Guillaume-Gabriel Nivers – Troisième O salutaris, à 2 voix et basse continue

Guillaume-Gabriel Nivers (c. 1632 † 1714), organiste du roi Louis XIV & de Saint-Sulpice, maître de musique de la Reine et de la Maison royale de Saint-Louis à Saint-Cyr.
Troisième O salutaris.
2 voix égales (SS) & basse continue.
2 pages.

Cet O salutaris est tiré des « Motets à voix seule, accompagnés de la basse continue et quelques autres motets à deux voix, propres pour les religieuses, avec l’art d’accompagner sur la basse continue pour l’orgue et le clavecin, par le sieur Nivers, organiste de la Chapelle du Roi & de l’église Saint-Sulpice » publiés à Paris chez l’auteur en 1689.

On le retrouve par la suite dans les collections de partitions manuscrites et les livres d’offices destinées à la Maison royale d’éducation de Saint-Cyr, fondée par Madame de Maintenon pour les jeunes filles de la noblesse pauvre, maison pour laquelle Guillaume-Gabriel Nivers va consacrer toute son énergie au cours de la dernière partie de sa vie. Dans les sources de Saint-Cyr, notre motet est appelé « Troisième O salutaris de Mr Nivers » et il est en général privé de sa partie de basse continue.

O salutáris Hóstia,
Quæ cœli pandis óstium :
Bella premunt hostília,
Da robur, fer auxílium.
Ô victime salutaire,
Qui nous ouvres la porte du ciel,
L’ennemi nous livre la guerre,
Donne-nous force, porte-nous secours.

O salutaris, depuis une ordonnance du roi Charles V († 1380), devait être chanté à l’élévation de toutes les messes hautes du Royaume de France. Cette ordonnance fut régulièrement observée jusqu’au XIXème siècle dans notre pays.

Par commodité, nous fournissons cet O salutaris de Nivers selon trois transposition : en si bémol majeur (ton de l’édition des motets de 1689), en la majeur (ton utilisé par les manuscrits de Saint-Cyr) et en sol majeur.

Les premières mesures de cette partition :


Guillaume-Gabriel Nivers - Troisième O salutaris, à 2 voix et basse  continue - partition PDF

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Frontispice de l'édition de 1689 des motets de Guillaume-Gabriel Nivers

Guillaume-Gabriel Nivers - Troisième O salutaris, à 2 voix et basse  continue - 1689

Guillaume-Gabriel Nivers – Troisième O salutaris, à 2 voix et basse continue – Edition de 1689.

Troisième O salutaris de Mr Nivers - Chants & motets de Saint-Cyr

Troisième O salutaris de Mr Nivers – Chants & motets de Saint-Cyr

O salutaris Hostia du Vieux-Siméon

O salutaris Hostia du Vieux-Siméon.
Adaptation : Henri de Villiers
4 voix mixtes (SATB).
2 pages – Mi mineur.

Cette adaptation pour le texte de l’O salutaris Hostia latin a été réalisée sur un Cherouvikon (i.e. l’hymne des Chérubins, le chant d’offertoire de la liturgie de saint Jean Chrysostome), sur un chant connu en Russie sous le nom de « Старосимоновская », soit « Vieux-Siméon ».

Le Monastère Simonov (« de Siméon ») est un monastère stauropégique (dépendant directement du primat de Russie, et non de l’évêque ordinaire local) de 1ère classe pour hommes, fondé vers 1370 par saint Théodore III, premier archevêque de Rostov, neveu et disciple de saint Serge de Radonège.

Ce monastère de Siméon (Simonov) tire son nom de ce que les terres où il s’établit appartenaient à Siméon Khovrine, un boyard devenu moine et originaire de la principauté de Théodoros, ancêtre fondateur de la famille Golovine. Certains de ses descendant y ont été enterrés.

Mais dès 1379, le monastère fut déplacé à 800 mètre plus à l’Est. Cependant, le premier établissement continua d’exister sous le nom de Vieux-Siméon (Staro Simonovsky), tandis que le nouveau site fut appelé Nouveau-Siméon (Novo-Simonovsky), devenant rapidement l’un des plus riches monastères de Moscou. L’année d’après, les corps de nombreux héros russes tombés lors de la fameuse victoire de Koulikovo contre les Mongols de la Horde d’Or furent inhumés au Monastère du Vieux-Siméon.

