Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Dimanche 6 mars à 18h : Vêpres du pardon – entrée en Carême dans le rit byzantin

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 6 mars 2011 du calendrier grégorien – 21 février du calendrier julien, offices de none & de vêpres à 18h.

Le dimanche de la Tyrophagie clôt dans le rit byzantin la période de l’avant-carême. Les vêpres de ce dimanche soir (qui tombe cette année le 6 mars) appartiennent déjà liturgiquement au lendemain lundi, qui est le premier jour du jeûne du Carême dans le rit byzantin. Cet office des vêpres du dimanche soir est donc le premier office du Carême byzantin.

« Sur nos âmes a brillé la lumière de ta grâce, Seigneur ; * voici le temps favorable, voici le temps de la conversion ; rejetons les œuvres de ténèbre et des armes de lumière revêtons-nous, * afin que, l’océan du Carême traversé, * nous atteignions le havre de la Résurrection, le troisième jour, * avec notre Seigneur Jésus-Christ, * le Sauveur de nos âmes. » (premier stichère idiomèle des apostiches).

Dans le rit romain, l’entrée en Carême se fait par l’imposition des cendres le mercredi du même nom (qui tombe cette année le mercredi 9 mars).

Dans le rit byzantin, l’entrée en Carême se fait par le chant de ces vêpres à l’issue desquelles se déroulent dans la tradition russe le rit émouvant du pardon : le célébrant demande pardon à tous pour les blessures et les offenses qu’il a pu causer ; tous se demandent alors pardon tandis que le chœur chante les stichères de Pâques. Ces stichères sont chantés à ce moment comme un avant-goût de la joie pascale qui nous attend au terme du Carême, mais aussi en raison du pardon mutuel & de la fraternité chrétienne véritable qu’ils chantent :
« C’est le jour de la Résurrection, * soyons illuminés par le triomphe, * embrassons-nous les uns les autres, * disons : « Frères », * même à ceux qui nous haïssent ; * pardonnons tout dans la Résurrection. »
Aux vêpres du pardon les stichères de Pâques sont chantés tout doucement à mi-voix par le chœur ; elles seront proclamées à pleine voix dans la nuit de la résurrection.

L’évènement sur Facebook :

Vêpres du pardon

Programme du dimanche de l’Apokréo (dernier jour des viandes) ou du Jugement dernier – ton 7

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 27 février 2011 du calendrier grégorien – 14 février du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VII de l’Octoèque. Le dimanche de l’Apokréo (ou de Carnaval) marque le dernier jour où les fidèles peuvent user de la viande. Il est appelé également dimanche du jugement dernier en raison du péricope de l’évangile lu ce jour (Matthieu 25, 31-46).

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Par ta Croix, Seigneur, tu as détruit la mort, * tu as ouvert au Larron le Paradis ; * tu as changé en joie le deuil des saintes Femmes * et tu as donné l’ordre à tes Apôtres de proclamer que tu es ressuscité, Christ Dieu, * pour donner au monde la grâce du salut.
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Kondakion du Triode, ton 1 : Lorsque tu viendras, dans la gloire, sur la terre, ô notre Dieu, * la création entière tremblera, * un fleuve de feu coulera devant ton tribunal, * les livres seront ouverts & les secrets manifestés ; * en ce jour délivre-moi du feu qui ne s’éteint * et rends-moi digne de me tenir à ta droite, * Juge juste & équitable.
Prokimen
Du dimanche, ton 7 :
℟. Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix (Psaume 28, 11).
℣. Rendez au Seigneur, fils de Dieu, rendez au Seigneur la puissance & la gloire (Psaume 28, 1).
Alleluia
Du Triode, ton 8 :
℣. Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons le Dieu qui nous sauve (Psaume 94, 1).
℣. Allons devant lui en actions de grâces, au son des musiques, acclamons-le (Psaume 94, 2).
Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

Programme du dimanche de la Septuagésime

Saint-Eugène, le dimanche 20 février 2011, grand’messe de 11h.

> Catéchisme sur la Septuagésime

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Programme du Dimanche du Fils prodigue – Après-fête de la Sainte Rencontre – ton 6

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 20 février 2011 du calendrier grégorien – 7 février 2011 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Le Dimanche du Fils prodigue est le second du cycle du Triode du Carême et, par son évangile, prépare les fidèles à la perspective du jeûne de la grande Quarantaine qui arrive. Il correspond au dimanche de la Sexagésime dans le rit romain et inaugure la semaine dite de l’apokréo ou carnaval, dernière semaine pendant laquelle les laïcs peuvent encore consommer de la viande. Ce dimanche de l’avant-Carême est attesté au moins à partir du IXème siècle dans les évangéliaires constantinopolitains. Aux matines à partir de ce dimanche et pour les deux autres dimanches suivants de l’avant-Carême, on ajoute aux psaumes 134 & 135 du polyéleos le psaume 136 (« Au bord des fleuves de Babylone ») (ou plutôt, le chant du psaume 136, qui existait à l’origine tous les dimanches de l’année, n’a été conservé que pour ces trois dimanches).

