excelsis Deo.
Et in terra pax homínibus bonæ voluntátis.
Laudámus te.
Benedícimus te.
Adorámus te.
Glorificámus te.
Grátias ágimus tibi propter magnam glóriam tuam.
Dómine Deus, Rex cæléstis, Deus Pater omnípotens.
Dómine Fili unigénite, Jesu Christe.
Dómine Deus, Agnus Dei, Fílius Patris.
Qui tollis peccáta mundi miserére nobis.
Qui tollis peccáta mundi, súscipe deprecatiónem nostram.
Qui sedes ad déxteram Patris, miserére nobis.
Quóniam tu solus Sanctus.
Tu solus Dóminus.
Tu solus Altíssimus, Jesu Christe.
Cum Sancto Spíritu in glória Dei Patris.
Amen.
Gloire à Dieu au plus haut des cieux.
Et sur terre paix aux hommes de sa bienveillance.
Nous te louons.
Nous te bénissons.
Nous t’adorons.
Nous te glorifions.
Nous te rendons grâces pour ta grande gloire.
Seigneur Dieu, Roi céleste, Dieu le Père tout-puissant.
Seigneur Fils unique, Jésus-Christ.
Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, Fils du Père.
Qui ôtes les péchés du monde, aie pitié de nous.
Qui ôtes les péchés du monde, reçois notre prière.
Qui siège à la dextre du Père, aie pitié de nous.
Car toi seul es Saint.
Toi seul es Seigneur.
Toi seul es le Très-Haut, Jésus-Christ.
Avec le Saint-Esprit, dans la gloire de Dieu le Père.
Amen.

Cette partition est extraite du Propre de Paris de 1925, édition établie sur la première édition originale de 1669, et suivant fidèlement le rythme et les altérations voulues par le compositeur.

Messe royale du VIème ton d’Henry du Mont :

Voyez aussi :

Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont :

Messe royale du IInd ton d’Henry du Mont :

Henry du Mont – Credo – Messe royale du VIème ton

Livret PDF téléchargeable de cette messe d’Henry du Mont.

Credo in unum Deum.
Patrem omnipoténtem, factórem cœli et terræ, visibílium ómnium, et invisibílium.
Et in unum Dóminum Jesum Christum, Fílium Dei unigénitum.
Et ex Patre natum ante ómnia sæcula.
Deum de Deo, lumen de lúmine, Deum verum de Deo vero.
Génitum, non factum, consubstantiálem Patri : per quem ómnia facta sunt.
Qui propter nos hómines, et propter nostram salútem descéndit de cælis.
Et incarnátus est de Spíritu Sancto ex María Vírgine : ET HOMO FACTVS EST.
Crucifíxus étiam pro nobis : sub Póntio Piláto passus, et sepúltus est.
Et resurréxit tértia die, secúndum Scriptúras.
Et ascéndit in cælum : sedet ad déxteram Patris.
Et íterum ventúrus est cum glória judicáre vivos, et mórtuos : cujus regni non erit finis.
Et in Spíritum Sanctum, Dóminum, et vivificántem : qui ex Patre, Filióque procédit.
Qui cum Patre et Fílio simul adorátur, et conglorificátur : qui locútus est per Prophétas.
Et unam sanctam cathólicam et apostólicam Ecclésiam.
Confíteor unum baptísma in remissiónem peccatórum.
Et expécto resurrectiónem mortuórum.
Et vitam ventúri sæculi.
Amen.
Je crois en un seul Dieu.
Le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes choses visibles et invisibles.
Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu.
Né du Père avant tous les siècles.
Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu.
Engendré, non fait, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait.
Qui pour nous, hommes, et pour notre salut, est descendu des cieux.
Et s’est incarné par l’Esprit-Saint de la Vierge Marie, et s’est fait homme.
Puis crucifié pour nous, sous Ponce Pilate, il souffrit et fut enseveli.
Et il ressuscita le troisième jour, selon les Ecritures.
Et il monta au ciel, il siège à la dextre du Père.
Et il viendra de nouveau avec gloire juger les vivants et les morts ; lui dont le règne n’aura pas de fin.
Et en l’Esprit-Saint, Seigneur, et donnant la vie, qui procède du Père et du Fils.
Qui, avec le Père et le Fils, est de même adoré et glorifié, qui a parlé par les prophètes.
Et à l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique.
Je confesse un seul baptême pour la rémission des péchés.
Et j’attends la résurrection des morts.
Et la vie du siècle à venir.
Amen.

