Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du XIème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 24 août 2014, grand’messe de 11h.

« Ephphetha » – dimanche de la guérison du sourd-muet.

« Quand Dieu, Créateur de toutes choses, a voulu guérir un sourd-muet, il lui mit les doigts dans les oreilles et il prit de la salive et lui toucha la langue. Pourquoi ? Que signifient les doigts du Rédempteur, sinon les dons du Saint-Esprit ? C’est pour cela que, ailleurs, après avoir chassé un démon, il dit : « Si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, le Royaume de Dieu est donc venu jusqu’à vous. » Un autre évangéliste exprime cette même parole ainsi : « Si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le Royaume de Dieu est donc venu jusqu’à vous. » En mettant ces deux textes ensemble, on voit que l’Esprit est appelé doigt de Dieu. Donc, mettre les doigts dans les oreilles, c’est ouvrir à l’obéissance l’esprit du sourd par les dons du Saint-Esprit. »
Homélie de saint Grégoire, pape, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

  • Procession d’entrée : orgue
  • Introït – Deus in loco sancto suo (ton v.)
  • Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Credo I
  • Epître : I Corinthiens XV, 1-10 : Mais c’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce n’a point été stérile en moi : mais j’ai travaillé plus que tous les autres ; non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu avec moi.
  • Graduel – In Deo speravit cor meum (ton v.)
  • Alleluia – Exsultate Deo (ton vii.)
  • Evangile : Marc VII, 31-37 : Et levant les yeux au ciel, il jeta un soupir, et lui dit : Éphphétha, c’est-à-dire, Ouvrez-vous.
  • Offertoire – Exaltabo te Domine (ton ii.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du IInd ton – faux-bourdon parisien (édition de 1739)
  • Après la Consécration : O salutaris hostia
  • Communion – Honora Dominum (ton vi.)
  • Prière pour la France, sur le VIème ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : Reine de France, priez pour nous – cantique d’Aloys Kunc (1832 † 1895), maître de chapelle de la cathédrale de Toulouse & de Notre-Dame-des-Victoires
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Iconographie & 3 leçons des nocturnes de ce dimanche, sur notre page Facebook.

    Sourp Badarak à Arnouville – sainte messe du lundi de l’Assomption en rit arménien

    L’année liturgique de l’Eglise arménienne connait cinq grandes fêtes principales (dites Dagavars) :
    1. « Tabernacle » : fête de l’Incarnation où sont conjointement célébrés le 6 janvier Noël & la Théophanie (le rit arménien est le seule rit oriental à avoir conservé la date primitive de Noël au 6 janvier, disposition qui était commune initialement à tout l’Orient. C’est à partir du IVème siècle que la célébration de Noël à la date romaine du 25 décembre s’est diffusée en Orient, mais cette date n’a jamais été reçue en Arménie),
    2. Pâques,
    3. La Transfiguration (célébrée le 14ème dimanche après Pâques),
    4. L’Assomption de la Mère de Dieu (célébrée le dimanche le plus proche du 15 août),
    5. L’Exaltation de la Sainte Croix (célébrée le dimanche le plus proche du 14 septembre).

    Chacune de ces cinq fêtes est précédée d’une période de jeûne d’une semaine (sauf Pâques qui est précédée d’un Carême de 41 jours de jeûne) et suivie d’une période d’après-fête.

    Particularité du rit arménien : le lendemain de chacune de ces cinq fêtes, on célèbre à la fin de la messe un requiem pour tous les fidèles défunts, afin de les associer à l’allégresse des vivants.

    Ce lundi 18 août était pour 2014 le premier jour après l’Assomption. Cette grande fête est suivie dans le rit arménien d’une après-fête (l’équivalent de l’octave du rit romain) de 9 jours (l’octave de l’Assomption a été hélas supprimée dans le rit romain par le nouveau code des rubriques de 1960).

    Voici quelques photos du Sourp Badarak (littéralement Saint Sacrifice) – de la sainte messe célébrée ce matin en l’Eglise arménienne Sainte-Croix-de-Varak d’Arnouville.

    01 - Le chœur avant que la messe ne commence

    Le chœur des femmes prend place tandis que le célébrant revêt ses ornements à la sacristie.

    Khorhourt khorin : Mystère profond, incompréhensible, sans commencement ! Tu as paré en chambre nuptiale de la lumière inaccessible ton royaume céleste, & paré les chœurs des anges d’une gloire magnifique.

    02 - Prières au bas de l'autel

    Prières au bas de l’autel au début de la messe. Après un premier lavabo du célébrant signifiant la purification nécessaire du cœur pour célébrer les saints mystères, le célébrant récite le psaume 25 (Lavabo inter innocentes manus meas) puis fait au peuple la confession de ses péchés :

    Khosdovanim arachi : Je confesse devant Dieu, devant la sainte Mère de Dieu, devant tous les saints & devant vous, pères & frères, tous les péchés que j’ai commis, car j’ai péché en pensée, en parole & en action, & par tous les péchés que commettent les hommes. J’ai péché ! J’ai péché ! Je vous en prie, demandez à Dieu pour moi le pardon.

    03- Entrée dans le sanctuaire

    Entrée du célébrant dans le sanctuaire. Chant du trisaghion, dans sa version arménienne, avec une incise spéciale pour la fête de l’Assomption :

    Sourp Asdvadz : Saint Dieu, Saint et fort, Saint et immortel, qui es venu prendre avec toi ta mère, la Vierge, aie pitié de nous.

    04 - Chant de l'épître par un diacre

    Chant de l’épître & de l’équivalent du graduel romain ou du prokimenon byzantin (brefs versets de psaumes choisis) par un diacre.

    05 - Célébration des saints mystères

    Après le renvoi des catéchumènes commence la partie sacrificielle de la messe. Le prêtre ôte alors sa tiare (les prêtres arméniens portent la tiare des évêques byzantins, les évêques arméniens portent la mitre des évêques latins).

    Mi vok herakhayits : le diacre – Qu’aucun des catéchumènes, qu’aucun de ceux dont la foi est déficiente, qu’aucun des pénitents & de ceux qui ne sont pas purs n’approche de ce divin mystère.

    06 - Elévation des saintes espèces pendant le Sancta Sanctis

    Après le Pater et avant la fraction, comme dans les autres liturgies orientales & la liturgie mozarabe, a lieu l’ostension solennelle du corps & du sang du Christ :

    Le prêtre : I srpoutyoun srpots – Sancta Sanctis – Les Saints (dons) aux Saints.
    Le chœur : Un seul est Saint, un seul est Seigneur, Jésus-Christ, dans la gloire de Dieu le Père. Amen.

    07 - Eglise apostolique arménienne Sainte-Croix-de-Varak d'Arnouville

    L’église apostolique arménienne Sainte-Croix-de-Varak d’Arnouville a été édifiée à partir de 1931, sa dédicace fut célébrée le 13 novembre 1932. On remarquera son clocher octogonal dans le style arménien.

    08 - Monument à la mémoire des 1 500 000 arméniens victimes du génocide perpétré par le gouvernement turc en 1915

    Monument à la mémoire des 1 500 000 arméniens victimes du génocide perpétré par le gouvernement turc en 1915. Cette stèle sculptée par un artiste d’Arménie, Hratch Karapetian, fut inauguré par la mairie d’Arnouville le 27 avril 2004.