Ce dimanche se combine cette année avec l’après-fête de la Sainte Rencontre, appelée en Occident Purification de la Sainte Vierge ou « Chandeleur ». Du reste, le tropaire de cette fête, que nous chantons à la petite entrée, a été utilisé également en Occident après traduction en latin.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Devant ton sépulcre les Puissances des cieux, * autant que les soldats furent frappés d’effroi ; * et Marie Madeleine se tenait près du tombeau, * cherchant ton corps immaculé ; * mais tu brisas l’Enfer sans te laisser vaincre par lui, * tu rencontras la Vierge et nous donnas la vie. * Ressuscité d’entre les morts, * Seigneur, gloire à toi.
2. Tropaire de la fête de la Sainte Rencontre, ton 1 : Je te salue, pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu : * de toi, en effet, s’est levé le soleil de justice, le Christ notre Dieu, * illuminant ceux qui sont dans les ténèbres ; * et toi, juste vieillard, * sois dans la joie, * car tu as reçu dans tes bras le libérateur de nos âmes, * celui qui nous donne la résurrection.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Kondakion du Fils prodigue, ton 3 : Dans ma déraison, j’ai fui ta gloire paternelle, * par de mauvaises actions j’ai dissipé les richesses que Tu m’avais léguées. * Aussi comme le fils prodigue je te clame : * J’ai péché contre toi, Père compatissant ; * reçois-moi qui me repens ** et fais de moi l’un de tes serviteurs.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
7. Kondakion de la fête de la Sainte Rencontre, ton 1 : Seigneur qui par ta naissance as sanctifié le sein de la Vierge, * par ta Présentation tu as béni les mains de Siméon. * En venant à notre rencontre tu nous as sauvés, * ô Christ notre Dieu. * Donne en notre temps la paix à ton Eglise, * affermis nos pasteurs dans ton amour, * toi le seul ami des hommes.
Prokimen
Du dimanche, ton 6 :
℟. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
℣. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne reste pas silencieux en face de moi (Psaume 27, 1).
Alleluia
Du dimanche, ton 6 :
℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
℣. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

Dimanche du Publicain & du Pharisien – tous les saints néomartyrs & néoconfesseurs de Russie – ton 5

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 13 février 2011 du calendrier grégorien – 31 janvier 2011 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. En ce jour, IVème dimanche avant le Carême, l’Eglise byzantine commence la période d’Avant-Carême et démarre l’usage du livre liturgique du Triode de Carême. Ce IVème dimanche n’est pas d’institution aussi ancienne que les trois prochains dimanches (qui correspondent à la Septuagésime latine) et ne remonte qu’au XIIème siècle (l’évangile de la parabole du Publicain & du Pharisien était auparavant lu dans la tradition palestinienne au IIIème dimanche de Carême).

En ce jour également, l’Eglise russe fête tous ses néomartyrs du XXème siècle victimes du communisme.

La persécution athée sans précédent qui s’est abattue sur l’Église de Russie depuis la Révolution bolchévique de 1917 jusqu’à la célébration du Millénaire du Baptême de la Russie en 1988 n’est pas parvenue à éteindre la foi dans ce pays, mais de nombreux martyrs ont témoigné de la victoire du Christ sur la mort, sur la peur et sur le mal. Une base de données de l’Université orthodoxe Saint-Tikhon de Moscou a recensé les noms de 500 000 néomartyrs & néoconfesseurs de la foi victimes du communisme. Si chaque année l’Eglise russe ajoute environ 2000 saints nommément à son calendrier, il a paru nécessaire de regrouper tous les néomartyrs en une fête. Celle-ci a été fixée au dimanche qui suit le 25 janvier, pour la raison qu’à cette date fut martyrisé saint Vladimir, métropolite de Kiev, qui fut la première victime de la persécution après la révolution d’Octobre. Le 25 janvier 1918 en effet, arrêté en pleine nuit, saint Vladimir de Kiev fut conduit hors de la Laure des Grottes de Kiev. Maltraité et injurié, il chanta et pria calmement jusqu’à son exécution, bénissant ses bourreaux avant d’être fusillé, disant : « Que Dieu vous pardonne ! ».

Il n’est certes pas possible d’énumérer tous les néomartyrs, mais rappelons ici la figure de la grande-duchesse sainte Elisabeth. Élisabeth Feodorovna naquit le 20 octobre 1864. Elle était l’épouse du grand duc Sergei Alexandrovitch, assassiné en 1905 dans un attentat terroriste. Elle rendit visite à l’assassin en prison pour l’exhorter au repentir et demanda sa grâce au tsar. Elle ne cessa de prier pour lui. Pendant la guerre russo-japonaise, elle se dévoua beaucoup, s’occupant des blessés et décida de se consacrer à Dieu.

