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La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du XIXème dimanche après la Pentecôte – saints Cyprien & Justine – ton 2

Saint Cyprien & sainte JustineParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 15 octobre 2017 du calendrier grégorien, 2 octobre 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint hiéromartyr Cyprien & la sainte martyre Justine.

Né au IIIème siècle, Cyprien (qu’il faut distinguer du saint évêque de Carthage de ce nom) avait été initié dès sa jeunesse aux mystères païens, à la divination, à la magie & à l’astrologie, principalement à Athènes, puis sur l’Olympe et enfin chez les Chaldéens, où il se lie au diable et met à son service une phalange de démons. Il s’établit ensuite à Antioche (non Antioche la Grande, mais plus vraisemblablement à Antioche de Phénicie, dite aussi Antioche de Pieria, l’actuelle ville-île d’Arouad, en face de Tartous en Syrie) où il exerce en tant que mage occulte. Un jeune païen nommé Aglaïdas à recours à ses services afin de séduire par des charmes magiques la vierge Justine, récemment convertie au christianisme et qui refuse ses avances. Mais Cyprien ne tarde pas lui aussi à tomber sous le charme de Justine, et déploie tous ses arts démoniaques pour tenter de vaincre sa résistance. Mais la foi vaillante de Justine et le signe de la croix suffisent à disperser tous les assauts démoniaques.

Cyprien consulte alors le diable afin de connaître la raison de ces échecs et de le sommer d’intervenir lui-même. Mais le démon lui répond qu’aucun de ses artifices ne réussirait contre les vrais adorateurs du Christ. Impressionné par cette réponse, Cyprien commençe dès lors à regretter les égarements de sa vie passée, et, laissant de côté la magie et reniant le diable, il se convertit pleinement à la foi du Christ, notre Seigneur, et brûle ses anciens livres de magie.

Il reçoit le baptême puis entre dans la hiérarchie ecclésiastique, étant ordonné diacre puis prêtre par l’évêque d’Antioche Anthime et finalement il est sacré évêque de cette ville à la suite d’Anthime.

Martyre de saint Cyprien et de sainte Justine - Ménologue de Basile II
Martyre de saint Cyprien et de sainte Justine – Ménologue de Basile II
Durant une persécution, Cyprien fut arrêté à Antioche, de même que la vierge Justine à Damas. Tous deux furent souffletés et accablés de coups, après quoi on les jeta en prison, dans l’espoir qu’ils renonceraient à leur résolution. Mais lorsque, plus tard, on les en fit sortir, ils se montrèrent fermement décidés à persévérer dans la religion chrétienne ; alors on les plongea dans une chaudière remplie de poix, de graisse et de cire en fusion, mais il résistèrent à ce supplice. Le juge ne sachant que faire, les envoya près de l’empereur à Nicomédie où on finit par les frapper de la hache, en compagnie d’un troisième martyr nommé Théoctiste. Leurs corps abandonnés sans sépulture, demeurèrent six jours dans cet état ; des matelots, durant la nuit, les placèrent secrètement sur leur navire et les portèrent à Rome. Ils furent d’abord ensevelis dans la propriété de Rufine, noble dame romaine de la gens Claudia ; puis transférés dans la Ville même et déposés dans la basilique du Saint-Sauveur (Saint-Jean-de-Latran), auprès du baptistère. Une partie des reliques de saint Cyprien fut apportée ultérieurement à Toulouse où s’élève toujours le quartier Saint-Cyprien (Sant Çubran en occitan).

Saint Cyprien & sainte JustineL’histoire de Cyprien et de Justine nous est connue par diverses sources anciennes : le récit de sa conversion, appelé Confession de saint Cyprien date des environs de l’an 350, il fut complété par celui de son martyre à la fin du IVème siècle ou au début du Vème siècle. En 379, saint Grégoire de Nazianze, le Théologien, prononce une célèbre homélie en l’honneur de saint Cyprien et de sainte Justine, au jour de leur fête, qui cite le texte de la Confession. Au siècle suivant, l’impératrice Eudocie († 460), épouse de Théodose II, écrit plusieurs poèmes consacrés à l’histoire des saints Cyprien & Justine, cite la Confession et apporte des détails supplémentaires sur les circonstances du martyre, et le poète chrétien espagnol Prudence de même consacre à la passion de saint Cyprien le 13ème chapitre de son fameux Peristephanon consacré à la gloire des martyrs.

Les Ménées grecs et certains auteurs médiévaux placent en général la passion de ces saints sous le règne de Dèce et leur martyre à Nicomédie sous Claude II le Gothique. Toutefois l’Abbé Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont, se fondant sur le témoignage de premier plan de l’impératrice Eudocie et sur les éléments intrinsèques du récit de la passion de saint Cyprien, parvient à établir avec vraisemblance la date du martyre à Nicomédie à l’automne 304.

Les saints Cyprien et Justine sont fêtés le 26 septembre dans le rit romain traditionnel.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Hiéromartyr. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 2 et 4 tropaires du canon des saints :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Au plus profond de l’Enfer, * lorsqu’ils virent ta clarté, * ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort, ** ô Christ, se levèrent, ressuscités.
6. Ressuscité du tombeau, * tu vins au-devant des Myrophores, * et les Disciples reçurent la mission ** de proclamer ta Résurrection.
7. Comme Paul, convertissant * le désir de ton âme vers le Christ, * très-sage Cyprien, ** tu es devenu son disciple.
8. Au lieu de la tunique des passions * le Christ t’a donné pour son repas nuptial * l’ornement de gloire, le vêtement ** de la seconde naissance.
9. Ayant excellé auparavant * dans l’ascèse, illustre Cyprien, * par la suite tu es devenu ** un stoïque Témoin de la vérité.
10. Hautement nous vénérons en toi, * nous les fidèles, la divine Mère, en vérité, * car tu as enfanté, ** Vierge toute-pure, le Dieu incarné.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : * Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire du Hiéromartyr, ton 4 : Des Apôtres ayant partagé le genre de vie et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus la voie qui mène à la divine contemplation ; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * hiéromartyr Cyprien , * prie le Christ Dieu, ** afin qu’il sauve nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion des Saints, ton 3 : Passant de la sorcellerie à la connaissance de Dieu, * O divinement sage, * tu t’es montré un médecin très sage pour le monde, * accordant des guérisons à ceux qui t’honorent, O Cyprien, avec Justine. ** Prie avec elle le Maître Ami des hommes, afin qu’il sauve nos âmes.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
℣. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
[Des Saints, ton 7 :
℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).]

Epîtres
Du dimanche : II Corinthiens (§ 194) XI, 31 – XII, 9.
Ma grâce te suffit : car ma puissance éclate davantage dans la faiblesse. Je prendrai donc plaisir à me glorifier dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi.
[Des Saints : I Timothée (§ 280) I, 12–17.]

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
℣. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
℣. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
[Des Saints, ton 2 :
℣. Que tes prêtres soient revêtus de justice, et que tes saints tressaillent de joie (Psaume 131, 9).]

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 26) VI, 31–36.
Traitez les hommes de la même manière que vous voudriez vous-mêmes qu’ils vous traitassent.
[Des Saints : Jean (§ 36) X, 9–16.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[Des Saints : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6).]
Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du XVIIIème dimanche après la Pentecôte – saint Serge de Radonège – ton 1

Saint Serge de Radonège et l'ours - fresque de la porte d'entrée de la Laure de la Trinité-Saint-SergeParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 8 octobre 2017 du calendrier grégorien, 25 septembre 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton I de l’Octoèque. Nous fêtons en ce jour le trépas de notre Vénérable Père Serge, higoumène de Radonnège, thaumaturge de toutes les Russies.

Saint Serge de Radonège a été inclus au Martyrologe romain par la volonté expresse du pape Jean Paul II :

Au monastère de la Sainte Trinité, aux environs de Moscou, en 1392, saint Serge de Radonez, qui vécut d’abord en ermite dans des forêts sauvages, puis pratiqua la vie cénobitique et la propagea, une fois élu higoumène, homme plein de douceur, conseiller des princes et consolateur des fidèles.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Vénérable Père. Kondakion : du dimanche.
A sexte: Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Vénérable Père. Kondakion : du Vénérable Père.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche ton 1 & 4 tropaires de la 3ème du canon du Vénérable Père :
1. Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam * lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, * mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron qui lui criait : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Je me prosterne devant ta Passion * et je glorifie ta sainte Résurrection ; * avec Adam & le bon Larron * je te crie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Librement, Seigneur sans péché, * tu as souffert la croix & la mise au tombeau ; * mais, comme Dieu, tu es ressuscité, * faisant surgir avec toi * Adam qui s’écrie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Le temple de ton corps, tu l’as relevé * du tombeau le troisième jour ; * avec Adam, ô Christ notre Dieu, * tu as ressuscité le genre humain, * qui chante : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. A ton sépulchre se rendirent de bon matin * les Myrrophores tout en larmes, ô Christ notre Dieu : * elles y trouvèrent un Ange vêtu de blanc, * assis sur la pierre et disant : Que cherchez-vous ? ** Le Christ est ressuscité, ne pleurez plus.
6. Sur la montagne que tu leur avais indiquée * tes Apôtres arrivèrent, Seigneur ; * et, lorsqu’ils te virent, Sauveur, * ils se prosternèrent devant toi ; * vers les nations tu les envoyas ** pour les instruire et baptiser.
7. A tes disciples tu t’es donné en image du bien * et tu menas nombre d’âmes au salut : * celles qui, rejetant les mondaines passions, * ont trouvé consolation ** dans les délices du Paradis.
8. Bienheureux Serge, dans la maison du Seigneur * tu as poussé comme un fertile olivier * dont l’huile fait resplendir les âmes te chantant * et dans la foi s’écriant pour le Christ : ** Nul n’est saint, hormis toi, le seul Ami des hommes.
9. Par la vigilance de tes veilles * tu endormis les funestes passions, * bienheureux Serge, sage en Dieu ; * à cause d’elles tu habites la chambre des cieux ** et tu as reçu le charisme des guérisons.
10. Plus haute que les Chérubins, les Séraphins, * tu es apparue, ô Mère de Dieu, * car seule, Vierge pure, tu as reçu dans ton sein * le Dieu que nul espace ne peut cerner, ** et nous fidèles, par nos hymnes nous te disons bienheureuse.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »
2. Tropaire du Vénérable Père, ton 4 : Tu as excellé dans les œuvres bonnes * comme un vrai soldat du Christ Dieu, * et, en cette vie, tu as combattu avec ardeur les passions ; * par les chants, les veilles et les jeûnes, * tu fus un modèle pour tes disciples. * C’est pourquoi l’Esprit Saint fit en toi sa demeure * et, par son action, tu fus brillamment orné. * Alors que tu as l’audace de t’adresser à la sainte Trinité, * souviens-toi du troupeau que, dans ta sagesse, tu as rassemblé * et, selon ta promesse, n’oublie pas de visiter tes enfants, ** vénérable Serge, notre père.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du Vénérable Père, ton 8 : Blessé par l’amour du Christ, ô vénérable Père, * tu L’as suivi dans ton désir irréversible. * Tu as méprisé tous les plaisirs charnels * et, comme un soleil, tu as brillé sur ta patrie ; * aussi le Christ t’a enrichi du don des miracles. * Souviens-toi de nous qui célébrons ta lumineuse mémoire et te clamons : ** « Ô Serge inspiré de Dieu, réjouis-toi. »
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.

Prokimen
1. Du dimanche, ton 1 :
℟. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
℣. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
Du Vénérable Père, ton 7 :
℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).

Epîtres
Du dimanche : II Corinthiens (§ 188) IX, 6-11.
Or je vous avertis que celui qui sème peu, moissonnera peu ; et que celui qui sème avec abondance, moissonnera aussi avec abondance.
Du Vénérable Père : Galates (§ 213) V, 22 – VI, 2.
Or ceux qui sont à Jésus-Christ, ont crucifié leur chair avec ses passions et ses désirs déréglés.

Alleluia
Du dimanche, ton 1 :
℣. C’est Dieu qui me donne les vengeances & prosterne les peuples sous moi (Psaume 17, 48).
℣. Il multiplie pour son roi les délivrances et montre de l’amour pour son Christ (Psaume 17, 51).
Du Vénérable Père, ton 6 :
℣. Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui a une grande affection pour ses commandements (Psaume 111, 1).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 17) V, 1-11.
Et ayant ramené leurs barques à bord, ils quittèrent tout, et le suivirent.
Du Vénérable Père : Luc (§ 24) VI, 17–23.
Et tout le peuple tâchait de le toucher, parce qu’il sortait de lui une vertu qui les guérissait tous.

Hymne à la Mère de Dieu pendant l’anaphore
Il est digne en vérité, ton 1.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Du Vénérable Père : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange. (Psaume 32, 1) Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du XVème dimanche après la Pentecôte – saint Babylas d’Antioche – saint prophète Moïse – ton 6

Saint hiérmoratyr Babylas et ses enfantsParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 17 septembre 2017 du calendrier grégorien, 4 septembre 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint hiéromartyr Babylas, évêque d’Antioche la Grande et trois enfants martyrs qu’il instruisait.

Saint Babylas fut le douzième successeur de saint Pierre sur le trône d’Antioche, il y succède à l’évêque Zébennos en l’an 237. Après saint Ignace, il s’agit du plus célèbre des évêques d’Antioche des trois premiers siècles.