Cette partition est extraite du Propre de Paris de 1925, édition établie sur la première édition originale de 1669, et suivant fidèlement le rythme et les altérations voulues par le compositeur.

Messe royale du VIème ton d’Henry du Mont :

Voyez aussi :

Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont :

Messe royale du IInd ton d’Henry du Mont :

Henry du Mont – Sanctus – Messe royale du VIème ton

Henry du Mont, Sanctus de la Messe royale du VIème ton

Livret PDF téléchargeable de cette messe d’Henry du Mont.

Sanctus, Sanctus, Sanctus Dóminus Deus Sábaoth.
Pleni sunt cæli, et terra glória tua.
Hosanna in excélsis.
Saint, Saint, Saint, le Seigneur, Dieu des Armées.
Les cieux et la terre sont pleins de ta gloire.
Hosanna dans les hauteurs !

Cette partition est extraite du Propre de Paris de 1925, édition établie sur la première édition originale de 1669, et suivant fidèlement le rythme et les altérations voulues par le compositeur.

Messe royale du VIème ton d’Henry du Mont :

Voyez aussi :

Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont :

Messe royale du IInd ton d’Henry du Mont :

Henry du Mont – Agnus Dei – Messe royale du VIème ton

Henry du Mont, Agnus Dei de la Messe royale du VIème ton

Livret PDF téléchargeable de cette messe d’Henry du Mont.

Agnus Dei, qui tollis peccáta mundi : miserére nobis. Agneau de Dieu, qui ôtes les péchés du monde : aie pitié de nous.
Agnus Dei, qui tollis peccáta mundi : miserére nobis. Agneau de Dieu, qui ôtes les péchés du monde : aie pitié de nous.
Agnus Dei, qui tollis peccáta mundi : dona nobis pacem. Agneau de Dieu, qui ôtes les péchés du monde : donne-nous la paix.

Cette partition est extraite du Propre de Paris de 1925, édition établie sur la première édition originale de 1669, et suivant fidèlement le rythme et les altérations voulues par le compositeur.

Messe royale du VIème ton d’Henry du Mont :

Voyez aussi :

Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont :

Messe royale du IInd ton d’Henry du Mont :

Henry du Mont – Ite, missa est- Messe royale du VIème ton

Henry du Mont, Ite missa est de la Messe royale du VIème ton

Livret PDF téléchargeable de cette messe d’Henry du Mont.

℣. Ite, missa est
℟. Deo gratias.
℣. Allez, c’est l’envoi.
℟. Rendons grâces à Dieu.

Cette partition est extraite du Propre de Paris de 1925, édition établie sur la première édition originale de 1669, et suivant fidèlement le rythme et les altérations voulues par le compositeur.

Messe royale du VIème ton d’Henry du Mont :

Voyez aussi :

Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont :

Messe royale du IInd ton d’Henry du Mont :

Trope de l’Introït du Premier dimanche de l’Avent – Sanctissimus namque Gregorius

Sanctissimus namque Gregorius - trope de l'introït du premier dimanche de l'Avent

Ce trope du XIème-XIIème siècle se chantait en quelque sorte en guise de prélude à l’introït du premier dimanche de l’Avent. C’est du reste à bon droit qu’il figurait en cette position : non seulement c’est la première pièce par laquelle commence le graduel grégorien, mais encore, l’institution et l’organisation des pièces des 4 dimanches de l’Avent est attribuée par les liturgistes au Pape saint Grégoire le Grand.

