François Cosset – Missa Gaudeamus omnes (1649)

Missa Gaudeamus omnes de François Cosset - Frontispice de l'édition de 1649 par BallardFrançois Cosset (c. 1600 † c. 1664), maître de chapelle des cathédrales de Reims, Paris & Amiens.
Missa Gaudeamus omnes.
Sébastien de Brossard (1655 † 1730), maître de chapelle des cathédrales de Strasbourg, puis de Meaux (sous Bossuet).
Domine, salvum fac Regem ajouté à la Missa Gaudeamus omnes de François Cosset.
5 voix mixtes (SSATB).
28 pages – La mineur.

La biographie de François Cosset (le t final de son nom était vraisemblablement prononcé car on trouve la graphie Cossette ou Cozette) comporte de nombreuses zones d’ombre. En voici cependant les principaux faits connus. Probablement rémois d’orgine, François Cosset prend la direction de la musique de Notre-Dame de Paris à la mort de Jean Veillot en 1643, mais dû démissionner de ce poste prestigieux le 18 juillet 1646, ayant fortement déplu à la reine Anne d’Autriche à la suite d’une exécution malheureuse d’un Te Deum. Il retourne diriger la psallette de la cathédrale de Reims (au moins à partir de 1650), avant de prendre celle de la cathédrale d’Amiens après 1659. En 1664, on le retrouve une dernière fois se consacrant à la composition pour la psallette de Saint-Quentin.

La musique de Cosset, en dépit de sa disgrâce parisienne de 1643, connut néanmoins un succès certain. La première édition de la Missa Gaudeamus omnes est publiée par Robert III Ballard, seul imprimeur du Roi pour la musique, en 1649 (probablement avec les sept autres messes de François Cosset, comme semble l’attester une délibération du chapitre de la collégiale Notre-Dame de Beaune de 1750). Une seconde édition est signalée mais perdue. Une troisième édition est publiée en 1676 par Christophe Ballard et une quatrième en 1725 par Jean-Baptiste Christophe Ballard. Ces éditions successives sur près d’un siècle témoignent du large succès de cette messe.

Ce succès est établi notamment à la cour de France (où elle est réputée être la messe préférée de Louis XIV). Dans le Catalogue de sa collection de musique, décrivant les messes de François Cosset imprimées chez Ballard, Sébastien de Brossard donne l’intéressante précision suivante :

Il y a encor plusieurs autres messes imprimées du même auteur, et toutes fort estimées, entre autres une ad imitationem moduli Gaudeamus, et dont la musique est si excellente qu’on ne se lasse jamais de l’entendre et qu’on n’en chante jamais d’autre à la chapelle du roy. »

Le Roi avait probablement entendu cette messe durant sa minorité. Etait-elle associée à un souvenir heureux de son enfance ? Son style, encore bien contrapunctique, tranche cependant avec le style musical d’un Lully ou d’un Lalande, promu ultérieurement par Louis XIV. Toujours est-il qu’une joie contagieuse transparait tout au long de cette messe.

Le succès des messes de Cosset est aussi attesté par les copies manuscrites contenues dans les partitions de Sébastien de Brossard, reflétant les exécutions qu’il dirigea probablement à Meaux : à ces messes a priori a capella, il ajoute systématiquement une basse continue, souvent des parties instrumentales tissées à partir des parties vocales écrites par Cosset, selon une pratique courante à l’époque. Sébastien de Brossard a également adjoint des Domine salvum fac Regem écrits pour les messes de Cosset.

Pour la Missa Gaudeamus omnes, le maître de chapelle de Meaux a orchestré les parties vocales de Cosset pour un ensemble instrumental à cinq parties à la française (l’usage du basson et du serpent est spécifié pour la basse continue). Outre le Domine salvum fac Regem qu’il a ajouté à la fin de la messe, comme il l’a fait pour les autres messes de Cosset, il compose également un graduel purement instrumental. Nous avons dans notre édition repris le Domine salvum fac Regem, y adjoignant une version adaptée sur le texte Domine salvam fac Galliam. Nous avons également transcrit en baissant la partition, la faisant passer du Fa majeur de l’édition Ballard à Ré majeur (Sébastien de Brossard l’avait de même transposée en Ré majeur).

