Programme du XXème dimanche après la Pentecôte – saints thaumaturges de Moscou – ton 3

Icône des saints thaumaturges de Moscou Pierre, Tikhon, Philippe, Alexis, Hermogène et JonasParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 18 octobre 2015 du calendrier grégorien, 5 octobre 2015 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons en ce jour leurs Saintetés les métropolites et patriarches Pierre, Alexis, Jonas, Macaire, Philippe, Job, Hermogène, Tikhon, Pierre, Philarète, Innocent et Macaire, thaumaturges de Moscou & de toute la Russie.

L’institution d’une fête commune pour honorer les saints Pierre, Alexis & Jonas, métropolites & thaumaturges de Moscou et de toute la Russie remonte au 5 octobre 1596, date où elle fut créée par le patriarche Job. En 1875, saint Innocent, métropolite de Moscou, adjoignit saint Philippe à la liste initiale. En 1913, saint Hermogène fut ajouté et enfin, en 2005, les saints Innocent, Macaire, Job, Tikhon, Philarète, Pierre et Macaire.

  1. Saint Pierre (né vers 1260, mort le 20 décembre 1326) est fêté le 21 décembre et le 24 août (translation des reliques dans la nouvelle cathédrale de la Dormition le 24 août 1479). Il devint métropolite de Kiev en 1308 (après une apparition de la Vierge à son prédécesseur saint Maxime de Kiev pour confirmer son choix de Pierre comme successeur). Il ne peut alors résider dans sa ville de Kiev, alors ravagée par les Tatars. Il décide de s’installer à Moscou en 1325, entrevoyant le futur de cette ville dans l’histoire de la Russie et y décide la construction de la cathédrale de la Dormition dans le Kremlin. Célèbre par sa douceur et son humilité, il résista néanmoins à l’orgueil des princes et n’hésita pas avec énergie à voyager dans toute la Russie pour confirmer dans la foi le peuple chrétien et lutter contre la propagande islamique. Après sa mort, de nombreuses guérisons miraculeuses s’accomplissent sur son tombeau. Le 1er juillet 1472, en raison des travaux de reconstruction de la cathédrale de la Dormition, son tombeau fut ouvert et son corps trouvé incorrompu. Pendant longtemps, les décisions importantes que prenaient les princes de Moscou ne se faisaient qu’après une prière sur le tombeau de saint Pierre.
  2. Saint Alexis (né entre 1292 et 1305, mort le 12 février 1378) est fêté le 12 février et le 16 octobre (translation de ses reliques en 1948). Il fut reçut moine par saint Serge de Radonège en 1320 dans le Monastère de l’Epiphanie de Moscou où il passa sa vie en ascète. En 1354, il devint métropolite de Kiev et de toute la Russie en résidence à Moscou, confirmé par le patriarche de Constantinople en 1356. Il fonde le célèbre monastère Tchoudov (du « Miracle ») au Kremlin, où il fut inhumé. Lorsqu’on exhuma son corps en 1431, on constata qu’il était incorrompu. Les reliques de saint Alexis furent transférées à la cathédrale de l’Épiphanie le 16 octobre 1948, alors que l’Église russe célébrait le huitième centenaire de Moscou.
  3. Saint Jonas (né en 1390, mort le 31 mars 1461) est fêté le 31 mars, le 27 mai (translation des reliques) et le 15 juin. Il fut élu métropolite de Moscou et de toute la Russie en 1448, sans l’assentiment du patriarche de Constantinople (ce qui de facto instaura l’autocéphalie de l’Eglise russe). C’est le premier a abandonner la titulature traditionnelle de Kiev, l’ancienne capitale où le chef de l’Eglise russe ne pouvait plus résider en raison de la domination tatare (cette ville passe sous le contrôle de la Pologne-Lituanie en 1362). Le 27 mai 1472 son corps fut exhumé de son tombeau dans la cathédrale de la Dormition du Kremlin de Moscou, alors en reconstruction, et fut retrouvé incorrompu.
  4. Saint martyr Philippe II (né le 11 février 1507, mort le 12 décembre 1569) est fêté le 9 janvier et le 3 juillet (translation des reliques des Iles Solovetski à Moscou). Ami de jeunesse d’Ivan le Terrible, il devint moine puis higoumène du monastère des Iles Solovetski, où le Christ lui apparait en lui présentant la couronne d’épines et les instruments de la Passion. En 1566, il est appelé à Moscou par le tsar Ivan le Terrible pour devenir métropolite de Moscou. Il n’hésite pas à dénoncer les crimes d’Ivan, qui le dépose et l’exile, avant d’ordonner de le faire étrangler par son bourreau préféré Maliouta Skuratov. Entrant dans la cellule de saint Philippe, le bourreau se jeta à ses pieds et dit:
    – O Maître, saint, donnez votre bénédiction au roi qui va faire campagne à Novgorod.
    Mais saint Philippe lui répliqua :
    – Faites ce que vous voulez, mais le don gratuit de Dieu ne sera pas trompé.
    Le bourreau l’étouffa alors avec un oreiller.
  5. Saint martyr Hermogène (né avant 1530, mort le 17 février 1612) est fêté le 17 février et le 12 mai (translation des reliques en 1913). D’abord métropolite de Kazan (conquise en 1552), où il engagea la christianisation des Tatars, il fut élu 3ème patriarche de Moscou en 1606 et fut à l’initiative du soulèvement populaire qui mit fin à la Période des Troubles. Il est mort de faim en prison.
  6. Saint Innocent (né le 26 août 1797, mort le 31 mars 1879) est fêté le 31 mars et le 23 septembre. A partir de 1823, il fut apôtre de l’Alaska (alors terre russe) et des Iles Aléoutiennes et celles de l’archipel des Iles Alexandre en particulier. Il composa un alphabet aléoute, et rédigea dans cette langue divers ouvrages, traduisit un catéchisme, l’Évangile selon Matthieu et les prières les plus importantes. Il fit de même pour la langue tlingit. Il fut sacré évêque du Kamtchatka (en Sibérie), des Iles Kouriles et des Iles Aléoutiennes le 15 décembre 1840. En 1850, Mgr Innocent fut élevé au rang d’archevêque. Il transféra alors son siège épiscopal de Novo Arkhangelsk à Yakoutsk, sur le continent asiatique. Là encore, il favorisa la traduction et l’édition des textes bibliques et liturgiques dans les langues locale. De la Yakoutie, il se mit à suivre le fleuve Amour pour parcourir la partie asiatique de son diocèse et commença à évangéliser en Mandchourie. En 1868, âgé de 71 ans, il fut nommé Métropolite de Moscou. Durant les 10 années qu’il vécut encore, malgré une maladie des yeux qui le faisait beaucoup souffrir, il s’attacha beaucoup à la formation du clergé. Il est vénéré comme Egal-aux-Apôtres, en tant qu’apôtre de l’Amérique.
  7. Saint Macaire (né en 1482, mort le 31 décembre 1563) est fêté le 30 décembre. Archevêque de Novgorod en 1523, il devint métropolite de Moscou et de toute la Russie en 1542. Il canonisa 39 saints russes.
  8. Saint Job (né vers 1525, mort le 19 juin 1607) est fêté le 5 avril et le 19 juin. Evêque de Kolomna en 1581 puis archevêque de Rostov en 1586, il fut élu en 1587 métropolite de Moscou et de toute la Russie. En 1589, il reçoit la visite du patriarche Jérémie II de Constantinople et obtient de lui la promotion de son titre de Métropolite en celui de Patriarche. Cette initiative est entérinée par les Conciles de Constantinople de 1590 et de février 1603. Saint Job est donc le premier patriarche de Moscou. Il favorisa la propagation du christianisme dans la région de la Volga, conquise par Ivan le Terrible, et en Sibérie qui venait d’être rattachée sous le règne de Boris Godounov. En 1662, son corps incorrompu et odoriférant fut transféré à la cathédrale de la Dormition du Kremlin.
  9. Saint néomartyr Tikhon (né le 19 janvier 1865, mort le 25 mars 1925) est fêté le 25 avril et le 26 septembre. Evêque des Îles Aléoutiennes et de l’Alaska puis de Iaroslav, il fut élevé, le 15 août 1917, à la dignité de métropolite de Moscou & le 5 novembre de la même année, il fut élu au Patriarcat de Moscou qu’on venait de restaurer. Tikhon condamna publiquement l’assassinat de la famille impériale en 1918, et protesta contre les attaques violentes des bolcheviks contre l’Église. Pendant la famine de 1922, le Patriarche fut accusé d’être un saboteur par le gouvernement communiste, et fut pour ce motif incarcéré en avril 1922 au monastère Donskoï jusqu’à sa mort. Il avait prédit juste avant de mourir : « la nuit sera sombre et longue, très longue ». Un million de fidèles assistèrent à ses funérailles, bravant le pouvoir communiste. Le 19 février 1992 ses reliques furent retrouvées presque intactes.
  10. Saint Philarète (né le 26 décembre 1782, mort le 19 novembre 1867) est fêté le 19 novembre. Evêque de Reval en 1817, archevêque de Tver en 1819, métropolite de Moscou en 1826. Grand intellectuel et prédicateur de talent, il passe pour avoir inspiré au Tsar Alexandre II le décret mettant fin au servage.
  11. Saint néomartyr Pierre (né le 28 juin 1862, mort le 27 septembre 1937) est fêté le 27 septembre. Secrétaire du Saint Synode, le saint patriarche Tykhon lui demanda de devenir évêque. « Si je refuse, je serai traître à l’Eglise, mais je sais qu’en acceptant, je signe ma propre peine de mort » lui répondit-il. Il fut sacré évêque de Podolsk par le patriarche Tikhon le 8 octobre 1920. Presque aussitôt il fut arrêté par les Communistes et exilé jusqu’en 1923. De retour d’exil, il fut élevé comme archevêque puis métropolite de Kroutitsy, non loin de Moscou. Après la mort du saint patriarche Tikhon, il fut locum tenens du patriarcat de Moscou, et à nouveau exilé par le pouvoir communiste en 1926. Ayant refusé à plusieurs reprises de devenir un agent communiste, il fut condamné et fusillé.
  12. Saint Macaire II (né le 1er octobre 1835, mort le 2 mars 1926) est fêté le 16 février. Missionnaire de l’Altaï en février 1855, il traduit dans cette langue les Évangiles, des livres liturgiques, des prières. Son dévouement et son amour lui feront acquérir un grand respect de la population autochtone, notamment lorsqu’il sauvera un enfant mordu par un serpent en aspirant le venin malgré les risques. Au cours de ses années passées dans l’Altaï, beaucoup de miracles et de guérisons seront rapportés. En 1912, il est nommé métropolite de Moscou après avoir été archevêque de Tomsk. A partir de 1917, le nouveau pouvoir cherche à la déposer en lançant une série de fausses accusations contre lui et finit par l’exiler. En 1957, le Patriarche Alexis Ier ordonnera que son cercueil soit ouvert et on découvrira que son corps est incorrompu. Il sera ensuite transféré à la Laure de la Trinité Saint-Serge. Des miracles sont encore aujourd’hui rapportés sur ses reliques.

