Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du dimanche de la Samaritaine – ton 4

Le Christ rencontre la SamaritaineParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 29 mai 2016 du calendrier grégorien – 16 mai 2016 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

L’origine de la célébration de la Samaritaine au IVème dimanche de Pâques est constantinopolitaine ; l’hymnographie de ce dimanche est donc essentiellement d’origine constantinopolitaine, comme du reste l’essentiel du Pentecostaire, et plus spécialement d’origine Studite (Joseph le Studite, archevêque de Thessalonique, est l’auteur du canon de la Samaritaine, lequel, à vrai dire, ne chante celle-ci que dans le 4ème tropaire de chaque ode).

Selon la tradition byzantine, la Samaritaine, reçut ultérieurement le baptême, portant le nom de Photine. Ses sept enfants et elle furent martyrisés sous l’empereur Néron.

Au VIème siècle, l’empereur Justinien fit transporter avec grand honneur depuis Sichar jusqu’à Constantinople la margelle du puits et la pierre où le Christ s’était assis pour parler à la Samaritaine, et les fit placer devant le narthex de Sainte-Sophie qu’il avait faite construire.

Par les prières de ta sainte martyre Photine, Christ notre Dieu, aie pitié de nous. Amen.

Ce dimanche marque aussi la moitié du temps pascal : la mi-Pentecôte est l’écho glorieux de la mi-Carême.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire de la mi-Pentecôte. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la Samaritaine.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire de la mi-Pentecôte. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la Mi-Pentecôte.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 4, & 4 tropaires de la 3ème ode du 2 canon de la Samaritaine (œuvre de saint Joseph Studite, archevêque de Thessalonique) & 4 tropaires de la 6ème ode du 2nd canon du Triode fleuri (de la mi-Pentecôte) :

1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Verbe, tu fus mis en croix selon ton bon vouloir, * et les rochers se fendirent en te voyant, * l’entière création trembla d’effroi, ** comme d’un songe les morts s’éveillèrent des tombeaux.
6. Les âmes des justes, ô Verbe, te voyant * descendre avec ton âme aux Enfers, * échappèrent aux liens qui depuis les siècles les retenaient ** et chantèrent ta puissance qui dépasse tout esprit.
7. Pourquoi ce trouble, pourquoi, ô Femmes, cherchez-vous * avec la myrrhe le Seigneur dans le tombeau ? * Il est debout, et le monde avec lui s’est réveillé, ** disait aux Myrrhophores un Ange resplendissant.
8. Prince de vie & source d’immortalité, * près de la source tu t’es assis, * comblant la Samaritaine, en ta bonté, ** des ondes de sagesse qu’elle implorait de toi.
9. Ne jugez pas selon l’apparence, * disait le Seigneur aux Juifs qu’il enseignait, * lorsqu’il vint dans le Temple, ainsi qu’il est écrit, ** au milieu de la fête prescrite par la Loi.
10. Ne jugez pas selon l’apparence : * le Christ est venu en vérité, * celui que les Prophètes ont annoncé ** comme venant de Sion pour rassembler l’univers.
11. Si vous ne croyez pas à ses paroles, * croyez du moins aux œuvres du Seigneur : * vous erreriez en rejetant le Saint ** dont Moïse a parlé dans sa Loi.
12. Sans changement le Seigneur s’est fait homme, * bien qu’il fût l’Un de la sainte Trinité, * et le feu brûlant de sa divinité * n’a pas consumé le sein très-pur de la Mère de Dieu.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleines de fierté, aux Apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »

2. Tropaire de la Mi-Pentecôte, ton 8 : AAu milieu de la fête, * abreuve mon âme assoiffée des eaux de la piété, * car, ô Sauveur, Tu as clamé à tous : * Celui qui a soif, qu’il vienne à Moi et qu’il boive. ** Source de notre vie, ô Christ Dieu, gloire à Toi !
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de la Samaritaine, ton 8 : Par sa foi, la Samaritaine, venue au puits * vit en Toi l’eau de la Sagesse ; * s’en étant abondamment abreuvée, ** elle reçut en héritage le Royaume d’en haut, car elle est digne d’être glorifiée.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de la Mi-Pentecôte, ton 4 : Au milieu de la fête prescrite par la Loi, * Créateur & Maître de toutes choses, * Tu as dit à ceux qui se tenaient auprès de Toi, ô Christ-Dieu : * Venez puiser l’eau de l’immortalité. * Aussi nous prosternons-nous devant Toi * et disons-nous avec foi : * Accorde-nous ta compassion, ** car Tu es la source de notre vie.

