Programme de la fête de la Dédicace de saint Michel Archange, patron secondaire de la France

Francesco Cozza (1605 † 1682) - saint Michel combattant le diable - circa 1650, musée de la Ville de RomeSaint-Eugène, le dimanche 29 septembre 2019, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Saint-Michel archange est le chef des armées angéliques ; son nom signifie Qui est comme Dieu ?. Il est cité à quatre reprises dans l’Écriture :

  1. Daniel 10, 13 & 21 : Gabriel déclare à Daniel, lorsque celui-ci demande à Dieu de permettre la Juifs de retourner à Jérusalem : « Le prince du royaume des Perses m’a résisté vingt et un jours ; mais Michel, le premier d’entre les premiers princes, est venu à mon secours (…) Mais je t’annoncerai présentement ce qui est marqué dans l’écriture de la vérité ; et nul ne m’assiste dans toutes ces choses, sinon Michel, qui est ton prince.
  2. Daniel 12, 1 : l’ange parlant de la fin du monde et l’Antéchrist déclare : « EN ce temps-là Michel, le grand prince, s’élèvera, lui qui est le protecteur des enfants de votre peuple ; et il viendra un temps tel qu’on n’en aura jamais vu un semblable, depuis que les peuples ont été établis jusqu’alors. En ce temps-là tous ceux de votre peuple qui seront trouvés écrits dans le livre, seront sauvés. »
  3. Epître de saint Jude 9 : « Cependant l’archange Michel dans la contestation qu’il eut avec le diable touchant le corps de Moïse, n’osa le condamner avec exécration ; mais il se contenta de dire : Que le Seigneur te réprime ». Saint Jude fait ici allusion à une ancienne tradition orale juive d’un différend entre Michel et Satan sur le corps de Moïse (Origène en parle dans son De Principiis III.2.2).
  4. Apocalypse 12, 7-9 : saint Jean évoque le grand combat eschatologique de Michel contre le diable : « Il y eut un grand combat dans le ciel : Michel et ses anges combattaient contre le dragon, et le dragon avec ses anges combattait contre lui. Mais ceux-ci furent les plus faibles ; et depuis ce temps-là ils ne parurent plus dans le ciel. Et ce grand dragon, cet ancien serpent qui est appelé le Diable et Satan, qui séduit tout le monde, fut précipité ; il fut précipité en terre, et ses anges avec lui. »

Suite à ces scripturaires passages, la tradition chrétienne attribue quatre offices à saint Michel : celui de lutter contre Satan, celui d’arracher les âmes des fidèles à la puissance de l’Ennemi, en particulier à l’heure de la mort, celui d’être le champion de l’Eglise militante, et en particulier des chevaliers chrétiens, enfin celui de conduire les âmes au jugement dernier (cf. l’offertoire de la messe des morts).

Dans le rit romain, la fête du 29 septembre est à l’origine la fête de la dédicace au Vème siècle d’une basilique située sur la via Salaria à 6 miles au Nord de Rome, dédiée à saint Michel & à tous les Anges, basilique qui disparut au cours du Xème siècle. Le Sacramentaire léonin place cette fête au 30 septembre sous le titre de Natale basilicae Angeli via Salaria et possède pas moins de cinq formulaires de messe pour ce jour, dont trois mentionnent explicitement saint Michel (les deux autres fêtant plus généralement tous les Anges). Le Sacramentaire gélasien donne la date du 29 septembre et appelle la fête S. Michaelis Archangeli tandis que le Sacramentaire grégorien l’appelle à la même date Dedicatio Basilionis S. Angeli Michaelis. Bien que conservant dans le missel romain l’antique titre de Dédicace de saint Michel Archange, la fête ne possède plus aucun caractère, ni au niveau des textes ni des rubriques, de fête de dédicace.

Les hymnes de l’office romain de ce jour ont été composée par saint Rhaban Maur de Fulda (c. 780 † 856), archevêque de Mayence. L’hymne des laudes mentionne en particulier les 3 archanges Michel, Gabriel & Raphaël.

