Programme du XXVIIème dimanche après la Pentecôte – saint Philarète de Moscou – ton 2

Saint Philarète, métropolite de MoscouParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 2 décembre 2018 du calendrier grégorien – 19 novembre 2018 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Carême de Noël. Nous fêtons aussi en ce jour Sa Sainteté Philarète, métropolite de Moscou et de Kolomna.

Philarète fut une figure marquante du renouveau de l’orthodoxie russe au XIXème siècle. Né Vassili Mikhaïlovitch Drozdov, il avait reçu la tonsure monastique et son nom de Philarète durant ses études de théologie à la Laure de la Trinité-Saint-Serge. Ordonné prêtre en 1809, il enseigne à l’Académie théologique de Saint-Pétersbourg. Ayant lu les orateurs français, Massillon, Bourdaloue et Fénelon, il délivra des homélies qui sont des chefs-d’œuvre d’éloquence, comme ses sermons du Vendredi Saint 1813 et 1816. Il prêche et écrit beaucoup ; en particulier sont publiés en 1815 ses « Entretiens d’un sceptique et d’un croyant sur l’orthodoxie de l’Église orientale » et en 1823 son « Catéchisme détaillé de l’Église catholique orthodoxe d’Orient« , écrit sur le modèle des catéchismes catholiques par questions et réponses de la Contre-Réforme tridentine, ces ouvrages auront beaucoup de succès et d’influence. Nommé métropolite de Moscou en 1826, il s’oppose l’année suivante au projet du général Morder d’une réforme du Saint-Synode sur le modèle du consistoire protestant, ce qui lui vaudra beaucoup d’ennemis. Il soutiendra tous ceux qui oeuvraient à la renaissance de la spiritualité, en particulier les pères du célèbre monastère d’Optino ou les moniales de Diveyevo, couvent fondé par saint Séraphim de Sarov. Il sera aussi à l’origine de la traduction de la Bible en russe moderne.

Seigneur! Je ne sais pas que te demander. Tu es seul à savoir ce qui m’est nécessaire. Tu m’aimes davantage que je ne puis m’aimer moi-même. Accorde-moi, à moi ton serviteur, de voir ce que je suis incapable de demander par moi-même. Je n’ose demander ni la croix, ni la consolation. Je me tiens seulement devant toi. Mon cœur t’est ouvert. Tu vois les besoins que j’ignore. Vois et agis selon ta miséricorde. Frappe-moi et guéris-moi. Terrasse-moi et relève-moi. Je révère ta volonté, et je me tais devant toi, devant ta volonté sainte, devant tes arrêts impénétrables. Je me donne à toi entièrement. Il n `y a en moi ni volonté, ni désir, si ce n’est le désir d’accomplir ta volonté. Enseigne-moi à prier. Prie toi-même au-dedans de moi.”

Enterré en 1867 dans l’église Saint-Philarète sur le territoire de la laure de la Trinité-Saint-Serg, cette église fut rasée dans les années 1939-1940 par les Communistes. En 1994, une commission d’archéologues entreprit, avec la bénédiction du patriarche Alexis et de l’archimandrite de la Laure, à creuser sous l’asphalte. A plus de 2 mètres a été découvert le corps incorrompu de saint Philarète. La canonisation de saint Philarète par l’Eglise russe eut lieu en 1995.

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Nous fêtons aussi en ce jour saint Barlaam de Césarée, martyr. Saint Barlaam, d’humble naissance, était originaire des environs d’Antioche.

Durant la persécution de Dioclétien, il fut jeté en prison. Traduit devant le juge, qui se moqua de son langage rustique, on le déchira à coups de fouets et avec des ongles de fer jusqu’à lui ouvrir les côtés. Barlaam demeurait constant dans sa foi au Christ durant ces divers supplices. Le juge inventa alors un supplice nouveau pour l’obliger à sacrifier : l’ayant fait mener près d’un autel païen dédié aux faux dieux où l’on avait allumé du feu pour un sacrifice, les païens lui prirent la main, la remplirent d’encens & de charbons brûlant et la lui tinrent immédiatement au dessus du feu, espérant que n’en pouvant supporter l’ardeur, il jetterait les charbons et l’encens sur l’autel.

Mais saint Barlaam conserva sa main fermée et préféra être brûlé que de faire mine de sacrifier aux idoles.

Supportant dans sa main la braise avec l’encens,
Barlaam encensa le seul Dieu tout-puissant.
Par ses saintes prières, ô notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous. Amen.
Synaxaire du jour.