Prokimen
Du dimanche de la Samaritaine, ton 3 :
℟. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
℣. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).

Epître :
Du dimanche de la Samaritaine : Actes des Apôtres (§ 28) XI, 19-26 & 29-30.
Mais Saul se fortifiait de plus en plus, et confondait les Juifs qui demeuraient à Damas, leur prouvant que Jésus était le Christ.

Alleluia
Du dimanche de la Samaritaine, ton 4 :
℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).

Evangile :
Du dimanche de la Samaritaine : Jean (§ 12) IV, 5-42.
Jésus lui répondit : Quiconque boit de cette eau, aura encore soif : au lieu que celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, n’aura jamais soif.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !

Verset de communion
De Pâques : Recevez le corps du Christ, goûtez à la source immortelle.
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

Programme du dimanche du Paralytique – Translation des reliques de saint Nicolas à Bari – ton 3

La guérison du paralytique - Musée byzantin d'Athènes - Grèce - XIXème siècleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 22 mai 2016 du calendrier grégorien – 9 mai 2016 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Après avoir fêté l’Apôtre Thomas le IInd dimanche de Pâques, les femmes Myrrophores avec Nicodème et Joseph d’Arimathie le IIIème dimanche de Pâques, la liturgie byzantine propose à l’édification des fidèles les trois dimanches qui suivent des épisodes de la vie du Christ s’étant déroulés au cours des Cinquante Jours, la Pentecôte hébraïque :

  • la guérison du Paralytique à la piscine de Bethesda,
  • la conversion de la Samaritaine,
  • la guérison de l’Aveugle-né.
  • L’origine de la célébration de la guérison du Paralytique au IVème dimanche de Pâques est constantinopolitaine ; dans la tradition de Jérusalem, l’évangile de ce jour était lu le dimanche suivant.

    L’hymnographie de ce dimanche est donc essentiellement d’origine constantinopolitaine, comme du reste l’essentiel du Pentecostaire.

    *

    Translation des reliques de saint Nicolas

    Cette année, le dimanche du Paralytique voit l’occurrence de la fête de la translation des reliques de Sa Sainteté Nicolas, évêque de Myre en Lycie, thaumaturge, jusqu’en la ville de Bari, translation ayant eu lieu l’an 1087. La ville de Myre en Lycie étant tombée aux mains des Turcs, plusieurs expéditions italiennes s’organisèrent pour sauver ses reliques des mains des Turcs. Les marins de Bari affrétèrent trois navires déguisés en navires marchands transportant du grain, parvinrent à Myre, enlevèrent le corps de saint Nicolas et ramenèrent la relique à Bari. On peut lire en ligne le récit de cet enlèvement rédigé en 1088 par Nicéphore de Bari. En deux ans, on construisit à Bari en l’honneur de saint Nicolas une vaste basilique, sous l’autel de laquelle on déposa dans une crypte la précieuse relique.

    Translation des reliques de saint Nicolas au 9 mai

    Notons que cette fête se célèbre à la même date dans les calendriers orientaux et occidentaux. Voici la messe de cette fête pour le diocèse de Toul et Nancy, qui possède depuis 1090 l’un des doigts de saint Nicolas, qui est conservé en la basilique Saint-Nicolas-de-Port. Le 9 mai est marqué bien sûr par de grandes festivités à Bari même, qui conserve toujours le corps du saint thaumaturge.

