Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du IIIème dimanche de Carême – Adoration de la Croix – ton 7

Croix près du lac SengilParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 15 mars 2015 du calendrier grégorien – 2 mars 2015 du calendrier julien, divine liturgie de saint Basile le Grand de 9h15.

Dimanche du ton VII de l’Octoèque. En ce troisième dimanche de Carême, le rit byzantin présente aux fidèles la vénération de la sainte, précieuse & vivifiante Croix. Cette tradition, qui tire son origine de la pratique de l’Eglise de Jérusalem où la vraie Croix fut longtemps conservée, connaît son exact équivalent le Vendredi Saint dans le rit romain avec le rite de l’adoration de la Croix. Du reste, au cours de l’adoration de la Croix le Vendredi saint romain, on chante la même antienne qu’au rit byzantin pour la même cérémonie :

Crucem tuam adoramus, Domine, et sanctam ressurectionem tuam laudamus.
Ta Croix, nous l’adorons, ô Maître, & ta sainte Résurrection, nous la chantons.

De plus, si l’on considère que ce dimanche du Carême byzantin correspond de fait exactement au IVème dimanche de Carême du rit romain, d’autres parallélismes peuvent être observés entre les deux rits : à Rome, la station se fait ce jour en la basilique de Sainte-Croix-de-Jérusalem, afin d’y vénérer les reliques de la vraie Croix et du Golgotha déposées là par l’impératrice sainte Hélène. Il n’est pas impossible que le fleurissement des croix qui a lieu ce jour chez les byzantins ait pu influencer l’Eglise romaine qui en use en ce dimanche de Lætare, au cours duquel le Pape bénit la rose d’or.

Voici comment se déroule l’adoration de la Croix dans le rit byzantin : aux vigiles de toute la nuit de ce dimanche, pendant la grande doxologie, le célébrant, revêtu de tous ses vêtements liturgiques, encense trois fois l’autel sur lequel a été déposée la sainte croix. Durant le chant du Trisaghion, il fait une triple prosternation devant la croix, la soulève au dessus de sa tête, fait le tour de l’autel et sort du sanctuaire par la porte du nord précédé du porte-cierge et de l’encensoir. Devant les portes royales il proclame : “Sagesse, soyons attentifs”, et le chœur chante trois fois le tropaire apolytikion de la Croix : “Sauve, Seigneur ton peuple”. Le célébrant dépose la croix sur un lutrin au centre de l’église et l’encense trois fois. Enfin, il procède à la triple prosternation devant la sainte croix en entonnant le tropaire du ton 5 : “Devant Ta croix nous nous prosternons, ô Maître – et Ta sainte Résurrection, nous la glorifions”. Le clergé et les fidèles se prosternent alors devant la Croix. La Croix restera au centre de l’église jusqu’au vendredi suivant.


La Vénération de la Croix au célèbre monastère d’Optina Pustyn en 2011

L’hymnodie de ce dimanche développe le thème de la victoire et de la joie de la Croix, et non pas celui la souffrance. Pour les Pères de l’Église, la Croix, source de vie est l’arbre de la vie, planté au milieu du pèlerinage du Carême. Elle est l’arbre planté au jardin de l’Eden ; elle rappelle aux fidèles tant le bonheur d’Adam que la manière dont il l’a perdu.

La Croix est plantée au milieu de l’Église également pour réconforter et encourager ceux qui participent au Grand Carême. Pour l’Église, l’apparition de la Croix au milieu des fidèles rappelle les bannières et symboles qui précèdent le retour d’un roi triomphant. La lecture en ce jour à la liturgie de l’Épître aux Hébreux explique la prêtrise du Christ et la lecture de l’Évangile est un passage de Marc qui finit par les mots : Et il leur disait : “En vérité je vous le dis, il en est d’ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Royaume de Dieu venu avec puissance”.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Triode (de la Croix). Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du Triode (de la Croix).

