Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du VIème dimanche après la Pentecôte

Victor Matorin, La Multiplication des painsSaint-Eugène, le dimanche 20 juillet 2014, grand’messe de 11h.

La Multiplication des pains

Outre la très belle épître baptismale de saint Paul aux Romains, la liturgie de ce jour nous fait lire le récit de la multiplication des pains dans Marc au chapitre VIII.

C’est après que cette femme qui figurait l’Église, eut été guérie d’un flux de sang ; c’est après que les Apôtres eurent été choisis pour prêcher l’Évangile du royaume de Dieu, que Jésus-Christ distribua l’aliment de la grâce céleste. Et remarquez à qui il le dispense : ce n’est point à ceux qui demeurent oisifs, à ceux qui restent dans la ville, c’est-à-dire à ceux qui s’attardent dans la synagogue ou se complaisent dans les honneurs du siècle ; mais c’est à ceux qui, pour chercher le Christ, pénètrent jusqu’au désert. Ceux qui surmontent toute répugnance, ceux-là sont accueillis par le Christ, c’est avec eux que le Verbe de Dieu s’entretient, non des affaires de ce monde, mais du royaume de Dieu. Et si parmi eux il en est qui soient affligés de quelque infirmité corporelle, il leur accorde d’abord le bienfait de la guérison.
Homélie de saint Ambroise, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

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Programme du VIème dimanche après la Pentecôte – saints Thomas & Acace – ton 5

Notre vénérable Père Thomas du Mont MaléeParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 20 juillet 2014 du calendrier grégorien, 7 juillet 2014 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour notre vénérable Père Thomas du Mont Malée.

Au Xème siècle Thomas était un officier de l’armée byzantine, mais pour l’amour du Christ il délaissa le monde & revêtit l’habit monastique en se retirant sur une montagne du nom de Malée, où il vécut ermite. Cette montagne est probablement à identifier avec le Cap Malée, l’extrémité méridionale du Péloponèse. On y vénère aujourd’hui encore deux grottes où vécut saint Thomas, ainsi que sa source miraculeuse, près du village de Bélanida. On trouve là des dizaines d’autres anciens ermitages, creusés dans le roc, qui témoignent de la vie monastique en cet endroit (un autre saint, Georges de Malée est fêté le 4 avril au calendrier byzantin). Ces lieux assez inaccessibles – qui furent baptisés le Petit Mont Athos – retrouvent un millénaire après leur destination : un monastère y a été fondé depuis l’an 2000 par la métropole de Malvoisie & de Sparte (Eglise grecque orthodoxe). Ce site web présente les anciens ermitages et l’actuelle renaissance monastique du Mont Malée.

Saint Acace de l'EchelleNous fêtons le même jour notre vénérable Père Acace, cité dans l’échelle sainte de saint Jean Climaque. « Acace de l’Echelle » était un ascète de la province d’Asie qui vivait probablement au Vème siècle. Son histoire nous est entièrement livrée par saint Jean Climaque, en illustration au IVème degré de son Echelle Sainte : « De la bienheureuse et toujours louable obéissance ». En voici entièrement le texte, tiré de la traduction de Robert Arnauld d’Andilly :

Histoire de l’admirable patience & obéissance d’un Solitaire, nommé Acace, racontée à saint Jean Climaque par Jean Sabaïte.

Je ne veux pas me rendre coupable d’un injuste larcin & d’une mauvaise avarice en vous celant des choses qu’il n’est pas permis de taire, & qui sont très dignes d’être écoutées. Je les ai apprises de l’illustre Jean Sabaïte, que vous savez vous-même par votre propre expérience, mon saint Père, être un homme exempt de toute passion & de tout déguisement, & aussi sincère dans ses paroles, que pur dans ses actions.

Il y avait, me dit-il, dans un monastère de l’Asie où j’ai demeuré avant que de venir en celui-ci, un vieillard très négligent & très déréglé. Ce que je ne dis pas en jugeant de ses intentions secrètes, mais en rapportant seulement ses actions véritables & visibles. Il arriva je ne sais comment qu’il eut pour disciple un jeune homme appelé Acace, qui était simple de cœur, mais prudent d’esprit, & qui souffrit des traitements si rudes de ce vieillard, qu’ils paraîtraient peut-être effroyables à plusieurs. Car il ne l’éprouvait pas seulement en usant envers lui de paroles injurieuses & humiliantes, mais en le frappant même & l’outrageant tous les jours. Au reste sa patience venait de vertu, & non de stupidité. Je voyais qu’il était sans cesse exposé aux dernières & plus cruelles rigueurs que des maîtres puissent exercer envers ses esclaves mêmes qu’ils ont achetés, & je lui disais souvent lorsque je le rencontrais : Hé bien, mon frère Acace, comment vous en va aujourd’hui ? Et à l’instant pour réponse il me montrait tantôt ses yeux noircis de coups, tantôt son col tout meurtri, tantôt sa tête pleine d’enflures & de bosses. Et comme je connaissais quelle était sa vertu & son courage, je lui disais : Tout va bien, tout va bien. Souffrez avec patience. Vous en tirerez du fruit.

Ainsi ayant passé neuf années sous cet impitoyable vieillard, il s’en alla à Dieu. On l’enterra dans le cimetière des Pères, & cinq jours après ce maître d’Acace étant allé voir un ancien solitaire d’une vertu éminente, il lui dit : Mon Père, le frère Acace est mort depuis peu de jours. A quoi l’autre répondit : En vérité, mon Père, je ne le puis croire. Venez le voir, lui répartit-il. Et aussitôt cet ancien solitaire se leva, & s’en alla avec lui au cimetière, où s’adressant à Acace comme s’il eut été vivant (aussi selon la vérité, il vivait encore, n’étant endormi que du sommeil des justes), il lui cria : Mon frère Acace, êtes-vous mort ? Sur quoi ce bon frère qui était vraiment obéissant, témoignant après sa mort même son obéissance, répondit à ce grand solitaire : Comment se pourrait-il faire, mon Père, qu’un fidèle serviteur de l’obéissance fut mort ? A ces paroles, celui qui avait été son maître, fut tellement frappé de frayeur, qu’il se jeta le visage contre terre fondant en larmes, & demanda au Supérieur de la Laure, qu’il put demeurer dans une cellule toute proche du tombeau d’Acace, où il passa le reste de ses jours dans une vertu & une modestie exemplaire, disant toujours aux autres Pères : J’ai commis un homicide.

Or je crois, mon Père, que ce bienheureux Jean, qui m’a conté cette histoire, était lui-même ce grand solitaire qui avait parlé à ce mort. Car cette âme sainte m’en a conté encore une sous la personne d’un autre, laquelle j’ai su depuis, après avoir fait une recherche très exacte, être arrivée à lui-même.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des vénérables Pères. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : 8 tropaires du dimanche, ton 5 :
1. Le bon Larron sur la croix * eut foi en ta divinité, ô Christ ; * il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant : ** De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.
2. Sur le bois de la croix * pour nous les hommes tu fis fleurir la vie * et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu : ** Sauveur & Créateur, nous te chantons d’un même chœur.
3. Par ta mort, ô Christ, * tu as brisé la force de la mort, * ressuscitant tous les morts depuis Adam, ** qui te chantent comme vrai Dieu & Sauveur du genre humain.
4. Venues à ton sépulchre, Sauveur, * les saintes Femmes te cherchaient * pour embaumer la Source de vie, ** mais un Ange leur apparut pour leur dire : Il est ressuscité, le Seigneur !
5. O Christ, lorsque tu fus crucifié * au milieu de deux larrons, * l’un fut justement condamné pour t’avoir insulté, ** l’autre par sa confession devint l’hôte du Paradis.
6. Devant le chœur des Apôtres, * les saintes Femmes s’écriaient : * Le Christ est vraiment ressuscité, ** adorons en lui notre Maître & Créateur.
7. Unique & indivisible Trinité, Dieu créteur & tout-puissant, * Père, Fils & Saint-Esprit, ** nous te chantons comme Sauveur & vrai Dieu.
8. Réjouis-toi, porte infranchissable & temple vivant du Seigneur, * réjouis-toi, trône de feu non consumé, * réjouis-toi, ô Mère de l’Emmanuel, ** le Christ notre Dieu est avec nous.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !
2. Tropaire des vénérables Pères, ton 4 : Dieu de nos Pères, * dont la clémence agit toujours envers nous, * n’éloigne pas de nous ta miséricorde, * mais par leurs supplications * gouverne notre vie dans la paix.
3. Kondakion de saint Thomas du Mont Malée, ton 5 : Tu remportas grande victoire noblement * puis, enflammé d’amour divin, * tu quittas l’éphémère souverain * & tous les charmes d’ici-bas * pour habiter le mont Malée, * d’où tu rejoignis au ciel le Roi des rois : ** prie-le sans cesse, Thomas, pour nous tous.
4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Kondakion de saint Acace de l’Echelle, ton 2 : Quittant le monde, tu suivis dès l’enfance le Christ, * Acace, vénérable Père, sagement ; * puis imitant le volontaire abaissement du Seigneur, * tu renversas l’orgueil du tyran ; ** sans cesse prie le Maître en faveur de nous tous.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 5 : Des enfers où tu descendis, mon Sauveur, * tu as brisé les portes, Tout-Puissant, * pour ressusciter les morts, ô Créateur ; * et tu brisas l’aiguillon de la mort, * Adam fut délivré de la malédiction ; * et nous, Seigneur, nous te crions : ** sauve-nous, dans ton amour pour les hommes.