    Le tombeau du saint continue d’exsuder un liquide miraculeux appelé par les Orientaux myron et manne par les Occidentaux. Les textes anciens et les récits de la translation indiquent que le corps de saint Nicolas exsudait déjà un semblable liquide à Myre en Lycie. Lorsque les marins de Bari découvrent le tombeau du saint, ils le décrivent rempli de ce liquide. Voici une vidéo montrant l’extraction annuelle de la manne de saint Nicolas, laquelle à lieu tous les ans le 9 mai à Bari par le recteur de la cathédrale, en présence de l’archevêque de Bari et de plusieurs évêques catholiques & orthodoxes, après la célébration de la messe de la Translation :

    Le précieux liquide est mélangé ensuite à de l’eau bénite et distribué aux pèlerins.
    Prions le saint pontife Nicolas, devenu, par la translation de ses reliques, pont entre l’Orient et l’Occident, pour l’unité des deux poumons de l’Eglise !

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de Sa Sainteté.
    A sexte : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la fête (du Paralytique).

    Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 3, 4 tropaires de la 3ème ode du canon du Triode fleuri & 4 tropaires de la 6ème ode de Sa Sainteté :
    1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    5. Jadis, te voyant suspendu sur la croix, * ô Verbe, le soleil suspendit ses rayons, * la terre trembla de toutes parts, * les morts se levèrent du tombeau, Dieu tout-puissant, lorsque toi-même tu mourus.
    6. Lorsqu’avec ton âme tu entras * dans le sein de la terre, Sauveur, l’Enfer s’empressa de relâcher * les âmes qu’il avait prises & qui chantaient * une hymne d’action de grâce à ta puissance, Seigneur.
    7. Depuis de nombreuses années * cruellement mon âme souffre, Dieu de bonté ; * comme tu fis au Paralytique jadis, * guéris-la pour que je puisse cheminer * sur les voies où tu invites les amants de ton nom.
    8. Avec les puissances d’en-haut * intercède, saint Archange de Dieu, * pour ceux qui te chantent avec foi : * sauve-nous, garde-nous, protège-nous * qui sommes assaillis par les passions de cette vie.
    9. La santé du corps & la purification de l’âme, * nous les recevons en abondance de ta divine Eglise, * comme d’une piscine, ô saint hiérarque Nicolas, * à travers elle se déverse la grâce de tes miracles, ** sur ceux qui se confient en toi avec une foi sincère.
    10. Comme tu es le favori le plus glorieux du Christ, ô Père, * délivre tes serviteurs, * qui honorent la translation de tes saintes reliques, * de toutes formes de danger, * de graves malheurs ** et des chagrins qui nous assaillent.
    11. Sauve-nous par ta guidance, ô Nicolas, * prédicateur et docteur des nations, * toi qui as conduit au salut le peuple du Dieu qui est apparu dans la chair ** pour le bien de beaucoup.
    12. Tu es le portail du Roi des Cieux * et le temple de sa gloire, * O Vierge toute louée, * ouvre-nous les portes de la miséricorde, * & conduis-nous dans la demeure de la gloire céleste, ** par tes supplications.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
    2. Tropaire de Sa Sainteté, ton 4 : Voici venue la brillante festivité * et la cité baroise se réjouit ; * avec elle exulte le monde entier * par des hymnes & des cantiques spirituels ; * sainte fête que ce jour, * en la translation des vénérables reliques porteuses-de-guérison * du pontife & thaumaturge Nicolas, car elle brille comme un soleil sans déclin * dont le splendide rayonnement * chasse les ténèbres des épreuves et du malheur * loin de ceux qui chantent avec foi : * Procure-nous le salut, ** toi qui nous protèges, grand Nicolas.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion de Sa Sainteté, ton 3 : Comme un astre se sont levées * du levant vers le couchant * tes reliques, pontife Nicolas, * sanctifiant par ton passage, la mer ; * la cité baroise reçoit la grâce avec toi * & tu te manifestes pour nous tous ** par excellence comme thaumaturge suscitant l’admiration & plein de miséricorde.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion du Paralytique, ton 3 : Relève, Seigneur, mon âme cruellement paralysée par toutes sortes de péchés * & d’actions insensées, * par ta divine sollicitude, * de même que jadis Tu as relevé le paralytique, * afin que sauvé, je te clame : ** Ô Christ compatissant, gloire à ta puissance.

    Prokimen
    Du Paralytique, ton 1 :
    ℟. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
    ℣. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
    De Sa Sainteté, ton 7 :
    ℟. Le juste se réjouira dans le Seigneur et espérera en lui (Psaume 63, 11).