Eusèbe de Césarée (Histoire Ecclésiastique Livre VI, chapitre XXIV) raconte que saint Babylas interdit l’accès à l’Eglise d’Antioche à l’empereur Philippe l’Arabe (empereur romain de 244 à 249) qui s’y présentait pour prier avec les fidèles pour la vigile pascale, accès refusé en raison de ses péchés. L’empereur confessa effectivement ses péchés et prit place alors avec les pénitents publics dans le narthex extérieur de la cathédrale. Cet épisode rapporté par Eusèbe laisse entendre que Philippe l’Arabe (issu d’une famille arabe de Syrie) aurait été le premier empereur chrétien bien avant Constantin. Il est plus probable que cet empereur pratiquait une politique de large tolérance envers les chrétiens, politique alliée à un syncrétisme religieux personnel, d’autant plus volontiers que la Syrie d’où il était originaire comportait déjà une proportion très élevée de chrétiens dans sa population. Toutefois les actes rendus au culte impérial ne cessèrent pas durant son règne (notamment au cours des cérémonies célébrant le millénaire de la fondation de Rome en 247).

Saint Babylas termina sa vie terrestre par le martyre durant la persécution de Dèce : ayant confessé sa foi, il fut chargé de chaînes (probablement en 250) et jeté en prison, avec trois jeunes disciples qu’il instruisait de la foi chrétienne, Urbanus, Barbadus et Apollonius. Saint Babylas mourut dans sa prison (probablement en 251), ayant demandé à être enterré avec ses chaînes, tandis que les saints Urbanus, Barbadus & Apollonius furent décapités, au témoignage de saint Jean Chrysostome, qui, alors qu’il était évêque d’Antioche, prononça un panégyrique sur son prédécesseur saint Babylas. Dans cette homélie, le saint docteur rapporte aussi les faits suivants, connus de tout son auditoire :

En 351, le césar Constantius Gallus fit bâtir à Daphnè (dans la banlieue d’Antioche), devant le temple d’Apollon qui tombait alors en ruine, une église consacrée à saint Babylas, où il fit placer ses reliques. Mais en 362, son frère l’empereur Julien l’Apostat tenta de restaurer le temple païen et relancer l’oracle qui s’y tenait autrefois ; comme il ne recevait pas de réponse, il en conclut que la proximité du saint chrétien contrariait le dieu ; il fit exhumer les reliques de Babylas et les renvoya à Antioche où elles étaient primitivement enterrées. Durant cette translation des reliques, les chrétiens en procession chantèrent le psaume 96 (« Le feu marchera devant lui, et embrasera tout autour de lui ses ennemis. Ses éclairs ont paru dans toute la terre ; elle les a vus, et en a été toute émue. (…) Que tous ceux-là soient confondus qui adorent les ouvrages de sculpture, et qui se glorifient dans leurs idoles : adorez-le, vous tous qui êtes ses anges. »). Le lendemain, 22 octobre, la foudre frappa le temple d’Apollon, l’incendie qui en résultat détruisit le toit et l’idole d’Apollon ; l’empereur soupçonnant un acte de malveillance des chrétiens eux-mêmes, ordonna la fermeture de la cathédrale d’Antioche et le déclenchement d’une persécution. Mais Julien mourut peu après et le temple d’Apollon, complètement ruiné, ne fut jamais restauré.

Au début du Vème siècle, saint Marolus, évêque de Milan – qui était né en Mésopotamie et avait passé sa jeunesse en Syrie, où il fuyait la terrible persécution de Shapour II dans l’empire perse, – apporta une partie des reliques de saint Babylas à Milan, où il fit construire une basilique en son honneur. Cet édifice magnifique est toujours l’une des églises majeures de la capitale lombarde.

Basilique Saint-Babylas de Milan

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Saint Prophète MoïseNous fêtons également en ce jour le saint prophète Moïse.

Fils d’Amram et de Jocabed, de la tribu de Lévi, Moïse (en hébreu מֹשֶׁה, en grec Mωϋσῆς ou Μωσῆς, en slavon Моисей, en latin Moyses) est le premier des treize personnages à être nommé « homme de Dieu » (en hébreu איש האלוהים) dans la Bible et le premier à être considéré comme prophète dans l’Ancien Testament. Sa vie nous est connue principalement par le Livre de l’Exode et celui du Deutéronome.

Découvert dans un panier sur le Nil par la fille de Pharaon, celle-ci lui donne son nom, explicable en hébreu comme « sauvé des eaux » mais plus probablement d’origine égyptienne : la racine msy qui signifie « fils » et qui entre en composition dans beaucoup de noms de souverains égyptiens : Thoutmosis (« fils de Thot »), Ramsès (« fils de Ra »).

À quarante ans, Moïse constate la misère de son peuple réduit en esclavage et tue un contremaître égyptien qui battait un Hébreu. Il n’a d’autre choix que de s’enfuir dans le désert et trouve asile auprès de Jethro, prêtre de Madian. Moïse prête main-forte aux filles de Jethro et se marie avec l’une d’elles, Séphora. Il mène une vie de berger, faisant paître ses moutons loin dans le désert.

Lorsque Moïse atteint l’âge de 80 ans, Dieu se révèle à lui et lui dévoile sa mission : Le Seigneur lui apparut au milieu d’un buisson alors qu’il faisait paître les moutons de son beau-père et lui révèle son Nom (Exode III). Il fait sortir alors les Enfants d’Israël hors d’Égypte, leur faisant passer la Mer Rouge, (Exode XII à XV) puis après une errance de 40 ans au désert, les mène jusqu’à la Terre promise, le pays de Canaan, sur le seuil duquel il meurt, âgé de 120 ans (Deutéronome XXXIV).

Le saint prophète Moïse, qui apporta l’ancienne Loi à son peuple et le libéra de l’esclavage des Egyptiens est la figure du Christ, qui nous donne la Loi Nouvelle et scelle notre libération de la mort et du péché par sa passion et sa résurrection.

*

A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Prophète. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Hiéromartyr. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : 8 tropaires du dimanche, ton 6 :
1. Souviens-toi de moi, Dieu Sauveur, * quand tu entreras dans ton royaume, ** seul Ami des hommes, sauve-moi.
2. Adam fut séduit par l’arbre défendu, * mais par celui de la Croix tu as sauvé * le bon Larron s’écriant : ** Dans ton royaume, Seigneur, souviens-toi de moi.
3. Ayant brisé les portes & les verrous de l’Enfer, * tu as ressuscité, Source de vie, * Sauveur, tous ceux qui s’écrient : ** Gloire à ta sainte Résurrection.
4. Souviens-toi de moi, Seigneur * qui par ta sépulture triomphas de la mort * & comblas de joie l’univers, ** Dieu de tendresse, par ta Résurrection.
5. Les Myrophores venues au tombeau * entendirent l’Ange proclamer : * Il est vraiment ressuscité, ** le Christ qui illumine le monde entier.
6. Le Christ qui fut cloué * sur le bois de la croix * & sauva le monde de l’erreur, ** chantons-le tous d’un même chœur.
7. Glorifions le Père & le Fils * & l’Esprit de sainteté, * disant à l’indivise Trinité : ** sauve nos âmes, nous t’en prions.
8. O Vierge qui a conçu de merveilleuse façon * & mis au monde en ces derniers temps * ton propre Créateur, ** sauve les fidèles qui te magnifient.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !
2. Tropaire du Hiéromartyr, ton 4 : Des Apôtres ayant partagé le genre de vie et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus la voie qui mène à la divine contemplation ; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * hiéromartyr Babylas, , * prie le Christ Dieu, ** afin qu’il sauve nos âmes.
3. Tropaire du Prophète, ton 2 : Tu es monté sur les hauteurs des vertus, ô Prophète Moïse, * et c’est pour cela aue tu fus choisi pour voir la gloire de Dieu ; * tu reçus les tablettes pleines de grâce de la loi, * et portant sur toi-même les traits de la grâce, * tu fus la gloire honorée des prophètes ** et le grand mystère de la piété.
4. Kondakion du Hiéromartyr, ton 8 : Comme un héraut de la foi et soutien de ceux qui souffrent, * l’Eglise radieuse en ce jour te glorifie, ô glorieux Babylas ; * puisque tu as de l’audace auprès du Seigneur, * afin que soient gardés dans une parfaite paix ceux qui te magnifient et te louent, ** demande-le au Christ, ô toi qui a beaucoup souffert.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion du Prophète, ton 2 : CLe chœur des prophètes, avec Moïse et Aaron, * se réjouit aujourd’hui * parce que la fin de leur prophétie a trouvé son accomplissement pour nous : * aujourd’hui la Croix brille, par laquelle Tu nous as sauvés. ** Par leurs prières, ô Christ Dieu, aie pitié de nous.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion du dimanche, ton 6 : De sa main, source de vie, * le Donateur de vie a ressuscité tous les morts du fond des ténèbres, * lui, le Christ Dieu, * qui a accordé la résurrection à l’homme qu’il avait façonné, * car il est le Sauveur, la résurrection et la Vie de tous, ** lui, le Dieu de l’univers.

Prokimen
Du dimanche, ton 6 :
℟. Sauve, Seigneur ton peuple, et bénis ton héritage (Psaume 27, 9).
℣. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne reste pas silencieux en face de moi (Psaume 27, 1).
[Des Saints, ton 4 :
℟. Pour les saints qui sont sur sa terre, le Seigneur a rendu merveilleuse toutes ses volontés (Psaume 15, 3)]

Epîtres
Du dimanche : 2 Corinthiens (§ 176) IV, 6-15.
Portant toujours en notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus paraisse aussi dans notre corps.
[Des Saints : Hébreux (§ 330) XI, 33 – XII, 2.]

Alleluia
Du dimanche, ton 6 :
℣. Qui demeure à l’abri du Très-Haut, loge à l’ombre du Puissant (Psaume 90, 1),
℣. dit au Seigneur : « Mon rempart, mon refuge, mon Dieu en qui je me fie » (Psaume 90, 2).
[Des Saints, ton 4 :
℣. Les justes ont crié, et le Seigneur les a exaucés ; et il les a délivrés de toutes leurs peines (Psaume 33, 18).]

Evangiles
Du dimanche : Matthieu (§ 92) XXII, 35-46.
Jésus lui répondit : Vous aimerez le Seigneur, votre Dieu, de tout votre cœur, de toute votre âme et de tout votre esprit.
[Des Saints : Luc (§ 67) XII, 32–40.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[Des Saints :Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.]

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Programme du XIVème dimanche après la Pentecôte – saint Moïse l’Ethiopien – ton 5

Saint Moïse l'EthiopienParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 10 septembre 2017 du calendrier grégorien, 28 août 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour notre Vénérable Père Moïse l’Ethiopien.

Né vers 332, saint Moïse l’Ethiopien (Μωσέως τοῦ Αἰθίοπος – ou Moïse le Maure – Моисей Мурин – pour les Russes) était un grand gaillard originaire de ce pays (qui désignait alors globalement l’Afrique noire) devenu esclave en Egypte d’un fonctionnaire mais qui fut chassé par son maître en raison de ses perversités et de ses escroqueries. Il devint alors chef d’une troupe de voleurs et commit non seulement beaucoup de brigandages mais aussi des meurtres. Ayant dû se réfugier dans un monastère pour éviter le supplice dont il était menacé en raison d’un homicide qu’il avait commis, Moïse fut touché là par la grâce, se convertit et reçut le saint baptême. Puis il passa le restant de ses jours dans la solitude monastique et dans la pénitence, afin d’expier sa mauvaise vie.

Moïse se retira au désert de Scété (actuelle Vallée du Natron ou Ouadi Natroun, dans le désert à l’Ouest du Delta du Nil, à mi-chemin entre Alexandrie & Le Caire) où la vie monastique avait fleuri sous la direction de saint Macaire le Grand, lui-même disciple de saint Antoine. Un jour, Moïse est attaqué par quatre brigands qui ne le connaissaient pas, mais lui, vraie force de la nature, les maîtrise, les attache et les dépose à l’église des frères en interrogeant ainsi ses compagnons dans la vie ascétique :

Puisqu’il ne m’est pas permis de faire du mal à qui que ce soit, que prescrivez-vous pour ces gens-là ?

Apprenant alors que cet homme est bien Moïse, autrefois si célèbre parmi les brigands, les voleurs confessent leurs fautes et se convertissent !

Moïse passe le début de sa vie monastique dans la colonie semi-érémitique que dirigeait saint Macaire, puis avec la bénédiction de celui-ci, s’enfonce plus dans le désert en un lieu nommé Petra pour y jouir d’une solitude plus complète.

Les démons agitent alors les souvenirs de sa vie dissolue passée et les tentations sont si violentes que Moïse est sur le point d’abandonner la vie monastique. Il se rend auprès d’Abba Isidore qui s’attache à dédramatiser son combat en en montrant le caractère ordinaire : le démon l’attaque dans le domaine où il est habitué à pécher et où il est le plus vulnérable.

Incapable d’accepter sa nature humaine et son histoire, Moïse se tourne vers un jeûne excessif, qui demeure sans effets sur le déchaînement des pensées impures. Puis sur les conseils d’un ancien qui l’invite à veiller et prier, il veille des nuits entières en prière. Nouvel échec. Enfin, Moïse choisit une troisième forme d’ascèse, la charité : il décide de remplir en secret, de nuit, les jarres des vieillards qui devaient faire de longues distances pour puiser leur eau. Le démon est alors vaincu et ne peut plus l’atteindre dans ses pensées, aussi lui assène-t-il un coup de gourdin sur les reins dont il mettra une année à s’en remettre. Il a enfin trouvé sa voie et vaincu les tentations, en empruntant le chemin de l’humilité et du service de la charité.

Notre saint fut ordonné prêtre par le patriarche d’Alexandrie (probablement Théophile, archevêque de 384 à 412).

