Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Enregistrement, photos & vidéos : solennité de la Fête-Dieu

Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
Télécharger le livret des vêpres, de la procession & du salut du Très-Saint Sacrement au format PDF.

Téléchargez les partitions chantées au cours de cette messe & présentes dans cet enregistrement :

Les fichiers MP3 sont téléchargeables ici.

Voici quelques belles photos de ces cérémonies :

La messe solennelle :

Les vêpres devant le Saint Sacrement exposé, la procession et le salut de la Fête-Dieu :

Vidéos YouTube de ce dimanche :

Programme de la solennité de la Fête-Dieu

Saint-Eugène, le dimanche 7 juin 2015, grand’messe de 11h.
Vêpres, procession & salut solennels du Très-Saint Sacrement à 16h.

> Catéchisme sur la Fête-Dieu

Dans l’année liturgique, la fête de l’Eucharistie est célébrée le Jeudi Saint. Toutefois, en raison de l’entrée à la suite du Christ dans les souffrances de la Passion, les fastes liturgiques ne peuvent être complètement déployés ce jour-là. Aussi l’Eglise a-t-elle reporté la célébration glorieuse du sacrement de l’Eucharistie au jeudi qui suit la Trinité. Le mérite de l’institution de la fête de l’Eucharistie (c’est son nom dans les missels médiévaux) à cette date revient à sainte Julienne de Cornillon. A partir de 1209, cette religieuse & mystique liégeoise reçut la vision fréquente de la lune en laquelle une partie restait sombre et ne rayonnait pas. « Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Eglise sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace : c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement » (Benoît XVI). Répondant aux demandes de sainte Julienne, l’évêque de Liège fit célébrer la première Fête-Dieu en sa ville en 1246. La providence appela ensuite l’archidiacre de Liège à siéger sur le trône de saint Pierre sous le nom d’Urbain IV, lequel institua la Fête du Corps du Christ pour l’Église d’Occident par la bulle Transiturus de hoc mundo le 11 août 1264. A la demande du pape, saint Thomas d’Aquin fut chargé de la composition de l’office et de la messe de la nouvelle fête (pour la messe, il centonisa des textes nouveaux sur les airs liturgiques les plus en faveurs de son temps, et pour l’office, il remania celui qui était déjà en cours dans certains monastères cisterciens des Flandres). La procession avec le Saint-Sacrement, pratiquée ici & là dès le XIème siècles aux Rameaux et au petit matin de Pâques, se fit ensuite volontiers à la Fête-Dieu, et elle était généralisée partout en Occident au XVème siècle. En général la procession se faisait après la messe le jour même de la fête, et après les vêpres chaque jour de l’octave.

La Fête-Dieu n’étant plus fériée en France, la solennité en est transférée dans notre pays au dimanche qui suit, dans son octave.

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VEPRES & PROCESSION – 16h

  • Motet d’exposition : O salutaris de l’abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790) – les fidèles sont invités à chanter avec la schola
  • Première partie de la procession :
    Pange lingua
    Benedictus qui venit – cantique du Chanoine Darros – versets du Benedictus (Luc, I-vv. 68 – 79), psalmodie du VIème ton
  • Au premier reposoir : Tantum ergo
  • Seconde partie de la procession :
    Antienne Lauda Jerusalem du Chanoine Noël Darros († 1954), maître de chapelle de Lourdes – versets du psaume 147, psalmodie du Vème ton de l’Oratoire
  • Au second reposoir : Tantum ergo
  • Troisième partie de la procession :
    Lauda Sion – Texte de saint Thomas d’Aquin composé sur le modèle de la séquence Laudes Crucis d’Adam de Saint-Victor – mélodie d’Ernest Mazingue, organiste de Saint-Etienne de Lille (XIXème siècle)
  • Au Salut du Très-Saint Sacrement :
    Adoro te supplex – hymne au T. S. Sacrement de saint Thomas d’Aquin
    Panis angelicus – plain-chant de Langres
    Tantum ergo
    Louanges divines en réparation des blasphèmes
    Motet final au très Saint Sacrement : Adoremus in æternum en plain-chant musical

Télécharger le livret des vêpres & de la procession au format PDF.

