Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du troisième dimanche de l’Avent

Saint-Eugène, le dimanche 15 décembre 2013, grand’messe de 11h.

Ce dimanche est appelé dimanche de Gaudete en raison des premiers mots de l’introït, qui est aussi le premier verset de l’épître lue aujourd’hui (Philippiens 4, 4). Comme pour le dimanche de Lætare pendant le Carême, ce dimanche marque une pause pendant la pénitence de l’Avent, dont l’austérité est tempérée en ce jour par la liturgie : on orne de fleurs les autels, l’orgue peut se faire entendre seul, on peut user d’ornements roses au lieu des violets, le diacre et le sous-diacre déposent les chasubles pliées des temps de pénitence pour revêtir la dalmatique et la tunique qui sont des ornements de joie, de même les évêques usent de la mitre précieuse. Néanmoins, tant le Te Deum aux vigiles nocturnes que le Gloria à la messe restent supprimés jusqu’à Noël. Autrefois, au dimanche de Gaudete, on bénissait les fiançailles de ceux qui se devaient marier après Noël ainsi que les oriflammes et les bannières. A matines, on annonce par la leçon suivante tirée d’une homélie de saint Léon le Grand le jeûne solennel des Quatre-Temps du dixième mois (=décembre).

Nous vous avertissons publiquement, mes très chers frères, et avec une sollicitude pastorale d’observer le jeûne du dixième mois. Le temps où nous sommes et la coutume de notre dévotion nous y engagent. Par ce jeûne, qu’on célèbre lorsque la récolte de tous les fruits de la terre est terminée, on offre à Dieu, qui nous a donné ces fruits, un très juste sacrifice de continence. En effet, que peut-il y avoir de plus utile que le jeûne ? Par son observance, nous nous approchons de Dieu, et, résistant au démon, nous surmontons les attraits des vices.
Sermon de saint Léon, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

Catéchisme de l’Avent

  • Procession d’entrée : orgue
  • Kyrie de la Messe Gaudete in Domino semper, du sacre de Louis XVI, par François Giroust (1737 † 1799), maître de chapelle du roi Louis XVI
  • Credo de la Messe Gaudete in Domino semper, du sacre de Louis XVI, par François Giroust (1737 † 1799), maître de chapelle du roi Louis XVI
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Tu quis es ? motet dramatique à deux chœurs sur le texte de l’évangile de ce jour, de Guillaume Bouzignac (c. 1587 † ap. 1643), maître de chapelle des cathédrales d’Angoulême, de Bourges, de Rodez et de Clermont-Ferrand
  • Préface de l’Avent au propre de l’archidiocèse de Paris
  • Sanctus de la Messe Gaudete in Domino semper, du sacre de Louis XVI, par François Giroust (1737 † 1799), maître de chapelle du roi Louis XVI
  • A l’élévation : O salutaris Hostia de la veille des O (H. 36) – Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV, des Jésuites & de la Sainte Chapelle
  • Agnus Dei de la Messe Gaudete in Domino semper, du sacre de Louis XVI, par François Giroust (1737 † 1799), maître de chapelle du roi Louis XVI
  • Prière pour la France, sur le VIème ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Venez, divin Messie – texte (1701) de l’abbé Simon-Joseph Pellegrin (1663 + 1745), sur le vieux noël « Laissez paistre vos bestes » ; harmonisation de M. l’abbé Lambert (Versailles, 1845)
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    Télécharger commun de l’Avent au format PDF.

    Programme du XXVème dimanche après la Pentecôte – saint prophète Habacuc – ton 8

    Le saint prophète HabacucParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 15 décembre 2013 du calendrier grégorien – 2 décembre 2013 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Dimanche du ton VIII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint Prophète Habacuc.

    Durant la période de jeûne avant Noël (laquelle commence le 15 novembre en la fête de saint Philippe – aussi est-il appelé populairement le « jeûne de Philippe »), le rit byzantin commémore à de nombreuses reprises les prophètes de l’Ancien Testament qui ont annoncé la venue du Sauveur.

    Habacuc (en hébreux : חֲבַקּוּק) est le 8ème des douze petits prophètes. Il prophétisa probablement aux jours de Joachim, roi de Juda (608 † 598 avant Jésus-Christ). Le livre des prophéties d’Habacuc rapporte en 2 courts chapitres cinq oracles sur l’invasion des Chaldéens et la déportation des Juifs à Babylone, et se conclut au 3ème chapitre par un cantique (ou prière d’Habacuc). En dehors de ce livre de prophétie, Habacuc est également cité au livre de Daniel (14, 32-38) :

    32 Or le prophète Habacuc était en Judée ; après avoir fait cuire une bouillie et émietté du pain dans un vase, il allait aux champs le porter à ses moissonneurs.
    33 L’ange du Seigneur dit à Habacuc : « Porte le repas que tu tiens à Babylone, à Daniel, qui est dans la fosse aux lions. »
    34 Habacuc dit: « Seigneur, je n’ai jamais vu Babylone, et je ne connais pas la fosse. »
    35 Alors l’ange le prit par le haut de la tête, le porta, par les cheveux de sa tête, et le déposa à Babylone, au-dessus de la fosse, avec toute l’agilité de sa nature spirituelle.
    36 Et Habacuc cria: « Daniel, serviteur de Dieu, prends le repas que Dieu t’envoie. »
    37 Daniel répondit: « Vous vous êtes, en effet, souvenu de moi, ô Dieu, et vous n’avez pas abandonné ceux qui vous aiment. »
    38 Et Daniel se leva et mangea. Et l’ange du Seigneur remit aussitôt Habacuc en son lieu.

    L’historien ecclésiastique Sozomène (Historia Ecclesiastica VII, 29) rapporte au Vème siècle que les reliques d’Habacuc (et celles du prophète Michée) ont été découvertes à Qeïla au IVème siècle sous le règne de Théodose le Grand, suite à une révélation faite à Zebennus, évêque d’Eleuthéropolis.

    Le cantique d’Habacuc (« Seigneur ! j’ai entendu votre parole, et j’ai été saisi de crainte »), qui forme le 3ème et dernier chapitre de son livre, a été utilisé – très tôt et universellement – par les liturgies chrétiennes à l’office de matines (office du matin). Dans le rit byzantin, ce cantique constitue le 4ème du canon de l’orthros (il n’est plus figuré en général de nos jours que par les tropaires de la 4ème ode du canon). Dans le rit romain traditionnel (et dans l’office bénédiction qui en dépend sur ce point), il est employé à l’office des laudes de chaque vendredi. Dans le rit ambrosien, c’est le cantique du troisième nocturne de l’office nocturne du dimanche. Dans le rit mozarabe, il est chanté à l’office du matin des dimanches.

    Aux heures
    A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du prophète. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du dimanche.

    Tropaires des Béatitudes : huit tropaires du ton dominical occurent :
    1. Souviens-toi de nous, Christ Sauveur du monde, * comme sur la croix tu t’es souvenu du bon Larron, * & rends-nous dignes, seul Seigneur compatissant, ** d’avoir tous notre part en ton royaume, dans les cieux.
    2. Adam, écoute, avec Eve, réjouis-toi, * car celui qui jadis vous dépouilla tous les deux * & dont la ruse nous rendit captifs ** est anéanti par la Croix du Christ.
    3. Sur l’arbre de la croix, Sauveur, tu acceptas d’être cloué * pour sauver Adam de la malédiction méritée sous l’arbre défendu * et lui rendre la ressemblance à ton image, Dieu de bonté, ** ainsi que le bonheur d’habiter le Paradis.
    4. En ce jour le Christ est ressuscité du tombeau, * à tout fidèle accordant l’incorruptible vie ; * aux Myrophores il donne l’annonce de la joie ** après ses Souffrances & sa divine Résurrection.
    5. Sages Myrophores, réjouissez-vous * qui les premières avez vu la Résurrection du Christ * & qui à ses Apôtres avez annoncé ** la restauration du monde entier.
    6. Vous les Apôtres, amis du Christ en cette vie * & destinés à partager son trône dans la gloire du ciel, * comme Disciples intercédez auprès de lui ** pour que sans crainte devant son trône nous puissions nous présenter.
    7. Unité partageant même trône & Trinité sans commencement, * Etre sans division en qui la gloire est partagée, * Royauté qui par nature précèdes tous les temps, ** sauve les fidèles qui chantent pour toi.
    8. Réjouis-toi, vaste demeure de Dieu, * réjouis-toi, arche du nouveau Testament, * réjouis-toi, ciboire qui as renfermé ** pour tous les hommes la manne des cieux.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 8 : Du ciel tu descendis, ô Dieu de miséricorde, * trois jours dans le tombeau tu souffris de demeurer * pour nous délivrer de nos péchés ; ** notre Vie & notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi.
    2. Tropaire du prophète, ton 2 : Célébrant, Seigneur, la mémoire de ton prophète Habacuc, * par ses prières, ** nous t’en supplions, sauve nos âmes.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion du prophète, ton 8 : O Habacuc divinement éloquent qui a annoncé au monde que Dieu viendrait du midi, c’est-à-dire de la Vierge, * et qui, se tenant sous l’assistance divine, a reçu cette nouvelle de l’ange radieux: * tu as proclamé la résurrection du Christ au monde, * c’est pourquoi, dans la joie, nous crions vers toi : * Réjouis-toi, splendide parure des prophètes.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion du dimanche, ton 8 : Ressuscité du tombeau, * tu as éveillé les morts & ressuscité Adam, * Eve danse de joie en ta Résurrection, * les confins de la terre célèbrent ton éveil d’entre les morts, ** ô Dieu de miséricorde.

    Prokimen
    Du dimanche, ton 8 :
    ℟. Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur, notre Dieu (Psaume 75, 12).
    ℣. Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand (Psaume 75, 2).

    Epître
    Du dimanche : Ephésiens (§ 224) IV, 1-6.
    Un Seigneur, une foi, un baptême.

    Alleluia
    Du dimanche, ton 8 :
    ℣. Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons le Dieu qui nous sauve (Psaume 94, 1).
    ℣. Allons devant lui en actions de grâces, au son des musiques, acclamons-le (Psaume 94, 2).

    Evangile
    En raison du dimanche des Ancêtres avant Noël, c’est l’évangile du 30ème dimanche après la Pentecôte qui est lu en ce jour.
    Du dimanche : Luc (§ 91) XVIII, 18-27.
    Et ceux qui l’écoutaient, lui dirent : Qui peut donc être sauvé ? Il leur répondit : Ce qui est impossible aux hommes, est possible à Dieu.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux.

    Programme de la fête de l’Immaculée Conception

    Francisco de Zurbaran - l'Immaculée Conception - 1664Saint-Eugène, le dimanche 8 décembre 2013, grand’messe de 11h.

