Orazio Colombani – Deus in adjutorium meum intende

Orazio Colombani (c. 1554 † c. 1595), ofm cap, de Vérone, maître de chapelle du couvent Saint-François de Milan puis de la cathédrale de Verceil.
Deus in adjutorium meum intende
6 voix (SSATTB).
4 pages – Ré Majeur (2 pages pour la version à 4 voix).

Né à Vérone, le R.P. Orazio Colombani fut un éminent contrapuntiste qui apprit son art auprès de son confrère dans l’Ordre de saint François, le cordelier Costanzo Porta. Il a beaucoup « vicarié » en Italie du Nord, y tenant la musique de plusieurs églises. Son premier poste connu fut à la direction de la musique de la cathédrale de Verceil. En 1583, il dirige la musique du couvent Saint-François de Milan, puis brièvement en 1585 au couvent franciscain de Brescia, avant de prendre la direction de la musique du couvent de son ordre à Venise. En 1592, il est maître de chapelle de la cathédrale d’Urbino puis finit sa carrière au sanctuaire de Saint-Antoine à Padoue.

Ce Deus in adjutorium à 6 voix ouvre le recueil de musique pour les vêpres intitulé Harmonia super Vespertinos omnium solemnitatum Psalmos sex vocibus decantanda. Publié en 1579 à Venise chez Angelo Gardano, c’est probablement une œuvre de jeunesse, publiée comme c’était alors l’usage à l’âge de 25 ans. Il n’est pas impossible que la structure de ce livret soit le reflet de l’usage de Verceil, où l’antique rit particulier de ce diocèse – surnommé rit eusébien – venait d’être supprimé en 1575 pour des raisons à la fois politiques (la Maison de Savoie venait de conquérir Verceil et voulait aligner le rit eusébien sur le rit romain) et économiques (les coûts d’impression d’une liturgie propre à un diocèse étaient beaucoup trop lourd). Ainsi, Colombani met en musique les psaumes De profundis et Memento Domine David, propres aux seules secondes vêpres de Noël dans le rit romain, mais qui se retrouvent à beaucoup d’autres fêtes liturgiques dans l’usage de Verceil.

Le compositeur prévoit le cas où l’on doit remplacer l’Alléluia final par l’acclamation Laus tibi Domine, rex æternæ gloriæ, depuis la Septuagésime jusqu’à Pâques.

Notons que l’écriture à 6 voix de cette pièce comprend plusieurs passages irréguliers harmoniquement, qui disparaissent si on la chante à quatre voix (Cantus, Altus, Tenor, Bassus) en omettant les parties supplémentaires de Quintus et Sextus. Il est probable que le compositeur ait d’abord composé les œuvres de ce recueil à 4 voix, et il est possible que les cinquième et sixième parties n’aient été ajoutées que pour les besoins de l’édition de Venise de 1579. De ce fait, outre la partition originale à 6 parties, nous fournissons aussi une partition à 4 parties (sans les parties de Quintus et de Sextus).

V/. Deus, in adjutórium meum inténde. V/. Dieu, viens à mon aide.
R/. Dómine, ad adjuvándum me festína. Glória Patri, & Fílio, & Spirítui Sancto. Sicut erat in princípio, & nunc, & semper, & in sæcula sæculórum. Amen. Alleluia. (A Septuagesima usque ad Pascha, loco Alleluia dicitur :) Laus tibi, Dómine, rex ætérnæ glóriæ. R/. Seigneur, hâte-toi de me secourir. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint Esprit. Comme il était au commencement, & maintenant & toujours, & dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. Alléluia. (De la Septuagésime à Pâques, au lieu d’Alléluia :) Louange à vous, Seigneur, Roi d’éternelle gloire !).

Les premières mesures de cette partition :

Orazio Colombani, Deus in adjutorium meum intende à 6 voix.

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