Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.
Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.
Ant. En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : Ne parlez à personne de cette vision. (Matthieu, xvii, 9)
Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 – Cantus ID: 0002154. (Intonation, cf. Martin Sonnet, Directorium chori Parisiensi, 1656).
L’antienne de Magnificat parisienne reprend l’évangile de la Transfiguration, lequel vient d’être chanté à la messe des Quatre-Temps de Carême, laquelle se célèbre entre l’heure de none et celle de vêpres. Le même évangile est du reste à nouveau chanté à la messe du IInd dimanche de Carême.
℟. Sois-nous, Seigneur, une tour fortifiée. ℣. Face à l’ennemi.
Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 – Cantus ID: 0006673, 0006673a & 9009000.
Aux premières vêpres des dimanches & fêtes, dans l’ancien usage de Paris, le chant du capitule est suivi du chant d’un répons, ce qui marque la solennité de cet office. Cet usage s’observe assez communément dans d’autres rits diocésains ou religieux : en général, on anticipe le chant d’un répons prolixe de matines aux premières vêpres. Toutefois, et c’est le cas ici, Paris a souvent conservé un répertoire de répons brefs propres aux vêpres, dont les mélodies originales, de saveur antique, avaient été à juste titre hautement louées par l’Abbé Lebœuf au XVIIIème siècle dans son Traité historique et pratique sur le chant ecclésiastique. A Paris, le même répons est également chanté aux secondes vêpres de ce dimanche, ainsi qu’aux féries qui suivent.
Angelis * suis Deus mandávit de te, ut custódiant te in ómnibus viis tuis. – ℣. In mánibus portábunt te, ne umquam offéndas ad lápidem pedem * tuum.
Dieu a commandé à ses anges de te garder en toutes tes voies. – ℣. Ils te porteront dans leurs mains, de peur que tu ne heurtes une pierre de ton pied.
Source : Messes propres du diocèse de Paris approuvées par Sa Sainteté le Pape Pie XI & publiées par ordre de Son Eminence le Cardinal Dubois, archevêque de Paris (1925).
Ant. Voici maintenant le temps favorable ; voici maintenant le jour du salut. En ces jours donc, agissons comme des ministres de Dieu, dans les veilles, dans les jeûnes, & par une charité sincère. (2 Corinthiens, vi, 2 ;4-6)
Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 – Cantus ID: 0002532. (Intonation, cf. Martin Sonnet, Directorium chori Parisiensi, 1656).
Cette magnifique antienne de Magnificat est tirée de l’épître chantée à la messe de ce premier dimanche de Carême. Elle inaugure parfaitement l’office quadragésimal. Paris la place aux premières vêpres, alors que le Bréviaire romain la place aux secondes vêpres de ce dimanche. Le chant parisien comporte ici un triton sur la finale de Exhibeamus nos, qui pourrait nous paraître bien surprenant. Peut-être faut-il voir là la permanence de certains archaïsmes musicaux, qui n’étaient pas rares dans les pièces anciennes du VIIème ton s’appuyant sur fa, comme c’est aussi le cas ici dans cette antienne du VIIIème ton pour la relance suivante Sicut Dei ministros. Notez du reste la belle terminaison en fa de cette psalmodie du VIIIème mode. Ce n’est que postérieurement aux travaux de Guy d’Arezzo que la chasse aux tritons a été ouverte visant à leur élimination progressive du répertoire ecclésiastique.
℣. Dieu a donné ordre pour toi à ses Anges. ℟. Pour qu’ils te gardent en toutes tes voies.
Source : cf. Martin Sonnet, Directorium chori Parisiensi, 1656 – Cantus ID: 0007945. Cf. Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181
Ce verset est l’une des rares concordances entre l’usage de Paris & le bréviaire romain pour le temps du Carême. Le ton employé ici est décrit par Martin Sonnet. Les deux chantres devaient sans doute faire trois tierces / périélèses successives pendant le chant de leur verset.
Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 – Cantus ID: 004550. (Intonation & Amen final, cf. Martin Sonnet, Directorium chori Parisiensi, 1656).
Comme dans l’office romain, les premières vêpres du premier dimanche de Carême marquent un changement radical dans l’organisation de l’office parisien : entre autres, on quitte les hymnes ordinaires pour prendre à partir de ce moment les hymnes de Carême. C’est là un vieux souvenir de l’époque antérieure à saint Grégoire le Grand, où le Carême commençait à partir de ce dimanche. Le répertoire parisien diffère ici du romain, qui utilise pour les vêpres de Carême l’hymne Audi benigne Conditor, attribuée à saint Grégoire le Grand. L’office parisien attribue cette hymne aux laudes et emploie pour vêpres l’hymne « Jam ter quaternis trahitur ». Cette hymne a été peu étudiée car elle est relativement peu présente dans les usages médiévaux : on la rencontre à Cambrais pour les complies du temps de la Passion, pour les vêpres de Carême dans l’usage de Worcester, d’Evreux, d’Utrecht et d’Esztergom. L’usage de Paris en connaît deux tons : l’un, celui-ci, pour les Ières & IIdes vêpres du dimanche (magnifique mélodie du IVème ton) et l’autre, plus simple pour les féries, du VIIIème ton.
