Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Discours au Club de Nicée du Métropolite Hilarion : une nouvelle alliance entre catholiques & orthodoxes ?

Le 9 septembre 2010, le Métropolite Hilarion de Volokolamsk, responsable du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, en visite officielle en Angleterre, s’est rendu au palais de Lambeth pour rencontrer Rowan Williams, archevêque anglican de Canterbury. Le soir même, le métropolite Hilarion a participé à l’assemblée annuelle du Nikean Club et prononcé un discours devant les participants.

Dans cet important & très intéressant discours, que nous donnons ci-après dans une traduction française non officielle réalisée par nos soins, Mgr Hilarion fait remarquer, poliment, mais très fermement, que le dialogue entre l’Eglise orthodoxe & les anglicans « est voué à la fermeture, si la libéralisation effrénée des valeurs chrétiennes se poursuit dans de nombreuses communautés du monde anglican ».

Il pointe en particulier l’impact désastreux qu’a eu sur ce dialogue l’ordination de femmes évêques :
« Nous avons étudié les documents préparatoires à la décision relative à l’épiscopat des femmes et nous avons été frappés par la conviction exprimée dans ceux-ci, que même si l’épiscopat des femmes était introduit, les contacts œcuméniques avec l’Eglise catholique et les Églises orthodoxes ne cesseraient pas. Qu’est-ce qui rend les auteurs de ces documents si certains d’eux ? »

Le Métropolite Hilarion introduit dans son discours une typologie tout particulièrement judicieuse en distinguant d’une part les chrétiens traditionnels & d’autre parts les chrétiens de tendance libérale. De manière significative, il a a fait allusion à une coopération croissante entre les Eglises orthodoxes & l’Eglise catholique romaine dans le but de rétablir l’âme chrétienne de l’Europe :

« Nous ne sommes pas seuls dans notre souci de la préservation des valeurs chrétiennes. Les tendances libérales dans les communautés protestantes et anglicanes présentent un défi pour les chrétiens et les églises qui sont restés fidèles aux principes de l’Evangile dans la doctrine, l’organisation ecclésiale et la morale. Très certainement, nous cherchons à trouver des alliés pour s’opposer à la destruction de l’essence même du christianisme. L’une des tâches principales de notre travail inter-chrétien d’aujourd’hui est d’unir les efforts des chrétiens pour la construction d’un système de solidarité sur la base de la morale évangélique en Europe et dans le monde. Nos positions sont partagées par l’Église catholique romaine, avec laquelle nous avons tenu de nombreuses réunions et conférences. Ensemble, nous étudions la possibilité d’établir une alliance entre orthodoxes et catholiques en Europe pour défendre les valeurs traditionnelles du christianisme. L’objectif principal de cette alliance serait de rétablir une âme chrétienne de l’Europe. Nous devrions être engagés dans la défense commune des valeurs chrétiennes contre la laïcité et le relativisme. »

D’un point de vue catholique, on peut dire que la relation ancienne & étroite qu’entretenait l’Eglise orthodoxe avec l’anglicanisme, – histoire que Mgr Hilarion rappelle longuement dans son discours -, était en partie inspirée par une méfiance & une résistance communes face à l’Église catholique romaine. Maintenant qu’il est évident que la Communion anglicane est en train de consacrer l’abandon d’une grande partie de ce qui est reconnu comme le patrimoine commun du christianisme traditionnel, tant sacramentel que moral, il est très positif de constater que l’Eglise orthodoxe voit désormais en l’Eglise catholique romaine une véritable alliée sur de nombreuses questions centrales. L’Eglise catholique a sans doute aussi à recevoir de l’Eglise orthodoxe, en particulier la redécouverte du sens de la célébration liturgique de la vie chrétienne et la réappropriation des ses traditions antiques. Notons enfin que Benoît XVI a contribué de manière significative à ce rapprochement qui se dessine, comme nous l’avons déjà évoqué sur ce blog par le passé. Puisque en cette fête de l’Exaltation de la sainte Croix – fête majeure commune à l’Orient & à l’Occident, tombe le troisième anniversaire de l’entrée en vigueur du motu proprio Summorum Pontificum, rappelons ici que le patriarche Alexis II avait salué le retour de la liturgie latine traditionnelle.

*

Discours du Métropolite Hilarion :

« Monseigneur, Mesdames et Messieurs, distingués invités,

Tout d’abord, je tiens à exprimer mes plus sincères remerciements à Monseigneur l’Archevêque Rowan Williams de m’avoir invité à m’adresser aux membres du Club de Nicée. Monseigneur, nous apprécions beaucoup votre contribution personnelle au dialogue inter-chrétien et votre engagement à maintenir la Communion anglicane unifiée. Nous connaissons votre amour de l’Eglise orthodoxe russe, de ses saints et de ses grands théologiens, de sa tradition spirituelle. Nous vous assurons de notre soutien continu et de nos prières.

Nous apprécions hautement également le travail du Club de Nicée, qui vise à renforcer les relations et stimuler une coopération bénéfique entre les Eglises de la Communion anglicane et d’autres confessions chrétiennes.