    Programme du Xème dimanche après la Pentecôte

    Saint-Eugène, le dimanche 16 août 2014, grand’messe de 11h.

    Le pharisien & le publicain.

    « Le Seigneur est le Très-Haut et il regarde l’humilité. Mais les hommes hautains, – et le pharisien était l’un d’eux –, il ne les connaît que de loin. Leurs actes hautains, Dieu les connaît de loin, mais il ne méconnaît pas leur faute. Écoute encore l’humilité du publicain. Non content de se tenir à distance, il ne levait même pas les yeux vers le ciel. Afin d’être regardé, lui ne regardait pas. Il n’osait pas relever les yeux. Sa conscience l’opprimait, l’espérance le soulevait. Écoute encore : « Il se frappait la poitrine. » De lui-même, il exige un châtiment. Aussi le Seigneur épargne-t-il celui qui confesse sa faute. « Il se frappait la poitrine en disant : Mon Dieu, sois indulgent au pécheur que je suis. » Le voilà, celui qui prie ! Pourquoi t’étonner ? La faute qu’il reconnaît Dieu, lui, ne veut plus la connaître. »
    Homélie de saint Augustin, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

    Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Programme de la fête de l’Assomption de la B. V. Marie

    Saint-Eugène, le vendredi 15 août 2014, procession du vœu de Louis XIII & grand’messe de 11h.

    > Catéchisme sur la fête de l’Assomption

    La fête de l’Assomption de la Vierge est sans doute la plus ancienne des fêtes mariales et est universellement célébrée par les Eglises d’Orient & d’Occident. Il est probable que son institution fut faite au début du Vème siècle à Jérusalem (la fête est attestée dans le lectionnaire de 415-417) et de là se soit diffusée partout ailleurs. Dans l’Empire d’Orient, un net décret de l’empereur Maurice (582 † 602) en imposa la célébration. Rome reçut la célébration de la fête sous le pontificat du pape Théodore (642 † 649), qui était d’origine constantinopolitaine (aussi retrouve-t-on le même évangile à Rome qu’à Byzance pour la messe de la fête). Vers l’an 700, le Pape d’origine syrienne saint Serge Ier ordonne 4 grandes processions en l’honneur de Marie, aux 4 grandes fêtes mariales de l’Annonciation, de l’Assomption, de la Nativité & de la Purification de la Sainte Vierge. Il convient de citer ici l’oraison composée par saint Serge Ier par laquelle débutait cette procession de l’Assomption, en raison de sa remarquable formulation :

    Veneranda nobis, Domine, hujus est diei festivitas, in qua sancta Dei Genetrix mortem subiit temporalem, nec tamen mortis nexibus deprimi potuit, quæ Filium tuum, Dominum nostrum, de se genuit incarnatum.
    Vénérable est pour nous, Seigneur, la fête qui commémore ce jour en lequel la sainte Mère de Dieu subit la mort temporelle, mais néanmoins ne put être retenue par les liens de la mort, elle qui avait engendré de sa substance votre Fils, notre Seigneur incarné.

    La magnifique procession romaine qui précédait la messe de l’Assomption disparut hélas du rit romain lors de la diffusion générale de sa forme simplifiée, savoir celui en usage dans la Curie romaine. Cependant, la France en conserve un lointain souvenir avec la procession dite du vœu de Louis XIII. En effet, par lettres patentes du 10 février 1638, le pieux roi déclarait consacrer à Marie sa personne, son état, sa couronne, ses sujets et demandait l’instauration à cet effet d’une procession solennelle après les secondes vêpres de l’Assomption. Plusieurs indices rendent probable que le fameux ton psalmique néo-gallican appelé « ton royal » (qu’on a longtemps cru être de la composition du roi Louis XIII mais que l’on trouve déjà dans des manuels de procession de la Ligue sous le règne d’Henri III) ait été employé à Notre-Dame de Paris dès la première procession de 1638. Il figure depuis parmi les pièces les plus fameuses & les plus traditionnelles du répertoire de la cathédrale.
     

  • Entrée du clergé : orgue
  • Procession du vœu de Louis XIII selon le propre de Paris : Litanies de la Sainte Vierge – A la station à l’autel de la Sainte Vierge, chant du Sub tuum præsidium – retour au chœur au chant de l’Exaudiat – Psaume 19, sur le ton royal – faux-bourdon traditionnel à Paris depuis le XVIIème siècle
  • Propre grégorien du jour
  • Kyrie : Messe à trois voix de Claudio Casciolini (1697 † 1760), chantre de Saint-Laurent in Damaso à Rome
  • Gloria : Messe à trois voix de Claudio Casciolini
  • Epître : Judith XIII, 22, 23-25 ; XV, 10 : Bénie soit le Seigneur qui a créé le ciel et la terre, lui qui t’a guidée pour frapper à la tête le chef de nos ennemis.
  • Séquence de l’Assomption, au propre de Paris : Induant justitiam – conformément à la tradition, l’orgue figure les versets impairs
  • Evangile : Luc I, 41-50 : Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de votre sein est béni.
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Tota pulchra es – motet à la Très Sainte Vierge tiré du Cantique des Cantiques, d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Louis XV à Versailles
  • Sanctus : Messe à trois voix de Claudio Casciolini
  • A l’élévation : O salutaris (H. 236) extrait de la Messe pour 8 voix et 8 instruments (H. 3) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV et de la Sainte Chapelle
  • Agnus Dei : Messe à trois voix de Claudio Casciolini
  • Pendant la communion : Salve Regina – antienne de la Très Sainte Vierge, d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Louis XV à Versailles
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est IV
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : J’irai la voir un jour – Cantique à Marie du R.P. Janin
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Iconographie, avec les 9 leçons des nocturnes du bréviaire traditionnel de cette fête, sur notre page Facebook

    Programme du IXème dimanche après la Pentecôte

    IXème dimanche après la Pentecôte - Jésus chasse les marchands du TempleSaint-Eugène, le dimanche 10 août 2014, grand’messe de 11h.

    Jésus pleure sur Jérusalem & chasse les marchands du temple.