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Plain-chant de la Solennité du Corps du Christ dans le graduel de Nivers (1679)

Lauda Sion en plain-chant d’Amiens

Lauda Sion en plain-chant d'Amiens

Ce beau plain-chant était chanté dans l’usage d’Amiens pour la Fête-Dieu où il figure comme dernière pièce à chanter pour la procession du Saint Sacrement, lorsque celle-ci retourne à l’église après avoir fait 12 stations, comme à Paris. Le reste des chants de la procession dans l’usage d’Amiens comprend un programme plutôt classique en France, combinant les hymnes du Saint Sacrement prévues par les livres romains et les antiennes & répons venant de l’usage proprement français : l’invitatoire Adoramus & procidamus ante Dominum, l’antienne Surge, Domine, & dissipentur inimici tui, le répons Mémoriam fecit mirabilium suorum, les hymnes Pange lingua, Sacris solemnis, le répons Accipiens Jesus calicem, les hymnes Verbum supernum et Adoro te supplex).

La strophe initiale est reprise en guise de refrain entre les différentes strophes et se chante à deux voix (la seconde mélodie étant de fait la basse de la première). Les 16 autres strophes ternaires de la séquence composée par saint Thomas d’Aquin sont chantées en alternances sur deux mélodies gracieuses. Le chant est mesuré et lent, battu à la carré. Notons la présence dans la notation musicale des livres d’Amiens de la rhomboïde (ou semi-brève : note losangée transversale).

Voici un enregistrement de cette pièce effectué il y a une vingtaine d’année, alors qu’il était chanté après l’élévation en l’église paroissiale de Creuse à proximité d’Amiens :

Source : Paroissien noté en plain-chant à l’usage du clergé et des fidèles du diocèse d’Amiens suivi de notions élémentaires de plain-chant, rédigé par les soins de l’Abbé Leboulanger, chanoine-honoraire et vicaire de Notre-Dame, à Amiens. Amiens, Duval et Herment, 1847, p. 353-354.
Merci à Firminus – qui fait un remarquable travail de sauvegarde du plain-chant picard depuis de nombreuses années – de l’avoir signalé sur le Forum catholique.

Le même chant (répétition à Saint-Eugène le 28 mai 2016) :

Et enregistré à la messe de la solennité de la Fête-Dieu le dimanche 28 mai 2016 :

La Fête-Dieu à Besançon au XVème siècle (et à Rome au XXIème siècle)

La Fête-Dieu - Bréviaire de Besançon circa 1481Cette miniature de la Fête-Dieu est tirée d’un bréviaire dans le rit de Besançon daté de la seconde partie du XVème siècle, probablement autour de l’année 1481 (Breviarium secundum usum Bisuntinae dioecesis, Bibliothèque de Besançon, Ms. 69, p. 485).

Cette miniature est intéressante car elle présente plusieurs aspects remarquables.

1. On notera que le Corps du Seigneur y est encore porté sur un brancard. De fait, lorsque la procession de la Fête-Dieu fut instituée en 1246 à Liège par l’évêque Robert de Thourotte sur les instances de sainte Julienne de Montcornillon, on prit modèle sur les processions des reliques des saints, qui existaient depuis des lustres, et au cours desquelles on portait les corps des saints dans des châsses, sur des brancards.

2. On remarquera que le Corps du Seigneur est porté sur un calice. Les premières monstrances eucharistiques n’avaient pas en effet la forme de soleil mais de vases ressemblant à des calices ou des pyxides, lesquels servirent également à présenter les reliques de saints à partir du XIIIème à la vénération des fidèles. Les premiers ostensoirs soleils sont attestés néanmoins depuis le XVème siècle, la forme devient commune au XVIIème siècle.

Monstrance eucharistique du Dôme de Milan

Monstrance eucharistique ambrosienne, du trésor du Dôme de Milan, entre 1435 & la fin du XVème siècle.

Reliquaire-monstrance de Sienne datée de 1331

Reliquaire-monstrance de Sienne datée de 1331 (collection du Musée de Cluny)

3. Ici, sur cette miniature du bréviaire de Besançon, nous voyons aussi une construction au dessus du calice/pyxide, en forme de petit ciborium. De telles constructions se rencontraient fréquemment au Moyen-Age pour les tabernacles qui étaient alors suspendus au dessus des autels, forme jadis commune pour conserver la réserve eucharistique, bien avant l’invention des tabernacles fixes. Lors de la procession eucharistique, on entend rendre au Très-Saint Sacrement les honneurs qui lui sont dû d’ordinaire, aussi le ciborium-tabernacle est-il lui aussi porté.