Animée d’un esprit d’entraide, elle fonda à Moscou le Monastère de Marthe et Marie, moniales infirmières pour les pauvres et les malades. Personne au regard doux, sentant venir des moments durs pour son pays, elle encouragea les croyants à traverser ces moments terribles avec foi. Elle-même se montra une infirmière admirable, ne se ménageant jamais. Refusant d’être sauvée, elle fut arrêtée en 1918 avec deux consœurs dont sainte Barbara qui partagea son martyr. La nuit du 17 juillet 1918, elle fut jetée avec d’autres membres de la famille Romanov dans un puits des mines d’Alapaevsky profond de 60 mètres. Elle ne mourut pas de suite et on l’entendit chanter du fond du gouffre le tropaire de la Résurrection & l’hymne Acathiste. Son corps fut retrouvé intact sur un rebord à seize mètres de profondeur à côté du prince Constantinovitch dont elle avait encore pu soigner les blessures. Après un long périple par Irkoutsk, la Chine, Suez et la Palestine, ses reliques furent déposées dans l’Église du Monastère Sainte-Marie-Madeleine à Jérusalem, construit par l’empereur Alexandre III. Sainte Élisabeth est une des saintes néomartyres les plus vénérées en Russie où son icône est partout présente.

Par la prière des saints néomartyrs & néoconfesseurs, Seigneur notre Dieu, aie pitié de nous.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Verbe coéternel au Père & à l’Esprit, * toi qui es né de la Vierge pour notre salut, * nous te chantons, nous tes fidèles, et t’adorons, Seigneur, * car tu as bien voulu souffrir en montant sur la croix * pour y subir la mort en ta chair * et ressusciter les morts * en ta sainte & glorieuse Résurrection.
2. Tropaire des saints néomartyrs, ton 4 : Aujourd’hui, l’Eglise russe chante avec joie en chœur, * louant ses néomartyrs et confesseurs : * hiérarques et prêtres, * souverains ayant souffert la passion fermes dans la foi, * princes et princesses, * hommes vénérables et femmes, * et tous les chrétiens orthodoxes. * Après avoir donné leur vie pour la foi dans le Christ * pendant les jours de la persécution athée, * ils ont conservé la vérité par l’effusion de leur sang. * Par leur protection, O Seigneur, lent à la colère, * préserve notre pays dans l’orthodoxie ** jusqu’à la fin des temps.
3. Kondakion du dimanche, ton 5 : Du pharisien fuyons la jactance, * du Publicain apprenons l’humilité * et gémissons sur nos péchés * en disant au Sauveur : * pardonne-nous, Seigneur, qui seul es indulgent.
4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Kondakion des saints néomartyrs, ton 3 : Aujourd’hui, les Néomartyrs de Russie, * parviennent drapés de blanc devant l’Agneau de Dieu : * et chantent à Dieu le cantique victorieux des Anges : * bénédiction, gloire, sagesse, * louange, honneur, * puissance et force * à notre Dieu ** pour les siècles des siècles. Amen.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Kondakion du triode, ton 4 : Fuyons la prétention du pharisien, * apprenons du publicain la grandeur des paroles d’humilité * et clamons avec repentir : * Sauveur du monde, ** purifie-nous, tes serviteurs.
Prokimen
Du dimanche, ton 5 :
℟. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
℣. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).
Alleluia
Du dimanche, ton 5 :
℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
℣. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

Programme du XXXVIIème dimanche après la Pentecôte – ton 4

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 6 février 2011 du calendrier grégorien – 24 janvier du calendrier julien, divine liturgie de 9h15.

Dimanche du ton IV de l’Octoèque.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Recevant de l’Ange la joyeuse nouvelle * de la Résurrection de leur Seigneur * et détournant l’ancestrale condamnation, * les saintes Femmes se firent gloire d’annoncer aux Apôtres : * le Christ a triomphé de la mort, * il est ressuscité, notre Dieu, * pour donner au monde la grâce du salut.
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon Sauveur & mon libérateur * a ressuscité tous les mortels, * les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau ; * il a brisé les portes de l’Enfer * et en maître souverain il est ressuscité le troisième jour.
Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
℟. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
℣. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).
Alleluia
Du dimanche, ton 4 :
℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).
Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

Photos de la fête de la Purification de la Vierge au Temple (2 février 2011)

Distribution des cierges de la Chandeleur par le célébrant.
Lumen ad revelatiónem géntium : et glóriam plebis tuæ Israel.
Lumière qui doit se révéler aux nations, et gloire de ton peuple Israël.

Le diacre chante le Procedamus in pace qui marque le début de la procession.
Adórna thálamum tuum, Sion, et súscipe Regem Christum.
Orne ta chambre nuptiale, Sion, et reçois le Christ-Roi.

Chant de l’épître par Monsieur l’Abbé Barker, l’un des nombreux prêtres issus de notre paroisse & ancien chantre de la Schola Sainte Cécile.
Et statim véniet ad templum suum Dominátor, quem vos quaeritis, et Angelus testaménti, quem vos vultis.
Et soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez, le messager de l’Alliance, que vous désirez.