Saint Jean Chrysostome & saint Basile ont laissé deux homélies prêchées en l’honneur de saint Barlaam. Toutes deux paraissent indiquer qu’elles ont été prononcées près du tombeau du martyr, mais saint Jean Chrysostome a donné la sienne à Antioche et saint Basile à Césarée de Cappadoce. On pense d’ordinaire que saint Barlaam, originaire d’Antioche, a été martyrisé à Césarée où était son tombeau, mais qu’une église lui était dédiée dans la ville d’Antioche, sa patrie. Cette église est du reste attestée vers l’an 480.

Le rit romain commémore également au 19 novembre saint Barlaam. Voici la notice que lui consacre le Martyrologe romain :

A Césarée de Cappadoce, saint Barlaam, martyr. Quoiqu’ignorant & inculte, il triompha du tyran par la sagesse dont le Christ le remplit ; il surmonta même la violence du feu par la constance invincible de sa foi. En son jour anniversaire, saint Basile le Grand prononça un célèbre discours.

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Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Kondakion : de Sa Sainteté.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 2, & 4 tropaires de la 3ème ode du canon de Sa Sainteté :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Au plus profond de l’Enfer, * lorsqu’ils virent ta clarté, * ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort, ** ô Christ, se levèrent, ressuscités.
6. Ressuscité du tombeau, * tu vins au-devant des Myrrophores, * et les Disciples reçurent la mission ** de proclamer ta Résurrection.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : * Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire de Sa Sainteté, ton 4 : Ayant acquis la grâce de l’Esprit Saint, * ô hiérarque Philarète sage en Dieu, * tu prêchas la vérité et la justice aux hommes * grâce à ton esprit illuminé ; * tu manifestas la paix et la miséricorde * à ceux qui souffraient * et tu gardas le troupeau de Russie, * comme un maître de foi et un gardien vigilant, * par le bâton de la droiture. * Aussi, ayant de la liberté auprès du Christ Dieu, * prie-Le d’accorder l’affermissement à l’Église ** et à nos âmes le salut.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de Sa Sainteté, ton 2 : Comme un véritable imitateur de saint Serge, tu aimas la vertu depuis ta jeunesse, ô Philarète bienheureux en Dieu. Comme un pasteur juste et un confesseur immaculé, tu subis les outrages et les insultes des athées après ton saint trépas ; mais Dieu t’a glorifié par des signes et des miracles et t’a manifesté comme protecteur de notre Église.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
R/. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
V/. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
De Sa Sainteté, ton 1 :
R/. Ma bouche annonce la sagesse, & le murmure de mon cœur, l’intelligence (Psaume 48, 4).

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 233) VI, 10-17.
Prenez encore le casque du salut, et l’épée spirituelle qui est la parole de Dieu.
De Sa Sainteté : le hasard du calendrier fait que l’épitre de Sa Sainteté Philarète de Moscou est également la même que celle de ce XXVIIème dimanche après la Pentecôte.

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
V/. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
V/. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
De Sa Sainteté, ton 2 :
V/. La bouche du juste méditera la sagesse ; et sa langue parlera selon l’équité et la justice. (Psaume 36, 30).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 66) XII, 16-21.
Mais Dieu dit à cet homme : Insensé que tu es ! on va te redemander ton âme cette nuit même ; et pour qui sera ce que tu as amassé ?
De Sa Sainteté : Matthieu (§ 11) V, 14–19.
Celui donc qui violera l’un de ces moindres commandements, et qui apprendra aux hommes à les violer, sera regardé dans le royaume des cieux comme le dernier ; mais celui qui fera et enseignera, sera grand dans le royaume des cieux.

Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De Sa Sainteté : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du XXème dimanche après la Pentecôte – saints thaumaturges de Moscou – ton 3

Icône des saints thaumaturges de Moscou Pierre, Tikhon, Philippe, Alexis, Hermogène et JonasParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 18 octobre 2015 du calendrier grégorien, 5 octobre 2015 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons en ce jour leurs Saintetés les métropolites et patriarches Pierre, Alexis, Jonas, Macaire, Philippe, Job, Hermogène, Tikhon, Pierre, Philarète, Innocent et Macaire, thaumaturges de Moscou & de toute la Russie.

