Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.
Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.
Le dimanche de la Sexagésime est le IInd des dimanches de l’Avant-Carême du rit romain. A l’office nocturne, l’Eglise poursuit la lecture du livre de la Genèse, commencée au dimanche de la Septuagésime, avec l’histoire de Noé.
A la messe se chante l’évangile de la parabole du Semeur. A Rome, la station de ce dimanche se célèbre à Saint-Paul-hors-les-Murs, d’où l’importante portion de la Seconde Epître aux Corinthiens où Paul livre l’intimité de ses combats et de ses grâces apostoliques.
Introït : plain-chant et reprise en polyphonie (d’après Maxime Kovalevsky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris
Kyrie XVII – Kyrie salve
Epître : II Corinthiens XI, 19-33 ; XII, 1-9 : Et il m’a répondu : Ma grâce vous suffit : car ma puissance éclate davantage dans la faiblesse. Je prendrai donc plaisir à me glorifier dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi.
Trait : faux-bourdon du 8ème ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
Evangile : Luc VIII, 4-15 : Enfin ce qui tombe dans la bonne terre, marque ceux qui ayant écouté la parole avec un cœur bon et excellent, la retiennent, la conservent, et portent du fruit par la patience.
La Septuagésime nous prépare au Carême en nous invitant à penser à notre destinée. Ce temps d’Avant-Carême est caractérisé par la mise en place des règles liturgiques suivantes, propre à marquer la pénitence :
1. La couleur violette sert à l’office & à la messe du Temps de la Septuagésime pour tous les vêtements & ornements liturgiques.
2. L’Alleluia est supprimé depuis la fin des Ières vêpres de la Septuagésime jusqu’à la vigile pascale. A la fin des Ières vêpres de la Septuagésime, on fait l’adieu de l’Alleluia (Clausum Alleluia) : 2 chantres chantent en conclusion de ces vêpres, sur le ton de Pâques :
℣. Benedicamus Domino, alleluia, alleluia.
Et on y répond :
℟. Deo gratias, alleluia, alleluia.
Après ce renvoi, l’Alleluia qui termine chaque Deus, in adjutorium au début de tous les offices est remplacé par Laus tibi, Domine, Rex æternæ gloriæ (Louange à toi, Seigneur, Roi d’éternelle gloire).
A la messe, l’Alleluia qui suit le graduel est remplacé par le chant du trait le dimanche & aux jours de fête (on ne chante que le graduel seul aux messes fériales).
3. Les glorieuses hymnes que sont le Te Deum à l’office de la nuit et le Gloria in excelsis Deo à la messe sont supprimées. Elles reviendront à Pâques (et, pour le Gloria in excelsis Deo, à titre exceptionnel à la messe du Jeudi Saint). Dans le rit traditionnel, le Benedicamus Domino remplace l’Ite, missa est à la fin de la messe (la règle traditionnelle est simple & générale : on ne chante l’Ite, missa est à la messe que lorsqu’on y chante le Gloria in excelsis Deo).
4. On peut toutefois continuer à toucher l’orgue seul (jusqu’au Mercredi des Cendres).
5. Les auteurs ne s’accordent pas sur le maintien de la dalmatique du diacre et de la tunique du sous-diacre. La plupart notent qu’on continue à utiliser ces vêtements liturgiques (qui sont signes de joie), quelques uns néanmoins indiquent qu’il faut passer aux chasubles pliées, utilisées pour les jours de pénitence. Il est vrai que la rubrique du Missel (Partie I, titre 19, n°6) n’indique l’emploi des chasubles pliées pour les jours de jeûne et que le temps de la Septuagésime n’est pas jeûné (historiquement, on n’y jeûnait que le mercredi, le vendredi & le samedi comme le reste de l’année) ; la même rubrique précise l’emploi des chasubles pliées aux dimanche de Carême (qui ne sont pas jeûnés) sans faire remonter cet usage aux dimanches de Quinquagésime, Sexagésime et Septuagésime.
Au dimanche de la Septuagésime, à l’office nocturne, l’Eglise romaine démarre la lecture de la Bible dans l’ordre, en commençant par le livre de la Genèse : la création du monde et la chute d’Adam. On trouvera des allusions à ces thèmes dans diverses pièces de l’office divin et de la messe.
