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La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Fête-Dieu – Séquence Lauda Sion – Graduale Romanum 1905

 

Lavda, Sion, Salvatórem,
Lauda ducem et pastórem
In hymnis et cánticis.
Loue, Sion, ton Sauveur,
Loue ton chef et ton pasteur
Par des hymnes et des cantiques.
Quantum potes, tantum aude :
Quia major omni laude,
Nec laudáre súfficis.
Ose autant que tu peux :
Il est au-dessus de toute louange,
Tu ne peux le louer assez.
Laudis thema speciális,
Panis vivus et vitális
Hódie propónitur.
Le motif spécial de louange
Qui t’es proposé aujourd’hui,
C’est le Pain vivant et vivifiant,
Quem in sacræ mensa cœnæ,
Turbæ fratrum duodénæ
Datum non ambígitur.
Qui au banquet sacré de la Cène,
Au groupe des douze frères,
Fut donné sans ambiguïté.
Sit laus plena sit sonóra,
Sit jucúnda, sit decóra
Mentis jubilátio.
Que ta louange soit pleine et sonore,
Qu’elle soit belle et délicieuse,
Une jubilation pour nos âmes.
Dies enim solémnis ágitur,
In qua mensæ prima recólitur
Hujus institútio.
Voici en effet le jour solennel
En lequel on fait mémoire
De l’institution du premier banquet.
In hac mensa novi Regis,
Novum Pascha novælegis,
Phase vetus términat.
A cette table du nouveau Roi,
La Pâque nouvelle de la nouvelle loi
Met un terme à la Pâque antique.
Vetustátem nóvitas,
Umbram fugat véritas,
Noctem lux elíminat.
La nouvelle institution supprime l’ancienne,
La vérité chasse l’ombre,
La lumière élimine la nuit.
Quod in cena Christus gessit,
Faciéndum hoc expréssit
In sui memóriam.
Ce que le Christ fit à la Cène,
Il ordonna de le faire
En sa mémoire.
Docti sacris institútis,
Panem, vinum in salútis
Consecrámus hóstiam.
Instruits par ces institution sacrées,
Nous consacrons le pain et le vin
Pour notre salut.
Dogma datur Christiánis,
Quod in carnem transit panis,
Et vinum in sánguinem.
C’est un dogme donné aux Chrétiens
Que le pain se change en chair
Et le vin en sang.
Quod non capis, quod non vides,
Animósa firmat fides,
Præter rerum órdinem.
Ce que tu ne comprends ni ne vois
Une foi vive l’affirme,
Dépassant l’ordre des choses.
Sub divérsis speciébus,
Signis tantum, et non rebus,
Latent res exímiæ.
Ces deux espèces deviennent
Seulement des formes, non des substances
Sous lesquelles subsistent des réalités sublimes.
Caro cibus, sanguis potus :
Manet tamen Christus totus,
Sub utráque spécie.
Sa chair est nourriture, son sang est boisson,
Mais le Christ tout entier demeure
Sous chacune des deux espèces.
A suménte non concísus,
Non confráctus, non divísus :
Integer accípitur.
Celui qui le reçoit ne le rompt point,
Ne le brise point, ne le divise point :
Il le reçoit tout entier.
Sumit unus, sumunt mille :
Quantum isti, tantum ille :
Nec sumptus consúmitur.
Qu’un seul le reçoivent, que mille le reçoivent :
Celui-là reçoit autant que ceux-ci ;
On le consomme sans l’épuiser.
Sumunt boni, sumunt mali :
Sorte tamen inæquáli,
Vitæ, vel intéritus.
Bons ou mauvais le reçoivent
Mais pour un sort différent :
Pour la vie ou pour la mort.
Mors est malis, vita bonis :
Vide paris sumptiónis
Quam sit dispar éxitus.
Il est mort des méchants et vie des bons ;
Vois quels sont les effets différents
De la même nourriture.
Fracto demum sacraménto.
Ne vacílles, sed meménto,
Tantum esse sub fragménto,
Quantum toto tégitur.
Quand le sacrement est rompu,
Que ta foi ne vacilles, mais souviens-toi
Qu’il est tout entier sous un fragment
Que dans le tout.
Nulla rei fit scissúra :
Signi tantum fit fractúra :
Qua nec status, nec statúra
Signáti minúitur.
La substance n’en est point atteinte :
La forme seule est rompue,
Sans diminution de l’état ni de l’étendue
De Celui qui y est présent.
Ecce panis Angelórum,
Factus cibus viatórum,
Vere panis filiórum,
Non mitténdus cánibus.
Voici le pain des Anges,
Rendu pain des voyageurs de ce monde,
Il est le pain véritable des fils
Qu’on ne doit pas jeter aux chiens.
In figúris præsignátur,
Cum Isaac immolátur :
Agnus paschæ deputátur :
Datur manna pátribus.
D’avance il fut préfiguré
Par l’immolation d’Isaac,
Par le sacrifice de l’agneau pascal,
Par la manne donnée à nos pères.
Bone pastor, panis vere,
Jesu, nostri miserére :
Tu nos pasce, nos tuére :
Tu nos bona fac vidére
In terra vivéntium.
Bon pasteur, pain véritable,
Jésus, aie pitié de nous,
Nourris-nous, défends-nous,
Fais-nous voir les biens véritables
Dans la terre des vivants.
 