Nous disons qu’il y a neuf ordres d’Anges. En effet, nous savons positivement par le témoignage de la sainte Écriture, qu’il y a : des Anges, des Archanges, des Vertus, des Puissances, des Principautés, des Dominations, des Trônes, des Chérubins et des Séraphins. Qu’il y ait des Anges et des Archanges, presque toutes les pages sacrées l’attestent ; quant aux Chérubins et aux Séraphins, il en est souvent question, comme on le sait, au livre des Prophètes. De plus, l’Apôtre saint Paul énumère les noms de quatre ordres dans ce passage de son Épître aux Éphésiens : « Au-dessus de toute Principauté, de toute Puissance, de toute Vertu, de toute Domination. » Il dit encore en écrivant aux Colossiens : « Soit les Trônes, soit les Puissances, soit les Principautés, soit les Dominations. » En joignant donc les Trônes aux quatre ordres dont il a parlé aux Éphésiens, on a cinq ordres ; et si l’on y ajoute les Anges et les Archanges, les Chérubins et les Séraphins, on trouve qu’il existe réellement neuf ordres d’Anges.
Sermon de saint Léon le Grand, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

A la sainte messe :

IIndes vêpres de la fête de la fête de la Dédicace de saint Michel Archange avec mémoire du XIVème dimanche après la Pentecôte.

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Portrait d’église, histoire de retable : Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise – le baroque Savoyard (9)

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise.

L’église Saint-Sigismond date de 1683, elle est composée d’un chœur, de 3 nefs à 3 travées. Le retable de l’autel majeur de Jacques Clérant remplace en 1710 celui de F. Cuenot.

Ce retable majeur a la somptuosité du baroque le plus flamboyant, il est entièrement doré, le visiteur ne s’attend pas à être littéralement saisi devant une telle abondance dans une petite église nichée au cœur des Alpes. Au premier regard, la profusion de décorations peut faire croire à un désordre d’une imagination débridée. Pourtant, si l’on observe bien la rigueur de la symétrie qui indique une composition ordonnée sur un axe horizontal et un axe vertical, l’homogénéité des sculptures dans le détail et dans l’ensemble montre que nous sommes en présence d’une œuvre majeure de Jacques Clérant, qui n’a subi aucune modification, altération depuis sa réalisation au XVIIIème siècle.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : le retable majeur.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : le retable majeur.

Pour l’apprécier, le comprendre, il faut prendre le temps de le contempler dans son ensemble puis dans les détails et accepter de lire l’histoire qu’il nous raconte et enfin, se laisser porter.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : l'antepandium.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : l’antepandium.

L’antepandium donne le la d’une hymne à la joie : les anges musiciens entourent l’Enfant Jésus placé au centre, avec leur divers instruments de musique. D’autres anges sur les divers registres du retable accompagnent la Vierge dans son Assomption et enfin dans son couronnement au ciel, le Christ étant représenté dans le triomphe de sa Résurrection.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : l'Assomption de la Vierge sur le retable majeur.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : l’Assomption de la Vierge sur le retable majeur.

Nous sommes en présence d’un résumé magistral de la foi catholique, ce retable est tout à la fois une page exceptionnelle d’architecture, de sculpture et de décoration, il devient pour les fidèles une instruction sur leur foi : les dogmes de La Sainte Trinité, de l’Incarnation et de la Rédemption sont déclinés sous une nuée angélique ; la présence réelle dans le tabernacle, le culte de la Très-Sainte Mère de Dieu et des saints en particulier ici : le roi Sigismond, saint patron de la paroisse qui contemple l’Assomption de la Vierge-Marie.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : les Anges supports du baldaquin.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : les Anges supports du baldaquin.

Posés en soutien du baldaquin, deux anges nous montrent de la main la scène au dessus d’eux : le couronnement de la Vierge, elle-même observée par Dieu le Père qui parachève le retable.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : le couronnement de la Vierge au Ciel.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : le couronnement de la Vierge au Ciel.

Le tabernacle est orné du Bon Pasteur, deux évêques l’entourent ainsi que deux scènes de la passion du Christ : le Christ aux outrages et la flagellation.

L’expression artistique de ce langage théologique est admirablement réussie par Jacques Clérant. Elle est mise en mouvement, pleine de vie et soulignée par les jeux de lumière et d’ombre, portée par les ruptures des lignes, par des courbes et les plis des vêtements. Ici, on contemple une parfaite, magistrale illustration de l’art au service de la foi. Ce qui est remarquable dans ce retable, c’est la quantité d’anges et d’angelots qui dans des positions parfois acrobatiques accentuent l’impression de mouvement. Une ascension vers le ciel comme pour porter la prière des fidèles tout en dégageant un sentiment de joie et d’exultation. On s’attend presque à voir l’un d’entre eux s’échapper du retable pour voler au dessus de ceux qui les contemplent et porter les supplications vers le Très Haut.

Le Baroque savoyard