    Epîtres :
    Du Paralytique : Actes des Apôtres (§ 23) IX, 32-42.
    Alors Pierre ayant fait sortir tout le monde, se mit à genoux et en prière : et se tournant vers le corps, il dit : Tabitha, levez-vous. Elle ouvrit les yeux ; et ayant vu Pierre, elle se mit sur son séant.
    De Sa Sainteté : Hébreux (§ 335) XIII, 17-21.

    Alleluia
    Du Paralytique, ton 5 :
    ℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
    ℟. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
    De Sa Sainteté, ton 2 :
    ℣. Que tes prêtres soient revêtus de justice, et que tes saints tressaillent de joie (Psaume 131, 9).

    Evangile :
    Du Paralytique : Jean (§ 14) V, 1-15
    Depuis, Jésus trouva cet homme dans le temple, et lui dit : Vous voyez que vous êtes guéri ; ne péchez plus à l’avenir, de peur qu’il ne vous arrive quelque chose de pis.
    De Sa Sainteté : Luc (§ 24) VI, 17-23.

    A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
    L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
    Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1).
    De Sa Sainteté : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.
    Télécharger le livret commun des choristes pour le Temps pascal.

    Programme du dimanche des Myrrhophores – ton 2

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 15 mai 2016 du calendrier grégorien – 2 mai 2016 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Le dimanche de la troisième semaine de Pâques, l’Eglise byzantine honore les saintes femmes Myrrhophores (porteuses de myrrhe), qui ont embaumé le corps du Seigneur, ainsi que ceux qui contribuèrent à son ensevelissement : Joseph d’Arimathie et Nicodème. Ce dimanche constitue donc une synaxe de tous les témoins de l’ensevelissement et de la résurrection du Christ (comme la synaxe de la Mère de Dieu suit le jour de Noël ou la synaxe de Jean le Baptiste suit la Théophanie). L’évangile de la divine liturgie de ce jour est tiré de Marc 15, 43 à 16, 8, et relate l’ensevelissement & la résurrection du Christ. Il constitue une dérogation dans la lecture continue de l’évangile de saint Jean pendant le temps pascal. L’origine de cette fête est Constantinopolitaine (à l’origine, à Jérusalem, Marc 15, 43 – 16, 8 était précisément l’évangile du jour de Pâques – on y lisait Jean 2, 1-11 le troisième dimanche de Pâques).

    Saint Joseph d'Arimathie vient demander à Pilate de lui donner le corps de Notre Seigneur après sa mort en CroixJoseph d’Arimathie était membre du Sanhédrin (Luc 23, 50 – Marc 15, 43). En cette qualité, il a dû prendre part au jugement qui a condamné Jésus, « mais il n’avait pas donné son assentiment à leur décision & à leur acte, car c’était un homme bon & juste » (Luc 23, 51). Il s’était fait disciple de Notre Seigneur (Matthieu 27, 57), mais en secret, par crainte des Juifs (Jean 19, 38). Il était riche (Matthieu 27, 57), notable & grand (Marc 15, 43), aussi la liturgie byzantine le désigne sous l’appellation du « noble Joseph ». Il était originaire d’Arimathie (aujourd’hui Rentis, au Nord-Est de Lydda), mais devait habiter Jérusalem puisqu’il s’y était fait tailler son tombeau dans le roc, à la manière des riches.

    Quoique craintif de se déclarer pour Jésus au milieu du Sanhédrin, Joseph ose entreprendre la démarche auprès de Pilate pour ensevelir le corps de Jésus. D’après la coutume juive, les corps des suppliciés devaient être jetés dans des fosses communes qui étaient la propriété des tribunaux. Aussi Joseph s’adresse-t-il à Pilate, car la loi romaine concédait le cadavre d’un supplicié aux amis ou aux parents qui le réclamaient. Pilate, étonné de ce que Jésus fut décédé si tôt, ne fit pas de difficulté pour accorder à Joseph la faveur de rendre les derniers devoirs au corps du Christ.