℟. Sois mon aide, Dieu, ne m’abandonne pas. ℣. Et ne me méprises pas, Dieu de mon salut.
Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 – Cantus ID: 006037, 0006037a & 9009000.
Aux premières vêpres des dimanches & fêtes, dans l’ancien usage de Paris, le chant du capitule est suivi du chant d’un répons, ce qui marque la solennité de cet office. Cet usage s’observe assez communément dans d’autres rits diocésains ou religieux : en général, on anticipe le chant d’un répons prolixe de matines aux premières vêpres. Toutefois, et c’est le cas ici, Paris a souvent conservé un répertoire de répons brefs propres aux vêpres, dont les mélodies originales, de saveur antique, avaient été à juste titre hautement louées par l’Abbé Lebœuf au XVIIIème siècle dans son Traité historique et pratique sur le chant ecclésiastique. A Paris, le même répons est également chanté aux secondes vêpres de ce dimanche, ainsi qu’aux féries qui suivent.
Ant. Qui sait si Dieu ne se retournera point vers nous pour nous pardonner et ignorer nos fautes, et nous laisser sa bénédiction ? (cf. Jonas iii, 9)
Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 – Cantus ID: 0004550
(cf. aussi Martin Sonnet, Directorium chori Parisiensi, 1656).
Dans l’usage de Paris, les offices de Carême possèdent des antiennes propres, déjà attestées dans les plus anciennes versions de l’Antiphonaire de saint Grégoire (elles sont ainsi présentes, par exemple, dans l’Antiphonaire de Compiègne – dit de Charles le Chauve, daté des environs de l’an 877). Ces antiennes, romaines à l’origine, ont été perdues par l’office romain lui-même lors de la constitution des « bréviaires » à partir du XIème siècle : il s’agissait alors de pouvoir faire tenir tout l’office divin en un seul livre, et cette gageure n’a pu se faire qu’en sacrifiant de larges parts de l’ancien office choral, en réduisant en particulier le nombre d’antiennes et d’hymnes, ainsi que la taille des leçons de matines. Rome en particulier a perdu les anciens offices de Carême, pendant lequel se dit l’office férial du restant de l’année, avec juste des antiennes propres pour le Benedictus & le Magnificat. Paris a conservé plus longtemps l’ancien répertoire de Carême, avec une antienne propre pour les 5 psaumes des vêpres.
Auteur anonyme français (1529).
Emendemus in melius – Répons du mercredi des Cendres.
4 voix (STTB).
4 pages.
La musique française du début du XVIème siècle, et plus largement, de la Renaissance, demeure pour de larges parts bien méconnue, alors que pour cette même période règnent sur les répertoires des chœurs ecclésiastiques les géants que sont Palestrina et Victoria.
Voici néanmoins une très intéressante pièce anonyme de 1529 (Palestrina n’avait alors que 3 ans 😉 ) qui présente une belle musique en contrepoint du répons du mercredi des Cendres. Il a été publié chez Attaignant à Paris en 1529.
Ce répons, le premier du second nocturne du premier dimanche de Carême dans l’office traditionnel, est également employé lors de la distribution des Cendres le mercredi qui précède, où il figure en troisième position des pièces chantées, après les antiennes Immutemur habitu et Inter vestibulum & altare.
Noter que cette pièce sonnera mieux pour voix égales (haute contre / haute taille / basse taille / basse). Néanmoins, en cas d’exécution par un chœur mixte, la première voix pourrait être chantée par toutes les voix féminines, pour peu que le chœur possède suffisamment de voix masculines.
La réclame du répons se fait à la dernière page sur * Attende Domine. Cette réclame peut être repris après le chant par un chantre du verset Adjuva nos Deus et du Gloria Patri (attaquer chacun des deux versets sur le sol naturel). Comme cela est courant dans les compositions anciennes, la polyphonie est conçue dans la même modalité que le plain-chant originel de la pièce, ce qui fait que les versets peuvent s’enchaîner sans hiatus.
Voici le texte de ce répons, ainsi qu’une traduction :
℟. Emendémus * in mélius quæ ignoránter peccávimus : ne súbito præoccupáti die mortis quærámus spátium pœniténtiæ, et inveníre non possímus. * Atténde, Dómine, et miserére : quia peccávimus tibi.
Amendons par une vie meilleure les fautes que par irréflexion nous avons commises, de peur que, saisis à l’improviste par le jour de la mort, nous ne cherchions le temps de faire pénitence sans pouvoir le trouver. * Ecoute, Seigneur, et aie pitié, car nous avons péché contre toi.
℣. Adjuva nos, Deus salutáris noster : et propter honórem nóminis tui, Dómine, líbera nos.
℣. Secoure-nous, Dieu de notre salut, et pour l’honneur de ton nom, Seigneur, délivre-nous.
* Atténde, Dómine, et miserére : quia peccávimus tibi.
* Ecoute, Seigneur, et aie pitié, car nous avons péché contre toi.
℣. Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto.
℣. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit.
* Atténde, Dómine, et miserére : quia peccávimus tibi.
* Ecoute, Seigneur, et aie pitié, car nous avons péché contre toi.
Les premières mesures de cette partition :
La partie de superius dans l’édition originale de Pierre Attaignant de 1529 :