Saint Moïse, qui avait exercé plusieurs fois le don de prophétie, indiqua un jour à sept frères qui l’entouraient : « Les barbares viendront aujourd’hui en Scété ; allez, fuyez vous-en. » « Et vous, Abba, lui répondirent-ils, ne vous enfuyez-vous pas aussi ? ». Il leur répondit : « Il y a bien des années que j’attends ce jour-ci, pour vérifier ce que Jésus-Christ mon Seigneur a dit : Tout ceux qui prennent l’épée, mourront par l’épée. » Les frères décidèrent de rester avec le saint, et tous furent tués hormis un, qui par fragilité s’était caché derrière des nattes et qui vit sept couronnes descendre du ciel et venir sur les têtes des cadavres de Moïse et des six autres.

Après ce martyre survenu probablement en 407, saint Moïse laissait une communauté de 70 disciples.

Cassien qui l’avait rencontré et qui lui consacre ses deux premières Conférences l’appelle le « plus grand de tous les saints ». Pallade lui consacre le chapitre 19 de son Histoire Lausiaque.

Voici deux des nombreux apophtegmes des Pères du Désert qui se rapportent à Abba Moïse :

Un frère à Scété commit une faute. On tint un conseil auquel on invita Abba Moïse. Mais il refusa de s’y rendre. Alors le prêtre envoya quelqu’un lui dire : « Viens, car tout le monde t’attend. » Alors il se leva et partit. Il prit une corbeille percée, la remplit de sable et la porta. Les autres sortant pour aller à sa rencontre, lui dirent : « Qu’est-ce que ceci, Père ? » Le vieillard leur dit : « Mes péchés s’écoulent derrière moi et je ne les vois pas, et je viens aujourd’hui pour juger la faute d’un autre. » Entendant cela, ils ne dirent rien au frère, mais lui pardonnèrent.

Une fois, on donna ce commandement à Scété : Jeûnez cette semaine. Or il se trouva que des frères vinrent d’Égypte chez Abba Moïse qui leur fit cuire quelque chose. Voyant de la fumée, les voisins dirent aux clercs : « Voici que Moïse a violé le commandement et s’est fait quelque chose chez lui. » Ils dirent : « Lorsqu’il viendra nous lui parlerons nous-mêmes. » Lorsque vint le samedi, les clercs, sachant la remarquable façon de vivre d’Abba Moïse, lui dirent devant tout le monde : « Ô Abba Moïse, tu as supprimé le commandement des hommes, mais gardé celui de Dieu ! »

Saint Moïse est aussi commémoré au 28 août au Martyrologe romain :

Le même jour, saint Moïse l’Ethiopien, qui, de fameux voleur étant devenu un fervent anachorète, convertit plusieurs voleurs, qu’il mena avec lui au monastère.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Vénérable Père. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du dimanche.

Béatitudes, ton 5. Tropaires des Béatitudes : 8 tropaires du dimanche, ton 5 :
1. Le bon Larron sur la croix * eut foi en ta divinité, ô Christ ; * il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant : ** De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.
2. Sur le bois de la croix * pour nous les hommes tu fis fleurir la vie * et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu : ** Sauveur & Créateur, nous te chantons d’un même chœur.
3. Par ta mort, ô Christ, * tu as brisé la force de la mort, * ressuscitant tous les morts depuis Adam, ** qui te chantent comme vrai Dieu & Sauveur du genre humain.
4. Venues à ton sépulchre, Sauveur, * les saintes Femmes te cherchaient * pour embaumer la Source de vie, ** mais un Ange leur apparut pour leur dire : Il est ressuscité, le Seigneur !
5. O Christ, lorsque tu fus crucifié * au milieu de deux larrons, * l’un fut justement condamné pour t’avoir insulté, ** l’autre par sa confession devint l’hôte du Paradis.
6. Devant le chœur des Apôtres, * les saintes Femmes s’écriaient : * Le Christ est vraiment ressuscité, ** adorons en lui notre Maître & Créateur.
7. Unique & indivisible Trinité, Dieu créateur & tout-puissant, * Père, Fils & Saint-Esprit, ** nous te chantons comme Sauveur & vrai Dieu.
8. Réjouis-toi, porte infranchissable & temple vivant du Seigneur, * réjouis-toi, trône de feu non consumé, * réjouis-toi, ô Mère de l’Emmanuel, ** le Christ notre Dieu est avec nous.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, * né de la Vierge pour notre salut, * chantons-le, fidèles, et adorons-le, * car il a daigné dans sa chair monter sur la Croix * et supporter la mort, * afin de ressusciter les morts ** par sa glorieuse Résurrection.
2. Tropaire du Vénérable Père, ton 1 : Habitant du désert, ange dans la chair * et thaumaturge tu fus, ô notre père théophore, Moïse ; * car, ayant acquis par le jeûne, la veille et la prière des dons célestes, * tu guéris les infirmes * et les âmes de ceux qui accourent vers toi avec foi. * Gloire à celui qui t’a donné cette force ! * Gloire à celui qui t’a couronné ! ** Gloire à celui qui, à travers toi, opère la guérison pour tous.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du Vénérable Père, ton 4 : Après avoir battu les Maures et craché dans les visages des démons, * tu as brillé par ta pensée comme le soleil rayonnant, ** dirigeant nos vies par la lumière de ta vie et de tes enseignements.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 5 : Tu es descendu aux enfers, ô mon Sauveur, * tu as brisé leurs portes, comme Tout-Puissant, * avec toi tu as ressuscité les morts, comme Créateur ; * et tu as brisé l’aiguillon de la mort * et Adam a été délivré de la malédiction, ô Ami des hommes. * Aussi te clamons-nous : ** Sauve-nous, Seigneur.

Prokimen
Du dimanche, ton 5 :
℟. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
℣. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).

Epître
Du dimanche : II Corinthiens (§ 170) I, 21 – II, 4.
Et c’est lui aussi qui nous a marqués de son sceau, et qui pour arrhes nous a donné le Saint-Esprit dans nos cœurs.

Alleluia
Du dimanche, ton 5 :
℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
℣. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 89) XXII, 1-14.
Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.

Hymne à la Mère de Dieu pendant l’anaphore
Il est digne en vérité, ton 5.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du XIIIème dimanche après la Pentecôte – saint Thaddée – ton 4

Saint Apôtre ThaddéeParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 3 septembre 2017 du calendrier grégorien – 21 août 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint Apôtre Thaddée, des 70 Apôtres du Christ.

Le saint Apôtre Thaddée apporta la foi (avec le mandylion) à Agbar d’Edesse, roi d’Osroène. Voici comment Eusèbe de Césarée rapporte cette conversion, ayant pu consulter les archives syriaques d’Edesse ( Histoire Ecclésiastique, livre I, chapitre XIII) :

Quant à l’histoire de Thaddée, voici en quoi elle consiste. Quand la divinité de notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, grâce à sa puissance et à ses miracles, fut proclamée à tous les hommes, ils vinrent à lui en foule de partout, même des pays les plus éloignés de Judée amenés par l’espoir de guérir de leurs infirmités et de toutes leurs souffrances. Ainsi le roi Abgar, qui gouvernait avec la plus grande distinction les peuples d’au delà de l’Euphrate, était consumé par un mal terrible et incurable au moins selon les moyens humains. Dès qu’il connut la célébrité du nom de Jésus et son pouvoir attesté d’une voix unanime par tous ceux qui en avaient été les témoins, il devint son suppliant et lui fit porter une lettre dans l’espoir d’obtenir la délivrance de son mal. Le Sauveur ne se rendit pas alors à son appel ; cependant il daigna lui écrire une lettre autographe, lui promettant qu’il lui enverrait un de ses disciples pour lui apporter la guérison et le salut, à lui, ainsi qu’à tous ses sujets. Cette promesse ne fut pas longtemps à se réaliser pour Abgar. Après la résurrection de Jésus d’entre les morts et son ascension au ciel, l’apôtre Thomas, un des douze, mû par une inspiration toute divine, dirigea vers Édesse Thaddée, qui était du nombre des soixante-dix disciples, pour y être le héraut et l’évangéliste de la doctrine du Christ : ce fut par lui, que toutes les promesses de notre Sauveur, reçurent leur accomplissement. On a de ces faits la preuve écrite, elle a été gardée dans les archives d’Édesse, alors ville royale. Les documents publics de ce pays qui renferment les choses anciennes et ce qui s’est passé sous Abgar, nous ont conservé depuis ce roi jusqu’à aujourd’hui ces événements : mais rien ne vaut comme de voir ces lettres elles-mêmes tirées des archives et traduites littéralement du syriaque en ces termes :

COPIE DE LA LETTRE ÉCRITE PAR LE SOUVERAIN ABGAR ET ENVOYÉE A JÉSUS A JÉRUSALEM PAR LE COUREUR ANANIAS

« Abgar, fils d’Oukamas, souverain, à Jésus, Sauveur bienfaisant, qui a apparu au pays de Jérusalem, salut.

« J’ai entendu parler de toi et de tes guérisons, et j’ai appris que tu les opères sans remèdes ni herbages. Car on raconte que tu fais voir les aveugles et marcher s boiteux, que tu purifies les lépreux, que tu chasses es esprits impurs et les démons, que tu délivres ceux qui sont tourmentés par de longues maladies, que tu ressuscites les morts. Après avoir entendu tout cela de toi, je suis convaincu que de deux choses l’une : ou bien tu es Dieu et, descendu du ciel, tu fais ces merveilles ; ou bien tu es le Fils de Dieu, accomplissant ces choses. Voilà donc pourquoi je t’écris aujourd’hui pour te prier de te donner la peine de venir chez moi et de me guérir du mal que j’ai. On m’a dit d’ailleurs que Juifs murmurent contre toi et qu’ils veulent te faire du mal : ma ville est toute petite, mais fort belle; le nous suffira à tous les deux. »

Telle est la supplique rédigée par Abgar, alors éclairé par un faible rayon de la clarté divine. Il mérita ainsi de recevoir de Jésus une réponse qui lui fut adressée par le même coureur. Elle est courte, mais d’un grand poids : en voici le texte.

REPONSE DE JÉSUS ENVOYÉE AU SOUVERAIN ABGAR PAR LE COUREUR ANANIAS

« Tu es bienheureux, puisque lu as cru en moi sans m’avoir vu. Il est en effet écrit de moi que ceux 103 qui m’ont vu ne croiront pas en moi, afin que ceux qui ne m’ont pas vu, croient et vivent. Quant à ce que tu me mandes, d’aller chez loi : il me faut accomplir ici tout l’objet de ma mission et remonter ensuite vers celui qui m’a envoyé. Quand j’y serai, lu recevras de moi un de mes disciples qui te guérira de ton mal et le donnera la vie, à toi et à tous ceux qui sont avec toi. »

A la suite de ces lettres est encore joint le récit suivant écrit en langue syriaque.

« Après l’ascension de Jésus, Judas, qu’on appelle aussi Thomas, députa au roi l’apôtre Thaddée, un des soixante-dix. Celui-ci partit et à son arrivée s’arrêta chez Tobie, fils de Tobie. Le bruit de sa présence se répandit et l’on fit savoir à Abgar : « Un apôtre de Jésus est venu ici selon qu’il le l’a écrit. » Thaddée cependant s’était mis avec l’aide de la vertu divine à guérir toutes espèces de maladies et de langueurs, si bien que tous en étaient dans l’admiration. Lorsque le roi apprit les œuvres magnifiques et étonnantes qu’il opérait et les guérisons qu’il faisait, il comprit qu’il était bien celui dont Jésus avait parlé dans sa lettre : « Après mon ascension, je t’enverrai un de mes disciples qui te guérira de ton mal. Il appela donc Tobie chez qui l’apôtre demeurait : « J’ai appris, lui dit-il, qu’un homme puissant est venu habiter dans ta maison: amène-le-moi. » Tobie retourna auprès de Thaddée et lui dit : « Le souverain Abgar m’a appelé et m’a dit de te conduire chez lui afin que lu le guérisses. » — « J’irai, repartit Thaddée, puisque je suis envoyé avec puissance pour lui. »

« Le lendemain, de grand matin, accompagné de Tobie, il se rendit auprès d’Abgar. Lorsqu’il entra, les principaux du royaume étaient debout autour du monarque : tout à coup, le roi aperçut à son arrivée un grand signe sur le visage de l’apôtre Thaddée, et à cette vue, il se prosterna devant lui. Tous les assistants restaient stupéfaits ; car ils n’avaient rien remarqué et la vision paraissait seulement pour Abgar. Celui-ci demanda à Thaddée : « Es-tu en vérité le disciple de Jésus, le fils de Dieu qui m’a dit : « Je t’enverrai un de mes disciples qui te donnera la guérison et la vie ? » Thaddée lui répondit : « Tu as cru fermement à celui qui m’envoie, c’est pour cela que je suis député vers toi. Aussi, si tu crois en lui, selon que tu croiras, les désirs de ton cœur seront accomplis. » Abgar reprit : « J’ai tellement cru en lui que j’aurais voulu prendre une armée et détruire les Juifs qui l’ont mis en croix, si je n’en avais été empêché par l’empire romain. » Thaddée répondit : « Notre Maître a accompli la volonté de son Père, puis il est retourné à lui. » « J’ai, moi aussi, cru en lui et en son » Père, » dit Abgar. Thaddée dit : « Voilà pourquoi j’étends la main sur toi en son nom. » Et aussitôt qu’il l’eut fait, le roi fut sur-le-champ délivré de son mal et ses souffrances disparurent. Il fut étonné ; ce qu’il avait entendu raconter de Jésus, il le voyait en fait dans son disciple Thaddée : celui-ci lui avait rendu la santé sans remèdes, ni herbages. Il ne fut d’ailleurs pas seul à jouir de ce bienfait. Abdos, fils d’Abdos, avait la goutte : il vint lui aussi se jeter aux pieds de Thaddée, obtint ses prières et l’imposition de ses mains, et fut délivré. Thaddée guérit encore beaucoup de leurs concitoyens, accomplit de grands miracles et prêcha la parole de Dieu.