Icône-reliquaire des saints thaumaturges de Moscou Philippe, Macaire, Hermogène, Pierre, Alexis et JonasEn célébrant ces douze hiérarques thaumaturges un jour commun, l’Église russe honore ses protecteurs célestes qui intercèdent pour Moscou et pour toute la Russie.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de leurs Saintetés. Kondakion : du dimanche.
A sexte: Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de leurs Saintetés. Kondakion : de leurs Saintetés.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche ton 3, 4 tropaires de la 3ème ode du canon de leurs Saintetés :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Aux Myrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant&nbsp: Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Tropaire de leurs Saintetés, ton 4 : Premiers pontifes de la Russie,* fidèles dépositaires de l’apostolique tradition,* inébranlables colonnes et docteurs de la vraie foi,* Pierre, Alexis, Jonas et Philippe, intercédez * auprès du Maître universel * pour qu’au monde il fasse don de la paix * et qu’à nos âmes il accorde la grâce du salut.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de leurs Saintetés, ton 3 : En pontifes ayant vécu pieusement * et mené le peuple à la connaissance de Dieu,* vous avez plu au Seigneur et pour cela * il vous a glorifiés par des miracles et en gardant vos corps sans corruption,* vous les disciples de la grâce de Dieu.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 3 : Du tombeau tu es ressuscité * en ce jour, ô Dieu de miséricorde, * nous arrachant aux portes de la mort ; * en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie, * et tous ensemble les Patriarches & les Prophètes chantent inlassablement ** la force & la puissance de ta divinité.

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
R/. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
V/. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).
De leurs Saintetés, ton 7 :
R/. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).

Epîtres
Du dimanche : Galates (§ 200) I, 11-19.
Je vous déclare donc, frères, que l’Évangile que je vous ai prêché, n’a rien de l’homme.
De leurs Saintetés : Hébreux (§ 335) XIII, 17-21.

Alleluia
Du dimanche, ton 3 :
V/. En toi, Seigneur, j’ai mon abris ; sur moi pas de honte à jamais (Psaume 30, 2).
V/. Sois pour moi un Dieu qui me défend, un lieu fort qui me sauve (Psaume 30, 3.)
De leurs Saintetés :
V/. Que tes prêtres soient revêtus de justice, et que tes saints tressaillent de joie (Psaume 131, 9).

Evangile
Du dimanche : Luc (§ 26) VI, 31-36.
Soyez donc pleins de miséricorde, comme votre Père est plein de miséricorde.
De leurs Saintetés : Matthieu (§ 11) V, 14-19.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De leurs Saintetés : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Programme du IVème dimanche après la Pentecôte – Miracle de Notre-Dame de Vladimir de 1480 – ton 3

Icône de la Mère de Dieu de VladimirParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 6 juillet 2014 du calendrier grégorien, 23 juin 2014 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons aussi le miracle de l’icône de Notre-Dame de Vladimir, qui sauva Moscou de l’invasion du khan Ahmat de la Grande Horde l’an 1480.

L’icône de la Mère de Dieu de Vladimir est l’une des plus vénérées de Russie. Le grand-duc Iouri Dolgorouki de Kiev l’a reçue en présent de Luc Chrysoberges, patriarche de Constantinople, vers 1131. Ce prince la fit placer dans le monastère de femmes Mejihirski près de Kiev jusqu’à ce que son fils Andreï Bogolioubski veuille la transporter dans la ville de Rostov, en 1155. Mais lorsque les chevaux qui transportaient l’icône s’arrêtèrent près de Vladimir et refusèrent d’aller plus loin, ceci fut interprété comme un signe que la Theotokos voulait que l’icône reste à cet endroit. Andreï Bogolioubski fit construire à cet emplacement la grande cathédrale de l’Assomption de Vladimir de 1158 à 1160 pour abriter l’icône, et cet évènement entraîna par la suite la consécration de nombreuses autres églises à la Mère de Dieu dans tout le nord-ouest de la Russie. En 1164, l’icône de la Vierge de Vladimir accompagnait ce même prince André Bogolioubski dans sa marche victorieuse contre les Bulgares de la Volga. Elle sera miraculeusement épargnée pendant l’incendie qui ravagea la cathédrale de Vladimir le 13 avril 1185 et ne subit aucun dommage lors du sac de la ville le 7 février 1238 par les troupes mongoles, qui incendièrent pourtant la cathédrale, dans laquelle périrent la princesse Agatha Vsevolodovna et le reste de la famille princière.

En 1395, le terrible et sanguinaire Tamerlan menace Moscou avec ses hordes turco-mongoles musulmanes. On fait alors venir l’icône sacrée de Vladimir, protectrice de la Sainte Russie. Une grande procession du clergé et de la population de Moscou vint l’accueillir à une porte de la ville le 26 août 1395. Le lieu de cette sainte rencontre (sretenie en slavon) en prit le nom : c’est l’actuelle rue Sretenka de Moscou, où s’élève le très beau monastère Sretensky, haut lieu de l’actuelle renaissance spirituelle russe, également réputé pour l’excellence de son chœur liturgique. Ce monastère fut élevé pour commémorer cette rencontre de la Mère de Dieu et du peuple de Moscou suppliant de lui venir en aide.

Après cette rencontre, l’icône est accompagnée en grande pompe au Kremlin en la cathédrale de la Dormition, et le grand-prince Basile Ier passa la nuit en prières et en pleurs devant celle-ci. Le lendemain, Tamerlan faisait demi-tour sans avoir livré bataille.

Après ce miracle, les Moscovites refusèrent de restituer l’icône à la ville de Vladimir et elle demeura dans la cathédrale de la Dormition du Kremlin de Moscou, devenant l’icône despotique de son iconostase. C’est devant elle que se déroulaient les grands actes de la vie du pays, tels que le couronnement du tsar ou l’élection du patriarche. Elle devint l’objet de pèlerinages populaires. Pour ne pas priver totalement les habitants de Vladimir, leur icône y retourna maintes fois, surtout lors des pénibles années de l’invasion tatare. Le prince Basile en fit peindre par ailleurs une copie par Saint André Roublev, copie destinée à la cathédrale de la Dormition à Vladimir.