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical occurrent et quatre tropaires de la 3ème ode du canon du Triode (suivant les indications du Triode ; le Typikon préconisant lui quatre tropaires de la 6ème ode) :
1. Il est beau à voir & bon à manger, * le fruit qui a causé mon trépas ; * mais le Christ est cet arbre de vie * dont je puis manger sans mourir ; * & je crie avec le bon Larron : ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
2. Dieu de tendresse, mis en croix, tu effaças * la cédule de l’antique péché d’Adam ; * de l’erreur tu sauvas l’ensemble des mortels : ** aussi nous te chantons, Bienfaiteur & Seigneur.
3. Sur le croix, Dieu de tendresse, tu clouas nos péchés, * par ta mort tu triomphas de la mort ; * d’entre les morts tu éveillas les trépassés ; ** aussi nous nous prosternons devant ta sainte Résurrection.
4. Dans les oreilles d’Eve le serpent injecta son venin, * mais le Christ sur l’arbre de la croix * fit jaillir pour le monde la douceur de la vie. ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
5. Au sépulchre on te dépose comme un mortel, * ô Christ, universelle Vie, * mais de l’Enfer ayant brisé les verrous, * tu ressuscites le troisième jour * avec gloire & puissance, illuminant le monde entier : ** gloire, Seigneur, à ta sainte Résurrection.
6. Ressuscité d’entre les morts le troisième jour, * le Seigneur donne aux Disciples sa paix ; * les bénissants, il les envoie et leur dit : ** Amenez tous les hommes au royaume de Dieu.
7. Venez fidèles, puisons * non à la fontaine qui verse l’eau de la corruption * mais à la source de la lumière ** par la vénération de la croix du Christ, en laquelle nous nous glorifions.
8. Embrassant maintenant Ta croix que Moïse figura de ses mains * Christ, Maître, nous renversons l’Amalek spirituel ** et par elle nous sommes sauvés.
9. Dans la pureté des yeux et des lèvres * fidèles, disons notre réjouissance ** vénérons la croix du Seigneur et chantons de joie.
10. Je vénère en trois Personnes un seul Dieu sans commencement * indivisible dans la forme de l’Etre * le Père, le Fils et l’Esprit vivant ** en qui nous sommes baptisés.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Tu as détruit la mort par ta croix, * ouvert au Larron le Paradis ; * changé en joie les pleurs des myrrophores * et ordonné aux apôtres de prêcher. * Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, ** donnant au monde ta grande miséricorde !
2. Tropaire de la Croix, ton 1 : Sauve, Seigneur, ton peuple, * et bénis ton héritage, * accorde aux chrétiens orthodoxes * la victoire sur les ennemis, * et garde ton peuple ** par ta Croix.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. Kondakion de la Croix, ton 7 : Désormais le glaive de feu ne garde plus la porte de l’Eden, * car le bois de la Croix l’empêche de flamboyer ; l’aiguillon de la mort est émoussé, * la victoire échappe à l’Hadès ; * Dieu Sauveur, tu es venu dire aux captifs de l’Enfer : * Entrez à nouveau dans le Paradis.

A la place du Trisaghion, on chante en ce jour :
Ta Croix, nous l’adorons, ô Maître, & ta sainte Résurrection, nous la chantons.

Prokimen
De la Croix, ton 6 :
℟. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
℣. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne reste pas silencieux en face de moi (Psaume 27, 1).

Epître :
Du troisième dimanche de Carême : Hébreux (§ 311) IV, 14 – V, 6.
Allons donc nous présenter avec confiance devant le trône de la grâce, afin d’y recevoir miséricorde, et d’y trouver le secours de sa grâce dans nos besoins.

Alleluia
De la Croix, ton 8 :
℣. Souviens-toi de ta communauté, que tu as acquis à l’origine. (Psaume 73,2)
℣. Et Dieu notre Roi depuis l’éternité, a réalisé notre salut au milieu de la terre. (Psaume 73,12)

Evangile :
Du troisième dimanche de Carême : Marc (§ 37) VIII, 34 – IX, 1.
Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à soi-même, qu’il porte sa croix, et qu’il me suive.

Mégalinaire de la liturgie de saint Basile le Grand :
En toi se réjouissent, * ô Pleine de grâce, * toute la création, * la hiérarchie des anges * et la race des hommes. * Ô Temple sanctifié, * ô Jardin spirituel, * ô Gloire virginale, * c’est en toi que Dieu s’est incarné, * en toi qu’est devenu petit enfant * Celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. * De ton sein il a fait un trône, * il l’a rendu plus vaste que les cieux. * Ô Pleine de grâce, * toute la création se réjouit en toi, ** gloire à toi.

Verset de communion
De la Croix : Fais lever sur nous la lumière de ta face (Psaume 4, 7). Alléluia, alléluia, alléluia.

Programme du IVème dimanche de Carême – dimanche de Lætare

Victor Matorin, La Multiplication des painsSaint-Eugène, le dimanche 30 mars 2014, grand’messe de 11h.

> Catéchisme sur le Carême

A Rome, la messe stationnale de ce jour se tient en la basilique de Sainte-Croix-de-Jérusalem. Cette basilique, l’une des sept basiliques du pèlerinage romain, fut construite autour d’une pièce du palais impérial de sainte Hélène, le palais du Sessorium, qu’elle avait transformée en chapelle vers l’an 320. Sainte Hélène fit répandre une grande quantité de la terre du Golgotha sur le sol des fondations de ce sanctuaire, où elle fit déposer plusieurs reliques insignes de la Passion qui y sont toujours. Quelques décennies plus tard, cette chapelle est transformée en une véritable basilique, appelé Heleniana ou Sessoriana. Lorsqu’il récupéra la vraie croix volée par les Perses, l’empereur Héraclius fit partager celle-ci en trois morceaux : Jérusalem conserva le principal d’entre eux, mais l’empereur fit envoyer les deux autres parties à Constantinople et à Rome, qui l’accueillit tout naturellement en la Basilique de Sainte-Croix de Jérusalem (cette partie insigne du bois de la vraie Croix fut transféré en 1629 sur ordre du pape Urbain VIII dans la basilique Saint-Pierre où elle est conservée près de la statue monumentale de sainte Hélène).