En voici le texte latin :

Sanctíssimus namque Gregórius cum preces effúnderet ad Dóminum ut músicum donum ei désuper in carmínibus dedísset, tunc descéndit Spíritus Sanctus super eum, in spécie colúmbæ, et illustrávit cor ejus, et sic demum exórtus est cánere, ita dicéndo : Ad te levavi… (& on enchaîne sur l’introït)

Et la traduction française :

Or, tandis que le Très-Saint Grégoire répandait ses prières au Seigneur afin qu’il lui accorde le don de la musique à appliquer aux chants, voici que le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d’une colombe et illumina son cœur, et il commença alors à chanter, en disant cela : Vers toi j’ai élevé mon âme… (& on enchaîne sur l’introït).

Trope Sanctissimus namque Gregorius

Source : Graduale sacrosanctæ Romanæ Ecclesiæ de Tempore et de Sanctis – SS. D. N. Pii X. Pontificis maximi jussu restitutum et editum. Rome, Edition Vaticane – 1908.

Partition du trope Sanctissimus namque Gregorius en fichier PDF

Outre Sanctissimus namque, il existait aussi un autre trope plus ancien pour cet introït, attesté par Agobard de Lyon († 840) qui était une adaptation musicale des fameux vers composés par le pape Hadrien Ier (772 † 795) en l’honneur de saint Grégoire le Grand, vers placés en tête du Sacramentaire envoyé par Hadrien à Charlemagne.

En relation avec ce trope, il est bon de rappeler ici le texte fameux de Jean Diacre (IXème siècle) dans sa vie de saint Grégoire, premier texte évoquant le rôle de ce pape dans la réorganisation du chant ecclésiastique :

« Par la suite, dans la maison du Seigneur, à l’exemple du très sage Salomon, il compila avec le plus grand soin, pour la componction qu’inspire la douceur de la musique, un antiphonaire centonisé destinés aux chantres, qui s’avère des plus utiles.

Il institua aussi une école de chantres (schola … cantorum) qui, de nos jours encore, se fait entendre (modulatur) dans la sainte Eglise romaine selon les règlements par lui édictés. Il fit construire, à l’usage de cette schola, deux demeures avec biens-fonds (praediis) : l’une voisine des degrés de la basilique de saint Pierre Apôtre, l’autre contiguë aux édifices du palais patriarchal du Latran. C’est là que, jusqu’à ce jour, ont été conservés, avec une légitime vénération, le lit sur lequel il s’étendait pour enseigner le chant, la férule avec laquelle il menaçait les enfants, ainsi que son antiphonaire authentique. Par une clause de l’acte de donation, il répartit, sous peine d’anathème, les titres de propriétés (loca) entre les deux fractions de la Schola, comme récompense de leur service quotidien.

7. Les Germains et les Francs, entre autres nations européennes, eurent l’occasion, tant et tant, d’apprendre à la perfection (insigniter) ce beau chant. Ils ne réussirent pas toutefois à en conserver la pureté originelle, tant à cause de leur légèreté – ils mêlèrent des chants de leur propre crû à ceux de saint Grégoire – que de leur rusticité naturelle. Les races transalpines, en effet, avec leurs voix rauques et tonitruantes, sont incapables de rendre correctement la beauté du chant qu’ils ont reçu : à cause de la grossièreté de leurs gosiers ivrognes, lorsqu’ils s’efforcent d’exécuter l’admirable cantilène « romaine » avec les inflexions et les répercussions, c’est comme si leurs voix rustres faisaient vibrer l’air du vacarme confus de chariots grinçant en déboulant des marches ! Ce faisant, bien loin d’émouvoir l’âme des auditeurs, ils les énervent, les exaspèrent, les horripilent.