    Joseph descendit donc le corps de Jésus de la Croix, aidé vraisemblablement par les quelques disciples encore présents, probablement saint Jean, mais surtout Nicodème, explicitement nommé (Jean 19, 39). Comme Joseph, Nicodème fait partie du Sanhédrin (Jean 3, 1). Pendant que Joseph faisait les démarches auprès de Pilate, Nicodème avait dû aller acheter précipitamment les aromates nécessaires à l’ensevelissement, en se souciant semble-t-il de la quantité plus que de la qualité : environ 100 livres (soit 32 kg 700) d’une mixture de myrrhe & d’aloès.

    Le corps de Jésus, descendu de la Croix, a probablement d’abord été lavé. On y versa les aromates et on l’enveloppa dans un suaire propre (Matthieu 27, 59) avec plusieurs autres linges (bandelettes & pièces de linceuls cf. Jean 19, 40 – Luc 23, 53 – Marc 15, 46 – Matthieu 27, 58). Les saintes femmes durent prêter main forte à Joseph & Nicodème pour la toilette funéraire, mais celle-ci dû être faite à la hâte et de façon incomplète, car le crépuscule approchait et l’on entrait dans le grand Sabbat de la Pâques où tout travail de ce genre était prohibé.

    Jésus n’ayant pas de tombeau, Joseph lui céda le sien (Matthieu 27, 60) : un tombeau aristocratique tout neuf qui venait d’être taillé dans le roc, dans un enclôt tout près du Golgotha. Le corps de Jésus fut placé sur la banquette de pierre et Joseph roula la grande pierre prévue pour servir de fermeture au tombeau.

    Les saintes femmes qui avaient aidé à la toilette funèbre observèrent soigneusement où on avait placé le corps de Jésus : elles étaient décidées à accomplir à nouveau la toilette funèbre plus dignement et plus complètement, avec des onguents de grand prix, très tôt le dimanche matin, une fois le Sabbat de Pâques passé.

    Dans la tradition orientale, ces saintes femmes myrrhophores – au nombre de 7 – sont les suivantes :

    1. Marie Madeleine (Marie de Magdala) (la seule mentionnée par Jean 20, 1), de qui Jésus avait chassé sept démons, la première arrivée au tombeau le dimanche matin (peut-être parce que les autres avaient été retardées par l’achat de nouvelles aromates),
    2. Marie de Jacques, femme de Cléophas (ou Clopas dit aussi Alphée) et mère de Jacques le Mineur et de Joseph (ou Joset), sœur de la Sainte Vierge (en réalité sa belle-sœur, Cléophas étant frère de Joseph) et donc tante de Jésus (cf. Jean 19, 25). Ses quatre fils Jacques, Joseph, Simon & Jude sont les cousins germains de Jésus, que l’évangile, à la manière sémite, désigne sous le nom de « frères » du Seigneur.
    3. Salomé (ou Marie Salomé), femme de Zébédée et mère des apôtres Jacques le Majeur & Jean l’Evangéliste, vraisemblablement eux aussi de la parenté de la Sainte Vierge et de saint Joseph.
    Ces trois myrrhophores – appelées en Occident « les 3 Marie » – sont spécialement mentionnées par les 4 évangiles (Matthieu 27, 56 et 28, 1 – Marc 15, 40 et 16,1 – Luc 24, 10 – Jean 19, 25). Cependant, elles n’étaient pas les seules (cf. Luc 24, 10 : « celles qui leur firent ce rapport étaient Marie-Madeleine, Jeanne & Marie, mère de Jacques, et les autres qui étaient avec elles »), et la tradition leur associe les suivantes :
    4. Jeanne, femme de Chusa qui était intendant d’Hérode Antipas (citée nommément donc par Luc 24, 10).
    5. Suzanne, citée parmi les femmes qui accompagnaient Jésus et l’assistaient de leurs biens (Luc 8, 3).
    6. & 7. Marthe & Marie, les deux sœurs de Lazare.

    La tradition iconographique leur associe également la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, qui, ayant assisté avec saint Jean à la mort de son fils, dût être présente lors de la déposition de la croix et des cérémonies de l’ensevelissement, conduites par Joseph d’Arimathie assisté de Nicodème.

    Les femmes myrrhophores furent parmi les premières à suivre Jésus et soutenaient la troupe apostolique de leurs services & de leurs ressources. Elles lui furent fidèles jusqu’au bout, malgré l’échec apparent, au pied de la Croix, tandis que les disciples se tenaient loin. En récompense de la constance inébranlable de leur amour et de leur fidélité, c’est à elles qu’est confiée la première annonce de la résurrection.