    Catéchisme sur l’Immaculée Conception

  • Kyriale VIII – De Angelis
  • Procession d’entrée : Ave maris stella – Hymne des fêtes de la Sainte Vierge, à Vêpres, ton dit « des Pèlerinages », en alternance avec le ton de Notre-Dame des Victoires
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Pendant les encensements de l’offertoire : Tota pulchra es – Motet à la Bienheureuse Vierge Marie, du R. P. Jean-Baptiste Geoffroy, s.j. (1601 † 1675), maître de musique de la maison professe des Jésuites à Paris
  • Après la Consécration : O salutaris hostia, pour le temps de l’Avent – musique de Virgile Le Blanc (1592)
  • Pendant la communion : Conceptio Mariæ virginis – Prose des missels médiévaux (XIIIème siècle)
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater – polyphonie de Giovanni Pierluigi da Palestrina (c. 1525 † 1594), maître de chapelle de Saint-Pierre du Vatican, de Saint-Jean de Latran & de Sainte-Marie-Majeure
  • Procession de sortie : Omni die dic Mariæ – texte de Bernard de Morlas († 1140), mélodie traditionnelle attribuée à Jean-Baptiste de Lully (1632 † 1687), surintendant de la musique du roi Louis XIV
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    Programme du XXIVème dimanche après la Pentecôte – Clôture de la fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu – Saint Clément – ton 7

    PresentationAuTempleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 8 décembre 2013 du calendrier grégorien – 25 novembre 2013 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Dimanche du ton VII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la clôture de la fête l’Entrée au Temple de notre très-sainte Dame la Mère de Dieu.

    La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu célébrée le 21 novembre constitue l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine (la 2nde des 5 grandes fêtes dédiées à la Sainte Vierge). Elle est précédée dans le rit byzantin d’un jour d’avant-fête le 20 novembre et suivie de 4 jours d’après-fête qui se clôturent le 25 novembre.

    L’épisode de la présentation au Temple de Jérusalem de la Vierge Marie n’est pas scripturaire mais se trouve dans un apocryphe, le Protoévangile de Jacques. Composé probablement en Egypte avant le milieu du IInd siècle, ce texte est déjà évoqué par saint Justin (mort vers 165) dans le Dialogue avec Tryphon, par saint Clément d’Alexandrie et par Origène qui s’y réfère explicitement dans le Commentaire de saint Matthieu. Quoique contenant beaucoup de récits merveilleux visant à satisfaire la curiosité des fidèles et bien qu’il ait subi de nombreuses et complexes modifications ultérieures, le texte, de par son ancienneté, a pu toutefois recueillir des traditions orales authentiques. Voici le passage du Protoévangile de Jacques relatif à l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu :

    Les mois se succédèrent pour la petit fille. Lorsqu’elle eut deux ans, Joachim dit : Menons-la au Temple du Seigneur, afin que s’accomplisse la promesse que nous avons faite, sinon le Tout-Puissant nous avertirait et l’offrande que nous lui ferions serait rejetée. Mais Anne répondit : Attendons la troisième année pour que l’enfant soit en âge de reconnaître son père et sa mère. Et Joachim répondit : Attendons !

    Lorsque la petite fille eut trois ans, Joachim dit : Appelez les filles d’Hébreux de race pure, et qu’elles prennent chacune un flambeau, un flambeau qui ne s’éteindra pas. L’enfant ne devra pas retourner en arrière et son cœur ne se fixera pas hors du Temple du Seigneur. Elles obéirent à cet ordre et elles montèrent ensemble au Temple du Seigneur. Et le prêtre accueillit l’enfant et la prit dans ses bras. Il la bénit, en disant : Il a glorifié ton nom, le Seigneur, dans toutes les générations. C’est en toi qu’aux derniers jours il révélera la Rédemption qu’il accorde aux fils d’Israël ! Et il fit asseoir l’enfant sur le troisième degré de l’autel. Et le Seigneur Dieu fit descendre sa grâce sur elle. Et, debout sur ses pieds, elle se mit à danser. Et elle fut chère à toute la maison d’Israël. Les parents redescendirent du Temple, et ils étaient remplis d’admiration, et ils louaient Dieu car l’enfant ne s’était pas retournée en arrière. Et Marie demeurait dans le Temple du Seigneur, semblable à une colombe, et la main d’un Ange la nourrissait.

    Ce récit de cette consécration à Dieu de la Vierge Marie est d’ailleurs si conforme à ce que la dévotion chrétienne à toujours ressenti relativement à la vie immaculée de Marie non décrite dans l’Évangile, qu’il a jouit très tôt de la faveur des fidèles. C’est ainsi qu’on voit dans la crypte de Saint-Maximin dans le Var, datant du Vème siècle, une image de la Vierge Marie orante gravée sur une pierre tombale avec l’inscription suivante en mauvais latin : Marie la Vierge servant dans le Temple de Jérusalem.

    L’origine de la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple serait peut-être palestinienne : la vie de saint Jean le Silentiaire, écrite au milieu du VIème siècle par Cyrille de Scythopolis, nous apprend qu’en novembre 543, à Jérusalem, eut lieu la dédicace de la basilique Sainte-Marie-la-Neuve, construite sur ordre de Justinien dans la partie méridionale de la plate-forme qui avait porté le Temple et ses annexes. Il est probable que la date du 21 novembre rappelle le souvenir de cette dédicace. En tous cas, à Constantinople, la fête de la Présentation de Marie est attestée dès le VIIIème siècle, et des homélies de saint André de Crête (mort en 740) lui sont consacrées. En 1166, Michel Comnène la mît au nombre des fêtes où étaient défendues les séances judiciaires. La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu est l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine. Le très beau tropaire de la fête (Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu) fait une référence à l’Eudoxia du Gloria chanté par les Anges à Noël.

    En Occident, l’Angleterre célèbre cette fête un peu avant l’occupation normande, un calendrier hongrois la note au début du XIIIème siècle. Pour le rit romain, l’introduction de cette fête est due aux soins de Philippe de Maizières, envoyé de Pierre II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem, à la cour papale d’Avignon. En effet, l’ambassadeur décrivit sous des couleurs si brillantes cette solennité orientale à Grégoire XI, que celui-ci se décida à l’introduire dans le calendrier de la Curie en 1372. Dès 1373, le roi Charles V l’introduit en la chapelle royale de France et, l’année suivante, convie tout le royaume à l’imiter, ce que fit aussi la Navarre. Comme Grégoire XI rentra à Rome après avoir fait célébrer la Présentation, cette fête devint plus importante et, peu à peu, elle fut adoptée un peu partout en Occident. Elle figure au missel romain de 1505 et à rang de fête double dans le bréviaire romain de 1550. Elle fut supprimée par saint Pie V dans le bréviaire de 1568 (la fête n’avait pas de fondement scripturaire ; or l’un des buts de la réforme tridentine était d’enlever des arguments aux protestants dans ce domaine) mais fut rétablie par Sixte-Quint en 1585 comme fête double puis élevée par Clément VIII en 1602 comme double majeur avec un nouvel office.

    *

    Saint hiéromartyr Clément, Pape de Rome - icône du Vieux-LadogaNous fêtons aussi en ce jour le hiéromartyr saint Clément, pape de Rome.

    La plus ancienne liste des évêques de Rome – que nous tenons de saint Irénée de Lyon au IInd siècle dans son Adversus haereses – donne saint Clément de Rome comme le troisième successeur de saint Pierre :

    Ayant donc fondé et édifié l’Eglise, les bienheureux apôtres remirent à Lin la charge de l’épiscopat ; c’est de lui que Paul parle dans ses lettres à Timothée ; il eut Anaclet pour successeur. Après Anaclet, le troisième après les apôtres, Clément obtint l’épiscopat.

    Le canon romain garde le même ordre au memento des vivants : Lin, Clet, Clément.

    Saint Irénée de Lyon rapporte aussi que saint Clément avait connu les bienheureux Apôtres et avait conversé avec eux ; il avait encore dans l’oreille la prédication apostolique et leur souvenir devant les yeux.

    Dans la première moitié du troisième siècle, Origène, décrit Clément comme disciple des apôtres et l’identifie avec ce collaborateur que saint Paul cite dans la lettre aux Philippiens (4, 2-3) : Clément et mes autres collaborateurs dont les noms se trouvent au Livre de vie.

    Telle était aussi l’opinion de l’historien Eusèbe de Césarée, qui date le pontificat de saint Clément de 92 à 101. Eusèbe note :

    La douzième année du règne de Domitien, Anaclet, ayant été évêque des Romains douze ans, a pour successeur Clément que l’apôtre, dans sa lettre aux Philippiens, désigne comme le compagnon de ses labeurs par ces mots : « avec Clément et mes autres collaborateurs dont les noms sont au livre de vie. » Il existe de celui-ci, acceptée comme authentique, une épître longue et admirable. Elle a été écrite au nom de l’église de Rome à celle de Corinthe à propos d’une dissension qui s’était alors élevée à Corinthe. En beaucoup d’Eglises, depuis longtemps et encore de nos jours, on la lit publiquement dans les réunions communes.

    Sous le règne de Trajan (98-117), le pape Clément fut déporté avec 2000 chrétiens au delà du Pont-Euxin, dans les mines proches de Chersonèse de Tauride (dans l’actuelle Crimée, non loin de l’actuelle ville de Sébastopol) et, pour le punir de continuer son apostolat auprès des prisonniers, on lui attacha une ancre au cou avant de le précipiter dans la Mer Noire. La tradition du martyre de saint Clément est rapportée par Rufin, les papes Télesphore (+ 136) Zosime (+ 418) et le sixième concile de Vaison (442), de plus, il n’a jamais été fait mention de son tombeau à Rome. Saint Cyrille et saint Méthode, en mission à Chersonèse, ramenèrent ensuite le corps de saint Clément à Rome.

    On possède donc de saint Clément de Rome une admirable lettre qu’il adresse aux Corinthiens divisés. Comme l’indique à bon droit le pape Benoît XVI dans la catéchèse qu’il consacra à ce saint, Nous pourrions donc dire que cette lettre constitue un premier exercice du Primat romain après la mort de saint Pierre.

    Cette intervention du Pape de Rome dans les affaires de l’église de Corinthe est d’autant plus notable qu’était encore en vie le dernier Apôtre (et Evangéliste), Jean, celui que Jésus aimait, qui gouvernait alors les Eglises d’Asie, après être revenu, à la mort de Domitien, de l’île où il avait été exilé, ce que confirme saint Clément d’Alexandrie. On notera ici que l’Eglise de Corinthe, si proche de l’apôtre Jean qui, aux dires de saint Clément d’Alexandrie, allait sur invitation dans les pays voisins, s’adresse au successeur de Pierre, l’évêque de Rome, ou, du moins, si celui-ci, de son propre chef, intervient dans ses affaires, c’est qu’il représente bien plus que l’évêque d’une église locale. Il suffit d’ailleurs de considérer le texte de la lettre clémentine pour voir que le pape est d’autant plus sûr de son autorité que le ton y est tranquille et serein et que, loin d’expliquer pourquoi il intervient, il se contente de s’excuser de n’avoir pu faire plus tôt son devoir… On notera aussi que les Corinthiens reçurent si bien cette épître romaine que bien des communautés antiques la mettront presque au rang des Ecritures comme le souligne Eusèbe de Césarée : en beaucoup d’Eglises, depuis longtemps et encore de nos jours, on la lit publiquement dans les réunions communes.