A l’offertoire de la messe.
Diffúsa est grátia in lábiis tuis : proptérea benedíxit te Deus in ætérnum, et in sæculum sæculi.
La grâce est répandue sur tes lèvres : c’est pourquoi Dieu t’a bénie à jamais, et dans les siècles des siècles.

Aux encensements de l’offertoire.
Myrrha, & gutta, & cásia a vestiméntis tuis, a dómibus ebúrneis : ex quibus te delectavérunt fíliæ regum in honóre tuo.
Une odeur de myrrhe, d’aloès & de cannelle se dégage de tes habits & de tes maisons d’ivoire ; ce qui a engagé les filles des rois à te procurer de la joie dans l’éclat de ta gloire.

Au Sanctus.
Benedictus qui venit in nomine Domini.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.

Toutes les photos de la fête de la Purification de la Sainte Vierge sur le blog des Photos de Saint-Eugène. Merci Constance !

Programme de la fête de la Purification de la Sainte Vierge au Temple


> Catéchisme sur la fête de la Purification

Saint-Eugène, le mercredi 2 février 2011, messe solennelle de 19h.

  • Procession d’entrée : Fumant Sabæis – hymne pour la Fête de la Purification – texte de Jean-Baptiste de Santeul, chanoine de Saint-Victor de Paris (Hymni sacri et novi, 1689) – plain-chant composé par l’abbé Pierre Robert (1618 † 1699), maître de chapelle des cathédrales de Senlis, Reims et Paris, et de la Chapelle royale
  • Bénédiction des cierges
  • Distribution des cierges bénis :
    Cantique de Siméon: Nunc dimittis (Luc 2, 29-31) – Faux-bourdon du 8ème ton par Maxime Kovalevski (1903 † 1988)
    Antienne Exsurge, Domine
  • Procession de la Chandeleur : antiennes Adorna thalamum & Responsum accepit – répons Obtulerunt pro eo.
  • Kyriale : Missa Secunda (1599) de Hans Leo Hassler (1564 † 1612), maître de chapelle de l’Electeur de Saxe
  • Prose Ave plena gratia, du propre de Paris. Selon la tradition, l’orgue figure les versets impairs
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Diffusa est gratia, motet à la Bienheureuse Vierge Marie de Giovanni Maria Nanini (1540 † 1607), maître de chapelle de Saint-Louis des Français puis de la Chapelle Sixtine
  • Pendant la communion : Ave gratia plena, tropaire de cette fête au rit byzantin, anciennement traduit en latin & Magnificat du premier ton – faux-bourdon parisien
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Stupete gentes – hymne pour la Fête de la Purification – texte de Jean-Baptiste de Santeul – plain-chant de Nicolas-Antoine Lebègue (1631 † 1701), organiste de Saint-Merry et du roi à Versailles
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Un tropaire grec dans la liturgie latine du 2 février

    Le 2 février, les Eglises d’Orient & d’Occident célèbrent la Purification de la Sainte Vierge & la Présentation de Jésus au Temple, 40 jours après sa Nativité. En Orient, cette fête reçoit aussi le nom d’Hypapante ou « Rencontre du Seigneur » (l’expression Occursum Domini, qui en est l’équivalent latin, a également été en usage en Occident), terme qui rappelle la sainte rencontre entre l’Enfant Jésus & le vieillard Syméon.

    Les ménées grecs utilisent pour cette fête le tropaire apolytikion suivant :
    Χαῖρε κεχαριτωμένη Θεοτόκε Παρθένε· ἐκ σοῦ γὰρ ἀνέτειλεν ὁ Ἥλιος τῆς δικαιοσύνης, Χριστὸς ὁ Θεὸς ἡμῶν, φωτίζων τοὺς ἐν σκότει. Εὐφραίνου καὶ σὺ Πρεσβύτα δίκαιε, δεξάμενος ἐν ἀγκάλαις τὸν ἐλευθερωτὴν τῶν ψυχῶν ἡμῶν, χαριζόμενος ἡμῖν καὶ τὴν Ἀνάστασιν.

    En voici une traduction française :
    Je vous salue, pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu : de vous en effet s’est levé le soleil de justice, le Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres ; et vous, juste vieillard, soyez dans la joie, car vous avez reçu dans vos bras le libérateur de nos âmes, celui qui nous donne la résurrection.

    Ce tropaire a été traduit au haut Moyen-Age en latin et fut aussi chanté en Occident. S’il ne figure plus dans les livres romains actuels, on le rencontre dans quasiment tous les manuscrits médiévaux, il avait été conservé dans beaucoup de livres diocésains français & il subsiste toujours aujourd’hui dans le rit dominicain.