    « Quiconque a lu l’histoire de la chute de Jérusalem survenue sous les chefs romains Vespasien et Titus, reconnaît cette ruine que le Seigneur a décrite en pleurant. N’est-ce pas les chefs romains qu’il dénonce quand il dit : « Car des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’entoureront de tranchées » ? Et ces paroles aussi : « Ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre », témoignent du déplacement même de cette ville. Car si maintenant elle a été reconstruite en dehors de la porte, là où le Seigneur fut crucifié, c’est que la Jérusalem antérieure a été renversée de fond en comble, comme il est dit. »
    Sermon de saint Grégoire, pape, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

     

  • Procession d’entrée: orgue
  • Introït – Ecce Deus adjuvat me (ton v.)
  • Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Epître : I Corinthiens X, 6-13 : Dieu est fidèle, et il ne souffrira pas que vous soyez tentés au delà de vos forces ; mais il vous fera tirer avantage de la tentation même, afin que vous puissiez persévérer.
  • Graduel – Domine Dominus noster (ton v.)
  • Alleluia – Eripe me de inimicis meis (ton ii.)
  • Evangile : Luc XIX, 41-47 : Il est écrit, que ma maison est une maison de prière ; et néanmoins vous en avez fait une caverne de voleurs.
  • Credo I
  • Offertoire – Justitiæ Domini rectæ (ton iv.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du Vème ton – faux-bourdon parisien (édition de 1739)
  • Après la Consécration : O salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790) – Harmonisation d’Amédée Gastoué (1873 † 1943), maître de chapelle de Saint-Jean-Baptiste-de-Belleville, commandeur de Saint Grégoire le Grand
  • Pendant la communion : Ave verum en plain-chant
  • Communion – Qui manducat carnem meam (ton vi.)
  • Prière pour la France, sur le VIème ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Sub tuum præsidium
  • Procession de sortie : O Marie, ô Mère chérie – Monsieur Flavien Martineau, prêtre de Saint-Sulpice (1830 † 1887)
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    3 août 1914 – 3 août 2014 : la sainte messe dans la Première Guerre mondiale

    Le 3 août 1914, l’Allemagne déclarait la guerre à la France, l’Europe entrait alors dans 4 années d’une terrible boucherie qui décima les croyants dans tous les camps, éliminant la jeunesse vive de milliers de villes & villages, causant la perte d’une part notable des élites chrétiennes européennes. En mémoire de ce funeste centenaire, voici quelques photographies qui témoignent de la foi de ces hommes au milieu de l’horreur du front.

    Souvenons-nous.

    Requiem æternam dona eis Domine, & lux perpetua luceat eis.

    La messe sur le front durant la Grande Guerre
    « Car le Seigneur jugera son peuple, et se laissera fléchir aux prières de ses serviteurs. »
    Psaume 134, 14.
    Photo : La messe sur le front en France pendant la Première Guerre mondiale.

    La messe au front pour les troupes françaises - New York Times du 14 février 1915
    « J’ai été assiégé par les douleurs de l’enfer ; et les filets de la mort m’ont enveloppé. »
    Psaume 17, 6.
    Photo : la messe au front pour les troupes françaises – New York Times du 14 février 1915.

    1915 - Une messe à la 43e batterie du 29e régiment d'artillerie entre Oostduinkerke et Nieuport
    « Je vous aimerai, Seigneur ! vous ma force. Le Seigneur est mon ferme appui, mon refuge, et mon libérateur. »
    Psaume 17, 2.
    Photo : 1915 – Une messe à la 43e batterie du 29e régiment d’artillerie entre Oostduinkerke et Nieuport.

    La sainte messe pour les troupes françaises sur le front de Champagne en 1915 - Collection Odette Carrez
    « Mes yeux se sont affaiblis à force d’être attentifs à votre parole, vous disant sans cesse : Quand me consolerez-vous ? »
    Psaume 118, 82.
    Photo : la sainte messe pour les troupes françaises sur le front de Champagne en 1915 – Collection Odette Carrez.

    1915 - le sous-lieutenant Pape (sic !) dit la sainte messe pour le 262ème régiment d'infanterie. Photographie d'Henri Terrier (1887 † 1918). Musée de l'Armée, Paris
    « Le Seigneur donnera la force à son peuple : le Seigneur bénira son peuple en lui donnant la paix. »
    Psaume 28, 11.
    Photo : 1915 – le sous-lieutenant Pape (sic !) dit la sainte messe pour le 262ème régiment d’infanterie. Photographie d’Henri Terrier (1887 † 1918). Musée de l’Armée, Paris.

    Des troupes allemandes assistent à la messe dans la cathédrale belge d'Anvers - New York Times du 21 mars 1915
    « Vous serez le sujet de mes louanges dans une grande assemblée ; je rendrai mes vœux à Dieu en présence de ceux qui le craignent. »
    Psaume 21, 26.
    Photo : des troupes allemandes assistent à la messe dans la cathédrale belge d’Anvers – New York Times du 21 mars 1915.png

    Des soldats autrichiens reçoivent la bénédiction du Saint-Sacrement en 1915 en Galicie russe
    « C’est au Seigneur qu’appartient le salut ; daignez sur votre peuple répandre votre bénédiction. »
    Psaume 3, 9.
    Photo : des soldats autrichiens reçoivent la bénédiction du Saint-Sacrement en 1915 en Galicie russe. New York Times du 23 mai 1915.

    Un prêtre russe célèbre la divine liturgie en 1915 pour les troupes russes - The War Illustrated Album DeLuxe, Vol. 1; Amalgamated Press, London, 1915
    « J’invoquerai le Seigneur en le louant : et il me sauvera de mes ennemis. »
    Psaume 17, 4.
    Photo : un prêtre russe célèbre la divine liturgie en 1915 pour les troupes russes, les soldats ont formé un chœur qui chante la liturgie à côté de l’autel. The War Illustrated Album DeLuxe, Vol. 1; Amalgamated Press, London, 1915.

    Un prêtre dit la messe pour les troupes italiennes dans les montagnes du Tyrol - New York Times du 27 février 1916
    « J’ai levé mes yeux vers les montagnes d’où viendra mon secours. »
    Psaume 120, 1.
    Photo : un prêtre dit la messe pour les troupes italiennes sur le front italo-autrichien dans les montagnes du Tyrol – New York Times du 27 février 1916.

    1916 - Prestation de serment des soldats du corps expéditionnaire russe au Mont-Athos
    « Vos enfants seront appelés le peuple saint, la face rachetée par le Seigneur ; et vous ne serez plus appelée la ville abandonnée, mais la ville recherchée et chérie de Dieu. »
    Isaïe 63, 12.
    Photo : avril 1916 – Prestation de serment des soldats du corps expéditionnaire russe et vénération d’une icône & de la croix au monastère de Saint-Pantaleimon, Mont-Athos, Grèce. Photographe : Dubray.

    Au camp Mirabeau près de Marseille, les hommes du premier régiment de la première brigade russe posent aux côtés de leur drapeau, orné du visage du Christ et frappé de la devise tirée d'Isaïe
    « Dieu est avec nous. »
    Isaïe 8, 10.
    Photo : avril 1916 – au camp Mirabeau près de Marseille, les hommes du premier régiment de la première brigade russe posent aux côtés de leur drapeau, orné du visage du Christ et frappé de la devise tirée d’Isaïe et chantée aux grandes complies byzantines, en particulier le jour de Noël : С нами Бог – Dieu est avec nous.

    Avril 1916 - Réunis sur la place d'armes du camp Mirabeau, près de Marseille, les hommes de la première brigade russe reçoivent la bénédiction du Pope avant leur départ pour le front
    « Je sais que Dieu est mon Sauveur : j’agirai avec confiance, et je ne craindrai point ; parce que le Seigneur est ma force et ma gloire, et qu’il est devenu mon salut. »
    Isaïe 12, 2.
    Photo : avril 1916 – réunis sur la place d’armes du camp Mirabeau, près de Marseille, les hommes de la première brigade russe reçoivent la bénédiction du père Okouneff, aumônier du régiment, avant leur départ pour le front.