    Le pape Clément, en bon disciple des apôtres, s’appuie solidement sur les Ecritures qu’il connaît et manie parfaitement dans de longues citations ; ceci étant, en bon lettré helléniste autant que latin, il ajoute des exemples et des maximes qui relèvent de l’univers antique où affleurent Platon, Sophocle et Cicéron ; enfin, en bon romain, il admire la bonne administration romaine et l’ordre des légions qui la fonde. Clément de Rome est en admiration devant l’harmonie et la beauté de la création, sa prière est lyrique et son verbe délicat et sensible. Certes, il commande sans hésitations mais aussi sans brusquerie, modérant son énergie par une douceur soutenue et, graduellement, par de longs développements il enveloppe ses lecteurs pour les mener patiemment jusqu’à l’acceptation de la correction dont personne ne doit s’irriter.

    Invention des reliques de saint Clément un an après son martyre - les fidèles récupèrent son corps dans la Mer NoireAlors que saint Clément est fêté le 24 novembre par le rit byzantin (et le 23 novembre par le rit romain), les Russes (ainsi que l’Eglise copte d’Egypte) le fêtent le 25 novembre. La dévotion envers saint Clément est importante en Ukraine et en Russie, en raison même du lieu de son martyre en Crimée. Le tropaire et le kondakion employés par les Russes diffèrent aussi de ceux employés dans les livres grecs actuels. Le tropaire russe fait référence aux circonstances de la découverte du corps de saint Clément par ses disciples au fond de la Mer Noire, à 300 mètres du rivage, selon une passion écrite au Vème siècle.

    Ordinairement, saint Pierre d’Alexandrie est également fêté par l’Eglise russe au 25 novembre, mais lorsque ce jour tombe un dimanche, la combinaison de l’office du dimanche avec celui de l’après-fête de l’Entrée au Temple et de celui de saint Clément de Rome fait que la mémoire de saint Pierre d’Alexandrie est omise.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Kondakion : du dimanche.
    A sexte: Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Kondakion : de la fête.

    Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical et 4 tropaires de la 9ème ode du 1er canon de la fête, œuvre de saint Georges l’Hymnographe, évêque de Nicomédie en Bithynie – IXème siècle :
    1. Il est beau à voir & bon à manger, * le fruit qui a causé mon trépas ; * mais le Christ est cet arbre de vie * dont je puis manger sans mourir ; * & je crie avec le bon Larron : ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
    2. Dieu de tendresse, mis en croix, tu effaças * la cédule de l’antique péché d’Adam ; * de l’erreur tu sauvas l’ensemble des mortels : ** aussi nous te chantons, Bienfaiteur & Seigneur.
    3. Sur le croix, Dieu de tendresse, tu clouas nos péchés, * par ta mort tu triomphas de la mort ; * d’entre les morts tu éveillas les trépassés ; ** aussi nous nous prosternons devant ta sainte Résurrection.
    4. Dans les oreilles d’Eve le serpent injecta son venin, * mais le Christ sur l’arbre de la croix * fit jaillir pour le monde la douceur de la vie. ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
    5. Au sépulchre on te dépose comme un mortel, * ô Christ, universelle Vie, * mais de l’Enfer ayant brisé les verrous, * tu ressuscites le troisième jour * avec gloire & puissance, illuminant le monde entier : ** gloire, Seigneur, à ta sainte Résurrection.
    6. Ressuscité d’entre les morts le troisième jour, * le Seigneur donne aux Disciples sa paix ; * les bénissants, il les envoie et leur dit : ** Amenez tous les hommes au royaume de Dieu.
    7. Ô pure Mère de Dieu, toi qui possèdes * la lumineuse beauté d’une âme pure, * emplie de la céleste grâce de Dieu, * tu ne cesses d’illuminer d’une lumière éternelle * ceux qui te clament : * Tu es en vérité plus élevée que tous, ** ô Vierge pure.
    8. Tes merveilles, pure Mère de Dieu, * ne peuvent s’exprimer en paroles, * car je reconnais que ton corps est inaccessible à l’emprise du péché ; * aussi plein de reconnaissance je te clame : * Tu es en vérité plus élevée que tous, ** ô Vierge pure.
    9. L’ancienne Loi te figurait merveilleusement comme le tabernacle, * le vase de la manne divine, * l’arche admirable, * le voile, le bâton d’Aaron, * le temple indestructible et la porte de Dieu ; * aussi nous enseigne-t-elle à te clamer : * Tu es en vérité plus élevée que tous, ** ô Vierge pure.
    10. David dans ses chants proclamait * et t’appelait fille du Roi, * voyant la beauté des tes vertus, * lorsque tu te tenais à la droite de Dieu * parée de vêtements aux riches couleurs. * Aussi annonça-t-il en clamant : * Tu es en vérité plus élevée que tous, ** ô Vierge pure.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Tu as détruit la mort par ta croix, * ouvert au Larron le Paradis ; * changé en joie les pleurs des myrrophores * et ordonné aux apôtres de prêcher. * Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, ** donnant au monde ta grande miséricorde !
    2. Tropaire de la fête, ton 4 : Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu * et le salut des hommes est proclamé. * Dans le Temple de Dieu la Vierge est présentée * pour annoncer à tous les hommes la venue du Christ. * En son honneur, nous aussi, à pleine voix chantons-lui : * Réjouis-toi, ** accomplissement du dessein du Créateur.
    3. Tropaire du hiéromartyr Clément, ton 4 : Avec les miracles de Dieu tu as glorieusement étonné les extrémités de la terre. * ô saint athlète ; * au-delà des lois de la nature, * tu as fait se retirer les eaux de la mer * au jour honoré de ta mémoire, * pour ceux qui étaient venus avec ferveur à l’église divinement construite, * portant tes précieuses reliques. * Après leur départ, tu as merveilleusement fait reprendre sa place à la mer. * très admirable Clément, ** prie le Christ Dieu afin qu’il sauve nos âmes.
    4. Kondakion du dimanche, ton 7 : Désormais la force de la mort est impuissante à retenir les mortels, * car le Christ est descendu, brisant et détruisant les puissances de la mort ; * l’Enfer est enchaîné, * les Prophètes tous ensemble se réjouissent. * Le Sauveur, disent-ils, est apparu à ceux qui demeurent dans la foi ; ** venez, fidèles, prendre part à la Résurrection.
    5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    6. Kondakion du hiéromartyr Clément, ton 2 : Comme un cep de la vigne divine vêtue de sainteté, tu as été manifesté, * exsudant la douceur de la sagesse * par tes supplications, ô très Honorable ; * afin que nous puissions t’offrir telle une robe tissée de pourpre * une hymne noétique ; saint Clément, sauve tes serviteurs !
    7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    8. Kondakion de la fête, ton 4 : Le temple très pur du Sauveur, * la très précieuse chambre nuptiale, la Vierge, * le trésor sacré de la gloire de Dieu * est conduite en ce jour dans la maison du Seigneur * elle y introduit avec elle la grâce de l’Esprit Divin ; * les anges de Dieu lui chantent : ** « Elle est un tabernacle céleste ».

    Prokimen
    Du dimanche, ton 7 :
    ℟. Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix (Psaume 28, 11).
    ℣. Rendez au Seigneur, fils de Dieu, rendez au Seigneur la puissance & la gloire (Psaume 28, 1).
    De la Mère de Dieu, ton 3 :
    ℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

    Epîtres
    Du dimanche : Ephésiens (§ 221) II, 14-22.
    Car c’est par Lui que nous avons accès les uns et les autres auprès du Père dans un même Esprit.
    De la Mère de Dieu : Hébreux (§ 320) IX, 1-7.

    Alleluia
    Du dimanche, ton 7 :
    ℣. Il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton Nom, ô Très-Haut, (Psaume 91, 1)
    ℣. de publier au matin ton amour, ta fidélité au long des nuits (Psaume 91, 2).
    De la Mère de Dieu :
    ℣. Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille (Psaume 44, 1).

    Evangiles
    Du dimanche : Luc (§ 71) XIII, 10-17.
    Pourquoi donc ne fallait-il pas délivrer de ses liens, en un jour de sabbat, cette fille d’Abraham, que Satan avait tenue ainsi liée durant dix-huit ans ?
    De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42 ; XI, 27-28.

    Mégalinaire à la Mère de Dieu, durant l’anaphore, ton 4 :
    ℣. Les Anges s’émerveillèrent, * devant l’Entrée au Temple de la Vierge ** s’étonnant de voir comme elle avançait 
jusqu’au Saint des saints.
    Hirmos : Que de l’arche vivante de Dieu * aucune main profane n’ose s’approcher, * mais que nos lèvres fidèlement redisent sans cesse à la Mère de Dieu * le salut de l’ange Gabriel * et dans l’allégresse lui chantent: * Vierge pure, Dieu t’a élevée ** plus haut que toute créature.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    Des saints : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Programme du premier dimanche de l’Avent

    Saint-Eugène, le dimanche 1er décembre 2013, grand’messe de 11h.

    Catéchisme de l’Avent

    Le temps de l’Avent – du latin adventus qui signifie venue – est le temps liturgique préparatoire de Noël. Cette période a été instituée en Occident au cours du Vème siècle, sans doute en écho des conciles d’Ephèse et de Chalcédoine qui ont mis l’accent des prédicateurs sur l’Incarnation. A Rome, la messe stationale de ce premier jour de l’année liturgique se fait en la Basilique de Sainte-Marie-Majeure, reconstruite en 432 après le Concile d’Ephèse en l’honneur de la Mère de Dieu. Du reste, l’homélie de saint Grégoire le Grand qui se lit cette nuit à l’office nocturne a été prononcée dans cette basilique.

    Dans l’Eglise romaine, l’Avent commence quatre dimanches avant Noël. Suivant le 9ème canon du concile de Macon de 581, l’Avent de l’ancien rit des Gaules comportait lui six dimanches (et commençait par la saint Martin le 11 novembre), comme du reste le font toujours les Milanais qui suivent le rit ambrosien et les Mozarabes (qui l’adoptèrent en 650). Les syriaques orientaux (assyriens & chaldéens) observent un Avent de quatre semaines comme les romains, et ce sont les seuls orientaux à avoir un temps liturgique spécial avant Noël. Chez les byzantins, seul un jeûne préparatoire commençant le 15 novembre est observé, sans incidence marquée dans les textes liturgiques, et les deux dimanches avant Noël font mémoire des ancêtres du Christ selon la chair.