Tu, qui cuncta scis et vales :
Qui nos pascis hic mortáles :
Tuos ibi commensáles,
Coherédes et sodáles
Fac sanctórum cívium.
Amen. Alleluia.
Toi qui sais tout et qui peux tout,
Qui nous nourris, nous, mortels,
Fais de nous les commensaux,
Les cohéritiers et les compagnons
De la cité des saints.
Amen. Alléluia.

Catéchisme sur la Fête-Dieu

Procession Fete-Dieu

D. Quelle fête l’Eglise célèbre-t-elle le jeudi après la fête de la Sainte Trinité ?
R. L’Eglise célèbre la fête du Très Saint Sacrement, autrement dit la Fête du Corps & du Sang de Jésus-Christ dans l’Eucharistie, vulgairement appelée la Fête-Dieu.

D. Quand Jésus-Christ a-t-il institué cet admirable Sacrement ?
R. Jésus-Christ l’a institué le Jeudi Saint, la veille de sa mort.

D. Pourquoi l’Eglise ne fait-elle pas la Fête du Saint Sacrement le Jeudi Saint ?
R. Parce qu’elle est alors occupée de la Passion & de la mort de Jésus-Christ.
Explication. L’Eglise fait néanmoins cette Fête le Jeudi Saint, autant que les circonstances peuvent le lui permettre mais elle est alors trop occupée pour la célébrer comme elle le désirerait ; c’est ce qui l’a engagée à transférer la fête de l’institution du Saint Sacrement, afin qu’elle fût célébrée avec toute la pompe & l’éclat qui lui conviennent. Cette fête est, à proprement parler, le supplément de celle du Jeudi Saint.

D. Dans quel temps a-t-on célébré cette fête au jour où elle est maintenant ?
R. Elle a été célébrée d’abord à Liège en 1246 puis ordonnée pour tout l’Occident par le pape Urbain IV en 1264.

D. Pourquoi l’Eglise a institué cette fête particulière ?
R. Pour quatre raisons principales.

D. Quelle est la première raison de l’institution de la Fête du Saint Sacrement ?
R. C’est pour remercier Jésus-Christ de l’institution de ce sacrement adorable.

D. Quelle est la seconde raison ?
R. C’est pour rendre à Jésus-Christ dans ce sacrement adorable les honneurs qui lui sont dus.

D. Quelle est la troisième raison ?
R. C’est pour s’opposer aux hérétiques qui ont osé attaquer Jésus-Christ dans le Saint Sacrement.
Explication. Cette raison est une des causes principales de l’institution de cette auguste solennité. C’est la coutume de l’Eglise de défendre le dogme par quelque rit ou cérémonie, par des fêtes, des usages, des pratiques ; en un mot par quelque chose d’extérieur qui prémunisse les chrétiens & les avertisse de prendre garde aux séductions des hérétiques, & c’est ce qu’elle fait dans cette occasion.