La basilique de Sainte-Croix de Jérusalem représente symboliquement à Rome la sainte cité de Jérusalem. C’est pour cette raison que les textes de la messe de ce jour y font allusion :

  • Lætare, Jerusalem – Réjouis-toi Jérusalem (introït),
  • Sina enim mons est in Arabia, qui conjunctus est ei, quæ nunc est Jerusalem – le mon Sinaï se trouve en Arabie ; elle correspond à la Jérusalem actuelle (saint Paul, dans l’épître de ce jour, aux Galates)
  • Lætátus sum in his, quæ dicta sunt mihi : in domum Dómini íbimus – Je me suis réjoui de ce qu’on m’a dit : Nous allons à la maison du Seigneur (graduel),
  • Qui confídunt in Dómino, sicut mons Sion : non commovébitur in ætérnum, qui hábitat in Jerúsalem – Qui se confie en le Seigneur sera comme le Mont Sion : jamais il ne sera ébranlé, celui qui habite Jérusalem (trait).
  • Jerúsalem, quæ ædificátur ut cívitas, cuius participátio eius in idípsum – Jérusalem, qui est édifiée comme une cité où toutes les parties ne font qu’une (communion)

Comme la liturgie byzantine qui célèbre joyeusement la vénération de la Croix au IIIème dimanche de Carême[1], le rit romain, méditant en ce milieu du Carême devant les reliques de la Croix & de la Passion, n’y associe nullement les sentiments de la tristesse mais bien au contraire ceux de la joie : la Croix, autrefois symbole de la mort la plus vile réservée aux criminels, est devenue par le sacrifice du Christ le glorieux Arbre de vie qui nous réconcilie avec le Père et nous rouvre les portes du ciel.

Aussi répondant à l’appel de l’introït de ce jour – Lætare Jerusalem – le rit romain suspend-il en ce jour les rigueurs du Carême : les ornements de la messe ne sont plus violet mais roses, on fleurit les autels, le diacre & le sous-diacre laissent les chasubles pliées pour prendre la dalmatique & la tunique qui sont des vêtements de joie, l’orgue – muet depuis le Mercredi des Cendres – fait tonner ces accents glorieux et joyeux.

Il est possible que le fleurissement des croix à Byzance en ce dimanche ait influé sur l’usage des fleurs dans la liturgie occidentale en ce même dimanche. A Rome, le pape bénit en ce jour la rose d’or qu’il offre ensuite à une princesse catholique ou à un sanctuaire. Cette coutume est attestée depuis au moins le XIème siècle. Voici le texte de la bénédiction employé à cette occasion :

“O Dieu, dont la parole et la puissance ont tout créé, dont la volonté gouverne toutes choses, vous qui êtes la joie et l’allégresse de tous les fidèles ; nous supplions votre majesté de vouloir bien bénir et sanctifier cette Rose, si agréable par son aspect et son parfum, que nous devons porter aujourd’hui dans nos mains, en signe de joie spirituelle : afin que le peuple qui vous est consacre, étant arraché au joug de la captivité de Babylone par la grâce de votre Fils unique qui est la gloire et l’allégresse d’Israël, représente d’un cœur sincère les joies de cette Jérusalem supérieure qui est notre mère. Et comme votre Église, à la vue de ce symbole, tressaille de bonheur, pour la gloire de votre Nom ; vous, Seigneur, donnez-lui un contentement véritable et parfait. Agréez la dévotion, remettez les pèches, augmentez la foi : guérissez par votre pardon, protégez par votre miséricorde ; détruisez les obstacles, accordez tous les biens : afin que cette même Église vous offre le fruit des bonnes œuvres, marchant à l’odeur des parfums de cette Fleur qui, sortie et de la tige de Jessé, est appelée mystiquement la fleur des champs et le lis des vallées, et qu’elle mérite de goûter une joie sans fin au sein de la gloire céleste, dans la compagnie de tous les saints, avec cette Fleur divine qui vit et règne avec vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.”

L’évangile chanté ce jour est le récit de la multiplication des cinq pains & deux poissons. Il fait partie du cycle de préparation des catéchumènes au baptême lors de la vigile pascale et figure l’Eucharistie, où le Christ, en son action de grâce au Père, se donne lui-même en une nourriture qui ne s’épuise jamais.

Car c’est un plus grand miracle de gouverner le monde entier que de rassasier de cinq pains cinq mille personnes. Et pourtant, nul ne s’étonne du premier prodige, tandis que l’on est rempli d’admiration pour le second, non parce qu’il est plus grand, mais parce qu’il est rare. Qui, en effet, maintenant encore, nourrit le monde entier, sinon celui qui, de quelques grains, fait sortir les moissons ? Jésus a donc agi à la manière de Dieu. En effet, par cette même puissance qui d’un petit nombre de grains multiplie les moissons, il a multiplié entre ses mains les cinq pains. Car la puissance était entre les mains du Christ. Ces cinq pains étaient comme des semences non plus confiées à la terre, mais multipliées par celui qui a fait la terre.
Homélie de saint Augustin, évêque, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

 