    L’Avent dans le rit romain est un temps de pénitence, que les usages liturgiques marquent de plusieurs façons : le violet devient la couleur de la liturgie, on n’orne plus les autels de fleurs, l’orgue cesse de se faire entendre seul, le diacre & le sous-diacre déposent leur dalmatique & leur tunique pour prendre les chasubles pliées. Le chant du Te Deum est supprimé de l’office nocturne et celui du Gloria de la messe (ce dernier, qui commence par les paroles même du chant des Anges lors de la naissance du Sauveur, se fera de nouveau entendre à Noël à la messe de minuit). Toutefois, ce temps de pénitence est aussi un temps de joyeuse espérance, avec l’emploi de textes magnifiques qui la chantent, l’alleluia n’y est du reste pas supprimé, contrairement au Carême. A l’office nocturne, on commence en ce jour la lecture du livre du prophète Isaïe, laquelle s’achèvera à Noël. On cantile les leçons d’Isaïe sur un ton spécial, particulièrement joyeux.

    Il convient que tout homme se prépare à l’avènement du Sauveur ; de crainte qu’il ne le trouve livré à la gourmandise, ou embarrassé dans les soucis du siècle. Il est prouvé, par une expérience de tous les jours, que la vivacité de l’esprit s’altère par l’excès du boire, et que l’énergie du cœur est affaiblie par une trop grande quantité d’aliments. Le plaisir de manger peut devenir nuisible, même à la santé du corps, si la raison et la tempérance ne le modèrent, ne résistent à l’attrait, et ne retranchent au plaisir ce qui serait superflu.
    Sermon de saint Léon le Grand, pape, Vème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

  • Kyriale : selon les anciens usages parisiens pour ce dimanche
  • Procession d’entrée : Conditor alme siderum – hymne de l’Avent, à vêpres – texte du IXème siècle, polyphonie de Virgile Le Blanc (1592) extraite de « La Doctrine chrestienne » du R.P. Coyssard, s.j.
  • Trope de l’introït : Sanctissimus namque Gregorius – VIIIème ton – XIème-XIIème siècles
  • Kyrie XIV Iesu Redemptor – Selon l’antique tradition parisienne, on chante aujourd’hui ce Kyrie
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Mœsta Sion, prose de l’Avent de l’ancien rit de Lisieux, du 1er ton
  • Préface de l’Avent au propre de l’archidiocèse de Paris
  • Sanctus XI
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton de Conditor alme siderum – d’après Virgile Le Blanc (1592)
  • Agnus Dei XVII
  • Pendant la communion :
    – Alma Redemptoris Mater en plain-chant grégorien et polyphonie par Giovanni Pierluigi da Palestrina (c. 1525 † 1594), maître de chapelle papale de Saint-Pierre du Vatican, de Saint-Jean de Latran & de Sainte-Marie-Majeure
    – Salus æterna, séquence du premier dimanche de l’Avent (XIème siècle) des anciens missels parisiens
    – Rorate cœli, plain-chant de l’Oratoire de France – 1615 – harmonisations du refrain : traditions de Langres et d’Avignon – chant des versets : tradition de Rouen

  • Prière pour la France, faux-bourdon du 1er ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Ite missa est XIV
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Venez, divin Messie – texte (1701) de l’abbé Simon-Joseph Pellegrin (1663 + 1745), sur le vieux noël « Laissez paistre vos bestes » ; harmonisation de M. l’abbé Lambert (Versailles, 1845)
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    Programme du XXIIIème dimanche après la Pentecôte – Saints Platon & Romain – ton 6

    Le martyre de saint Platon d'Ancyre - Fresque du monastère de Dyonisiou (Mont Athos), 1547Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 1er décembre 2013 du calendrier grégorien – 18 novembre 2013 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint martyr Platon d’Ancyre.

    Saint Platon vivait à Ancyre (actuelle Ankara), en Galatie, sous le règne de l’empereur Maximien (285-305) et était le frère selon la chair du saint martyr Antiochus (fêté le 18 juillet). Comme il confessait publiquement sa foi au Christ et encourageait les Chrétiens à rester fermes dans la persécution, il fut arrêté par les soldats de l’empereur et conduit devant le gouverneur Agripinus. Inébranlable dans sa conviction malgré son jeune âge, il fut d’abord frappé par douze soldats, puis étendu sur un lit de bronze brûlant, et il eut la chair déchirée et brûlée par toutes sortes de tortures. Devant le spectacle de ses souffrances, un grand nombre de païens embrassa la Foi. Le saint Martyr éleva vers Dieu sa prière au milieu des tourments et les Puissances angéliques répondirent : « Amen ! » de manière à ce que tous les spectateurs entendent ce témoignage de l’assistance de l’Eglise du ciel dans les combats du Saint athlète du Christ. Après d’autres supplices, saint Platon fut décapité et partit rejoindre l’assemblée des Saints. Saint Platon est commémoré au 22 juillet au Martyrologe romain :

    A Ancyre, en Galatie, l’anniversaire de saint Platon, martyr. Sous le lieutenant Agrippin, il fut battu de verges, déchiré avec des ongles de fer, et souffrit d’autres genres de tourments très cruels ; il eut enfin la tête tranchée et remit à Dieu son âme invincible. Ses miracles accomplis pour venir en aide aux captifs, sont attestés par les Actes du second concile de Nicée.

    *

    Saint Romain d'AntiocheNous fêtons également en ce jour le saint martyr Romain, diacre et exorciste de l’Eglise de Césarée de Palestine, qui souffrit généreusement le martyre à Antioche lors de la persécution de Dioclétien (303), ainsi que le saint garçon Barulas qui l’accompagna dans sa passion.

    Saint Romain (ou Roman) exerçait les offices de diacre & d’exorciste dans l’Eglise de Césarée quand furent publiés en 303 les édits de la grande persécution de Dioclétien et de Maximien. Il se trouvait alors à Antioche lorsqu’on commença à y démolir les églises. Comme il exhortait les chrétiens à défendre leurs sanctuaires & qu’il relevait le courage d’un grand nombre, il fut arrêté et traduit devant le juge Asclépiade. Au cours du procès, un enfant, Barulas (Barallaha en syriaque, et par contraction Barlaha), avait été pris par hasard dans la foule pour apporter son témoignage. Or l’enfant loua le Dieu de Jésus-Christ et, pour cela, il fut battu de verges et Asclépiade eut l’inhumanité de le faire décapiter. Avant sa mort, le saint garçon pria sa mère, présente à l’exécution de son fils, de lui donner à boire, et sa mère ne cessa de l’encourager, le priant de supporter toutes ses souffrances pour le Seigneur Jésus-Christ. S’élevant au dessus des sentiments de la nature, elle tint la tête de son fils sur le billot et eut l’autorisation ensuite d’enterrer son corps.

    Asclépiade condamna saint Romain à être brûlé vif après avoir été flagellé et déchiré par des crocs de fer. L’exécution devait se faire en présence de Dioclétien qui était alors à Antioche. Une averse empêcha le feu de prendre et saint Romain louait Dieu tout en se moquant de ses bourreaux et des idoles impies des païens. L’empereur le fit amener et commua la sentence, ordonnant qu’on coupa la langue de saint Romain jusqu’à la racine. On le jeta ensuite en prison pour plusieurs mois, et le saint continua cependant à parler malgré son supplice. Enfin, on l’étrangla dans la prison le 17 novembre 303. Cependant, sa fête liturgique est célébrée le 18 novembre, tant en Orient qu’en Occident. Voici du reste sa notice au Martyrologe romain du 18 novembre :

    A Antioche, l’anniversaire de saint Romain, martyr. Au temps de l’empereur Galère, comme il voyait le préfet Asclépiade faire irruption dans une église et s’efforcer de la renverser de fond en comble, il exhorta les autres chrétiens à entraver ce dessein. Pour ce motif, après avoir souffert d’affreux tourments et avoir eu la langue coupée (ce qui cependant ne l’empêchait pas de célébrer les louanges de Dieu), il fut étranglé en prison et honoré de la couronne du martyre. Avant lui souffrit aussi un petit enfant, nommé Barulas, qui, interrogé par le préfet sur ce qui était le plus raisonnable, ou d’adorer un seul Dieu, ou d’en reconnaître plusieurs, avait répondu qu’il fallait croire au seul Dieu qu’adorent les chrétiens ; pour ce motif il fut battu de verges et décapité.

    Le culte de saint Romain & de saint Barulas s’est répandu très tôt en Orient comme en Occident. Le martyre de saint Romain est bien connu car il a été rapporté par Eusèbe de Césarée (Traité de la Résurrection, livre 2 & Livre des Martyrs de Palestine, chap. 2). Saint Jean Chrysostome prononça un Panégyrique en son honneur à Antioche, le jour de sa fête (43ème discours). On trouve un second panégyrique de saint Romain dans les œuvres attribuées à saint Jean Chrysostome, mais qui doit être d’un autre prêtre d’Antioche contemporain. Enfin, nous possédons un troisième panégyrique de ce saint parmi les homélies publiées sous le nom d’Eusèbe d’Emèse (Sermon 50).

    Surtout, le poète espagnol Prudence (348 † c. 405/410) consacre à saint Romain un long poème très bien documenté, qui a été rangé à l’époque moderne comme 10ème hymne de son Peristephanon. Cette pièce de 1140 vers en trimètres iambiques, intitulée Romanus, Contre les païens est un des rares exemples de quasi « tragédie » écrite par un auteur chrétien dans l’Antiquité. La fête de saint Romain a été célébrée de bonne heure au 18 novembre dans le rit hispano-mozarabe. Voici la première strophe de l’hymne, qui doit remonter à l’époque wisigothique :

    Romane, Christi fortis adsertor Dei,
    Elinguis oris organum fautor move:
    Largire comptum carmen, et faustissimum,
    Fac ut tuarum mira laudum concinam.

    En araméen, Barallaha signifie Enfant (ou serviteur) de Dieu. Dans le rit hispano-mozarabe, le saint martyr Barulas est nommé Théodule, mot grec qui a la même signification.

    Autre témoignage de la dévotion précoce des Espagnols à saint Romain, de nombreuses églises ibériques lui sont dédiées, dont l’une des plus anciennes églises de Tolède (Eglise Saint Román, actuel Musée des Conciles de Tolède et de la Culture wisigothique). Si le bâtiment actuel remonte au XIIIème siècle, il succède à une basilique wisigothique transformée en mosquée avant le XIème siècle, elle même établie sur une première basilique antique. C’est pour une autre église Saint-Romain à Séville que Francisco de Zurbarán a peint un célèbre tableau du saint tenant sa langue, accompagné du saint garçon Barulas.

    *

    Aux heures
    A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des martyrs. Kondakion : du dimanche.