Le nom du club – Nicée – nous ramène à cette bienheureuse époque où les chrétiens à travers le monde, tant en Orient qu’en Occident, ont été unis. Cette même époque, cependant, fut une période de lutte acharnée avec des hérésies et de nombreux schismes ecclésiaux. Grâce à l’unanimité à la fois des Pères Occidentaux & Orientaux dans la compréhension de l’enseignement de l’Église et unie par une foi inébranlable, l’Église universelle lors de ce Concile, en 325, a rejeté et a condamné une hérésie qui a sapé les fondements mêmes de la doctrine chrétienne. Au même moment, l’Église a pu formuler la foi en la Sainte Trinité, formulation qui a perduré à travers les siècles ultérieurs. Mgr Rowan Williams, dans son « Arius : Hérésie et Tradition », nous a fourni une analyse approfondie de l’arianisme par des perspectives historiques, théologiques et philosophiques. Il décrit l’arianisme comme une «déviance chrétienne archétypale», qui tend à se relever encore et encore, sous des noms différents.

En 325, l’Église chrétienne, qui émergeait tout juste d’une période de trois siècles de persécution, se révèle être forte et assez mûre pour discerner dans l’arianisme une déviance dangereuse de la doctrine orthodoxe. En adoptant le Credo de Nicée, l’Eglise n’a introduit rien de nouveau à son enseignement, mais plutôt a formulé avec clarté ce qu’elle avait cru dès le début de son existence. Les Conciles œcuméniques suivants ont continué à clarifier la vérité de l’Eglise sans y introduire quelque chose de fondamentalement nouveau à cette confession de la foi qui provient du Christ lui-même et de ses apôtres.

Pourquoi les Eglises, tant à l’Est et l’Ouest, se souviennent encore des Pères de Nicée et des conciles œcuméniques suivants avec une telle reconnaissance ? Pourquoi les grands théologiens du passé, les adversaires de l’hérésie, sont-ils vénérés en Orient comme « grands enseignants universels et saints  » et en Occident comme « docteurs de l’Eglise » ? Parce qu’à travers les âges, l’Église a cru que sa principale tâche fut la sauvegarde de la vérité. Ses héros étaient avant tout des confesseurs de la foi qui ont affirmé la doctrine orthodoxe et ont contré les hérésies, faisant face aux nouvelles tendances et innovations théologiques et politiques.

Près de 1700 ans se sont écoulés depuis le concile de Nicée, mais les critères qui ont été utilisés par l’Église pour distinguer la vérité de l’hérésie n’ont pas changé. Et la notion de vérité ecclésiale demeure aussi pertinente aujourd’hui qu’elle l’était dix-sept siècles plus tôt. Aujourd’hui, la notion d’hérésie, bien qu’elle soit présente dans le vocabulaire de l’Eglise, est manifestement absente du vocabulaire de la théologie contemporaine politiquement correcte – une théologie qui préfère se référer à «pluralisme» et parler des différences recevables et légitimes.

Certes, saint Paul lui-même a écrit que «il doit y avoir des différences entre vous pour voir qui d’entre vous ont l’approbation de Dieu» (1 Cor. 11, 19). Mais à quel genre de différences fait-il allusion? Certainement pas à celles qui touchaient à l’essence de la foi, l’ordre ecclésial ou la morale chrétienne. Car, dans ces questions, il n’y a qu’une seule vérité et toute déviance par rapport à elle n’est autre que l’hérésie.

Au moment du Concile de Nicée, l’Église est unie en Orient & en Occident. Mais à l’heure actuelle, il existe une multitude de communautés dont chacune prétend être une Eglise, même si les approches doctrinales, les questions ecclésiologiques et éthiques diffèrent souvent radicalement entre elles.

Aujourd’hui, il est de plus en plus difficile de parler de «christianisme» comme une échelle unique de valeurs spirituelles et morales, universellement adoptée par tous les chrétiens. Il est plus approprié, plutôt, de parler de «christianismes», c’est-à-dire, différentes versions du christianisme adoptée par diverses communautés.

Toutes les versions actuelles du christianisme peuvent être schématiquement divisée en deux grands groupes : traditionnelle et libérale. L’abîme qui existe aujourd’hui se divise pas tant les orthodoxes des catholiques ou les catholiques des protestants comme il le fait des  » traditionalistes » des « libéraux ». Certains dirigeants chrétiens, par exemple, nous dire que le mariage entre un homme et une femme n’est plus la seule façon de construire une famille chrétienne : il y a d’autres modèles et l’Eglise doit devenir de manière appropriée « inclusive » afin de reconnaître d’autres normes de comportement et de leur donner une bénédiction officielle. Certains tentent de nous persuader que la vie humaine n’est plus une valeur absolue, qu’il peut être résilié dans le ventre d’une mère ou que l’on peut mettre fin à la vie à volonté. Les chrétiens « traditionalistes » sont invités à reconsidérer leur point de vue sous le slogan de se tenir dans la marche de la modernité.

Malheureusement, il faut admettre que l’Eglise orthodoxe et beaucoup dans l’Église anglicane se retrouvent sur le côté opposé de l’abîme qui sépare les chrétiens traditionnels des chrétiens de tendance libérale. Certes, à l’intérieur de la Communauté anglicane, il reste beaucoup de « traditionalistes », en particulier dans le Sud et en Orient, mais la tendance libérale est également tout à fait remarquable, surtout en Occident et dans le Nord. Des protestations contre le libéralisme continuent de se faire entendre chez les anglicans, comme lors de la seconde Conférence de tous les évêques d’Afrique qui s’est tenue à la fin août. Le document final de la Conférence a notamment déclaré: « Nous affirmons la norme biblique de la famille comme ayant le mariage entre un homme et une femme comme sa fondation. L’un des objectifs du mariage est la procréation des enfants dont certains se développent pour devenir les leaders de demain ».