  • Procession d’entrée : Audi benigne Conditor, hymne du Carême, à vêpres – alternances polyphoniques de Jean de Bournonville (1585 † 1632), maître de chapelle des cathédrales d’Abbeville et d’Amiens, et de la Sainte Chapelle de Paris
  • Ordinaire : messe Exsultate Deo (1659) de François Cosset (c. 1600 † c. 1664), maître de chapelle de la cathédrale de Reims
  • Epître : Galates IV, 22-31 : Au lieu que la Jérusalem d’en haut est vraiment libre ; et c’est elle qui est notre mère.
  • Trait : Faux-bourdon du 8ème ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Evangile : Jean VI, 1-15 : Ils les ramassèrent donc, et emplirent douze paniers des morceaux qui étaient restés des cinq pains d’orge, après que tous en eurent mangé.
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Ecce homo – scène sacrée de Guillaume Bouzignac (c. 1587 † ap. 1643), maître de chapelle des cathédrales d’Angoulême, de Bourges, de Rodez et de Clermont-Ferrand
  • Après la Consécration : Benedictus de la messe Exsultate Deo de François Cosset
  • Pendant la communion : Crucem tuam – Frantisek Picka (1873 † 1918), organiste, chef d’orchestre et compositeur à Prague
  • Prière pour la France ajouté à la Missa Exsultate Deo de François Cosset par Sébastien de Brossard (1655 † 1730), maître de chapelle des cathédrales de Strasbourg, puis de Meaux (sous Bossuet)
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : improvisation à l’orgue sur Attende Domine/li>
     
    Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
    Télécharger le livret des chants des dimanches de la Septuagésime aux Rameaux au format PDF.

    ***********************

    Notes :    (↵ reviens au texte)

    1. Le IIIème dimanche de Carême byzantin correspond de fait exactement au IVème dimanche de Carême romain, la façon de compter étant différente : en Orient on compte pour premier dimanche de Carême celui qui arrive au bout de la première semaine complète de jeûne, alors qu’à Rome celui-ci est compté pour IInd dimanche de Carême.
  • Programme du IIIème dimanche de Carême – Adoration de la Croix – ton 6

    Croix près du lac SengilParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 23 mars 2014 du calendrier grégorien – 10 mars 2014 du calendrier julien, divine liturgie de saint Basile le Grand de 9h15.

    Dimanche du ton VI de l’Octoèque. En ce troisième dimanche de Carême, le rit byzantin présente aux fidèles la vénération de la sainte, précieuse & vivifiante Croix. Cette tradition, qui tire son origine de la pratique de l’Eglise de Jérusalem où la vraie Croix fut longtemps conservée, connaît son exact équivalent le Vendredi Saint dans le rit romain avec le rite de l’adoration de la Croix. De plus, si l’on considère que ce dimanche correspond exactement au IVème dimanche de Carême du rit romain, d’autres parallélismes peuvent être observés entre les deux rits : à Rome, la station se fait ce jour en la basilique de Sainte-Croix-de-Jérusalem, afin d’y vénérer les reliques de la vraie Croix et du Golgotha déposées là par l’impératrice sainte Hélène. Il n’est pas impossible que le fleurissement des croix qui a lieu ce jour chez les byzantins ait pu influencer l’Eglise romaine qui en use en ce dimanche de Lætare, au cours duquel le Pape bénit la rose d’or.

    Voici comment se déroule l’adoration de la Croix dans le rit byzantin : aux vigiles de toute la nuit de ce dimanche, pendant la grande doxologie, le célébrant, revêtu de tous ses vêtements liturgiques, encense trois fois l’autel sur lequel a été déposée la sainte croix. Durant le chant du Trisaghion, il fait une triple prosternation devant la croix, la soulève au dessus de sa tête, fait le tour de l’autel et sort du sanctuaire par la porte du nord précédé du porte-cierge et de l’encensoir. Devant les portes royales il proclame : “Sagesse, soyons attentifs”, et le chœur chante trois fois le tropaire apolytikion de la Croix : “Sauve, Seigneur ton peuple”. Le célébrant dépose la croix sur un lutrin au centre de l’église et l’encense trois fois. Enfin, il procède à la triple prosternation devant la sainte croix en entonnant le tropaire du ton 5 : “Devant Ta croix nous nous prosternons, ô Maître – et Ta sainte Résurrection, nous la glorifions”. Le clergé et les fidèles se prosternent alors devant la Croix. La Croix restera au centre de l’église jusqu’au vendredi suivant.


    La Vénération de la Croix au célèbre monastère d’Optina Pustyn en 2011

    L’hymnodie de ce dimanche développe le thème de la victoire et de la joie de la Croix, et non pas celui la souffrance. Pour les Pères de l’Église, la Croix, source de vie est l’arbre de la vie, planté au milieu du pèlerinage du Carême. Elle est l’arbre planté au jardin de l’Eden ; elle rappelle aux fidèles tant le bonheur d’Adam que la manière dont il l’a perdu.

    La Croix est plantée au milieu de l’Église également pour réconforter et encourager ceux qui participent au Grand Carême. Pour l’Église, l’apparition de la Croix au milieu des fidèles rappelle les bannières et symboles qui précèdent le retour d’un roi triomphant. La lecture en ce jour à la liturgie de l’Épître aux Hébreux explique la prêtrise du Christ et la lecture de l’Évangile est un passage de Marc qui finit par les mots : Et il leur disait : “En vérité je vous le dis, il en est d’ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Royaume de Dieu venu avec puissance”.

    Aux heures
    A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Triode (de la Croix). Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du Triode (de la Croix).

    Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical occurrent et quatre tropaires de la 3ème ode du canon du Triode (selon les indications du Triode, le Tipikon préconisant lui quatre tropaire de la 6ème ode) :
    1. Souviens-toi de moi, Dieu Sauveur, * quand tu entreras dans ton royaume, ** seul Ami des hommes, sauve-moi.
    2. Adam fut séduit par l’arbre défendu, * mais par celui de la Croix tu as sauvé * le bon Larron s’écriant : ** Dans ton royaume, Seigneur, souviens-toi de moi.
    3. Ayant brisé les portes & les verrous de l’Enfer, * tu as ressuscité, Source de vie, * Sauveur, tous ceux qui s’écrient : ** Gloire à ta sainte Résurrection.
    4. Souviens-toi de moi, Seigneur * qui par ta sépulture triomphas de la mort * & comblas de joie l’univers, ** Dieu de tendresse, par ta Résurrection.
    5. Les Myrophores venues au tombeau * entendirent l’Ange proclamer : * Il est vraiment ressuscité, ** le Christ qui illumine le monde entier.
    6. Le Christ qui fut cloué * sur le bois de la croix * & sauva le monde de l’erreur, ** chantons-le tous d’un même chœur.
    7. Venez fidèles, puisons * non à la fontaine qui verse l’eau de la corruption * mais à la source de la lumière ** par la vénération de la croix du Christ, en laquelle nous nous glorifions.
    8. Embrassant maintenant Ta croix que Moïse figura de ses mains * Christ, Maître, nous renversons l’Amalek spirituel ** et par elle nous sommes sauvés.
    9. Dans la pureté des yeux et des lèvres * fidèles, disons notre réjouissance ** vénérons la croix du Seigneur et chantons de joie.
    10. Je vénère en trois Personnes un seul Dieu sans commencement * indivisible dans la forme de l’Etre * le Père, le Fils et l’Esprit vivant ** en qui nous sommes baptisés.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Devant ton sépulcre les Puissances des cieux, * autant que les soldats, furent frappées d’effroi ; * et Marie (Madeleine) se tenait près du tombeau, * cherchant ton corps immaculé ; * mais tu brisas l’Enfer sans te laisser vaincre par lui, * tu rencontras la Vierge et nous donna la vie. * Ressuscité d’entre les morts, ** Seigneur, gloire à toi.
    2. Tropaire de la Croix, ton 1 : Sauve, Seigneur, ton peuple, * et bénis ton héritage, * accorde aux chrétiens orthodoxes * la victoire sur les ennemis, * et garde ton peuple ** par ta Croix.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    4. Kondakion de la Croix, ton 7 : Désormais le glaive de feu ne garde plus la porte de l’Eden, * car le bois de la Croix l’empêche de flamboyer ; l’aiguillon de la mort est émoussé, * la victoire échappe à l’Hadès ; * Dieu Sauveur, tu es venu dire aux captifs de l’Enfer : * Entrez à nouveau dans le Paradis.

    A la place du Trisaghion, on chante en ce jour :
    Ta Croix, nous l’adorons, ô Maître, & ta sainte Résurrection, nous la chantons.

    Prokimen
    De la Croix, ton 6 :
    ℟. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
    ℣. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne reste pas silencieux en face de moi (Psaume 27, 1).

    Epître :
    Du troisième dimanche de Carême : Hébreux (§ 311) IV, 14 – V, 6.
    Allons donc nous présenter avec confiance devant le trône de la grâce, afin d’y recevoir miséricorde, et d’y trouver le secours de sa grâce dans nos besoins.

    Alleluia
    De la Croix, ton 8 :
    ℣. Souviens-toi de ta communauté, que tu as acquis à l’origine. (Psaume 73,2)
    ℣. Et Dieu notre Roi depuis l’éternité, a réalisé notre salut au milieu de la terre. (Psaume 73,12)

    Evangile :
    Du troisième dimanche de Carême : Marc (§ 37) VIII, 34 – IX, 1.
    Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à soi-même, qu’il porte sa croix, et qu’il me suive.

    Mégalinaire de la liturgie de saint Basile le Grand :
    En toi se réjouissent, * ô Pleine de grâce, * toute la création, * la hiérarchie des anges * et la race des hommes. * Ô Temple sanctifié, * ô Jardin spirituel, * ô Gloire virginale, * c’est en toi que Dieu s’est incarné, * en toi qu’est devenu petit enfant * Celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. * De ton sein il a fait un trône, * il l’a rendu plus vaste que les cieux. * Ô Pleine de grâce, * toute la création se réjouit en toi, ** gloire à toi.

    Verset de communion
    De la Croix : Fais lever sur nous la lumière de ta face (Psaume 4, 7). Alléluia, alléluia, alléluia.

    Arrivée des reliques de la croix de saint André à Saint-Pétersbourg

    Toujours dans le cadre des célébrations du 1025ème anniversaire du baptême de la Russie, les reliques de la croix sur laquelle fut crucifié l’apôtre saint André sont arrivées hier 11 juillet 2013.

    Arrivée des reliques de la croix de saint André à Saint-Pétersbourg

    Arrivées des reliques de la croix de saint André à Saint-Pétersbourg.