L’église en bois du monastère du Vieux-Siméon fut reconstruite en pierre en 1509-1510, dédiée à la Nativité de la Vierge ; son réfectoire et son clocher entre 1785-1787 (reconstruits en 1849-1855).

L’église du monastère fut fermée par les Communistes en 1928, et son clocher démoli en 1932, tandis qu’étaient profanées les tombes des héros de Koulikovo. Englobée dans une usine, l’église était sur le point d’être détruite, mais elle fut finalement sauvée et rendue au culte et reconsacrée le 16 septembre 1989. En 2006, le clocher fut reconstruit à l’identique, et on y installa une cloche de 2,2 tonnes, offerte par le gouverneur de Briansk (ville d’où étaient originaires les principaux héros de la bataille de Koulikovo).

Le chant de ce cherouvikon appartient à la tradition de ce monastère. Les deux modèles d’harmonisations présentées par Maxime Kovalevsky dans son recueil de musique sacrée russe ont été utilisée en alternance pour cet arrangement latin.

Les premières mesures de cette partition :

O salutaris du Vieux-Siméon - partition au format PDF

O salutáris Hóstia,
Quæ cœli pandis óstium :
Bella premunt hostília,
Da robur, fer auxílium.
Ô victime salutaire,
Qui nous ouvres la porte du ciel,
L’ennemi nous livre la guerre,
Donne-nous force, porte-nous secours.
O vere digna Hóstia,
Spes única fidélium :
In te confídit Fráncia,
Da pacem, serva lílium.
Ô vraiment digne Hostie
Unique espoir des fidèles,
En toi se confie la France,
Donne-lui la paix, conserve le lys.
Uni trinóque Dómino
Sit sempitérna glória :
Qui vitam sine término
Nobis donet in pátria. Amen.
Au Seigneur un et trine
Soit la gloire sempiternelle ;
Qu’il nous donne dans la patrie
La vie qui n’aura point de terme. Amen.

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Par le chœur de la collégiale Saint-Just de Lyon :

Trois enregistrements de cette œuvre, dans son texte original russe, en vieux-slavon d’Eglise :



Dimitri Bortniansky (d’après) – O salutaris Hostia

Dmitri Stepanovitch Bortniansky (1751 † 1825) (d’après), directeur de la Chapelle impériale de Russie.
O salutaris Hostia sur l’exapostilaire de Pâques.
4 voix mixtes (SATB).
1 pages – Fa mineur.

Entré à l’âge de sept ans comme enfant au chœur de la Chapelle impériale de Saint-Pétersbourg, le jeune Dimitri Bortniansky y reçut une formation musicale complète du maître de celle-ci, le Vénitien Baldassare Galuppi, qui l’emmène ensuite avec lui dix ans en Italie pour parfaire sa formation, avant d’être rappelé en Russi pour reprendre la direction de la Chapelle impériale, devenant le premier Russe à accéder à ce poste. A la tête des 108 choristes de cette institution, il va développer un très vaste répertoire de musique sacrée pour la liturgie byzantine russe, formant une alliance très réussie entre le sentiment religieux russe, les nécessités des vastes offices byzantins organisés selon l’octoèque d’une part, et d’autre part la polyphonie occidentale et le faux-bourdon en particulier.

Cette adaptation de l’O salutaris Hostia latin a été réalisée d’après un original en slavon, sur l’une des pièces composées par Bortniansky pour un moment majeur de l’office byzantin de Pâques, « fête des fêtes et solennités des solennités » : il s’agit de l’exapostilaire des matines de Pâques – плотию уснув -, lequel est originellement prévu pour être chanté lorsque les soleil se lève (d’où son nom en grec – svietilien en slavon, ce qui suggère l’idée du jaillissement de la lumière). Bortniansky s’éloigne dans sa partition des tons les plus courants du plain-chant russe de cet exapostilaire pascal pour écrire une composition purement originale.