Après cela, Abgar dit : « Toi, Thaddée, tu opères ces prodiges par la force divine et nous l’admirons ; mais je t’en conjure, apprends-nous comment Jésus est venu sur la terre, quelle était sa puissance et par quel pouvoir il a fait ce que j’ai entendu raconter. » Et Thaddée dit : Maintenant je garderai le silence ; mais puisque j’ai été envoyé pour annoncer la parole, assemble demain tous tes concitoyens et je la leur prêcherai ; je sèmerai eu eux la parole de vie, je leur dirai comment s’est produite la venue de Jésus, quelle fut sa mission et pourquoi il fut envoyé par le Père : je raconterai sa puissance et ses œuvres, les mystères qu’il a enseignés dans le monde et j’indiquerai par quel pouvoir il a accompli cela ; je montrerai la nouveauté de sa prédication, son humilité et sa modestie ; j’exposerai comment il s’est abaissé et a déposé et rapetissé sa divinité et a été mis en croix, comment il est descendu aux enfers, après en avoir brisé la barrière qui ne s’était ouverte de l’éternité ; comment il a ressuscité les morts; comment enfin, il est descendu seul et remonté à son Père suivi d’un cortège nombreux. » Abgar ordonna d’assembler de grand matin les habitants de sa ville pour entendre la prédication de Thaddée. Il lui fit ensuite offrir des pièces et des lingots d’or : l’homme de Dieu les refusa : « Si nous laissons nos biens, dit-il, comment pourrions-nous accepter celui des autres ». Ceci se passait en l’an trois cent quarante. » (28-29 ap. J-C)

Voilà ce que je n’ai pas cru inutile et hors de propos de citer ici textuellement, traduit du syriaque.

Cet épisode est rapporté par Eusèbe juste après un chapitre consacré aux 70 Apôtres du Christ, où il confesse qu’il n’existe aucune liste complète officielle et fiable. Son propos est donc de parler de l’un des 70 Disciples, Thaddée.

Néanmoins, il n’est pas insensé de penser que Thaddée des 70 Apôtres est le même que Jude Thaddée, des 12 Apôtres, identification que faisait déjà Origène au IIIème siècle puis saint Jérôme au IVème siècle. D’autant que tous les frères du Seigneur sont tous comptabilisés systématiquement dans les listes anciennes des 70 (celle de saint Hippolyte ou celle de saint Dorothée de Tyr). On se reportera donc à ce que nous avons écrit sur saint Jude Thaddée sur ce blog.

*

Ce dimanche tombe le 6ème jour de l’après-fête de la Dormition de la Mère de Dieu (fête qui se clôture après-demain 23 août), aussi les pièces de cette fête se combinent-elles avec celles du dimanche et celle de saint Thaddée.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Prophète. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 4, & 4 tropaires de la 7ème ode du premier et du second canon de la fête, œuvres de saint Côme le Mélode, évêque de Maïouma (c. 675 † vers 787) et de saint Jean Damascène (676 † 749) :
1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Pour nous l’Impassible devient homme de douleur * et sur la croix se laisse clouer, * afin de nous ressusciter avec lui ; * aussi nous glorifions avec la Croix * les Souffrances & la sainte Résurrection * par lesquelles nous fûmes rénovés, * obtenant le salut en criant : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
6. Ressuscité d’entre les morts * et dépouillant l’empire de la Mort, * il apparut aux Myrrophores, leur annonçant la joie ; * et nous fidèles, prions-le * d’épargner à nos âmes la corruption, * lui répétant sans cesse la parole du bon Larron : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
7. Moïse en sa colère avait brisé * les tables composées par Dieu * et rédigées par l’Esprit saint ; * mais son Maître, ayant gardé sans faille celle qui l’avait conçu, * à présent l’a fait entrer dans les demeures des cieux ; * partageant sa joie, chantons au Christ : ** Dieu de nos Pères et le nôtre, Seigneur, tu es béni.
8. Sur les cymbales purifiées de nos lèvres, * sur l’harmonieuse lyre de nos cœurs, * sur la sonore trompe des sublimes pensées, * en ce jour illustre et faste du transfert en Dieu * de la Vierge, pure, immaculée, * accompagnons au rythme de nos mains ce chant : ** Dieu de nos Pères et le nôtre, Seigneur, tu es béni.
9. Vénérant le souvenir * de la Vierge Mère de Dieu, * jeunes filles et jeunes gens, * princes et anciens, * rois et magistrats, chantez : * Seigneur digne de louange, ** Dieu de nos Pères, béni sois-tu.
10. Sur la trompette de l’Esprit * que résonnent les hauteurs des cieux, * que les montagnes crient de joie, * qu’exultent les Apôtres divins, * car voici qu’est amenée * la Reine vers son Fils ** pour régner avec lui.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleines de fierté, aux Apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
2. Tropaire de la Dormition, ton 1 : Dans l’enfantement, tu as gardé la virginité ; * dans ta dormition, tu n’as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu. * Tu as été transférée à la Vie, étant Mère de la Vie, ** & par tes prières, tu délivres nos âmes de la mort.
3. Tropaire de l’Apôtre Thaddée, ton 3 : Saint apôtre Thaddée, * intercède auprès du Dieu de miséricorde, * pour que le pardon de nos péchés, ** Il l’accorde à nos âmes.
4. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon sauveur & mon libérateur, * au sortir du tombeau * a libéré et ressuscité tous les habitants de la terre, car Il est Dieu. * Il a brisé les portes des enfers, ** et lui le Maître, il est ressuscité le troisième jour.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion de l’Apôtre Thaddée, ton 4 : Telle une étoile très lumineuse, l’Église t’a acquis, ô apôtre Thaddée, * étant toujours illuminée de tes miracles ; ** sauve ceux qui vénèrent ta mémoire avec foi.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion de la Dormition, ton 2 : La Mère de Dieu qui jamais ne se lasse d’intercéder pour nous * et dont la protection ne pouvait cesser d’être notre espérance * ne se laissa pas vaincre par la mort ni le tombeau, * puisqu’elle est la Mère de la Vie et qu’elle a rejoint la Source de la vie : ** celui qui demeura dans son sein toujours vierge.

Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
℟. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
℣. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).
Autre prokimen de la Dormition, ton 3 :
℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

Epître
Du dimanche : I Corinthiens (§ 166) XVI, 13-24.
Faites avec amour tout ce que vous faites.

Alleluia
Du dimanche, ton 4 :
℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).
De la Dormition :
℣. Lève-toi, Seigneur, vers ton repos, toi & l’arche de ta sainteté (Psaume 131, 8).

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 87) XXI, 33-42.
Enfin il leur envoya son fils, disant en lui-même : Ils auront quelque respect pour mon fils.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique, mégalinaire de la Dormition, ton 4 & 1
Lorsqu’ils virent la Dormition de la Toute-Sainte et Immaculée, les anges furent émerveillés, admirant que la Vierge pût monter de la terre jusqu’aux cieux. Et en ton 1 : La nature et ses lois par ton mystère sont dépassées, Vierge toute-sainte : tu gardes la virginité dans ton enfantement et ta mort est le prélude qui annonce la Vie. Toujours vierge après l’enfantement et vivante encore après la mort, garde pour toujours sous ta protection ton héritage, ô Mère de Dieu !

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux.
De la Dormition : J’élèverai le calice du salut & j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Programme du VIIème dimanche après la Pentecôte – saint Antoine des Grottes de Kiev – ton 6

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 23 juillet 2017 du calendrier grégorien, 10 juillet 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour notre vénérable Père saint Antoine des Grottes de Kiev, le premier de tous les moines russes.

Né en 983 à Lioubetch, dans la région de Tchernigov, & ayant reçu au baptême le nom d’Antipas, notre saint, désireux de se consacrer à Dieu, quitta sa patrie, et après un séjour à Constantinople, parvint sur la Sainte Montagne de l’Athos. Il fut y reçu au monastère d’Esphigménou sous le nom monastique d’Antoine, et y devint disciple de l’Higoumène Théoctiste, homme à la vertu éminente. Au bout de quelques années, Théoctiste renvoya son disciple en Russie, en lui disant :

Antoine, va en Russie, afin d’y devenir un exemple et un guide pour le peuple. Que la bénédiction de la Sainte Montagne soit avec toi !

Parvenu à Kiev en 1013, il s’installa à non loin de la ville, au lieu dit Berestovo, dans une grotte, y persévérant dans l’ascèse et la prière.

Après la mort de saint Vladimir en 1015, l’impie Sviatopolk le Maudit monta sur le trône de Kiev. Pour assurer son pouvoir impopulaire, il tua les saints princes Boris et Gleb, et déclencha une persécution contre l’Eglise. Face à cette effusion de sang, saint Antoine repartit pour la Sainte Montagne de l’Athos, où il obtint de se retirer à quelques distance d’Esphigménou, dans la vie érémitique.

Vénérable Père Antoine des Grottes de KievIaroslav le Sage vainquit Sviatopolk le Maudit en 1019, rétablit la foi chrétienne et construisit de nombreuses églises. Un prêtre de Berestovo, nommé Hilarion vint alors s’installer sur une colline boisée qui domine le Dniepr. Il y creusa une petite grotte et mena en secret ses combats spirituels devant Dieu, jusqu’au jour où il fut élevé au trône épiscopal de Kiev, en 1051. À cette date (qui est celle retenue comme date de fondation de la Laure des Grottes de Kiev), Antoine fut renvoyé en Russie par l’higoumène Théoctiste et alla s’établir dans la grotte même où Hilarion avait vécu. L’endroit, qui lui rappelait l’Athos, lui plut, et il pria Dieu que repose en ce lieu la bénédiction de la Sainte Montagne. Il y mena une stricte ascèse et une prière incessante. Il ne se nourrissait que de pain et d’eau, tous les deux ou trois jours, et quand il se trouvait en contemplation, il pouvait passer une semaine entière sans nourriture ni boisson.

Son mode de vie angélique fut rapidement connu, et un grand nombre d’hommes pieux commencèrent à lui rendre visite. Certains demandèrent à rester avec lui pour jouir de son enseignement : d’abord le prêtre saint Nikon (fêté le 23 mars) puis saint Théodose, une jeune homme alors âgé de vingt-trois ans (fête le 3 mai).

La renommée de saint Antoine s’étant répandue sur toute la terre russe, le prince de Kiev, Iziaslav Ier, qui avait succédé à Iaroslav le Sage en 1054, vint en personne recevoir sa bénédiction, accompagné de toute sa cour. Cet événement eut pour effet d’amener de nouveaux disciples vers la grotte, en particulier le bienheureux Barlaam, fils du boyard Jean (fête le 19 novembre), et Ephrem l’eunuque, fils adoptif du grand-prince (fête le 28 janvier). Quand le boyard Jean apprit que son fils était devenu moine, il vint avec fureur jusqu’à la grotte, dispersa les moines et, saisissant son fils, il déchira avec fureur son habit monastique et le ramena de force à son palais. De son côté le grand-prince Iziaslav ordonna d’arrêter saint Nikon, qui avait tonsuré son fils adoptif Ephrem, et menaça de détruire la Grotte et de jeter les Pères dans un cachot. Saint Antoine et ses disciples s’enfuirent en un autre lieu. Mais Gertrude de Pologne, épouse du prince Iziaslav Ier, supplia celui-ci de cesser sa persécution, de peur que la colère divine ne retombât sur eux. Le prince se calma et Antoine et ses disciples se rassemblèrent à nouveau dans la grotte. Ils y furent bientôt douze. La grotte initiale étant devenue trop exiguë, on l’agrandit, puis on aménagea une chapelle à l’intérieur ainsi qu’un vaste réseau de grottes communicant entre elles.

Saint Antoine, dont l’âme était toujours avide de solitude, réunit un jour ses disciples et leur dit :

Mes enfants, vous savez que le Seigneur nous a rassemblés ici, comme prémices de la bénédiction de tout notre peuple. Vous êtes la bénédiction de la Sainte Montagne et de Notre Très Sainte Mère de Dieu. C’est cette bénédiction que je vous laisse en héritage. Vivez donc ensemble. Je vais vous laisser un abbé, car il convient que je me retire dans la solitude. Je resterai cependant ici, et tant que je vivrai, je demeurerai votre père spirituel.

Saint Antoine et son disciple saint Théodose , fondateurs de la Laure des Grottes de Kiev
Saint Antoine et son disciple saint Théodose, fondateurs de la Laure des Grottes de Kiev

Il désigna Barlaam comme higoumène et se retira sur une colline voisine, où il se creusa une grotte (à l’origine du second réseau de Grottes de Kiev). La communauté s’agrandissant rapidement sous la sage conduite de saint Barlaam, il fut nécessaire de construire une église plus vaste, à l’extérieur & au dessus du réseau primitif de grottes cette fois. Peu après, le grand-prince de Kiev ayant nommé Barlaam higoumène du monastère de Saint-Dimitri aux portes de Kiev, monastère qu’il avait fondé, les frères allèrent demander à saint Antoine de leur désigner un nouveau supérieur, et ce fut saint Théodose qui fut choisi. Sous sa direction, la communauté dépassa la centaine de moines, et il devenait urgent de construire un monastère pour les abriter. Saint Antoine envoya un frère auprès du prince Iziaslav, afin de lui demander de leur concéder la propriété de toute la colline et de leur procurer les fonds nécessaires aux constructions, ce qu’il obtint. Les frères, sous la direction de saint Théodose, construisirent une vaste église en bois et des cellules en nombre suffisant ; le tout fut entouré de palissades défensives. Ils quittèrent alors leurs grottes pour vivre dans ce monastère, qui garda cependant jusqu’aujourd’hui le nom de Laure des Grottes de Kiev (Киево-Печерская лавра). Sous la direction de saint Théodose, la Laure des Grottes reçut la règle du Studion de Constantinople, l’appliqua et la diffusa dans toute la Russie, dont elle devint rapidement le poumon spirituel.

