Programme de la fête de saint Jean de Matha – rit dominicain

Vicente Carducho - Ordination & première messe de saint Jean de Matha avec la vision de l'Ange

Vicente Carducho – Ordination & première messe de saint Jean de Matha avec la vision de l’Ange

Saint-Eugène, le samedi 8 février 2020, messe de 11h30 célébrée en rit dominicain (avec l’association SOS Chrétiens d’Orient).

Jean de Matha, instituteur de l’Ordre de la très sainte Trinité pour la Rédemption des captifs, naquit à Faucon en Provence, de parents distingués par leur piété et leur noblesse : il se rendit à Aix, puis à Paris, pour ses études. Après y avoir achevé le cours de théologie, il obtint le bonnet de docteur. Sa science et ses vertus déterminèrent l’Évêque de Paris à lui conférer, malgré son humble résistance, l’ordre sacré de la prêtrise, afin que, durant son séjour dans cette ville, l’exemple de sa sagesse et de sa conduite éclairât la jeunesse studieuse. Comme il offrait pour la première fois à Dieu le saint Sacrifice, dans la chapelle de l’Évêque, qui y assistait avec d’autres personnes, il fut réjoui par une faveur céleste : un Ange lui apparut vêtu d’une robe d’une éclatante blancheur, portant attachée sur sa poitrine une croix rouge et bleue, et tenant les bras croisés et les mains posées sur deux captifs, l’un chrétien et l’autre maure, placés à ses côtés. Ravi en extase par cette vision, l’homme de Dieu comprit aussitôt qu’il était destiné à racheter les captifs du pouvoir des infidèles.
IVème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

La première messe de saint Jean de Matha - Musée du Louvre (détail)

La première messe de saint Jean de Matha – Musée du Louvre (détail)

Pour procéder avec plus de maturité dans une chose de cette importance, il se retira dans la solitude, et là, il advint, par la volonté divine, qu’il rencontra Félix de Valois qui habitait déjà le même désert depuis nombre d’années. Pendant l’espace de trois ans, il vécut dans sa société en s’exerçant à la prière, à la contemplation et à la pratique de toutes les vertus. Or il arriva, tandis qu’ils s’entretenaient des choses divines au bord d’une fontaine, qu’un cerf s’approcha d’eux, portant entre ses cornes une croix de couleur rouge et bleue. Comme Félix s’étonnait de la nouveauté de ce spectacle, Jean lui raconta la vision qu’il avait eue à sa première Messe. Après ce miracle, ils s’appliquèrent avec plus de ferveur encore à l’oraison ; puis, en ayant reçu trois fois l’avertissement en songe, ils résolurent de partir pour Rome, afin d’obtenir du souverain Pontife l’institution d’un nouvel Ordre pour le rachat des captifs. Pendant ce temps, Innocent III avait été élu, il les reçut avec bonté, et comme il délibérait sur leur projet, un Ange vêtu de blanc, ayant une croix de deux couleurs, lui apparut sous l’aspect d’un homme qui rachète des captifs : c’était en la seconde fête de sainte Agnès, durant la Messe solennelle, dans l’église de Latran, au moment de l’élévation de la sainte Hostie. Le Pontife approuva donc leur institut, ordonna qu’on l’appelât l’Ordre de la très sainte Trinité de la Rédemption des captifs, et voulut que ceux qui y feraient profession portassent un habit blanc, avec une croix rouge et bleue.
Vème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

Saint Jean de Matha rachète les esclaves chrétiens à l'Emir du Maroc.

Saint Jean de Matha rachète les esclaves chrétiens à l’Emir du Maroc.

L’ordre ainsi institué, les saints fondateurs revinrent en France, et ayant bâti leur premier monastère à Cerfroid, dans le diocèse de Meaux, Félix demeura pour le gouverner, tandis que Jean repartit avec quelques-uns de leurs compagnons pour Rome, où Innocent III leur donna la maison, l’église et l’hospice de Saint-Thomas de Formis, sur le mont Cœlius, avec plusieurs revenus et propriétés. Il leur remit des lettres pour l’émir qui régnait au Maroc, et l’œuvre de la rédemption commença ainsi sous d’heureux auspices. Alors Jean se dirigea vers l’Espagne, opprimée en grande partie sous le joug des Sarrasins et il excita les cœurs des rois, des princes, et des autres fidèles à la compassion envers les captifs et les pauvres. Il édifia des monastères, érigea des hospices, et racheta beaucoup de captifs, au grand profit de leurs âmes. Enfin, de retour à Rome et s’y dévouant aux œuvres saintes, usé par des labeurs assidus et affaibli par la maladie, brûlant du plus ardent amour pour Dieu et le prochain, il fut réduit à l’extrémité. Ayant fait assembler tes frères, il les exhorta de la manière la plus persuasive à continuer cette œuvre de la rédemption, que le Ciel même avait indiquée ; puis il s’endormit dans le Seigneur, le seize des calendes de janvier, l’an du salut mil deux cent treize ; son corps fut enseveli dans l’église même de Saint-Thomas de Formis avec l’honneur dû à ses mérites.
VIème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