    La croix arrive de Grèce, depuis la cathédrale de Patras où elle est actuellement conservée, sur le lieu même du martyre de l’apôtre André, le Premier-Appelé. Quelques mots sur l’histoire de cette relique insigne : en 357, par décision de l’empereur Constance II, la croix ainsi que les reliques du corps de saint André furent enlevés de Patras pour être déposés dans l’église des Saints-Apôtre de Constantinople. Ils y restèrent jusqu’au IXème siècle où l’empereur byzantin organisa leur retour partiel à Patras. Prise par les Ottomans en 1460, Thomas Paléologue, despote de Morée parvint toutefois à récupérer le chef & la croix de saint André et à les remettre en 1462 au Pape Pie II qui les déposa dans la basilique du Vatican, rejoignant ainsi les reliques de son frère Simon Pierre. La cathédrale d’Amalfi, dont saint André est le patron, conserve le reste du corps de l’apôtre, récupéré des byzantins. En 1964, le Pape Paul VI offrit ces précieuses reliques que sont le chef et la croix de saint André à l’Eglise orthodoxe de Grèce et elles furent déposées dans la cathédrale Saint-André de Patras, dédiée en 1974, qui est actuellement la plus grande église de ce pays.

    Vénération des reliques de la croix de saint André par le patriarche de Moscou

    Vénération des reliques de la croix de saint André par le patriarche Cyrille de Moscou.

    Les reliques sont arrivées la veille de la fête de saint Pierre & saint Paul en Russie, et leur vénération eut lieu au cours de l’office des vigiles de cette grande fête, célébrées en la cathédrale Notre-Dame de Kazan de Saint-Pétersbourg par le patriarche de Moscou.

    Vénération des reliques de la croix de saint André par le patriarche de Moscou

    Vénération des reliques de la croix de saint André par le patriarche Cyrille de Moscou.

    Après la Pentecôte, l’apôtre André évangélisa les bords de la Mer Noire : la Bithynie, la Thrace et la Scythie. Cette dernière région correspond au Sud de l’Ukraine actuelle, aussi cet apôtre est-il tenue en grande vénération en Russie, qui voit en lui leur Père dans foi. L’ordre de Russie le plus prestigieux était autrefois l’ordre impérial de Saint-André. La Russie actuelle a rétabli la croix de saint André sur les pavillons de ses navires de guerre, comme le faisaient autrefois les marins du tsar depuis 1690, sous le règne de Pierre Ier.

    Icône de saint André dans la cathédrale Notre-Dame de Kazan

    Icône de saint André dans la cathédrale Notre-Dame de Kazan.

    Arrivée en Russie à Saint-Péterbourg, les reliques de la croix de saint André seront à Saint-Pétersburg du 11 au 15 juillet, à Moscou du 16 au 26 juillet, à Kiev du 26 au 28 juillet & à Minsk du 29 juillet au 2 août. A l’instar du voyage des reliques de saint Vladimir, il s’agit de célébrer le 1025ème anniversaire du baptême et de la conversion des peuples issus de l’ancienne grande principauté de Kiev, en mettant en valeur leurs racines spirituelles communes.

    La précieuse relique est partie de Patras par un avion spécial le 11 juillet. Son voyage a été assuré pour 10 millions d’euros, même si sa valeur, de l’aveu de Segeri Golovin, directeur de la Fondation Saint-André, est inestimable.

    Programme du IIIème dimanche de Carême – Vénération de la Croix – ton 7

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 18 mars 2012 du calendrier grégorien – 5 mars 2012 du calendrier julien, divine liturgie de saint Basile le Grand de 9h15.

    Dimanche du ton VII de l’Octoèque. En ce troisième dimanche de Carême, le rit byzantin présente aux fidèles la vénération de la sainte, précieuse & vivifiante Croix. Cette tradition, qui tire son origine de la pratique de l’Eglise de Jérusalem où la vraie Croix fut longtemps conservée, connaît son exact équivalent le Vendredi Saint dans le rit romain avec le rite de l’adoration de la Croix.

    Aux vigiles de toute la nuit de ce dimanche, après la Grande doxologie, la sainte Croix est solennellement portée par le célébrant, et posée sur un lutrin au centre de l’église. Le clergé et les fidèles se prosternent alors devant la Croix. La Croix restera au centre de l’église jusqu’au vendredi suivant.

    L’hymnodie de ce dimanche développe le thème de la victoire et de la joie de la Croix, et non pas celui la souffrance. Pour les Pères de l’Église, la Croix, source de vie est l’arbre de la vie, planté au milieu du pèlerinage du Carême. Elle est l’arbre planté au jardin de l’Eden ; elle rappelle aux fidèles tant le bonheur d’Adam que la manière dont il l’a perdu.

