Programme de la fête de la sainte Famille

La sainte Famille - gravure de Schelte Adams Bolswert, d'après RubensSaint-Eugène, le dimanche 13 janvier 2013, grand’messe de 11h.

D’abord fête de dévotion locale, la fête de la sainte Famille fut fixée par le Pape Benoît XV au dimanche dimanche de l’Octave de l’Epiphanie, dimanche où on lisait déjà depuis des temps immémoriaux l’évangile du recouvrement au Temple (Luc. 2, 42-52). Depuis 1955 seulement, la fête a préséance sur l’octave de l’Epiphanie lorsqu’elle tombe un 13 janvier, et elle supprime de ce fait la lecture de l’évangile du Baptême du Christ.

Quand vint le temps fixé par ses décrets pour l’accomplissement de la grande œuvre du relèvement de l’humanité, que les siècles depuis longtemps attendaient, le Dieu de miséricorde en disposa l’ordre et l’économie de telle sorte que les débuts de cette œuvre offrissent au monde l’auguste spectacle d’une famille divinement constituée, en laquelle tous les hommes pussent contempler l’exemplaire le plus parfait de la société domestique, ainsi que de toute vertu et sainteté. Telle fut en effet cette famille de Nazareth, où, (avant de répandre sur toutes les nations la splendeur de sa pleine lumière), le Soleil de justice, c’est-à-dire le Christ, Dieu, notre Sauveur, demeura caché avec la Vierge sa Mère et Joseph, l’homme très saint qui remplissait à l’égard de Jésus la charge paternelle. Quant aux mutuelles preuves d’amour, à la sainteté des mœurs, à l’exercice de la piété dans la société familiale et dans les rapports habituels de ceux qui vivent sous un même toit, on ne peut sans nul doute trouver à célébrer aucune vertu qui n’ait brillé en cette sainte famille destinée à en devenir le modèle pour les autres. Et la providence l’a ainsi établi selon son dessein plein de bonté, pour que tous les chrétiens quelle que soit leur condition ou leur patrie puissent facilement, s’ils tournent vers elle leur attention, avoir et l’exemple de a vertu, et une invitation à la pratiquer.
Des lettres de Léon XIII, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

  • Procession d’entrée : Adeste fideles – cantique du XVIIIème siècle, harmonisation de Théodore Dubois
  • Kyriale VIII – De Angelis
  • Credo III
  • Et incarnatus est de la Messe de Minuit pour Noël de Marc-Antoine Charpentier
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Hostis Herodes impie – Hymne de l’Epiphanie, à vêpres, texte du poëte Sedulius ( Vème siècle) – polyphonie (musique de Charles de Courbes – 1622)
  • Après la Consécration : O salutaris sur le vieux noël « A la venue de Noël » – Henri de Villiers
  • Pendant la communion : Stichères de l’ancien office grec de l’Epiphanie, traduits en latin avec leur mélodie grecque d’origine à la cour de Charlemagne pour servir à l’octave de l’Epiphanie
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Adressons nos hommages – cantique pour le temps de l’Epiphanie, sur le vieux noël « Or nous dites Marie » – Chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres
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    Le tropaire de Pâques chanté en slavon devant le Pape à Rome

    Ce dimanche de Pâques 2011, Place Saint-Pierre, le chœur du Collège Pontifical Russe de Rome (Pontificium Collegium Russicum) a chanté le tropaire de Pâques avec ses versets après le chant de l’Evangile à la messe papale. Les fidèles de la paroisse russe catholique de Paris comme ceux de Saint-Eugène auront reconnu le R.P. Gabriel parmi les chantres du Russicum. Sur cet enregistrement, on peut aussi entendre à la suite des stichères de Pâques le chant du Credo III.