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Ce samedi est aussi la veille du dimanche de Septuagésime et constitue de ce fait le dernier jour à l’Alléluia peut se faire entendre jusqu’au Samedi Saint.

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Juan Carreño de Miranda (Avila, 1614 † Madrid, 1685) La première messe de saint Jean de Matha et la vision fondatrice de l'Ordre des Trinitaires. Tableau peint en 1666 pour les Trinitaires de Pampelune.

Juan Carreño de Miranda (Avila, 1614 † Madrid, 1685)
La première messe de saint Jean de Matha et la vision fondatrice de l’Ordre des Trinitaires.
Tableau peint en 1666 pour les Trinitaires de Pampelune.
Musée du Louvre

Programme du samedi de Sitientes – rit dominicain

Saint-Eugène, le samedi 17 mars 2018, messe de 11h30 célébrée dans le rit dominicain (avec l’association SOS Chrétiens d’Orient).

Le samedi après le IVème dimanche de Carême, autrement dit le samedi avant le dimanche de la Passion, est plus connu sous le nom de samedi de Sitientes, en raison du premier mot de l’introït. Ce samedi est l’un des 6 jours de l’année prévus par les livres liturgiques traditionnels pour conférer les ordres sacrés, selon une tradition remontant à l’antiquité. Les 5 autres jours marqués par le Pontifical Romain sont les 4 samedis des Quatre-Temps de l’Avent, de Carême, de Pentecôte & de Septembre, ainsi que la vigile du Samedi Saint.

La station de ce jour, à Rome, se fait dans l’église de Saint-Nicolas-in-Carcere (avant le VIIIème siècle, à Saint-Laurent-hors-Les-Murs).

Cette année, on fait également mémoire de saint Patrick, évangélisateur de l’Irlande.

Le samedi de Sitientes est le dernier jour du Carême avant l’ouverture du temps de la Passion. Après la messe & avant les vêpres, on voile de violet toutes les statues et les images dans les églises.

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  • Office – Sitientes, venite ad aquas (ton ii.)
  • Kyrie dominicain VIII
  • Epître (Cantilène dominicaine): Isaïe XLIX, 8-15 : Une mère peut-elle oublier son enfant, et n’avoir point compassion du fils qu’elle a porté dans ses entrailles ? Mais quand même elle l’oublierait, pour moi je ne vous oublierai jamais.
  • Répons – Tibi, Domine, derelictus est (ton iii.)
  • Evangile : Jean VIII, 12-20 : Jésus parlant de nouveau au peuple, leur dit : Je suis la lumière du monde : celui qui me suit, ne marche point dans les ténèbres ; mais il aura la lumière de la vie.
  • Offertoire – Factus est Dominus (ton iii.)
  • Sanctus dominicain VIII
  • Après la Consécration : O salutaris Hostia du Ier ton – plain-chant de Coutances
  • Agnus Dei dominicain VIII
  • Communion – Dominus regit me (ton ii.)
  • Benedicamus Domino dominicain VIII
  • Au dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Répons Multiplicati sunt (ton viii) – répons des vêpres de ce jour dans le rit dominicain

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Programme de la fête de saint Martin – rit dominicain

Saint Martin partageant son manteau - vitrail de la Sainte Chapelle - Musée de Cluny - ParisSaint-Eugène, le samedi 11 novembre 2017, messe de 11h célébrée en rit dominicain (avec l’association SOS Chrétiens d’Orient).