Parmi les indications vives de désaccord au sein de la communauté anglicane (j’hésite à dire «schisme») est le fait que près de 200 évêques anglicans ont refusé de participer à la Conférence de Lambeth de 2008. J’étais là en tant qu’observateur de l’Eglise orthodoxe russe et pouvais voir les diverses manifestations des différences profondes et douloureuses parmi les anglicans.

Aujourd’hui, le dialogue entre orthodoxes et anglicans a lui-même menacé. Cela est particulièrement lamentable parce que ce dialogue a eu une longue et riche histoire, à commencer par les nombreux entretiens à différents niveaux qui ont eu lieu entre les orthodoxes et les anglicans depuis le 17ème siècle. Au 19ème siècle, après la fondation par les anglicans des évêchés de Jérusalem en 1841 et de Gibraltar en 1842, des réunions ont eu lieu et les relations ont été établies entre les représentants de l’Église d’Angleterre et de l’Eglise épiscopale aux Etats-Unis et l’Eglise orthodoxe. Le premier message officiel fut une lettre de l’archevêque de Canterbury Howley (1828-1848) au patriarche de Constantinople en 1840, assurant aux hiérarques orthodoxes que les anglicans ne s’engageront jamais dans le prosélytisme et lançant un appel à la coopération dans un esprit d’amour chrétien.

En 1868 fut tenue la première Conférence de Lambeth. Agissant au nom de l’archevêque de Canterbury Tait, cette Conférence a envoyé un message, écrit dans un esprit d’amour chrétien et d’amitié, aux patriarches et aux évêques de l’Eglise orthodoxe. Cette même année, à la demande de l’archevêque de Canterbury, le patriarche Grégoire VI de Constantinople à autorisé le clergé orthodoxe à administrer le rite des funérailles pour les anglicans si un prêtre de l’Eglise d’Angleterre n’était pas disponible.

Le second accord a été fait en 1874 quand le patriarche Joachim II de Constantinople a donné la permission au clergé orthodoxe de baptiser et marier les anglicans. Ces accords ont été des développements exceptionnels dans l’histoire des relations entre les Eglises d’Orient et d’Occident.

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Des prie-Dieu en pierre : symbolique du pavé des églises chrétiennes


Vue panoramique partielle de l’immense mosaïque qui constitue le pavement de la cathédrale d’Otrante, sur la côte sud-est de l’Italie.

DES PRIE-DIEU EN PIERRE
par Mgr Marco Agostini
(Mgr Agostini appartenient à la deuxième section de la secrétairerie d’état, il est cérémoniaire pontifical et passionné de liturgie et d’art sacré – article paru dans « L’Osservatore Romano » du 20 août 2010).

Le soin apporté par l’architecture ancienne et moderne, jusqu’au milieu du XXe siècle, au pavement des églises est impressionnant. En plus des mosaïques et des fresques pour les murs, on trouve aussi, pour les pavements, de la peinture en pierre, des marqueteries, des tapis de marbre.

Je pense par exemple au « tessellatum » multicolore de la basilique Saint-Zénon à Vérone ou de l’hypogée de Santa-Maria-in-Stelle près de cette ville, ou à celui, vaste et raffiné, des basiliques de Théodore à Aquilée, de Sainte-Marie à Grado, de Saint-Marc à Venise, ou à celui, mystérieux, de la cathédrale d’Otrante. À l’opus tessulare cosmatesque brillant d’or des basiliques romaines Sainte-Marie-Majeure, Saint-Jean-de-Latran, Saint-Clément, Saint-Laurent-hors-les-Murs, Sainte-Marie-d’Aracoeli, Sainte-Marie-in-Cosmedin, Sainte-Marie-du-Transtévère, de l’ensemble épiscopal de Tuscania ou de la Chapelle Sixtine au Vatican.

Et aussi aux marqueteries de marbre de Saint-Etienne-le-Rond, de Saint-Georges-au-Vélabre, de Sainte-Constance, de Sainte-Agnès, à Rome, à celles de la basilique Saint-Marc à Venise, du baptistère de Saint-Jean et de l’église San-Miniato-al-Monte à Florence, ou à l’incomparable « opus sectile » de la cathédrale de Sienne, ou aux panneaux de marbre blanc, noir et rouge de Sainte-Anastasie à Vérone, ou encore aux pavements de la grande chapelle de l’évêque Giberti ou des chapelles (XVIIIe siècle) de la Vierge du Peuple et du Saint-Sacrement, toujours à la cathédrale de Vérone, et, surtout, à l’étonnant et précieux tapis de pierre de la basilique Saint-Pierre au Vatican.


Pavement de la cathédrale de Sienne – XVème-XVIème siècles.

À vrai dire il n’y a pas que les chrétiens à s’être intéressés au pavement : on est impressionné par les sols en mosaïque des villas grecques d’Olynthe ou de Pella en Macédoine, par ceux de la villa impériale romaine du Casale à Piazza Armerina en Sicile, ceux des villas d’Ostie ou de la maison du Faune à Pompéi, ou par la somptuosité des scènes du Nil au sanctuaire de la Fortuna Primigenia à Palestrina. Mais aussi par les pavements en « opus sectile » de la curie sénatoriale du Forum à Rome, par les fragments provenant de la basilique de Junius Bassus, toujours à Rome, ou par les incrustations de marbre de la « domus » d’Amour et Psyché à Ostie.

L’intérêt des Grecs et des Romains pour le pavement n’apparaît pas de manière évidente dans les temples, mais dans les villas, les thermes et les autres lieux publics où la famille ou la société civile se réunissait. Même la mosaïque de Palestrina ne se trouvait pas dans un lieu de culte au sens strict. La cella du temple païen n’était occupée que par la statue du dieu et le culte avait lieu à l’extérieur, devant le temple, autour de l’aire sacrificielle. C’est pourquoi les intérieurs n’étaient presque jamais décorés.

