Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Messe pontificale en rit arménien à Notre-Dame de Paris

A l’occasion du 96ème anniversaire du début du génocide de 1915 en Turquie, une divine liturgie pontificale en rit arménien a été célébrée hier à Notre-Dame de Paris par S.E.R. Mgr Grégoire Ghabroyan, évêque des Arméniens Catholiques de France.

Dans l’Empire Ottoman, les Arméniens formaient une communauté chrétienne importante, principalement sur les terres historiques de l’ancien royaume d’Arménie, premier pays a avoir été chrétien. Le génocide de 1915 a très manifestement suivi un plan en plusieurs étapes et parait donc avoir été réfléchi et non improvisé. Dans un premier temps, le 24 avril 1915, sur ordre du gouvernement des Jeunes-Turcs, les responsables politiques, religieux, intellectuels de la communauté arménienne de Turquie furent arrêtés (sous motif de simples vérifications administratives, afin de ne pas trop affoler le reste des populations). Les emprisonnements concernèrent ensuite tous les hommes adultes ; ces emprisonnements aboutirent à des simulacres de procès, puis à des exécutions sommaires et discrètes. Les soldats arméniens incorporés dans l’armée turque furent désarmés, contraints de creuser les tombes dans lesquels ils furent amoncelés après avoir été passés par les armes. Le reste de la population, soit donc les femmes, vieillards et enfants furent ensuite déportés (sous la promesse qu’on allait les installer dans une région qu’on donnait aux Arméniens plus au Sud de l’Arménie). Lors de leur marche forcée, on leur firent subir les pires exactions : racket, vols, viols, brutalités, tortures, massacres. Ceux qui avaient pu survivre à la fin, à la soif et aux sévices de la marche forcée vers le Sud furent rassemblés dans le désert de Deir Ez-Zor (actuelle Syrie) où les turcs firent des massacres de masse à l’arme blanche après avoir dénudés leurs victimes pour récupérer les vêtements. Durant le génocide, de nombreux enfants furent enlevés à leurs famille pour être placés dans des familles turques, kurdes ou des orphelinats afin de les islamiser et les turquifier. De même, de nombreuses femmes ou enfants furent vendues en esclavages à des familles turques ou kurdes, et islamisés de force. On estime que 1 500 000 arméniens périrent dans ce génocide de 1915, lequel frappa également les autres minorités chrétiennes syriaques, chaldéennes, assyriennes & grecques.

L’Eglise considère ces victimes comme des Martyrs car ils furent mis à mort pour leur foi chrétienne (dans les premières semaines du génocide, le gouvernement turc avait annoncé que ceux qui se convertiraient à l’Islam seraient épargnés). Ce génocide, avéré par les historiens et reconnu par un grand nombre d’états et le Parlement européen, est nié par la Turquie qui pratique un négationisme d’état tant à l’intérieur qu’à l’extérieur par sa diplomatie.

Un phénomène récent s’observe actuellement en Turquie : dans les territoires de l’ancienne Arménie, des descendants d’Arméniens turquifiés de force en 1915 retrouvent leurs racines, redeviennent chrétiens et se réapproprient leur culture arménienne.

Chaque année, à la date anniversaire du 24 avril, les Arméniens, dispersés dans le monde entier, honorent leurs martyrs et réclament reconnaissance du crime fait à leurs parents.

La divine liturgie célébrée pontificalement à Notre-Dame fut chantée par le chœur de la cathédrale Sainte-Croix des Arméniens Catholiques de Paris, sous la direction de M. Antoine Kéchichian. L’interprétation des chants liturgiques par ce chœur fut tout à fait sublime, d’une haute qualité musicale comme spirituelle.

Gallerie photo :

Programme du dimanche de Pâques

Saint-Eugène, le dimanche 24 avril 2011, grand’messe de 11h.