    Tropaires des Béatitudes : huit tropaires du ton dominical :
    1. Souviens-toi de moi, Dieu Sauveur, * quand tu entreras dans ton royaume, ** seul Ami des hommes, sauve-moi.
    2. Adam fut séduit par l’arbre défendu, * mais par celui de la Croix tu as sauvé * le bon Larron s’écriant : ** Dans ton royaume, Seigneur, souviens-toi de moi.
    3. Ayant brisé les portes & les verrous de l’Enfer, * tu as ressuscité, Source de vie, * Sauveur, tous ceux qui s’écrient : ** Gloire à ta sainte Résurrection.
    4. Souviens-toi de moi, Seigneur * qui par ta sépulture triomphas de la mort * & comblas de joie l’univers, ** Dieu de tendresse, par ta Résurrection.
    5. Les Myrophores venues au tombeau * entendirent l’Ange proclamer : * Il est vraiment ressuscité, ** le Christ qui illumine le monde entier.
    6. Le Christ qui fut cloué * sur le bois de la croix * & sauva le monde de l’erreur, ** chantons-le tous d’un même chœur.
    7. Glorifions le Père & le Fils * & l’Esprit de sainteté, * disant à l’indivise Trinité : ** sauve nos âmes, nous t’en prions.
    8. O Vierge qui a conçu de merveilleuse façon * & mis au monde en ces derniers temps * ton propre Créateur, ** sauve les fidèles qui te magnifient.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Devant ton sépulcre les Puissances des cieux, * autant que les soldats, furent frappées d’effroi ; * et Marie (Madeleine) se tenait près du tombeau, * cherchant ton corps immaculé ; * mais tu brisas l’Enfer sans te laisser vaincre par lui, * tu rencontras la Vierge et nous donna la vie. * Ressuscité d’entre les morts, ** Seigneur, gloire à toi.
    2. Tropaire des Martyrs, ton 4 : Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité ; * animé de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par leurs prières sauve nos âmes.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion des Martyrs, ton 3 : Ta mémoire, saint Platon, réjouit le monde entier, * appelant les fidèles vers ton temple sacré ; * tous ensemble nous y chantons * avec allégresse tes hauts faits * et dans la foi nous nous écrions : ** Délivre des barbares ce qui fut ta cité.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion du dimanche, ton 6 : De sa main vivifiante le Seigneur source-de-vie, * le Christ notre Dieu, * a fait surgir tous les morts des ténèbres de l’Enfer, * accordant la résurrection à tout le genre humain ; * il est vraiment notre Sauveur, ** notre vie, notre résurrection et le Dieu de l’univers.

    Prokimen
    Du dimanche, ton 6 :
    ℟. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
    ℣. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne reste pas silencieux en face de moi (Psaume 27, 1).

    Epître
    Du dimanche : Ephésiens (§ 220) II, 4-10.
    Et il nous a ressuscités avec lui, et nous a fait asseoir dans le ciel en Jésus-Christ.

    Alleluia
    Du dimanche, ton 6 :
    ℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
    ℣. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).

    Evangile
    Du dimanche : Luc (§ 66) XII, 16-21.
    Mais Dieu dit à cet homme : Insensé que tu es ! on va te redemander ton âme cette nuit même ; et pour qui sera ce que tu as amassé ?

    Versets de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1).

    Partitions du propre de ce dimanche.

    Programme de la fête de sainte Cécile, Vierge & Martyre, patronne de la paroisse, de notre schola & des musiciens

    Saint-Eugène, le dimanche 24 novembre 2013, grand’messe de 11h. Vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h

    Sainte Cécile est l’une des plus illustres parmi les vierges-martyres de Rome. C’est à la fin du IIIème siècle qu’elle joignit à la couronne des vierges celle des martyrs. Mariée de force au païen Valérien, elle le convertit à la foi véritable ainsi que son beau-frère Tiburce. Les Actes de sainte Cécile nous rapportent que le jour de son mariage forcé, tandis que résonnait la musique païenne des noces, Cécile chantait en son cœur une hymne au Christ, le priant de la garder immaculée. Pour cette raison Cécile est devenue patronne des musiciens. Valérien, Tiburce et Cécile recevront tous les trois la palme du martyre, proclamant jusque dans leur mort leur fidélité au Christ Rédempteur. Cécile fut ébouillantée, puis reçut les trois coups de glaives légaux, auxquels elle survivra néanmoins trois jours encore, agonisant péniblement dans sa maison qu’elle laissa en héritage au Pape Urbain ; plus tard cette maison fut dédicacée comme église un 22 novembre, et placée sous son patronage. En octobre 1599, lorsque, sous les ordres du cardinal Sfondate, on y ouvrit le sarcophage de la sainte, son corps était encore intact. Le nom de sainte Cécile figure au Canon de la Messe romaine.

  • Propre du jour en vieux plain-chant parisien – Messe polyphonique : Missa Gaudete in Domino semper du sacre de Louis XVI (dimanche de la Trinité 1775) par son maître de chapelle François Giroust (1737 † 1799).
  • Procession d’entrée : orgue
  • Introït – Loquebar (ton v.)
  • Graduel – Audi filia (ton vii.)
  • Alleluia – Quinque prudentes virgines (ton v.)
  • Offertoire – Afferentur (ton iv.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Sacræ Cecilides – dialogue sacré en l’honneur de sainte Cécile – musique de Guillaume Bouzignac (c. 1587 † ap. 1643), maître de chapelle des cathédrales d’Angoulême, de Bourges, de Rodez, de Clermont-Ferrand, & de la collégiale Saint-André de Grenoble
  • Préface des Saints au propre de l’archidiocèse de Paris
  • A l’élévation : O salutaris hostia d’Orléans (1760) – François Giroust
  • Pendant la communion : Inclyti festum pudoris – hymne de l’office du rit hispano-mozarabe de sainte Cécile remontant à l’époque wisigothique (VIIème siècle) – plain-chant de Tolède et alternances polyphoniques d’après Tomás Luis de Victoria (1548 † 1611), maître de chapelle aux Descalzas Reales de Madrid
  • Communion – Confundantur (ton i.)
  • Prière pour la France de la messe du Sacre de Louis XVI par Giroust
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : O Sancta cœlicolis – invocation des musiciens à sainte Cécile, extraite de « La Céciliade ou martyre sanglant de sainte Cécile, patronne des musiciens », tragédie en musique représentée à Paris en 1606 – vers de Nicolas Soret – musique d’Abraham Blondet, chanoine & maître de chapelle de Notre-Dame de Paris
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    Programme du XXIIème dimanche après la Pentecôte – Saints Menas, Victor, Vincent, Stéphanide & Théodore Studite – ton 5

    Saints Menas, Victor, Théodore Studite et VincentParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 24 novembre 2013 du calendrier grégorien – 11 novembre 2013 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Dimanche du ton V de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour d’une part les saints martyrs Menas, Victor, Vincent et la sainte martyre Stéphanide, d’autre part notre vénérable père saint Théodore Studite.

    Les 4 martyrs dont les fêtes sont regroupées en ce jour n’ont pas vraiment de rapports entre eux : saint Menas est un martyr de la persécution de Dioclétien en Phrygie, saint Victor et sainte Stéphanide ont été martyrisés à Damas lors d’une persécution sous le règne d’Antonin, saint Vincent est le célèbre diacre de Sarragosse martyrisé sous la persécution de Dioclétien en Espagne.

    Le Christ et saint Mennas - icône copte du VIème siècle du monastère de Bawit en Moyenne Egypte (l'une des plus anciennes icône existante) - collection du Musée du LouvreSaint Menas (ou Mennas) le Mégalomartyr était un soldat d’origine égyptienne, né à Nikiou (aujourd’hui Menouf, en Basse-Egypte), de parents chrétiens, dans la seconde moitié du IIIe siècle. Il s’engagea de bonne heure dans l’armée romaine et suivit le détachement auquel il appartenait à Cotyée, petite ville de la Phrygie Salutaire (Κοτύαιον, l’actuelle Kütahya). En 291, sentant le durcissement de la politique de Dioclétien contre les chrétiens, Menas se retire du service de l’empereur et séjourne 5 ans dans un désert près de Cotyée, menant une vie solitaire & de pénitence, se préparant à livrer la grande bataille du martyre. Le jour de la naissance des empereurs, que le peuple célébrait par des spectacles, Ménas s’avança dans l’arène entre deux tournois et se mit à crier ce verset du prophète Isaïe :

    « J’ai été découvert par ceux qui ne me cherchaient pas, et j’ai été manifesté à ceux qui ne me réclamaient nullement « .

    Le martyre de saint Menas - fresque du monastère de Vatopedi au Mont AthosIl fut pris, lié et condamné le lendemain par le préfet Pyrrhus. Après l’avoir cruellement flagellé avec des lanières de cuir, on le tourmenta sur le chevalet ; on lui brûla les flancs avec des torches, on frotta ses plaies avec un rude cilice, on le traîna pieds et mains liés sur des claies hérissées de pointes de fer, on le meurtrit en le frappant avec des fouets plombés, enfin on le tua d’un coup d’épée. C’était un 11 novembre 296. Pendant toute sa passion, Menas demeura constant et plein d’espérance, priant pour ses bourreaux. Des chrétiens récupérèrent son corps et le portèrent en son pays, comme le saint leur avait demandé avant de mourir. L’église qui abrita son corps devint un grand lieu de pèlerinage. De nombreuses apparitions du saint après sa mort sont rapportées par Timothée Ier, patriarche d’Alexandrie (380 † 384).

    Il faut remarquer qu’il y eut sous le même règne de Dioclétien et Maximien un autre saint Menas martyrisé à Alexandrie et qui est fêté avec ses compagnons Hermogène & Eugraphe le 10 décembre. Le corps de saint Menas d’Alexandrie a été transporté à Constantinople, tandis que celui de saint Menas de Cotyée fut ramené après sa mort en Egypte. Aussi, beaucoup d’auteurs ont eu tendance à les confondre et à n’en faire qu’un des deux.

    Saint Mennas de Cotyée est fêté au Martyrologe romain à la même date du 11 novembre :

    A Cotyée en Phrygie, le glorieux martyre de saint Mennas, soldat égyptien ; qui, pendant la persécution de Dioclétien, après avoir renoncé à la profession des armes, se retira dans le désert pour y servir le Roi du ciel et venir à lui par la prière. Depuis, ayant reparu en public et confessé hautement qu’il était chrétien, il fut éprouvé par de cruels tourments ; enfin, s’étant mis à genoux pour prier, et rendant grâces à Notre Seigneur Jésus-Christ, il fut décapité, et devint après sa mort, célèbre par de nombreux miracles.