D. Quelle est la quatrième raison ?
R. C’est pour réparer les outrages que Jésus-Christ reçoit dans le Sacrement de son amour.
Explication. Combien d’outrages ce divin Sauveur ne reçoit-il pas dans ce Sacrement ineffable de la part des hérétiques qui le blasphèment, de la part de tant de chrétiens qui communient indignement & profanent ainsi le plus redoutable de nos Mystères ? Combien d’horribles sacrilèges n’ont pas commis les sectaires contre le Saint Sacrement de l’Autel, surtout durant les guerres que l’hérésie excita pendant le seizième siècle ? On ne peut penser qu’avec horreur à ce que firent les Zwingliens, les Calvinistes et les autres sectateurs. L’histoire de ces temps n’est remplie que des impiétés qu’ils commirent de toutes parts, surtout en Allemagne & en France.

D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle établi la procession de la Fête du Très Saint Sacrement ?
R. Pour trois raisons.

D. Quelle est la première raison pour laquelle on fait la procession du Saint Sacrement ?
R. C’est pour marquer la victoire & le triomphe que Jésus-Christ remporte sur les ennemis de ce Sacrement adorable.
Explication. C’est la raison que donne le saint Concile de Trente. Il était en effet bien juste de dédommager en quelque sorte le Sauveur des outrages des hérétiques ; de là vient la pompe & la magnificence avec lesquelles tout l’univers catholique s’empresse de faire ces augustes processions. Elles se font surtout à Angers avec toute la solemnité possible, parce que c’est dans cette ville que Béranger attaqua le premier le dogme de l’Eucharistie, le plus grand des bienfaits de Dieu, ce bien par excellence que les premiers chrétiens appelaient le bien parfait, bonum perfectum.

D. Quelle est la seconde raison ?
R. C’est pour sanctifier nos places publiques, nos rues & nos maisons par la présence adorable de Jésus-Christ.
Explication. Si les anciens patriarches regardaient comme sacrés les lieux où les anges leur avaient apparu, s’ils y dressaient des autels, s’ils y offraient des victimes, si Moïse même ne devait approcher que pieds nus du buisson ardent par respect pour la présence de Dieu, que devraient faire des chrétiens pénétrés de la réalité de la présence de Jésus-Christ ? Avec quelle religieuse frayeur ne devraient-ils pas regarder les lieux que sa présence auguste a sanctifié ?

D. Quelle est la troisième raison ?
R. C’est pour exciter par cet auguste spectacle la foi & la piété des chrétiens.

D. Avec quels sentiments faut-il assister aux processions du Très Saint Sacrement ?
R. Il faut y assister avec les sentiments d’une foi vive & d’une adoration profonde.

D. Quelle pratique de piété peut-on faire le jour de la Fête-Dieu ?
R. Il faut faire une visite à Jésus-Christ par manière d’amende honorable pour lui demander pardon de tous les outrages qu’il reçoit dans le Saint Sacrement.

D. Pourquoi visite-t-on le Saint Sacrement le soir du Jeudi Saint ou même pendant la nuit ?
R. Pour faire amende honorable à Jésus-Christ de tout ce qu’il a souffert pour nous dans sa passion, & qu’il souffre encore tous les jours dans le Sacrement adorable de son amour.
Explication. Une coutume bien louable & bien salutaire que plusieurs chrétiens observent, est de dire souvent ces paroles remarquables : Loué & adoré soit Jésus-Christ dans le Très Saint Sacrement de l’Autel. C’est une pratique sainte qui ne peut trop se répandre, parce que quelques louanges que nous donnions à Jésus-Christ sur les prodiges de puissance & d’amour qu’il opère dans la divine Eucharistie, nous n’en dirons jamais assez, & il sera toujours infiniment au-dessus de toutes nos louanges.

D. Que faut-il faire pendant l’octave du Très Saint Sacrement ?
R. Il faut, autant qu’on le peut, assister tous les jours à la sainte Messe & aux offices où l’on donne la bénédiction du Très Saint Sacrement.
Explication. Les bénédictions du Très Saint Sacrement n’ont été en usage que depuis que les sectaires se sont déchaînés contre ce Sacrement auguste : elles ont été principalement établies pour marquer de plus en plus la foi de la présence réelle, & rien n’est plus propre à attirer sur nous les grâces du ciel que cette sainte cérémonie ; car si les bénédictions des anciens patriarches étaient désirées avec tant d’ardeur, comme nous le voyons par les plaintes d’Esaü, & par l’empressement de Sara à procurer celle d’Isaac à son cher Jacob, combien ne devons-nous pas souhaiter davantage les bénédictions de Jésus-Christ, le principe & la source de toutes les grâces ? avec quel respect ne devons-nous pas les recevoir ?