Prokimen
Du dimanche, ton 5 :
℟. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
℣. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).

Epître
Du dimanche : Romains (§ 110) XII, 6-14.
Bénissez ceux qui vous persécutent ; bénissez-les, et ne faites point d’imprécation

Alleluia
Du dimanche, ton 5 :
℣. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
℣. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 29) IX, 1-8.
Car lequel est le plus aisé, ou de dire, Vos péchés vous sont remis ; ou de dire, Levez-vous, et marchez ?

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du Vème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 13 juillet 2014, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h.

Le pardon des injures

La justice des Pharisiens consistait à ne pas tuer ; la justice de ceux qui doivent entrer dans le royaume des cieux est de ne point se fâcher sans raison. C’est donc peu de chose que de ne pas tuer ; et celui qui aura violé ce commandement sera appelé très petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui l’aura observé, en ne se rendant point coupable d’homicide, ne sera pas pour cela réputé grand devant Dieu et digne du royaume des cieux, quoiqu’il soit déjà monté d’un degré ; il se perfectionnera s’il ne se met pas non plus en colère sans sujet ; et s’il se perfectionne, il sera beaucoup plus éloigné de l’homicide. C’est pourquoi le législateur qui nous défend de nous mettre en colère, ne détruit nullement la loi, nous interdisant de tuer ; mais il la complète plutôt, afin que nous gardions l’innocence, et extérieurement, en ne tuant point, et au fond de notre cœur, en ne nous mettant pas en colère.
Homélie de saint Augustin, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

Ce dimanche, la Schola Sainte Cécile sera absente de Saint-Eugène – Sainte-Cécile, car nous chantons le mariage de l’un de nos membres dans le centre de la France.

Nous avons en revanche la joie d’accueillir à Saint-Eugène les Lassus Scholars de Dublin, sous la direction d’Ite O’Donovan, en tournée à Paris. Ce chœur irlandais chantera la messe de 11h, interprétant un répertoire de musique palestrinienne.

Les Lassus Scholars à Saint-Eugène

 

  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa Tu es Petrus de Palestrina (c. 1525 † 1594), maître de chapelle papale de Saint-Pierre du Vatican, de Saint-Jean de Latran & de Sainte-Marie-Majeure
  • Epître : 1 Pierre III, 8-15 : Ne rendez point mal pour mal, ni outrage pour outrage ; mais n’y répondez au contraire que par des bénédictions ; sachant que c’est à cela que vous avez été appelés, afin de recevoir l’héritage de la bénédiction de Dieu.
  • Evangile : Matthieu V, 20-24 : Si donc, lorsque vous présentez votre offrande à l’autel, vous vous souvenez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez-là votre don devant l’autel, et allez vous réconcilier auparavant avec votre frère, et puis vous reviendrez offrir votre don.
  • Credo III
  • Offertoire du jour : Benedicam Dominum mis en polyphonie par Palestrina
  • Pendant la communion : Tu es Petrus – motet de Palestrina
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Inviolata
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    Programme du Vème dimanche après la Pentecôte – synaxe des douze Apôtres – ton 4

    Synaxe des saints & illustres Douze ApôtresParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 13 juillet 2014 du calendrier grégorien – 30 juin 2014 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la Synaxe des saints & illustres Douze Apôtres.

    Au lendemain des grandes fêtes de l’année liturgique, le rit byzantin aime associer les différents protagonistes de l’évènement célébré. Le 29 juin est célébré – à la même date qu’à Rome – la belle fête qui commémore le martyre des saints Apôtres Pierre & Paul, les protocoryphées des Apôtres comme les appellent les livres byzantins. Aussi était-il naturel de faire mémoire le lendemain – 30 juin – de l’assemblée (synaxe) des Douze.

    Les douze Apôtres choisis par Jésus sont Pierre et André son frère, Jacques le Majeur et son frère Jean l’Évangéliste, Philippe, Barthélemy, Matthieu l’Evangéliste, Thomas, Jacques le Mineur, Simon, Jude, encore appelé Thaddée, et Judas Iscariote, qui a été remplacé par Matthias après sa trahison & son suicide.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire des Apôtres. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
    A sexte : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire des Apôtres. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : des Apôtres.

    A la divine liturgie de saint Jean Chrysostome

    Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 4, & 4 tropaires de la 3ème ode du canon des Douze Apôtres :
    1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, * mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
    2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron, * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
    3. D’un coup de lance, sur la Croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort par ta Résurrection, * dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
    4. Crucifié et ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * et dans l’ardeur de ma foi, je te crie ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
    5. Pour nous l’Impassible devient homme de douleur * et sur la croix se laisse clouer, * afin de nous ressusciter avec lui ; * aussi nous glorifions avec la Croix * les Souffrances & la sainte Résurrection * par lesquelles nous fûmes rénovés, * obtenant le salut en criant : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
    6. Ressuscité d’entre les morts * et dépouillant l’empire de la Mort, * il apparut aux Myrrophores, leur annonçant la joie ; * et nous fidèles, prions-le * d’épargner à nos âmes la corruption, * lui répétant sans cesse la parole du bon Larron : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
    7. Sur terre vous avez transmis * les enseignements célestes et divins, * hérauts du Christ, en les énonçant ** de vos langues embrasées.
    8. De tes Disciples tu as fait * de cieux mystiques * qui puissent raconter ** aux confins du monde ta gloire, Seigneur.
    9. Vous qui êtes inscrits dans les cieux * et demeurez avec le Christ, * saints Apôtres, protégez ** ceux qui vous chantent maintenant.
    10. Il a fixé sa tente parmi nous, * celui qui demeure au plus haut des cieux, * car il s’est revêtu surnaturellement ** de la chair qu’il a reçue de toi, Vierge pure.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleines de fierté, aux Apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
    2. Tropaire des Apôtres, ton 4 : Princes des Apôtres divins * et docteurs de l’univers, * intercédez auprès du Maître universel * pour qu’au monde il fasse don de la paix ** et qu’à nos âmes il accorde la grâce du salut.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion des Apôtres, ton 2 : Cette pierre qu’est le Christ a glorifié * brillamment la pierre de la foi ; * parmi les Apôtres il l’a choisi comme premier * & Paul avec lui couronne la Douzaine sacrée ; * en ce jour célébrant leur mémoire avec foi, ** nous glorifions celui qui les a glorifiés.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon Sauveur & mon libérateur * a ressuscité tous les mortels, * les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau ; * il a brisé les portes de l’Enfer ** et en maître souverain il est ressuscité le troisième jour.

    Prokimen
    Du dimanche, ton 4 :
    ℟. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
    ℣. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).
    [Des Apôtres, ton 8 :
    ℟. Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5).]

    Epîtres
    Du dimanche : Romains (§ 103) X, 1-10.
    Si vous confessez de bouche que Jésus est le Seigneur, et si vous croyez de cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, vous serez sauvé.
    [Des Apôtres : 1 Corinthiens (§ 131) IV, 9-16.]

    Alleluia
    Du dimanche, ton 4 :
    ℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
    ℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).
    Des Apôtres :
    ℣. Les cieux rendent grâce pour tes merveilles, Seigneur, pour ta fidélité, dans l’assemblée des saints (Psaume 88, 6).

    Evangiles
    Du dimanche : Matthieu (§ 28) VIII, 28 à IX, 1.
    Deux possédés qui étaient si furieux que personne n’osait passer par ce chemin-là, sortirent des sépulcres, et vinrent au-devant de lui ; ils se mirent en même temps à crier, et à lui dire : Jésus, fils de Dieu ! qu’y a-t-il entre vous et nous ?
    Des Apôtres : Marc (§ 12) III, 13-19.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    Des Apôtres : Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5). Alleluia, alleluia, alleluia.

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    Un antique usage : la velatio nuptialis ou le mariage au poêle

    Le mariage de Monsieur le duc de Bourbon et Mlle de Nantes dans la chapelle royale de Versailles le 24 juillet 1685Mariage de Monsieur le duc de Bourbon et de Mademoiselle de Nantes dans la chapelle royale de Versailles le 24 juillet 1685. Remarquez le poêle que tiennent deux ecclésiastiques au dessus des époux pendant la bénédiction nuptiale donnée par un évêque.

    L’usage du poêle en France

    Jusqu’en 1999 environ, notre paroisse de Saint-Eugène à Paris était l’une des rares en France à tenir encore un usage qui remontait aux tous premiers siècles de l’Eglise. Aux messes pour l’époux et l’épouse[1], deux grands clercs ou deux témoins tenait un grand voile blanc[2] au dessus des époux agenouillés, durant la bénédiction nuptiale donnée par le prêtre entre le Pater et le baiser de paix.

    En France, on donne traditionnellement le nom de « poêle » à ce voile tendu au dessus des époux au moment de la bénédiction nuptiale. Ce mot (qui n’a ici bien sûr rien à voir avec les futures tâches domestiques des époux 🙂 ) provient tout simplement du mot latin pallium, lequel désigne un pièce de tissu rectangulaire[3].