L’institution d’une fête commune pour honorer les saints Pierre, Alexis & Jonas, métropolites & thaumaturges de Moscou et de toute la Russie remonte au 5 octobre 1596, date où elle fut créée par le patriarche Job. En 1875, saint Innocent, métropolite de Moscou, adjoignit saint Philippe à la liste initiale. En 1913, saint Hermogène fut ajouté et enfin, en 2005, les saints Innocent, Macaire, Job, Tikhon, Philarète, Pierre et Macaire.

  1. Saint Pierre (né vers 1260, mort le 20 décembre 1326) est fêté le 21 décembre et le 24 août (translation des reliques dans la nouvelle cathédrale de la Dormition le 24 août 1479). Il devint métropolite de Kiev en 1308 (après une apparition de la Vierge à son prédécesseur saint Maxime de Kiev pour confirmer son choix de Pierre comme successeur). Il ne peut alors résider dans sa ville de Kiev, alors ravagée par les Tatars. Il décide de s’installer à Moscou en 1325, entrevoyant le futur de cette ville dans l’histoire de la Russie et y décide la construction de la cathédrale de la Dormition dans le Kremlin. Célèbre par sa douceur et son humilité, il résista néanmoins à l’orgueil des princes et n’hésita pas avec énergie à voyager dans toute la Russie pour confirmer dans la foi le peuple chrétien et lutter contre la propagande islamique. Après sa mort, de nombreuses guérisons miraculeuses s’accomplissent sur son tombeau. Le 1er juillet 1472, en raison des travaux de reconstruction de la cathédrale de la Dormition, son tombeau fut ouvert et son corps trouvé incorrompu. Pendant longtemps, les décisions importantes que prenaient les princes de Moscou ne se faisaient qu’après une prière sur le tombeau de saint Pierre.
  2. Saint Alexis (né entre 1292 et 1305, mort le 12 février 1378) est fêté le 12 février et le 16 octobre (translation de ses reliques en 1948). Il fut reçut moine par saint Serge de Radonège en 1320 dans le Monastère de l’Epiphanie de Moscou où il passa sa vie en ascète. En 1354, il devint métropolite de Kiev et de toute la Russie en résidence à Moscou, confirmé par le patriarche de Constantinople en 1356. Il fonde le célèbre monastère Tchoudov (du « Miracle ») au Kremlin, où il fut inhumé. Lorsqu’on exhuma son corps en 1431, on constata qu’il était incorrompu. Les reliques de saint Alexis furent transférées à la cathédrale de l’Épiphanie le 16 octobre 1948, alors que l’Église russe célébrait le huitième centenaire de Moscou.
  3. Saint Jonas (né en 1390, mort le 31 mars 1461) est fêté le 31 mars, le 27 mai (translation des reliques) et le 15 juin. Il fut élu métropolite de Moscou et de toute la Russie en 1448, sans l’assentiment du patriarche de Constantinople (ce qui de facto instaura l’autocéphalie de l’Eglise russe). C’est le premier a abandonner la titulature traditionnelle de Kiev, l’ancienne capitale où le chef de l’Eglise russe ne pouvait plus résider en raison de la domination tatare (cette ville passe sous le contrôle de la Pologne-Lituanie en 1362). Le 27 mai 1472 son corps fut exhumé de son tombeau dans la cathédrale de la Dormition du Kremlin de Moscou, alors en reconstruction, et fut retrouvé incorrompu.
  4. Saint martyr Philippe II (né le 11 février 1507, mort le 12 décembre 1569) est fêté le 9 janvier et le 3 juillet (translation des reliques des Iles Solovetski à Moscou). Ami de jeunesse d’Ivan le Terrible, il devint moine puis higoumène du monastère des Iles Solovetski, où le Christ lui apparait en lui présentant la couronne d’épines et les instruments de la Passion. En 1566, il est appelé à Moscou par le tsar Ivan le Terrible pour devenir métropolite de Moscou. Il n’hésite pas à dénoncer les crimes d’Ivan, qui le dépose et l’exile, avant d’ordonner de le faire étrangler par son bourreau préféré Maliouta Skuratov. Entrant dans la cellule de saint Philippe, le bourreau se jeta à ses pieds et dit:
    – O Maître, saint, donnez votre bénédiction au roi qui va faire campagne à Novgorod.
    Mais saint Philippe lui répliqua :
    – Faites ce que vous voulez, mais le don gratuit de Dieu ne sera pas trompé.
    Le bourreau l’étouffa alors avec un oreiller.
  5. Saint martyr Hermogène (né avant 1530, mort le 17 février 1612) est fêté le 17 février et le 12 mai (translation des reliques en 1913). D’abord métropolite de Kazan (conquise en 1552), où il engagea la christianisation des Tatars, il fut élu 3ème patriarche de Moscou en 1606 et fut à l’initiative du soulèvement populaire qui mit fin à la Période des Troubles. Il est mort de faim en prison.