Par la suite, le ciborium fut réuni à la pyxide en une seule pièce d’orfèvrerie. Voici la monstrance eucharistique de Belém, commandée par le roi du Portugal, datant de 1506 et due à l’orfèvre Gil Vicente et qui illustre parfaitement cette mutation :

Monstrance de Belém - Gil Vicente - 1506

4. Le Corps du Seigneur, surmonté du ciborium est ici sur cette miniature franc-comtoise lui-même surmonté d’un dais porté par quatre personnages, dais sur lequel sont tissées les paroles du début d’une prose bien connue au Très-Saint Sacrement : Ave verum Corpus natum de Maria Virgine (Salut, Corps véritable né de la Vierge Marie). Originairement, le dais n’était employé que pour les rois et princes de grande puissance (mais pas pour les reliques des saints lors de processions). Son emploi à la procession de la Fête-Dieu marque donc bien qu’on y accompagne le Roi des rois & le Seigneur des seigneurs.

5. Le Corps du Seigneur est porté sur le brancard par deux prêtres en chasubles. Notons que la rubrique existe toujours que tout prêtre prenant part (sans fonction particulière) à la procession de la Fête-Dieu soit en chasuble. Cette fête est en effet également une fête du sacerdoce. Les couleurs liturgiques ne sont pas encore fixées définitivement au XVème siècle, on ne s’étonnera pas de voir deux chasubles de couleurs différentes, bleu et or. Le tapis posé sur le brancard est lui rouge, ancienne couleur employée pour la Fête-Dieu dans beaucoup d’usages diocésains français. Notons aussi les amicts parés (celui de gauche – or – se détache bien visiblement de la chasuble bleue).

6. Remarquons le petit clerc tonsuré qui sonne deux clochettes pour annoncer la venue du Corps du Seigneur.

7. Notons enfin que tous les fidèles accompagnent le Très-Saint Sacrement en portant des torches (ou cierges). La rubrique existe toujours mais elle n’est hélas plus vraiment observée de nos jours.

Curieusement, cet usage ancien de porter le Très-Saint Sacrement par des prêtres en chasubles s’observe toujours traditionnellement à Rome, en la paroisse de la Très-Sainte-Trinité-des-Pèlerins à Rome desservie par les prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, probablement un cas très rare dans la Chrétienté actuelle. Le Très-Saint Sacrement y est porté par quatre prêtres en chasubles, le dais y est tenu par huit clercs en chapes. En voici une photo :

01-Fête-Dieu à Rome

***

Dans cette série :

Photos : messe, vêpres & procession de la Fête-Dieu

Dimanche dernier 7 juin 2015 était en France la solennité extérieure de la fête du Corps du Christ (Corpus Christi), appelée populairement dans notre pays la Fête-Dieu. Voici quelques photos des cérémonies à Saint-Eugène (Paris IX).

Le matin, la messe fut célébrée avec un diacre & un sous-diacre venus du séminaire du Bon Pasteur à Courtalain.

04-Messe de la Fête-Dieu - Elévation du Sang du Seigneur

L’après-midi, les vêpres furent célébrées devant le Très-Saint Sacrement exposé.

09-Vêpres de la Fête-Dieu devant le Très-Saint Sacrement exposé

A l’issue des vêpres, la procession du Très-Saint Sacrement traversa les rues du IXème arrondissement.

23-Procession de la Fête-Dieu

De retour à l’église, le salut du Très-Saint Sacrement fut chanté et M. le curé donna la bénédiction avec l’ostensoir.

29-Procession de la Fête-Dieu

Nos vifs remerciements vont à M. François N. pour ses magnifiques photos qui nous permettent de garder le souvenir de cette magnifique journée passée à chanter l’amour de Dieu dans la Très-Sainte Eucharistie.

Retrouvez toutes les photos de François sur cet album Google+.