Les premières mesures de cette partition :

Kyrie de la Missa Gaudeamus omnes de François Cosset

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Programme des matines de Noël & de la messe de minuit

Saint-Eugène, le mardi 24 décembre 2019, matines de Noël (premier nocturne) à 22h40, veillée de cantiques à 23h45, puis procession à la crèche & messe solennelle de minuit.

C’est pourquoi, mes bien-aimés, rendons grâces à Dieu le Père, par son Fils, dans le Saint-Esprit : de ce que, « nous ayant aimés dans son infinie charité, il a eu pitié de nous, et comme nous étions morts par les péchés, il nous a vivifiés tous en Jésus-Christ », afin que nous fussions en lui une nouvelle créature et un ouvrage nouveau. « Dépouillons donc le vieil homme avec ses œuvres » ; et, admis à participer à la naissance du Christ, renonçons aux œuvres de la chair. Reconnais, ô Chrétien, ta dignité, et, « devenu participant de la nature divine », garde-toi de retomber, par une conduite indigne de cette grandeur, dans ta bassesse première. Souviens-toi de quel chef et de quel corps tu es membre. N’oublie jamais, « qu’arraché à la puissance des ténèbres », tu as été transporté à la lumière et au royaume de Dieu.
Sermon de saint Léon, pape, VIème leçon des vigiles nocturnes de Noël, au second nocturne.

Matines de Noël

Veillée de cantiques

Noëls traditionnels de France

Programme du Samedi des Quatre-Temps de septembre à la cathédrale de Meaux

Pèlerinage à la cathédrale Saint-Etienne de Meaux, le samedi 23 septembre 2017, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h.

Notre Seigneur et Rédempteur, dans son Évangile, s’adresse à nous tantôt par des paroles, tantôt par des faits ; quelquefois il parle d’une façon en paroles, d’une autre, en actions ; parfois il exprime la même chose en paroles qu’en actions. Vous avez en effet, mes frères, entendu parler de deux choses dans- la lecture de l’Évangile : d’un figuier stérile, et d’une femme courbée : au sujet de l’un et de l’autre, notre piété doit s’exercer. Le Sauveur cite le figuier en forme de comparaison, il guérit la femme par un miracle visible aux yeux. Mais le figuier stérile signifie la même chose que la femme courbée, et le figuier qui obtient un délai la même chose que la femme redressée. »
Homélie de saint Grégoire, pape, Ière leçon des vigiles nocturnes de ce samedi.

A la messe :

Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

Horaires de Noël à Saint-Eugène – Sainte-Cécile (Paris IX)

Fêtez la naissance du Sauveur à Saint-Eugène – Sainte-Cécile (Paris IX).

24 décembre à 23h30 :

  • Veillée avec chant de vieux noëls français, du XVème au XVIIIème siècles.
  • O magnum mysterium – Thomas Luis de Victoria (1540 † 1611)
  • A minuit : chant du Minuit Chrétien
  • Procession à la crèche.
  • Chant de la généalogie du Christ.
  • Messe de Minuit (Messe pour la nuit & le jour de Noël de Sébastien de Brossard).

25 décembre :

  • 11h : Messe du jour de Noël.
  • 17h45 : Secondes vêpres du jour de Noël

L’évènement sur Facebook.

Louis de Boullogne (attr.) - La Nativité

Sébastien de Brossard – Missa Quinti Toni pro nocte ac die festi Natalis Domini, quatuor vocum cum organo (1700)

Sébastien de Brossard (1655 † 1730), maître de chapelle des cathédrales de Strasbourg, puis de Meaux.
Missa Quinti Toni pro nocte ac die festi Natalis Domini, quatuor vocum cum organo (1700)
3 voix mixtes (STB).
2 pages.