Schola & ensemble de cuivres Sainte Cécile

Messe AD MAJOREM DEI GLORIAM (1699) d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Louis XV à Versailles

  • Procession d’entrée : Salve festa dies – chant processionnel pascal des Églises des Gaules – Texte et mélodie de Saint Venance Fortunat, évêque de Poitiers (VIème siècle) – harmonisation : Touve Ratovondrahety et Henri de Villiers
  • A l’aspersion : reprise de l’antienne Vidi aquam sur un faux-bourdon de Mgr Louis Lazare Perruchot (1852 † 1931), maître de chapelle de Saint-François-Xavier à Paris et de la cathédrale de Monaco
  • Hæc dies – polyphonie de Ludovico Grossi da Viadana (1564 † 1627), maître de chapelle de la cathédrale de Mantoue
  • Prose Victimæ paschali laudes : harmonisation du rythme traditionnel par Mgr Jehan Revert, maître de chapelle émérite de Notre-Dame de Paris
  • Credo de la messe royale du Ier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), maître de la chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint-Paul et du duc d’Anjou
  • Pendant les encensements de l’offertoire : O filii et filiæ – grand motet de Jean Veillot († 1662), chanoine et maître de chapelle de Notre-Dame de Paris, du roi Louis XIV et des Bénédictines de Montmartre
  • Pendant la communion : Dextera Domini – offertoire pour le jour de Pâques sur le texte de l’offertoire de l’ancien rit parisien – César Franck (1822 † 1890), organiste & maître de chapelle de la basilique Sainte-Clotilde – Psaume 117, 16-17
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est pascal
  • Au dernier Evangile : Symphonie devant Regina cœli (H. 509) de Marc-Antoine Charpentier
    Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : « La Résurrection » – Cantate de Pâques du chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres, à l’occasion du 100ème anniversaire de sa naissance au ciel
  • Programme de la Vigile pascale

    Résurrection de la cathédrale de Fribourg

    Saint-Eugène, le Samedi Saint 23 avril 2011, vigile pascale de 21h00.
    Répétition pour les choristes à 17h.

  • Traits en plain-chant
  • Au retours des fonts baptismaux: Tibi laus perennis, Auctor – « l’hymne du retour des fonts » des manuscrits de l’antique liturgie parisienne – texte de saint Venance Fortunat (c. 535 † c. 601), évêque de Poitiers.
  • Kyriale I
  • Offertoire & après la consécration : orgue
  • Au dernier évangile : Regina cæli
  • Procession de sortie : Cantilène pascale O filii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation Henri de Villiers.
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    Programme du Vendredi saint

    Crucifixion tirée d

    Saint-Eugène, le Vendredi Saint 22 avril 2011, office des présanctifiés de 19h.
    Répétition à compter de 18h30.

  • Procession d’entrée en silence
  • Traits : Faux-bourdon du 2nd ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Passion de Notre Seigneur-Jésus-Christ selon Jean – Répons de la Synagogue en polyphonie – Henri de Villiers
  • Découvrement de la croix : Antienne Ecce lignum
  • Adoration de la croix en plain-chant
  • A la procession ramenant le Saint Sacrement : Vexilla Regis prodeunt – hymne du temps de la Passion, composé au VIème siècle par Saint Venance Fortunat lors de la susception à Poitiers des reliques de la vraie Croix par la reine de France Sainte Radegonde – mise en polyphonie d’Anthoine de Bertrand (1530 † 1581)
  • Pendant la communion : selon l’ancienne tradition de Paris, les vêpres du Vendredi saint seront chantées durant la communion en plain-chant & faux-bourdons parisiens.
  • Procession de sortie : Au sang qu’un Dieu va répandre – cantique sur un texte de François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651 † 1715), archevêque de Cambrai, de l’Académie française – mélodie d’Amédée Gastoué – harmonisation Henri de Villiers
  • Les Présanctifiés seront suivis de l’Office des Ténèbres du samedi saint
    (après une courte pause)

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    Programme du Jeudi saint

    Cène tirée d

    Saint-Eugène, le jeudi 21 avril 2011, messe de 21h00.
    Répétition à 20h.