Enregistrement : sainte messe de la solennité de la Fête-Dieu

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Téléchargez les partitions chantées au cours de cette messe & présentes dans cet enregistrement :

Les fichiers MP3 sont téléchargeables ici.

Procession de la Fête-Dieu (Corpus Christi) dans les rues du quartier de Saint-Eugène à Paris (crédit photographique - Gonzague B)

Photos de la Fête-Dieu à Saint-Eugène

Fête-Dieu 2010

Prière silencieuse de l’Aperi avant l’ouverture des vêpres de la Fête-Dieu.

Fête-Dieu 2010

Verset d’ouverture des vêpres :
Deus, in adjutorium meum intende.

Fête-Dieu 2010

Fin de la psalmodie et reprise de la Vème antienne :
Qui pacem ponit fines Ecclesiae, frumenti adipe satiat nos Dominus.

Fête-Dieu 2010

Chant du capitule par l’officiant.

Fête-Dieu 2010

Exposition du Très-Saint Sacrement après les vêpres.

Fête-Dieu 2010

Départ en procession.

Fête-Dieu 2010

La procession descend la rue du Faubourg Poissonnière.

Fête-Dieu 2010

Benedictus qui venit in nomine Domini.

Fête-Dieu 2010

Premier reposoir, rue Bergère.

Fête-Dieu 2010

Pange lingua gloriosi Corporis mysterium.

Fête-Dieu 2010

Lauda Jerusalem, Dominum.

Fête-Dieu 2010

Second reposoir, place de la Cité Trévise.

Fête-Dieu 2010

Retour de la procession à Saint-Eugène.

Fête-Dieu 2010

Salut solennel de la Fête-Dieu.

Fête-Dieu 2010

Adoro te supplex, latens Deitas.

Fête-Dieu 2010

Tantum ergo Sacramentum veneremur cernui.

Fête-Dieu 2010

Adoremus in æternum Sanctissimum Sacramentum.

Toutes les magnifiques photos de la Fête-Dieu sont sur le site des photos de Saint-Eugène :

  • Messe de la Fête-Dieu
  • Vêpres de la Fête-Dieu
  • Procession de la Fête-Dieu
  • Salut de la Fête-Dieu
  • La procession de la Fête-Dieu en France au XVIIIème siècle

    La procession de la Fête-Dieu

    Cette gravure est l’œuvre du célèbre graveur Bernard Picard. Elle figure hors texte dans les Cérémonies & coutumes religieuses de tous les Peuples du monde, volume II Cérémonies & coutumes des Catholiques romains, éditées à Amsterdam par J.-F. Bernard (1723-1743).

    La gravure représente l’arrivée de la procession du Très-Saint Sacrement au reposoir.

    Quelques notes & remarques :