    Ce même mot de poêle était du reste aussi employé pour désigner dans notre pays le dais de procession de la Fête-Dieu tout comme le drap mortuaire, ainsi que les dais servant aux réceptions solennelles d’un évêque ou d’un prince de grande puissance. Il en subsiste quelque chose dans l’expression populaire : « Tenir les cordons du poêle », signifiant qu’untel bénéficie d’une position honorifique. Jean-Jacques Dortous de Mairan, dans son éloge du cardinal de Fleury, indique ainsi que c’est en vertu de sa qualité d’aumônier du roi que celui-ci eut le privilège de tenir le poêle au mariage du duc d’Orléans en 1692.

    Loin d’être un simple usage folklorique propre à certaines régions de France, le poêle de la bénédiction nuptiale remonte de fait aux premiers siècles, où il constituait un élément fondamental du mariage chrétien. Exigé par les Pères de l’Eglise, l’origine de ce rite permet de comprendre l’organisation du mariage des premiers chrétiens en Occident.

    La velatio nuptialis à l’époque des Pères de l’Eglise :
    une confirmation à l’église & par l’Eglise du sacrement du mariage

    Depuis l’époque des catacombes jusqu’au haut Moyen-Age, l’essentiel des rites du sacrement de mariage chrétien était célébré en privés & se déroulait à la maison : l’échange des consentements y était dès l’origine l’élément fondamental, consentement manifesté par un échange de cadeaux symboliques (dont l’anneau en particulier, mais également la pièce de monnaie).

    Progressivement, ces rites domestiques eurent tendance à s’accomplir à l’église (et dans un premier temps devant l’église, au sens propre physique) et il en reste quelque chose dans la disposition du mariage dans le rit traditionnel (encore suivi dans les livres de 1962) : le sacrement est célébré avant la messe, laquelle est dite ensuite pour l’époux & l’épouse (déjà mariés). Mais à l’origine, c’est bien chez eux que les époux se donnaient le sacrement de mariage par l’échange de leurs consentement.

    Cependant, il s’agissait ensuite pour les époux de ratifier – en quelque sorte – ce sacrement qu’ils s’étaient donnés, en recevant à l’église une bénédiction solennelle au cours d’une messe spéciale célébrée à leur intention. Cette confirmation solennelle & publique du sacrement donné en privé apparait bien établie au moins depuis le IVème siècle[4] et s’effectue par une cérémonie effectuée devant le prêtre à l’église : la velatio nuptialis : la vélation[5] nuptiale.

    Au cours d’une messe célébrée pour l’époux et l’épouse (messe pourvue d’oraisons et de textes propres dès le IVème siècle), on couvre ceux-ci d’un voile tandis que le prêtre prononce sur eux une bénédiction spéciale, la bénédiction nuptiale. Cette bénédiction intervient entre la fin du canon & la communion[6]. L’emplacement de cette bénédiction n’est pas dû au hasard ; elle précédait de fait l’antique bénédiction qui était faite par le pontife à tous les fidèles avant la communion[7].

    Contrairement à ce que certains liturgistes du XXème siècle ont pu penser, il ne s’agit pas – dans cette vélation -, du voile que l’épouse prendrait le jour de son mariage (toute femme chrétienne en porte alors un, qu’elle soit mariée ou vierge), mais bien d’un grand voile qu’on tend au dessus des deux époux, ainsi que l’indique bien précisément l’incipit de cette bénédiction dans le sacramentaire grégorien : Oratio ad sponsas velandas.

    Saint Ambroise, le fameux évêque de Milan au IVème siècle, parle en termes clairs de cette ratification publique à l’église (& devant l’Eglise) du sacrement que se sont donnés les époux en privé : « Il convient que le mariage sont sanctifié par l’imposition du voile & la bénédiction du prêtre »[8].

    Le Pape Sirice, en 380, dans une lettre à l’archevêque Himère de Tarragone, évoque la question de la bénédiction nuptiale donnée sous le voile :

    De conjugali velatione requisisti, si desponsatam alii puellam alter in matrimonium possit accipere.

    La question qui inquiète Himère et auquel le Pape Sirice répond par la suite est assez obscure : il s’agirait de savoir si l’on peut donner une seconde bénédiction nuptiale sous le voile, ce que le Pape refuse. Mais il est typique de voir que la vélation des époux est synonyme de mariage dans les questions canoniques autour de ce sacrement dès cette époque.

    Le même Pape Sirice s’adressant en 390 à plusieurs évêques, parle encore incidemment de la velatio nuptialis :

    Nos sane nuptiarum vota non aspernantes accepimus, quibus velamine intersumus. (Ep. 7, PL 13, 117).

    On trouve d’autres passages chez les Pères de l’Eglise latine des IVème-VIème siècles qui vont aussi en ce sens : la vélation des époux est alors en Occident le seul aspect public de la cérémonie du mariage chrétien[9].

    La bonne attestation de ce rite au IVème siècle peut laisser entendre que la cérémonie puisse être antérieure à la paix constantinienne. Un texte de Tertullien (c. 150 † vers 220) pourrait ainsi indiquer que la bénédiction nuptiale était pratiquée en Afrique chrétienne au IIIème siècle au sein du sacrifice de la messe :
    « Cette union que l’Eglise ratifie, que le sacrifice confirme, que la bénédiction consacre, et que les anges célèbrent, et qui réjouit le Père » (Ad Uxorem II, 8,6). En tout cas, cette citation laisse entendre que le mariage célébré en privé par les époux est confirmé par la célébration subséquente du saint sacrifice de la messe.

    Saint Paulin de Nole compose vers 403 un très beau poème sur le mariage, un épithalame écrit à l’occasion des noces du lecteur Julien (futur évêque d’Eclanum), fils de l’évêque de Bénévent, avec la fille de l’évêque de Capoue. Paulin décrit l’évêque de Bénévent conduisant les époux à l’autel, où l’évêque de Capoue donne sa bénédiction nuptiale aux époux, qui sont recouverts tous les deux du même voile :

    Ille jugans capita amborum sub pace jugali,
    Velat eos dextra, quos prece sanctificat ». (Poème XXV, v. 226-227)

    On trouve dans les plus anciens livres liturgiques romains non seulement le texte de cette velatio nuptialis/bénédiction nuptiale, mais également les autres textes de la messe célébrée pour l’époux & l’épouse. Les sacramentaires léonien & gélésien contiennent même une préface spéciale pour la messe & un Hanc igitur. Le sacramentaire léonien, plus ancien témoin de la liturgie latine, titre cette messe ainsi : « Incipit velatio nuptialis ». On sait par le sacramentaire gélasien qu’on célébrait alors à nouveau la messe pour l’époux et l’épouse trente jours après & au jour anniversaire.

    Le texte de la bénédiction nuptiale du léonien est repris dans le gélasien. Il est à noter que le texte n’appelle les benédictions de Dieu que sur l’épouse quand bien même il est évident que les deux époux sont sous le même voile. Voici ce que note à ce propos le Bienheureux cardinal Schuster, archevêque de Milan :

    « Ici une observation est opportune. Les différentes formules de la bénédiction nuptiale chez les Latins se réfèrent de préférence à la femme plutôt qu’au couple en commun. Selon le Sacramentaire léonien, c’est pour elle qu’est offert le divin Sacrifice : hanc igitur oblationem famulae tuae N. quam tibi offerimus pro famula tua N. ; comme aussi la velatio conjugalis avec la bénédiction qui s’y rapporte avant la fraction de l’Hostie, la regarde exclusivement : Sit amabilis ut Rachel viro ; sapiens ut Rebecca ; longaeva et fidelis ut Sara, etc.

    Pour qui tient compte de la mentalité des anciens relative à la condition inférieure de la femme, la sagesse de l’Église paraîtra admirable ; elle assume dans ses formules liturgiques la tutelle de la partie faible, la relevant de cette condition dégradante où le paganisme l’avait réduite, l’ennoblissant à ce point que, par la chevalerie chrétienne, elle est devenue presque le symbole d’un culte. » (Liber Sacramentorum)

    Il est hautement significatif de constater que cette bénédiction se donne dans les sacramentaires léonin & gélasien sous la forme d’une préface consécratoire chantée, comme celle du canon de la messe. Le rit romain avait l’usage de signifier une solennelle consécration par le chant d’une préface. Celle-ci est conservée bien sûr à la messe, aux ordinations sacerdotales, à la consécration du saint chrème le Jeudi saint, à la bénédiction de l’eau le Samedi saint. On la pratiquait aussi à la bénédiction solennelle de l’eau dans la nuit de l’Epiphanie, à celle de la vigile de la Pentecôte & à celle des rameaux.

    Le sacramentaire de saint Grégoire modifia la structure de la bénédiction nuptiale du gélasien, en supprimant sa forme de préface, mais en conservant substantiellement les idées de l’ancien texte. C’est cet usage qui est passé au missel de saint Pie V. Pourtant, même après la publication de celui-ci, Rome utilisa encore l’antique forme de préface, et celle-ci subsista dans de nombreux diocèses, en particulier en France jusqu’à la fin du XIXème siècle.

