Henry du Mont – Magnificat du IInd ton

Henry du Mont (1610 † 1684), abbé de  Silly, maître de la chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint-Paul & du duc d’Anjou, maître de musique de la Reine.
Magnificat du IInd ton
2 voix égales (SA ou TB).
8 pages – Sol mineur (et transposition en fa# mineur).

Magníficat *
ánima mea Dóminum.
Mon âme magnifie le Seigneur.
Et exsultavit spíritus meus *
in Deo salutári meo.
Et mon esprit est rempli de joie en Dieu mon Sauveur.
Quia respéxit humilitátem ancíllæ suæ : *
ecce enim ex hoc beátam me dicent omnes generatiónes.
Parce qu’il a regardé la bassesse de sa servante ; car désormais toute la postérité m’appellera bienheureuse.
Quia fecit mihi magna qui potens est : *
et sanctum nomen ejus.
Parce que celui qui est tout-puissant a fait en moi de grandes choses ; et son nom est saint.
Et misericórdia ejus a progénie in progénies *
timéntibus eum.
Et sa miséricorde se répand de race en race sur ceux qui le craignent.
Fecit poténtiam in bráchio suo : *
dispérsit supérbos mente cordis sui.
Il a déployé la force de son bras : il a détruit les desseins que les superbes méditaient en leur cœur.
Depósuit poténtes de sede, *
et exaltávit húmiles.
Il a renversé les grands de leur trône ; & il a élevé les humbles & les petits.
Esurientes implévit bonis : *
et dívites dimísit inánes.
Il a comblé de biens ceux qui souffraient la faim ; & il a privé de tout les riches.
Suscépit Israel púerum suum, *
recordátus misericórdiæ suæ.
Il a pris la défense d’Israël son serviteur, se ressouvenant de sa miséricorde.
Sicut locútus est ad patres nostros, *
Abraham et sémini ejus in sæcula.
Ainsi qu’il l’a promis à nos Pères, à Abraham, & à sa postérité pour toujours.
Glória Patri, et Fílio, *
et Spirítui Sancto.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit,
Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, *
et in sæcula sæculórum. Amen.
Comme il était au commencement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Ce Magnificat du second ton à deux voix fait partie des Cantica Sacra, recueil de motets qu’Henry du Mont choisit de faire publier chez Robert Ballard en 1652, l’année même où il obtient son premier poste à la Cour auprès du duc d’Anjou, avant de devenir maître de la chapelle du roi Louis XIV en 1663. Ce recueil des Cantica Sacra de 1652, réimprimé en 1662, eut un succès certain dans toute l’Europe et marque une étape majeure dans l’histoire de la musique française : c’est en effet la première fois qu’une basse continue est publiée en France avec des parties vocales, de même, c’est la première fois où l’on imprime dans notre pays de la musique sacrée vocale avec instruments concertants. Les motets des Cantica Sacra de 1652 sont de factures variées, allant d’une à quatre voix, avec ou sans parties de violons.

Ce Magnificat à deux voix et basse continue (sans dessus instrumentaux) présente les versets impairs du Cantique évangélique et est bien sûr destiné à être chanté à un office de vêpres. Ce beau contrepoint est écrit en sol mineur qui est alors la transposition courante des pièces du plain-chant du IInd ton ecclésiastique (plus volontiers en fa# mineur de nos jours, en tenant compte des changements de diapason). Nous avons insérés dans nos partitions entre les versets écrits par du Mont les versets pairs en plain-chant grégorien. Nous présentons ainsi en ligne 4 éditions de l’œuvre :

  1. dans le ton original de sol mineur avec les versets pairs en plain-chant solennel
  2. dans le ton original de sol mineur avec les versets pairs en plain-chant simple
  3. dans le ton transposé de fa# mineur avec les versets pairs en plain-chant solennel
  4. dans le ton transposé de fa# mineur avec les versets pairs en plain-chant simple

Selon la grande souplesse d’interprétation exposée par Henry du Mont lui-même dans son adresse au lecteur au début des Cantica Sacra, ce Magnificat pourra être chanté par deux voix de femmes mais aussi par deux voix d’hommes, ou encore, par exemple, par un dessus et un haute-contre.