    Réunis sur la place d'armes du camp Mirabeau, près de Marseille, les troupes du deuxième régiment de la première brigade d'infanterie russe fêtent Pâques célébrée par le père Okouneff, aumônier du régiment
    « Le Seigneur est devenu le refuge du pauvre ; et il vient à son secours lorsqu’il en a besoin, et qu’il est dans l’affliction. »
    Psaume 9, 10.
    Photo : avril 1916 – Réunis sur la place d’armes du camp Mirabeau, près de Marseille, les troupes du deuxième régiment de la première brigade d’infanterie russe fêtent Pâques, la divine liturgie étant célébrée par le père Okouneff, aumônier du régiment. Les soldats ont formé un chœur qui chante la liturgie à côté de l’autel.

    Voiture-chapelle Renault dédié à sainte Elisabeth, offerte par un homme d'affaire d'Anvers pour servir auprès des troupes belges
    « Le sacrifice de louange est celui par lequel l’homme m’honore ; et c’est là la voie par laquelle je lui montrerai le salut de Dieu. »
    Psaume 49, 23.
    Photo : 1916 – voiture-chapelle Renault dédiée à sainte Elisabeth, offerte par un homme d’affaire d’Anvers pour servir auprès des troupes belges.

    Des soldats français assistent à la messe avant d'aller à la bataille - Source = Vive la France - William Heinemann, Londres, 1916
    « En ce temps-là l’homme s’abaissera devant celui qui l’a créé, il jettera les yeux sur le Saint d’Israël »
    Isaïe 17, 7.
    Photo : des soldats français assistent à la messe avant d’aller à la bataille – Source : Vive la France – William Heinemann, Londres, 1916.

    La messe dans un hôpital militaire autrichien en 1916
    « Ayez pitié de moi, Seigneur ! parce que je suis faible : Seigneur ! guérissez-moi, parce que mes os sont tout ébranlés. »
    Psaume 6, 3.
    Photo : la messe dans un hôpital militaire autrichien en 1916.

    Le RP Doncœur, SJ célébre la messe à son autel dans les carrières de Confrécourt - Soissonnais
    « Vous n’aurez plus le soleil pour vous éclairer pendant le jour, et la clarté de la lune ne luira plus sur vous ; mais le Seigneur deviendra lui-même votre lumière éternelle, et votre Dieu sera votre gloire. »
    Isaïe 60, 19.
    Photo : un prêtre, probablement le fameux R.P. Paul Doncœur, s.j., célèbre la messe à un autel – surnommé l’autel du Père Doncœur – creusé dans la Carrière du 1er Zouave, dans les carrières de Confrécourt dans le Soissonnais. Paul Doncoeur est un jésuite qui devint aumônier militaire en 1914. Il participa aux batailles de la Marne, de l’Aisne, de Champagne et de Verdun. Il fut grièvement blessé dans la Somme. Par la suite, il rejoint ces régiments pour les combats de Reims, des Flandres. Sa bravoure et son dévouement pour assurer une sépulture chrétienne aux soldats morts au champ d’honneur, lui vaudront une renommée immense : sept citations, la croix de guerre, la légion d’honneur. Cet autel fut sculpté par les 35e et 298e régiments d’infanterie en 1914. Il est écrit au dessus une inscription patriotique : « Dieu protège la France ». A droite, un escalier permettait d’accéder directement aux premières lignes.

    Messe célébrée pour des prisonniers de guerre autrichiens - Illustrated War News, Vol. 1, Illustrated London News and Sketch, London, 1916
    « Dans mon affliction j’ai invoqué le Seigneur, et j’ai poussé mes cris vers mon Dieu. »
    Psaume 17, 7.
    Photo : messe célébrée pour des prisonniers de guerre autrichiens – Illustrated War News, Vol. 1, Illustrated London News and Sketch, London, 1916.

    Un aumônier prêche dans une église française transformée en hôpital
    « Mais pour moi, je crie vers vous, Seigneur ! et je me hâte de vous offrir dès le matin ma prière. »
    Psaume 87, 14.
    Photo : un aumônier prêche dans une église française transformée en hôpital.

    Messe dite dans la région de Soissons pour les troupes
    « Ce qui m’a consolé dans mon humiliation, c’est que votre parole m’a donné la vie. »
    Psaume 118, 50.
    Photo : messe dite dans la région de Soissons pour les troupes.

    La messe au front
    « J’ai connu quel a été votre amour pour moi, en ce que mon ennemi ne se réjouira point sur mon sujet. »
    Psaume 40, 12.
    Photo : la messe au front.

    Des soldats français entendent la messe dite dans une chapelle de tranchées - New York Times du 25 février 1917
    « Offrez un sacrifice de justice, et espérez au Seigneur. »
    Psaume 4, 6.
    Photo : des soldats français entendent la messe dite dans une chapelle de tranchées – New York Times du 25 février 1917.

    mars 1917 - M. l'Abbé Louis Lenoir (1882-1917), aumônier militaire au 4e régiment d'infanterie coloniale, célébrant la sainte messe pour ses troupes à Gravena (Macédoine grecque), peu de temps avant sa mort en mai 1917
    « Venez, et voyez les œuvres du Seigneur, les prodiges qu’il a fait paraître sur la terre, en faisant cesser les guerres jusqu’au bout de l’univers. Il brisera l’arc, et mettra les armes en pièces ; et il brûlera les boucliers dans le feu. »
    Psaume 45, 9.
    Photo : mars 1917 – M. l’Abbé Louis Lenoir (1882-1917), aumônier militaire au 4e régiment d’infanterie coloniale, célébrant la sainte messe pour ses troupes à Gravena (Macédoine grecque), peu de temps avant sa mort en mai 1917.

    messe sur le front italien en 1917
    « Détournez-vous du mal, et faites le bien : recherchez la paix, et poursuivez-la. »
    Psaume 33, 15.
    Photo : messe sur le front italien en 1917.

    Des prisonniers de guerre austro-hongrois assistent à la sainte messe dans un camp de prisonniers de guerre en Italie en 1917
    « Tirez mon âme de la prison où elle est, afin que je bénisse votre nom : les justes sont dans l’attente de la justice que vous me rendrez. »
    Psaume 141, 8.
    Photo: des prisonniers de guerre austro-hongrois assistent à la sainte messe dans un camp de prisonniers de guerre en Italie en 1917. British Library.

    Abbé Even, aumônier de la 51ème division, casque militaire
    « Souvenez-vous de votre parole en faveur de votre serviteur, qui est le fondement de l’espérance que vous m’avez donnée. »
    Psaume 118, 49.
    Photo : l’Abbé Even, aumônier de la 51ème division. Photographié le 10 septembre 1917 par Paul Castelnau (1880 † 1944). Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, Paris.

    Autel de campagne en 1917
    « Tous les troupeaux de Cédar se rassembleront en vous, les béliers de Nabajoth seront employés pour votre service : on me les offrira sur mon autel comme des hosties agréables, et je remplirai de gloire la maison de ma majesté. »
    Isaïe 60, 7.
    Photo : autel de campagne pour la messe en plein air installé à l’arrière d’une voiture attelée en 1917. Photographe : Georges Pila.