Introït : plain-chant et reprise en polyphonie (d’après Maxime Kovalevsky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris
Kyrie XVII – Kyrie salve
Epître : I Corinthiens IX, 24-27 ; X, 1-5 : Ne savez-vous pas, que quand on court dans la carrière, tous courent, mais un seul remporte le prix ? Courez donc de telle sorte que vous remportiez le prix.
Evangile : Matthieu XX, 1-16 : Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers : parce qu’il y en a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.
Pendant les encensements de l’offertoire : Media vita, répons pour le temps de la Septuagésime, composé par Notker le Bègue, moine de Saint-Gall († 912)
Sanctus XV
Après la Consécration : O salutaris du 2nd ton – Henri de Villiers
Procession de sortie : Je mets ma confiance – Cantique et mélodie du R.P. Lambillotte – harmonisation de M. le chanoine Gaston Roussel, maître de chapelle de la cathédrale de Versailles
IIndes vêpres du dimanche de la Septuagésime. Au salut du Très-Saint Sacrement :
Saint-Eugène, le dimanche 5 février 2017, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.
Le bon grain & l’ivraie.
Tandis que les chefs de l’Église se montraient négligents ou bien, si l’on préfère, lorsque les Apôtres se furent endormis du sommeil de la mort, le diable vint et il sema ceux que le Seigneur appelle les mauvais fils. Mais qui sont-ils ? Il y a lieu de le rechercher. Des hérétiques ou bien des mauvais catholiques ? Les hérétiques peuvent bien être dits aussi de mauvais fils, car nés de la même semence de l’Évangile, et procréés au nom du Christ, ils se sont laissé détourner par des opinions erronées vers de fausses doctrines. Homélie de saint Augustin, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.
Epître : Colossiens III, 12-17 : Mais surtout revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection.
Evangile : Matthieu XIII, 24-30 : Le royaume des cieux est semblable à un homme qui avait semé de bon grain dans son champ. Mais pendant que les hommes dormaient, son ennemi vint, et sema de l’ivraie au milieu du blé, et s’en alla.
Procession de sortie : Je vous salue avec amour – Angelus breton
IIndes vêpres du Vème dimanche après l’Epiphanie. Au salut du Très-Saint Sacrement :
Motet d’exposition : Panis angelicus – Ier ton
A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave Regina cœlorum – VIème ton
Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium – Ier ton
A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – Vème ton « moderne »
Chant final, d’action de grâces : Benedictus es Domine Deus patrum nostrorum – Ier cantique des Trois Enfants dans la fournaise – plain-chant parisien du VIIème ton
Mais celui qui veut partir ainsi doit venir au temple, venir à Jérusalem, attendre l’Oint du Seigneur, recevoir dans ses mains le Verbe de Dieu, l’embrasser par ses bonnes œuvres qui sont comme les bras de la foi. Alors il s’en ira paisiblement, et ne verra point la mort éternelle, puisqu’il aura vu la Vie. Tu vois que la naissance du Seigneur répand la grâce avec abondance sur toute sorte de personnes, et que le don de prophétie est refusé aux incrédules, mais non aux justes. Voici donc Siméon prophétisant que le Seigneur Jésus-Christ est venu pour la ruine et pour la résurrection d’un grand nombre, pour discerner ce que méritent les bons et les méchants, et pour décerner, juge infaillible, juge équitable, des supplices ou des récompenses, selon la qualité de nos actes. Homélie de saint Ambroise, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.
Procession d’entrée : Fumant Sabæis – hymne pour la Fête de la Purification – texte de Jean-Baptiste de Santeul, chanoine de Saint-Victor de Paris (Hymni sacri et novi, 1689) – plain-chant composé par l’abbé Pierre Robert (1618 † 1699), maître de chapelle des cathédrales de Senlis, Reims et Paris, et de la Chapelle royale
Evangile : Luc II, 22-32 : Et le temps de la purification de Marie étant accompli, selon la loi de Moïse, ils le portèrent a Jérusalem pour le présenter au Seigneur.