    *

    Martyr de saint Victor et de sainte Stéphanide de DamasSaint Victor (aussi Mégalomartyr) était un soldat romain originaire d’Italie, il fut affecté dans la région de Damas. Dénoncé pour sa foi en Jésus-Christ, on lui fit boire un mélange de chaux vive et de vinaigre, puis on le laissa pendu par les pieds jusqu’à la mort. Sa douloureuse agonie dura trois jours. Sainte Stéphanide était une jeune & pieuse veuve chrétienne qui vivait dans le jeûne & la prière depuis la mort de son époux. Elle assista au martyre de saint Victor. A la vue de ce spectacle, comme elle rendait gloire à la bravoure du soldat-martyr, elle fut elle aussi arrêtée. Attachée entre deux palmiers qu’on avait courbés et retenus par des cordes, on libéra les arbres qui reprirent brutalement leur position et déchirèrent ainsi en deux son corps.
    Tous deux subirent leur passion vers l’an 160, soit sous le règne d’Antonin soit sous celui de Marc-Aurèle.

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    Saint Vincent de Sarragosse - fresque grecque du XIème siècleLe diacre martyr saint Vincent appartenait à l’église de Saragosse dans la Tarraconaise (Espagne). Il rendit son témoignage au Christ sous l’empereur Maximien vers 304 à Valence dans la Carthaginoise. Il connut très tôt une exceptionnelle dévotion en Occident et en Orient, dont saint Augustin en est déjà le témoin au début du Vème siècle :

    « Partout où s’étend l’Empire romain et retentit le nom chrétien, quel est le pays, quelle est la province où l’on ne célèbre avec joie l’anniversaire de Vincent ? » (Sermon 276, chap. 4. Migne, Patr. lat., t. XXXVIII, col. 1257)

    Du reste on lisait sa Passion à la messe dans l’Eglise d’Hippone, au jour de sa fête. Saint Vincent est né à Saragosse, en Espagne, où il fut diacre de l’évêque Valère. Ce dernier vieillissant souffrait d’un défaut d’élocution, aussi chargea-t-il Vincent de sa mission de prêcher et d’instruire les fidèles, fonction normalement dévolue à l’évêque. Lorsque vinrent les persécutions sous Dioclétien et Maximien, l’évêque et le diacre furent arrêtés et emprisonnés. Le procurateur Dacien les fit comparaitre, et Vincent prit la parole pour confesser leur foi commune. Dacien condamna alors Valère à l’exil et Vincent à la torture, en exemple. Ce dernier conserva un calme inaltérable face aux tortures nombreuses & raffinées qu’on lui fit subir, avant de mourir le 22 janvier 304. Vincent ayant été torturé sur une maie de pressoir, il est devenu le saint patron des vignerons. Pour éviter la vénération des fidèles, le procurateur Dacien tente à deux reprises de se débarrasser du corps de Vincent, mais celui-ci est à chaque fois miraculeusement protégé.

    Saint Vincent de Sarragosse - fresque grecque de 1192Childebert, roi de Paris, fils de Clovis, rapporta comme trophée du siège de Saragosse de 531 (où il était allé châtier son indigne beau-frère, Amalaric, roi des Wisigoths, une étole du diacre saint Vincent. Il fonda pour la garder, aux portes de sa capitale, un monastère sous le vocable de Saint-Vincent, qui prit par la suite le nom de Saint-Germain-des-Prés.

    La fête de saint Vincent fut d’abord célébrée dans le rit byzantin le 22 janvier, comme en Occident (ainsi que l’atteste le Synaxaire Constantinopolitain du Xème-XIème siècle, qui connait aussi au 6 août l’anniversaire de la dédicace de l’église de Saint-Vincent-sous-les-murs-de-Constantinople). Cette fête fut ensuite basculée à la date du 11 novembre dans le rit byzantin. Il est possible que cette date corresponde à une translation des reliques du saint à Gaète, en Italie méridionale, ville alors située dans la sphère d’influence byzantine, translation probablement survenue après l’invasion musulmane de l’Espagne.

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    Saint Théodore Studite - mosaïque du XIème siècle du monastère de Nea Moni à ChiosOutre les 4 martyrs susdits, le rit byzantin fête en ce jour saint Théodore Studite, né à Constantinople en 759, mort sur l’île de Prinkipo le 11 novembre 826, une des plus grandes figures de l’Église byzantine.

    Pour parler de sa vie, nous citerons la merveilleuse catéchèse que donna sur la vie de ce saint le Saint Père Benoît XVI en 2009 :

    Chers frères et sœurs !

    Le saint que nous rencontrons aujourd’hui, saint Théodore le Studite, nous conduit en plein Moyen Age byzantin, à une période assez tourmentée du point de vue religieux et politique. Saint Théodore naquit en 759 dans une famille noble et pieuse : sa mère, Théoctiste, et un oncle, Platon, abbé du monastère de Saccoudion en Bithynie, sont vénérés comme des saints. Ce fut précisément son oncle qui l’orienta vers la vie monastique, qu’il embrassa à l’âge de 22 ans. Il fut ordonné prêtre par le patriarche Tarasius, mais rompit ensuite la communion avec lui en raison de la faiblesse dont celui-ci fit preuve à l’occasion du mariage adultérin de l’empereur Constantin VI. La conséquence en fut l’exil de Théodore, en 796, à Thessalonique. La réconciliation avec l’autorité impériale advint l’année suivante sous l’impératrice Irène, dont la bienveillance conduisit Théodore et Platon à s’installer dans le monastère urbain de Stoudios, avec une grande partie de la communauté des moines de Saccoudion, pour éviter les incursions des sarrasins. C’est ainsi que débuta l’importante « réforme studite ».

    Saint Théodore et le monastère du StoudionToutefois, l’histoire personnelle de Théodore continua d’être mouvementée. Avec son énergie habituelle, il devint le chef de la résistance contre l’iconoclasme de Léon V l’Arménien, qui s’opposa de nouveau à l’existence d’images et d’icônes dans l’Eglise. La procession d’icônes organisée par les moines de Stoudios (dans les jardins du monastère du Stoudion le dimanche des Rameaux le 25 mars 815) déchaîna la réaction de la police. Entre 815 et 821, Théodore fut flagellé, incarcéré et exilé en divers lieu de l’Asie Mineure. En fin de compte, il put rentrer à Constantinople, mais pas dans son monastère. Il s’installa alors avec ses moines de l’autre côté du Bosphore. Il mourut, semble-t-il, à Prinkipo, le 11 novembre 826, jour où il est célébré dans le calendrier byzantin. Théodore se distingua dans l’histoire de l’Eglise comme l’un des grands réformateurs de la vie monastique et également comme défenseur des images sacrées pendant la deuxième phase de l’iconoclasme, aux côtés du patriarche de Constantinople, saint Nicéphore. Théodore avait compris que la question de la vénération des icônes avait à voir avec la vérité même de l’Incarnation. Dans ses trois livres Antirretikoi (Réfutations), Théodore établit une comparaison entre les relations éternelles intratrinitaires, où l’existence de chaque Personne divine ne détruit pas l’unité, et les relations entre les deux natures en Christ, qui ne compromettent pas, en lui, l’unique Personne du Logos. Et il argumente : abolir la vénération de l’icône du Christ signifierait effacer son œuvre rédemptrice elle-même, du moment que, assumant la nature humaine, l’invisible Parole éternelle est apparue dans la chair visible humaine et de cette manière a sanctifié tout le cosmos visible. Les icônes, sanctifiées par la bénédiction liturgique et par les prières des fidèles, nous unissent avec la Personne du Christ, avec ses saints et, par leur intermédiaire, avec le Père céleste et témoignent de l’entrée dans la réalité divine de notre cosmos visible et matériel.

    Théodore et ses moines, témoins du courage au temps des persécutions iconoclastes, sont liés de façon inséparable à la réforme de la vie cénobitique dans le monde byzantin. Leur importance s’impose déjà en vertu d’une circonstance extérieure : le nombre. Tandis que les monastères de l’époque ne dépassaient pas trente ou quarante moines, nous apprenons de La vie de Théodore l’existence de plus d’un millier, au total, de moines studites. Théodore lui-même nous informe de la présence dans son monastère d’environ trois cents moines ; nous voyons donc l’enthousiasme de la foi qui est né autour de cet homme réellement informé et formé par la foi elle-même. Toutefois, plus que le nombre, c’est le nouvel esprit imprimé par le fondateur à la vie cénobitique qui se révéla influent. Dans ses écrits, il insiste sur l’urgence d’un retour conscient à l’enseignement des Pères, surtout à saint Basile, premier législateur de la vie monastique et à saint Dorothée de Gaza, célèbre père spirituel du désert palestinien. La contribution caractéristique de Théodore consiste à insister sur la nécessité de l’ordre et de la soumission de la part des moines. Au cours des persécutions, ceux-ci s’étaient dispersés, s’habituant à vivre chacun selon son propre jugement. A présent qu’il était possible de reconstituer la vie commune, il fallait s’engager pleinement pour faire du monastère une véritable communauté organisée, une véritable famille ou, comme il le dit, un véritable « Corps du Christ ». Dans cette communauté se réalise de façon concrète la réalité de l’Eglise dans son ensemble.

    Saint Théodore StuditeUne autre conviction de fond de Théodore est la suivante : les moines, par rapport aux séculiers, prennent l’engagement d’observer les devoirs chrétiens avec une plus grande rigueur et intensité. Pour cela, ils prononcent une profession particulière, qui appartient aux hagiasmata (consécrations), et est presque un « nouveau baptême », dont la vêture représente le symbole. En revanche, par rapport aux séculiers, l’engagement à la pauvreté, à la chasteté et à l’obéissance est caractéristique des moines. S’adressant à ces derniers, Théodore parle de façon concrète, parfois presque pittoresque, de la pauvreté, mais celle-ci, dans la suite du Christ, est depuis le début un élément essentiel du monachisme et indique également un chemin pour nous tous. Le renoncement à la possession des choses matérielles, l’attitude de liberté vis-à-vis de celle-ci, ainsi que la sobriété et la simplicité valent de façon radicale uniquement pour les moines, mais l’esprit de ce renoncement est le même pour tous. En effet, nous ne devons pas dépendre de la propriété matérielle, nous devons au contraire apprendre le renoncement, la simplicité, l’austérité et la sobriété. Ce n’est qu’ainsi que peut croître une société solidaire et que peut être surmonté le grand problème de la pauvreté de ce monde. Donc, dans ce sens, le signe radical des moines pauvres indique en substance également une voie pour nous tous. Lorsqu’il expose ensuite les tentations contre la chasteté, Théodore ne cache pas ses expériences et montre le chemin de lutte intérieure pour trouver le contrôle de soi et ainsi, le respect de son corps et de celui de l’autre comme temple de Dieu.