    22 juin 1918 - bénédiction des drapeaux polonais dans le bois de Beaulieu, Aube - photographe - Auguste Goulden
    « Habitants du monde, vous tous qui demeurez sur la terre, lorsque l’étendard sera élevé sur les montagnes, vous le verrez, et vous entendrez le bruit éclatant de la trompette. »
    Isaïe 18, 3
    Photo : 22 juin 1918 – bénédiction des drapeaux polonais dans le bois de Beaulieu, Aube – photographe – Auguste Goulden.

    Messe célébrée dans la cathédrale d'Amiens dont les murs ont été renforcés de sacs de sable pour les protéger des bombardements - 1918
    « Vous chanterez alors des cantiques comme en la nuit d’une fête solennelle, et votre cœur sera dans la joie, comme est celui qui va au son des hautbois à la montagne du Seigneur, au temple du Fort d’Israël. »
    Isaïe 30, 29.
    Photo : messe célébrée dans la cathédrale d’Amiens dont les murs ont été renforcés de sacs de sable pour les protéger des bombardements – 1918.

    L’intérieur de la cathédrale d’Amiens, avec des sacs de sable destinés à renforcer le bâtiment contre les obus - 1918
    « Je vis le Seigneur assis sur un trône sublime et élevé, et le bas de ses vêtements remplissait le temple. »
    Isaïe 6, 1.
    Photo : l’intérieur de la cathédrale d’Amiens, avec des sacs de sable destinés à renforcer le bâtiment contre les obus – 1918.

    Programme du VIIIème dimanche après la Pentecôte

    Saint-Eugène, le dimanche 3 août 2014, grand’messe de 11h.

    L’économe infidèle.

    On comprend la suite : Celui qui est fidèle pour très peu de chose, ce qui veut dire pour le plan charnel, sera fidèle aussi pour beaucoup, ce qui veut dire pour le plan spirituel. Mais celui qui est malhonnête pour très peu qui ne met pas au service de ses frères ce que Dieu a créé pour tous, celui-là sera malhonnête aussi dans le partage des richesses spirituelles, car il ne dispensera pas la doctrine selon les besoins, mais selon les personnes. « Or, dit le Seigneur, si vous ne dispensez pas bien les richesses matérielles et caduques, qui donc vous confiera les vraies et éternelles richesses de la doctrine divine ? »
    Homélie de saint Jérôme, prêtre, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

    L’introït de la messe de ce dimanche, – Suscepimus, Deus, misericordiam tuam, in medio templi tui – Nous avons reçu, Dieu, ta miséricorde au milieu de ton temple -, tiré du psaume 47, a été ultérieurement réutilisé au VIIIème siècle pour servir également d’introït à la messe de la Purification le 2 février, lorsque cette fête fut instituée.

    Par ailleurs, l’antienne de communion de ce dimanche – Gustate & videte quoniam suavis est Dominus – Goutez & voyez combien doux est le Seigneur – est tirée du psaume 33. Au IVème siècle, ce psaume eucharistique par excellence était universellement chanté à la communion, tant en Orient comme en Occident, et il en subsiste des traces nombreuses dans les différents rits. Il est possible que l’antienne de ce jour soit un témoin pour le rit romain de cet usage primitif.

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    Programme du VIIème dimanche après la Pentecôte

    Saint-Eugène, le dimanche 27 juillet 2014, grand’messe de 11h.

    Vous les reconnaitrez à leurs fruits

    Le Seigneur nous recommande d’évaluer aux fruits des œuvres les paroles de flatterie et les apparences de douceur et de n’apprécier personne tel qu’il se dépeint en paroles, mais bien tel qu’il se présente par ses actes ; car la rage du loup se couvre chez plus d’un de la peau du mouton. Les épines ne produisent, pas de raisins, ni les chardons des figues, et les arbres mauvais ne donnent pas de bons fruits : le Seigneur nous enseigne par là que la réalité des bonnes œuvres ne consiste pas en de telles apparences, et qu’il faut donc reconnaître chacun à ses fruits. Car ce n’est pas uniquement le zèle en paroles qui obtiendra le Royaume des Cieux et ce n’est pas celui qui dit : « Seigneur, Seigneur » qui en recueillera l’héritage.
    Homélie de saint Hilaire, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

    • Procession d’entrée : Omnes gentes – Chœur de Michel-Richard de Lalande (1657 † 1726), sous-maître de la chapelle des rois Louis XIV & Louis XV. Psaume XLVI, premier ton
    • Introït – Omnes gentes plaudite manibus (ton vi.)
    • Kyriale XI – Orbis factor
    • Epître : Romains VI, 19-23 : Car la mort est la solde et le payement du péché ; mais la vie éternelle est une grâce et un don de Dieu, en Jésus-Christ notre Seigneur.
    • Graduel – Convertere Domine aliquantulum (ton v.)
    • Alleluia – Omnes gentes plaudite manibus (ton i.)
    • Evangile : Matthieu VII, 15-21 : Ainsi tout arbre qui est bon, produit de bons fruits ; et tout arbre qui est mauvais, produit de mauvais fruits.
    • Credo I
    • Offertoire – Sicut in holocausto arietum (ton v.)
    • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du Vème ton – faux-bourdon parisien (édition de 1739)
    • Après la Consécration : O salutaris Hostia sur le ton du récitatif liturgique de la préface – Henri de Villiers
    • Pendant la communion : Jesu dulcedo cordium – motet de Francesco Soto de Langa (1534 † 1619), musicien de l’Oratoire de Rome – texte extrait du rythme du saint Nom de Jésus : « Jesu dulcis memoria », de Saint Bernard de Clairvaux (1099 – 1153)
    • Communion – Inclina aurem tuam (ton iv.)
    • Domine salvam fac Galliam – Prière pour la France, faux-bourdon parisien du IVème ton (d’après l’édition de 1739)
    • Après le dernier Evangile : Salve Regina
    • Procession de sortie : Omnes gentes – antienne d’après Guillaume Bouzignac (c. 1587 † ap. 1643), maître de chapelle des cathédrales d’Angoulême, de Bourges, de Rodez et de Clermont-Ferrand – versets du psaume 46 – 2ème ton

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    Programme du VIIème dimanche après la Pentecôte – dimanche des saints Pères des six premiers Conciles œcuméniques – ton 6

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 27 juillet 2014 du calendrier grégorien, 14 juillet 2014 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Ce dimanche étant celui qui tombe entre le 13 juillet & le 19 juillet, il y est fait mémoire des saints Pères des six premiers conciles œcuméniques :
    1. Nicée I (325),
    2. Constantinople I (381),
    3. Ephèse (431),
    4. Chalcédoine (451),
    5. Constantinople II (553),
    6. Constantinople III (680-681).

    Outre la fête de ce jour (fixée de fait au dimanche le plus proche du 16 juillet), le rit byzantin connait aussi d’autres fêtes liturgiques célébrant des conciles :

    • le dimanche après l’Ascension, il est fait mémoire des saints pères du premier concile de Nicée, ce qui correspond plus ou moins à l’ouverture de ce concile, qui s’est tenu du 20 mai au 25 août 325,
    • le dimanche le plus proche du 11 octobre, il est fait mémoire des saints pères du second concile de Nicée, septième œcuménique, (dont les conclusions anti-iconoclastes sont également célébrées le Ier dimanche de Carême, fête de l’Orthodoxie).

    Ces deux célébrations sont attestées au IXème siècle dans le typicon de la Grande Eglise.