Fête-Dieu à Québec en 1919

Fete-Dieu a Quebec 1919

Remarquons :

  • le bataillon de zouaves pontificaux escortant le Saint Sacrement,
  • les drapeaux pavoisant les maisons (on sort de la Grande Guerre),
  • les six lanternes de procession,
  • l’arche de triomphe en branchages avec la banderole « Seigneur augmentez notre foi,
  • les ceintures sur les surplis des clercs,
  • on ne distingue pas très bien, mais les porte-étendards qui précèdent le dais paraissent être en aubes & dalmatiques.

Merci au frère Maximilien-Marie pour l’envoi de cette belle photographie.

***

Dans cette série :

Programme de la Fête du Très-Saint Sacrement (Fête-Dieu) – vêpres, procession & salut

Procession Fete-Dieu


Saint-Eugène, le dimanche 10 juin 2007, vêpres à 15h30, suivies de la procession & du salut du Très-Saint Sacrement.

Secondes vêpres du Très-Saint Sacrement (chantées en vieux plain-chant parisien) :

  • Procession d’entrée: Improvisation à l’orgue sur l’hymne Pange lingua
  • Deus in adjutorium en faux-bourdon langrois
  • Dixit Dominus (H. 197) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de chapelle de Mademoiselle de Guise, du Dauphin, des Jésuites et de la Sainte Chapelle
  • faux-bourdons parisiens pour les autres psaumes et le Magnificat (édition de 1739)
  • A la procession :

  • Au premier reposoir : O salutaris Hostia d’après Alexis V. Kastorsky (1869 † 1944), chantre de la chapelle impériale de Saint-Pétersbourg – adaptation Henri de Villiers
  • Au second reposoir : Anima Christi – prière des livres d’Heures du XIVème siècle, dite prière de saint Ignace car celui-ci l’a placée au début de ses « Exercices spirituels » – polyphonie de l’abbé Auguste Chérion (1854 † 1904), maître de chapelle de La Madeleine
  • Au salut :

  • O salutaris de l’abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790)
  • Adoro te supplex – hymne au T. S. Sacrement de saint Thomas d’Aquin, alternances polyphoniques de la tradition de Langres
  • O memoriale, motet d’après Palestrina (c. 1526 † 1594), maître de la chapelle pontificale – texte de Saint Thomas d’Aquin (1225 † 1274)
  • Tantum ergo
  • Bénédiction
  • Motet final au très Saint Sacrement : Adoremus in æternum – plain-chant musical d’après la tradition de l’Eglise de Langres

Programme de la Fête du Très-Saint Sacrement (Fête-Dieu)

Procession Fete-Dieu


Saint-Eugène, le dimanche 10 juin 2007, grand’messe de 11h.

  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa secunda de Hans Leo Hassler (1564 † 1612)
  • Procession d’entrée: Lauda Sion – Harmonisation d’Olivier Willemin, organiste de Sainte-Rosalie
  • Séquence Lauda Sion – Texte de saint Thomas d’Aquin composé sur la séquence Laudes Crucis d’Adam de Saint-Victor – conformément à la tradition l’orgue chante les strophes impaires
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Orgue
  • Après la Consécration : Benedictus de la Missa secunda de Hassler
  • Pendant la communion : Tantum ergo sacramentum – texte de Saint Thomas d’Aquin – musique de Michel-Richard de Lalande (1657 † 1726), maître de la chapelle des rois Louis XIV & Louis XV – traduction versifiée du XVIIIème siècle
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est IV
  • Après le dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : Orgue
  • Catéchisme sur la très-sainte Trinité

    La Très-Sainte Trinité par Luca Rossetti da Orta

    Demande. Quelle fête célébrons-nous le dimanche qui suit la Pentecôte ?
    Réponse. Nous célébrons la fête de la très-sainte Trinité.

    D. Qu’est-ce que la très-sainte Trinité ?
    R. C’est un seul Dieu en trois personnes, le Père, le Fils & le Saint-Esprit.