    Voici par exemple le début de la bénédiction nuptiale chantée en forme de préface consécratoire dans le Sacerdotale Romanum de 1580, pages 32 v° à 34 v°. Cet ouvrage servit de rituel officiel à Rome et à Venise avant l’entrée en vigueur du Rituale Romanum de Paul V en 1614 :

    Bénédiction nuptiale chantée en préface consécratoire, Sacerdotale Romanum de 1580

    En dehors de l’Italie, on retrouve la même cérémonie dans les livres de la liturgie hispano-wizigothique (ou rit mozarabe) et saint Isidore de Séville y fait référence. Même si les formules diffèrent des textes romains, la velatio nuptialis accompagne la bénédiction nuptiale. Voici la rubrique du Liber Ordinum édité par dom Férotin :

    Quum venerit hii qui conjungendi sunt, explicita secundum morem missa, antequam absolvat diaconus, accedunt ad sacerdotem juxta concellos ; et venientes parentes puelle, aut aliquis ex propinquis si parentes non habuerit, tradit puelam sacerdoti. Ille vero velans eos de palleo aut sippa, ac posito desuper jugali facto de coccino et albo, dicit hanc prefationem cum duabus sequentibus orationibus.[10]

    Notons ici que le voile évoqué par les textes romains prend en Espagne le nom de pallium[11], repris en France où le mot s’est déformé en poêle.

    Il est possible que l’ancien rit des Gaules ait connu un usage analogue. Un canon des Statuta Ecclesiæ antiqua, texte gaulois du Vème siècle, laisse bien entendre que les époux sont présentés au prêtre par leurs parents & témoins afin qu’ils reçoivent une bénédiction :

    Sponsus & sponsa cum benedicendi sunt a sacerdote, a parentibus vel paranymphis offerantur.
    Que l’époux & l’épouse, lorsqu’ils doivent être bénis par le prêtre, soient présentés par leurs parents ou par leurs paranymphes.

    Or l’un des rôles essentiels des paranymphes (témoins) sera justement de déployer le pallium au dessus des époux.

    D’où les chrétiens tirent-ils le rite de la velatio nuptialis ?

    Il est difficile de discerner l’origine de la velatio nuptialis. Pour certains, le voile déployé sur les époux seraient un dérivé des pratiques grecques & romaines (pourtant, le mariage romain semble n’avoir fait cas que du voile rouge de l’épouse, le flammeum, lequel n’est rarement évoqué par les Pères de l’Eglise, et jamais par la liturgie antique). Pourtant, la piste gréco-romaine n’est pas à exclure car, on retrouve l’idée du voile dans l’étymologie des termes employés tant en latin qu’en grec pour parler du mariage : nubere (= se voiler, se couvrir), nuptiæ connubium, numphios.

    Les Juifs de nos jours possèdent un rit assez analogue (la huppah), mais il serait bien difficile de trouver une trace biblique de cette pratique. Il ne serait pas impossible que le rituel chrétien ait pour le coup influencé le rituel juif en la matière, car le premier auteur juif à en parler, Rabbi Isaac ben Abba Mari, au XIIème siècle, désapprouve catégoriquement la coutume qui s’introduit de tendre un linge au dessus des époux lors de la bénédiction nuptiale.

    Il est significatif de voir que la liturgie occidentale connait aussi dès le IVème siècle une autre velatio, la velatio virginum, par laquelle les vierges se consacrent solennellement à Dieu. Il ne s’agit pas là non plus de la remise du voile à la nonne, mais bien du grand drap que l’on étend sur la religieuse qui se consacre, étant prosternée par terre. Laquelle des deux vélations a influé l’autre ? Difficile de trancher, mais les rites de la profession religieuse des vierges semblent s’être postérieurement calqués sur ceux du mariage afin de signifier l’union mystique avec le Christ.[12]

    Quel est la signification du poêle ou pallium de la bénédiction nuptiale ?

    Le pallium blanc que l’on déploie sur les époux pendant qu’ils reçoivent la bénédiction nuptiale symbolise la nuée lumineuse, c’est-à-dire la manifestation de la protection glorieuse de Dieu :

    • la nuée lumineuse qui accompagnait la pérégrination du peuple élu au désert, (Exode XIII, 20-22)
    • la puissance du Saint-Esprit qui enveloppa la Vierge Marie de son ombre, (Luc I, 35)
    • la nuée lumineuse qui se manifesta lors de la Transfiguration du Christ sur la montagne du Thabor. (Luc IX, 28-36 ; 2 Pierre I, 17-18)

    En latin, nuages (nubes), marier et voiler (nubere) ont la même étymologie.

    Le pallium blanc signifie donc la bénédiction céleste qui descend sur les époux, et par là la ratification divine de leur choix mutuel.

    La vélation simultanée des deux époux exprime aussi le fait qu’ils ne forment désormais qu’un seul corps & une seule chair ; c’est du reste le texte de l’épître qui est lue à la messe pour l’époux & l’épouse dans le Missel de saint Pie V :

    C’est pourquoi l’homme abandonnera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et de deux qu’ils étaient ils deviendront une même chair. (Ephésiens V, 31, citant Genèse II, 24)

    En vieux français, le terme de poêle, comme on l’a vu, est synonyme de dais pour honorer aussi bien le Corps du Christ le jour de la Fête-Dieu qu’un roi ou un évêque : le poêle est donc aussi une marque d’honneur faite aux époux au moment de la bénédiction nuptiale.

    Enfin rapportons ce symbolisme signalé au XVIIIème siècle par le R.P. Charles-Louis Richard, op :
    « On étend le voile ou le poêle, pallium, sur la tête des deux mariés, pour leur apprendre que la pudeur doit être la règle de leur conduite dans l’état saint qu’ils choisissent en se mariant. »[13]

    La velatio nuptialis après l’époque des Pères de l’Eglise

    Le 13 novembre 866, le pape Nicolas Ier répond aux nombreuses interrogations des Bulgares nouvellement convertis quant aux menues questions de la vie chrétienne par une lettre restée fameuse. L’un des passages concerne la description des cérémonies du mariage :

    « Touchant les mariages, l’usage de l’Eglise romaine est qu’après les fiançailles & le règlement des conventions, les parties fassent leur offrande par les mains du prêtre, puis reçoivent la bénédiction nuptiale & le voile, qui ne se donnent point aux secondes noces[14]. Au sortir du lieu saint, elles portent sur la tête des couronnes que l’on garde dans l’église[15] ; mais il n’y a d’essentiel dans ces cérémonies que le consentement donné selon les lois. »

    Au Moyen-Age, la velatio nuptialis est constamment pratiquée dans toute l’Europe chrétienne, partout où le rit romain s’est diffusée. Elle est attestée aussi bien en France, en Espagne, en Italie qu’en Angleterre. Dans ce pays, le pallium s’y appelle pall. En 1321, les chroniques notaient que le roi Edouard II acheta un pallium somptueux pour être déployé sur la tête de Richard et d’Isabelle lors de leur bénédiction nuptiale. Le rit de Sarum connait son usage.

    Au XIIème siècle, le célèbre canoniste Gratien se fondant sur l’autorité du Pape Sirice, rappelle que la bénédiction nuptiale sous le voile interdit par le fait même de souscrire un autre engagement matrimonial à la jeune fille qui :

    In propria domo ducta est & cum sponso velata est et benedicta.

    Gratien rappelle que le mariage est ratifié sous le voile :

    Similiter de hujusmodi desponsata intelligitur quæ videlicet cum sponso est velata & benedicta.

    Voici comment est illustrée la vélation nuptiale dans un manuscrit du XIVème siècle du Décret de Gratien :

    Décret de Gratien - France, XIVème siècle - Bibliothèque apostolique vaticane, ms lat 1370, fol 247v°

    La bénédiction nuptiale/velatio nuptialis était donnée après le Pater & avant le baiser de paix (le célébrant donnait la paix à l’époux qui la transmettait à l’épouse). C’est toujours sa position dans le Missel de saint Pie V, même si la rubrique indiquant le déploiement du voile pendant la bénédiction nuptiale n’a jamais été écrite. Cette rubrique ne figure jamais dans les différents missels imprimés avant saint Pie V, mais elle était souvent marquée en revanche dans les différents rituels publiés.

    Voici par exemple la rubrique du Manuale sacerdotum parisien de 1497 :

    Ruprique précisant l'usage du pallium à la bénédiction nuptiale - Manuale sacerdotum parisiensis de 1497

    Antequam dicatur Pax Domini, sponsus & sponsa prostrati ante altare pallio cooperiantur. Sed sacerdos vero verba facie manuus super eos extensa dicat legendo hanc orationem sequentem sine Dominus vobiscum ».

    Dans le même ouvrage, une autre rubrique précise qu’on retire le pallium lorsque la bénédiction nuptiale est terminée et que le prêtre continue le cours habituel de la messe par le baiser de paix :

    Ruprique indiquant le retrait du pallium à la fin de la bénédiction nuptiale - Manuale sacerdotum parisiensis de 1497

    Tunc amoto pallio et illis se erigentibus vertens se sacerdos ad altare dicat : Pax Domini sit semper vobiscum.

    Le rituel romain de Paul V de 1614, qui se présente comme un texte minimaliste & non obligatoire, afin de ne pas faire de redite avec le missel, se contente de renvoyer pour la bénédiction nuptiale au texte de la messe votive pour l’époux & l’époux du Missale Romanum. De ce fait, et peut-être de façon fortuite, la rubrique sur le déploiement du voile sur les époux cessa complètement d’être marquée dans les livres romains, et on oublia peu à peu ce qui constituait dans l’Antiquité le geste le plus solennel du mariage à l’église.