    En voici le texte & la musique, tiré des Variæ preces de Solesmes, 1901, p.103 :

    Dans le rit dominicain, ce tropaire est la première antienne chantée à la première station de la procession de la chandeleur. La voici, tirée du processional de 1913 :

    Il intéressant de noter que, tant en Orient qu’en Occident, l’antienne est toujours chantée dans le Ier ton. L’incise Χριστὸς ὁ Θεὸς ἡμῶν n’a pas été rendue dans le texte latin, peut-être n’est-elle pas primitive en grec, son ajout plus tardif a sans doute voulu préciser le sens du texte.

    Pour mémoire, voici le texte slavon du tropaire de la Sainte Rencontre :

    Sub tuum præsidium : la plus ancienne prière à la Très-Sainte Vierge Marie

    Le Sub tuum præsidium constitue probablement la plus ancienne prière chrétienne adressée à la Vierge Marie. Cette prière était employé depuis longtemps dans les rites d’Orient & d’Occident, selon de nombreuses variantes textuelles, lorsque, en 1917, la John Rylands Library de Manchester fit l’acquisition d’un lot de papyrus en provenance d’Egypte (sans précision exacte de la localisation où ils furent découverts), parmi lesquels un fragment de 18 cm par 9,4 cm contenait son texte en grec.

    Le Sub tuum præsidium dans un papyrus égyptien du IIIème siècle.

    Le papyrus du IIIème siècle présantant la prière Sub tuum præsidium

    C. H. Roberts en fit la publication en 1938 (Catalogue of the Greek and Latin Papyri in the John Rylands Library, III, Theological and literacy Texts, Manchester 1938, pp. 46-47). Roberts le date alors du IVème siècle, estimant impossible une invocation à la Théotokos avant ce siècle (on verra ci-après que pourtant l’expression Theotokos est utilisée à Alexandrie avant 250). Mais son collègue E. Lobel, avec lequel il collabora à l’édition des papyrus d’Oxyrhynque, se fondant sur une analyse purement paléographe, déclara que le texte ne peut absolument pas être plus tardif que le IIIème siècle, la datation probable se situant entre 250 & 280. En raison de la beauté des onciales, H. J. Bell, collaborateur de Roberts, a même estimé que l’on devait être en présence d’un « modèle destiné à un graveur ». Le Sub tuum præsidium précède donc de plusieurs siècles l’Ave Maria dans la prière des chrétiens.

    Sur le papyrus Rylands, on peut déchiffrer :
    .ΠΟ
    ΕΥCΠΑ
    ΚΑΤΑΦΕ
    ΘΕΟΤΟΚΕΤ
    ΙΚΕCΙΑCΜΗΠΑ
    ΕΙΔΗCΕΜΠΕΡΙCTAC
    AΛΛΕΚΚΙΝΔΥΝΟΥ
    …ΡΥCΑΙΗΜΑC
    MONH
    …HEΥΛΟΓ
    Ce qui correspond au texte grec suivant :
    Ὑπὸ τὴν σὴν
    εὐσπλαγχνίαν
    καταφεύγομεν
    Θεοτὸκε· τὰς ἡμῶν
    ἱκεσίας μὴ παρ-
    ίδῃς ἐν περιστάσει
    ἀλλ᾽ ἐκ κινδύνου
    λύτρωσαι ἡμᾶς
    μόνη ἁγνὴ
    μόνη εὐλογημένη.

    Une version latine littérale du texte grec pourrait être :
    Sub tuam
    misericordiam
    confugimus,
    Dei Genitrix ! nostras
    deprecationes ne des-
    picias in necessitatibus
    sed a perditione
    salva nos
    sola pura,
    sola benedicta.

    Et une traduction française pourrait être :
    Sous ta
    miséricorde
    nous nous réfugions,
    Mère de Dieu ! Nos
    prières, ne les méprises
    pas dans les nécessités,
    mais du danger
    délivre-nous,
    seule pure,
    seule bénie.

    Le Sub tuum præsidium, une prière d’une grande valeur.

    Comme toutes les prières liturgiques antiques, le Sub tuum præsidium présente une noble simplicité, une concision dans l’expression des sentiments, alliées à une fraîche spontanéité.

    Plusieurs réminiscences bibliques s’y dessinent, le dernier terme, « bénie », renvoyant à la salutation d’Elisabeth : Benedicta tu in mulieribus – Tu es bénie entre les femmes (Luc, I, 42).

    Une valeur historique.

    Le recours à la Vierge Marie de la communauté chrétienne en danger situe sans doute l’invocation dans un contexte de persécution (celle de Valérien ou celle de Dèce).

    Une valeur théologique.

    Un premier point remarquable consiste en ce que la communauté chrétienne égyptienne se tourne directement vers Marie et demande sa protection. Les chrétiens ont conscience du fait que la Vierge est proche de leur souffrance et lui demande explicitement son secours, reconnaissant par là-même la puissance de son intercession.