    • Notons le dais rigide à la française, à six hampes surmontées de plumes d’autruche. Une tablette recouverte d’un corporal permet de poser l’ostensoir et de reposer le célébrant. Les processions étaient en effet fort longues ; à Paris par exemple, elles comportaient douze reposoirs & se faisaient chaque jour de l’octave de la Fête-Dieu.
    • Le dais est porté par six magistrats de ville en robes & rabats et semble accompagnés de notables portant des cierges, conformément aux rubriques qui demandent que le Saint-Sacrement soit ainsi accompagné ; notez la présence de cartouches sur ceux-ci (ils doivent recevoir des blasons).
    • Les cierges sont du reste très nombreux. Conformément à l’Instruction Clémentine, l’autel du reposoir est garni d’un grand nombre de cierges (j’en compte 24) et est encore surmonté de cinq lustres en cristaux portant au moins huit bras de lumière chaque. Tout le clergé porte des cierges. Le Saint-Sacrement est en outre précédé de 8 hautes torchères en deux groupes de 4 et encore suivi de 4 hautes torchères. Des entonnoirs recueillent la cire des 8 premiers.
    • Deux thuriféraires encensent simultanément le Saint-Sacrement. Deux thuriféraires seulement, serait-on tenté de dire (deux est bien la rubrique romaine, sept était plus fréquent en France). Notons aussi qu’ils encensent à pleines chaînes en lançant l’encensoir en haut, ce qui est d’ancienne coutume en France (on voit encore ces encensements pratiqués de nos jours par les 7 thuriféraires de Saint-Etienne de Caen).
    • Le nombre de chapiers est impressionnant (j’en compte au moins 15) ; comme on ne voit pas de prêtres en chasuble, la rubrique romaine qui veut que les prêtres en revêtent pour cette procession ne semble pas observée, on peut imaginer que les prêtres sont donc revêtus de chapes ; quelques dalmatiques aussi de diacres & sous-diacres ; les deux acolytes sont positionnés de part & d’autre de l’autel du reposoir, ils ne sont vêtus que de surplis à larges manches ; notez que selon l’ancienne coutume parisienne, tous les membres du clergé portent une couronne de roses sur la tête !
    • Deux enfants de chœur jettent des fleurs devant le Saint-Sacrement, le pavé est jonché du reste de branchages ; deux autres enfants les précèdent et semblent porter une réserve de pétales dans un drap ; notons leurs ceintures sur le surplis (vieil usage français) et aussi qu’ils portent des ailes d’ange. Promis à un bel avenir, ce détail donnera lieu par la suite à d’amples développements au XIXème siècle & à la première moitié du XXème siècle : autour du reposoir s’organisèrent de grandes représentations scéniques d’enfants déguisés en anges. A droite, la bannière d’un saint patron évêque a été portée en tête de procession.
    • Revenons au reposoir ; c’est une véritable construction provisoire. L’autel est vêtu d’un antependium à trois compartiments principaux, surmonté d’un gradin, de la croix & d’un retable ; on y accède par trois marches. De magnifiques tapisseries l’entourent et masquent la construction.
    • A gauche de l’autel du reposoir a été édifié une tribune de musique ; y prennent placent instruments & chanteurs qui exécutent un motet pour le reposoir. On distingue au moins deux violons, une flûte d’Allemagne & un hautbois, le maître de musique au centre bat la mesure. Marc-Antoine Charpentier nous a laissé plusieurs œuvres pour les reposoirs de la Fête-Dieu, e.g. ses Symphonies pour un reposoir [H.515] ou Pour un reposoir [H.523] exigent la présence d’un véritable orchestre de bonne taille ; son motet In Festo Corporis Christi Canticum [H.344] fut exécuté au reposoir de la Fête-Dieu de Versailles devant le Roi. Nous avons par ailleurs déjà évoqué sur ce blog les 300 exécutants du motet de la Fête-Dieu de Langres écrit par le chanoine Couturier.
    • Notons pour finir les deux femmes qui lancent des pétales de fleur depuis leur fenêtre (de nos jours nous recevons usuellement bien autre chose…). C’était la Chrétienté.

    ***

    Dans cette série :

    Fête-Dieu à Venise en 1873-1874

    Procession Fete-Dieu à Venise en 1873-1874

    Merci à Monsieur l’Abbé Meissonnier, fssp, de nous avoir fait parvenir cette procession de Fête-Dieu de la Sérénissime, ville dans laquelle il est actuellement en poste.

    C’est un tableau du peintre Luigi Passini (Vienne, 1832 † Venise, 1903), signé & daté de 1873-74.

    Remarquons :

    • les deux chantres marchant en tête, derrière la croix et les acolytes,
    • les nombreux représentants de confréries, portant des cierges au bout de magnifiques porte-cierges de confréries,
    • les fidèles accompagnant le Saint-Sacrement avec des cierges, conformément aux rubriques de cette procession.

    Comme l’an passé, nous mettrons en ligne chaque jour de l’octave de la Fête-Dieu une image représentant une belle procession.

    ***

    Dans cette série :

    Fête-Dieu à Langres – Fin XIXème / début XXème siècle

    Merci à Monsieur l’Abbé Meissonnier, fssp, pour les mythiques photos qu’il m’a faites parvenir ce matin de la Fête-Dieu à Langres du temps du fameux chanoine Couturier (cette ville & ce compositeur m’étant tous les deux particulièrement chers !).