    L’usage du poêle subsista néanmoins longtemps en France, car la grande majorité des livres diocésains continuèrent de le marquer jusqu’à la fin du XIXème siècle. En voici quelques représentations au XVIIIème & au XIXème siècle (outre celle du XVIIème siècle citée en tête de cet article) :

    Mariage sous le poêle au XVIIIème siècle

    Mariage sous le poêle au XIXème siècle-01

    Mariage sous le poêle au XIXème siècle-02

    Jour de Noce - Quadrille d'Edouard Detraux - 13 août 1866

    Jour de Noce - Quadrille d'Edouard Detraux - 13 août 1866 - détail

    Les livres parisiens continuent de préciser l’usage du pallium blanc qui recouvre les époux. Voici par exemple les rubriques du Rituale Parisiense de 1791, page 139 :

    Rituale Parisiense de 1791 - rubrique précisant la bénédiction nuptiale, avec un voile blanc couvrant les époux

    Et la rubrique précisant le retrait du voile après la bénédiction, page 141 :

    Rituale Parisiense de 1791 - rubrique marquant la fin de la vélation

    L’usage du poêle en France s’était maintenu encore dans quelques régions au XXème siècle, principalement en Normandie et dans l’Est. Le rite se pratique encore assez communément dans plusieurs régions d’Italie, même de nos jours :

    Vélation nuptiale en Italie

    Vélation nuptiale en Italie

    Vélation nuptiale en Italie

    Mais c’est surtout en Espagne et dans les anciennes colonies espagnoles que le rite se conserve encore de nos jours. Il serait passé du rit hispano-mozarabe au rit romain au cours des âges et constitue un des éléments de ce qu’on appelle le rituel du mariage tolédan. Consultée par l’archevêque de Mexico en 1886 sur l’usage du voile de mariage, la Sacré Congrégation des Rites autorisa le maintien de ce rite traditionnel (n. 3656). Il est à noter que contrairement à l’usage observé en France, en Angleterre (tel que décrit dans les livres de Sarum) et en Italie, le voile n’est pas tenu au dessus des mariés mais posé sur la tête de l’épouse et les épaules de l’époux.

    Le Sacerdotale Romanum de 1580 mentionne (page 32) la vélation nuptiale des époux au moment de la bénédiction nuptiale, tout en indiquant qu’on la fait si c’est l’usage. La rubrique précise qu’on voile alors les épaules de l’époux et la tête de l’épouse. Ce détail – curieux dans un livre romain – décrit exactement ce que fait l’usage tolédan, dans lequel on emploie soit un voile blanc mais aussi parfois un voile huméral[16]. En voici quelques photos :

    Vélation nuptiale à San Sébastien en Espagne en 1940-01

    Vélation nuptiale à San Sébastien en Espagne en 1940-02

    Vélation nuptiale à San Sébastien en Espagne en 1949-03

    Vélation nuptiale en Espagne-04

    Vélation nuptiale en Espagne en 1954-06

    Vélation nuptiale en Espagne-05

    Outre l’Espagne, le rite du voile est présent en Amérique et aussi aux Philippines. Un article très intéressant du New Liturgical Movement décrit sa pratique dans la forme traditionnelle.

    En conclusion

    Custódi nos, Dómine, ut pupíllam óculi.
    Sub umbra alárum tuárum prótege nos.

    Le beau symbolisme comme les racines antiques du voile des époux font souhaiter que cet usage vénérable ne s’éteigne pas complètement en France. Souhaitons qu’on y revoit bientôt de nombreux mariages au poêle !

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    Merci à MM. Gregory DiPippo & Nicola De Grandi pour leur aide apportée à la rédaction de cet article, ainsi qu’à M. Kevin Nguyen pour ses ressources iconographiques.

    L’iconographie du poêle de mariage est relativement restreinte sur Internet. Merci aux lecteurs de me signaler d’autres ressources iconographiques.

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    Notes :    (↵ reviens au texte)

    1. Le terme de messe de mariage est fautif puisqu’en liturgie romaine traditionnelle il s’agit d’une messe votive pour l’époux & l’épouse, qui sont déjà mariés avant la dite messe, comme en témoigne le texte de la collecte. Nous reviendrons un peu plus bas dans l’article sur ce point, qui permet précisément de comprendre le pourquoi de la velatio nuptialis↵
    2. En pratique, on utilisait une nappe d’autel ou de communion.↵
    3. Pièce de tissu dont on peut se draper. Vêtement des philosophes et des sages, Tertullien (c. 150 † 220) revendiqua le port du pallium comme distinction du chrétien. Le mot désigne aussi au Moyen-Age un étendard rectangulaire.↵
    4. Mais rien n’empêche de penser que ladite cérémonie puisse remonter plus haut comme on le verra par la suite, la théologie chrétienne du mariage étant bien en place dès le IIIème siècle, et avant.↵
    5. Le terme de vélation, quoique vieilli, existait en français. Nous le choisissons dans le corps de cet article, plutôt que voilement ou voilage.↵
    6. Plus précisément après le Pater lorsqu’au VIème siècle saint Grégoire le Grand déplaça celui-ci immédiatement à la fin du canon, à l’exemple du rit byzantin.↵
    7. Bénédiction qui existe dans tous les autres rits orientaux & occidentaux à cet endroit mais qui a disparu des livres romains au cours du Moyen-Age ; la bénédiction donnée par le prêtre à la fin de la messe est un pâle succédané plus récent.↵
    8. Epître XIX à Vigile, évêque de Trente, 7 – cf. PL 16, 1026)↵
    9. Et partant, les questions canoniques tournant autour du mariage sont liées à la velatio nuptialis.↵
    10. Marius Férotin, osb. Le Liber Ordinum. París 1904.↵
    11. ou sippa, nom inconnu par ailleurs selon Du Cange.↵
    12. « Déjà saint Paul avait comparé l’état virginal à un mariage spirituel que l’âme contracte avec Jésus-Christ ; et Tertullien, partant de ce concept, avait voulu que les vierges chrétiennes se voilassent la tête à la manière des épouses. Sous l’influence de la liturgie gallicane, ces idées se développèrent d’une façon de plus en plus mystique, si bien qu’au rite primitif de la consecratio Virginis décrit dans les sacramentaires romains, — rite qui comportait une simple prière eucharistique avec la velatio capitis, — se substitua une curieuse combinaison de cérémonies, empruntées à la liturgie nuptiale. On y trouve les matrones, paranymphae, le consentement à la profession virginale, la subarrhatio avec l’anneau, la velatio et la coronatio ; il en résulte un ensemble certainement magnifique, mais peut-être trop débordant de sentiment. On y parle de noces, de bracelets d’or, de vignes parfumées et en fleur, d’anneau précieux, de lait et de miel recueillis de la bouche de l’Époux, de son sang qui empourpre les joues de l’épouse, et même de lit nuptial éthéré, ipsi sum iuncta in cœlis, quem in terris posita tota devotionis dilexi, sans penser au contraire qu’on est sur la terre, et qu’on ne doit que trop garder le trésor de la virginité en de fragiles vases d’argile. » Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum.

      Ce texte du cardinal Schuster est admirable. Pourtant, contrairement à ce qu’indique l’auteur, le voile de la velatio virginum n’est pas une velatio capitis dans les livres liturgiques antiques. On est enclin à penser que dès l’origine, on y employait un grand pallium comme au mariage.↵

    13. Analyse des conciles généraux & particuliers, Paris 1773, IInde partie, tome IV, p. 300.↵
    14. La bénédiction nuptiale sous le voile n’est plus donnée lors d’un remariage. Déjà le concile de Laodicée avait imposé une pénitence lors de secondes noces après veuvage. Saint Augustin lui même parlait de « noces moins honorables », et saint Thomas d’Aquin disait qu’il y avait dans un second mariage comme « un défaut de sacrement », car même s’il jouit de sa signification parfaite, son symbolisme néanmoins est diminué.↵
    15. Rare témoignage sur l’emploi du couronnement des époux en Occident. Les Grecs & les Romains déjà couronnaient les époux de couronnes de fleurs ou de lauriers ou d’autres branchages. La couronne de fleur que portaient encore il y a peu les mariées françaises en était le souvenir. Le couronnement de l’époux & de l’épouse est toujours un rit essentiel du mariage en Orient, où il remplit finalement le même rôle que la velatio sponsalis occidentale : une ratification solennelle devant la communauté de l’engagement des époux.↵
    16. Comme le rituel de Tolède impliquait que le voile reste de l’offertoire au Pater sur les époux, l’usage dû se prendre par commodité de le poser simplement sur leurs épaules.↵

    Programme du IVème dimanche après la Pentecôte

    Saint-Eugène, le dimanche 6 juillet 2014, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h.

    La Pêche miraculeuse

    Du moment que le Seigneur, par des miracles divers, eut rendu la santé à beaucoup de malades, la foule de ceux qui désiraient ardemment des guérisons ne se laissa plus arrêter par les difficultés de temps et de lieux. La soirée s’avançait et ils le suivaient encore ; près du lac, la foule accourt, le presse ; si bien qu’il se voit obligé de monter dans la barque de Pierre. Cette barque, saint Matthieu nous la représente battue des flots, et saint Luc nous la montre remplie de poissons ; ce qui vous dépeint les fluctuations de l’Église à son berceau, et sa prodigieuse fécondité dans la suite. Les poissons figurent ceux qui naviguent sur l’océan de cette vie. Dans le premier cas, le Christ sommeille encore pour ses disciples ; dans le second, il commande en maître : Jésus dort en effet dans les âmes tièdes, et il veille dans les âmes parfaites.
    Homélie de saint Ambroise, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

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    Programme du IVème dimanche après la Pentecôte – Miracle de Notre-Dame de Vladimir de 1480 – ton 3

    Icône de la Mère de Dieu de VladimirParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 6 juillet 2014 du calendrier grégorien, 23 juin 2014 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons aussi le miracle de l’icône de Notre-Dame de Vladimir, qui sauva Moscou de l’invasion du khan Ahmat de la Grande Horde l’an 1480.