    La Croix est plantée au milieu de l’Église également pour réconforter et encourager ceux qui participent au Grand Carême. Pour l’Église, l’apparition de la Croix au milieu des fidèles rappelle les bannières et symboles qui précèdent le retour d’un roi triomphant. La lecture en ce jour à la liturgie de l’Épître aux Hébreux explique la prêtrise du Christ et la lecture de l’Évangile est un passage de Marc qui finit par les mots : Et il leur disait : “En vérité je vous le dis, il en est d’ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Royaume de Dieu venu avec puissance”.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Par ta Croix, Seigneur, tu as détruit la mort, * tu as ouvert au Larron le Paradis ; * tu as changé en joie le deuil des saintes Femmes * et tu as donné l’ordre à tes Apôtres de proclamer que tu es ressuscité, Christ Dieu, * pour donner au monde la grâce du salut.
    2. Tropaire de la Croix, ton 1 : Sauve, Seigneur, ton peuple, * et bénis ton héritage, * accorde aux chrétiens orthodoxes * la victoire sur les ennemis, * et garde ton peuple ** par ta Croix.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    4. Kondakion de la Croix, ton 7 : Désormais le glaive de feu ne garde plus la porte de l’Eden, * car le bois de la Croix l’empêche de flamboyer ; l’aiguillon de la mort est émoussé, * la victoire échappe à l’Hadès ; * Dieu Sauveur, tu es venu dire aux captifs de l’Enfer : * Entrez à nouveau dans le Paradis.
    A la place du Trisaghion, on chante en ce jour :
    Devant ta Croix, nous nous prosternons, ô Maître, & ta sainte Résurrection, nous la chantons.
    Prokimen
    De la Croix, ton 6 :
    ℟. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
    ℣. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne reste pas silencieux en face de moi (Psaume 27, 1).
    Epître : Hébreux (§ 311) IV, 14 – V, 6
    Alleluia
    De la Croix, ton 8 :
    ℣. Souviens-toi de ta communauté, que tu as acquis à l’origine. (Psaume 73,2)
    ℣. Et Dieu notre Roi depuis l’éternité, a réalisé notre salut au milieu de la terre. (Psaume 73,12)
    Evangile : Marc (§ 37) VIII, 34 – IX, 1
    Mégalinaire de la liturgie de saint Basile le Grand :
    En toi se réjouissent, * ô Pleine de grâce, * toute la création, * la hiérarchie des anges * et la race des hommes. * Ô Temple sanctifié, * ô Jardin spirituel, * ô Gloire virginale, * c’est en toi que Dieu s’est incarné, * en toi qu’est devenu petit enfant * Celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. * De ton sein il a fait un trône, * il l’a rendu plus vaste que les cieux. * Ô Pleine de grâce, * toute la création se réjouit en toi, ** gloire à toi.
    Verset de communion
    De la Croix : Fais lever sur nous la lumière de ta face (Psaume 4, 7). Alléluia, alléluia, alléluia.

    Anthoine de Bertrand – Vexilla Regis prodeunt

    Anthoine de Bertrand (c. 1530 † avant 1582).
    Vexilla Regis prodeunt (& O Salutaris Hostia pour le temps de la Passion)
    4 voix mixtes (SATB).
    1 pages – 1er ton transposé en mi mineur.

    Humaniste et musicien fameux du XVIème siècle, Anthoine de Bertrand fut assassiné par les protestants entre 1576 & 1582.

    Ce Vexilla Regis provient d’une édition dont 2 parties sur 4 sont perdues. Les parties séparées de l’altus et du tenor sont donc ici une proposition de restitution.

    Le Vexilla Regis est l’hymne du temps de la Passion et des fêtes de la Sainte Croix. Son texte (comme celui du Pange lingua du Vendredi Saint) fut composé par l’hymnographe saint Venance Fortunant au VIème siècle, à l’occasion de la réception solennelle des reliques de la vraie Croix à Poitiers par la reine de France sainte Radegonde.

    Anthoine de Bertrand conserve en la rythmant la mélodie traditionnelle du plain-chant (Ier ton) qu’il affecte à la partie de dessus.

    Pour l’exécution de cette œuvre, on pourra alterner les strophes avec le plain-chant ordinaire ou encore faire chanter certaines parties et taire d’autres une strophe sur deux.

    Le texte de notre partition suit bien sûr le texte traditionnel (& non le texte modernisé de l’hymnaire médicéen).

    L’avant-dernière strophe (O Crux, ave spes unica), pourra se chanter plus lentement & plus solennellement, selon la coutume (on est d’ordinaire à genoux pour cette strophe dans la liturgie). La partition précise aussi les différentes variantes du texte de cette strophe durant l’année liturgique :
    – Hoc passionis tempore (temps de la Passion),
    – In hoc paschali gaudio (le 3 mai pour l’Invention de la Sainte Croix et pour tout le temps pascal),
    – In hac triumphi gloria (le 14 septembre pour l’Exaltation de la Sainte Croix),
    – Gentis redemptæ gloria (durant l’année).