    Trois vérités théologiques fondamentales y sont admirablement synthétisées :
    1. L’élection spéciale de Marie par Dieu (« seule bénie »).
    2. La Virginité perpétuelle de Marie (« seule pure »).
    3. La Maternité divine (« Mère de Dieu » ou mieux encore « Génitrice de Dieu »).
    Cette désignation de Marie comme Theotokos dès le IIIème siècle, soit deux siècles avant les débats liés à l’hérésie de Nestorius, qui refusait ce titre à la Vierge, débats tranchés au Concile œcuménique d’Ephèse de 431, avait posé problème on l’a vu à C. H. Roberts, l’éditeur du manuscrit égyptien, qui pensait que ce terme ne pouvait se rencontrer avant le Vème siècle. Pour autant, le terme de Theotokos (« Dei Genitrix ») n’est pas une invention du Vème siècle.

    Au IVème siècle, il est particulièrement prisé dans le milieu alexandrin (saint Alexandre d’Alexandrie, saint Athanase, saint Sérapion de Thmuis, Didyme l’Aveugle), mais aussi en Arabie (Tite de Bostra), en Palestine (Eusèbe de Césarée, saint Cyrille de Jérusalem), en Cappadoce (saint Basile de Césarée, saint Grégoire de Naziance, Sévérien de Gabala) et même par les ariens (Asterius le Sophiste).

    Auparavant, on rencontre le terme dès le IIIème siècle justement dans l’école d’Alexandrie. Au témoignage de l’historien ecclésiastique Socrate (Hist. Eccl. VII, 32 – PG 67, 812 B), Origène l’aurait employé dans un livre de commentaires – hélas perdu – sur l’Epître aux Romains. Son disciple l’évêque Denys d’Alexandrie utilise lui aussi le terme de Theotokos aux alentours de l’an 250 dans une épître à Paul de Samosate. Il est intéressant de constater que le terme de Theotokos n’était pas resté un simple concept théologique mais avait reçu aussi un usage liturgique en Egypte à la même époque, sans qu’on puisse décider si c’est le discours théologique qui a influencé la prière liturgique ou si c’est l’inverse qui s’est produit. Toujours est-il qu’on comprend mieux l’extraordinaire pugnacité de saint Cyrille d’Alexandrie contre les thèses nestoriennes au Vème siècle, puisque de toute évidence, le terme de Theotokos faisait partie du dépôt de la foi vécue & chantée de longue date dans la liturgie d’Alexandrie.

    Les différentes versions du texte.

    Outre le texte grec, il existe des anciennes versions coptes, syriaques, arméniennes & latines.
    En latin, la version employée par le rit romain a manifestement été effectuée directement sur la version copte du texte (on y emploie le terme de præsidium au lieu de celui de misericordia) sans passer par le grec. La forme ambrosienne du Sub tuum dépend quant à elle plus étroitement de la tradition byzantine du texte.

    Le texte romain :
    Sub tuum
    praesidium
    confugimus,
    sancta Dei Genitrix :
    nostras deprecationes
    ne despicias
    in necessitatibus,
    sed a periculis cunctis
    libera nos semper,
    Virgo gloriosa
    et benedicta.
    Le texte ambrosien :
    Sub tuam
    misericórdiam
    confúgimus,
    Dei Génitrix :
    ut nostram deprecatiónem
    ne indúcas
    in tentatiónem,
    sed de perículo
    líbera nos,
    sola casta
    et benedícta.
    Traduction du texte romain :
    Sous ta protection
    nous nous réfugions
    sainte Mère de Dieu ;
    nos prières,
    ne les méprises
    pas dans les nécessités,
    mais de tous dangers
    délivre-nous toujours
    Vierge glorieuse
    & bénie.
    Traduction du texte ambrosien :
    Sous ta miséricorde
    nous nous réfugions
    Mère de Dieu ;
    que notre prière,
    ne soit pas abandonnée
    dans la tentation,
    mais du danger
    délivre-nous,
    seule pure
    & bénie.

    Dans le texte romain, l’adjectif « gloriosa » s’est substitué à « casta » : il s’agit d’une interpolation tardive, absente du plus ancien témoin du texte (l’Antiphonaire de Compiègne) et de sa version Dominicaine, qui ne disent que Virgo benedicta. La phrase musicale a également influé sur le texte romain, attribuant à tord le « semper » à « libera nos », alors qu’il devrait manifestement s’attribuer à « Virgo » : on devrait donc lire « libera nos, semper Virgo » au lieu de « libera nos semper, Virgo ». Le musicologue Amédée Gastoué (1873 † 1943) pensait qu’on avait tenté d’adapter la traduction latine à une mélodie orientale vaille que vaille, ce qui expliquerait le changement d’attribution du « semper » pour tenir dans une phrase musicale préexistante. Le texte ambrosien connaît également une interpolation du texte grec puisque « ne inducas in tentationem » – par influence de l’Oraison dominicale – s’est substitué à « ne despicias in necessitate ».

    Diffusion & usage liturgique du Sub tuum præsidium.