Les premières mesures de cette partition :

Magnificat du Ind ton -  Henri du Mont - Cantica Sacra

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Henry du Mont - Magnificat du second ton - partie du Superius - Cantica Sacra - Edition de 1652.

Henry du Mont – Magnificat du second ton – partie du Superius – Cantica Sacra –
Edition de 1652.

Plain-chant dominicain – Nativité de saint Jean-Baptiste – Hymne Ut queant laxis

Die 24 Junii
In Nativitate S. Ioannis Baptistæ
Ad vesperas. Hymnus.

Hymne - Ut queant laxis -  ton 2

UT queant laxis REsonáre fibris
MIra gestórum FAmuli tuórum,
SOLve pollúti LAbii reátum
Sancte Ioánnes.
Pour que tes serviteurs puissent chanter à pleine voix les merveilles de ta vie, efface le péché qui souille leurs lèvres, saint Jean !
Núntius celso véniens Olympo
Te patri magnum fore nascitúrum,
Nomen, et vitæ sériem geréndæ
Ordine promit.
Un messager venu du haut du ciel dévoile à ton père ta naissance, ta grandeur future, ton nom, et tout le déroulement de ta vie.
Ille, promíssi dubius supérni,
Pérdidit promptæ módulos loquélæ :
Sed reformásti génitus perémptæ
Organa vocis.
Mais lui, doutant des promesses célestes, perdit le libre usage de sa langue ; par ta naissance, tu lui rendis la voix qu’il avait perdue.
Ventris obstrúso pósitus cubíli,
Sénseras Regem thálamo manéntem :
Hinc parens nati méritis utérque
Abdita pandit.
Enfermé dans le sein de ta mère, tu avais reconnu la présence du roi dans sa chambre nuptiale ; aussi tes parents ont-ils tous deux, par les mérites de leur fils, révélé des mystères cachés.
Láudibus cives célébrent supérni
Te Deus simplex, paritérque trine :
Súpplices et nos véniam precámur :
Parce redémptis. Amen.
Les habitants du Ciel te célèbrent par leurs louanges, toi Dieu un et trine à la fois. Nous aussi nous venons prier et te supplions d’avoir pitié de ceux que tu as rachetés. Amen.

Cette célèbre hymne de la fête de la Nativité de saint Jean Baptiste, à vêpres, fut écrite par Paul Diacre au VIIIème siècle. Les premières lettres de chacun des vers de la première strophe ont servi à donner leurs noms aux notes de musique.

Plain-chant dominicain – Nativité de saint Jean-Baptiste – Officium De ventre

Die 24 Junii
In Nativitate S. Ioannis Baptistæ
Officium

Officium - De ventre - ton 2 - chant dominicain

De ventre matris meæ vocávit me Dóminus nómine meo : et pósuit os meum ut gládium acútum : sub teguménto manus suæ protéxit me, et pósuit me quasi sagíttam eléctam. Dès le sein de ma mère, le Seigneur m’a ap-pelé par mon nom ; et il a fait de ma bouche un glaive acéré ; il m’a abrité à l’ombre de sa main, et il a fait de moi une flèche aigüe.
(Isaïe XLIX, 1-2).
V/. Audíte ínsulæ, & atténdite pópuli de longe : Dóminus ab útero vocávit me. V/. Iles, écoutez, & vous, peuples lointains, soyez attentifs. Le Seigneur m’a appelé dès le sein maternel.
(Isaïe XLIX, 1).
Glória Patri, & Fílio, & Spirítui Sancto. Sicut erat in princípio, & nunc, & semper, & in sæcula sæculórum. Amen. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Le même office, avec Gloria Patri noté :

Officium - De ventre - avec Gloria Patri - ton 2 - chant dominicain

Plain-chant dominicain – Nativité de saint Jean-Baptiste – Communion Tu puer

Die 24 Junii
In Nativitate S. Ioannis Baptistæ
Communio

Communion - Tu puer - ton 2

Tu, puer, prophéta Altíssimi vocáberis : præíbis enim ante fáciem Dómini paráre vias ejus. Toi, enfant, tu seras appelé Prophète du TrèsHaut : car tu marcheras devant la face du Seigneur pour préparer ses voies.
(Luc I, 76).