Par la suite, outre ce miracle de 1385, l’icône fut à l’origine de nombreuses délivrances miraculeuses de Moscou face aux envahisseurs musulmans :

  • En 1408 : siège de Moscou par le khan Edigueï
  • En 1451 : siège de Moscou par Mazovcha, le fils du khan de Nagaï. Le métropolite Jonas ordonne une procession sur les remparts avec l’icône de la Mère de Dieu et les forces islamiques lèvent le siège.
  • En 1459 : siège de Moscou par le khan de Nagaï voulant laver l’humiliation de son fils en 1451. Ivan III le met en déroute.
  • En 1480 : siège de Moscou par le khan Ahmat de la Grande Horde. C’est l’objet de la fête de ce jour, nous y reviendront.
  • En 1521 : siège de Moscou par Mahmet Guireï. Les troupes russes, inférieures en nombre, parviennent à encercler les troupes tatares et celles-ci fuient de façon désorganisée.

En hommage à ces miracles, l’église russe fête trois fois par an les principaux miracles de l’icône de la Vierge de Vladimir : le 21 mai (miracle de 1521), le 23 juin (miracle de 1480) et le 26 août (miracle de 1395). Le miracle de 1451 a eu lieu le jour de la fête de la Déposition du vêtement de la Mère de Dieu dans l’église des Blachernes à Constantinople, il ne possède pas de fête propre.

Revenons sur le miracle de 1480, qui est l’objet propre de la fête de ce 23 juin.

En cette année 1480, le tsar Ivan III le Grand déchira sur les marches de la cathédrale de l’Assomption le traité qui soumettait Moscou au pouvoir de la Horde d’or et déclara ainsi l’indépendance de la Russie, refusant par là même de payer le tribut au chef de la Horde d’or, Ahmet, qui se dirigea aussitôt vers Moscou avec une énorme armée. L’icône de la Mère de Dieu se trouvait à ce moment-là à Vladimir. On l’envoya chercher en toute hâte et elle parvint à Moscou le 23 juin. Les armées russes & tatares prennent position sur l’Ougra et s’observent pendant plusieurs jours, aucune des deux ne se décidant à traverser la première. À Moscou, on priait jour et nuit devant l’icône en implorant la Toute-Pure d’apporter son aide. Une rumeur venue d’on ne sait où circula parmi le peuple, disant que la Mère de Dieu avait posé sa ceinture sur la rivière entre les deux armées, ce qui avait eu pour effet de les tenir immobiles. Le prince Ivan Vassilievitch décida à la fin de mettre un terme à cette attente en s’éloignant de la rivière pour obliger les Tatars à la traverser en toute quiétude : il espérait ainsi engager la bataille avec une moitié de l’armée, et mettre les Tatars en déroute en les prenant en étau sur la rivière. Ahmet réfléchit longtemps et flaira le piège. Il s’écarta à son tour, et c’est ainsi que la ceinture de la Mère de Dieu les éloigna les uns des autres. Le contact ayant été évité, le prince Ivan envoya des détachements de cavaliers autour de l’armée ennemie pour localiser les Tatars et sonder leurs intentions. En voyant constamment ces cavaliers russes autour d’eux, les Tatars craignirent d’être entourés et reculèrent de plus en plus. Le 7 novembre, ils partirent définitivement, renonçant à l’idée de conquérir Moscou. On institua la journée du 23 juin, date de l’arrivée de l’icône à Moscou, comme fête solennelle de la Mère de Dieu.

Après la révolution bolchevique, l’icône fut spoliée par les communistes dès 1918 ; elle fut déposée en 1926 au Musée historique d’Etat puis depuis 1930 à la Galerie Tretyakov de Moscou, qui en est toujours le dépositaire officiel.

On raconte en Russie qu’en décembre 1941, alors que les Allemands approchaient de Moscou, Staline aurait ordonné que l’icône fût placée dans un avion qui ferait le tour de la capitale assiégée. L’armée allemande commença à se retirer quelques jours après.

Comme pour d’autres icônes célèbres (celle de la Trinité écrite par saint André Roublev par exemple), se posa dans les années 1990 le délicat problème de la restitution par la Galerie Tretyakov de ces biens spoliés qui constituent à la fois des trésors artistiques – fleurons de la célèbre galerie – mais sont aussi des joyaux pour la piété des fidèles croyants. Une solution juridique originale a été mise en place en 1999 : l’église Saint-Nicolas de Tolmachi, appartenant à la Galerie Tretyakov, expose désormais l’icône de la Vierge de Vladimir et d’autres trésors religieux célèbres de la galerie. L’église a été reconsacrée et les offices y sont célébrés quotidiennement ; elle est ouverte à la visite touristique en dehors des offices. En outre, l’icône miraculeuse de Notre Dame de Vladimir est aussi régulièrement transférée à la cathédrale de la Dormition du Kremlin pour les grandes fêtes solennelles.

Icône de la Mère de Dieu de Vladimir (détail)Le modèle de l’icône est du type Eleusa – Vierge de tendresse -, la joue du l’Enfant est serrée contre celle de sa Mère dans un geste d’amour et d’affection.

Le prototype de la Vierge de Vladimir est identifiable par une particularité dans la représentation du pied gauche de l’Enfant-Jésus (son pied gauche est replié ce qui laisse voir la plante de face).

Les analyses tant historiques que scientifiques établissent que l’icône de la Vierge de Vladimir a été composé à la fin du XIème siècle ou au début du XIIème siècle par un ou plusieurs maîtres de l’école byzantine de Constantinople. Les spécialistes la considèrent comme l’icône la plus importante de la période comnénienne du point de vue artistique. La taille initiale de l’icône est de 78 cm x 55 cm. La planche de tilleul à une épaisseur de 2,7 cm. Elle a été augmentée pour mesurer 104 cm x 69 cm (probablement pour faciliter son insertion dans une iconostase). Elle possède de ce fait une arche profonde et des champs larges.

L’icône présente la particularité d’être écrite sur les deux faces. Le verso, qui représente un autel byzantin avec l’évangéliaire, la croix & les instruments de la Passion, date de la restauration faite en 1514 sur ordre du métropolite Varlaam. Cette image a été peinte par l’école d’iconographie de Moscou.

L’icône de Notre-Dame de Vladimir exprime profondément le sentiment d’amour maternel de la Mère de Dieu mais aussi son anxiété vis-à-vis de son enfant. Elle transcrit de manière claire mais pourtant retenue l’intensité des émotions. Prions la Mère de Dieu qu’elle daigne continuer à nous protéger de nos dangers présents par sa maternelle protection.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la Mère de Dieu.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche ton 3, & 4 tropaires de la 3ème ode du canon de la Mère de Dieu.
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Aux Myrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant : Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les cieux se réjouissent, * que la terre exulte d’allégresse, * car le Seigneur a fait merveille * par la force de son bras, * terrassant la mort par sa propre mort * et devenant d’entre les morts le premier-né : * du sein de l’Enfer il nous a tous sauvés, * accordant au monde la grâce du salut.
2. Tropaire de la Mère de Dieu, ton 4 : En ce jour rayonne l’illustre cité de Moscou, * car elle a reçu comme un rayon de soleil, * notre Dame, ton icône miraculeuse, vers laquelle nous accourons * pour te chanter, suppliants : * Admirable Souveraine & Mère de Dieu, * prie le Christ qui s’est fait chair en ton sein * de protéger ta cité & de garder toute ville & contrée * de tout malheur causé par l’ennemi ** & de sauver nos âmes, en la tendresse de ton cœur.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du dimanche, ton 3 : Du tombeau tu es ressuscité * en ce jour, ô Dieu de miséricorde, * nous arrachant aux portes de la mort ; * en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie, * et tous ensemble les Patriarches & les Prophètes chantent inlassablement * la force & la puissance de ta divinité.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de la Mère de Dieu, ton 8 : Que retentissent nos accents de victoire en ton honneur, invincible Reine, * toi qui nous sauves des périls du combats, Mère de Dieu, Vierge souveraine ! * Vers toi montent nos louanges, nos chants d’action de grâce. * De ton bras puissant dresse autour de nous le plus solide des remparts, * sauve-nous de tout danger, hâte-toi de secourir * les fidèles qui te chantent : ** Réjouis-toi, Epouse inépousée.

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
R/. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
V/. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).
De la Mère de Dieu, ton 3 :
R/. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 93) VI, 18-23.
Car la mort est la solde et le payement du péché ; mais la vie éternelle est une grâce et un don de Dieu, en Jésus-Christ notre Seigneur.
De la Mère de Dieu : Philippiens (§ 240) II, 5-11.

Alleluia
Du dimanche, ton 3 :
V/. En toi, Seigneur, j’ai mon abris ; sur moi pas de honte à jamais (Psaume 30, 2).
V/. Sois pour moi un Dieu qui me défend, un lieu fort qui me sauve (Psaume 30, 3.)
De la Mère de Dieu :
V/. Ecoute, ma fille, regarde & tends l’oreille, oublie ton peuple & la maison de ton père (Psaume 44, 11).