    L’antienne a été employée dans la liturgie copte du temps de Noël, aux vêpres. Elle est aussi connue des rits byzantin, ambrosien & romain. Dans chacun de ces rits, quoique vénérable & antique, le Sub tuum præsidium n’occupe qu’une place discrète, marginale même pourrait-on dire. Pourtant, en dépit de cette place modeste dans la liturgie, la piété des fidèles chrétiens a toujours tenu en estime cette vénérable prière, et ce aussi bien en Orient qu’en Occident, avant même que sa grande antiquité ne soit connue par l’analyse du papyrus de la collection Rylands.

    Ὑπὸ τὴν σὴν εὐσπλαγχνίαν dans le rit byzantin grec :

    Le Sub tuum est chanté lors de l’office de vêpres en Carême, parmi les prières finales, après 3 tropaires : l’Ave Maria, un tropaire à saint Jean Baptiste, un tropaire aux saints Apôtres. Sa place l’assimile donc à celle des tropaires apolytikions le reste de l’année ; les tropaires apolytikions sont des tropaires liés à l’origine au chant du Cantique de Syméon, lequel commence en grec par les mots Νῦν ἀπολύεις (Nunc dimittis). Il est probable que cette série de tropaires fixes des vêpres de Carême représente un état ancien du rit. On lui a sans doute substitué les tropaires variables les autres jours de l’année. Du reste, l’Horologion de Grottaferrata paraît les prévoir à la fin des vêpres fériales aussi durant l’année (Horologion, Rome 1876, p. 104).

    Подъ твою милость dans le rit byzantin russe :

    Dans la tradition russe, le Sub tuum præsidium est très souvent chanté à dévotion, même hors du Carême, avec ajout de l’invocation «Пресвѧтаѧ Богородице спаси насъ» (« Très-Sainte Mère de Dieu, sauve nous ») ajoutée à la fin. Les croyants russes sont très attachés à ce tropaire. Les paroisses utilisent encore largement le texte antérieur qui fut corrigé au cours des réformes liturgiques du Patriarche Nikon opérées en 1666, voilà un signe patent de la vigueur de cet attachement (on n’observe pas pour d’autres pièces fameuses du répertoire – comme le tropaire de Pâques ou le « Plus vénérable que les Chérubins » – un tel attachement à la version pré-nikonnienne).

    Le texte « vieux croyant » :
    Подъ твою милость,
    прибѣгаемъ богородице дѣво,
    молитвъ нашихъ не презри в скорбѣхъ.
    но ѿ бѣдъ избави насъ,
    едина чистаѧ и благословеннаѧ.
    Le texte réformé de Nikon :
    Подъ твое благѹтробїе
    прибѣгаемъ Богородице,
    моленїѧ наша не презри во ωбстоѧнїй,
    но ѿ бѣдъ исбави ны,
    едина Чистаѧ, едина Благословеннаѧ.

    Voici la version reformée de Nikon, en écriture slavonne :

    Под твою милость прибегаем - Под твое благоутробие прибегаем - Sous l'abri de ta miséricorde - Sub tuum præsidium

    Parmi les mises en musique, celle de Dimitri Bortnianski est la plus en faveur. En voici une très belle interprétation :

    Notons que notre prière est actuellement inconnue des liturgies syriaques et arménienne, si ce n’est par pénétration de l’influence latine dans les églises uniates (les Maronites l’utilisent ainsi avec les Litanies de Lorette).

    Le Sub tuam misericordiam dans le rit ambrosien :

    Sub tuam misericordiam - Sous l'abri de ta miséricorde en plain-chant ambrosien

    Dans le rit ambrosien, cette antienne à la Vierge est chantée comme 19ème antienne de la procession de la fête de la Purification de la Sainte Vierge le 2 février, procession qui comporte un total de 21 antiennes, plusieurs d’entre elles étant d’origine grecque. Sa musique s’apparente à celle d’un second ton romain. La 20ème antienne de la même procession qui suit comporte du reste un texte assez similaire et est construite sur la même mélodie :

    Sub tuam protectionem - Sous ta protection en plain-chant ambrosien

    Il est probable que cette antienne ait été introduite dans le rit ambrosien pour cette procession d’origine orientale (le Pape saint Serge Ier, né à Antioche, passe pour avoir introduit la procession de la Chandeleur à Rome).
    Toutefois, l’antienne a été réemployée à d’autres endroits de la liturgie ambrosienne. Au Moyen-Age, l’antienne constitue une psallenda litanique pour le VIème dimanche de l’Avent (selon le codex T 103 Sup. de la Bibliotheca Ambrosiana). Aujourd’hui, elle sert également d’Antiphona Post Evangelium aux 2 messes votives (fériale & solennelle) de la Sainte Vierge au samedi. Les fêtes du 16 juillet (Notre-Dame du Mont-Carmel) & du 5 août (Dédicace de Sainte-Marie-Aux-Neiges), qui emploient toutes deux les chants de la messe votive au samedi, l’ont donc également comme Antiphona Post Evangelium. Cette antienne était encore très chantée par le peuple de Milan naguère.