  • Procession d’entrée : orgue
  • Kyriale IV – Cunctipotens – Au Kyrie et au Gloria, le grand orgue figure les versets impairs du texte liturgique
  • Mandatum
  • Pendant les encensements de l’offertoire : O memoriale, motet d’après Jean Pierre-Louis de Palestrina (c. 1526 † 1594), maître de la chapelle pontificale – texte de Saint Thomas d’Aquin (1225 † 1274)
  • Après la Consécration : O salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790)
  • Pendant la communion : selon l’ancienne tradition de Paris, les vêpres du Jeudi saint seront chantées durant la communion en plain-chant & faux-bourdons parisiens.
  • Benedicamus Domino IV
  • Procession au reposoir : Pange lingua
  • Dépouillement des autels
  • Chant des Ténèbres du Vendredi Saint (à la suite, vers 23h30 – minuit)
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    Programme du dimanche des Rameaux

    Saint-Eugène, le dimanche 17 mars 2011, grand’messe de 11h.
    La répétition du samedi 16 mars est précédée du chant des premières vêpres des Rameaux selon l’usage de Paris.

  • Avant la bénédiction des rameaux : antienne Hosanna Filio David
  • Pendant la distribution des rameaux : antiennes Pueri Hebræorum
  • Procession des Rameaux : Antiennes processionnelles : Cum appropinquaret Dominus – Cum audisset – Ante sex dies – Occurrunt turbæ – Cum Angelis – Turba multa
  • Station devant les portes de l’église : Hymne de Théodulphe, évêque d’Orléans (IXème siècle) : Gloria laus
  • Ouverture de la porte de l’église : dialogue Attollite portas entre les chantres & le célébrant
  • Entrée processionnelle dans l’église : répons Ingrediente Domino
  • Kyrie XVII – Kyrie Salve
  • Trait : Faux-bourdon du 2nd ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Passion de Notre Seigneur-Jésus-Christ selon Matthieu
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Vexilla Regis prodeunt – hymne du temps de la Passion, composé au VIème siècle par Saint Venance Fortunat lors de la susception à Poitiers des reliques de la vraie Croix par la reine de France Sainte Radegonde – mise en polyphonie d’Anthoine de Bertrand (1530 † 1581)
  • Sanctus XVII
  • Après la Consécration : O Salutaris sur le ton de Vexilla Regis prodeunt, d’après Antoine de Bertrand
  • Agnus Dei de la messe Exultate Deo de François Cosset (c. 1610 † c. 1664), maître de chapelle des cathédrales de Laon, Reims et Paris
  • Pendant la communion : Stabat Mater (1736) de Jean-Baptiste Pergolèse (1710 † 1736), composé pour la Confrérie des chevaliers de Saint-Louis du Palais de Naples
  • Prière pour la France – faux-bourdon parisien du VIIIème ton (édition de 1739)
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : Au sang qu’un Dieu va répandre – cantique sur un texte de François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651 † 1715), archevêque de Cambrai, de l’Académie française – mélodie d’Amédée Gastoué – harmonisation Henri de Villiers
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    Programme du dimanche des Rameaux

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 17 avril 2011 du calendrier grégorien – 4 avril 2011 du calendrier julien, matines puis divine liturgie de saint Jean Chrysostome de 9h.

    Le dimanche des Rameaux est l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique. La bénédiction des rameaux se fait après l’évangile de matines et la distribution de ceux-ci pendant les stichères du psaume 50 et le canon de la fête.