Evangiles
Du dimanche : Matthieu (§ 25) VIII, 5-13.
Mais le centenier lui répondit : Seigneur ! je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison ; mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri.
De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42 ; XI, 27-28.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Programme du IVème dimanche après la Pentecôte – Notre-Dame de Kazan – ton 3

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 21 juillet 2013 du calendrier grégorien, 8 juillet 2013 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour l’apparition de l’icône de la très-sainte Mère de Dieu en la ville de Kazan, l’an 1579.

L’icône miraculeuse de la Vierge de Kazan est sans doute l’icône mariale la plus vénérée de Russie et est devenue au fil des siècles comme le porte-étendard spirituel de la nation russe. Sur cette icône, la Très-Sainte Mère de Dieu est représentée avec son divin enfant sur son côté gauche. C’est la seule icône, parmi les icônes miraculeuses, sur laquelle il n’y a qu’une seule main : La main du Christ qui bénit ; les autres mains ne sont pas visibles, elles sont sous les vêtements. L’Enfant Jésus est représenté debout face à celui qui regarde l’icône, à l’opposé des diverses autres positions qu’il a sur les autres types d’icône où il est représenté dans les bras de sa Mère.

Cette icône passe pour être arrivée de Constantinople à Kazan au XIIIème siècle mais avait disparu au XVIème siècle. La ville de Kazan, tombée sous le joug tatare musulman, en fut libérée le 1er octobre 1552 en la fête de la Protection de la Mère de Dieu (Pokrov) par le tsar Ivan le Terrible. En remerciement de cette victoire, le tsar fit construire de 1555 à 1560 la cathédrale de la Protection de la Mère de Dieu sur la Place Rouge de Moscou (plus connue aujourd’hui sous le nom de Saint-Basile-le-Bienheureux, du nom du saint enterré dans l’une de ses chapelles). A Kazan libérée, le tsar fit édifier également une cathédrale et de nombreuses églises. La ville eut un archevêque en 1555, mais les musulmans de la ville menèrent une lutte acharnée contre l’Orthodoxie qui y refleurissait. En 1579, Kazan fut dévastée par un incendie. Les musulmans en profitèrent pour répandre l’idée qu’il s’agissait là d’un jugement de Dieu contre les chrétiens. Une petite fille de neuf ans, Matrona, eut alors une apparition de la Mère de Dieu lui indiquant un endroit dans la ville où il fallait creuser pour trouver son icône sous les décombres de l’incendie. Les parents de Matrona puis les autorités religieuses & civiles de la ville crurent à une fable et il fallut deux apparitions de Notre-Dame pour que des fouilles furent enfin décidées par la mère de la fillette, aidée de voisins & amis. Creusant avec une pioche à l’emplacement indiqué par Notre Dame, Matrona elle-même retrouva le 8 juillet 1579 son icône enveloppée dans un paquet recouvert d’un linge mauve foncé. La nouvelle s’en propagea dans toute la ville et des foules entières se précipitèrent sur le lieu de la découverte. L’icône était là, par terre et tous se prosternaient devant elle. Le futur patriarche de Moscou saint Hermogène, alors simple prêtre à Kazan, témoigne de l’émotion alors ressentie : « Malgré mon coeur dur comme une pierre, j’ai éclaté en larmes et je me suis jeté au pied de l’icône ». Enfin arrivèrent les autorités de la ville et l’archevêque de Kazan Jérémie avec le clergé. « L’archevêque et le voyvode priaient en pleurant, demandant à la très sainte Mère de Dieu de leur pardonner leur manque de foi ». On fit la translation de l’icône dans la cathédrale de Kazan. Au cours de celle-ci, un aveugle, du nom de Joseph, s’arrêtant devant l’icône, stoppa la procession. En pleurant, il pria la Mère de Dieu et recouvra instantanément la vue. Lorsque l’icône fut rentrée dans la cathédrale de l’Annonciation, « les uns poussaient les autres, certains marchaient sur la tête des autres afin de toucher l’icône miraculeuse ». A nouveau un autre aveugle, Nikita, recouvra la vue instantanément. Le tsar Ivan le Terrible ordonna alors la construction d’une église et d’un monastère sur l’emplacement de la découverte. Matrona et sa mère furent parmi les premières moniales de ce monastère et du reste Matrona en devint plus tard l’higoumène.

La découverte miraculeuse de l’icône fut un signe fort qui raffermit la foi russe, et elle entraîna la construction de nombreuses églises dans tout le pays. L’icône fut par la suite invoquée à de multiples reprises dans les moments de périls au cours de l’histoire russe, et l’une de ces occasions constitue du reste l’objet de la fête de ce jour : en effet, le 22 octobre 1612, l’armée russe, commandée par Dimitri Pojarski et composée de boyards et de milices populaires, précédée par une copie de l’icône de la Vierge de Kazan, rentre dans Moscou et en chasse les Polonais. Le départ des étrangers met fin au « temps des Troubles », consécutif à la mort du tsar Boris Godounov. Il ne reste plus aux Russes qu’à rétablir un pouvoir digne de ce nom. Les états généraux se réunissent et, prenant la précaution d’exclure du trône tout étranger, ils élisent le prince Michel Romanov (sa descendance règnera sur le pays jusqu’à la révolution de février 1917). Le 25 octobre 1612, une divine liturgie est célébrée sur la Place Rouge et, en ce jour historique, se rencontrent deux des plus grandes icônes russes : celle de la Vierge-de-Vladimir symbolisant les siècles passés de la dynastie des Riourik et celle de la Vierge-de-Kazan symbolisant le renouveau avec l’avènement de la dynastie des Romanov. La copie de l’icône de Kazan, qui avait galvanisé les miliciens conduit par Pojarski, sera déposée dans une nouvelle cathédrale spécialement construite à Moscou en 1636, la cathédrale Notre-Dame-de-Kazan donnant sur la Place Rouge. Cette cathédrale – rasée par les communistes – est désormais reconstruite à l’identique.

L’icône originale de Notre-Dame de Kazan est hélas pour l’instant perdue : elle fut en effet volée dans le monastère de Kazan le 29 juin 1904, et depuis jamais retrouvée. Cette perte en pleine guerre russo-japonaise fut interprétée par beaucoup comme le signe annonciateur des malheurs qu’allait vivre la Russie pendant le XXème siècle. Une association de fidèles de Notre-Dame de Fátima pensait avoir retrouvé l’original qu’elle acheta à un antiquaire en 1970, afin de l’installer dans la chapelle byzantine Domus Pacis des sanctuaires de Fátima, mais une expertise montra qu’il s’agissait d’une copie des environs de l’an 1730. Rappelons le cœur du message de la Vierge lorsqu’elle apparut à Fátima au Portugal le 13 Juillet 1917: « Dieu est sur le point de punir le monde à cause de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions de l’Eglise et du Saint Père. Pour empêcher cela, je viendrai demander les communions réparatrices et la Consécration de la Russie à Mon Coeur Immaculé. A la fin, mon Coeur Immaculé triomphera. Le Saint Père me consacrera la Russie qui se convertira, et une période de paix sera accordée au monde. »

Le Pape Jean Paul II, en pèlerinage à Fátima en 1991, décida de transférer cette icône de Notre-Dame de Kazan dans ses appartements au Vatican et lui a voua une vénération toute particulière. Il l’a présentée au président Vladimir Poutine en visite officielle au Vatican le 5 novembre 2003. Embrassant l’icône, le Pape avait affirmé en russe qu’il « priait tous les jours pour la Russie » ; son interlocuteur avait alors également vénéré la sainte icône.

En signe de réconciliation, le Pape a offert cette icône au patriarcat de Moscou et l’icône fut reçue le 28 août 2004 lors d’une cérémonie solennelle organisée en la cathédrale de l’Assomption du Kremlin de Moscou pour la fête de la Dormition de la Vierge. Le 21 juillet 2005, alors que la ville de Kazan célébrait son millénaire et que c’était le jour de célébration liturgique de l’invention de l’icône, devant une foule de 10 000 pèlerins, l’icône offerte par le Pape fut placée par le patriarche Alexis II dans la cathédrale de l’Annonciation au Kremlin de Kazan.