    Cependant, la célébration de ce dimanche est la plus ancienne des trois fêtes des pères des conciles et remonte au 16 juillet 518. Au départ, elle n’est que la célébration de la fête du concile de Chalcédoine. En effet, après la mort de l’empereur monophysite Anastase et l’avènement de l’empereur orthodoxe Justin Ier, le peuple de Constantinople profita de la première apparition du nouveau souverain dans la Grande Eglise pour réclamer la destitution du patriarche Sévère d’Antioche & le rétablissement des actes du concile de Chalcédoine. Le patriarche Jean II de Constantinople proclama publiquement les décisions du concile de Chalcédoine le 15 juillet 518, et, à la demande du peuple, institua une fête solennelle le lendemain, 16 juillet 518, en l’honneur des pères du concile de Chalcédoine, auxquels on associa les saints pères des trois premiers conciles de Nicée, Constantinople & Ephèse. Plus tard, on y ajouta les 5ème et 6ème conciles œcuméniques, mais Nicée II eut sa célébration à part.

    Pour mémoire, rappelons ici brièvement les sujets abordés par chacun des 6 premiers conciles œcuméniques :

    1. Le premier concile de Nicée (325) condamne les erreurs d’Arius pour lequel le Christ est un demiurge, une créature intermédiaire entre Dieu et les hommes. Le concile rappelle l’incarnation de Dieu qui se fait homme en Jésus-Christ qui est fils de Dieu. Les pères rédigent un premier symbole de foi. Diverses questions de discipline ecclésiastiques sont aussi abordées, dont celle de la fixation de la date de Pâques.
    2. Le premier concile de Constantinople (381) condamne les erreurs de Macédonius & des Pneumatomaques qui niaient la divinité de l’Esprit-Saint. Les pères complètent le symbole de foi du premier concile, symbole qui sera dit dès lors de « Nicée-Constantinople ». Il rappelle aussi la prééminence de l’évêque de Rome, celui de Constantinople étant second dans la hiérarchie d’honneur dans l’Eglise.
    3. Le concile d’Ephèse (431) condamne les erreurs de Nestorius qui ne voyait dans le Christ aucune union de la nature divine avec la nature humaine, (pour lui, les deux natures étant séparées, Marie est simplement mère du Christ et ne peut donc être appelée Mère de Dieu). Le concile confirme l’appellation, ancienne & traditionnelle de « Mère de Dieu ».
    4. Le concile de Chalcédoine (451) condamne les erreurs d’Eutychès & des monophysites pour qui la nature humaine du Christ a été écrasée par la nature divine et a été absorbée par la divinité. Le concile rappelle que le Christ est parfaitement & pleinement Dieu et parfaitement & pleinement homme : il est une seule personne en laquelle sont unies deux natures, unies entre elles « sans confusion ni changement, sans division ni séparation ».
    5. Le second concile de Constantinople (553) condamne une seconde fois le nestorianisme, plus spécialement les écrits de Théodore de Mopsueste, de Théodoret de Cyr et d’Ibas d’Edesse (théologie dite des « trois chapitres »).
    6. Le troisième concile de Constantinople (680-681) condamne la maladroite doctrine née du patriarche Serge Ier de Constantinople qui tentait de réconcilier les monophysites avec l’Eglise en prétendant qu’il y avait bien deux natures dans le Christ mais que seule la volonté divine s’y exprimait. Le concile rappelle que la volonté humaine fait partie de la nature humaine et que le Christ n’en a donc pas été privé.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche, ton 6. Gloire au Père. Tropaire des Pères. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : des Pères.
    A sexte : Tropaire du dimanche, ton 6. Gloire au Père. Tropaire des Pères. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

    Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 6, & 4 tropaires de la 3ème ode du canon des Pères :
    1. Souviens-toi de moi, Dieu Sauveur, * quand tu entreras dans ton royaume, ** seul Ami des hommes, sauve-moi.
    2. Adam fut séduit par l’arbre défendu, * mais par celui de la Croix tu as sauvé * le bon Larron s’écriant : ** Dans ton royaume, Seigneur, souviens-toi de moi.
    3. Ayant brisé les portes & les verrous de l’Enfer, * tu as ressuscité, Source de vie, * Sauveur, tous ceux qui s’écrient : ** Gloire à ta sainte Résurrection.
    4. Souviens-toi de moi, Seigneur * qui par ta sépulture triomphas de la mort * & comblas de joie l’univers, ** Dieu de tendresse, par ta Résurrection.
    5. Les Myrophores venues au tombeau * entendirent l’Ange proclamer : * Il est vraiment ressuscité, ** le Christ qui illumine le monde entier.
    6. Le Christ qui fut cloué * sur le bois de la croix * & sauva le monde de l’erreur, ** chantons-le tous d’un même chœur.
    7. Que toute la terre soit dans la joie * et qu’exulte avec les Anges le ciel ** en mémoire des Pontifes du Christ.
    8. En la prairie de la sainte définition * de la foi orthodoxe cueillons et savourons ** les beaux fruits que nos saints Pères ont fait pousser.
    9. Pontifes, assiégeant la citadelle de l’erreur * avec les moyens de la foi, ** vous avez fait crouler les bastions de l’hérésie.
    10. Avec les sept conciles sacrés des saints pères, * tu as orné d’honneur l’Eglise, ô Christ, * éloignant d’elle les ténèbres de la déception ** par la lumière de ces sept phares.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Devant ton sépulcre les Puissances des cieux, * autant que les soldats furent frappés d’effroi ; * et Marie Madeleine se tenait près du tombeau, * cherchant ton corps immaculé ; * mais tu brisas l’Enfer sans te laisser vaincre par lui, * tu rencontras la Vierge et nous donnas la vie. * Ressuscité d’entre les morts, ** Seigneur, gloire à toi.
    2. Tropaire des saints Pères, ton 8 : Sois glorifié par-dessus tout, ô Christ notre Dieu * qui sur terre as établi nos Pères saints comme des flambeaux * et grace à eux nous as tous conduits vers la vraie foi : ** Dieu de miséricorde, Seigneur, gloire à toi.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion des saints Pères, ton 8 : Le Fils qui s’est levé du Père comme un soleil * en deux natures est né d’une femme ineffablement ; * l’ayant connu, nous ne pouvons renier l’empreinte de ses traits, * mais la reproduisons pour la vénérer fidèlement; * c’est pourquoi l’Eglise, conservant la vraie foi, ** baise l’icône du Christ incarné.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion du dimanche, ton 6 : De sa main vivifiante le Seigneur source-de-vie, * le Christ notre Dieu, * a fait surgir tous les morts des ténèbres de l’Enfer, * accordant la résurrection à tout le genre humain ; * il est vraiment notre Sauveur, ** notre vie, notre résurrection et le Dieu de l’univers.

    Prokimen
    Du dimanche, ton 6 :
    ℟. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
    ℣. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne reste pas silencieux en face de moi (Psaume 27, 1).
    Des saints Pères, ton 4 :
    ℟. Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères, & vénérable, & que ton Nom soit glorifié éternellement (Daniel, 3, 26).