Martin, né à Sabarie en Pannonie, s’enfuit à l’église, malgré ses parents, quand il eut atteint sa dixième année, et se fit inscrire au nombre des catéchumènes. Enrôlé à quinze ans dans les armées romaines, il servit d’abord sous Constantin, puis sous Julien. Tandis qu’il n’avait pas autre chose que ses armes et le vêtement dont il était couvert, un pauvre lui demanda, près d’Amiens, l’aumône au nom du Christ, et Martin lui donna une partie de sa chlamyde. La nuit suivante, le Christ lui apparut revêtu de cette moitié de manteau, faisant entendre ces paroles : « Martin, simple catéchumène, m’a couvert de ce vêtement. »
IVème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

A l’âge de dix-huit ans, il reçut le baptême. Aussi, ayant abandonné la vie militaire, se rendit-il auprès d’Hilaire, Évêque de Poitiers, qui le mit au nombre des Acolytes. Devenu plus tard Évêque de Tours, Martin bâtit un monastère, où il vécut quelque ; temps de la manière la plus sainte, avec quatre-vingts moines. Étant tombé gravement malade de la fièvre, à Candes, bourg de son diocèse, il priait instamment Dieu de le délivrer de la prison de ce corps mortel. Ses disciples qui l’écoutaient, lui dirent : « Père, pourquoi nous quitter ? à qui abandonnez-vous vos pauvres enfants ? » Et Martin, touché de leurs accents, priait Dieu ainsi : « O Seigneur, si je suis encore nécessaire à votre peuple, je ne refuse point le travail. »
Vème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

Ses disciples voyant que, malgré la force de la fièvre, il restait couché sur le dos et ne cessait de prier, le supplièrent de prendre une autre position, et de se reposer en s’inclinant un peu, jusqu’à ce que la violence du mal diminuât. Mais Martin leur dit : « Laissez-moi regarder le ciel plutôt que la terre, pour que mon âme, sur le point d’aller au Seigneur, soit déjà dirigée vers la route qu’elle doit prendre. » La mort étant proche, il vit l’ennemi du genre humain et lui dit : « Que fais-tu là, bête cruelle ? esprit du mal, tu ne trouveras rien en moi qui t’appartienne. » Et, en prononçant ces paroles, le Saint rendit son âme à Dieu, étant âgé de quatre-vingt un ans. Une troupe d’Anges le reçut au ciel, et plusieurs personnes, entre autres saint Séverin, Évêque de Cologne, les entendirent chanter les louanges de Dieu.
VIème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

Mémoire de saint Mennas, martyr égyptien.

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Programme de la fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste

Nativité de saint Jean-BaptisteSaint-Eugène, le samedi 24 juin 2017, messe de 11h célébrée dans le rit dominicain (avec l’association SOS Chrétiens d’Orient).

La fête de la naissance de saint Jean-Baptiste est célébrée six mois avant celle du Christ, en accord avec l’évangile de Luc, qui rapporte que la conception du Précurseur avait eut lieu six mois avant celle du Sauveur :

Et sachez qu’Élisabeth, votre cousine, a conçu aussi elle-même un fils dans sa vieillesse, et que c’est ici le sixième mois de celle qui est appelée stérile (Luc I, 36).

Aussi la fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste est-elle aussi appelée la « Noël d’été ». On pourrait s’étonner que l’Eglise ait choisi le 24 juin plutôt que le 25 juin pour la célébrer, mais de fait la coïncidence entre les deux Noëls fonctionne si l’on utilise l’ancienne computation des dates romaines : le 24 juin est en effet le VIIIème jour des calendes de juillet et le 25 décembre le VIIIème jour des calendes de janvier.

Alors que la fête de la lumineuse & glorieuse naissance du Christ survient aux alentours du solstice d’hiver, là où la nuit est la plus noire, la fête de la nativité de saint Jean-Baptiste survient au moment du solstice d’été, lequel marque le moment où les jours recommencent à décroître. Jean-Baptiste ne disait-il pas du Christ : « Il faut qu’il croisse, et que je diminue. » (Jean III, 30).

Comme l’institution de la fête de Noël fut romaine à l’origine, il paraît bien que celle de la Noël d’été le fut également, avant de se répandre en Orient. On conserve 8 sermons de saint Augustin (354 † 430) pour cette fête. Le Sacramentaire Léonien – dont les formules remontent au pontificat de saint Léon le Grand (440-461), nous conserve pas moins de cinq messes différentes : une messe pour la vigile la veille au soir, une messe probablement de l’aurore, une messe du jour et deux messes célébrées au baptistère de Saint-Jean-de-Latran.