Outre les copies de Moscou et de Kazan, la copie de Saint-Pétersbourg est elle aussi fameuse : deux fois plus grande en taille par rapport à l’icône originale et réalisée vraisemblablement à la fin du XVIIème siècle, elle était en tête de l’armée russe au champ de bataille de Poltava le 27 juin 1709. En 1710, Pierre le Grand l’emmène sur les berges de la Neva, pour sa nouvelle capitale impériale. Elle sera le joyau de la grande cathédrale de Kazan de Saint-Pétersbourg bâtie sous Paul Ier le long de la perspective Nevski en 1811 par l’architecte Voronikhine. Cette cathédrale réalisée pour abriter l’icône est une réplique de la basilique Saint-Pierre de Rome.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la Mère de Dieu.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 3 & 4 tropaires de la 3ème ode du canon de la Mère de Dieu.
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Aux Myrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant : Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les cieux se réjouissent, * que la terre exulte d’allégresse, * car le Seigneur a fait merveille * par la force de son bras, * terrassant la mort par sa propre mort * et devenant d’entre les morts le premier-né : * du sein de l’Enfer il nous a tous sauvés, * accordant au monde la grâce du salut.
2. Tropaire de la Mère de Dieu, ton 4 : Toi qui nous protèges de tout cœur, * Mère du Seigneur tout-puissant, * intercède auprès de ton Fils, * le Christ notre Dieu, en faveur de nous tous * et fais que nous trouvions le salut, * nous qui accourons sous ta puissante protection. * Dame souveraine, protège-nous tous, * nous qui, dans le malheur, l’affliction, la maladie, * et sous le poids de tant de péchés, * avec tendresse te prions devant ton icône immaculée, * avec larmes, le cœur contrit, * faisant reposer notre irréversible espérance sur toi : * accorde-nous la délivrance de tout mal, * tout ce qui nous est utile, et sauve-nous, Vierge Mère de Dieu, ** car tu es pour tes serviteurs la divine protection.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du dimanche, ton 3 : Du tombeau tu es ressuscité * en ce jour, ô Dieu de miséricorde, * nous arrachant aux portes de la mort ; * en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie, * et tous ensemble les Patriarches & les Prophètes chantent inlassablement * la force & la puissance de ta divinité.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de la Mère de Dieu, ton 8 : Accourons, fidèles, vers ce havre de sérénité, * la protection de la Vierge, son aide empressée, * le prompts salut qu’elle nous offre avec ardeur. * Hâtons-nous vers la prière, empressons-nous vers le repentir, * car la très-sainte Mère de Dieu * fait jaillir sur nous sa miséricorde qui ne tarit pas, * avec prévenance elle vient à notre secours, * elle délivre de grands malheurs et d’immenses calamités ** ses serviteurs qui bien lui plaisent et cultivent la crainte de Dieu.

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
R/. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
V/. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).
Du Martyr, ton 7 :
R/. Le juste a sa joie dans le Seigneur, en lui il se réfugie (Psaume 63, 11).
De la Mère de Dieu, ton 3 :
R/. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 93) VI, 18-23.
Car la mort est la solde et le payement du péché ; mais la vie éternelle est une grâce et un don de Dieu, en Jésus-Christ notre Seigneur.
De la Mère de Dieu : Philippiens (§ 240) II, 5-11.

Alleluia
Du dimanche, ton 3 :
V/. En toi, Seigneur, j’ai mon abris ; sur moi pas de honte à jamais (Psaume 30, 2).
V/. Sois pour moi un Dieu qui me défend, un lieu fort qui me sauve (Psaume 30, 3.)
De la Mère de Dieu :
V/. Ecoute, ma fille, regarde & tends l’oreille, oublie ton peuple & la maison de ton père (Psaume 44, 11).

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 25) VIII, 5-13.
Mais le centenier lui répondit : Seigneur ! je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison ; mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri.
De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42 ; XI, 27-28.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

Sede vacante à Rome – nouveaux patriarches à Aksoum, Sofia, Antioche & Babylone

Dernier discours du pape Benoît XVI le mercredi 27 février place Saint-Pierre
Hier mercredi 27 février, le Pape Benoît XVI avait donné sa dernière audience générale place Saint-Pierre : « Je suis véritablement ému et je vois l’Église vivante ! », a lancé Benoît XVI en réponse aux acclamations chaleureuses de la foule.

« Quand, le 19 avril il y a presque 8 ans, j’ai accepté d’assumer le ministère pétrinien, j’ai eu la ferme certitude qui m’a toujours accompagné : cette certitude de la vie de l’Église par la Parole de Dieu. En ce moment, comme je l’ai déjà exprimé plusieurs fois, les paroles qui ont résonné dans mon cœur ont été : Seigneur, pourquoi me demandes-tu cela et que me demandes-tu ? C’est un poids grand celui que tu me poses sur les épaules, mais si tu me le demandes, sur ta parole, je jetterai les filets, sûr que tu me guideras, aussi avec toutes mes faiblesses. Et huit années après, je peux dire que le Seigneur m’a vraiment guidé, m’a été proche, j’ai pu percevoir quotidiennement sa présence. Cela a été un bout de chemin de l’Église qui a eu des moments de joie et de lumière, mais aussi des moments pas faciles ; je me suis senti comme saint Pierre avec les Apôtres dans la barque sur le lac de Galilée : le Seigneur nous a donné beaucoup de jours de soleil et de brise légère, jours où la pêche a été abondante ; il y a eu aussi des moments où les eaux étaient agitées et le vent contraire, comme dans toute l’histoire de l’Église, et le Seigneur semblait dormir. Mais j’ai toujours su que dans cette barque, il y a le Seigneur et j’ai toujours su que la barque de l’Église n’est pas la mienne, n’est pas la nôtre, mais est la sienne. Et le Seigneur ne la laisse pas couler ; c’est Lui qui la conduit, certainement aussi à travers les hommes qu’il a choisis, parce qu’il l’a voulu ainsi. Cela a été et est une certitude, que rien ne peut troubler. Et c’est pour cela qu’aujourd’hui mon cœur est plein de reconnaissance envers Dieu parce qu’il n’a jamais fait manquer à toute l’Église et aussi à moi sa consolation, sa lumière, son amour. »

Le Pape, Père des Pères & Serviteurs des serviteurs de Dieu, a remis l’exercice de sa charge ce 28 février à 20h.

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L'Abouna Matthias, 6ème patriarche d'Ethiopie

Ce même 28 février, l’Eglise d’Ethiopie, sans chef depuis la mort en août dernier du Patriarche Paulos, a élu son nouveau patriarche, l’Abouna Matthias (ብፁዕ ኣቡነ ማትያስ), 71 ans, auparavant archevêque éthiopien de Jérusalem. Son intronisation devrait avoir lieu ce dimanche à Addis Abeba.

L’Eglise d’Ethiopie, dont la fondation remonte aux Apôtres et qui fut affermie au IVème siècle par l’apostolat de saint Frumence et saint Edèse, compte environ 50 millions de fidèles. En dépit d’une histoire chrétienne & d’une liturgie propres et originales de 2 millénaires, l’Abouna Matthias ne sera que le VIème patriarche de son Eglise, celle-ci ayant dépendu jusqu’en 1959 de l’Eglise copte d’Alexandrie, date à laquelle l’empereur Haïlé Sélassié obtint son autocéphalie. Abouna (« notre père ») est le nom traditionnel donné tout au long de l’histoire à l’unique évêque d’Ethiopie qui venait d’Egypte. La titulature officielle du chef de l’Eglise éthiopienne depuis 1959 est Patriarche & Catholicos de l’Eglise Orthodoxe Ethiopienne Tewahedo, Etchégué (=Abbé général de tous les moines d’Ethiopie) du Siège de saint Téklé Haimanot au monastère de Debre Libanos & (depuis 2005) archevêque d’Axoum, l’antique capitale du royaume chrétien d’Abyssinie.

Pendant les 50 années de son autocéphalie, l’Eglise d’Ethiopie a vécu des moments éprouvants. Une fois le régime impérial renversé, le dictateur communiste Mengistu mis en prison en 1976 le second patriarche, Théophile puis désigna deux successeurs qui ne furent jamais reconnus par les autres Eglises. Ce n’est qu’en 1991 – lorsque la dictature de Mengistu est tombée, que la hiérarchie de l’Eglise éthiopienne a été restauré avec l’élection du cinquième patriarche, Paulos.

Notons que le nouveau patriarche Matthias avait fuit l’Ethiopie lors de l’instauration de la dictature communiste par le coup d’état de 1974 ; il s’était alors exilé en Europe et aux Etats-Unis avant de devenir archevêque éthiopien de Jérusalem.

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Neofit, nouveau patriarche parmi les évêques de l'Eglise orthodoxe bulgare le 24 février 2013Dimanche dernier, c’était l’Eglise de Bulgarie qui élisait son nouveau patriarche (une élection retransmise en direct par la télévision nationale !). Sa Sainteté Neophyte, devient le 3ème patriarche de l’Église orthodoxe bulgare depuis sa refondation moderne en 1959. Le patriarcat de Bulgarie avait existé de 927 (reconnaissance par Constantinople) jusqu’à la chute de la capitale bulgare Tarnovo, prise par les Turcs en 1393.