Le culte chrétien est au contraire un culte intérieur. Institué dans la belle pièce du cénacle, ornée de tapis, à l’étage supérieur d’une maison d’amis et propagé initialement dans l’intimité du foyer domestique puis dans la « domus ecclesiæ », le culte chrétien a transformé la maison en église quand il a pris une dimension publique. La basilique Saint-Martin-des-Monts est construite sur une « domus ecclesiæ » et elle n’est pas la seule dans ce cas. Les églises n’ont jamais été le lieu d’un simulacre, mais la maison de Dieu chez les hommes, le tabernacle de la présence réelle du Christ dans le très saint sacrement, la maison commune de la famille chrétienne. Même le plus humble des chrétiens, le plus pauvre, était maître et seigneur dans l’église en tant que membre du corps mystique du Christ qu’est l’Église : il marchait sur des pavements précieux, il profitait des mosaïques et des fresques des murs, des peintures sur les autels, il sentait le parfum de l’encens, il était réjoui par la musique et le chant, il voyait la splendeur des ornements portés pour la gloire de Dieu, il goûtait le don ineffable de l’eucharistie qui lui était donnée dans des calices d’or, il marchait en procession en ayant la sensation de faire partie de l’ordre qui est l’âme du monde.


Pavement en mosaïque d’une église paléo-chrétienne en Jordanie.

Loin d’être un étalage de luxe, les pavements des églises étaient l’endroit où l’on marche mais ils avaient aussi d’autres fonctions. Ils n’étaient sûrement pas faits pour être recouverts par des bancs : ces derniers ont été introduits à une époque relativement récente, quand on a voulu aménager les nefs des églises pour permettre d’écouter commodément de longs sermons. Les pavements des églises devaient être bien visibles : dans les figures, les entrelacs géométriques, la symbolique des couleurs, ils conservent la mystagogie chrétienne, les indications processionnelles de la liturgie. Ils constituent un monument à la base, aux racines.


Pavement en céramique de l’église Saint-Michel de Capri.

Ces pavements sont principalement destinés à ceux qui vivent la liturgie et y évoluent, à ceux qui s’agenouillent devant l’épiphanie du Christ. S’agenouiller c’est répondre à l’épiphanie donnée par grâce à une seule personne. Celui qui est touché par l’éclat de la vision se prosterne à terre et, de là, il voit davantage que tous ceux qui sont restés debout autour de lui. Ceux-ci, en adorant, ou en reconnaissant qu’ils sont pécheurs, voient des reflets dans les pierres précieuses, dans les tesselles d’or dont sont parfois composés les pavements anciens, la lumière du mystère qui rayonne depuis l’autel et la grandeur de la miséricorde divine.


Pavement en marbre de l’église du Val-de-Grâce, à Paris.

Il est émouvant de penser que ces pavements si beaux sont faits pour les genoux des fidèles : un tapis de pierre durable pour la prière chrétienne, pour l’humilité ; un tapis aussi bien pour les riches que pour les pauvres, un tapis pour les pharisiens et pour les publicains, mais qui est surtout apprécié par ces derniers.

Aujourd’hui les prie-Dieu ont disparu de beaucoup d’églises et on tend à retirer les balustrades auxquelles on pouvait s’appuyer pour la communion à genoux. Or, dans le Nouveau Testament, le geste de s’agenouiller est fait à chaque fois que la divinité du Christ apparaît à un homme : on pense aux Mages, à l’aveugle-né, à l’onction de Béthanie, à Marie-Madeleine dans le jardin au matin de Pâques.

Jésus lui-même dit à Satan, qui voulait lui imposer une génuflexion mal à propos, que l’on ne doit fléchir le genou que pour Dieu. Satan nous demande encore aujourd’hui de choisir entre Dieu et le pouvoir, entre Dieu et la richesse, et il nous tente encore plus en profondeur. Mais ainsi on ne rendra gloire à Dieu pour rien ; ceux qui ont favorisé le pouvoir, ceux dont le cœur a été lié par un acte, ceux-là s’agenouilleront.

Un bon entraînement pour vaincre l’idolâtrie dans la vie est de recommencer à s’agenouiller à la messe, ce qui est d’ailleurs l’une des formes d’actuosa participatio dont parle le dernier Concile. Cela permet aussi de se rendre compte de la beauté des pavements (au moins ceux qui sont anciens) de nos églises. Devant certains d’entre eux, on est tenté de se déchausser, comme le fit Moïse devant Dieu qui lui parlait depuis le buisson ardent.

Source : Chiesa, Pourquoi la communion à genoux ?

Programme du XVIème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 12 septembre 2010, grand’messe de 11h.

  • Procession d’entrée : orgue
  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du VIème ton – faux-bourdon de Notre-Dame de Paris
  • Après la Consécration : O vere digna Hostia de Guillaume Bouzignac (c. 1587 † ap. 1643), maître de chapelle des cathédrales d’Angoulême, de Bourges, de Rodez et de Clermont-Ferrand
  • Agnus Dei : de la Messe Ad Majorem Dei Gloriam d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Louis XV à Versailles
  • Pendant la communion : Tantum ergo sacramentum – Henri de Villiers – adaptation sur Hanac Pachap, cantique en Quechua (musique anonyme jésuite, Cuzco, XVIIème siècle)
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du VIIIème ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : O Marie, ô Mère chérie – Monsieur Flavien Martineau, prêtre de Saint-Sulpice (1830 † 1887)
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Programme du XVIème dimanche après la Pentecôte – clôture de la fête de la Décollation de saint Jean Baptiste – ton 7

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 12 septembre 2010, divine liturgie de 9h15.