  6. Saint Innocent (né le 26 août 1797, mort le 31 mars 1879) est fêté le 31 mars et le 23 septembre. A partir de 1823, il fut apôtre de l’Alaska (alors terre russe) et des Iles Aléoutiennes et celles de l’archipel des Iles Alexandre en particulier. Il composa un alphabet aléoute, et rédigea dans cette langue divers ouvrages, traduisit un catéchisme, l’Évangile selon Matthieu et les prières les plus importantes. Il fit de même pour la langue tlingit. Il fut sacré évêque du Kamtchatka (en Sibérie), des Iles Kouriles et des Iles Aléoutiennes le 15 décembre 1840. En 1850, Mgr Innocent fut élevé au rang d’archevêque. Il transféra alors son siège épiscopal de Novo Arkhangelsk à Yakoutsk, sur le continent asiatique. Là encore, il favorisa la traduction et l’édition des textes bibliques et liturgiques dans les langues locale. De la Yakoutie, il se mit à suivre le fleuve Amour pour parcourir la partie asiatique de son diocèse et commença à évangéliser en Mandchourie. En 1868, âgé de 71 ans, il fut nommé Métropolite de Moscou. Durant les 10 années qu’il vécut encore, malgré une maladie des yeux qui le faisait beaucoup souffrir, il s’attacha beaucoup à la formation du clergé. Il est vénéré comme Egal-aux-Apôtres, en tant qu’apôtre de l’Amérique.
  7. Saint Macaire (né en 1482, mort le 31 décembre 1563) est fêté le 30 décembre. Archevêque de Novgorod en 1523, il devint métropolite de Moscou et de toute la Russie en 1542. Il canonisa 39 saints russes.
  8. Saint Job (né vers 1525, mort le 19 juin 1607) est fêté le 5 avril et le 19 juin. Evêque de Kolomna en 1581 puis archevêque de Rostov en 1586, il fut élu en 1587 métropolite de Moscou et de toute la Russie. En 1589, il reçoit la visite du patriarche Jérémie II de Constantinople et obtient de lui la promotion de son titre de Métropolite en celui de Patriarche. Cette initiative est entérinée par les Conciles de Constantinople de 1590 et de février 1603. Saint Job est donc le premier patriarche de Moscou. Il favorisa la propagation du christianisme dans la région de la Volga, conquise par Ivan le Terrible, et en Sibérie qui venait d’être rattachée sous le règne de Boris Godounov. En 1662, son corps incorrompu et odoriférant fut transféré à la cathédrale de la Dormition du Kremlin.
  9. Saint néomartyr Tikhon (né le 19 janvier 1865, mort le 25 mars 1925) est fêté le 25 avril et le 26 septembre. Evêque des Îles Aléoutiennes et de l’Alaska puis de Iaroslav, il fut élevé, le 15 août 1917, à la dignité de métropolite de Moscou & le 5 novembre de la même année, il fut élu au Patriarcat de Moscou qu’on venait de restaurer. Tikhon condamna publiquement l’assassinat de la famille impériale en 1918, et protesta contre les attaques violentes des bolcheviks contre l’Église. Pendant la famine de 1922, le Patriarche fut accusé d’être un saboteur par le gouvernement communiste, et fut pour ce motif incarcéré en avril 1922 au monastère Donskoï jusqu’à sa mort. Il avait prédit juste avant de mourir : « la nuit sera sombre et longue, très longue ». Un million de fidèles assistèrent à ses funérailles, bravant le pouvoir communiste. Le 19 février 1992 ses reliques furent retrouvées presque intactes.
  10. Saint Philarète (né le 26 décembre 1782, mort le 19 novembre 1867) est fêté le 19 novembre. Evêque de Reval en 1817, archevêque de Tver en 1819, métropolite de Moscou en 1826. Grand intellectuel et prédicateur de talent, il passe pour avoir inspiré au Tsar Alexandre II le décret mettant fin au servage.
  11. Saint néomartyr Pierre (né le 28 juin 1862, mort le 27 septembre 1937) est fêté le 27 septembre. Secrétaire du Saint Synode, le saint patriarche Tykhon lui demanda de devenir évêque. « Si je refuse, je serai traître à l’Eglise, mais je sais qu’en acceptant, je signe ma propre peine de mort » lui répondit-il. Il fut sacré évêque de Podolsk par le patriarche Tikhon le 8 octobre 1920. Presque aussitôt il fut arrêté par les Communistes et exilé jusqu’en 1923. De retour d’exil, il fut élevé comme archevêque puis métropolite de Kroutitsy, non loin de Moscou. Après la mort du saint patriarche Tikhon, il fut locum tenens du patriarcat de Moscou, et à nouveau exilé par le pouvoir communiste en 1926. Ayant refusé à plusieurs reprises de devenir un agent communiste, il fut condamné et fusillé.
  12. Saint Macaire II (né le 1er octobre 1835, mort le 2 mars 1926) est fêté le 16 février. Missionnaire de l’Altaï en février 1855, il traduit dans cette langue les Évangiles, des livres liturgiques, des prières. Son dévouement et son amour lui feront acquérir un grand respect de la population autochtone, notamment lorsqu’il sauvera un enfant mordu par un serpent en aspirant le venin malgré les risques. Au cours de ses années passées dans l’Altaï, beaucoup de miracles et de guérisons seront rapportés. En 1912, il est nommé métropolite de Moscou après avoir été archevêque de Tomsk. A partir de 1917, le nouveau pouvoir cherche à la déposer en lançant une série de fausses accusations contre lui et finit par l’exiler. En 1957, le Patriarche Alexis Ier ordonnera que son cercueil soit ouvert et on découvrira que son corps est incorrompu. Il sera ensuite transféré à la Laure de la Trinité Saint-Serge. Des miracles sont encore aujourd’hui rapportés sur ses reliques.