    Epîtres
    Du dimanche : Romains (§ 116) XV, 1-7.
    Que chacun de vous tâche de satisfaire son prochain dans ce qui est bon, et qui peut l’édifier.
    Des saints Pères : Hébreux (§ 334) XIII, 7-16.

    Alleluia
    Du dimanche, ton 6 :
    ℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
    ℣. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
    Des saints Pères, ton 1 :
    ℣. Seigneur, le Dieu des dieux, a parlé, et il a appelé la terre depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant (Psaume 49, 1).

    Evangiles
    Du dimanche : Matthieu (§ 33) IX, 27-35.
    Or Jésus allant de tous côtés dans les villes et dans les villages, enseignait dans leurs synagogues, et prêchait l’Évangile du royaume, guérissant toutes sortes de langueurs et de maladies.
    Des saints Pères : Jean (§ 56) XVII, 1-13.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    Des saints Pères : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange. (Psaume 32, 1) Alleluia, alleluia, alleluia.

    Le Psautier de Bea : un épisode presque oublié des réformes sous Pie XII

    Bréviaire de Pie XII avec le Psautier du cardinal BeaL’un des rares constats qui fait l’unanimité sur les différentes réformes de la liturgie des années 50-60 est qu’elles ont largement profité à une catégorie professionnelle : les éditeurs.

    Nous en trouvons une illustration caractéristique dans la révision de la traduction sous Pie XII, dont le résultat fut l’édition d’un nouveau bréviaire que tous les clercs ont acheté pour l’abandonner très vite et revenir à l’ancienne version pour cause d’impraticabilité.

    C’est la raison pour laquelle il est possible de trouver dans tous les vide-grenier et les librairies de seconde main de splendide bréviaire en reliure plein cuir et à la dorure intacte, mais avec une version latine des psaumes qui fut éphémère[1].

    Les différentes versions du psautier

    Saint Jérôme écrivant - Le Caravage (c 1605-1606)On date généralement du IIème siècle les premières traductions latines des textes bibliques, sur base de la LXX et des textes grecs qui constitueront plus tard le Nouveau Testament. On appelle généralement ces versions la Vetus latina, ou Veteres, selon que l’on considère qu’il y a eu une ou plusieurs traductions. Nous ne nous attarderons pas sur ce sujet ici. On considère que la version « européenne », sur base de textes venus d’Afrique, date du IVème siècle. Ce latin biblique est une langue spécifique, éloignée du latin classique, par souci de littéralisme et de respect des termes d’origine grecque ou hébraïque.

    Nous n’en possédons aucune version complète. On trouve çà et là des fragments, par exemple dans les citations de Cyprien de Carthage pour la version primitive. Pour les psaumes, dans la version dite européenne, la liturgie a gardé quelques citations dans les antiennes du missel romain, particulièrement certains introïts où l’on n’a pas remplacé le verset par la version de la Vulgate.

    A la fin du IVème siècle, saint Jérôme réalisa une rapide révision du psautier, sans doute à la demande du pape saint Damase. Le résultat fut le psautier que l’on appelle aujourd’hui « romain ». Son usage fut réduit à la ville de Rome, en dehors de laquelle il ne fut jamais adopté. Ce fut la version utilisée à la Basilique Saint-Pierre jusqu’à la réforme liturgique de Vatican II.

    Exilé en Orient, Jérôme fit une seconde révision qui donna le psautier dit gallican et une troisième à partir du texte hébreu. Le psautier gallican fut imposé à la chrétienté sous Charlemagne et devint la version utilisée dans la plupart des Offices monastiques ou locaux, pour devenir l’unique version après le Concile de Trente.

    Ainsi a langue de saint Jérôme devint-elle le texte familier de l’Eglise romaine dans le chant quotidien de l’Office divin et dans la plupart des textes de la messe.

    Une nouvelle traduction

    Augustin, Cardinal Bea, SJ (1881 - 1968) du titre de Saint SabasLe pontificat de Pie XII fut marqué, on le sait, par un regain d’intérêt pour l’étude de l’Ecriture sainte. C’est dans la foulée de ce mouvement que le pape s’inquiéta de la discordance entre le latin du psautier et la langue classique qu’apprenaient les clercs dans leur formation. Il émit alors l’idée d’une nouvelle traduction des psaumes en latin classique, dans le but d’une meilleure compréhension de la prière de l’Office divin par ceux qui y sont astreints.

    Il établit ainsi une Commission d’experts, dont le président était le Jésuite et futur Cardinal Augustin Bea, directeur de l’Institut biblique de Rome. C’est la raison pour laquelle on parle généralement du travail de la commission comme du Psautier de Bea.

    Le Cardinal Bea et Rabbi HeschelLa nouvelle traduction fut promulguée en 1945 par le Motu proprio In cotidianis precibus[2]. Le pape y explique que l’étude critique moderne de la Bible hébraïque et des différentes traductions ont permis, aujourd’hui, de retrouver à de nombreux endroits le sens original d’expression qui, dans la Vulgate, demeurait obscures. Il a donc demandé cette nouvelle traduction « proche du texte primitif et plus fidèle ». Il la voulait aussi « plus proche des écrits des Pères et des Docteurs. »

    Le Psautier de Bea n’était pas une révision des versions antérieures, mais une nouvelle traduction en latin classique à partir du texte hébreu. A titre d’illustration, nous livrons en appendice une excellente analyse comparative du premier verset du psaume I par Gregory di Pippo à partir des version de la Vulgate et de Bea.

    Un accueil mitigé

    Pie-XII sur la sedia gestatoriaLe but de la nouvelle version était louable : aider les clercs dans la prière de l’Office, par une meilleure compréhension des textes et ainsi favoriser leur intériorisation. Ainsi s’exprime le pape dans sa présentation :

    Nous espérons que dorénavant tous puiseront dans la récitation de l’Office divin de plus en plus de lumière, de grâce et de consolation qui les éclaireront et les pousseront, dans ces temps si difficiles que traverse l’Eglise, à imiter ces exemples de sainteté que présentent avec tant d’éclat les psaumes. Nous espérons qu’ils y trouveront de plus en plus de force et qu’ils seront stimulés à entretenir et à réchauffer ces sentiments d’amour de Dieu, de force intrépide, de pieuse pénitence que le Saint-Esprit fait lever dans les âmes à l’occasion de la lecture des psaumes.[3]

    La Cardinal Bea publia, deux ans plus tard, une brochure explicative du travail de la commission intitulé : Le nouveau psautier latin. Éclaircissements sur l’origine et l’esprit de la traduction.

    Son Eminence le cardinal BeaC’était compter sans la nature même du travail. Il s’agit en fait d’un travail d’érudition, de techniciens, élaboré en vase clos par des spécialistes. Ce reproche, souvent adressé aux réformes récentes, s’applique tout à fait à notre sujet.

    Les critiques ne se firent pas attendre. Les reproches majeurs pointaient du doigt un texte sorti de nulle part et le manque de familiarité avec la langue du nouveau psautier. Chacun s’accordait à y reconnaître un latin que n’aurait pas renié Cicéron, mais qui était très éloigné de la langue des Pères.

    Toute personne de formation classique moyenne pouvait désormais comprendre immédiatement le sens des versets, mais il y manquait la poésie et le rythme du beau texte de la Vulgate. On comprenait aussi que l’on troquait un texte séculaire, signe de continuité dans la prière de l’Eglise, pour un texte entièrement neuf.