    L’icône de la Mère de Dieu de Vladimir est l’une des plus vénérées de Russie. Le grand-duc Iouri Dolgorouki de Kiev l’a reçue en présent de Luc Chrysoberges, patriarche de Constantinople, vers 1131. Ce prince la fit placer dans le monastère de femmes Mejihirski près de Kiev jusqu’à ce que son fils Andreï Bogolioubski veuille la transporter dans la ville de Rostov, en 1155. Mais lorsque les chevaux qui transportaient l’icône s’arrêtèrent près de Vladimir et refusèrent d’aller plus loin, ceci fut interprété comme un signe que la Theotokos voulait que l’icône reste à cet endroit. Andreï Bogolioubski fit construire à cet emplacement la grande cathédrale de l’Assomption de Vladimir de 1158 à 1160 pour abriter l’icône, et cet évènement entraîna par la suite la consécration de nombreuses autres églises à la Mère de Dieu dans tout le nord-ouest de la Russie. En 1164, l’icône de la Vierge de Vladimir accompagnait ce même prince André Bogolioubski dans sa marche victorieuse contre les Bulgares de la Volga. Elle sera miraculeusement épargnée pendant l’incendie qui ravagea la cathédrale de Vladimir le 13 avril 1185 et ne subit aucun dommage lors du sac de la ville le 7 février 1238 par les troupes mongoles, qui incendièrent pourtant la cathédrale, dans laquelle périrent la princesse Agatha Vsevolodovna et le reste de la famille princière.

    En 1395, le terrible et sanguinaire Tamerlan menace Moscou avec ses hordes turco-mongoles musulmanes. On fait alors venir l’icône sacrée de Vladimir, protectrice de la Sainte Russie. Une grande procession du clergé et de la population de Moscou vint l’accueillir à une porte de la ville le 26 août 1395. Le lieu de cette sainte rencontre (sretenie en slavon) en prit le nom : c’est l’actuelle rue Sretenka de Moscou, où s’élève le très beau monastère Sretensky, haut lieu de l’actuelle renaissance spirituelle russe, également réputé pour l’excellence de son chœur liturgique. Ce monastère fut élevé pour commémorer cette rencontre de la Mère de Dieu et du peuple de Moscou suppliant de lui venir en aide.

    Après cette rencontre, l’icône est accompagnée en grande pompe au Kremlin en la cathédrale de la Dormition, et le grand-prince Basile Ier passa la nuit en prières et en pleurs devant celle-ci. Le lendemain, Tamerlan faisait demi-tour sans avoir livré bataille.

    Après ce miracle, les Moscovites refusèrent de restituer l’icône à la ville de Vladimir et elle demeura dans la cathédrale de la Dormition du Kremlin de Moscou, devenant l’icône despotique de son iconostase. C’est devant elle que se déroulaient les grands actes de la vie du pays, tels que le couronnement du tsar ou l’élection du patriarche. Elle devint l’objet de pèlerinages populaires. Pour ne pas priver totalement les habitants de Vladimir, leur icône y retourna maintes fois, surtout lors des pénibles années de l’invasion tatare. Le prince Basile en fit peindre par ailleurs une copie par Saint André Roublev, copie destinée à la cathédrale de la Dormition à Vladimir.

    Par la suite, outre ce miracle de 1385, l’icône fut à l’origine de nombreuses délivrances miraculeuses de Moscou face aux envahisseurs musulmans :

    • En 1408 : siège de Moscou par le khan Edigueï
    • En 1451 : siège de Moscou par Mazovcha, le fils du khan de Nagaï. Le métropolite Jonas ordonne une procession sur les remparts avec l’icône de la Mère de Dieu et les forces islamiques lèvent le siège.
    • En 1459 : siège de Moscou par le khan de Nagaï voulant laver l’humiliation de son fils en 1451. Ivan III le met en déroute.
    • En 1480 : siège de Moscou par le khan Ahmat de la Grande Horde. C’est l’objet de la fête de ce jour, nous y reviendront.
    • En 1521 : siège de Moscou par Mahmet Guireï. Les troupes russes, inférieures en nombre, parviennent à encercler les troupes tatares et celles-ci fuient de façon désorganisée.

    En hommage à ces miracles, l’église russe fête trois fois par an les principaux miracles de l’icône de la Vierge de Vladimir : le 21 mai (miracle de 1521), le 23 juin (miracle de 1480) et le 26 août (miracle de 1395). Le miracle de 1451 a eu lieu le jour de la fête de la Déposition du vêtement de la Mère de Dieu dans l’église des Blachernes à Constantinople, il ne possède pas de fête propre.

    Revenons sur le miracle de 1480, qui est l’objet propre de la fête de ce 23 juin.

    En cette année 1480, le tsar Ivan III le Grand déchira sur les marches de la cathédrale de l’Assomption le traité qui soumettait Moscou au pouvoir de la Horde d’or et déclara ainsi l’indépendance de la Russie, refusant par là même de payer le tribut au chef de la Horde d’or, Ahmet, qui se dirigea aussitôt vers Moscou avec une énorme armée. L’icône de la Mère de Dieu se trouvait à ce moment-là à Vladimir. On l’envoya chercher en toute hâte et elle parvint à Moscou le 23 juin. Les armées russes & tatares prennent position sur l’Ougra et s’observent pendant plusieurs jours, aucune des deux ne se décidant à traverser la première. À Moscou, on priait jour et nuit devant l’icône en implorant la Toute-Pure d’apporter son aide. Une rumeur venue d’on ne sait où circula parmi le peuple, disant que la Mère de Dieu avait posé sa ceinture sur la rivière entre les deux armées, ce qui avait eu pour effet de les tenir immobiles. Le prince Ivan Vassilievitch décida à la fin de mettre un terme à cette attente en s’éloignant de la rivière pour obliger les Tatars à la traverser en toute quiétude : il espérait ainsi engager la bataille avec une moitié de l’armée, et mettre les Tatars en déroute en les prenant en étau sur la rivière. Ahmet réfléchit longtemps et flaira le piège. Il s’écarta à son tour, et c’est ainsi que la ceinture de la Mère de Dieu les éloigna les uns des autres. Le contact ayant été évité, le prince Ivan envoya des détachements de cavaliers autour de l’armée ennemie pour localiser les Tatars et sonder leurs intentions. En voyant constamment ces cavaliers russes autour d’eux, les Tatars craignirent d’être entourés et reculèrent de plus en plus. Le 7 novembre, ils partirent définitivement, renonçant à l’idée de conquérir Moscou. On institua la journée du 23 juin, date de l’arrivée de l’icône à Moscou, comme fête solennelle de la Mère de Dieu.

    Après la révolution bolchevique, l’icône fut spoliée par les communistes dès 1918 ; elle fut déposée en 1926 au Musée historique d’Etat puis depuis 1930 à la Galerie Tretyakov de Moscou, qui en est toujours le dépositaire officiel.

    On raconte en Russie qu’en décembre 1941, alors que les Allemands approchaient de Moscou, Staline aurait ordonné que l’icône fût placée dans un avion qui ferait le tour de la capitale assiégée. L’armée allemande commença à se retirer quelques jours après.

    Comme pour d’autres icônes célèbres (celle de la Trinité écrite par saint André Roublev par exemple), se posa dans les années 1990 le délicat problème de la restitution par la Galerie Tretyakov de ces biens spoliés qui constituent à la fois des trésors artistiques – fleurons de la célèbre galerie – mais sont aussi des joyaux pour la piété des fidèles croyants. Une solution juridique originale a été mise en place en 1999 : l’église Saint-Nicolas de Tolmachi, appartenant à la Galerie Tretyakov, expose désormais l’icône de la Vierge de Vladimir et d’autres trésors religieux célèbres de la galerie. L’église a été reconsacrée et les offices y sont célébrés quotidiennement ; elle est ouverte à la visite touristique en dehors des offices. En outre, l’icône miraculeuse de Notre Dame de Vladimir est aussi régulièrement transférée à la cathédrale de la Dormition du Kremlin pour les grandes fêtes solennelles.

    Icône de la Mère de Dieu de Vladimir (détail)Le modèle de l’icône est du type Eleusa – Vierge de tendresse -, la joue du l’Enfant est serrée contre celle de sa Mère dans un geste d’amour et d’affection.

    Le prototype de la Vierge de Vladimir est identifiable par une particularité dans la représentation du pied gauche de l’Enfant-Jésus (son pied gauche est replié ce qui laisse voir la plante de face).

    Les analyses tant historiques que scientifiques établissent que l’icône de la Vierge de Vladimir a été composé à la fin du XIème siècle ou au début du XIIème siècle par un ou plusieurs maîtres de l’école byzantine de Constantinople. Les spécialistes la considèrent comme l’icône la plus importante de la période comnénienne du point de vue artistique. La taille initiale de l’icône est de 78 cm x 55 cm. La planche de tilleul à une épaisseur de 2,7 cm. Elle a été augmentée pour mesurer 104 cm x 69 cm (probablement pour faciliter son insertion dans une iconostase). Elle possède de ce fait une arche profonde et des champs larges.