Et incarnatus est : de la Messe de Minuit pour Noël (H. 9) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de musique de la Sainte Chapelle
Pendant les encensements de l’offertoire : Diffusa est gratia, motet à la Bienheureuse Vierge Marie de Giovanni Maria Nanini (1540 † 1607), maître de chapelle de Saint-Louis des Français puis de la Chapelle Sixtine
Procession de sortie : Sion orne ta chambre nuptiale – Antienne Adorna thalamum de saint Cosmas de Maïouma – VIIème ton russe stichéarique – adaptation de Maxime Kovalevsky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris
Le 2 février, les Eglises d’Orient & d’Occident célèbrent la Purification de la Sainte Vierge & la Présentation de Jésus au Temple, 40 jours après sa Nativité. En Orient, cette fête reçoit aussi le nom d’Hypapante ou « Rencontre du Seigneur » (l’expression Occursum Domini, qui en est l’équivalent latin, a également été en usage en Occident), terme qui rappelle la sainte rencontre entre l’Enfant Jésus & le vieillard Syméon. Nous avons précédemment présenté que le tropaire grec de la fête s’était retrouvé dans les antiennes processionnelles de cette fête en Occident. Une autre antienne de la procession latine de la Chandeleur, Adorna thalamum, possède elle aussi une origine orientale.
A la fin de l’office de vêpres de cette fête, les livres liturgiques grecs (Ménée de février) en effet, assignent aux apostiches (chants qui accompagnent le retour en procession du clergé dans le chœur, après une station au narthex de l’église), trois idiomèles (pièces possédant une mélodie propre) composés dans le VIIème ton par Côme le Moine.
Voici le texte grec du premier de ces apostiches idiomèles :
Cette composition liturgique de l’office grec fut repris dans la liturgie romaine du 2 février, afin d’y devenir l’une des antiennes accompagnant la procession de la Chandeleur. Voici le texte latin :
Adórna thálamum tuum, Sion, et súscipe Regem Christum : ampléctere Maríam, quæ est cæléstis porta : ipsa enim portat Regem glóriæ novi lúminis : subsístit Virgo, addúcens mánibus Fílium ante lucíferum génitum : quem accípiens Símeon in ulnas suas, prædicávit pópulis, Dóminum eum esse vitæ et mortis, et Salvatórem mundi.
En voici une traduction française : Sion, orne ta chambre nuptiale, et reçois le Christ-Roi ; accueille avec amour Marie, qui est la porte du ciel ; car elle tient dans ses bras le Roi de gloire, celui qui est la lumière nouvelle ; debout, la Vierge offre de ses propres mains son Fils engendré avant l’aurore ; Siméon le reçoit dans ses bras et annonce aux peuples le Maître de la vie et de la mort, et le Sauveur du monde.
Dans le rit romain, Adorna thalamum se présente comme une grande antienne processionnelle, un type un peu particulier de chants qui étaient exécutés à deux chœurs alternés. Du reste, les reprises mélodiques internes de la pièce, chantée dans un VIème ton à la tournure inhabituelle (une transcription du chant grec ?), suggèrent fortement les alternances entre deux chœurs. Voici une proposition de restitution de ces alternances antiphonées :
Adorna thalamum figure déjà dans l’un des plus ancien témoin du graduel grégorien, l’Antiphonaire du Mont-Blandin (f°. 95, v°). Dans cet antiphonaire de la messe, cette antienne (tout comme le tropaire Χαῖρε κεχαριτωμένη Θεοτόκε Παρθέν / Ave gratia plena Dei Genitrix Virgo) est transcrite à la fois en grec et en latin, suggérant que la pièce a pu être chantée primitivement en Occident dans les deux langues. Le grec est rendu phonétiquement en caractère latin (témoignage intéressant du reste pour comprendre comment pouvait être prononcé le grec liturgique par des gosiers barbares latinisés du Nord des Gaules).
Voici le découpage de ce texte bilingue dans le manuscrit du Mont-Blandin :
Chathacosmyso thon niphona su Sion
Adorna thalamum tuum, Sion,
coe ipodexe ton basileon Christon
et suscipe Regem Christum
aspase thyn Mariam
amplectere Mariam
thyn epuranion phylyn
quae est caelestis porta
authy bastazi thon Basileon thys doxis
ipsa enim portat regem gloriae
nephyli photos yparchy parthenos
novo lumine subsistit Virgo
ferusa en chersin Yon proeosforu
adducens in manibus filium ante luciferum
on labon Symeon en anchales autu
quem accipiens Simeon in ulnis suis
ekyrixen lais
praedicavit populis
despotyn authon ene
Dominum eum esse
Zois ce thanatu
vitae et mortis
ce Sothyra tu chosmu
et salvatorem mundi
Adorna thalamum bilingue : grec & latin – antiphonaire du Mont-Blandin.