Le nouveau patriarche est un musicien, spécialiste du chant liturgique, ancien chef de chœur. Sa douceur devrait apaiser les tensions nées des révélations l’an passé des liens étroits qui unissaient la haute hiérarchie bulgare et l’appareil d’état communiste.

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Le nouveau Patriarche Louis Raphaël Ier des Chaldéens avec le Pape Benoît XVI

Dans la nuit de jeudi 31 janvier à vendredi 1er février 2013, le synode des évêques chaldéens a élu patriarche de Babylone Mgr Louis Raphaël Ier Sako, évêque de Kirkouk et Suleymanieh, suite à la démission de Mar Emmanuel III Delly au mois de décembre dernier en raison de son âge (85 ans) et de sa santé. Placé à la tête d’une Eglise durement éprouvée par les persécutions en Irak, le nouveau patriarche a déclaré que le problème de l’exode continu des chrétiens d’Irak est «critique», mais a promis de travailler à maintenir une présence vivante chrétienne.

Toutefois, le patriarche chaldéen a indiqué que sa priorité serait d’aborder la question de « l’état de chaos » dans lequel se trouve la liturgie chaldéenne. Il a précisé que les célébrations liturgiques diffèrent d’un diocèse et même de paroisse en paroisse, et a déclaré que la réforme et le renouveau de la liturgie serait son principal objectif.

La liturgie de l’Eglise chaldéenne d’Orient est certainement l’une des plus antiques forme de la liturgie chrétienne. Elle passe pour avoir été organisée par les saints Addaï & Mari, disciples de saint Thomas et conserve, en raison de l’isolement précoce de cette Eglise du reste de la Chrétienté, nombre de structures anté-nicéennes. La liturgie est célébrée en araméen, la langue du Christ.

Il semblerait hélas que le désir du nouveau patriarche serait de moderniser ce rit vénérable, probablement dans le sens d’une latinisation dommageable qui se calquerait sur les pratiques liturgiques décadentes de l’Occident.

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Patriarche Jean X d'Antioche

Le 17 décembre dernier, le Saint Synode de l’Église orthodoxe melchite d’Antioche, réuni au Liban au monastère de la Dormition de Balamand a élu Jean X Patriarche d’Antioche la Grande et de tout l’Orient. L’intronisation de Sa Béatitude s’est déroulée le 10 février dernier à Damas.

Dans un discours suivant l’office solennel célébré à l’église de la Sainte-Croix de Damas, le Patriarche Jean X a souligné notamment l’importance du retour de la paix sur l’antique sol d’Antioche. Il a assuré qu’il élèverait à ce sujet d’ardentes prières vers le Seigneur tout-puissant et qu’il œuvrerait en faveur de la pacification de la Syrie, pour que cessent les conflits dans le pays. Les cérémonies entourant l’élévation de Sa Béatitude Jean au siège des Patriarches d’Antioche se sont poursuivies le 17 février à Beyrouth.

Le patriarche Jean X était auparavant métropolite d’Europe occidentale et centrale et membre permanent du Saint Synode du Patriarcat d’Antioche.

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Rencontre du patriarche d'Antioche des Maronites & du patriarche de Moscou

Signalons enfin qu’hier, 27 février 2013, à la résidence patriarcale du monastère Saint-Daniel de Moscou, Sa Sainteté le Patriarche orthodoxe Cyrille de Moscou et de toute la Russie a reçu le Patriarche catholique maronite d’Antioche et de tout l’Orient, Bechara Boutros cardinal Raï.

Le Patriarche Cyrille, s’adressant à son invité a souligné :

« Votre Église occupe une place particulière dans l’Église catholique, dans la mesure où elle représente la tradition théologique et la piété antiochiennes. Ceci nous donne la possibilité d’un échange d’opinions fructueux sur la théologie, y compris sur le thème du dialogue orthodoxe-catholique. »

Le patriarche maronite a décidé de visiter tous les patriarches orthodoxes ou pré-chacédoniens d’Orient, afin de tisser des liens forts entre les chefs des différentes Eglises, afin de constituer un front commun pour la sauvegarde des chrétientés persécutées dans la région. Le patriarche maronite a assisté à l’intronisation du nouveau Pape d’Alexandrie des Coptes, Tawadros II, ansi qu’à celle du Patriarche Jean X Yazigi des Grecs orthodoxes à Damas.

Programme du XXIIème dimanche après la Pentecôte – Notre-Dame de Kazan – ton 5

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 4 novembre 2012 du calendrier grégorien, 22 octobre 2012 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. Nous fêtons aussi le miracle de l’icône de Notre-Dame de Kazan obtenu en 1612.

L’icône miraculeuse de la Vierge de Kazan est sans doute l’icône mariale la plus vénérée de Russie et est devenue au fil des siècles comme le porte-étendard spirituel de la nation russe. Sur cette icône, la Très-Sainte Mère de Dieu est représentée avec son divin enfant sur son côté gauche. C’est la seule icône, parmi les icônes miraculeuses, sur laquelle il n’y a qu’une seule main : La main du Christ qui bénit ; les autres mains ne sont pas visibles, elles sont sous les vêtements. L’Enfant Jésus est représenté debout face à celui qui regarde l’icône, à l’opposé des diverses autres positions qu’il a sur les autres types d’icône où il est représenté dans les bras de sa Mère.

Cette icône passe pour être arrivée de Constantinople à Kazan au XIIIème siècle mais avait disparu au XVIème siècle. La ville de Kazan, tombée sous le joug tatare musulman, en fut libérée le 1er octobre 1552 en la fête de la Protection de la Mère de Dieu (Pokrov) par le tsar Ivan le Terrible. En remerciement de cette victoire, le tsar fit construire de 1555 à 1560 la cathédrale de la Protection de la Mère de Dieu sur la Place Rouge de Moscou (plus connue aujourd’hui sous le nom de Saint-Basile-le-Bienheureux, du nom du saint enterré dans l’une de ses chapelles). A Kazan libérée, le tsar fit édifier également une cathédrale et de nombreuses églises. La ville eut un archevêque en 1555, mais les musulmans de la ville menèrent une lutte acharnée contre l’Orthodoxie qui y refleurissait. En 1579, Kazan fut dévastée par un incendie. Les musulmans en profitèrent pour répandre l’idée qu’il s’agissait là d’un jugement de Dieu contre les chrétiens. Une petite fille de neuf ans, Matrona, eut alors une apparition de la Mère de Dieu lui indiquant un endroit dans la ville où il fallait creuser pour trouver son icône sous les décombres de l’incendie. Les parents de Matrona puis les autorités religieuses & civiles de la ville crurent à une fable et il fallut deux apparitions de Notre-Dame pour que des fouilles furent enfin décidées par la mère de la fillette, aidée de voisins & amis. Creusant avec une pioche à l’emplacement indiqué par Notre Dame, Matrona elle-même retrouva le 8 juillet 1579 son icône enveloppée dans un paquet recouvert d’un linge mauve foncé. La nouvelle s’en propagea dans toute la ville et des foules entières se précipitèrent sur le lieu de la découverte. L’icône était là, par terre et tous se prosternaient devant elle. Le futur patriarche de Moscou saint Hermogène, alors simple prêtre à Kazan, témoigne de l’émotion alors ressentie : « Malgré mon coeur dur comme une pierre, j’ai éclaté en larmes et je me suis jeté au pied de l’icône ». Enfin arrivèrent les autorités de la ville et l’archevêque de Kazan Jérémie avec le clergé. « L’archevêque et le voyvode priaient en pleurant, demandant à la très sainte Mère de Dieu de leur pardonner leur manque de foi ». On fit la translation de l’icône dans la cathédrale de Kazan. Au cours de celle-ci, un aveugle, du nom de Joseph, s’arrêtant devant l’icône, stoppa la procession. En pleurant, il pria la Mère de Dieu et recouvra instantanément la vue. Lorsque l’icône fut rentrée dans la cathédrale de l’Annonciation, « les uns poussaient les autres, certains marchaient sur la tête des autres afin de toucher l’icône miraculeuse ». A nouveau un autre aveugle, Nikita, recouvra la vue instantanément. Le tsar Ivan le Terrible ordonna alors la construction d’une église et d’un monastère sur l’emplacement de la découverte. Matrona et sa mère furent parmi les premières moniales de ce monastère et du reste Matrona en devint plus tard l’higoumène.