    Mais les renoncements principaux sont pour lui ceux exigés par l’obéissance, car chacun des moines a sa propre façon de vivre et l’insertion dans la grande communauté de trois cents moines implique réellement une nouvelle forme de vie, qu’il qualifie de « martyre de la soumission ». Ici aussi, les moines donnent uniquement un exemple de combien celui-ci est nécessaire pour nous-mêmes, car, après le péché originel, la tendance de l’homme est de faire sa propre volonté, le principe premier est la vie du monde, tout le reste doit être soumis à sa propre volonté. Mais de cette façon, si chacun ne suit que lui-même, le tissu social ne peut fonctionner. Ce n’est qu’en apprenant à s’insérer dans la liberté commune, à la partager et à s’y soumettre, à apprendre la légalité, c’est-à-dire la soumission et l’obéissance aux règles du bien commun et de la vie commune, qu’une société peut être guérie, de même que le moi lui-même, de l’orgueil d’être au centre du monde. Ainsi, saint Théodore aide ses moines et en définitive, nous aussi, à travers une délicate introspection, à comprendre la vraie vie, à résister à la tentation de placer notre volonté comme règle suprême de vie, et de conserver notre véritable identité personnelle – qui est toujours une identité avec les autres – et la paix du cœur.

    Saint Théodore Studite et saint Etienne le Nouveau - fresque du XIVème siècle du monastère serbe de Gratchnitsa au KosovoPour Théodore le Studite, une autre vertu, aussi importante que l’obéissance et que l’humilité, est la philergia, c’est-à-dire l’amour du travail, dans lequel il voit un critère pour éprouver la qualité de la dévotion personnelle : celui qui est fervent dans les engagements matériels, qui travaille avec assiduité, soutient-il, l’est également dans les engagements spirituels. Il n’admet donc pas que, sous le prétexte de la prière et de la contemplation, le moine se dispense du travail, également du travail manuel, qui est en réalité, selon lui et selon toute la tradition monastique, le moyen pour trouver Dieu. Théodore ne craint pas de parler du travail comme du « sacrifice du moine », de sa « liturgie », et même d’une sorte de Messe à travers laquelle la vie monastique devient angélique. C’est précisément ainsi que le monde du travail doit être humanisé et que l’homme à travers le travail devient davantage lui-même, plus proche de Dieu. Une conséquence de cette vision singulière mérite d’être rappelée : précisément parce qu’étant le fruit d’une forme de « liturgie », les richesses tirées du travail commun ne doivent pas servir au confort des moines, mais être destinées à l’assistance des pauvres. Ici, nous pouvons tous saisir la nécessité que le fruit du travail soit un bien pour tous. Bien évidemment, le travail des « studites » n’était pas seulement manuel : ils eurent une grande importance dans le développement religieux et culturel de la civilisation byzantine comme calligraphes, peintres, poètes, éducateurs des jeunes, maîtres d’école, bibliothécaires.

    Bien qu’exerçant une très vaste activité, Théodore ne se laissait pas distraire de ce qu’il considérait comme strictement lié à sa fonction de supérieur: être le père spirituel de ses moines. Il connaissait l’influence décisive qu’avaient eu dans sa vie aussi bien sa bonne mère que son saint oncle Platon, qu’il qualifiait du titre significatif de « père ». Il exerçait donc à l’égard des moines la direction spirituelle. Chaque jour, rapporte son biographe, après la prière du soir, il se plaçait devant l’iconostase pour écouter les confidences de tous. Il conseillait également spirituellement de nombreuses personnes en dehors du monastère lui-même. Le Testament spirituel et les Lettres soulignent son caractère ouvert et affectueux, et montrent que de sa paternité sont nées de véritables amitiés spirituelles dans le milieu monastique et également en dehors de celui-ci.

    Saint Théodore Studite - fresque de la cathédrale de la Trinité à Kostroma - 2005La Règle, connue sous le nom d’Hypotyposis, codifiée peu après la mort de Théodore, fut adoptée, avec quelques modifications, sur le Mont Athos, lorsqu’en 962 saint Athanase Athonite y fonda la Grande Lavra, et dans la Rus’ de Kiev, lorsqu’au début du deuxième millénaire, saint Théodose l’introduisit dans la Lavra des Grottes. Comprise dans sa signification authentique, la Règle se révèle singulièrement actuelle. Il existe aujourd’hui de nombreux courants qui menacent l’unité de la foi commune et qui poussent vers une sorte de dangereux individualisme spirituel et d’orgueil intellectuel. Il est nécessaire de s’engager pour défendre et faire croître la parfaite unité du Corps du Christ, dans laquelle peuvent se composer de manière harmonieuse la paix de l’ordre et les relations personnelles sincères dans l’Esprit.

    Il est peut-être utile de reprendre, pour conclure, certains des éléments principaux de la doctrine spirituelle de Théodore. Amour pour le Seigneur incarné et pour sa visibilité dans la Liturgie et dans les icônes. Fidélité au baptême et engagement à vivre dans la communion du Corps du Christ, entendue également comme communion des chrétiens entre eux. Esprit de pauvreté, de sobriété, de renoncement; chasteté, maîtrise de soi, humilité et obéissance contre le primat de sa propre volonté, qui détruit le tissu social et la paix des âmes. Amour pour le travail matériel et spirituel. Amitié spirituelle née de la purification de sa propre conscience, de son âme, de sa propre vie. Cherchons à suivre ces enseignements qui nous montrent réelle la voie de la vraie vie.

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    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du vénérable Père. Kondakion : du dimanche.
    A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Martyrs. Kondakion : du dimanche.

    Tropaires des Béatitudes : huit tropaires du ton dominical :
    1. Le bon Larron sur la croix * eut foi en ta divinité, ô Christ ; * il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant : ** De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.
    2. Sur le bois de la croix * pour nous les hommes tu fis fleurir la vie * et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu : ** Sauveur & Créateur, nous te chantons d’un même chœur.
    3. Par ta mort, ô Christ, * tu as brisé la force de la mort, * ressuscitant tous les morts depuis Adam, ** qui te chantent comme vrai Dieu & Sauveur du genre humain.
    4. Venues à ton sépulchre, Sauveur, * les saintes Femmes te cherchaient * pour embaumer la Source de vie, ** mais un Ange leur apparut pour leur dire : Il est ressuscité, le Seigneur !
    5. O Christ, lorsque tu fus crucifié * au milieu de deux larrons, * l’un fut justement condamné pour t’avoir insulté, ** l’autre par sa confession devint l’hôte du Paradis.
    6. Devant le chœur des Apôtres, * les saintes Femmes s’écriaient : * Le Christ est vraiment ressuscité, ** adorons en lui notre Maître & Créateur.
    7. Unique & indivisible Trinité, Dieu créteur & tout-puissant, * Père, Fils & Saint-Esprit, ** nous te chantons comme Sauveur & vrai Dieu.
    8. Réjouis-toi, porte infranchissable & temple vivant du Seigneur, * réjouis-toi, trône de feu non consumé, * réjouis-toi, ô Mère de l’Emmanuel, * le Christ notre Dieu est avec nous.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !
    2. Tropaire des Martyrs, ton 4 : Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité ; * animé de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par leurs prières sauve nos âmes.
    3. Tropaire du vénérable Père, ton 8 : Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, * luminaire de l’univers, ornement des moines inspiré de Dieu, * Théodore, tu nous as tous illuminés par tes sages enseignements, * toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit. ** Intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.
    4. Kondakion des Martyrs, ton 4 : T’arrachant à l’armée temporelle, * victorieux athlète Ménas, * c’est le compagnon des armées célestes * que fit de toi le Christ notre Dieu, ** l’immarcescible couronne des Martyrs.
    5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    6. Kondakion du vénérable Père, ton 2 : Ta vie ascétique et angélique, tu l’éclairas * par la splendeur de tes exploits athlétiques ; * partageant désormais la demeure des Anges dans le ciel, * bienheureux Père Théodore, avec eux * tu intercèdes sans cesse en faveur de nous tous ** auprès du Christ notre Dieu.
    7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    8. Kondakion du dimanche, ton 5 : Des enfers où tu descendis, mon Sauveur, * tu as brisé les portes, Tout-Puissant, * pour ressusciter les morts, ô Créateur ; * et tu brisas l’aiguillon de la mort, * Adam fut délivré de la malédiction ; * et nous, Seigneur, nous te crions : ** sauve-nous, dans ton amour pour les hommes.

    Prokimen
    Du dimanche, ton 5 :
    ℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
    ℟. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
    [Des saints, ton 7 :
    ℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).]

    Epîtres
    Du dimanche : Galates (§ 215) VI, 11-18.
    Pour moi, à Dieu ne plaise que je me glorifie en autre chose qu’en la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est mort et crucifié pour moi, comme je suis mort crucifié pour le monde !
    [Des martyrs : Ephésiens (§ 233) VI, 10-17.
    Du vénérable Père : Hébreux (§ 335) XIII, 17-21.]

    Alleluia
    Du dimanche, ton 5 :
    ℣. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
    ℣. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).
    [Des saints, ton 2 :
    ℣. Que tes prêtres soient revêtus de justice, et que tes saints tressaillent de joie (Psaume 131, 9).]

    Evangiles
    Du dimanche : Luc (§ 53) X, 25-37.
    Il s’approcha donc de lui, versa de l’huile et du vin dans ses plaies, et les banda ; et l’ayant mis sur son cheval, il le mena dans une hôtellerie, et prit soin de lui.
    [Des martyrs : Matthieu (§ 38) X, 32-33, 37-38 ; XIX, 27-30.
    Du vénérable Père : Matthieu (§ 10) IV, 25 – V, 12.]

    Versets de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1).
    [Des saints : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6).] Alleluia, alleluia, alleluia.

    Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

    Programme de la solennité de saint Eugène, premier évêque de Tolède & martyr, patron

    Le martyre de saint Eugène - fresque de Francisco Bayeu y Subías (1734 † 1795) - cloître de la cathédrale de TolèdeSaint-Eugène, le dimanche 17 novembre 2013, procession des reliques de saint Eugène, suivie de la grand’messe de 11h.

    Saint Eugène est mis au nombre des disciples ou des compagnons de saint Denys Ier, évêque de Paris, dans plusieurs actes des martyrs. Ce saint évêque l’envoya dans plusieurs lieux pour visiter les Eglises confiées à ses soins. Revenu de ses visites après le martyr de saint Denys, lorsque la persécution était encore des plus vives, il fut pris dans un village qu’on appelle Deuil, qui est à trois lieues de Paris ; et là, après avoir donné des marques éclatantes de sa foi, il fut condamné à avoir la tête tranchée, par la sentence du gouverneur Sisinnius Fescenninus. Son corps fut jeté par les gentils dans un certain lac, dit le lac Marchais. Hercold, homme d’une grande considération, qui avait déjà fait bâtir une église sur le tombeau de saint Denys, le chercha dans ce lac, et l’ayant trouvé, l’ensevelit honorablement, à l’endroit même où il avait souffert le martyre, et il y fit élever un magnifique oratoire. Son corps ayant été transporté, avant le Xe siècle, dans le monastère de saint Denys en France, plusieurs portions de ses reliques furent envoyées dans différentes églises de France et d’Espagne, où elles sont en grande vénération.
    Du Propre de Paris, au 15 novembre, IVe leçon du IInd nocturne de l’office de la nuit, en la fête de saint Eugène.