    D. Y a-t-il plusieurs natures dans les trois personnes de la très-sainte Trinité ?
    R. Non : les trois personnes de la très-sainte Trinité n’ont qu’une seule & même nature.

    D. Les trois personnes de la très-sainte Trinité sont-elles distinguées entr’elles ?
    R. Oui : les trois personnes de la très-sainte Trinité sont réellement distinguées l’une de l’autre.
    Explication. Voilà le mystère auguste & incompréhensible qu’il a plu à Dieu de nous révéler : un seul Dieu en trois personnes distinctes, même substance, même divinité, même nature ; chacune de ces trois personnes est Dieu, & ces trois personnes ne sont qu’un Dieu. Le Fils n’est pas le Père, quoiqu’il soit une même substance avec lui ; le Saint-Esprit n’est ni le Père ni le Fils, quoique ces trois adorables Personnes ne soient qu’une même nature. Le Fils est aussi puissant que le Père ; le Saint-Esprit est aussi sage, aussi parfait, aussi puissant que le Père & le Fils : les trois Personnes ensemble n’ont ni plus de puissance, ni plus de sagesse qu’une seule ; toutes trois ont la même immensité, la même puissance, la même éternité, les mêmes perfections.

    D. Qu’est-ce que la foi nous apprend de la première Personne ou du Père ?
    R. La foi nous apprend que le Père n’est point engendré, qu’il ne procède d’aucune autre Personne, & qu’il engendre son Fils de toute éternité.

    D. Qu’est-ce que la foi nous apprend de la seconde Personne ou du Fils ?
    R. La foi nous apprend que le Fils est engendré de son Père.

    D. Qu’est-ce que la foi nous apprend de la troisième Personne ou du Saint-Esprit ?
    R. La foi nous apprend que le Saint-Esprit procède du Père & du Fils.

    D. Peut-on expliquer & comprendre le Mystère de la sainte Trinité ?
    R. Non, c’est un mystère incompréhensible qu’il faut croire simplement.
    Explication. Ce mystère est indubitable puisque Dieu l’a révélé de la manière la plus claire. Il ne révolte point notre raison, mais il surpasse notre intelligence. Dieu veut que nous soumettions notre esprit sous le joug de la foi : il nous commande, dit saint Augustin, de croire le mystère, mais il ne nous permet pas de l’approfondir.

    D. Peut-on représenter la très-sainte Trinité ?
    R. Non, c’est un mystère dont nous ne pouvons former aucune image.
    Explication. On représente souvent le Père sous la figure d’un vieillard respectable, pour désigner son éternité ; le Fils sous une figure humaine, parce qu’il s’est fait homme ; le Saint-Esprit sous la figure d’une colombe, parce qu’il choisit cette image comme un symbole de sa présence lorsqu’il descendit sur Jésus-Christ ; mais ces faibles & impuissants symboles ne nous donnent aucune idée réelle de l’auguste Trinité ; aucune image ne peut la représenter ni la faire comprendre.

    D. Qu’attribue-t-on ordinairement au Père ?
    R. On attribue au Père l’œuvre de la création.

    D. Qu’attribue-t-on ordinairement au Fils ?
    R. On attribue au Fils l’œuvre de la rédemption.

    D. Qu’attribue-t-on ordinairement au Saint-Esprit ?
    R. On attribue au Saint-Esprit l’œuvre de la sanctification.
    Explication. La rédemption, en tant qu’elle est l’ouvrage d’un Dieu fait homme, qui a satisfait pour nos péchés, n’appartient qu’au Fils ; les autres œuvres, comme de création, de sanctification, &c. quoique attribuées spécialement à une Personne divine, sont néanmoins communes à toutes.

    D. Avons-nous quelques rapports avec la très-sainte Trinité ?
    R. Oui, nous en avons trois principaux.

    D. Quel est le premier rapport que nous avons avec la très-sainte Trinité ?
    R. Notre premier rapport avec la très-sainte Trinité est d’être créés à son image.
    Explication. Faisons l’homme, dit Dieu lui-même, à notre image & à notre ressemblance. Si l’homme comprenait bien toute la grandeur de ce glorieux rapport avec Dieu, pourrait-il se résoudre à souiller par le péché l’image même de la divinité gravée dans son âme & dans tout son être ?