La découverte miraculeuse de l’icône fut un signe fort qui raffermit la foi russe, et elle entraîna la construction de nombreuses églises dans tout le pays. L’icône fut par la suite invoquée à de multiples reprises dans les moments de périls au cours de l’histoire russe, et l’une de ces occasions constitue du reste l’objet de la fête de ce jour : en effet, le 22 octobre 1612, l’armée russe, commandée par Dimitri Pojarski et composée de boyards et de milices populaires, précédée par une copie de l’icône de la Vierge de Kazan, rentre dans Moscou et en chasse les Polonais. Le départ des étrangers met fin au « temps des Troubles », consécutif à la mort du tsar Boris Godounov. Il ne reste plus aux Russes qu’à rétablir un pouvoir digne de ce nom. Les états généraux se réunissent et, prenant la précaution d’exclure du trône tout étranger, ils élisent le prince Michel Romanov (sa descendance règnera sur le pays jusqu’à la révolution de février 1917). Le 25 octobre 1612, une divine liturgie est célébrée sur la Place Rouge et, en ce jour historique, se rencontrent deux des plus grandes icônes russes : celle de la Vierge-de-Vladimir symbolisant les siècles passés de la dynastie des Riourik et celle de la Vierge-de-Kazan symbolisant le renouveau avec l’avènement de la dynastie des Romanov. La copie de l’icône de Kazan, qui avait galvanisé les miliciens conduit par Pojarski, sera déposée dans une nouvelle cathédrale spécialement construite à Moscou en 1636, la cathédrale Notre-Dame-de-Kazan donnant sur la Place Rouge. Cette cathédrale – rasée par les communistes – est désormais reconstruite à l’identique.

Avant la révolution ce jour du 22 octobre (calendrier julien) était férié. Supprimée à la révolution, la fête a été réinstaurée en 2007 sur proposition de l’Eglise, pour remplacer la commémoration de la révolution bolchevique, le 7 novembre. Cette fête est donc, avec Noël, la deuxième fête religieuse chômée réinstaurée en Russie.

L’icône originale de Notre-Dame de Kazan est hélas pour l’instant perdue : elle fut en effet volée dans le monastère de Kazan le 29 juin 1904, et depuis jamais retrouvée. Cette perte en pleine guerre russo-japonaise fut interprétée par beaucoup comme le signe annonciateur des malheurs qu’allait vivre la Russie pendant le XXème siècle. Une association de fidèles de Notre-Dame de Fátima pensait avoir retrouvé l’original qu’elle acheta à un antiquaire en 1970, afin de l’installer dans la chapelle byzantine Domus Pacis des sanctuaires de Fátima, mais une expertise montra qu’il s’agissait d’une copie des environs de l’an 1730. Rappelons le cœur du message de la Vierge lorsqu’elle apparut à Fátima au Portugal le 13 Juillet 1917: « Dieu est sur le point de punir le monde à cause de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions de l’Eglise et du Saint Père. Pour empêcher cela, je viendrai demander les communions réparatrices et la Consécration de la Russie à Mon Coeur Immaculé. A la fin, mon Coeur Immaculé triomphera. Le Saint Père me consacrera la Russie qui se convertira, et une période de paix sera accordée au monde. »

Le Pape Jean Paul II, en pèlerinage à Fátima en 1991, décida de transférer cette icône de Notre-Dame de Kazan dans ses appartements au Vatican et lui a voua une vénération toute particulière. Il l’a présentée au président Vladimir Poutine en visite officielle au Vatican le 5 novembre 2003. Embrassant l’icône, le Pape avait affirmé en russe qu’il « priait tous les jours pour la Russie » ; son interlocuteur avait alors également vénéré la sainte icône.

En signe de réconciliation, le Pape a offert cette icône au patriarcat de Moscou et l’icône fut reçue le 28 août 2004 lors d’une cérémonie solennelle organisée en la cathédrale de l’Assomption du Kremlin de Moscou pour la fête de la Dormition de la Vierge. Le 21 juillet 2005, alors que la ville de Kazan célébrait son millénaire et que c’était le jour de célébration liturgique de l’invention de l’icône, devant une foule de 10 000 pèlerins, l’icône offerte par le Pape fut placée par le patriarche Alexis II dans la cathédrale de l’Annonciation au Kremlin de Kazan.

Outre les copies de Moscou et de Kazan, la copie de Saint-Pétersbourg est elle aussi fameuse : deux fois plus grande en taille par rapport à l’icône originale et réalisée vraisemblablement à la fin du XVIIème siècle, elle était en tête de l’armée russe au champ de bataille de Poltava le 27 juin 1709. En 1710, Pierre le Grand l’emmène sur les berges de la Neva, pour sa nouvelle capitale impériale. Elle sera le joyau de la grande cathédrale de Kazan de Saint-Pétersbourg bâtie sous Paul Ier le long de la perspective Nevski en 1811 par l’architecte Voronikhine. Cette cathédrale réalisée pour abriter l’icône est une réplique de la basilique Saint-Pierre de Rome.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Kondakion : du dimanche.
A sexte: Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Kondakion : de la Mère de Dieu.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !
2. Tropaire de la Mère de Dieu, ton 4 : Toi qui nous protèges de tout cœur, * Mère du Seigneur tout-puissant, * intercède auprès de ton Fils, * le Christ notre Dieu, en faveur de nous tous * et fais que nous trouvions le salut, * nous qui accourons sous ta puissante protection. * Dame souveraine, protège-nous tous, * nous qui, dans le malheur, l’affliction, la maladie, * et sous le poids de tant de péchés, * avec tendresse te prions devant ton icône immaculée, * avec larmes, le cœur contrit, * faisant reposer notre irréversible espérance sur toi : * accorde-nous la délivrance de tout mal, * tout ce qui nous est utile, et sauve-nous, Vierge Mère de Dieu, ** car tu es pour tes serviteurs la divine protection.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du dimanche, ton 5 : Des enfers où tu descendis, mon Sauveur, * tu as brisé les portes, Tout-Puissant, * pour ressusciter les morts, ô Créateur ; * et tu brisas l’aiguillon de la mort, * Adam fut délivré de la malédiction ; * et nous, Seigneur, nous te crions : ** sauve-nous, dans ton amour pour les hommes.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de la Mère de Dieu, ton 8 : Accourons, fidèles, vers ce havre de sérénité, * la protection de la Vierge, son aide empressée, * le prompts salut qu’elle nous offre avec ardeur. * Hâtons-nous vers la prière, empressons-nous vers le repentir, * car la très-sainte Mère de Dieu * fait jaillir sur nous sa miséricorde qui ne tarit pas, * avec prévenance elle vient à notre secours, * elle délivre de grands malheurs et d’immenses calamités ** ses serviteurs qui bien lui plaisent et cultivent la crainte de Dieu.

Prokimen
Du dimanche, ton 5 :
V/. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
R/. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
De la Mère de Dieu, ton 3 :
R/. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

Epîtres
Du dimanche : Galates (§ 215) VI, 11-18.
De la Mère de Dieu : Philippiens (§ 240) II, 5-11.

Alleluia
Du dimanche, ton 5 :
V/. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
V/. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).
De la Mère de Dieu :
V/. Ecoute, ma fille, regarde & tends l’oreille, oublie ton peuple & la maison de ton père (Psaume 44, 11).

Evangile
Du dimanche : Luc (§ 83) XVI, 19-31.
De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42 ; XI, 27-28.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

Programme du VIème dimanche après la Pentecôte – Déposition aux Blachernes du précieux vêtement de la Mère de Dieu – ton 5

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 15 juillet 2012 du calendrier grégorien, 2 juillet 2012 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la déposition aux Blachernes du précieux vêtement de la Mère de Dieu.

L’église Sainte-Marie-Mère-de-Dieu, plus connue sous le nom de Sainte-Marie-des-Blachernes, fut édifiée en 452 dans le quartier des Blachernes par l’impératrice Pulchérie. La célébration de ce jour commémore la déposition d’une précieuse relique de vêtements de la Mére de Dieu dans l’église du palais des Blachernes, laquelle fut effectuée sous l’empereur Léon Ier de Thrace en 473. « Les souverains demandèrent à l’archevêque Juvénal de leur envoyer lui-même, dûment scellé, ce saint cercueil avec les vêtements funèbres de la glorieuse et toute sainte Théotokos Marie, qui s’y trouvaient. L’ayant reçu, ils le déposèrent dans le sanctuaire élevé aux Blachernes en l’honneur de la sainte Théotokos. » (Saint Jean Damascène, 2nde homélie sur la Dormition de Marie). Les sources constantinanpolitaines en revanche attribuent le transfert des reliques depuis la Palestine à deux patriciens Galbios & Candidos, l’empereur Léon Ier et son épouse Vérine n’étant vraisemblablement pas étrangers à cette initiative. Les reliques comportaient une robe tissée de laine fragile, de couleur unie et d’une seule pièce, ainsi qu’un voile (maphorion). Pour abriter ces précieuses reliques, l’empereur Léon Ier fit adjoindre en 473 sur le côté gauche de l’église de l’impératrice Pulchérie une chapelle latérale de forme circulaire, et il donna à l’ensemble du sanctuaire tout son éclat. Les reliques étaient conservées dans un reliquaire fixe sur l’autel. Par la suite, cette église de Notre-Dame des Blachernes devint l’un des sanctuaires les plus prestigieux de Constantinople et fut le théâtre de bien des événements majeurs de son histoire. Outre la fête du 2 juillet, c’est là que le patriarche célébrait en présence de la cour impériale les principales fêtes de la Mère de Dieu : la Conception & la Nativité de la Vierge, sa Présentation au Temple, l’Annonciation, la synaxe de la Mère de Dieu du 26 décembre, la Purification, la Dormition. Le patriarche Timothée Ier (511 † 518) institua une procession chaque vendredi qui partait de l’église des Blachernes jusqu’à celle des Chalcopratia où était conservée la ceinture de la Vierge.