    Pour fêter notre saint patron, la Schola interprétera cette année la Missa Caça écrite par Cristóbal de Morales (C. 1500 † 1553), l’un des plus fameux maître de chapelle de la cathédrale de Tolède, primatiale d’Espagne.

  • Procession des reliques de saint Eugène : Christus vincit – Laudes regiæ (acclamations carolingiennes – IXème siècle)
  • Mémoire du XXVème dimanche après la Pentecôte par les oraisons reprises du VIème dimanche après l’Epiphanie – Propre du jour en vieux plain-chant parisien
  • Retour au chœur du clergé : Hæc dicit Dominus – Prælegendum de la messe de la fête de saint Eugène dans le rit hispano-mozarabe – plain-chant wizigothique tiré des livres de chœur de la cathédrale de Tolède (manuscrits du cardinal Cisneros)
  • Introït
  • Kyrie & Gloria de la Missa Caça de Cristóbal de Morales
  • Graduel
  • Alleluia
  • Séquence : Verbi semen qui plantavit – prose de saint Eugène – selon la tradition, l’orgue chante les strophes impaires.
  • Credo de la Missa Caça de Cristóbal de Morales
  • Offertoire
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Sancti Eugenii digna memoria – hymne de l’ancien office parisien de saint Eugène – plain-chant du premier ton (H. 55) de Marc-Antoine Charpentier
  • Sanctus, Benedictus & Agnus Dei de la Missa Caça de Cristóbal de Morales
  • Pendant la communion : Beatus vir – Psallendum de la messe de la fête de saint Eugène dans le rit hispano-mozarabe – plain-chant wizigothique tiré des livres de chœur de la cathédrale de Tolède (manuscrits du cardinal Cisneros)
  • Communion
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Virgines, & vos pueri vicissim – hymne des Ires et IIes vêpres de l’ancien office parisien de saint Eugène – plain-chant du sixième ton tiré des livres de Coutances
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
    Histoire de saint Eugène et de ses reliques

    Programme du XXIème dimanche après la Pentecôte – saint Joannice le Grand – Saints Nicandre & Hermée – ton 4

    Notre vénérable Père Joannice le Grand, ermite au mont OlympeParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 17 novembre 2013 du calendrier grégorien – 4 novembre 2013 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour notre vénérable Père Joannice le Grand, ermite au Mont Olympe. Saint Joannice est né en 754 dans le village de Marycate, près de la ville d’Apolloniade en Bithynie. D’origine très modeste, il gardait les porcs et ne reçut qu’une instruction très rudimentaire. Il professait initialement l’hérésie des iconoclastes. Il s’engagea dans la carrière militaire, et c’est au cours d’une campagne près du Mont Olympe de Bithynie qu’il rencontra un vieil ascète qui le convainquit de son erreur iconoclaste. Le jeune homme se repentit et vénéra l’icône du Christ. Après 20 ans passés dans l’armée, il quitta la carrière des armes après la campagne de 795 contre les Bulgares pour devenir moine dans un monastère, afin d’y recevoir l’instruction & la formation religieuse. Il se retira ensuite comme anachorète sur les pentes du Mont Olympe de Bithynie, non loin de Brousse. Les colonies monastique du Mont Olympe de Bithynie étaient entre 727 & 843 l’un des principaux foyers de résistances à la politique impie des empereurs iconoclastes.

    Saint Joannice ne resta pas toujours ermite sur le Mont Olympe de Bithynie. Il se déplaça en Lycie puis en Cilicie de 804 à 808 avant de revenir en Bithynie. Vers 810, il se sentit appelé à faire profiter autrui de son expérience ascétique et quitta la vie érémitique pour s’installer dans une cellule du monastère de Trichalika sur le Mont Olympe. Le Saint recevait là de nombreux visiteurs: il consolait les âmes troublées, redressait les pécheurs et les hérétiques iconoclastes dans la voie de la vérité et de la vertu, guérissait les malades. Il était tout pour tous, sans pourtant jamais perdre la quiétude et l’impassibilité que Dieu lui avait accordées en récompense de ses labeurs. Saint Joannice brillait particulièrement par le don de prophétie. Il prédit, entre autres, la chute de l’empereur Michel I Rangabé (813), la prise de pouvoir par Léon V l’Arménien (813-820) et la terrible persécution que ce dernier entreprendrait contre les Orthodoxes. A l’avènement de ce dernier, il alla en Lycie et y fonda trois monastères. A la mort de Léon l’Arménien en 820, il retourna à son monastère du Mont Olympe de Bithynie.

    En 824, un groupe d’une centaine des personnages ecclésiastiques les plus illustres du temps (parmi lesquels se trouvaient les Métropolites de Chalcédoine et de Nicée, St Théodore Studite, Clément le Notaire etc) vint rendre visite au Saint et ils lui demandèrent de leur dire quelle est la plus grande des vertus. Joannice répondit que c’est l’humilité. Car c’est par humilité que le Verbe de Dieu s’est anéanti lui-même et a accepté de prendre la forme d’esclave (cf. Philip. 11:6) pour nous délivrer de la mort, dans laquelle est tombé notre premier père Adam par orgueil. Il renvoya ensuite ses hôtes, sans manquer de prédire l’avenir de certains sous forme énigmatique.

    En 829, l’empereur Théophile monta sur le trône. Ce fut le plus fanatique des empereurs iconoclastes. Il persécuta violemment l’Eglise et en particulier les moines défenseurs des Saintes Icônes. Toutefois, vers les dernières années de sa vie, il commença à douter de la justesse de ses convictions. En 841, il envoya quelques émissaires auprès de Saint Joannice, afin de recevoir ses conseils. Le bienheureux fut catégorique. Il leur dit: «Celui qui ne rend pas l’honneur qui leur est dû aux images du Christ, de la Mère de Dieu et des Saints, ne pourra pas être reçu dans le Royaume des cieux, même s’il a vécu une vie impeccable. De même que ceux qui méprisent ton image, ô empereur, sont sévèrement châtiés, de même, ceux qui se moquent de l’image du Christ, seront-ils jetés dans le feu éternel. » L’année suivante, allongé sur son lit de mort, Théophile fit apporter une Icône du Christ et la baisa avec larmes avant d’expirer. Son épouse Théodora fit immédiatement consacrer saint Méthode Patriarche de Constantinople, conformément à la prophétie de Joannice, et rétablit définitivement le culte des Saintes Icônes (842). Joannice appuya la politique apaisante de Méthode qui choisissait de ne pas user de sévérité envers ceux qui étaient tombés dans l’iconoclasme, tandis que saint Théodore Studite et les moines du Studion de Constantinople prônait une politique plus sévère. Agé de 90 ans, il alla soutenir son ami Méthode à Constantinople et mourut à son retour sur le Mont Olympe, le 4 novembre 846.

    Translation du chef de saint Joannice le GrandLe chef de saint Joannice, qui était conservé au monastère d’Osios Loukas en Béotie, vient d’être solennellement translaté ce 4 novembre 2013 en l’église Saint-Joannice-et-Saint-Nicandre d’Aridaia, près d’Édessa en Macédoine. Cette translation célèbre le 99ème anniversaire de la libération de cette ville de la tyrannie turque.

    Nous fêtons aussi en ce jour les saints hiéromartyrs Nicandre, évêque de Myre en Lycie et Hermée (ou Hermas), prêtre. Tous deux furent ordonnés par saint Tite, lui-même collaborateur et compagnon de saint Paul & premier évêque de Crête. Ils souffrirent leur passion par ordre du préfet Libanius.

    Tant saint Joannice que les saints Nicandre & Hermée sont également inscrits au Martyrologe romain à la date du 4 novembre.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du hiéromartyr. Kondakion : du dimanche.
    A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du vénérable père. Kondakion : du dimanche.

    Tropaires des Béatitudes : huit tropaires du ton dominical :
    1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
    2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
    3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
    4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
    5. Pour nous l’Impassible devient homme de douleur * et sur la croix se laisse clouer, * afin de nous ressusciter avec lui ; * aussi nous glorifions avec la Croix * les Souffrances & la sainte Résurrection * par lesquelles nous fûmes rénovés, * obtenant le salut en criant : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
    6. Ressuscité d’entre les morts * et dépouillant l’empire de la Mort, * il apparut aux Myrrophores, leur annonçant la joie ; * et nous fidèles, prions-le * d’épargner à nos âmes la corruption, * lui répétant sans cesse la parole du bon Larron : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
    7. Fidèles, glorifions d’un même cœur * le Père, le Fils & l’Esprit saint, * invoquons en trois personnes l’unique Divinité * indivisible, inaccessible, sans confusion, ** qui nous sauve des flammes du châtiment.
    8. Ta mère, Seigneur, t’enfanta virginalement * et vierge elle est demeurée même après l’enfantement : * c’est elle que nous te présentons pour intercéder auprès de toi : * accorde à sa prière le pardon des péchés * pour ceux qui ne cessent de te crier : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleines de fierté, aux Apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
    2. Tropaire du vénérable Père Joannice, ton 8 : Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le stérile désert, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, * par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier : ** vénérable Père Joannice, prie le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.
    3. Tropaire du hiéromartyr Nicandre, ton 4 : Ton Martyr Nicandre, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité ; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par ses prières sauve nos âmes.
    4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    5. Kondakion du vénérable Père Joannice, ton 8 : Tu parus sur la terre comme un astre resplendissant, * éclairant ceux qui gisaient dans les ténèbres des passions, * en habile médecin de ceux qu’afflige la maladie ; * toi qui as reçu le don des guérisons, * accorde cette grâce aux fidèles t’en priant, * afin que nous puissions te dire à haute voix : ** Réjouis-toi, Joannice, Père saint.
    6. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    7. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon Sauveur & mon libérateur * a ressuscité tous les mortels, * les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau ; * il a brisé les portes de l’Enfer ** et en maître souverain il est ressuscité le troisième jour.

    Prokimen
    Du dimanche, ton 4 :
    ℟. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
    ℣. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).
    [Du vénérable Père, ton 7 :
    ℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).]

    Epîtres
    Du dimanche : Galates (§ 203) II, 16-20.
    Ce n’est plus moi qui vis, mais c’est le Christ qui vit en moi.
    [Du vénérable Père : Galates (§ 213) V, 22 – VI, 2.]

    Alleluia
    Du dimanche, ton 4 :
    ℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
    ℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).
    [Du vénérable Père, ton 2 :
    ℣. Heureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui a une grande affection pour ses commandements (Psaume 111, 1).]

    Evangiles
    Du dimanche : Luc (§ 35) VIII, 5-15.
    Enfin ce qui tombe dans la bonne terre, marque ceux qui ayant écouté la parole avec un cœur bon et excellent, la retiennent, la conservent, et portent du fruit par la patience.
    [Du vénérable Père : Matthieu (§ 10) IV, 25 – V, 12.]

    Versets de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1).
    [Du vénérable Père : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6).] Alleluia, alleluia, alleluia.

    Partitions du propre de ce dimanche.