    Dimanche du ton VII de l’Octoèque avec mémoire :

  • de la clôture de la Décollation du vénérable chef du saint & glorieux prophète, le précurseur & Baptiste Jean,
  • de la translation de Vladimir à Saint-Pétersbourg, l’an 1724, des reliques du saint & grand prince Alexandre Nevski († 1263),
  • des saints illuminateurs et docteurs de la Serbie (les saints archevêques Sabbas I († 1237), Arsène I († 1266), Sabbas II († 1269), Eustache I († c. 1285), Jacques († 1292), Nicodème († 1325), Daniel († 1338), les saints patriarches Jean II († 1354), Ephraim († après 1395), Spiridon († 1388), Macaire († 1574), Gabriel I († 1659), et le saint évêque Grégoire).
  • *


    A LA PETITE ENTREE

  • I. Tropaire du dimanche Ton VII
    Par ta Croix, Seigneur, tu as détruit la mort, tu as ouvert au Larron le Paradis ; tu as changé en joie le deuil des saintes Femmes et tu as donné l’ordre à tes Apôtres de proclamer que tu es ressuscité, Christ Dieu, pour donner au monde la grâce du salut.
  • II. Tropaire de la Décollation de saint Jean-Baptiste Ton II
    La mémoire du juste s’accompagne d’éloges, * mais à toi, Précurseur, suffit le témoignage du Seigneur ; * vraiment tu t’es montré en effet * de tous les Prophètes le plus grand ; * aussi tu fus digne de baptiser dans les eaux * celui qu’ils avaient annoncé ; * sur terre ayant lutté pour le vrai, * jusqu’aux Enfers tu annonças, plein de joie, * le Dieu manifesté dans la chair, * qui du monde enlève le péché * et nous accorde la grâce du salut.
  • III. Tropaire de la Translation des reliques de saint Alexandre Nevski Ton IV
    Reconnais tes frères, nouveau Joseph, * toi qui ne règnes pas sur l’Egypte, mais au ciel avec le Christ, * bienheureux prince Alexandre, et multiplie le froment * à la prière des gens de ton pays ; * protège aussi ton héritage, le peuple chrétien, * et, dans les peines que leur inflige l’ennemi, * viens en aide aux fils de la sainte Russie.
  • IV. Tropaire des saints illuminateurs & docteurs de la Serbie Ton IV
    Saints archevêques et patriarches qui avez illuminé la Serbie, * Père théophores qui avez gardé fidèlement l’apostolique tradition, inébranlables piliers * et guides suprêmes de la vraie foi, * priez le Maître universel * de faire au monde le don de la paix * et d’accorder à nos âmes la grâce du salut.
  • V. Kondak de la Translation des reliques de saint Alexandre Nevski Ton IV
    De même que tes lointains parents Boris & Gleb * du ciel apparurent pour t’aider * lorsque vaillamment tu combattais * contre le régent de Suède et ses guerriers, * de même encore maintenant * viens au secours de ta nation en triomphant de l’ennemi, * qui veut asservir les fils de la sainte Russie.
  • VI. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
  • VII. Kondakion de la Décollation de saint Jean-Baptiste Ton V
    L’illustre décollation du Précurseur * fut un acte dans l’œuvre de salut, * puisqu’aux Enfers il annonça la venue du Sauveur. * Qu’Hérodiade gémisse à présent * qui réclama ce meurtre impie, * car ce n’est pas la loi de Dieu * ni la vie éternelle qu’elle aima, * mais les illusions qui ne durent qu’un moment.
  • VIII. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
  • IX. Kondakion du dimanche Ton VII
    Désormais la force de la mort est impuissante à retenir les mortels, car le Christ est descendu, brisant et détruisant les puissances de la mort ; l’Enfer est enchaîné, les Prophètes tous ensemble se réjouissent. Le Sauveur, disent-ils, est apparu à ceux qui demeurent dans la foi ; venez, fidèles, prendre part à la Résurrection.
  • PROKIMENON DU DIMANCHE TON VII
    ℟. Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix (Psaume 28, 11).
    ℣. Rendez au Seigneur, fils de Dieu, rendez au Seigneur la puissance & la gloire (Psaume 28, 1).

    ALLELUIA TON VII
    I. Verset du dimanche
    ℣. Il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton Nom, ô Très-Haut, (Psaume 91, 1)
    ℣. de publier au matin ton amour, ta fidélité au long des nuits (Psaume 91, 2).

    MEGALYNAIRE A LA MERE DE DIEU DURANT L’ANAPHORE
    (sera chanté en vieux plain-chant Znamenny).

    KOINONIKA
    I. Verset de communion du dimanche
    Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1)

    Programme du XVème dimanche après la Pentecôte

    Sainte Cène


    Saint-Eugène, le dimanche 5 septembre 2010, grand’messe de 11h.