    Première antienne, Psaume 114, ton 2
    J’ai aimé, car le Seigneur entend la voix de ma prière.
    Refrain : Par les prières de la Mère de Dieu, Sauveur, sauve-nous.
    Car il a incliné vers moi son oreille, et je l’invoquerai tous les jours de ma vie.
    Les douleurs de la mort m’ont environné et les périls de l’enfer sont venus sur moi.
    J’ai trouvé la tribulation et la douleur et j’ai invoqué le Nom du Seigneur.
    Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.
    Seconde antienne, Psaume 115, ton 2
    J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé ; et je me suis profondément humilié.
    Refrain : Sauve-nous, ô Fils de Dieu, qui sièges sur un ânon, nous qui te chantons : Alléluia !
    Que rendrai-je au Seigneur pour tout ce qu’il m’a donné ?
    Je prendrai le calice du salut et j’invoquerai le Nom du Seigneur.
    J’acquitterai mes vœux au Seigneur, devant tout son peuple.
    Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.
    Troisième antienne, Psaume 117, ton 1
    Confessez le Seigneur car il est bon, car éternelle est sa miséricorde.
    Tropaire, ton 1 : Manifestant la vérité de la résurrection générale avant ta passion, tu as relevé Lazare des morts, ô Christ Dieu. C’est pourquoi nous aussi, portant, comme les enfants, les signes de victoire, nous t’acclamons, vainqueur de la mort : « Hosanna au plus haut des cieux, béni soit Celui qui vient au Nom du Seigneur ! »
    Que la maison d’Israël le dise : il est bon, car éternelle est sa miséricorde.
    Que la maison d’Aaron le dise : il est bon, car éternelle est sa miséricorde.
    Que tous ceux qui craignent le Seigneur le disent : il est bon, car éternelle est sa miséricorde.
    A la petite entrée :
    1. Isodikon de la fête : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! * Soyez béni de la maison du Seigneur, le Seigneur est Dieu, et il nous est apparu.
    2. Tropaire de la fête, ton 1 : Manifestant la vérité de la résurrection générale avant ta passion, tu as relevé Lazare des morts, ô Christ Dieu. C’est pourquoi nous aussi, portant, comme les enfants, les signes de victoire, nous t’acclamons, vainqueur de la mort : « Hosanna au plus haut des cieux, béni soit Celui qui vient au Nom du Seigneur ! »
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Tropaire de la fête, ton 4 : Ensevelis avec Toi par le baptême, ô Christ notre Dieu, Tu nous as rendus digne de la vie éternelle par ta résurrection, et, par nos chants, nous te clamons : « Hosanna au plus haut des cieux, béni soit Celui qui vient au Nom du Seigneur ! »
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion de la fête, ton 6 : Toi qui es porté, ô Christ Dieu, sur le Trône dans le ciel et sur un ânon sur la terre, tu as reçus la louange des anges et les acclamations des enfants qui te chantaient : « Tu es béni, qui viens rappeler Adam ! »
    Prokimen
    De la fête, ton 4 :
    ℟. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! * Le Seigneur est Dieu & il nous est apparu. (Psaume 117, 26-27).
    ℣. Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour. (Psaume 117, 1).
    Alleluia
    De la fête, ton 1 :
    ℣. Chantez au Seigneur un cantique nouveau, car le Seigneur a fait des merveilles. (Psaume 97, 1)
    ℣. Toutes les extrémités de la terre ont vu le salut de notre Dieu. (Psaume 97, 3)
    Verset de communion
    De la fête : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Le Seigneur est Dieu & il nous est apparu. (Psaume 117, 26-27) Alleluia, alleluia, alleluia.

    La réforme de la Semaine Sainte de 1955 – 2ème partie – Les Lundi Saint, Mardi Saint & Mercredi Saint

    Articles précédents :

    Lors des réformes de 1955, les trois premiers jours de la Semaine Sainte après les Rameaux – les Lundi Saint, Mardi Saint et Mercredi Saint – paraissent à première vue avoir subi moins de modifications que les autres jours. Pourtant, si l’on examine le détail des modifications mineures qui y ont été apportées, on s’aperçoit que ce fut l’occasion pour la Commission pour la Réforme liturgique d’y tester plusieurs innovations, qui souvent ont été étendues par la suite au restant de l’année liturgique. Comme nous l’avons vu pour les Rameaux, ces réformes induisent de fait des complications étranges pour les officiants, puisque on se met à déroger pendant la Semaine Sainte à ce qui se fait d’ordinaire le restant de l’année.