    Le Sub tuum præsidium dans le rit romain :

    L’antienne Sub tuum præsidium est employée comme antienne au Nunc Dimittis des complies du Petit Office de la Sainte Vierge. En voici le chant du VIIème ton, tiré de l’Antiphonaire romain de 1912 :

    Sub tuum præsidium en plain-chant grégorien

    De façon plus anecdotique, on retrouve dans le rit romain une partie du Sub tuum præsidium citée comme verset du Vème répons au second nocturne de la fête de la Maternité de la Vierge le 11 octobre, fête instituée par le pape Pie XI en 1931 pour célébrer le XVème centenaire du concile œcuménique d’Ephèse.

    Historiquement, le plus ancien témoin de l’emploi du Sub tuum dans le rit romain se trouve être l’antiphonaire de Compiègne (du IX-Xème siècle), lequel le donne parmi les antiennes du Benedictus pour la fête de l’Assomption (Migne, Patrologie Latine 78, 799).

    Le Sub tuum præsidium dans le rit dominicain :

    Comme la liturgie romaine, la liturgie dominicaine utilise aussi le Sub tuum comme antienne du Nunc dimittis à complies de plusieurs fêtes de la Vierge, ainsi qu’à l’office de celle-ci au samedi. Les frères se mettent à genoux pour le chant de l’antienne après le Nunc dimittis. En voici le chant et les rubriques, tiré du livre de complies de 1949 :

    Sub tuum præsidium en plain-chant dominicain (antiphonaire de Suarez de 1949)

    La liste des fêtes où le Sub tuum était employé était initialement plus réduite, ainsi qu’en témoigne l’antiphonaire de 1862 :

    Sub tuum praesidium en plain-chant dominicain (antiphonarium de 1862 de Jandel)

    Le Sub tuum præsidium dans l’usage monastique :

    L’antienne n’est employée qu’à dévotion. Pour mémoire, nous donnons le Sub tuum tel qu’il figure dans l’appendice de l’Antiphonale Monasticum de Solesmes de 1934 :

    Sub tuum praesidium dans l'antiphonaire monastique bénédictin de 1934

    Le Sub tuum præsidium dans les autres rits occidentaux & la piété des fidèles :

    L’ancien usage médiéval ou post-médiéval de plusieurs diocèses, français en particulier – tel celui de Paris avant le passage au rit romain au XIXème siècle – était de l’employer comme antienne finale à dévotion des complies, à la place du Salve Regina.

    Hors du cadre liturgique strict, la piété s’empara de l’antique prière. Dom André Wilmart publia ainsi en 1932 un curieux office médiéval en l’honneur des 7 douleurs de la Vierge attribué à Innocent IV (Auteurs spirituels, Paris, 1932, pp. 518, 523-26), dans lequel le Sub tuum præsidium constitue la prière initiale de chaque heure, à la place du Pater ou de l’Ave Maria.

    A l’époque moderne, les Salésiens l’utilisèrent en l’honneur de Marie Auxiliatrice, tandis que les Jésuites l’employèrent pour leurs exercices en commun de piété.

    En France, les séances de catéchismes organisées par les Pères de la Doctrine chrétienne ou les Jésuites comportaient des prières faciles à chanter par les enfants, dont le Sub tuum. Ainsi, Marc-Antoine Charpentier écrit-il son Sub tuum præsidium (H. 352) pour être chanté comme « second motet pour le catéchisme, à la pause du milieu ». En voici l’élégante mélodie :

    Sub tuum praesidium H. 352 de Marc-Antoine Charpentier

    En France à partir du XIXème siècle, son usage est fréquent aux saluts du Très Saint-Sacrement. On retrouve aussi le Sub tuum souvent associé avec les Litanies de la Sainte Vierge, comme, par exemple, dans l’ordo de la procession du vœu de Louis XIII au propre du diocèse de Paris. Beaucoup de livres liturgiques français présentent le Sub tuum sous une très belle mélodie en plain-chant musical du IInd ton. La voici, tirée d’une édition de Digne de 1858 :

    Sub tuum praesidium en plain-chant français

    Voici le Sub tuum præsidium dans une magnifique version en polonais :

    En conclusion

    Au terme de cette petite étude de liturgie comparée, il est intéressant d’avoir pu retracer que cette antienne égyptienne du IIIème siècle est restée constamment liée à la fin de la prière du soir : tant la liturgie byzantine que dans la liturgie romaine, le contexte du chant de cette pièce est lié à la fin de l’office du soir et plus précisément au chant du Cantique de Syméon (cantique qui est aussi au cœur de la fête de la Purification, l’usage ambrosien que nous avons évoqué pourrait ainsi, lui aussi, être quelque part relié au Nunc dimittis). A l’abandon confiant entre les mains de la Providence que chante le Cantique de Syméon (Maintenant laisse ton serviteur, Seigneur, s’en aller en paix), la piété des fidèles y ajouté le même abandon confiant à la protection de notre Mère du ciel.

    Une indulgence partielle est attachée à la récitation du Sub tuum præsidium.