    Vexílla Regis pródeunt,
    Fulget Crucis mystérium :
    Quo carne carnis cónditor,
    Suspénsus est patíbulo.
    Aujourd’hui du grand Roi l’étendard va marchant,
    Où l’Auteur de la chair vient sa chair attachant.
    Aujourd’hui de la Croix resplendit le mystère,
    Où Dieu souffre la mort aux mortels salutaire.
    Quo vulnerátus ínsuper
    Mucróne diro lánceæ,
    Ut nos laváret crímine,
    Manávit und(a) et sánguine.
    Voilà, du flanc du Christ, étant du fer atteint,
    Sors le ruisseau vermeil, qui les crimes éteint :
    Céleste lavement des âmes converties,
    Mêlant de sang et d’eau ses ondes my-parties.
    Impléta sunt quæ cóncinit
    David fidéli cármine,
    Dicens: In natiónibus
    Regnávit a ligno Deus.
    Maintenant s’accomplit aux yeux de l’Univers
    L’oracle que David inspira dans ses vers,
    Chantant ces mots sacrés sur les tons de sa lyre :
    L’Eternel par le bois a planté son Empire.
    Arbor decór(a), & fúlgida,
    Ornáta Regis púrpura,
    Elécta digno stípite,
    Tam sancta membra tángere.
    Arbre noble & trophée illustre et glorieux,
    Orné du vêtement du Roi victorieux :
    Plante du Ciel chérie, & des anges chantée,
    Pour toucher de sa chair la dépouille sacrée.
    Beáta, cujus bráchiis
    Sæcli pepéndit prétium,
    Statéra facta córporis,
    Prædámque tulit tártari.
    Tige trois fois heureuse dont le chef exalté,
    Soutient le juste prix du monde racheté,
    Et balance le corps qui mort, ses bras déploie
    Pour ravir aux enfers leur rapine et leur proie.
    O CRVX AVE, SPES UNICA,
    In hac triúmphi glória,
    Auge piis justítiam,
    Reísque dona véniam.
    Je te salue, ô Croix, seul espoir des vivants !
    En ce jour glorieux, triomphal et fervent,
    Augmente aux cœurs des bons l’immortelle justice,
    Et pardonne aux pécheurs leur mortelle malice.
    Te summa Deus Trínitas,
    Colláudet omnis spíritus:
    Quos per Crucis mystérium
    Salvas, rege per sæcula.
    Amen.
    Ainsi puisse ton nom en mérite infini,
    Suprême Trinité ! sans fin être béni,
    Et ceux que, par la Croix tu délivres de crainte,
    Triompher à jamais sous ta bannière sainte.
    Ainsi sois-t-il.

    Outre la partition générale (en 1 page), nous vous proposons au téléchargement une autre partition dans laquelle on a ajoutées deux strophes du texte de saint Venance Fortunat autrefois chantées à Paris mais tombées de l’usage romain. La strophe O Crux y est avec le texte pour toute l’année.

    Voici ces deux strophes, conservées à Paris, qui sont de la main de saint Venance Fortunat, il s’agit respectivement de la seconde et de la dernière strophes des huit que comptait originellement l’hymne (la strophe O Crux, ave, spes unica et la doxologie finale Te summa Deus Trinitas ont été ajoutées au Xème siècle) :

    Confíxa clavis víscera,
    Tendens manus, vestígia :
    Redemptiónis grátia,
    Hic immolát(a) est hóstia.
    En un instant, ses chairs sont fixées par les clous
    Et ses mains étendues,
    Voici la grâce de notre Rédemption,
    Voici la victime immolée.
    Salv(e) ara, salve víctima,
    De passiónis glória,
    Qua vita mortem pértulit
    Et morte vitam réddidit !
    Salut autel, salut victime,
    Gloire de la Passion,
    Où la vie parvient à la mort
    Et où la mort restitue la vie !

    Nous joignons aussi l’adaptation de cette mise en musique du Vexilla Regis pour l’O salutaris Hostia. Depuis une décision du roi de France Charles V (1338 † 1380), on sait que l’O salutaris est employé en France à l’élévation des messes chantées. Il était courant de changer le ton usuel de cette hymne pour celui de l’hymne des vêpres du temps liturgique en cours.

    O salutáris Hóstia,
    Quæ cœli pandis óstium :
    Bella premunt hostília,
    Da robur, fer auxílium.
    Ô victime salutaire,
    Qui nous ouvres la porte du ciel,
    L’ennemi nous livre la guerre,
    Donne-nous force, porte-nous secours.
    O vere digna Hóstia,
    Spes única fidélium :
    In te confídit Fráncia,
    Da pacem, serva lílium.
    Ô vraiment digne Hostie
    Unique espoir des fidèles,
    En toi se confie la France,
    Donne-lui la paix, conserve le lys.
    Uni trinóque Dómino
    Sit sempitérna glória :
    Qui vitam sine término
    Nobis donet in pátria. Amen.
    Au Seigneur un et trine
    Soit la gloire sempiternelle ;
    Qu’il nous donne dans la patrie
    La vie qui n’aura point de terme. Amen.

    Les premières mesures de cette partition :
    Anthoine de Bertrand - Vexilla Regis prodeunt

    Téléchargez la partition moyennant un “Like” sur l’un des réseaux sociaux ci-dessous. Les liens apparaîtront ensuite.

     
    Cliquer sur ce lien pour ouvrir & télécharger la partition liturgique en fichier PDF.
    Cliquer sur ce lien pour ouvrir & télécharger la partition en fichier PDF, augmentée de deux strophes tombées de l’usage romain, avec le texte à chanter pendant l’année, hors temps de la Passion & fête de la Croix.
    Cliquer sur ce lien pour ouvrir & télécharger la partition en fichier PDF de O salutaris pour le temps de la Passion, sur l’air de Vexilla Regis.