La même antienne de communion avec les versets du cantique de Zacharie, le Benedictus, ton 2 dominicain :

Communion - Tu puer - avec Benedictus - ton 2

Communion - Tu puer - avec Benedictus - ton 2

Communion - Tu puer - avec Benedictus - ton 2

Benedíctus Dóminus, Deus Israel, *
quia visitávit, et fecit redemptiónem plebis suæ.
Béni soit le Seigneur le Dieu d’Israël ; parce qu’il a visité & racheté son peuple.
Et eréxit cornu salútis nobis : *
in domo David, púeri sui.
Et qu’il a suscité un puissant Sauveur, dans la maison de son serviteur David,
Sicut locútus est per os sanctórum, *
qui a sæculo sunt, prophetárum ejus :
Ainsi qu’il l’avait promis par la bouche de ses saints Prophètes, qui ont vécu dans les siècles passés.
Salútem ex inimícis nostris, *
et de manu ómnium, qui odérunt nos.
De nous délivrer de nos ennemis, & des mains de tous ceux qui nous haïssent ;
Ad faciéndam misericórdiam cum pátribus nostris : *
et memorári testaménti sui sancti.
En usant de miséricorde envers nos pères, & en se souvenant de sa sainte alliance :
Jusjurándum, quod jurávit ad Ábraham patrem nostrum, *
datúrum se nobis :
Suivant la promesse faite avec serment à Abraham notre père, qu’il se donnerait à nous,
Ut sine timóre, de manu inimicórum nostrórum liberáti, *
serviámus illi.
Afin qu’étant délivrés de la main de nos ennemis, nous le servions sans crainte,
In sanctitáte, et justítia coram ipso, *
ómnibus diébus nostris.
Dans la sainteté & la justice, nous tenants en sa présence tous les jours de notre vie.
Et tu, puer, Prophéta Altíssimi vocáberis : *
præíbis enim ante fáciem Dómini, paráre vias ejus :
Et vous petits enfants ; vous serez appelé le Prophète du TrèsHaut : vous marcherez devant la face du Seigneur, pour lui préparer ses voies ;
Ad dandam sciéntiam salútis plebi ejus : *
in remissiónem peccatórum eórum :
En donnant à son peuple la connaissance du salut, pour la rémission de leurs péchés,
Per víscera misericórdiæ Dei nostri : *
in quibus visitávit nos, óriens ex alto :
Par les entrailles de la miséricorde de notre Dieu, qui a fait qu’un soleil levant nous a visités d’enhaut,
Illumináre his, qui in ténebris, et in umbra mortis sedent : *
ad dirigéndos pedes nostros in viam pacis.
Pour éclairer ceux qui sont dans les ténèbres & dans l’ombre de la mort, & pour conduire nos pieds dans le chemin de la paix.
Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto. * Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen. Gloire au Père, & au Fils, & au SaintEsprit. Comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Plain-chant dominicain – Samedi de la IVème semaine de Carême – Office Sitientes, venite ad aquas

Sabbato post Dominicam IV.
in Quadragesimæ
Officium

Sitiéntes, veníte ad aquas, dicit Dóminus : et qui non habétis prétium, veníte, et bíbite cum lætítia. Vous qui avez soif, venez aux sources, dit le Seigneur, et vous qui n’avez pas de quoi payer, venez et buvez avec joie.
(Isaïe LV, 1).
V/. Atténdite, pópule meus, legem meam : inclináte aurem vestram in verba oris mei. V/. Mon peuple, écoutez ma loi ; prêtez l’oreille aux paroles de ma bouche.
(Psaume LXXVII, 1).
Glória Patri, & Fílio, & Spirítui Sancto. Sicut erat in princípio, & nunc, & semper, & in sæcula sæculórum. Amen. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Le même office, avec versets supplémentaires (Psaume LXXVII, 2 & 3):

Plain-chant dominicain – Samedi de la IVème semaine de Carême – Communion Dominus regit me

Sabbato post Dominicam IV.
in Quadragesimæ
Communio

Dóminus regit me, et nihil mihi déerit : in loco páscuæ ibi me collocávit : super aquam refectiónis educávit me. C’est le Seigneur qui me conduit et rien ne pourra me manquer. Il m’a établi dans un lieu de pâturages, il m’a amené près d’une eau fortifiante.
(Psaume XXII, 1-2).