8. Toujours au temps de saint Grégoire, et grâce à la mission de saint Augustin en Angleterre, des chantres d’obédience romaine furent envoyés dans tout l’Occident pour instruire les nations barbares à la perfection. Ces chantres disparus, les églises occidentales vicièrent tellement le répertoire qu’elles avaient reçu, que l’éminent Vitalien dépêcha de France en Angleterre un certain Jean, chantre romain, en compagnie de Théodore, citoyen romain également, puis archevêche d’York. Ledit Jean, rappelant les fidèles des églises environnantes à la beauté de l’antique cantilène, maintint pendant de nombreuses années, tant par son zèle que par celui de ses disciples, la règle de la coutume romaine.

9. Cependant, notre patrice Charlemagne, roi des Francs, fut choqué, au cours d’un séjour à Rome, de la discordance entre le chant romain et le chant gallican. Comme les chantres francs arguaient insolemment que la corruption du chant était due aux fadaises de certains de nos compatriotes et que ces derniers, pour leur défense, exhibaient un antiphonaire authentique susceptible de mériter l’approbation, on raconte qu’il posa la question suivante : « Qui, de la rivière ou de la source, peut contenir l’eau la plus limpide ? » A ceux qui répondirent : « la source », il répliqua avec sagesse : « Puisque nous avons bu jusqu’à maintenant l’eau corrompue de la rivière, il nous faudra désormais remonter aux sources authentiques de la fontaine éternelle. » Il dépêcha donc auprès d’Hadrien, alors évêque, deux de ses clercs dévoués. Lorsque ceux-ci furent suffisamment instruits, il lui fut possible de réinstaurer dans l’Eglise métropolitaine de Metz la beauté de l’antique cantilène romaine, et, sur le modèle de Metz, de réformer le chant dans toute la Gaule.

10. Bien des années plus tard, les chantres qui avaient été formés à Rome étant décédés, Charlemagne, le plus avisé des rois, s’aperçut que le chant des églises gallicanes divergeait de celui pratiqué à Metz, et remarqua que chacune reprochait à l’autre d’avoir corrompu le chant. « A nouveau », dit-il, « remontons à la source. » C’est alors que le pape Adrien, ému par les prières du roi, ainsi que d’aucuns peuvent en témoigner en vérité aujourd’hui, envoya deux chantres en France. Se fiant à leur jugement, le souverain reconnut que tous les chantres francs avaient corrompu, par leur étourderie, la suavité du chant romain. Quant à l’Eglise de Metz, il constata qu’elle avait légèrement dévié de l’usage romain, mais seulement à cause de sa rusticité naturelle.

Enfin, il est reconnu jusqu’à aujourd’hui par tous ceux qui aiment la vérité pure, que le chant de l’Eglise de Metz surpasse d’autant celui des autres églises des Gaules et de Germanie, que lui-même est surpassé par le chant de Rome.

J’ai cru bon de relater ces faits au passage, afin de ne pas avoir l’air de passer sous silence l’indéniable frivolité des Francs ».

Jean Hymonides dit le Diacre, moine du Mont Cassin (v. 824 † av. 882), Vita S. Gregorii Magni, lib. II, 6-10

La traduction de ce texte qui a fait couler beaucoup d’encre, est emprunté au site musicologie.org, où vous trouverez un appareil de notes très intéressantes.

Fichier PDF : Saint Eugène – le culte de ses reliques à travers les âges

saint Eugène, histoire

Nous avons la joie de publier en ce 15 novembre, fête liturgique de saint Eugène, évêque & martyr, une retranscription de ce livre de 1886 consacré non seulement à l’histoire du patron de notre paroisse, mais encore à celle, assez extraordinaire, de ses reliques à travers les âges (on lira ainsi avec bonheur la réception du corps de saint Eugène à Tolède au XVIème siècle). Cet ouvrage d’érudition comporte plusieurs passages intéressants la liturgie, donnant des détails sur les anciens offices de saint Eugène à Deuil-la-Barre et à Saint-Denis.