  • Procession d’entrée : orgue
  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du Vème ton – faux-bourdon parisien (édition de 1739)
  • Après la Consécration : O vere digna Hostia de Mathieu Gascongne, chantre de la chapelle de François Ier
  • Agnus Dei : de la Messe Ad Majorem Dei Gloriam d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Louis XV à Versailles
  • Pendant la communion : O memoriale, motet d’après Palestrina (c. 1526 † 1594), maître de la cha-pelle pontificale – texte de Saint Thomas d’Aquin (1225 † 1274)
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du Ier ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Sub tuum præsidium
  • Procession de sortie : Vierge, notre espérance – cantique de l’abbé Chevojon, curé de Notre-Dame des Victoires au XIXème siècle
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Programme du XVème dimanche après la Pentecôte – clôture de la fête de la Dormition – ton 6

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 5 septembre 2010, divine liturgie de 9h15.

    L’office de ce jour combine celui du dimanche (ton VI de l’Octoèque) avec celui de la clôture de la Dormition de la Bienheureuse Vierge Marie.

    A LA PETITE ENTREE

  • I. Tropaire du dimanche Ton VI
    Devant ton sépulcre les Puissances des cieux, autant que les soldats furent frappés d’effroi ; et Marie Madeleine se tenait près du tombeau, cherchant ton corps immaculé ; mais tu brisas l’Enfer sans te laisser vaincre par lui, tu rencontras la Vierge et nous donnas la vie. Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à toi.
  • II. Tropaire de la Dormition Ton I
    Dans l’enfantement, tu as gardé la virginité ; * dans ta dormition, tu n’as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu. * Tu as été transférée à la Vie, étant Mère de la Vie, ** & par tes prières, tu délivres nos âmes de la mort.
  • III. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
  • IV. Kondakion du dimanche Ton VI
    De sa main vivifiante le Seigneur source-de-vie, le Christ notre Dieu, a fait surgir tous les morts des ténèbres de l’Enfer, accordant la résurrection à tout le genre humain ; il est vraiment notre Sauveur, notre vie, notre résurrection et le Dieu de l’univers.
  • V. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
  • VI. Kondakion de la Dormition Ton II
    La Mère de Dieu qui jamais ne se lasse d’intercéder pour nous * et dont la protection ne pouvait cesser d’être notre espérance * ne se laissa pas vaincre par la mort ni le tombeau, * puisqu’elle est la Mère de la Vie et qu’elle a rejoint la Source de la vie : ** celui qui demeura dans son sein toujours vierge.
  • PROKIMENON DU DIMANCHE TON VI
    ℟. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
    ℣. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne reste pas silencieux en face de moi (Psaume 27, 1).
    PROKIMEN DE LA DORMITION TON III
    ℟. Magnifie, ô mon âme le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.

    ALLELUIA TON VI
    I. Verset du dimanche
    ℣. Qui demeure à l’abri du Très-Haut, loge à l’ombre du Puissant (Psaume 90, 1),
    ℣. dit au Seigneur : « Mon rempart, mon refuge, mon Dieu en qui je me fie » (Psaume 90, 2).
    ALLELUIA TON III
    I. Verset de la Dormition
    ℣. Lève-toi, Seigneur, vers ton repos, toi & l’arche de ta sainteté. (Psaume 131, 8).
    ℣. Le Seigneur l’a juré à David, vérité dont jamais il ne se départira : « C’est le fruit sorti de tes entrailles que je mettrai sur le trône fait pour toi ». (Psaume 131, 11).

    MEGALYNAIRE A LA MERE DE DIEU DURANT L’ANAPHORE, TIRE DU CANON DE LA DORMITION
    Toutes les générations te diront bienheureuse, toi qui seule es Mère de Dieu. En toi, Vierge pure, les lois de la nature ont été dépassées : ta maternité reste virginale et ta mort annonce la vie. Mère de Dieu, vierge après l’enfantement, vivante après la mort, sauve pour toujours ton héritage (sera chanté en vieux plain-chant dit « grec »).

    KOINONIKA
    I. Verset de communion du dimanche
    Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1)
    II. Verset de communion de la Dormition
    J’élèverai la coupe du salut, et j’invoquerai le nom du Seigneur. (Psaume 115, 13)
    Alleluia. (sera chanté en plain-chant Znamenny).

    Fin des vacances & reprise des activités – bienvenue aux nouveaux choristes

    Que ce soit pour le chœur byzantin ou le chœur latin, tout chanteur désireux de louer Dieu par la liturgie traditionnelle sont les bienvenus ! N’hésitez pas à venir nous rejoindre !

    Paroisse de la Très-Sainte Trinité :
    Reprise des répétitions : jeudi 2 septembre à 19h.
    Reprise des liturgies dominicales : dimanche 5 septembre à 8h55 (tierce) – 9h15 (liturgie).
    Le chœur cherche à renforcer ses pupitres de soprani, d’alti & de basse.

    Paroisse Saint-Eugène – Sainte Cécile :
    Reprise des répétitions : samedi 4 septembre à 18h
    Rentrée de la Schola : dimanche 5 septembre à 10h30 (raccord) & 11h (messe)
    Le chœur cherche à renforcer son pupitre de soprani.
    Nous recherchons aussi activement des instrumentistes (cordes et vents) qui voudraient nous rejoindre pour rehausser le chant liturgique les jours de fête.
    Programme en cours de préparation : Messe H1 à 4 voix & instruments de Marc-Antoine Charpentier pour la solennité de saint Eugène – Requiem des rois de France d’Eustache du Caurroy pour le 2 novembre.

    Merci de prendre contact :

    Suivez la messe du jour sur votre iPhone !

    Dans ce premier article, nous vous présentions deux geekeries liturgiques pour iPhone : Liber Pro pour chanter le chant liturgique grégorien du jour et l’une des méthodes pour lire les nombreux fichiers PDF liturgiques qui existent déjà sur le web (comme le Missel d’autel romain ou le Tchinovnik slave).