    Des modifications en apparence mineures qui pourtant testent des innovations pour des réformes ultérieures

    Comme nous l’avons déjà noté pour les Rameaux, et pour toute la Semaine Sainte, les chasubles pliées que portent le diacre et le sous-diacre – et qui marquent dans le rit Romain la pénitence – sont supprimées et remplacées par la dalmatique & la tunique – qui en liturgie romaine sont des signes de joie -, alors même que les chasubles pliées restaient en usage pour l’Avent et le Carême.

    Depuis le haut Moyen-Age une tradition voulait qu’on chante les oraisons d’une messe toujours en nombre impair et quasiment jamais en nombre pair (on pouvait donc au Moyen-Age avoir soit une collecte, soit 3, soit même 5, voire 7). Quelque chose de cette tradition est restée dans les livres de saint Pie V, où l’on ajoute à presque toutes les messes, à l’oraison du jour, deux oraisons votives dont le thème varie d’une saison liturgique à l’autre. L’un de ces oraisons votives se voyait remplacée, si besoin, par celle d’une fête occurrente dont on doit faire la commémoraison, mais le nombre des oraisons restait ternaire. Dans le missel avant 1955, exceptionnellement on ne récite lors des trois premiers jours de la Semaine Sainte que deux (et non trois) oraisons (c’est une règle pour tout le Temps de la Passion) : on dit d’abord l’oraison du jour, puis – au choix – soit l’oraison contre les persécuteurs de l’Eglise, soit celle pour le pape. Les réformes de 1955 les suppriment, préludant leur suppression générale ultérieure. Le restant de l’année, ces oraisons votives continuaient d’exister.

    Laissons sur ce point la parole à Don Stefano Carusi, ibp, dont la remarquable étude sur la Semaine Sainte vient d’être traduite en français :

    « On assiste ici à l’élimination de toutes les allusions à l’existence d’ennemis de l’Eglise. C’est la mentalité des réformateurs, qui veulent occulter par des euphémismes ou par la simple élimination de passages entiers la réalité de la persécution de l’Eglise de la part des forces terrestres et infernales qui luttent contre le Corps Mystique du Christ, aussi bien par la violence que par l’insinuation des hérésies (comme on le lisait dans l’oraison supprimée ici). La même attitude iréniste se retrouvera le Vendredi Saint, attitude candidement avouée par le P. Carlo Braga. Dans le même contexte, on déclarera interdite l’oraison pour le Pape, pratique qui inaugure la réduction systématique de la présence du nom du Pontife Romain dans la liturgie. »

    Dans le rit traditionnel, le célébrant d’une messe solennelle lit à voix basse à l’autel toutes les parties de la messe qui sont chantées par le diacre, le sous-diacre ou le lecteur. Dans la réforme de 1955, ce système, appelé communément « doublage », est abrogé. Bien que le « doublage » des lectures a été ultérieurement supprimé, cette réforme fut initialement appliquée à la seule Semaine Sainte, tandis que les lectures continuaient à être doublées le restant de l’année. Sans entrer dans des considérations historiques sur la justification du doublage, bornons-nous à indiquer qu’une pratique similaire fut connue par Notre Seigneur : le culte synagogal connaissait un système complexe d’une lecture en hébreu traduite à la volée à voix basse puis proclamée en araméen, seule langue entendue par le peuple.

    Avant les réformes de 1955, à la fin de l’Offertoire, le célébrant d’une messe solennelle ou d’une messe chantée ne dit à haute voix que les deux premiers mots de l’Orate fratres tourné vers les fidèles, et le reste en silence tandis qu’il se tourne vers l’Orient liturgique, vers le Seigneur. Dans la réforme de 1955, il doit désormais dire tout l’Orate fratres à voix haute (« Clara et elevata voce »). Comme pour le point précédent, une distorsion est ainsi introduite avec la pratique usuelle le restant de l’année, notons que le code de rubrique de 1960 n’a pas modifié ce point par la suite, laissant en l’état la curieuse divergence des pratiques.