Pendant ce temps, saint Antoine accédant dans sa grotte à de nouvelles cimes spirituelles, acquit en abondance les dons de clairvoyance et de guérisons. Il bénissait des plantes vénéneuses et en faisait une potion qu’il donnait à boire aux malades, lesquels guérissaient aussitôt de leurs maux.

Quand Iziaslav et ses frères durent faire face à une révolte populaire liée à l’invasion des Polovtsiens (ou Cumans), ces princes vinrent demander à saint Antoine sa bénédiction, qui la leur refusa : le saint ermite leur déclara que c’est en raison de leurs péchés que leurs troupes avaient été défaites. Ayant dû se réfugier en Pologne, Iziaslav bannit saint Antoine à son retour à Kiev lorsqu’il put reprendre son trône. Notre saint s’exila alors à Tchernigov, où il se creusa une nouvelle grotte, prémices du futur monastère Eletsky de cette ville. Quelques temps après, pris de remords, Iziaslav rappela saint Antoine à Kiev.

La Laure des Grottes de Kiev
La Laure des Grottes de Kiev.

A son retour, Antoine décida avec Théodose de construire une collégiale en pierre qui puisse accueillir la communauté toujours croissante des frères. Ils firent venir à cet effet des maçons de Constantinople. Après avoir béni la première pierre de cette nouvelle église dédiée à la Dormition de la Vierge, sentant proche l’heure de son départ de cette vie, saint Antoine rassembla les frères et les consola, en leur disant qu’après son repos il n’abandonnerait pas le monastère et veillerait sur eux pour la suite des siècles, se réjouissant des progrès de tous ses enfants spirituels et priant pour qu’ils obtiennent miséricorde au Jour du Jugement. Il leur demanda aussi que ses restes y soient à jamais cachés dans une des grottes (et de fait, ses reliques n’ont jamais été retrouvées jusqu’à ce jour).

Saint Antoine, qui était devenu le patriarche de tous les moines de Russie comme jadis saint Antoine le Grand l’avait été en Égypte, s’endormit dans le Seigneur le 10 juillet 1073, à l’âge de 90 ans.

Sous le pape saint Jean Paul II, son nom a aussi été inséré au Martyrologe romain à la date du 7 mai :

À Kiev en Russie, l’an 1073, saint Antoine, ermite, qui poursuivit dans la laure des Cryptes la vie monastique qu’il avait apprise au Mont Athos.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Vénérable Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Vénérable Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du Vénérable Père.

Tropaires des Béatitudes : Six tropaires du dimanche, ton 6, & quatre tropaires de la 3ème ode du canon du Vénérable Père :
1. Souviens-toi de moi, Dieu Sauveur, * quand tu entreras dans ton royaume, ** seul Ami des hommes, sauve-moi.
2. Adam fut séduit par l’arbre défendu, * mais par celui de la Croix tu as sauvé * le bon Larron s’écriant : ** Dans ton royaume, Seigneur, souviens-toi de moi.
3. Ayant brisé les portes & les verrous de l’Enfer, * tu as ressuscité, Source de vie, * Sauveur, tous ceux qui s’écrient : ** Gloire à ta sainte Résurrection.
4. Souviens-toi de moi, Seigneur * qui par ta sépulture triomphas de la mort * & comblas de joie l’univers, ** Dieu de tendresse, par ta Résurrection.
5. Les Myrophores venues au tombeau * entendirent l’Ange proclamer : * Il est vraiment ressuscité, ** le Christ qui illumine le monde entier.
6. Le Christ qui fut cloué * sur le bois de la croix * & sauva le monde de l’erreur, ** chantons-le tous d’un même chœur.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Devant ton sépulcre les Puissances des cieux, * autant que les soldats furent frappés d’effroi ; * et Marie Madeleine se tenait près du tombeau, * cherchant ton corps immaculé ; * mais tu brisas l’Enfer sans te laisser vaincre par lui, * tu rencontras la Vierge et nous donnas la vie. * Ressuscité d’entre les morts, ** Seigneur, gloire à toi.
2. Tropaire du Vénérable Père, ton 4 : En quittant le tumulte du monde, * conformément à l’Evangile, tu as suivi le Christ, * en rejetant le monde et en vivant une vie angélique, * tu as atteint le calme sur le saint mont Athos, * d’où, avec la bénédiction des pères, * Tu es allé au mont de Kiev ; * Et vivant là une vie industrieuse, * tu as éclairé ta patrie ; * Et montrant à une multitude de moines le chemin qui mène au royaume des cieux, * tu les as menés au Christ. * C’est pourquoi, prie-Le, Vénérable Père Antoine ** afin qu’Il sauve nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du Vénérable Père, ton 8 : T’étant attaché à Dieu, depuis ta jeunesse, tu l’as aimé avant tout, ô Vénérable Père. * Avec amour, tu l’as suivi de toute ton âme ; * en tenant le monde corrompu pour rien, * tu as creusé une grotte dans le sol * Et, ayant bien lutté contre les pièges de l’ennemi invisible, * comme un soleil rayonnant tu as brillé sur toutes les extrémités de la terre. * C’est pourquoi, dans la joie, tu es passé dans les demeures célestes, * et tu es désormais debout avec les anges devant le trône du Maître, souviens-toi de nous qui honorons ta mémoire, afin que nous puissions te crier : ** Réjouis-toi, ô Antoine, notre père !
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 6 : De sa main vivifiante le Seigneur source-de-vie, * le Christ notre Dieu, * a fait surgir tous les morts des ténèbres de l’Enfer, * accordant la résurrection à tout le genre humain ; * il est vraiment notre Sauveur, ** notre vie, notre résurrection et le Dieu de l’univers.

Prokimen
Du dimanche, ton 6 :
℟. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
℣. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne reste pas silencieux en face de moi (Psaume 27, 1).
Du Vénérable Père, ton 7 :
℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 116) XV, 1-7.
Que chacun de vous tâche de satisfaire son prochain dans ce qui est bon, et qui peut l’édifier.
Du Vénérable Père : Galates (§ 213) V, 22 – VI, 2.
Si nous vivons par l’Esprit, conduisons-nous aussi par l’Esprit.

Alleluia
Du dimanche, ton 6 :
℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
℣. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
Du Vénérable Père, ton 6 :
℣. Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui a une grande affection pour ses commandements (Psaume 111, 1).

Evangiles
Du dimanche : Matthieu (§ 33) IX, 27-35.
Or Jésus allant de tous côtés dans les villes et dans les villages, enseignait dans leurs synagogues, et prêchait l’Évangile du royaume, guérissant toutes sortes de langueurs et de maladies.
Du Vénérable Père : Matthieu (§ 10), IV, 25 – V, 12.
Réjouissez-vous, et tressaillez de joie ; parce qu’une grande récompense vous est réservée dans les cieux.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Du Vénérable Père : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du VIème dimanche après la Pentecôte – translation des reliques de saint Philippe de Moscou – ton 5

Saint Philippe de MoscouParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 16 juillet 2017 du calendrier grégorien, 3 juillet 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la translation des reliques de Sa Sainteté Philippe, métropolite de Moscou et de toutes les Russies, thaumaturge.

Saint Philippe est né le 11 février 1507, et reçut les palmes du martyre le 12 décembre 1569. Si le jour de sa fête principale est le 9 janvier, le 3 juillet célèbre la translation de ses reliques en 1652, depuis les Iles Solovki jusqu’à Moscou.

Né Féodor Stépanovitch Kolytchev, Philippe prit ce nom lorsqu’il devint moine puis higoumène du monastère Solovetski des Iles Solovki, où le Christ lui apparut en lui présentant la couronne d’épines et les instruments de la Passion. En 1566, il est appelé à Moscou par le tsar Ivan le Terrible, son ami d’enfance, pour devenir métropolite de Moscou (sous le nom de Philippe II de Moscou et de toutes les Russies). Alors que le Tsar pensait avoir un métropolite à sa botte, Philippe n’hésite pas à dénoncer publiquement (en plein office, dans la cathédrale même de la Dormition au Kremlin) les crimes d’Ivan, qui le dépose et l’exile au monastère Otrocha, à Tver, avant d’ordonner de le faire étrangler par son bourreau préféré Maliouta Skuratov. Entrant dans la cellule de saint Philippe, le bourreau se jeta à ses pieds et dit:
– O Maître, saint, donnez votre bénédiction au roi qui va faire campagne à Novgorod.
Mais saint Philippe lui répliqua :
– Faites ce que vous voulez, mais le don gratuit de Dieu ne sera pas trompé.
Le bourreau l’étouffa alors avec un oreiller.
Philippe avait demandé le saint Viatique 3 jours auparavant.

Après être mort en martyr, le corps de saint Philippe fut enterré au monastère Otrocha de Tver. Les moines du monastère de Solovetski, où saint Philippe avait été higoumène, demandèrent en 1591 la permission de faire transférer les reliques dans leur monastère. Le corps demeuré incorrompu fut placé dans un tombeau, préparé par saint Philippe lui-même quand il était encore vivant, en dessous du portique du temple des saints Zosime et Sabbatius de Solovki, près de la tombe de l’Ancien Jonas (Shamin), son bien-aimé guide dans les pratiques monastiques. Dès cette première translation sont rapportés des miracles.

Reliques de saint Philippe de Moscou dans la cathédrale de la Dormition au KremlinEn 1652 le futur patriarche Nikon, alors encore métropolite de Novgorod, proposa de transférer à Moscou les reliques des trois hiérarques de cette ville qui étaient morts martyrs, savoir : celles du métropolite Philippe, des patriarches Job et Hermogène. Avec la bénédiction du patriarche Joseph, le métropolite Nikon partit en 1652 vers les îles Solovki pour ramener les reliques de saint Philippe, et les convoya solennellement vers Moscou. Dans les mains du saint se trouvait un document de repentance du Tsar Aleksei Mikhailovich, dans lequel il demandait pardon pour les péchés de son arrière-grand-père Ivan le Terrible, qui avait « transgressé » son propre pouvoir en affrontant celui de l’Eglise. Le 3 juillet, les saintes reliques parvinrent à Moscou. Dans la cathédrale de la Dormition du Kremlin, les reliques de saint Philippe sont placées sur le trône patriarcal durant dix jours, afin de marquer qu' »un pasteur, innocent et chassé, revint sur son trône ». Tout le jour durant, du matin jusqu’à la nuit, les cloches sonnaient comme si c’était Pâques, célébrant la glorification (canonisation) officielle par l’Eglise russe. Ensuite, les saintes reliques furent placées dans la cathédrale de la Dormition, à la porte sud du sanctuaire, contre l’iconostase.

Reliquaire de saint Philippe de Moscou
Reliquaire de saint Philippe de Moscou

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de Sa Sainteté.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 5, & 4 tropaires de la 3ème ode du canon de Sa Sainteté :
1. Le bon Larron sur la croix * eut foi en ta divinité, ô Christ ; * il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant : ** De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.
2. Sur le bois de la croix * pour nous les hommes tu fis fleurir la vie * et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu : ** Sauveur & Créateur, nous te chantons d’un même chœur.
3. Par ta mort, ô Christ, * tu as brisé la force de la mort, * ressuscitant tous les morts depuis Adam, ** qui te chantent comme vrai Dieu & Sauveur du genre humain.
4. Venues à ton sépulchre, Sauveur, * les saintes Femmes te cherchaient * pour embaumer la Source de vie, ** mais un Ange leur apparut pour leur dire : Il est ressuscité, le Seigneur !
5. Les douces lèvres du Christ notre Dieu, * apôtre Pierre, t’ont déclaré bienheureux * et du royaume t’ont désigné comme gardien ; ** c’est pourquoi nous te chantons.
6. Sur la pierre de ta divine confession * le Seigneur Jésus a posé * son Eglise inébranlablement : ** en elle nous te glorifions.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !
2. Tropaire de Sa Sainteté, ton 8 : Compagnons des pontifes saints & colonne de l’orthodoxie, * champion de la vérité & nouveau confesseur de la foi, * saint Philippe, tu as donné ta vie pour ton troupeau ; * c’est pourquoi, grâce au crédit que tu possèdes auprès du Christ, * prie-le pour ta ville & pour le peuple croyant ** qui célèbre comme il se doit ta mémoire sacrée.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de Sa Sainteté, ton 3 : Le fidèle guide de l’orthodoxie, * le prédicateur de la vérité, * l’imitateur du Pontife à la bouche d’or, * le luminaire de la Russie, * c’est le sage Philippe : louons-le, * car de ses discours il a nourri * en esprit ses enfants * qui le reconnaissent de lèvres & de cœur, * par des cantiques de louange & des hymnes sacrées, ** comme initiateur de la divine grâce du Christ.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 5 : Des enfers où tu descendis, mon Sauveur, * tu as brisé les portes, Tout-Puissant, * pour ressusciter les morts, ô Créateur ; * et tu brisas l’aiguillon de la mort, * Adam fut délivré de la malédiction ; * et nous, Seigneur, nous te crions : ** sauve-nous, dans ton amour pour les hommes.

Prokimen
Du dimanche, ton 5 :
℟. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
℣. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).
De Sa Sainteté, ton 8 :
℟. Ma bouche annonce la sagesse, & le murmure de mon cœur, l’intelligence (Psaume 48, 4).

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 110) XII, 6-14.
Bénissez ceux qui vous persécutent ; bénissez-les, et ne faites point d’imprécation
De Sa Sainteté : Hébreux (§ 335) XIII, 17–21.
Priez pour nous : car nous osons dire que notre conscience ne nous reproche rien, n’ayant point d’autre désir que de nous conduire saintement en toutes choses.