    Le développement du numérique nomade va sans doute voir se développer encore bien d’autres applications de ce style, aussi j’ouvre aujourd’hui une nouvelle rubrique à ce blog, baptisée « liturgeek ». 😉

    La paroisse du Christ-Roi de Sarasota en Floride, apostolat de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, vient de lancer il y a quelques temps une nouvelle application pour iPhone.

    iMass vous permet de suivre le texte de la messe du jour sur votre iPhone (les textes proviennent des bases de données du site Divinum Officium). Le gros avantage de cette application est que tout le propre du jour – tant les pièces chantées que les oraisons et les lectures – est déjà directement inséré automatiquement dans l’ordinaire de la messe (gros avantage sur les simples scans du 800 que présentait Liber Pro). Vous pouvez donc suivre calmement votre messe sans vous inquiéter de positionner des signets au préalable. Si vous voulez le texte d’un autre jour de l’année, il suffit de choisir la date dans un petit calendrier au début de la messe.

    Par défaut, iMass affiche le texte latin avec la traduction anglaise en regard, mais on peut paramétrer l’application pour n’avoir que le texte latin (vide en bas du texte).

    Encore plus génial, deux cases à cocher permettent d’afficher les rubriques, et aussi de préciser les rubriques spéciales quand la messe est célébrée avec ministres sacrés.

    Une fonction permet d’extraire juste le propre du jour (pratique pour faire des copier-coller en vue de réaliser un livret par exemple, d’autant que le texte latin présente les accents toniques ; si les æ sont bien présents, en revanche, les oe ne sont pas unis).

    Evidemment, les propres particuliers (d’une nation, d’un diocèse, d’un ordre religieux) ne sont pas pris en compte.
    Néanmoins, chose tout particulièrement intéressante, l’application vous permet (tout à fait en bas du texte de la messe), de choisir selon les différents états du rit et des codes de rubrique :

  • Tridentin de 1570,
  • Tridentin de 1910 (dernier état du rit avant le grand bouleversement du bréviaire),
  • Divino Afflatu de 1911 (réforme du bréviaire, avec des incidences sur le missel),
  • Réforme de 1955 (réforme bugninienne de la Semaine Sainte),
  • Rubriques de 1960,
  • Nouveau Calendrier de 1960.
  • Le rit de 1960-62 étant de plus en plus contesté et remis en cause, ce petit outil est franchement très intéressant.

    Ainsi aujourd’hui, dimanche 29 août 2010 :

  • Le Tridentin de 1570 comment le Tridentin de 1910 fêtent la décollation de saint Jean Baptiste, double majeur, avec mémoire du XIVème dimanche après la Pentecôte, Ier dimanche de septembre pour les leçons de matines au bréviaire.
  • Divino Afflatu & la Réforme de 1955 proposent le XIVème dimanche après la Pentecôte, Ier dimanche de septembre pour les leçons du bréviaire, dimanche semi-double mineur, avec mémoire de la Décollation de saint Jean Baptiste.
  • Les Rubriques de 1960 & le Nouveau Calendrier de 1960 célèbrent le XIVème dimanche après la Pentecôte, Vème dimanche d’août pour les leçons du bréviaire, IIème classe.
  • Un petit tableau présente de façon succinte un synoptique des rits Ambrosien, Mozarabe, de Sarum, Romain et Nouveau Rit.

    Le texte présente également les prières que récite le prêtre en se revêtant des différents vêtements sacerdotaux. Dommage de n’y avoir pas inclus les prières liturgiques préparatoires à la messe, c’est vraiment le seul manque à mes yeux à cette application parfaite. A la communion est insérée l’Anima Christi sanctifica me, vraisemblablement pour aider le fidèle-geek à un acte de communion spirituelle. Après la messe sont données également les prières léonines. Très opportunément, l’action de grâces après la messe (Cantique des trois enfants dans la fournaise & Psaume 150) a été ajoutée ainsi que les oraisons de dévotion du Missel Romain (oraisons de saint Thomas d’Aquin & de saint Bonaventure, et rythme de saint Thomas d’Aquin Adoro te).

    Encore plus fort : l’application permet de réciter l’office divin selon les mêmes options rubricales, en y ajoutant le texte de l’office pré-tridentin monastique (cursus de la règle de saint Benoît). L’office est complet, avec les répons & les leçons de matines (Liber Pro ne présentait que des scans de l’office diurne ordinaire), toutes les pièces sont présentées dans l’ordre de l’office que l’on prie, sans aucun renvoi (pas d’antiennes de commémoraison ni de bénédiction de matines à chercher par exemple). Fabuleux !!! J’en rêvais, ils l’ont fait ! 🙂

    Non content de vous fournir le texte de la messe du jour, iMass vous permet encore de la voir !
    En effet, vous pouvez regarder, par le biais de l’application, la vidéo – réalisée quotidiennement – de la messe célébrée dans cette paroisse de Floride par un prêtre de la FSSP. Opportunément, l’application vous rappelle que regarder la messe sur iMass ne vous dédouane pas de votre obligation dominicale d’aller à l’église assister véritablement à la messe ! 😉
    Cette vidéo néanmoins peut être utile aux malades où à tous ceux qui veulent s’unir à un moment ou l’autre de leur journée au saint sacrifice de notre rédemption.

    20/20 donc pour cette application (en espérant que les versions ultérieurs améliorent l’ergonomie de la navigation dans les différentes options possibles des textes liturgiques).