L’antiphonaire du Mont-Blandin est l’un des témoins les plus anciens et plutôt complet des textes liturgiques grégoriens chantés à la messe. On le date du début du IXème siècle.
Or Côme le Moine auquel les Ménées grecs attribuent la paternité de notre antienne est régulièrement identifié comme étant saint Côme (ou Cosmas) le Mélode, appelé aussi saint Côme de Maïouma (ou de Jérusalem, ou l’Hymnographe).
Né vers 675, saint Côme de Maïouma était un orphelin damascène de pauvre extraction qui fut adopté par Serge, le père de saint Jean Damascène. Les deux enfants reçurent leur instruction du moine Côme de Sicile. Les deux frères de lait devinrent moines vers 726 à la laure de Saint-Sabbas près de Jérusalem. Tous deux furent les hymnographes les plus brillants & les plus célèbres de la liturgie grecque. Saint Côme devint évêque de Maïouma, petite ville qui était alors le port de Gaza. Il y mourut vers 760.
Quarante années seulement sépareraient la mort de l’auteur grec de l’antienne qu’on retrouve dans le manuscrit de l’abbaye du Mont-Blandin, témoin fidèle de la liturgie romaine telle qu’elle fut synthétisée et adaptée à la cour carolingienne. Une si brève période pose problème et diverses solutions peuvent être envisagées :
1ère hypothèse : L’attribution de l’apostiche Κατακόσμησον τὸν νυμφῶνά σου faite par les Ménées grecs à Côme le Moine est fausse et la pièce est plus ancienne (les deux autres apostiches idiomèles suivant ont pu être composés ultérieurement sur le modèle de Κατακόσμησον τὸν νυμφῶνά σου par Côme le Moine, d’où l’attribution commune des trois pièces).
2nde hypothèse : Côme le Moine dont il est fait allusion n’est pas saint Côme de Maïouma mais un autre hymnographe inconnu qui serait plus ancien, ou alors son précepteur Côme de Sicile, qui aurait été aussi hymnographe. Cette hypothèse est avancée par le cardinal Pitra.
3ème hypothèse : Il convient de repousser la date de rédaction de l’Antiphonaire du Mont-Blandin, des alentours de l’an 800 à la fin du IXème. Dominique Gatté a montré que les quelques neumes qu’il contient (sur le debut de l’introït Ad te levavi, longtemps pensés comme un ajout ultérieur, seraient bien de la même encre que le texte du manuscrit. Or la notation musicale avec neumes semble apparaître après 850. Soit notre manuscrit est l’unique témoin antérieur à cette date de l’existence de la notation neumatique, soit il est effectivement postérieur à 850.
4ème hypothèse enfin : Notre antienne est bien de saint Côme de Maïouma dont l’activité hymnographique a pu commencer dès les années 720 lorsqu’il devient moine à Saint-Sabbas. Son introduction dans la liturgie romaine du 2 février, comme celle du tropaire Ave plena gratia, aurait pu être le fait du pape saint Grégoire III, lequel était de Syrie. Grégoire semble né vers 690, et régna sur le trône de saint Pierre de 731 à 741. Saint Grégoire III est le 5ème des papes syriens des VIIème – VIIIème siècles. Cette concentration de Syriens sur le siège de Rome est une conséquence de l’exil de nombreux chrétiens syriens réfugiés à Rome à partir de la conquête musulmane de la Syrie (634-638). Le Liber pontificalis loue son bilinguisme latin-grec dans le chant des psaumes et son habilité aux célébrations liturgiques (la notice sur ce pape rapporte aussi qu’il ajouta quelques mots au canon romain pour l’usage exclusif d’un oratoire de Saint-Pierre). Grégoire III lutta courageusement contre l’iconoclasme que promouvait l’empereur de Constantinople, Léon III (et rejoignait de ce fait le même combat que menait en Orient son compatriote syrien saint Jean Damascène). Ce pape entretint des relations fructueuses avec Charles Martel, aussi son œuvre fut telle tenue en grande estime par les Carolingiens ultérieurs (les lettres de saint Grégoire III à Charles Martel furent collectées par ordre de Charlemagne dans le Codex epistolaris Carolinus). Tous ses éléments pourraient rendre plausible la réception dans la liturgie de Rome d’œuvres d’hymnographes syriens, & leur diffusion dans l’espace carolingien.