    D. Quel est le second rapport ?
    R. Notre second rapport avec la sainte Trinité est de lui être consacrés par le baptême.
    Explication. C’est au nom de l’adorable Trinité que nous avons été baptisés, que nous avons reçu le sceau de la régénération spirituelle ; nous lui appartenons donc spécialement par l’onction sainte qui nous a été donnée, par la consécration de tout ce que nous sommes à son culte & à son adoration.

    D. Quel est le troisième rapport que nous avons avec la Très-Sainte Trinité ?
    R. Notre troisième rapport avec la Sainte Trinité est d’être son temple par la grâce qui est en nous.
    Explication. Vous êtes les temples du Dieu vivant, disait l’Apôtre aux fidèles de son temps, parce que Dieu habite en vous par sa grâce ; mais saint Paul ajoute que Dieu perdra ceux qui profanent ce Temple auguste, & on le profane quand on offense Dieu.

    D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle établi la fête de la Très-Sainte Trinité ?
    R. Pour nous rappeler l’obligation de rendre à la Très-Sainte Trinité les hommages continuels que nous lui devons.

    D. Que faut-il faire pour rendre ces hommages à la Très-Sainte Trinité ?
    R. Il faut croire fermement cet auguste mystère, parce que Dieu l’a révélé.

    D. Quels autres hommages devons-nous à l’adorable Trinité ?
    R. Nous devons l’adorer profondément & la glorifier sans cesse.
    Explication. L’Eglise termine toutes ses prières par la glorification des trois adorables Personnes : cet usage est du premier siècle. Les païens, les hérétiques ayant attaqué le dogme de la Trinité, l’Eglise, pour le mettre continuellement sous les yeux des fidèles, leur faisait répéter sans cesse ces paroles admirables : Gloire au Père, au Fils & au Saint-Esprit. Par cette pratique générale l’Eglise confondait toutes les hérésies, préservait les chrétiens de la séduction, & glorifiait la très-sainte Trinité en lui rapportant toutes choses.

    D. Par quelle autre pratique pouvons-nous glorifier la très-sainte Trinité ?
    R. En faisant souvent & avec respect le signe de la croix.
    Explication. Autre usage des premiers chrétiens établi par la même raison : on ne faisait rien qu’en invoquant, suivant l’avis de l’Apôtre, le Nom admirable du Seigneur. Cette sainte pratique est venue jusqu’à nous ; mais la foi, la confiance, la pureté de cœur qui l’accompagnaient dans ces heureux temps y sont-elles aussi parvenues ?

    D. Quel autre hommage devons-nous encore à la très-sainte Trinité ?
    R. Nous devons la remercier des grâces qu’elle nous accorde.
    Explication. Rien que nous n’ayons reçu de Dieu, bienfaits temporels, grâces spirituelles, tout vient de lui, soit dans l’ordre de la nature, soit dans l’ordre de la grâce : nous en attendons tout dans l’ordre de la gloire : nos actions de grâces devraient être continuelles comme ses dons le sont à notre égard.

    D. Quelle autre pratique de piété pouvons-nous faire le jour de la sainte Trinité ?
    R. Nous devons célébrer notre baptême & notre profession de foi, en récitant le symbole des Apôtres.
    Explication. Les premiers chrétiens appelaient Pâques annotine la célébration de leur baptême, parce qu’ils la faisaient au jour anniversaire auquel ils l’avaient reçu. Saint Grégoire de Naziance, au rapport de saint Charles Borromée, assurait que c’était l’ancien usage de célébrer tous les ans le jour de son baptême ; le Micrologue, auteur du onzième siècle, assurait qu’alors cet usage était universel. Saint Charles, si zélé pour faire revivre l’ancienne discipline, ne manqua pas de renouveller cette sainte pratique ; il le fit dans son sixième concile. Il exhorte les pères à écrire avec soin le jour du baptême de leurs enfants, afin que chaque année, à pareil jour, ils puissent en célébrer la mémoire ; il les conjure de donner l’exemple à leurs enfants. Le jour de la très-sainte Trinité est très-propre pour mettre cette sainte pratique en usage, puisqu’il nous rappelle que nous avons été baptisés en son nom. On doit encore prendre la résolution de le faire chaque année le jour anniversaire de son baptême.

    Trinite