Alleluia
Du dimanche, ton 5 :
℣. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
℣. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).
De Sa Sainteté, ton 2 :
℣. La bouche du juste méditera la sagesse ; et sa langue parlera selon l’équité et la justice. (Psaume 36, 30).

Evangiles
Du dimanche : Matthieu (§ 29) IX, 1-8.
Car lequel est le plus aisé, ou de dire, Vos péchés vous sont remis ; ou de dire, Levez-vous, et marchez ?
De Sa Sainteté : Jean (§ 36) X, 9–16.
Je suis le bon Pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.
De Sa Sainteté : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du Vème dimanche après la Pentecôte – Icône de la Mère de Dieu de Tikhvine

Icone de la Mère de Dieu de Tikhvine
Icone miraculeuse de la Mère de Dieu de Tikhvine.
Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 9 juillet 2017 du calendrier grégorien – 26 juin 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15. Après la divine liturgie, bénédiction solennelle des icônes écrites par l’atelier d’iconographie au cours de cette année (texte de la bénédiction des icônes).

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour l’apparition de l’icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Tikhvine (1383).

Le 26 juin 1383, une icône de la Mère de Dieu apparut à quatre reprises dans la région qui va du Lac Ladoga à Novgorod (l’icône flottait dans les airs), la dernière apparition ayant eut lieu à proximité de la ville de Tikhvine (Тихвин, parfois transcrit Tichvine), sur la rive gauche de la rivière Tikhvinskaïa, où l’on bâtit un sanctuaire pour l’abriter.

On l’identifia peu après à une icône qui avait disparu de Constantinople, ville qui l’aurait elle-même reçu de Jérusalem au Vème siècle.

L’église en bois qui avait été édifiée sur le lieu de la dernière apparition brûla à trois reprises mais l’icône demeura à chaque fois intacte. Cette église fut rebâtie en pierre sur ordre de Basile III le Grand, grand prince de Vladimir et de Moscou, de 1507 à 1515. Puis en 1560 fut fondé autour de cette église le monastère de la Dormition de la Mère de Dieu de Tikhvine (Тихвинский Богородичный Успенский монастыр) sur ordre du Tsar Ivan III le Terrible.

En 1613, les armées suédoises pénétrèrent sur le sol russe et s’emparèrent de Novgorod. Les habitants de la région coururent se réfugier au monastère de Tikhvine. Les champs furent dévastés, le bétail dispersé, et le monastère encerclé par l’ennemi protestant. Les moines et les habitants réfugiés se préparaient à affronter un long siège. La Toute-Sainte Vierge apparut une nuit à une femme du nom de Marie, qui avait peu de temps auparavant recouvré la vue devant l’icône : « Dis aux défenseurs que l’ennemi n’entrera pas dans le monastère. Prends mon icône, et faites une procession sur les remparts du monastère ! » Les moines agirent selon les paroles de la Reine des cieux, et les Suédois levèrent le camp en effet.

Pendant la guerre contre Napoléon de 1812, et de même lors de la guerre de Crimée de 1855-1856, l’icône fut empruntée au monastère pour soutenir le moral des troupes russes.

Procession avec l'icône de Tikhvine en 1812.
Procession avec l’icône de Tikhvine en 1812.

De nombreux miracles sont signalés autour de cette icône, ou bien de ses nombreuses copies diffusées un peu partout en Russie. Parmi les plus connus, la guérison miraculeuse au XIXème d’une jeune protestantes de Saint-Pétersbourg nommée Catherine Levestam, qui ne pouvait plus marcher. La Mère de Dieu lui était apparue dans son sommeil en lui disant : « Va à la cathédrale Saint-Isaac. Là se trouve une copie de mon icône de Tikhvine. Si tu la vénères, tu seras guérie ». Les paroles étaient si convaincantes que Catherine, toute protestante qu’elle était, fit le trajet transportée en calèche, fut portée dans l’église, et, dès qu’elle aperçut l’icône de la Mère de Dieu, s’écria : « C’est elle ! » On la déposa sur le sol et, quand elle put tenir debout sans aide, elle s’approcha de l’icône et l’embrassa. La guérison fut instantanée.

Icône de la Mère de Dieu de Tikhvine avec son riza (revêtement précieux).
Icône de la Mère de Dieu de Tikhvine avec son riza (revêtement précieux).

Lors de la Seconde Guerre mondiale, la ville de Tikhvine fut prise le 8 novembre 1941 par le 39ème Corps blindé allemand, afin de couper le ravitaillement de Léningrad. La ville fut rapidement libérée par l’Armée rouge le 9 décembre 1941, mais durant leur courte occupation, les Nazis avaient pillé le monastère de Tikhvine, emportant entre autres l’icône miraculeuse, qui avait pourtant échappée aux spoliations des objets d’art religieux par les Soviétiques dans les années 1920.

Les Nazis firent passer l’icône à Pskov puis à Riga en Lettonie. Lorsqu’ils évacuèrent la ville en 1944, l’icône put être récupérée et miraculeusement sauvée par Mgr Jean Garklavs, évêque orthodoxe de Riga. Avec sa mère, son fils adoptif Serge et un petit groupes de prêtres orthodoxe lettons, Mgr Jean choisit de prendre la fuite devant l’avancée des troupes communistes, en emportant avec lui la précieuse icône. Ils parvinrent en Bavière où l’évêque contribua à l’organisation de paroisses orthodoxe, avant d’émigrer en 1949 aux Etats-Unis et d’intégrer la Métropole orthodoxe américaine (actuelle Eglise orthodoxe d’Amérique), étant nommé évêque de Détroit et Cleveland en 1949, puis archevêque de Chicago-Minneapolis en 1957. L’icône miraculeuse de Tikhvine fut alors vénérée dans la cathédrale de la Sainte-Trinité de Chicago, y demeurant sous la protection de l’archevêque Jean jusqu’à sa mort en 1982, puis de son fils adoptif le prêtre Serge Garklavs, à condition qu’il la restitue au monastère de Tikhvine si celui-ci devait un jour reprendre vie.

Avec la fin du Communisme en Russie, ce monastère fut bien heureusement rendu à l’Eglise russe en 1995, la vie monastique y refleurissant peu après. Accomplissant le vœu de son père adoptif, le prêtre Serge Garklavs proposa en 2003 le retour de l’image sainte, qui fut accompli triomphalement en 2004, déplaçant des foules gigantesques sur son trajet, tant à Moscou qu’à Saint-Pétersbourg. L’icône retrouva la place que la Mère de Dieu lui avait assignée en 1383 le 8 juillet 2004, veille de la fête liturgique de Notre-Dame de Tikhvine.

Monastère de la Dormition de la Mère de Dieu de Tikhvine
Monastère de la Dormition de la Mère de Dieu de Tikhvine

L’icône de la Mère de Dieu de Tikhvine appartient au type Hodighitria (οδηγεώ : je conduis, je guide). Dans ce type iconographique, la Mère de Dieu montre son Fils avec sa main droite, guidant par là même les hommes vers Dieu et vers le salut éternel ; l’Enfant-Jésus, lui, bénit le geste de sa Mère avec sa main droite. La particularité du type iconographique de Tikhvine réside dans un petit détail : les jambes de l’Enfant-Christ sont croisées, avec la plante de l’un de ses pieds tournée vers celui qui contemple l’icône.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la Mère de Dieu.

A la divine liturgie

Tropaires des Béatitudes : Six tropaires du dimanche, ton 4, et quatre tropaires de la IIIème ode du canon de la Mère de Dieu :
1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Pour nous l’Impassible devient homme de douleur * et sur la croix se laisse clouer, * afin de nous ressusciter avec lui ; * aussi nous glorifions avec la Croix * les Souffrances & la sainte Résurrection * par lesquelles nous fûmes rénovés, * obtenant le salut en criant : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
6. Ressuscité d’entre les morts * et dépouillant l’empire de la Mort, * il apparut aux Myrrophores, leur annonçant la joie ; * et nous fidèles, prions-le * d’épargner à nos âmes la corruption, * lui répétant sans cesse la parole du bon Larron : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleines de fierté, aux Apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
2. Tropaire de la Mère de Dieu, ton 4 : En ce jour comme un soleil resplendissant a brillé pour nous dans les airs, * Notre Dame, ton icône toute-digne de vénération, * illuminant de ta rayonnante miséricorde le monde entier ; * et, la grande Russie, * comme un don de Dieu, l’ayant reçue d’en haut avec piété, * te glorifie, Mère de Dieu, Souveraine de l’Univers, * & magnifie avec joie notre Dieu, le Christ, né de toi ; ô Dame & Reine Mère de Dieu, prie-le * de garder toute ville et contrée chrétienne * à l’abri de toutes les incursions ennemies* et de sauver les fidèles se prosternant devant Lui et devant ton image sacrée, ** ô Vierge inépousée.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon Sauveur & mon libérateur * a ressuscité tous les mortels, * les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau ; * il a brisé les portes de l’Enfer ** et en maître souverain il est ressuscité le troisième jour.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de la Mère de Dieu, ton 8 : Tous ensemble accourons vers la Vierge Mère de Dieu et Reine * rendant grâces au Christ Dieu * et de tout cœur devant l’icône miraculeuse * prosternons-nous et crions vers elle : O Marie notre Dame ! * toi qui as visité miraculeusement ce pays par l’apparition de ta vénérable icône, * garde en paix l’ensemble des Chrétiens, * fais qu’ils héritent l’éternelle vie. ** Nous te chantons avec foi : réjouis-toi, ô Vierge, salut du monde !

Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
℟. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
℣. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).
De la Mère de Dieu, ton 3 :
℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 103) X, 1-10.
Si vous confessez de bouche que Jésus est le Seigneur, et si vous croyez de cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, vous serez sauvé.
De la Mère de Dieu : Philippiens (§ 240) II, 5-11.
Mais il s’est anéanti lui-même en prenant la forme et la nature de serviteur, en se rendant semblable aux hommes, et étant reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui au dehors.

Alleluia
Du dimanche, ton 4 :
℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).
De la Mère de Dieu, ton 8 :
℣. Ecoute, ma fille, regarde et tends l’oreille (Psaume 44, 11).

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 28) VIII, 28 à IX, 1.
Deux possédés qui étaient si furieux que personne n’osait passer par ce chemin-là, sortirent des sépulcres, et vinrent au-devant de lui ; ils se mirent en même temps à crier, et à lui dire : Jésus, fils de Dieu ! qu’y a-t-il entre vous et nous ?
De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42; XI, 27-28.
Jésus lui dit : Mais plutôt heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent !

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du IVème dimanche après la Pentecôte – saint Jude – ton 3

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 2 juillet 2017 du calendrier grégorien – 19 juin 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint Apôtre Jude, frère du Seigneur.

Saint Jérôme avait surnommé cet Apôtre le Trinome, car en effet il est connu dans les Ecritures sous trois noms différents, ou plutôt sous son nom et deux surnoms qui lui ont été d’autant plus volontiers donnés qu’il fallait absolument le distinguer de l’autre apôtre de ce nom, Judas l’Iscariote.

  1. Judas (Ἰούδας), francisé plus volontiers en Jude, est le prénom de notre Apôtre. Il est désigné souvent dans l’Ecriture comme « Jude de Jacques », sans que l’on sache si cela signifie qu’il est fils ou bien frère d’un Jacques. Néanmoins, en raison du premier verset de l’Epître de Jude, où l’auteur s’identifie par son frère, on interprète cette expression plus volontiers comme « Jude, frère de Jacques » :
    • Luc VI, [15]-16 : « Jacques d’Alphée ; Simon le Cananéen ; Judas de Jacques ; et Judas Iscariote, qui fut celui qui le trahit. »
    • Actes I, 13 : « Et étant entrés, ils montèrent à une chambre haute, où demeuraient Pierre, Jean, Jacques, André, Philippe, Thomas, Barthélemy, Matthieu ; Jacques d’Alphée ; Simon le Zélote ; et Jude de Jacques. »
    • Jude 1 : « Jude, serviteur de Jésus-Christ, et frère de Jacques : à ceux que Dieu le Père a aimés, et que Jésus-Christ a conservés en les appelant. »
  2. Thaddée (Θαδδαιος), est l’un de ses surnoms et constitue vraisemblablement une hellénisation du surnom araméen Addaï.
    • Marc III, 18 : « André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas ; Jacques, fils d’Alphée ; Thaddée ; Simon le Cananéen ».
  3. Lebbée (Λεββαιος), qui est peut-être une variante de Lévy, apparait parfois dans certains manuscrits.
    • Matthieu X, 3 : « Jacques de Zébédée, et Jean, son frère ; Philippe, et Barthélemy ; Thomas, et Matthieu le publicain ; Jacques d’Alphée, et Lebbée surnommé Thaddée » (certains manuscrits n’indiquent ici que Thaddée seul).

De plus certains manuscrits latins ajoutent dans les listes des Douze Apôtres le qualificatif de Zélote également à Jude, comme à Simon. Ce qualificatif se retrouve aussi chez saint Jérôme, dans le décret du Pape Gélase sur le canon biblique, ainsi que dans certains manuscrits grecs des Constitutions Apostoliques (IVème s.). Les Zélotes étaient alors un courant du Judaïsme palestinien refusant la moindre compromission avec le pouvoir impérial romain.