Quoiqu’il en soit de ces hypothèses, il demeure qu’Adorna thalamum est toujours chantée aujourd’hui encore – & au moins 1200 ans après sa composition – à la même fête du 2 février dans les rits grecs & latins, accompagnant dans un cas comme dans l’autre un mouvement de procession. Qu’en la chantant, nous soyons incités à prier pour la bonne marche de la réunion des deux Eglises, celle de l’Orient & celle de l’Occident.
*
Pour mémoire, voici le texte slavon de cet apostiche idiomèle :
Saint-Eugène, le samedi 21 janvier 2017, Requiem solennel de 11h.
Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France ». Louis XVI.
Entrée du clergé : De profundis parisien – psaume 129 – faux-bourdon attribué à André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Louis XV à Versailles
Dies iræ de la Missa pro defunctis de l’Abbé Homet, maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Saint-Germain L’Auxerrois (XVIIIème siècle)
Pendant la communion : De profundis – grand motet de Michel-Richard de Lalande (1657 † 1726), maître de la Chapelle des rois Louis XIV & Louis XV (extraits)
Sortie : Domine salvum fac Regem – Prière pour le roi, de la Messe « Gaudete in Domino semper » du Sacre de Louis XVI (célébré en la Cathédrale de Reims, le dimanche de la Trinité, 11 juin 1775), par François Giroust (1737 † 1799), son maître de chapelle
Saint-Eugène, le dimanche 15 janvier 2017, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.
Le troisième mystère de l’Epiphanie :
les noces de Cana.
Le troisième Mystère de l’Épiphanie nous montre la consommation des plans de la divine miséricorde sur le monde, en même temps qu’il nous manifeste une troisième fois la gloire de l’Emmanuel.
L’Etoile a conduit l’âme à la foi, l’Eau sanctifiée du Jourdain lui a conféré la pureté, le Festin Nuptial l’unit à son Dieu.
Nous avons chanté l’Époux sortant radieux au-devant de l’Épouse ; nous l’avons entendu l’appeler des sommets du Liban ; maintenant qu’il l’a éclairée et purifiée, il veut l’enivrer du vin de son amour. »
Dom Guéranger.
A la sainte messe :
Procession d’entrée : Adeste fideles – cantique du XVIIIème siècle
Kyriale XI – Orbis factor
Epître : Romains XII, 6-16 : Ne soyez point lâches dans votre devoir ; conservez-vous dans la ferveur de l’esprit ; souvenez-vous que c’est le Seigneur que vous servez.
Evangile : Jean II, 1-11 : Ce fut là le premier des miracles de Jésus, qui fut fait à Cana en Galilée ; et par là il fit éclater sa gloire, et ses disciples crurent en lui.
Procession de sortie : Pour sauver l’humanité – cantate sur le vieux noël « Bon Joseph écoutez-moi », d’après Louis-Claude d’Aquin (1694 † 1772), organiste de la chapelle royale et de Saint-Paul
IIndes vêpres du dimanche. Au salut du Très-Saint Sacrement :
A la Bienheureuse Vierge Marie : Alma Redemptoris Mater – Vème ton
Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium – Ier ton
A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – Vème ton « moderne »
Chant final, de Noël : Te laudamus Domine omnipotens – Transitus (antienne de communion) de la liturgie ambrosienne pour le IVème dimanche après l’Epiphanie
La publication de la date de Pâques dans le Pontificale Romanum.
Dans le rit romain, le jour de l’Epiphanie (dont la solennité est obligatoirement reportée en France au dimanche qui suit – soit le dimanche 8 janvier cette année), le diacre fait selon la tradition la publication de la date de Pâques après le chant de l’évangile.
RIT ROMAIN
En voici le chant pour 2017, réalisé par nos soins :
En voici le texte & la traduction pour 2017 :
Novéritis, fratres caríssimi, quod annuénte Dei misericórdia, sicut de Nativitáte Dómini nostri Jesu Christi gavísi sumus, ita et de Resurrectióne ejúsdem Salvatóris nostri gáudium vobis annuntiámus.
Vous avez su, Frères très chers, par la miséricorde de Dieu qui nous a été annoncée, que nous avons été comblés par la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi de même nous vous annonçons la joie qui nous sera procurée par la Résurrection de notre même Sauveur.
Die duodécima Februárii erit Domínica in Septuagésima.
Le 12 février sera le dimanche de la Septuagésime.
Prima Mártii dies Cínerum, et inítium jejúnii sacratíssimæ Quadragésimæ.