Le parallélisme liturgique entre les 2 Noëls est assez frappant. Comme l’Avent précède Noël, la Nativité de saint Jean-Baptiste était précédée d’un jeûne préparatoire de plusieurs semaines. Dans le sacramentaire grégorien, comme à Noël, la veille – entre none & vêpres – se célèbre la messe de la vigile (celle-ci est toujours marquée dans notre Missel Romain). Puis avait lieu une seconde messe durant la nuit ou à l’aurore (disparue de notre missel) et enfin une troisième messe du jour (l’actuelle messe de la fête), célébrée entre tierce & sexte. Comme à Pâques, les IIndes vêpres de la saint Jean étaient des vêpres stationales au cours desquelles on se rendait en procession aux fonts baptismaux.

Les trois hymnes de la fête ont été composées en action de grâce par Paul Diacre, moine du Mont-Cassin au VIIIème siècle. Celui-ci en effet avait perdu sa voix avant de chanter l’Exultet pascal et avait invoqué le secours de saint Jean Baptiste qui avait guéri par sa naissance le mutisme de son père Zacharie. La poésie distinguée de Paul Diacre, ami de Charlemagne, constitue un beau témoignage de la Renaissance Carolingienne des lettres & des Arts.

L’hymne des vêpres – Ut queant laxis – est tout à fait fameux, car il a servi à donner leurs noms aux notes de la musique. Guy d’Arezzo en effet utilisa la mélodie en usage en Italie – laquelle monte de degré en degré de l’Ut au La au début de chaque hémistiche – pour nommer les notes (le Si n’est pas dans la mélodie et il est formé de la réunion des deux initiales Sancte Iohannes) :

Il convenait que le divin Précurseur, la Voix dont les accents révélèrent au monde l’harmonie du Cantique éternel, eût cet honneur de voir se rattacher à son nom l’organisation des mélodies de la terre. (dom Guéranger).

A noter que les Eglises de France, & à leur suite, le rit dominicain, employaient depuis le haut Moyen-Age pour cette hymne un autre ton (sa mélodie ne progresse pas en degrés successifs, à l’inverse du ton italien).

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Programme du samedi de Sitientes – rit dominicain

Saint-Eugène, le samedi 1er avril 2017, messe de 11h célébrée dans le rit dominicain (avec l’association SOS Chrétiens d’Orient).

Le samedi après le IVème dimanche de Carême, autrement dit le samedi avant le dimanche de la Passion, est plus connu sous le nom de samedi de Sitientes, en raison du premier mot de l’introït. Ce samedi est l’un des 6 jours de l’année prévus par les livres liturgiques traditionnels pour conférer les ordres sacrés, selon une tradition remontant à l’antiquité. Les 5 autres jours marqués par le Pontifical Romain sont les 4 samedis des Quatre-Temps de l’Avent, de Carême, de Pentecôte & de Septembre, ainsi que la vigile du Samedi Saint.

La station de ce jour, à Rome, se fait dans l’église de Saint-Nicolas-in-Carcere (avant le VIIIème siècle, à Saint-Laurent-hors-Les-Murs).

Le samedi de Sitientes est le dernier jour du Carême avant l’ouverture du temps de la Passion. Après la messe & avant les vêpres, on voile de violet toutes les statues et les images dans les églises.

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  • Office – Sitientes, venite ad aquas (ton ii.)
  • Kyrie dominicain VIII
  • Epître (Cantilène dominicaine): Isaïe XLIX, 8-15 : Une mère peut-elle oublier son enfant, et n’avoir point compassion du fils qu’elle a porté dans ses entrailles ? Mais quand même elle l’oublierait, pour moi je ne vous oublierai jamais.
  • Répons – Tibi, Domine, derelictus est (ton iii.)
  • Evangile : Jean VIII, 12-20 : Jésus parlant de nouveau au peuple, leur dit : Je suis la lumière du monde : celui qui me suit, ne marche point dans les ténèbres ; mais il aura la lumière de la vie.
  • Offertoire – Factus est Dominus (ton iii.)
  • Sanctus dominicain VIII
  • Après la Consécration : O salutaris Hostia du Ier ton – plain-chant de Coutances
  • Agnus Dei dominicain VIII
  • Communion – Dominus regit me (ton ii.)
  • Benedicamus Domino dominicain VIII
  • Au dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Répons Multiplicati sunt (ton viii) – répons des vêpres de ce jour dans le rit dominicain

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