    Pour être exhaustif, indiquons aussi que les Lundi, Mardi & Mercredi de la Semaine Sainte, dans le Missel de Saint-Pie V, pouvaient connaître la célébration ou la commémoraison de fête de saints (commémoraison également possible à l’office mais pas à la messe des Rameaux). Les réformes de 1955 excluent systématiquement toute commémoraison des saints.

    Les passions des Mardi & Mercredi Saint

    Chant de la passion par trois diacres sur un ambon antique orienté au Nord
     

    Le Mardi Saint est lue la passion selon saint Marc, et celle selon saint Luc le Mercredi Saint.

    Nous avons décrit précédemment au cours de l’article consacré au dimanche des Rameaux la manière dont le rit Romain traditionnel faisait lire face au Nord liturgique la passion de saint Matthieu par trois diacres, passion suivie du chant de l’évangile par le diacre de la messe. Nous avons montré combien ce rit vénérable a été profondément bouleversé par les réformes de 1955, sans qu’une logique claire ne se dégage des changements opérés. Le rite traditionnel du chant de la passion était bien sûr identique les Mardi & Mercredi Saint. Les mêmes modifications faites pour les Rameaux sont réitérées en 1955 pour ces deux jours.

    Nous avons noté combien était étrange le raccourcissement de la passion de saint Matthieu au dimanche des Rameaux, supprimant plusieurs passages importants, au premier titre celui du récit de l’institution de l’Eucharistie.

    On observe curieusement le même phénomène inexplicable pour le Mardi & le Mercredi : on supprime en effet les 31 premiers versets de la passion selon saint Marc et les 38 premiers versets de celle selon saint Luc. Ces suppressions sont déconcertantes car elles frappent à chaque fois le récit de l’institution de l’Eucharistie, qui dès lors n’est plus entendu à aucun évangile de l’année liturgique. Certains avaient bien avancé comme argument le besoin de raccourcir la durée de la cérémonie le jour des Rameaux (où pourtant on ajoute plus de pièces à la procession), mais le même argument ne peut être reçu les Mardi & Mercredi Saint.

    Selon Don Stefano Carusi, « l’examen des archives révèle que la Commission avait décidé de ne rien modifier en ce qui concerne la lecture de la Passion, à cause de son institution très antique ». Cette suppression systématique, qu’on retrouvera pour la passion selon saint Jean le Vendredi Saint, dès lors ne laisse pas de surprendre le fidèle. Nul ne sait qui l’a décidée exactement au sein de la Commission, aucun détail n’existe sur les motivations de cette suppression ni sur le moment précis de sa décision.

    Face à une telle coupure réalisée systématiquement, on est en droit de s’interroger sur les réelles intentions des réformateurs. A titre personnel, je ne crois pas qu’il s’agisse d’un hasard ou d’un manque de réflexion de la part d’une commission par ailleurs souvent brouillonne dans la rédaction des nouvelles rubriques. N’y avait pas plutôt dès cette époque la volonté de supprimer le sublime lien organique que la liturgie traditionnelle depuis toujours soulignait entre le sacrifice de l’Eucharistie et le sacrifice de la Croix, lien qui, on le sait, n’est guère en faveur dans la théologie protestante ?

    *

    Plan

    Présentation générale
    1ère partie – Le dimanche des Rameaux
    2nde partie – Les Lundi Saint, Mardi Saint & du Mercredi Saint
    3ème partie – L’office des Ténèbres
    4ème partie – Les autres heures de l’office divin durant le Triduum
    5ème partie – La messe du Jeudi Saint & le Mandatum
    6ème partie – La messe des Présanctifiés le Vendredi Saint
    7ème partie – La vigile pascale
    8ème partie – L’office divin du jour de Pâques
    9ème partie – Les horaires des offices durant la Semaine Sainte
    10ème partie – Les lectures bibliques de la Semaine Sainte
    11ème partie – La Vigile de la Pentecôte
    12ème partie – La réforme de 1955 & la réforme post-conciliaire – Conclusions générales

    Programme du dimanche de la Passion

    La Passion

    Saint-Eugène, le dimanche 10 avril 2011, grand’messe de 11h.