Le 1er mars sera le jour des Cendres et le début du jeûne très sacré du Carême.
Sexta décima Aprílis sanctum Pascha Dómini nostri Jesu Christi cum gáudio celebríbitis.
Le 16 avril sera la sainte Pâque de Notre Seigneur Jésus-Christ, que vous célèbrerez avec joie.
Quinta vigésima Máii erit Ascénsio Dómini nostri Jesu Christi.
Le 25 mai sera l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Le 15 du même mois sera la fête du Très Saint Corps du Christ.
Tértia Decémbris Domínica prima Advéntus Dómini nostri Jesu Christi, cui est honor et glória, in sæcula sæculórum. Amen.
Le 3 décembre sera le premier dimanche de l’Avent de Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui est l’honneur et la gloire, dans les siècles des siècles. Amen.
Voici le chant de l’ancien usage de Paris, pour 2017 :
En voici le texte & la traduction pour 2017 :
Novérit cáritas vestra, fratres caríssimi, quod, annuénte Dei & Dómini nostri Jesu Christi misericórdia, die sexta décima mensis Aprílis Pascha Dómini celebrábimus.
Votre charité saura, Frères très chers, que, par la miséricorde de Dieu & de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a été annoncée, le 16 avril nous célèbrerons la Pâque de Seigneur.
RIT AMBROSIEN
Voici le chant pour le rit ambrosien, pour 2017 :
En voici le texte & la traduction pour 2017 :
Novérit cháritas vestra, fratres charíssimi, quod, annuénte Dei & Dómini nostri Jesu Christi misericórdia, die sexta décima, mensis Aprílis, Pascha Dómini cum gáudio celebrábimus. ℟. Deo grátias.
Votre charité saura, Frères très chers, que, par la miséricorde de Dieu & de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a été annoncée, le 27 mars, nous célèbrerons avec joie la Pâque de Seigneur. ℟. Rendons grâces à Dieu.
Saint-Eugène, le dimanche 1er janvier 2017, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.
Le 1er janvier constitue à la fois le jour octave de la fête de la Nativité mais aussi la fête de la Circoncision du Seigneur, puisque – selon la Loi – celle-ci intervient 8 jours après la naissance d’un enfant mâle. Lors de la circoncision, on imposait aussi à l’enfant son nom. Cette fête constitue donc la véritable fête du Saint Nom de Jésus, ainsi que le rappelle ci-contre la planche gravée pour cette fête par Jérôme Nadal, s.j. (1507-1580), ci-contre. L’autre fête du Très-Saint Nom de Jésus, fixée depuis 1911 au dimanche entre la Circoncision & l’Epiphanie – ou au 2 janvier si ce dimanche n’existe pas – n’est qu’un doublon moderne de la fête de la Circoncision.
Mais parce que la fragilité de la chair et de l’esprit de l’homme l’emporte, par une pente naturelle de cupidité, vers le mal, et l’embarrasse ici-bas dans des vices inextricables, le huitième jour de la circoncision est la figure du temps de la résurrection, et de notre future délivrance de tout péché. C’est en effet le sens des paroles suivantes : « Tout mâle premier-né sera appelé, consacré au Seigneur. » Les termes de la loi expriment la promesse du fruit de la Vierge, fruit vraiment saint, car il est immaculé. Que ce soit là le fruit désigné par la loi, les paroles de l’Ange nous l’assurent : « La chose sainte, dit-il, qui naîtra de vous, sera appelée le Fils de Dieu. » Sermon de saint Ambroise, évêque, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de la fête de la Circoncision, au second nocturne.
A la messe :
Procession d’entrée : Orgue – improvisation sur le Veni Creator
Pour implorer l’assistance du Saint Esprit pour l’année qui s’ouvre : Chant du Veni Creator Spiritus – alternances polyphoniques du chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres – Aujourd’hui, on peut gagner une indulgence plénière aux conditions ordinaires par le chant public du Veni Creator
Evangile : Luc II, 21 : Le huitième jour, auquel l’enfant devait être circoncis, étant arrivé, il fut nommé Jésus, qui était le nom que l’ange avait annoncé avant qu’il fût conçu dans le sein.
Pendant les encensements de l’offertoire : Jesu dulcis memoria – hymne du Ier ton du saint Nom de Jésus – texte attribué à saint Bernard de Clairvaux (1099 † 1153)