Les premières mesures de cette partition :

O Salutaris sur Plotiju usnuv d'après Dimitri Bortniansky

Les premières mesures de l’original en slavon liturgique :

Плотию уснув - Бортнианский

O salutáris Hóstia,
Quæ cœli pandis óstium :
Bella premunt hostília,
Da robur, fer auxílium.
Ô victime salutaire,
Qui nous ouvres la porte du ciel,
L’ennemi nous livre la guerre,
Donne-nous force, porte-nous secours.
O vere digna Hóstia,
Spes única fidélium :
In te confídit Fráncia,
Da pacem, serva lílium.
Ô vraiment digne Hostie
Unique espoir des fidèles,
En toi se confie la France,
Donne-lui la paix, conserve le lys.
Uni trinóque Dómino
Sit sempitérna glória :
Qui vitam sine término
Nobis donet in pátria. Amen.
Au Seigneur un et trine
Soit la gloire sempiternelle ;
Qu’il nous donne dans la patrie
La vie qui n’aura point de terme. Amen.

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Enregistrement de cette partition :

Alexis V. Kastorsky (d’après) – O salutaris Hostia

Alexis Vassilievitch Kastorsky (1869 † 1944) (d’après), chantre de la chapelle impériale de Saint-Pétersbourg.
O salutaris Hostia.
4 voix mixtes (SATB).
2 pages – Mi mineur.

Disciple de Rimsky-Korsakov au Conservatoire de Saint-Pétersbourg, le compositeur Alexis V. Kastorsky, au début du XXème siècle, recueillit les traditions musicales de la Chapelle impériale – où il était chantre – traditions qu’il publia et partiellement ré-harmonisa.

Cette adaptation de l’O salutaris Hostia latin a été réalisée sur l’un des Cherouvikon (i.e. l’hymne des Chérubins, le chant d’offertoire de la liturgie de saint Jean Chrysostome) harmonisés par Kastorsky et présents dans un recueil des chants de la divine liturgie slavonne qu’il fit imprimer en 1901 à Saint-Pétersbourg.

Les premières mesures de cette partition :

O salutaris Hostia d'après Alexis Kastorsky

O salutáris Hóstia,
Quæ cœli pandis óstium :
Bella premunt hostília,
Da robur, fer auxílium.
Ô victime salutaire,
Qui nous ouvres la porte du ciel,
L’ennemi nous livre la guerre,
Donne-nous force, porte-nous secours.
O vere digna Hóstia,
Spes única fidélium :
In te confídit Fráncia,
Da pacem, serva lílium.
Ô vraiment digne Hostie
Unique espoir des fidèles,
En toi se confie la France,
Donne-lui la paix, conserve le lys.
Uni trinóque Dómino
Sit sempitérna glória :
Qui vitam sine término
Nobis donet in pátria. Amen.
Au Seigneur un et trine
Soit la gloire sempiternelle ;
Qu’il nous donne dans la patrie
La vie qui n’aura point de terme. Amen.

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Deux enregistrements de cette partition :

*

Quelques mots sur la partition originale de Kastorsky qui a servi à cette adaptation.

Alexis Kastorsky a habilement harmonisé – en le simplifiant quelque peu – un plain-chant russe ancien (le n°8 de l’Obichod de l’édition synodale de 1909 – n°7 de l’Obichod qu’il avait à sa disposition), lui-même modulé sur un ancien ton employé pour le chant de communion (koinonikon) des fêtes des Apôtres :

Obichod de 1909 : 8ème cherouvikon, sur le ton du koinonikon des Apôtres

Vous pouvez télécharger l’harmonisation de ce plain-chant par Kastorsky en cliquant sur ce lien (3ème édition de 1905).

En voici une interprétation par un chœur russe :

Et une bien meilleure interprétation :

Le koinonikon des Apôtres, sur lequel a été modulé la grande entrée n°8 de l’Obichod de 1909 :

Во всю зе́млю - koinonikon des Apôtres.

Traduction : Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5). Alleluia, alleluia, alleluia.