Icône-reliquaire des saints thaumaturges de Moscou Philippe, Macaire, Hermogène, Pierre, Alexis et JonasEn célébrant ces douze hiérarques thaumaturges un jour commun, l’Église russe honore ses protecteurs célestes qui intercèdent pour Moscou et pour toute la Russie.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de leurs Saintetés. Kondakion : du dimanche.
A sexte: Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de leurs Saintetés. Kondakion : de leurs Saintetés.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche ton 3, 4 tropaires de la 3ème ode du canon de leurs Saintetés :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Aux Myrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant&nbsp: Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Tropaire de leurs Saintetés, ton 4 : Premiers pontifes de la Russie,* fidèles dépositaires de l’apostolique tradition,* inébranlables colonnes et docteurs de la vraie foi,* Pierre, Alexis, Jonas et Philippe, intercédez * auprès du Maître universel * pour qu’au monde il fasse don de la paix * et qu’à nos âmes il accorde la grâce du salut.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de leurs Saintetés, ton 3 : En pontifes ayant vécu pieusement * et mené le peuple à la connaissance de Dieu,* vous avez plu au Seigneur et pour cela * il vous a glorifiés par des miracles et en gardant vos corps sans corruption,* vous les disciples de la grâce de Dieu.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 3 : Du tombeau tu es ressuscité * en ce jour, ô Dieu de miséricorde, * nous arrachant aux portes de la mort ; * en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie, * et tous ensemble les Patriarches & les Prophètes chantent inlassablement ** la force & la puissance de ta divinité.

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
R/. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
V/. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).
De leurs Saintetés, ton 7 :
R/. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).

Epîtres
Du dimanche : Galates (§ 200) I, 11-19.
Je vous déclare donc, frères, que l’Évangile que je vous ai prêché, n’a rien de l’homme.
De leurs Saintetés : Hébreux (§ 335) XIII, 17-21.

Alleluia
Du dimanche, ton 3 :
V/. En toi, Seigneur, j’ai mon abris ; sur moi pas de honte à jamais (Psaume 30, 2).
V/. Sois pour moi un Dieu qui me défend, un lieu fort qui me sauve (Psaume 30, 3.)
De leurs Saintetés :
V/. Que tes prêtres soient revêtus de justice, et que tes saints tressaillent de joie (Psaume 131, 9).

Evangile
Du dimanche : Luc (§ 26) VI, 31-36.
Soyez donc pleins de miséricorde, comme votre Père est plein de miséricorde.
De leurs Saintetés : Matthieu (§ 11) V, 14-19.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De leurs Saintetés : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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