    Fete-Dieu Langres

    Les petits & grands séminaristes avec les élèves de la maîtrise précèdent le dais qu’on entrevoit en haut de la rue à gauche de la photo.
    Les petits séminaristes sont en habit de chœur mais sans rabat français.
    Les maîtrisiens sont en uniforme. Leur présence indique que ces photos sont antérieures à 1905 (la Loi de la séparation des églises & de l’état entraîna la suppression de l’école maîtrisienne de Langres, pourtant si féconde & prospère).
    Notez les 4 chantres en chapes (l’ancien usage langrois avait sagement été conservé par Mgr Parisis au milieu du XIXème siècle quand cet évêque de Langres pris le rit romain pour son diocèse).
    On aperçoit précédant le dais plusieurs diacres ou indus & une bonne dizaine de chapiers.
    Notez les douze (!!!) thuriféraires tournés vers le Saint-Sacrement (quatre rangs sur trois lignes), avec des enfants jetant des pétales de fleurs.
    Les maisons paraissent avoir été ornées de branchages.

    Fete-Dieu Langres

    Deux évêques en cappa (!) suivent le dais.
    Des portes insignes portent leurs mitres derrière eux.
    Je ne connais hélas pas les évêques de Langres de cette époque pour déterminer qui est ici sur la photo (un vieil évêque & son coadjuteur ?).

    Fete-Dieu Langres

    Ecce panis angelorum !
    Arrivée au reposoir (il me semble sur la place de l’Hôtel de Ville) : notez l’importance de la construction de celui-ci, avec ciborium.
    Les douze thuriféraires encensent à pleines chaines (avec un peu d’attention, on distingue la plupart des encensoirs en l’air).
    Il est piquant de constater que Langres, qui s’est voulu le fer de lance de la romanité liturgique en France au XIXème siècle, laissait subsister de tels usages purement français !

    Fete-Dieu Langres

    Il me semble reconnaître le chanoine Nicolas Mammès Couturier au clavier.
    Sans doute se prépare-t-on à exécuter l’un de ses grands motets pour le reposoir de la Fête-Dieu.
    Le plus fameux de ceux-ci est Alleluia, paratur nobis (Populus n° 78), grand motet en Mib M à 4 & 5 voix, pour deux chœurs & 2 musiques militaires, sur le thème de l’Adoro te. D’une durée d’une vingtaine de minutes, ce motet du reposoir nécessitait 300 exécutants : les deux séminaires, la maîtrise & les musiques du 21ème & du 109ème régiments d’infanterie stationnés à Langres.
    La photo n’embrasse pas l’ensemble des exécutants, mais néanmoins, on voit bien la disposition à deux chœurs qui se font face, les séminaristes à gauche, les petits séminaristes & les maîtrisiens à droite.
    On ne voit pas les deux fanfares militaires. Notons toutefois la présence de militaires en arrière-plan.
    Il semble que la photo soit prise pendant un passage solo (le soliste est à la gauche de l’organiste).

    Fete-Dieu Langres

    Après l’éxécution du motet, le célébrant donne la bénédiction avec le Saint-Sacrement.
    Notez que le clergé langrois arbore encore fièrement la tonsure cléricale. 😉

    Fete-Dieu Langres

    Le dais passe devant l’Hôtel de Ville de Langres.
    On distingue les portes insignes derrière les évêques.
    Notez les deux énormes cierges des deux céroféraires.

    Pour le grand admirateur de l’œuvre musicale du chanoine Couturier que je suis, ces photos sont mythiques.
    Quels fastes liturgiques Langres déployait alors !
    Je les avais vues il y a fort longtemps & suis extrêmement ravi de les retrouver enfin après des années de recherche.
    Encore merci, Monsieur l’Abbé !

    Il faudra que je fasse un jour ou l’autre un article sur le chanoine Couturier & l’extraordinaire vie musicale qu’il a su insuffler à la petite ville de Langres pendant un demi-siècle (je publierai alors peut-être en ligne le catalogue de ses 590 œuvres dressé en son temps par Bernard Populus). C’est un auteur que nous aimons beaucoup chanter à Saint-Eugène.
    Vous pouvez trouver sur notre site plusieurs partitions du chanoine Couturier en libre accès.

    PS. Tant que dure l’octave de la Fête-Dieu, je publierai très volontiers toute image de procession du Saint-Sacrement. Avis à tous mes amis !
    Au XVIIIème siècle à Paris, il y avait procession tous les jours durant l’octave. 🙂

    ***

    Dans cette série :