    La conjonction entre la clarté de la langue et le renouvellement de la piété, désir principal du pape, était un échec. Adauget latinitatem, minuit pietatem, tel était, en résumé, l’opinion des commentateurs.

    Un autre reproche, à ce qui précède, concerne l’aspect pratique de la nouvelle traduction et les manques de correspondance avec d’autres parties du bréviaire. Des capitules mentionnaient un versait de psaume, mais selon la Vulgate. On avait en outre conservé l’ancienne traduction pour les besoins du chant, notamment dans les antiennes. Or, lorsque l’antienne reprenait un verset du psaume chanté, on lisait deux versions différentes. Voici deux exemples :

    Au deuxième nocturne des matines du dimanche, l’antienne du psaume est le premier verset :

    Exsurge, Domine Deus, exaltetur manus tua.

    Tandis que le psaume commence par :

    Exsurge, Domine Deux, extolle manum tuam.

    Le second, par contre, illustre mieux cette distorsion. Aux complies du dimanche, pour le psaume 4, l’antienne est le dernier verset du psaume :

    In pace in idipsum dormiam et requiescam.

    Tandis que le psaume dit :

    In pace, simul ac decubui, obdormisco.

    Frère Roger, prieur de Taizé, Max Thurian, le cardinal Bea et saint Jean XXIIILe pape Pie XII fit preuve de sagesse pastorale en encourageant seulement, mais sans l’imposer, la nouvelle traduction. Peu de communautés religieuses ou monastiques l’adoptèrent pour l’Office choral. Par contre, comme nous le disions plus haut, la plupart des clercs achetèrent la nouvelle édition du bréviaire et investirent dans une œuvre éphémère. Certains la gardèrent, d’autre retournèrent vite au texte de la Vulgate. Jean XXIII avait le psautier de Bea en horreur et, dès le début de son pontificat, refusa son utilisation lors des liturgies pontificales. Lorsqu’en 1962, une édition révisée du bréviaire fut publiée, on reprit le texte antique, donnant ainsi un coup de grâce au travail de la Commission.

    Que reste-t-il ?

    Le concile Vatican II - 11 octobre 1962 : entrée de saint Jean XXIII porté sur la sedia gestatoriaLe travail fourni par les membres de la commission fut énorme. Cela rend d’autant plus triste l’échec de cet épisode, que Grégory di Pippo appelle « l’un des plus insipides du pontificat de Pie XII ».

    Qui parle encore aujourd’hui du Psautier de Bea, sinon quelques historiens de la liturgie qui le mentionnent brièvement ? Cette révision n’a même pas été prise en compte par la réforme du Concile. Sacrosanctum Concilium parle d’une révision en cours, et qui doit être menée à bonne fin. Le document fait allusion au travail commencé qui devait mener à la publication de la Néo Vulgate.

    La traduction des psaumes de cette dernière est une révision de la traduction de la Vulgate à la lumière du texte hébreu. C’est elle qui a été insérée dans les éditions de 1972 et de 1985 du nouvel Office, Liturgia Horarum.

    C’est ainsi qu’un long et minutieux travail est réduit aujourd’hui au rang d’une anecdote. Une question s’impose : malgré les bonnes intentions qui ont présidé à ce projet, ce travail était-il nécessaire ? N’a-ton pas simplement cédé à la mode du moment et, déjà, au mythe du « tout comprendre » ?

    Ecclésiastique au lutrinLes psaumes sont un trésor de l’Eglise qui a rythmé sa vie de prière au long des siècles. Ils sont connus de ceux qui les récitent chaque jour et du peuple chrétien. Le texte antique de saint Jérôme a accompagné pendant des siècles la Vox Ecclesiae ad Christum et la Vox Christi ad Patrem. Son antiquité et sa poésie n’ont-elles pas aidé, plus que tout autre élément, à la prière et à l’édification dans l’Eglise ? La rapide désuétude dans laquelle est tombé le Psautier de Bea semble le montrent bien.

    On peut formuler la même remarque à propos de la Néo-Vulgate dans Liturgia horarum. Pourquoi, ici aussi, avoir préféré le nouveauté à la continuité ? Même si, dans ce cas, l’édition typique latine était avant tout destinée à la traduction (avec les heurs et les malheurs que l’ont sait) et si peu nombreuses sont les personnes astreintes à l’Office qui utilisent cette version.

    Appendice

    Le Psaume 1 - Beatus vir - Psautier de saint LouisPsaume I, v. 1

    Voici la version de la Vulgate :

    Beatus vir qui non abiit in consilio impiorum et in via peccatorum non stetit et in cathedra pestilentiae non sedit.

    Heureux l’homme qui ne suit pas le conseil des impies, qui ne prend pas le chemin des pécheurs et s’assied pas dans le siège de la malice.

    Mis à part le mot pestilentiæ, la Vulgate est une traduction littérale du texte de la LXX et du texte hébreu. Les auteurs de la LXX firent preuve d’une certaine liberté dans la traduction du mot hébreu lētsīm (des railleurs) par loimōn (des malsains). La traduction latine originale était encore plus libre, elle traduit loimōn par pestilentiæ. Saint Jérôme n’a pas modifié la version traditionnelle dans sa révision, mais sans sa traduction Iuxta hebræos il parle de cathedra derisorum (le siège des railleurs).

    Voici la version du Psautier de Bea:

    Beatus vir qui non sequitur consilium impiorum, et in viam peccatorum non ingreditur, et in conventu protervorum non sedet.

    Heureux l’homme qui ne suit pas le conseil des impies, qui n’entre pas dans le chemin des pécheurs, ni ne s’assied en compagnie des railleurs.

    Sequitur consilium impiorum, et in viam peccatorum non ingreditur exprime le même concept que abiit in consilio et in via peccatorum non stetit, mais d’un style plus classique. Le passage du parfait au présent n’est pas heureux, car en latin et en hébreu (comme l’aoriste en grec) peut exprimer à la fois une notion récurrente ou une notion générale (l’usage gnomique du temps), ce qui est l’intention du psalmiste. Le mot cathedra, emprunté au grec, a été substitué au latin convenu, en hébreu mōshab (s’asseoir ensemble). Plus parlant encore comme exemple de classicisme, lētsīm est traduit par superborum (les orgueilleux). L’adjectif protervus, avec ses dérivés, se retrouve huit fois plus dans les œuvres d’Ovide, et cinq fois plus dans celles d’Horace que dans la traduction de saint Jérôme. En fin de compte, la version finale des LXX, la Vetus latina et l’oeuvre de saint Jérôme sont extrêmement littérales et hébraïsantes, tandis que le Psautier de Bea semble une paraphrase latine.

    **********

    Notes :    (↵ reviens au texte)

    1. BREVIARIUM ROMANUM, ex decreto SS. Concilii Tridentini restitutum. S. Pii V Pontificis Maximi iussu editum aliorumque Pontt. Recognitum cura. Pii Papæ X auctoritate reformatum cum nova versione psalterii Pii Papa XII auctoritate editi.↵
    2. Pie XII, In cotidianis precibus, 1945.↵
    3. Ibidem, § 8↵