Cette abondance de noms et surnoms provient de l’impérieuse nécessité de distinguer les deux Judas qui sont dans la liste des Douze Apôtres du Christ. C’est ainsi que saint Jean se sent obligé de préciser : « Judas, non pas l’Iscariote, lui dit : Seigneur ! d’où vient que vous vous découvrirez vous-même à nous, et non pas au monde ? » (Jean XIV, 22)

Il est significatif que Jude soit toujours nommé dans les listes apostoliques en même temps que Simon et Jacques d’Alphée, car ils étaient manifestement frères, avec Joseph (ou Joset), ayant des sœurs dont les noms ne nous sont pas parvenus. Ils étaient en effet les cousins de Jésus, désignés, à la manière sémite, sous le nom de frères et sœurs de Jésus : « N’est-ce pas là ce charpentier, ce fils de Marie, frère de Jacques, de Joseph, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? Et ils se scandalisaient à son sujet. » (Marc VI, 3). On sait que leur mère s’appelait Marie, que cette Marie mère de Jacques le Mineur & de Joseph (dénommée Marie Jacobé par la tradition provençale) était l’une des femmes ayant assisté à la Crucifixion (et aussi parmi les premières témoins de la Résurrection) dans les Evangiles de Matthieu, de Marc & de Luc (« entre lesquelles étaient Marie-Magdeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée. » Matthieu XXV, 56 – « Il y avait aussi là des femmes qui regardaient de loin, entre lesquelles étaient Marie-Magdeleine, Marie, mère de Jacques le mineur et de Joseph, et Salomé. » Marc XV, 40 – « Cependant Marie-Magdeleine, et Marie de Joseph, regardaient où on le mettait. » Marc XV, 47 – « Lorsque le sabbat fut passé, Marie-Magdeleine, et Marie de Jacques, et Salomé, achetèrent des parfums pour venir embaumer Jésus. » Marc XVI, 1 – « Celles qui firent ce rapport aux apôtres, étaient Marie-Magdeleine, Jeanne, et Marie de Jacques, et les autres qui étaient avec elles. » Luc XXIV, 10), tandis que l’Evangile de Jean la désigne dans les mêmes scènes comme Marie de Cléophas (« Cependant la mère de Jésus, et la sœur de sa mère, Marie de Cléophas, et Marie-Magdeleine, se tenaient auprès de sa croix. » Jean XIX, 25). Avec la tradition la plus ancienne, il faut donc admettre que Alphée et Clopas (ou Cléophas) ne forment qu’un individu. C’est en effet ce que rapporte un des Pères Apostoliques, de la génération qui suivit immédiatement les Apôtres, saint Papias d’Hiérapolis (c. 60-130) : « Marie la femme de Cléophas ou Alphée, qui était la mère de Jacques l’évêque et apôtre, et de Simon et Thaddée, et de Joseph ». Outre cette parenté avec le Christ rapportée par saint Jean l’Evangéliste (Marie de Cléophas est sœur de la Vierge Marie), la tradition ancienne rapporte une seconde parenté de Jacques, Jude, Simon et Joseph avec le Christ, puisque Cléophas serait frère de saint Joseph au témoignage d’Hégésippe (né vers 115 à Jérusalem et mort en 180), cité par Eusèbe de Césarée : « Tous, d’une seule pensée, décidèrent que Siméon, fils de Clopas, qui est mentionné dans le livre de l’Évangile, était digne du siège de cette Église : il était, dit-on, cousin du Sauveur. Hégésippe raconte en effet que Clopas était le frère de Joseph » (Eusèbe de Césarée Hist. eccl. 3, 11). Du reste, si saint Jean appelle Marie de Clopas sœur de la Mère de Jésus, il semble bien qu’il faille entendre ici qu’elle était sa belle-sœur par alliance (il est peu probable que deux sœurs réelles portassent le même nom). Par ailleurs, aux dires de saint Hippolyte de Rome (IIIème siècle), le vrai prénom de Cléophas serait Jude (comme son fils).

Après la Pentecôte, lorsque les disciples durent remplacer Judas Iscariote parmi les Douze, l’un des deux candidats fut Joseph Barsabas dit le Juste, que la tradition a toujours identifié avec Joseph frère de Jésus (« Alors ils en présentèrent deux : Joseph, appelé Barsabas, surnommé le Juste ; et Matthias. » Actes I, 23). Plus loin, les Actes des Apôtres évoquent l’action d’un Jude Barsabas (« Alors il fut résolu par les apôtres et les prêtres, avec toute l’Église, de choisir quelques-uns d’entre eux pour les envoyer à Antioche, avec Paul et Barnabe : Jude, surnommé Barsabas, et Silas, qui étaient des principaux entre les frères » Actes XV, 22 – « Nous vous envoyons donc Jude et Silas, qui vous feront entendre les mêmes choses de vive voix. » Actes XV, 27 – « Jude et Silas étant eux-mêmes prophètes, consolèrent et fortifièrent aussi les frères par plusieurs discours. » Actes XV, 32 – « Silas néanmoins jugea à propos de demeurer à Antioche, et Jude retourna seul à Jérusalem. » Actes XV, 34). L’identité des deux noms conduit à penser qu’ils étaient frères. Aussi Jude Barsabas est identifié par la Tradition comme le frère du Seigneur et apôtre Thaddée, compagnon temporaire de saint Paul dans l’évangélisation, comme le rappelle le premier Kondakion de l’office byzantin de saint Jude (notons que saint Jacques le Mineur est aussi appelé « le Juste »).

Saint Jude Apôtre & Frère du SeigneurSaint Jude, frère du Seigneur, nous a laissé une des épitres catholiques du Nouveau Testament. Assez courte (elle ne comporte que 25 versets), elle n’est pas adressée à une Eglise particulière, de même que les autres épîtres que l’on qualifie de « catholiques » (« universelles ») pour cette raison.

Selon la tradition, après la Pentecôte, l’Apôtre Jude commença par évangéliser la Judée, la Galilée, la Samarie et l’Idumée, puis par la suite l’Arabie des Nabatéens et la Syrie.

Nous savons par ailleurs qu’au cours du Ier siècle de notre ère, la foi véritable fut apportée à Edesse, avec le Mandylion, par Thaddée (Addaï), qui parvint à la conversion du roi Agbar V et de son peuple, faisant ainsi de l’Osrhoène le premier royaume chrétien de l’histoire. Le Mandylion désigne le portrait acheiropoïète (αχειροποίητα) du Christ apporté à Agbar par saint Thaddée et qui obtint la guérison du roi. Il est vraisemblable qu’il s’agissait du Saint Suaire de Turin plié de façon à ne laisser apparaître que le visage du Christ. Saint Hippolyte de Rome & saint Dorothée de Gaza (IIIème s.) et surtout Eusèbe de Césarée (IVème s.) qui avait pu accéder aux archives syriaques du royaume d’Edesse, indiquent que ce Thaddée faisait partie des 70 Disciples du Christ, ce qui entraîna beaucoup de commentateurs ultérieurs à le distinguer de l’Apôtre Jude Thaddée. Pour saint Jérôme en revanche, il s’agit bien du même personnage, qui comme les autres frères du Seigneur, sont systématiquement comptés dans les listes anciennes des 70 Disciples (en dépit du fait que Jacques le Mineur, Simon et Jude étaient aussi comptés parmi les Douze). Il semble bien que la conversion de la Mésopotamie ait été conduite par Thaddée et Thomas, assistés par saint Mari (successeur de saint Thomas sur le siège de Séleucie-Ctésiphon) et saint Aggaï (successeur de saint Thaddée sur le siège d’Edesse). L’Eglise née de cette évangélisation de la Mésopotamie (actuelles Eglises Assyriennes de l’Orient et Eglise Chaldéenne catholique) utilise jusqu’aujourd’hui pour la célébration du saint sacrifice l’anaphore (ou canon) des saints Addaï (Thaddée) et Mari. Les formulations très archaïques de ce texte vénérable peuvent bien remonter pour la partie la plus ancienne (facilement identifiable) au moins au IInd siècle de notre ère.

Monastère arménien Saint-Thaddée - Iran
Monastère arménien Saint-Thaddée – Iran.
D’Edesse, saint Thaddée évangélisa l’Adiabène, alors gouvernée à Arbèles (l’actuelle Erbil au Kurdistan irakien) par le roi Izatès II qui était converti au Judaïsme. Puis il passa en Arménie, alors gouvernée par le roi Sanatruk Ier qui était le neveu d’Agbar V d’Edesse. Il convertit Sandukht, la fille du roi, avant d’être martyrisé en même temps que cette princesse et 3500 des premiers chrétiens dans la ville de Maku (Nord de l’Iran actuel) où s’élève un monastère arménien sur le lieu de son martyre.

Le saint Apôtre Jude avait été marié et sa descendance existait encore à la fin du Ier siècle. Ses petits fils furent en effet convoqués à Rome par l’empereur Domitien lui-même, en leur qualité de plus proches parents de Jésus, car l’empereur (qui régna de 81 à 96) était inquiet de l’émergence de la royauté du Christ que proclamaient les premiers chrétiens. Ayant constaté qu’il ne s’agissait que d’humbles Palestiniens sans fortune, rassuré, il les renvoya. Voici le passage d’Eusèbe dans son Histoire Ecclésiastique, Livre III, chapitres 19 & 20, qui relate cet épisode :

Le même Domitien ordonna de détruire tous les Juifs qui étaient de la race de David : une ancienne tradition raconte que des hérétiques dénoncèrent les descendants de Jude, qui était, selon la chair, frère du Sauveur, comme appartenant à la race de David et parents du Christ lui-même. C’est ce que montre Hégésippe quand il s’exprime en ces termes :

« II y avait encore de la race du Sauveur les petits-fils de Jude qui lui-même était appelé son frère selon la chair : on les dénonça comme descendants de David. L’avocatus les amena à Domitien ; celui-ci craignait la venue du Christ, comme Hérode. L’empereur leur demanda s’ils étaient de la race de David ; ils l’avouèrent ; il s’enquit alors de leurs biens et de leur fortune : ils dirent qu’ils ne possédaient ensemble l’un et l’autre que neuf mille deniers, dont chacun avait la moitié; ils ajoutèrent qu’ils n’avaient pas cette somme en numéraire, mais qu’elle était l’évaluation d’une terre de trente-neuf plèthres, pour laquelle ils payaient l’impôt et qu’ils cultivaient pour vivre. Puis ils montrèrent leurs mains et, comme preuve qu’ils travaillaient eux-mêmes, ils alléguèrent la rudesse de leurs membres, et les durillons incrustés dans leurs propres mains, indice certain d’un labeur continu. Interrogés sur le Christ et son royaume, sur la nature de sa royauté, sur le lieu et l’époque de son apparition, ils firent cette réponse, que le règne du Christ n’était ni du monde ni de la terre, mais céleste et angélique, qu’il se réaliserait à la fin des temps, quand le Christ venant dans sa gloire jugerait les vivants et les morts et rendrait à chacun selon ses œuvres. Domitien ne vit rien là qui fût contre eux ; il les dédaigna comme des gens simples, les renvoya libres et un édit fit cesser la persécution contre l’Eglise. Une fois délivrés, ils dirigèrent les églises, à la fois comme martyrs et parents du Seigneur, et vécurent après la paix jusqu’au temps de Trajan. Tel est le récit d’Hégésippe.

On connait le nom de l’un des arrières-petits-fils de saint Jude Thaddée, appelé Jude Kyriakos (« Jude du Seigneur ») ou Jude de Jérusalem, qui fut évêque de Jérusalem. Ce siège semble être resté dans la famille du Christ, puisqu’il avait été d’abord occupé par son arrière-grand oncle l’Apôtre saint Jacques le Mineur, dit Le Juste, frère du Seigneur, puis par son autre arrière-grand-oncle l’Apôtre saint Simon, puis en troisième lieu par le saint Juste, fils de saint Jacques le Mineur. Jude Kyriakos fut le dernier évêque judéo-chrétien de Jérusalem : après la révolte de Bar Kochba en 132-135, la ville fut en effet rasée par Hadrien et interdite aux Juifs, qui toutes tendances confondues furent expulsés ; le métropolite de Césarée nomma Marc comme premier évêque grec d’Ælia Capitolina, nouveau nom de Jérusalem.

Par les prières de ton saint Apôtre Jude, Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de nous.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de l’Apôtre. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

A sexte : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de l’Apôtre. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de l’Apôtre.

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du dimanche, ton 3, & 4 tropaires de la IIIème ode du canon de l’Apôtre, œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845) :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Aux Myrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant : Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
7. Les Disciples du Christ ont vu leur majesté * au-dessus de toute magnificence s’élever, * puisqu’ils en furent les amis, * les compatriotes, les intimes, les compagnons ** et qu’ils révélèrent ses mystères divins.
8. Jude, tes frères te loueront, * comme frère te retenant * du Verbe qui est apparu dans la chair, * du Fils coéternel qui avant les siècles a brillé, ** comme soleil, du Père éternel.
9. Mortifiant tes membres terrestres, tu demeuras, * Bienheureux, avec le Christ, la vie de l’univers, * et, par tout le monde habité, * de la vivifiante Vie tu fus l’annonciateur ** en prononçant les paroles de vie.
10. Plus que toutes, tu fus comblée de grâce, * Vierge pure, et surpassas * tout être en sainteté, * t’élevant au-dessus des puissances célestes, ** toi qui es la Mère de Dieu.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Tropaire de l’Apôtre, ton 1 : Te sachant de la famille du Christ, ô Jude, * et son Martyr inébranlable, * nous te célébrons saintement, * toi qui as détruit l’erreur et préservé la foi ; * aussi célébrant ce jour ta très sainte mémoire, ** nous recevons par tes prières la rémission des péchés.
3. Kondakion de l’Apôtre, ton 2 : Compagnon d’évangélisation de Paul, ô Apôtre, * avec lui, tu nous as annoncé la proclamation de la grâce divine, * ô bienheureux apôtre Jude qui nous enseignes les mystères. * Par conséquent, nous te crions : * Prie sans cesse pour nous tous.
4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Autre kondakion de l’Apôtre, ton 2 : Tu as été élu pour être un ferme disciple * et une colonne inébranlable de l’Église du Christ, * tu as enseigné la parole du Christ aux nations * afin qu’elles croient en un Dieu unique ; * glorifié par lui, tu as reçu le don des guérisons ** pour soigner les infirmités de ceux qui accourent vers toi.
6. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
7. Kondakion du dimanche, ton 3 : Du tombeau tu es ressuscité * en ce jour, ô Dieu de miséricorde, * nous arrachant aux portes de la mort ; * en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie, * et tous ensemble les Patriarches & les Prophètes chantent inlassablement ** la force & la puissance de ta divinité.