    En voici une transcription cyrillique & la traduction :

    (тропарь Пасхи) Христос воскресе из мертвых, смертию смерть поправ, и сущим во гробех живот даровав. (tropaire de Pâques) Le Christ est ressuscité des morts, par la mort il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie.
    Стих: Да воскреснет Бог, и расточатся врази Его. Verset : Que Dieu se lève et ses ennemis seront dispersés.
    Стих: Яко исчезает дым, да исчезнут. Verset : Comme se dissipe la fumée, qu’ils se dissipent.
    Стих: Тако да погибнут грешницы от лица Божия, а праведницы да возвеселятся. Verset : Que périssent ainsi les pécheurs devant la face de Dieu et que se réjouissent les justes.
    Стих: Сей день, егоже сотвори Господь, возрадуемся и возвеселимся в онь. Verset : Voici le jour que fit le Seigneur, exultons & réjouissons-nous en lui.
    Слава Отцу и Сыну и Святому Духу, и ныне и присно и во веки веков. Аминь. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

    A noter que le chant de parties de l’office byzantin de Pâques devant le Pape n’est pas une absolue nouveauté, car le premier stichère de Pâques se chantait déjà devant le Souverain Pontife dans le haut Moyen-Age. Notons aussi que le baiser pascal aux matines de Pâques que se donnent les fidèles au rit byzantin existait également dans nombre d’usages occidentaux, comme le relève dom Guéranger dans son Année liturgique, à l’article relatif à Pâques. Il y aurait des parallèles très intéressants du reste à établir entre les matines de Pâques des différents rits d’Orient & d’Occident. De façon traditionnelle, c’est au cours de cet office que les liturgies traditionnelles célèbraient avec fastes le moment de la résurrection (et non au cours de la vigile du samedi saint).

    Antiques stichères grecs de l’Epiphanie

    Charlemagne ayant ouï des moines grecs à sa cour chanter l’office de l’Epiphanie, et en ayant été ébloui, l’empereur ordonna la traduction en latin de ces stichères, dont voici le chant. Si celui-ci appartient bien au VIIème ton grégorien, sa tournure quasi syllabique le rapproche bien en effet des tons stichéariques en usage dans l’Eglise grecque encore de nos jours.

    A ma connaissance, l’office byzantin ne connaît plus ces strophes par suite de couches hymnographiques postérieures qui les ont sans doute fait disparaître. Probablement, elles appartenaient à l’office asmatique de la Grande Eglise de Constantinople, lequel a quasiment disparu sous les traditions venues du monachisme palestinien, lors des réformes studites & sabbaïtes. Comme le chant grec a connu aussi plusieurs réformes au cours de son histoire, ces antiennes latines sont vraisemblablement un très intéressant témoin de son état avant l’an mille.

    Ces stichères servirent longtemps d’antiennes pour l’office latin au jour octave de l’Epiphanie, mais ces antiennes furent curieusement supprimées du bréviaire romain de saint Pie V de 1570, ce qui est plutôt étonnant quand on connait le côté très conservateur de ce bréviaire.

    Traduction :

    Le Sauveur, voulant rénover le vieil homme, vient au baptême, afin de renouveler par l’eau la nature corrompue ; il nous revêt d’un vêtement incorruptible.

    Vous qui, par l’Esprit et par le feu, purifiez l’humaine contagion, Dieu et Rédempteur, tous nous vous glorifions.

    Le Baptiste a tremblé et n’osa toucher la tête sainte de son Dieu; mais il s’écrie avec crainte : Sanctifiez-moi, ô Sauveur !

    Le Sauveur a brisé la tête du dragon dans le fleuve du Jourdain, et nous a tous arrachés à son pouvoir.

    L’aiguillon du péché est écrasé aujourd’hui par le baptême du Seigneur, et la régénération nous est donnée.

    L’eau brûle aujourd’hui les péchés, le Libérateur est apparu, et tous louent la belle œuvre de sa divinité.

    Un grand mystère est déclaré aujourd’hui, car le Créateur de tout lave nos crimes dans le Jourdain.

    Jean le Précurseur exulte avec le Jourdain ; en baptizant le Seigneur, la joie est faite sur terre, la rémission est faite de nos péchés par la sanctification des eaux : crions lui tous : ayez pitié de nous.