    L’icône présente la particularité d’être écrite sur les deux faces. Le verso, qui représente un autel byzantin avec l’évangéliaire, la croix & les instruments de la Passion, date de la restauration faite en 1514 sur ordre du métropolite Varlaam. Cette image a été peinte par l’école d’iconographie de Moscou.

    L’icône de Notre-Dame de Vladimir exprime profondément le sentiment d’amour maternel de la Mère de Dieu mais aussi son anxiété vis-à-vis de son enfant. Elle transcrit de manière claire mais pourtant retenue l’intensité des émotions. Prions la Mère de Dieu qu’elle daigne continuer à nous protéger de nos dangers présents par sa maternelle protection.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
    A sexte : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la Mère de Dieu.

    Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche ton 3, & 4 tropaires de la 3ème ode du canon de la Mère de Dieu.
    1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    5. Aux Myrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant : Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les cieux se réjouissent, * que la terre exulte d’allégresse, * car le Seigneur a fait merveille * par la force de son bras, * terrassant la mort par sa propre mort * et devenant d’entre les morts le premier-né : * du sein de l’Enfer il nous a tous sauvés, * accordant au monde la grâce du salut.
    2. Tropaire de la Mère de Dieu, ton 4 : En ce jour rayonne l’illustre cité de Moscou, * car elle a reçu comme un rayon de soleil, * notre Dame, ton icône miraculeuse, vers laquelle nous accourons * pour te chanter, suppliants : * Admirable Souveraine & Mère de Dieu, * prie le Christ qui s’est fait chair en ton sein * de protéger ta cité & de garder toute ville & contrée * de tout malheur causé par l’ennemi ** & de sauver nos âmes, en la tendresse de ton cœur.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion du dimanche, ton 3 : Du tombeau tu es ressuscité * en ce jour, ô Dieu de miséricorde, * nous arrachant aux portes de la mort ; * en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie, * et tous ensemble les Patriarches & les Prophètes chantent inlassablement * la force & la puissance de ta divinité.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion de la Mère de Dieu, ton 8 : Que retentissent nos accents de victoire en ton honneur, invincible Reine, * toi qui nous sauves des périls du combats, Mère de Dieu, Vierge souveraine ! * Vers toi montent nos louanges, nos chants d’action de grâce. * De ton bras puissant dresse autour de nous le plus solide des remparts, * sauve-nous de tout danger, hâte-toi de secourir * les fidèles qui te chantent : ** Réjouis-toi, Epouse inépousée.

    Prokimen
    Du dimanche, ton 3 :
    ℟. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
    ℣. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).
    De la Mère de Dieu, ton 3 :
    ℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

    Epîtres
    Du dimanche : Romains (§ 93) VI, 18-23.
    Car la mort est la solde et le payement du péché ; mais la vie éternelle est une grâce et un don de Dieu, en Jésus-Christ notre Seigneur.
    De la Mère de Dieu : Philippiens (§ 240) II, 5-11.

    Alleluia
    Du dimanche, ton 3 :
    ℣. En toi, Seigneur, j’ai mon abri ; sur moi pas de honte à jamais (Psaume 30, 2).
    ℣. Sois pour moi un Dieu qui me défend, un lieu fort qui me sauve (Psaume 30, 3.)
    De la Mère de Dieu :
    ℣. Ecoute, ma fille, regarde & tends l’oreille, oublie ton peuple & la maison de ton père (Psaume 44, 11).

    Evangiles
    Du dimanche : Matthieu (§ 25) VIII, 5-13.
    Mais le centenier lui répondit : Seigneur ! je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison ; mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri.
    De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42 ; XI, 27-28.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

    Ordinations ce matin à la cathédrale de Chartres

    En ce samedi 28 juin, vigile de la fête des saints Apôtres Pierre & Paul, Son Excellence Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescat & Oloron, a procédé à l’ordination sacerdotale de trois nouveaux prêtres de la Fraternité Saint-Pierre (FSSP), MM. les Abbés Jean de Massia, Olivier de Nedde et Thibault Paris.

    La cérémonie se déroulait pour la première fois dans la magnifique cathédrale de Chartres, dont la restauration se poursuit (celle du chœur est désormais achevée).

    01 Prosternation des ordinands pendant le chant des litanies des saints © François N

    Prosternation des ordinands pendant le chant des litanies des saints.

    02 Imposition des mains à l'Abbé Paris par le pontife © François N

    Imposition des mains par le pontife.

    03 Elévation du Précieux Sang de Notre Seigneur © Schola Sainte Cécile

    Elévation du Précieux Sang de Notre Seigneur.

    04 Communion par le pontife des 3 nouveaux prêtres © François N

    Communion des 3 nouveaux prêtres par le pontife.

    05 Sur le parvis de la cathédrale de Chartres, après la cérémonie © François N

    Sur le parvis de la cathédrale de Chartres, après la cérémonie.

    06 Sur le parvis de la cathédrale de Chartres, après la cérémonie © François N

    La cathédrale de Chartres était un merveilleux écrin au déploiement des cérémonies de l’ordination dans le rit traditionnel.

    07 Sur le parvis de la cathédrale de Chartres, après la cérémonie, ultime bénédiction par Mgr Aillet © François N

    Sur le parvis de la cathédrale de Chartres, après la cérémonie, ultime bénédiction par Mgr Aillet.

    Album photo (Crédits photographiques : François N. & Schola Sainte Cécile) :

    Programme de la solennité de la Fête-Dieu

    Saint-Eugène, le dimanche 22 juin 2014, grand’messe de 11h.
    Vêpres, procession & salut solennels du Très-Saint Sacrement : 16h.

    > Catéchisme sur la Fête-Dieu

    Dans l’année liturgique, la fête de l’Eucharistie est célébrée le Jeudi Saint. Toutefois, en raison de l’entrée à la suite du Christ dans les souffrances de la Passion, les fastes liturgiques ne peuvent être déployés ce jour-là. Aussi l’Eglise a-t-elle reporté la célébration glorieuse du sacrement de l’Eucharistie au jeudi qui suit la Trinité. Le mérite de l’institution de la fête de l’Eucharistie (c’est son nom dans les missels médiévaux) à cette date revient à sainte Julienne de Cornillon. A partir de 1209, cette religieuse & mystique liégeoise reçut la vision fréquente de la lune en laquelle une partie restait sombre et ne rayonnait pas. « Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Eglise sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace : c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement » (Benoît XVI). Répondant aux demandes de sainte Julienne, l’évêque de Liège fit célébrer la première Fête-Dieu en sa ville en 1246. La providence appela ensuite l’archidiacre de Liège à siéger sur le trône de saint Pierre sous le nom d’Urbain IV, lequel institua la Fête du Corps du Christ pour l’Église d’Occident par la bulle Transiturus de hoc mundo le 11 août 1264, il y a donc 750 ans cette année. A la demande du pape, saint Thomas d’Aquin fut chargé de la composition de l’office et de la messe de la nouvelle fête (pour la messe, il centonisa des textes nouveaux sur les airs liturgiques les plus en faveurs de son temps, et pour l’office, il remania celui qui était déjà en cours dans certains monastères cisterciens des Flandres). La procession avec le Saint-Sacrement, pratiquée ici & là dès le XIème siècles aux Rameaux et au petit matin de Pâques, se fit ensuite volontiers à la Fête-Dieu, et elle était généralisée partout en Occident au XVème siècle. En général la procession se faisait après la messe le jour même de la fête, et après les vêpres chaque jour de l’octave.

    La Fête-Dieu n’étant plus fériée en France, la solennité en est transférée au dimanche qui suit dans notre pays.

  • Propre grégorien du jour – Kyriale IV – Cunctipotens Genitor Deus
  • Procession d’entrée : Lauda Sion Salvatorem – extraits de la Prose du T. S. Sacrement – texte de Saint Thomas d’Aquin, mélodie d’Ernest Mazingue, organiste de Saint-Etienne de Lille (XIXème siècle) – Harmonisation d’Olivier Willemin, organiste de Sainte-Rosalie
  • Introït – Cibavit eos (ton ii.)
  • Graduel – Oculi omnium (ton vii.)
  • Alleluia – Caro mea (ton vii.)
  • Sequence – Lauda Sion (ton vii.)
  • Credo III – Et incarnatus de la Missa syllabica de Jean de Bournonville (1585 † 1632), maître de chapelle de la Sainte Chapelle de Paris
  • Offertoire – Sacerdotes Domini (ton iv.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Sacris solemniis – hymne du Saint Sacrement – texte de Saint Thomas d’Aquin – plain-chant et alternance polyphonique de la tradition de Langres – traduction versifiée du XVIIIème siècle
  • Après la Consécration : O salutaris hostia – François Giroust (1737 † 1799), maître de chapelle du roi Louis XVI
  • Pendant la communion : Tantum ergo sacramentum – Henri de Villiers – adaptation sur Hanac Pachap, cantique en Quechua (musique anonyme jésuite, Cuzco, XVIIème siècle)
  • Communion – Quotiescumque (ton vii.)
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est IV
  • Après le dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : Adoro te supplex – hymne au T. S. Sacrement de saint Thomas d’Aquin
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    *