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
℟. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; * sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
℣. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).
De l’Apôtre, ton 8 :
℟. Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5).

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 93) VI, 18-23.
Car la mort est la solde et le payement du péché ; mais la vie éternelle est une grâce et un don de Dieu, en Jésus-Christ notre Seigneur.
De l’Apôtre : Jude (§ 77) I, 1-10.
Jude, serviteur de Jésus-Christ, et frère de Jacques : à ceux que Dieu le Père a aimés, et que Jésus-Christ a conservés en les appelant.

Alleluia
Du dimanche, ton 3 :
℣. En toi, Seigneur, j’ai mon abri ; sur moi pas de honte à jamais (Psaume 30, 2).
℣. Sois pour moi un Dieu qui me défend, un lieu fort qui me sauve (Psaume 30, 3.)
De l’Apôtre, ton 1 :
℣. Les cieux rendent grâce pour tes merveilles, Seigneur, pour ta fidélité, dans l’assemblée des saints (Psaume 88, 6).

Evangiles
Du dimanche : Matthieu (§ 25) VIII, 5-13.
Mais le centenier lui répondit : Seigneur ! je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison ; mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri.
De l’Apôtre : Jean (§ 48) XIV, 21-24.
Judas, non pas l’Iscariote, lui dit : Seigneur ! d’où vient que vous vous découvrirez vous-même à nous, et non pas au monde ?

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De l’Apôtre : Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5). Alléluia, alléluia, alléluia.

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Programme du IIIème dimanche après la Pentecôte – saints Onuphre le Grand & Pierre l’Athonite – ton 2

Saint Onuphre le GrandParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 25 juin 2017 du calendrier grégorien – 12 juin 2017 du calendrier julien, divine liturgie de 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour notre Vénérable Père Onuphre le Grand.

Le prénom Onuphre (en grec Ὀνούφριος, en latin Onuphrius, en copte Unnufer) vient de l’égyptien ancien wnn nfr (« éternellement beau ou bon »). Il a donné en italien Onofrio, en portugais et en espagnol Onofre et en anglais Humphrey.

Saint Onuphre le Grand vécut en Basse Thébaïde au IVème siècle. Sa vie nous nous est connue par le récit que fit le moine Paphnuce, lequel enquêtait sur la vie des solitaires du désert égyptien. Saint Onuphre dut naître sous le règne de Dioclétien et entra tout jeune au monastère d’Abage situé près d’Hermopolis Magna (Khemenou des anciens Egyptiens, près de l’actuelle El-Ashmounein, en Moyenne-Egypte). Ce cénobium comptait alors une centaine de moines et où l’on observait le silence entre les offices. Animé du désir de conformer sa vie à celles du prophète Elie et de saint Jean-Baptiste, et selon le cursus déjà classique à l’époque du passage à la vie érémitique après une expérience de vie en communauté, Onuphre quitta son monastère pour vivre la vie de solitaire au désert. Ne sachant vers où se diriger, il aperçut une lumière qui allait devant pour le conduire, ce qui le rendit perplexe. Il entendit une voix qui le tira de cette incertitude :

Ne crains rien, c’est ton ange gardien qui t’éclaire en ton entreprise, que Dieu a fort agréable.

Saint Onuphre le GrandCette lumière le guida jusqu’à un ermite que le grand âge rendait vénérable, et auprès duquel il apprit les bases de la vie érémitique. Puis ce vieillard le conduisit jusqu’à une caverne à quatre jours de marche dans le désert, où une source et un dattier lui fournirent toute sa pitance pendant les soixante-dix ans qu’il passa là en prière sans voir personne. Lorsque le moine Paphnuce le rencontra à la fin de sa vie, celui-ci douta tout d’abord si c’était un homme ou une bête : ses vêtements étant depuis longtemps tombés en poussière, Onuphre n’était plus couvert que de ses cheveux et de ses poils, fort longs, ayant seulement autour des reins un tortillon de feuillage (comme nous le représentent la plupart des icônes). Paphnuce recueillit les nombreuses expériences et combats spirituels de l’ermite, et le lendemain de leur rencontre, Onuphre lui tint ce discours :

Ne craignez point, mon frère Paphnuce, car Notre Seigneur, qui est miséricordieux, vous a ici envoyé pour enterrer mon corps ; j’achève aujourd’hui le cours de ma vie et m’en vais au lieu de repos. Si vous allez en Egypte, avertissez les moines de ce que je vous ai dit & des grandes miséricordes que j’ai reçues de Dieu, en la bonté duquel je me confie, et qui ne refusera jamais ses faveurs à ceux qui se recommandent à lui, me prenant pour leur intercesseur, comme je l’en ai supplié ».

Ayant donné sa bénédiction à Paphnuce, Onuphre expira. C’était un 12 juin, vraisemblablement sous l’empereur Valens (364 – 378).

Monastère de Saint-Onuphre - Jérusalem
Monastère de Saint-Onuphre – Jérusalem

Saint Onuphre fut très tôt honoré en Orient comme en Occident. Un monastère qui lui est dédié est situé à Jérusalem dans la vallée de la Géhenne, sur le lieu que la tradition rapporte être le champ du Potier (ou Champ du Sang – Akeldama, acheté par le Sanhédrin avec les 30 deniers de Judas Iscariote pour la sépulture des étrangers). Les chapelles des cimetières byzantins sont d’ailleurs souvent dédiées à saint Onuphre. Antoine, archevêque de Novgorod, témoigne que de son temps (1200), la relique du chef de saint Onuphre était conservée dans l’église de Saint-Acindinus. A Rome, le titre cardinalice de Saint-Onuphre (Sant’Onofrio) est une belle église du Trastevere construite en 1439 sur le site d’un ancien hermitage de Hiéronymites. En Occident, saint Onuphre est le patron des tisserands (puisqu’il avait perdu ses vêtements et n’était plus vêtu que de ses cheveux et d’une ceinture de branchages !). Saint Onuphre est devenu co-patron de la ville de Palerme en 1650.

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Saint Pierre l'AthoniteNous fêtons également en ce jour un second ermite, notre Vénérable Père Pierre l’Athonite.

Pierre l’Athonite vécut en ascète sur la Montagne Sainte au cours du IXème siècle. Sa vie appartient à la « préhistoire » encore mal connue du monachisme athonite, dont l’histoire proprement dite commence par la chrysobulle de l’empereur Basile Ier de 885 donnant la Sainte Montagne aux moines. La sainteté de Pierre, avérée par les nombreux miracles qu’il accomplit par ses reliques une fois mort, fut si évidente qu’un office en son honneur fut très tôt composé : le canon de matines est en effet de la main de saint Joseph l’Hymnographe, qui mourut en 886. Sa Vie, reprenant deux documents plus anciens, fut mise en forme entre 970 et 980 par un moine de l’Athos du nom de Nicolas et fut reprise au XIVème siècle par saint Grégoire Palamas dans son Discours sur la vie admirable et angélique de Pierre, qui est un éloge de la vie hésychaste.

Voici la vie de Pierre, racontée par le moine Nicolas. Notre saint fut d’abord soldat de la cinquième Schole dans l’armée impériale. Au cours d’une campagne contre les Arabes musulmans, il fut fait prisonnier et enfermé dans une prison à Samarra, au Nord de Bagdad, ville que le calife abbasside Al-Mutasim venait de reconstruire pour devenir la capitale du califat en 836. En méditant sur son sort, Pierre parvint à la conclusion qu’il avait été justement puni, car, ayant promis dans sa jeunesse de devenir moine, il n’avait pas tenu ses engagements. Il adresse alors ses prières à saint Nicolas, lui promettant que s’il venait à être libéré, il irait se faire tonsurer à Rome (il est vrai que l’Orient était alors infecté par l’hérésie iconoclaste jusqu’à la mort de l’empereur Théophile en 842). Libéré après avoir reçu trois apparitions de saint Nicolas dans sa prison, il tint parole et reçut à Rome la tonsure monastique des mains du pape lui-même.

Saint Pierre l'AthoniteDurant son voyage de retour vers l’Orient, Pierre accomplit son premier miracle en guérissant par ses prières une famille entière à l’article de la mort. Surtout, il reçut une apparition de la Vierge Marie qui lui prédit le sort merveilleux qui sera réservé au Mont-Athos et l’engage à aller s’établir en ce lieu. Ce qu’il fait en se retirant dans une grotte, où il va vivre cinquante-trois ans, sans voir un seul être humain. Privé de tout, il est constamment attaqué et tenté par le demon, mais sort vainqueur de cette rude lutte avec l’aide de la Mère de Dieu et revêt le manteau de l’impassibilité (hesychia). Au bout de ces cinquante trois ans de prière continuelle, un chasseur découvre Pierre et lui promet de revenir l’année suivante. Or lorsque l’homme revient accompagné de son frère et de deux moines, ils trouvent saint Pierre l’Athonite mort. Ayant transporté son corps tout d’abord au couvent de Klementos (futur Monastère d’Iviron), l’un des tous premiers monastères de l’Athos, les deux moines, devant le grand nombre de miracles qui s’accomplissaient, choisissent de voler les reliques et de s’enfuir avec elles de l’Athos. Mais ils n’exploitèrent pas longtemps leur trésor : arrivé dans une petite ville de Thrace du nom de Photokomi, les miracles y furent si abondants que l’évêque de la contrée obligea les deux voleurs à déposer le corps du saint dans sa cathédrale.

Il est vraisemblable que d’autres moines avaient précédé Pierre sur le Mont-Athos depuis l’Antiquité. Cependant, armé de la promesse de la Mère de Dieu d’en faire son jardin, on peut le regarder à bon droit comme le fondateur du mouvement monastique de la Sainte Montagne, toujours florissant. Son office a disparu des livres liturgiques grecs mais se conserve dans les Ménées russes.

Saint Pierre l'Athonite - fresque du monastère de Chevetogne (Belgique)
Saint Pierre l’Athonite – fresque du monastère de Chevetogne (Belgique)

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche, ton 2. Gloire au Père. Tropaire des Vénérables Pères. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche seulement.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, 4 tropaires de la 3ème ode du canon de Pierre, œuvre de saint Joseph l’Hymnographe (816 † 886), & 4 tropaires de la 6ème ode du canon d’Onuphre :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Ayant mis à mort les passions sur la terre, * ô Vénérable, * tu vivifias ton âme par les commandements divins, ** et reçus la vie et l’éclat éternels.
6. Sur la terre tu fus fait concitoyen des choeurs d’en haut, * ô très bienheureux, * demeurant dans la paix spirituelle ** et contemplant la beauté divine.
7. Caché dans les montagnes, * tu te tins à l’écart du commerce des hommes, * et tu fis voler ton esprit tout entier jusqu’à la beauté céleste, ** en exultant de joie.
8. Te reconnaissant comme le palais qui abrita l’essence ineffable, ô Vierge, * nous te glorifions comme cela t’est dû, ** car nous fûmes sauvés par ton enfant, ô toute Immaculée.
9. Encerclé par l’abîme de mes péchés, * j’invoque l’abîme insondable de ta compassion : ** de la fosse, mon Dieu, relève-moi.
10. Poussé par les souffles de l’Esprit, * tu abordas, vénérable Père, au calme port, ** ayant secoué le poids de la chair dans la tempérance.
11. Divinisé par divine inclination, * tu devins un ange sur terre, Onuphre bienheureux, ** ayant imité la vie de Jean et d’Elie.
12. Entravé par mes fautes et déchiré par les passions, * je te prie délivre-moi du mal, ** ô Vierge qui mis au monde notre joie.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, ô Vie immortelle, * alors l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité . * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : * Donateur de vie, Christ notre Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire des Vénérables Pères, ton 4 : Dieu de nos Pères, * qui nous traite depuis toujours selon ta mansuétude, * ne retire point de nous ta miséricorde, * mais, par leurs prières, ** gouverne notre vie dans la paix. (MP3)
3. Kondakion du Vénérable Père Onuphre, ton 3 : Illuminé par le rayonnement de l’Esprit Très-Saint, * ô divinement sage, * tu as abandonné tous les tumultes de la vie, * et, en arrivant au désert, ô Vénérable Père, tu as réjoui le Dieu & Créateur de toutes choses, * c’est pourquoi il te glorifie, ô Bienheureux, le Christ ** le grand donateur des biens.
4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Kondakion du Vénérable Père Pierre, ton 2 : T’étant soustrait de l’humaine société, tu as habité dans des grottes de pierre & des ravins profonds, * suivant ton désir divin, & par amour, Pierre, de ton Seigneur, * duquel tu as reçu la couronne. ** Prie sans relâche pour que nous soyons sauvés.
6. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
7. Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
℣. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
[Des Vénérables Pères, ton 7 :
℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).]

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 88) V, 1-10.
Or cette espérance n’est point trompeuse, parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné.
[Des Vénérables Pères : Galates (§ 213) V, 22 – VI, 2.]

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
℣. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
℣. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
[Des Vénérables Pères, ton 6 :
℣. Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui a une grande affection pour ses commandements (Psaume 111, 1).]

Evangiles
Du dimanche : Matthieu (§ 18) VI, 22-33.
Pourquoi aussi vous inquiétez-vous pour le vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent point, ils ne filent point : et cependant je vous déclare que Salomon même dans toute sa gloire n’a jamais été vêtu comme l’un d’eux.
[Des Vénérables Pères : Matthieu (§ 43) XI, 27-30.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[Des Vénérable Pères :Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.]

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