Appartenant à une vieille famille de la noblesse normande, Sébastien de Brossard fit ses études de philosophie et de théologie à Caen avant d’être ordonné prêtre. Il étudie la musique en autodidacte et s’établit à Paris en 1678. Il est nommé vicaire à la cathédrale de Strasbourg, à la suite de l’annexion de la ville par Louis XIV en 1681. Maître de chapelle de cette cathédrale, il fonde également une Académie de Musique dans la même ville en 1687. C’est aussi à Strasbourg qu’il se procure la majeure partie de sa bibliothèque musicale, devenue légendaire et qui constitue encore aujourd’hui le principal fond ancien du département de la musique de la Bibliothèque nationale de France.

En décembre 1698, il est nommé maître de chapelle de la cathédrale de Meaux, où Jacques-Bénigne Bossuet († 1704) est évêque depuis 1681. Chanoine du chapitre depuis 1709, il laisse la maîtrise à un de ses élèves, en 1715. Il meurt le 10 août 1730 à Meaux et est inhumé en la cathédrale Saint-Étienne de cette ville.

C’est donc pour la cathédrale de Meaux que Brossard compose – du 13 au 16 décembre 1700 – sa « messe du Vème pour la nuit et le jour de la fête de la Naissance du Seigneur », à 4 voix & orgue.

Comme les messes de noël de Guillaume Minoret ou de Marc-Antoine Charpentier, celle de Sébastien de Brossard est établie sur les thèmes des vieux noëls populaires français (thèmes aujourd’hui bien oubliés hélas). Cette messe comporte, outre les pièces usuelles (Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus Dei), une élévation – O miraculum ! – et une prière pour le Roi – Domine, salvum fac Regem.

Nous vous proposons dans un premier temps la partition de l’élévation O miraculum !, ainsi que le Kyrie, le Sanctus & l’Agnus Dei de cette messe, avant que de mettre en ligne les fichiers de l’intégralité de cette messe de Sébastien de Brossard.

L’élévation est traitée en petit motet à trois voix solistes (l’Altus en est absent). Le manuscrit de Brossard indique la présence du basson (fagotto) avec la basse continue de l’orgue (dispositif vraisemblablement identique pour tout le restant de la messe).

Le texte de cette élévation n’est curieusement pas l’O salutaris usuel en France depuis qu’un édit de Charles V renouvelée pour Louis XII avait imposé ce chant à toutes les messes hautes du royaume de France. O miraculum ! est tiré des poésies laissées dans les années 1680 par Pierre Portes, chanoine & théologal de la collégiale de Saint-Chamond, l’un de ces poètes néo-latins qui proposaient alors de nouveaux textes à l’attention des compositeurs de motets.

Voici le texte de Pierre Portes utilisé par Sébastien de Brossard et sa traduction. Il convient davantage à la messe de minuit qu’à celles de l’aurore ou du jour de Noël.

O miráculum !
O novitátis prodígium !
In hac tenebrósa nocte
Novum lumen cérnitur
In hac obscúra quiéte
Nobis splendor óritur.
O miráculum !
O novitátis prodígium !
O miracle !
O prodige ultime !
Dans cette ténébreuse nuit
Une nouvelle lumière est discernée.
Dans cette obscure quiétée,
Pour nous une splendeur s’est levée.
O miracle !
O prodige ultime !

Les premières mesures de cette partition :

O miraculum - Sébastien de Brossard

Le manuscrit original de Sébastien de Brossard :

elevatio-o-miraculum-manuscrit-de-sebastien-de-brossard

Comme vous pouvez le constatez, nous vous proposons cette œuvre un ton plus bas que dans le manuscrit de Brossard, afin de tenir compte des diapasons des orgues actuels.

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https://www.youtube.com/watch?v=9qHPd60JSmU

O miraculum - Sébastien de Brossard

O miraculum – Sébastien de Brossard