    Finalement, je vais peut-être m’acheter un iPad pour dire le bréviaire traditionnel de saint Pie V… 😉

    Induant justitiam – Prose parisienne de l’Assomption – Offices notés complets de Paris – 1899

    Induant justitiam - séquence de la messe de l'Assomption

    Cette prose est entrée en 1706 au Missel parisien de S.E. le cardinal de Noailles. Elle figure toujours au propre de Paris depuis cette date. De Paris, elle s’est aussi répandue dans de nombreux diocèses de France. Le rythme musical est bien évidemment ternaire ; selon l’usage, les deux dernières strophes devraient être jouées/chantées plus lentement. Comme toute prose (sauf le Dies iræ des morts pour lequel l’orgue est interdit), l’organiste figure le chant des versets impairs en improvisant sur le plain-chant. Notons que la prose parisienne Induant justitiam a inspiré Alexandre Guilmant (Sortie pour la fête de l’Assomption de la Sainte Vierge – Sur la prose : Induant justitiam, Opus 50, n° 4) et Marcel Dupré qui la cite au second verset de son Magnificat des Vêpres de la Vierge (15 Versets pour les Vêpres du Commun des Fêtes de la Sainte Vierge, Opus 18)

    Texte & traduction :

    INDUANT justítiam,
    Prædicent lætítiam
    Qui ministrant Númini.
    En leurs vêtements sacrés
    Qu’ils proclament notre joie
    Les ministres du Très-Haut.
    It in suam réquiem,
    Infert cœlo fáciem
    Arca viva Dómini.
    Elle va vers son Repos,
    Elle tend les yeux vers le ciel,
    L’Arche vivante du Seigneur.
    CHRISTUM, cum huc vénerat,
    Quo mater suscéperat,
    Non est venter púrior.
    Aucun sein n’était plus pur
    Pour qu’une mère y reçût le Christ
    Lorsqu’il vint ici-bas.
    In quo, dum hinc révocat,
    Matrem Christus cóllocat,
    Thronus non est célsior.
    Aucun trône n’est plus élevé
    Pour que le Christ y place sa Mère
    Lorsqu’il la rappelle d’ici-bas.
    QUÆ te, Christe, génuit,
    Quæ lactentem áluit,
    Nunc beátam dícimus.
    Christ, celle qui t’engendra,
    Celle qui te nourrit de son lait,
    Nous l’appelons Bienheureuse.
    Immo, quod credíderit,
    Quod sibi vilúerit,
    Hinc beátam nóvimus.
    Mais c’est aussi parce qu’elle a cru,
    Parce qu’elle s’est abaissée,
    Que nous la proclamons Bienheureuse.
    O præ muliéribus,
    Quin & præ cœlítibus,
    Benedicta fília.
    Ô fille, tu es bénie
    Plus que les femmes de la terre,
    Plus même que les saints du ciel.
    Hauris unde plénior,
    Hoc e fonte crébior
    Stillet in nos grátia.
    À la source de la grâce,
    Plus tu puises pleinement,
    Plus en nous elle coule abondamment.
    AD eum ut ádeant,
    Per te vota tránseant :
    Non fas matrem réjici.
    Pour aller jusqu’à Dieu,
    Que par toi passent nos prières :
    Il ne peut repousser sa Mère.
    Amet tuam Gálliam,
    Regi det justítiam,
    Plebi pacem súpplici.
    Amen. Alleluia.
    Qu’il aime la France ton Royaume,
    Qu’il accorde à ses chefs la Justice,
    Et la paix à son peuple en prière.
    Amen. Alleluia.

    Une interprétation de la séquence Induant justitiam pour la messe de la fête de l’Assomption :

    André Campra – Tota pulchra es

    André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Louis XV à Versailles.
    Tota pulchra es.
    2 dessus vocaux & basse continue.
    5 pages.

    Maître de la musique de Notre-Dame de Paris, le méridional André Campra connut des succès d’édition en faisant publier chez Ballard nombre de petits motets pour solistes, genre en vogue au tournant des années 1700 pour lequel il se montra tout particulièrement habile.

    Ce motet est construit sur les versets du Cantique des Cantiques que la liturgie romaine applique usuellement à la Sainte Vierge. En voici le texte :

    Tota pulchra es, amíca mea, & mácula non est in te ; favus distíllans lábia tua ; mel & lac sub lingua tua ; odor unguentórum tuórum super ómnia arómata : jam enim hiems tránsiit, imber ábiit & recéssit : flores apparuérunt, víneæ floréntes odórem dedérunt, & vox túrturis audíta est in terra nostra : surge, própera, amíca mea : veni de Líbano, veni, coronáberis. Vous êtes toute belle, mon amie, & aucune tache n’est en vous. Vos lèvres distillent un rayon de miel, le miel et le lait sont sous votre langue ; l’odeur de vos parfums surpasse tout arôme ; déjà l’hiver est passé, la pluie s’en est allée et a cessé, les fleurs sont apparues, les vignes en fleur répandent leur odeur, et la voix de la tourterelle s’est fait entendre sur notre terre : levez-vous vite, mon amie, venez du Liban, venez soyez couronnée.

    Le retour cyclique du Tota pulchra es amica mea en guise de refrain apporte une magnifique douceur mystique à cette heureuse composition.

    Dans l’exécution liturgique, pour écourter et/ou par souci de simplification, on pourrait omettre la partie entre crochets (de la mesure 69 à la mesure 113), laquelle contient les principales difficultés rythmiques de la partition.

    Les premières mesures de cette partition :

    Tota pulchra es - André Campra

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