La même antienne de communion avec les versets du Psaume XXII, ton 2 dominicain :

Dedúxit me super sémitas justítiæ : * propter nomen suum. Il a fait revenir mon âme ; il m’a conduit par les sentiers de la justice, pour son nom.
Nam, et si ambulávero in médio umbræ mortis, non timébo mala : * quóniam tu mecum es. Car quand même je marcherais au milieu de l’ombre de la mort, je ne craindrai aucuns maux, parce que vous êtes avec moi.
Virga tua, et báculus tuus : * ipsa me consoláta sunt. Votre houlette et votre bâton ont été le sujet de ma consolation.
Parásti in conspéctu meo mensam, * advérsus eos, qui tríbulant me. Vous avez préparé une table devant moi contre ceux qui me persécutent.
Impinguásti in óleo caput meum : * et calix meus inébrians quam præclárus est ! Vous avez oint ma tête avec une huile. Que mon calice qui a la force d’enivrer est admirable !
Et misericórdia tua subsequétur me * ómnibus diébus vitæ meæ. Et votre miséricorde me suivra dans tous les jours de ma vie.
Et ut inhábitem in domo Dómini, * in longitúdinem diérum. Afin que j’habite éternellement dans la maison du Seigneur.
Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto. * Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Domine, salvam fac Galliam – Prière pour la France du IInd ton en faux-bourdon parisien

Arrangements Henri de Villiers.
Prière pour la France : Domine, salvam fac Galliam du IInd ton en faux-bourdon parisien.
3 voix égales (TBB) ou 4 voix mixtes (SATB).
1 page – Ré mineur.

Sous l’Ancien Régime, la prière pour les autorités publiques utilisait le dernier verset du Psaume 19 : Domine, salvum fac Regem, & exaudi nos in die qua invocaverimus te. L’Empire transforma ce verset en Domine, salvum fac imperatorem nostrum Napoleonem, la République en Domine, salvam fac Rem Publicam. Le XXème siècle a chanté également Domine, salvum fac gentem Francorum. Le texte que nous utilisons, Domine, salvam fac Galliam – Seigneur, sauvez la France était déjà en usage au XIXème siècle.

De tradition, ce verset est chanté le dimanche à la grand’messe à la fin de la communion (uniquement le dimanche à partir du XXème siècle), ainsi qu’aux saluts du Très-Saint Sacrement. Il a été psalmodié sur divers tons, les Vème & VIème tons ayant eu aux XVIIIème & XIXème siècles les plus grandes faveurs. A Saint-Eugène, nous chantons ordinairement (sauf aux grandes fêtes) le Domine salvam fac dans le ton de l’antienne de communion qui le précède immédiatement. Le faux-bourdon parisien employé se retrouve dans de nombreuses éditions liturgiques de ce diocèse depuis le XVIIIème siècle. Il est néanmoins beaucoup plus ancien.

Le rythme de cette prière pour la France s’inspire directement de celui utilisé par Charles Gounod dans sa Messe solennelle de sainte Cécile (où le te final est considéré comme enclitique et déplace l’accent tonique d’invocavérimus). D’autres solutions rythmiques ont été utilisées du XVIIème au XIXème siècle pour la cadence finale.

Dans le faux-bourdon à 4 voix, les parties de dessus et de taille sont interchangeables.

Les premières mesures de cette partition :

Domine salvam fac Galliam du second ton - faux-bourdon parisien

Dómine, salvam fac Gálliam : *
Et exáudi nos in die
qua invocavérimus te. (ter).
Seigneur, sauve la France,
Et exauce-nous au jour
où nous t’invoquerons.

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