  • Procession d’entrée : La Croix ouvre l’entrée au trône de la gloire, cantique sur un texte de Pierre Corneille (1606 † 1684), de l’Académie française, tiré de sa traduction versifiée de l’Imitation de Jésus-Christ (livre II, chap. 12 : Du chemin royal de la sainte Croix) – mélodie de Charles Gounod – harmonisation à 4 voix Henri de Villiers
  • Kyrie XVII – Kyrie Salve
  • Trait : Faux-bourdon du 8ème ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Vexilla Regis prodeunt – hymne du temps de la Passion, composé au VIème siècle par Saint Venance Fortunat lors de la susception à Poitiers des reliques de la vraie Croix par la reine de France Sainte Radegonde – mise en polyphonie d’Anthoine de Bertrand (1530 † 1581)
  • Sanctus XV
  • Après la Consécration : O Salutaris sur le ton de Vexilla Regis prodeunt, d’après Antoine de Bertrand
  • Agnus Dei XV
  • Pendant la communion : Stabat Mater (1736) de Jean-Baptiste Pergolèse (1710 † 1736), composé pour la Confrérie des chevaliers de Saint-Louis du Palais de Naples
  • Prière pour la France – faux-bourdon parisien du VIIIème ton (édition de 1739)
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : Au sang qu’un Dieu va répandre – cantique sur un texte de François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651 † 1715), archevêque de Cambrai, de l’Académie française – mélodie d’Amédée Gastoué – harmonisation Henri de Villiers
  • Anne-Marie Lutz, soprano & Marie-Aude Labatide-Alanore, alto
    William Oliver, violoncelle – à l’orgue, Anne Foulard

    Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Programme du Vème dimanche de Carême – Sainte Marie l’Egyptienne – ton 5

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 10 avril 2011 du calendrier grégorien – 28 mars 2011 du calendrier julien, divine liturgie de saint Basile le Grand de 9h15.

    Dimanche du ton V de l’Octoèque. En ce jour, Vème dimanche de Carême, le rit byzantin fait mémoire de sainte Marie l’Egyptienne, modèle de la pénitence.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Verbe coéternel au Père & à l’Esprit, * toi qui es né de la Vierge pour notre salut, * nous te chantons, nous tes fidèles, et t’adorons, Seigneur, * car tu as bien voulu souffrir en montant sur la croix * pour y subir la mort en ta chair * et ressusciter les morts * en ta sainte & glorieuse Résurrection.
    2. Tropaire de sainte Marie l’Egyptienne, ton 8 : En toi, Mère, la création à l’image de Dieu a été vraiment sauvegardée, * car ayant pris ta croix, tu as suivi le Christ * et tu as enseigné par tes actes à dédaigner la chair car elle passe, * et à prendre soin de l’âme qui est immortelle ; ** c’est pourquoi avec les anges se réjouit, Vénérable Mère Marie, ton esprit.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion de sainte Marie l’Egyptienne, ton 3 : Celle qui s’adonna au vice & aux passions * par la pénitence devient en ce jour une épouse du Christ, * émule des Anges par son genre de vie, * destructrice des démons par les armes de la Croix ; * c’est pourquoi tu apparus, ô Marie, * comme une épouse glorieuse au royaume des Cieux.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion du dimanche, ton 5 : Des enfers où tu descendis, mon Sauveur, * tu as brisé les portes, Tout-Puissant, * pour ressusciter les morts, ô Créateur ; * et tu brisas l’aiguillon de la mort, * Adam fut délivré de la malédiction ; * et nous, Seigneur, nous te crions : * sauve-nous, dans ton amour pour les hommes.
    Prokimen
    Du dimanche, ton 5 :
    ℟. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
    ℣. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).
    De sainte Marie l’Egyptienne, ton 4 :
    ℟. Dieu est admirable dans ses saints, lui le Dieu d’Israël (Psaume 67, 36).
    Alleluia
    Du dimanche, ton 5 :
    ℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
    ℣. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
    De sainte Marie l’Egyptienne
    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    De sainte Marie l’Egyptienne : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.