Justinien, puis Basile Ier le Macédonien et Léon VI reconstruisirent et embellirent le sanctuaire. C’est notamment grâce à l’ostension solennelle du vêtement de la Vierge des Blachernes que les Avars purent être repoussés en 626 (miracle commémoré le Samedi de l’Acathiste), et que la ville fut sauvée des Perses (677), des Arabes (717) et de la révolte du général Thomas (822). Lors de l’invasion surprise des Russes en juin 860 – alors que l’empereur Michel III combattait les Arabes -, le Patriarche saint Photius se rendit aux Blachernes, fit le tour des rempart et descendit jusqu’à la mer avec le saint Voile qu’il trempa dans le Bosphore. Peu de temps après la flotte russe du prince Askold, qui comprenait 200 voiles, fut abîmée par une tempête. A la suite de cet évènement, Constantinople et la Russie établirent des relations diplomatiques, un premier évêque fut envoyé à Kiev et le prince Askold reçut le saint baptême. Cette première évangélisation de la Russie ne dura cependant pas et le successeur d’Askold fut un païen.

Cette fête fut la première grande fête mariale à Constantinople, plus ancienne même que l’institution de la fête de la Dormition au 15 août, mais elle annoncait déjà cette célébration, car il s’agissait d’une pièce d’étoffe que la Mère de Dieu aurait laissé aux apôtres au moment de mourir. La célébrité tant du sanctuaire que de la fête de la Déposition du précieux vêtement, devenue très grande, suscita l’introduction de cette fête en Occident sous le nom de fête de la Visitation de la Sainte Vierge.

L’église des Blachernes (où était également conservée la relique du saint Suaire, maintenant à Turin) conservait encore les précieuses reliques des vêtements de Marie après le sac de la ville par les Croisés, en l’an 1204. En effet, le pèlerin russe Etienne de Novgorod, visitant Constantinople vers l’an 1350, en témoigne : « Nous sommes arrivés aux Blachernes, où se trouve la robe sur un autel dans un reliquaire scellé. » Reconstruite après un incendie en 1070, l’église fut définitivement détruite par un incendie accidentel en 1434. A la fin du XIVème siècle, une part du vêtement de la Vierge des Blachernes fut offerte à saint Denys, archevêque de Souzdal et transférée de Constantinople en Russie. La sainte Robe de la Mère de Dieu, qui avait tant de fois sauvé Constantinople, accomplit le même miracle à Moscou assiégée par les Tatars le 2 juillet 1451. En souvenir de cette délivrance miraculeuse, saint Jonas de Moscou fit construire au Kremlin l’église de la Déposition du vêtement de la Mère de Dieu. Reconstruite après un incendie en 1484-1486, cette église fut la cathédrale principale des métropolites et patriarches de Moscou jusqu’à la construction de la cathédrale des Douze Apôtres sous le patriarche Nikon.

A noter que 3 autres vêtements de la Vierge conservés en Occident furent offerts à Charlemagne par l’empereur byzantin. Le premier des trois resta à Aix-la-Chapelle, mais en 876 Charles-le-Chauve offrit le second à la cathédrale de Chartres et le troisième à l’Abbaye Saint-Corneille de Compiègne.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !
2. Tropaire du vêtement de la Mère de Dieu, ton 8 : Mère de Dieu toujours-vierge, protection des mortels, * à ta ville tu donnas comme une enceinte fortifiée * la Robe et la Ceinture de ton corps immaculé * échappant à la corruption en vertu de ton enfantement virginal, * car en toi la nature et le temps sont renouvelés; * c’est pourquoi nous te prions de pacifier notre vie ** et d’accorder à nos âmes la grâce du salut.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du dimanche, ton 5 : Des enfers où tu descendis, mon Sauveur, * tu as brisé les portes, Tout-Puissant, * pour ressusciter les morts, ô Créateur ; * et tu brisas l’aiguillon de la mort, * Adam fut délivré de la malédiction ; * et nous, Seigneur, nous te crions : ** sauve-nous, dans ton amour pour les hommes.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du vêtement de la Mère de Dieu, ton 4 : Comme voile d’immortalité, * Vierge comblée de grâce par Dieu, * tu as donné aux croyants * le Vêtement avec lequel * tu couvrais ton corps sacré, * divine protection des mortels ; * avec amour nous célébrons comme fête sa Déposition * et nous chantons avec foi : ** Réjouis-toi, ô Vierge, fierté des chrétiens.
Prokimen
Du dimanche, ton 5 :
R/. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
V/. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).
De la Mère de Dieu, ton 3 :
R/. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).
Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 110) XII, 6-14.
De la Mère de Dieu : Hébreux (§ 320) IX, 1-7.
Alleluia
Du dimanche, ton 5 :
V/. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
V/. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).
De la Mère de Dieu
Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 29) IX, 1-8.
De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42 & XI, 27-28.
Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

Russie : la relique de la ceinture de la Vierge Marie a fait un séjour triomphal

Bravant un froid glacial (la température est descendue jusqu’à -11° mercredi 23 novembre), un million de fidèles moscovites ont fait la queue durant des heures pour se recueillir devant la relique de la sainte ceinture de la Vierge Marie de Vatopedi dont l’ostension solennelle avait lieu dans la cathédrale du Christ-Sauveur.

Entre quinze et vingt heures de file d’attente étaient nécessaires en moyenne avant de vénérer la sainte relique (certains ont dû faire 2 jours de queue). Plus de 300 personnes ont déjà eu besoin de soins et 52 ont dû être hospitalisées. Pourtant, les autorités avaient mis en place un dispositif pour parer à tous problèmes : distribution gratuite de nourriture, possibilité de se réchauffer dans des bus, ambulances garées en permanence devant la cathédrale…

Des avertissements ont été également donnés. Le docteur Alexandre Tchoutchaline, membre de l’association des médecins orthodoxes, a par exemple recommandé aux pèlerins de bien “mesurer les risques que présentent pour leur santé” ces heures d’attente. Mais la ferveur a été plus forte, de nombreux croyants ont refusé toute assistance de peur de perdre leur place dans l’imposante file d’attente (plus de 8,5 km) !

Surpris par cette affluence, le patriarcat s’est résolu à surélever la relique en la plaçant au dessus d’une arche sous laquelle, les pèlerins passaient sans s’arrêter, juste le temps de lever les bras pour effleurer le toit de l’arche, ce qui permis d’accélérer la cadence.

Selon la tradition, la Vierge aurait laissée sa ceinture à l’apôtre Thomas lors de son Assomption. La relique fut conservée à Edesse en Syrie au IVème siècle, avant d’être transférée à Constantinople sous le règne de l’empereur Arcadius (395 † 408). La relique fut ensuite divisée en plusieurs parts qui se retrouvèrent dans plusieurs pays. La France ainsi en possède une part en la cathédrale du Puy depuis le XIIème siècle et un autre fragment depuis 1252 à Quintin en Bretagne, l’Italie depuis 1141 possède la sienne en la cathédrale de Prato en Toscane. Mais la partie de la ceinture qui a visité la Russie est très célèbre en Orient et est conservée au Monastère de Vatopedi au Mont-Athos en Grèce où elle fut offerte aux moines par le prince serbe Lazar Chlebeljanovic. La relique n’avait jamais quitté ce monastère en dépit des demandes réitérées de croyants de différents pays. L’exception pour la Russie s’est faite au terme de démarches complexes.

Avant de conclure son périple russe par Moscou, la ceinture avait effectué un pèlerinage dans quatorze grandes villes depuis son arrivée dans le pays, le traversant d’Ouest en Est jusqu’à Vladivostok.

Le Premier ministre, Vladimir Poutine, en personne, l’avait accueillie à Saint-Pétersbourg lors de sa première apparition en Russie le 20 octobre dernier.

En un mois de présence sur le sol russe, ce sont près de trois millions de personnes qui se sont pressées pour vénérer la sainte relique. Même la première tournée de U2 (en 2010) dans le pays n’a pas déclenché autant de passion et de ferveur ! 🙂

En cette fête de l’Immaculée Conception dans le calendrier latin, rendons grâce à Dieu pour l’extraordinaire réveil spirituel qui se manifeste en Russie.