    VEPRES & PROCESSION – 16h

  • Vêpres chantées en plain-chant parisien avec faux-bourdons parisiens
  • Motet d’exposition : O salutaris de l’abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790) – les fidèles sont invités à chanter avec la schola
  • Première partie de la procession :
    Pange lingua
    Benedictus qui venit – cantique du Chanoine Darros – versets du Benedictus (Luc, I-vv. 68 – 79), psalmodie du VIème ton
  • Au premier reposoir : Tantum ergo
  • Seconde partie de la procession :
    Antienne Lauda Jerusalem du Chanoine Noël Darros († 1954), maître de chapelle de Lourdes – versets du psaume 147, psalmodie du Vème ton de l’Oratoire
  • Au second reposoir : Tantum ergo
  • Troisième partie de la procession :
    Lauda Sion – Texte de saint Thomas d’Aquin composé sur la séquence Laudes Crucis d’Adam de Saint-Victor – mélodie d’Ernest Mazingue, organiste de Saint-Etienne de Lille (XIXème siècle)
  • Au Salut du Très-Saint Sacrement :
    Adoro te supplex – hymne au T. S. Sacrement de saint Thomas d’Aquin
    Panis angelicus – plain-chant de Langres
    Tantum ergo
    Louanges divines en réparation des blasphèmes
    Motet final au très Saint Sacrement : Adoremus in æternum en plain-chant musical
  • Télécharger le livret des vêpres & de la procession au format PDF.

    *

    Plain-chant de la Solennité du Corps du Christ dans le graduel de Nivers (1679)

    Programme du dimanche de tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie – ton 1

    Tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie (Toussaint russe)LE SECOND DIMANCHE APRES LA PENTECOTE
    MEMOIRE DE TOUS LES SAINTS QUI ONT ILLUMINE LA TERRE DE RUSSIE

    Le second dimanche après la Pentecôte, une semaine après avoir fêté tous les saints, l’Eglise russe célèbre une Toussaint russe.

    Cette célébration vit le jour au XVIème siècle sous le saint métropolite Macaire de Moscou & de toutes les Russies mais fut abandonnée au siècle suivant lors des réformes du Patriarche Nikon. Cette fête fut restaurée à la suite du concile local de Moscou le 26 août 1918.

    L’initiateur de la restauration de cette fête fut un professeur de l’Université de Saint-Pétersbourg, Boris Touraev. Il fut du reste le co-auteur avec le hiéromoine Athanase Sakharov de la première édition de l’office parue en 1918. Une seconde édition de cet office parut en 1956 et fut publiée par le Patriarcat de Moscou. Une révision de cet office fut effectuée en 2002 et fut intégrée aux Ménées du mois de mai (elle présente quelque variante avec la version de 1956, en particulier pour le prokimenon de la liturgie).

    Curiosité liturgique, les différents stichères des vêpres ou des matines, ainsi que les tropaires des odes du canon du jour à matines énumèrent les noms d’un très grand nombre de saints russes. Des formules spéciales pour les prières de la litie énumèrent de même de longues listes de saints russes.

    L’office de tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie se combine avec celui du dimanche, ton 1. Les lectures de la liturgie, qui s’ajoutent à celle du IInd dimanche après la Pentecôte, reprennent celles du dimanche de tous les saints de la semaine précédente.

    Par les prières de ta Mère immaculée et de tous les saints, Christ notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous, dans ton unique bonté & ton amour pour les hommes. Amen.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche, ton 1. Gloire au Père. Tropaire des saints russes. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du dimanche.
    A sexte : Tropaire du dimanche, ton 1. Gloire au Père. Tropaire des saints russes. Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : de tous les saints de Russie.

    Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 1 & 4 tropaires propres à la fête de tous les saints de Russie, ton 8 :
    1. Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam * lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, * mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron qui lui criait : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    2. Je me prosterne devant ta Passion * et je glorifie ta sainte Résurrection ; * avec Adam & le bon Larron * je te crie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    3. Librement, Seigneur sans péché, * tu as souffert la croix & la mise au tombeau ; * mais, comme Dieu, tu es ressuscité, * faisant surgir avec toi * Adam qui s’écrie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    4. Le temple de ton corps, tu l’as relevé * du tombeau le troisième jour ; * avec Adam, ô Christ notre Dieu, * tu as ressuscité le genre humain, * qui chante : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    5. A ton sépulchre se rendirent de bon matin * les Myrrophores tout en larmes, ô Christ notre Dieu : * elles y trouvèrent un Ange vêtu de blanc, * assis sur la pierre et disant : Que cherchez-vous ? ** Le Christ est ressuscité, ne pleurez plus.
    6. Sur la montagne que tu leur avais indiquée * tes Apôtres arrivèrent, Seigneur ; * et, lorsqu’ils te virent, Sauveur, * ils se prosternèrent devant toi ; * vers les nations tu les envoyas ** pour les instruire et baptiser.
    7. Nous avons pas hérité de notre terre par l’épée, * mais par ta droite, et ta dextre élevée, et la lumière de ta face ; * et par les larmes de tes saints, leurs luttes et leur sueur, leur sang et leur enseignement, ** notre patrie est fermement établie.
    8. Lorsque nous nous sommes détournés loin de toi et n’avons pas accompli tes commandements, * alors tu nous as mis de côté et nous as humiliés ; * et nous sommes devenus la moindre parmi toutes les nations. * Mais aie pitié de nous, ô Dieu notre Sauveur, ** par les prières des saints.
    9. O tout-Sainte Trinité, fais nous revenir d’exil, * guéris notre maladie et notre chagrin, * et élève notre esprit de la paresse et du sommeil du péché, * que nous soyons dignes de nos pères et frères ** qui par leurs luttes ont glorifié ton nom dans notre pays.
    10. Rassemble les dispersés, * fais revenir ceux qui ont été séparés, * fais revenir ceux qui se sont éloignés de la foi orthodoxe, * réconforte les pleurs et la tristesse, * et guéris la dissolution de notre terre tourmentée, * O toi qui es pleine de grâce, * suppliant Dieu en notre nom ** avec les saints qui sont nos compatriotes.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 1: La pierre fut scellée par les Juifs, les soldats gardèrent ton corps immaculé. Cependant, tu ressuscitas le troisième jour, donnant la vie au monde, ô Sauveur. Aussi, les Puissances célestes te crièrent, à toi, source de vie : « Gloire à ta Résurrection, ô Christ ! Gloire à ta royauté ! Gloire à ta divine économie, toi qui seul aimes les hommes ! »
    2. Tropaire de tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie, ton 8: Comme le bon fruit de tes salutaires semailles * la terre de Russie t’offre, Seigneur, * tous les Saints qui sur elle ont resplendi ; * à leur prière & par celle qui t’enfanta * garde les fidèles de son Eglise dans une profonde paix, * Dieu de miséricorde.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion de tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie, ton 3: En ce jour, le chœur de tous les Saints * qui sur la terre de Russie furent agréables à Dieu * se tient parmi nous invisiblement et prie pour nous ; * avec eux les Anges glorifient le Seigneur * et pour cette fête exultent les autres Saints de l’Eglise du Christ, * intercédant tous ensemble auprès du Dieu d’avant les siècles.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion du dimanche, ton 1: Tu sors du tombeau en gloire, en tant que Dieu, ressuscitant le monde avec Toi. La mort est anéantie et la nature humaine te chante, ô Dieu. Adam exulte, ô Maître, et Eve libérée de ses liens se réjouit en criant : Tu es, ô Christ, Celui qui donne à tous la résurrection !

    Prokimen
    Du dimanche, ton 1 :
    ℟. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
    ℣. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
    Des saints russes, ton 4 :
    ℟. Pour les saints qui sont sur sa terre, le Seigneur a rendu merveilleuse toutes ses volontés (Psaume 15, 3).

    Epître
    Du dimanche : Romains (§ 81) II, 10-16.
    Dieu jugera par Jésus-Christ, selon l’Évangile que je prêche, tout ce qui est caché dans le cœur des hommes.
    Des saints russes : Hébreux (§ 330) XI, 33 – XII, 2..
    Puis donc que nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, dégageons-nous de tout le poids qui nous abat, et des pièges qui nous assiègent, et courons par la patience dans cette carrière qui nous est ouverte.

    Alleluia
    Du dimanche, ton 1 :
    ℣. C’est Dieu qui me donne les vengeances & prosterne les peuples sous moi. (Psaume 17, 48)
    ℣. Il multiplie pour son roi les délivrances et montre de l’amour pour son Christ. (Psaume 17, 51)
    Des saints russes :
    ℣. O Dieu ! nous avons entendu de nos oreilles, et nos pères nous l’ont annoncé. (Psaume 46, 1)

    Evangile
    Du dimanche : Matthieu (§ 9) IV, 18-23.
    Et il leur dit : Suivez-moi, et je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes.
    Des saints russes : Matthieu (§ 38) X, 32-33, 37-38; XIX, 27-30..
    Quiconque donc me confessera et me reconnaîtra devant les hommes, je le reconnaîtrai aussi moi-même devant mon Père qui est dans les cieux.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    Des saints russes : Le Seigneur a mis sa complaisance dans son peuple ; et il élèvera ceux qui sont doux, et les sauvera. (Psaume 149, 4) Alleluia, alleluia, alleluia.