    Aux heures
    A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche, ton 2. Gloire au Père. Tropaire de la fête (Le Noble Joseph). Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la fête.

    Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 2, & 4 tropaires de la 6ème ode du canon du Triode fleuri :
    1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
    3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
    4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
    5. Au plus profond de l’Enfer, * lorsqu’ils virent ta clarté, * ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort, ** ô Christ, se levèrent, ressuscités.
    6. Ressuscité du tombeau, * tu vins au-devant des Myrophores, * et les Disciples reçurent la mission ** de proclamer ta Résurrection.
    7. Ressuscité du tombeau, toi qui pillas l’Enfer, * tu vivifias les morts et par ta résurrection * m’ouvris les immortelles sources : * délivre-moi, Sauveur, du lien de mes passions, ** car tout ce que tu veux, tu le peux accomplir.
    8. Que rougissent les méchants, puisque le Christ * est ressuscité, réveillant les morts et leur criant : * « Courage, j’ai vaincu le monde ! » * Croyez en lui ou bien restez muets, ** vous qui rejetez sa résurrection !
    9. Aux Myrophores tu as dit : Réjouissez-vous ! * lorsque du sépulcre tu fus ressuscité, * et tu fis proclamer ta Résurrection par les Apôtres ; * délivre-moi, Sauveur, du lien de mes passions, ** car tout ce que tu veux, tu le peux accomplir.
    10. Honorons le noble Joseph, partisan de la piété, * membre du Conseil et disciple du Seigneur, * chantons aussi les Myrophores et les Apôtres ; * avec eux tous, fidèles, célébrons ** joyeusement la Résurrection du Sauveur.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu t’es abaissé jusqu’à la mort, toi l’immortelle vie, * tu as terrassé les enfers par l’éclat de ta divinité. * Lorsque tu as ressuscité les défunts de dessous la terre, * toutes les puissances des cieux ce sont écriées : ** « O Christ, qui donnes la vie, notre Dieu, gloire à toi ! »
    2. Tropaire de Joseph d’Arimathie, ton 2 : Le noble Joseph, * ayant descendu de la croix ton corps immaculé, * l’enveloppa d’un linceul blanc avec des aromates * et le coucha avec soin dans un tombeau neuf ; * mais tu es ressuscité le troisième jour, Seigneur, ** faisant au monde grande miséricorde.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion des Myrrhophores, ton 2 : Ayant dit aux Myrrhophores « Réjouissez-vous », * tu fis cesser par ta Résurrection, ô Christ Dieu, * les gémissements d’Eve, notre première mère. * Mais à tes apôtres tu as donné l’ordre de prêcher : ** « Le Sauveur est ressuscité du tombeau ».
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion de Pâques, ton 8 : Tu es descendu dans le tombeau, ô Immortel, * mais Tu as détruit la puissance des enfers * et Tu es ressuscité en vainqueur, ô Christ-Dieu. * Aux femmes myrrhophores Tu as annoncé : Réjouissez-vous ! ** & à Tes Apôtres Tu as donné la paix.

    Prokimen
    Des Myrrhophores, ton 6 :
    ℟. Sauve, Seigneur ton peuple * et béni ton héritage.
    ℣. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne sois pas sourd envers moi.

    Epître : Actes des Apôtres (§ 16) VI, 1-7 (L’institution des diacres par les Apôtres).
    Choisissez donc, frères, sept hommes d’entre vous d’une probité reconnue, pleins de l’Esprit-Saint et de sagesse, à qui nous commettions ce ministère.

    Alleluia
    Des Myrophores, ton 8 :
    ℣. Tu aimes ton pays, Seigneur, tu fais revenir les captifs de Jacob.
    ℣. Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent.

    Evangile : Marc (§ 69) XV, 43 à XVI, 8.
    Joseph d’Arimathie, qui était un homme de considération et sénateur, et qui attendait aussi le royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate, et lui demanda le corps de Jésus.

    A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
    L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
    Hirmos : Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !

    Verset de communion
    De Pâques : Recevez le corps du Christ, goûtez à la source immortelle.
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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    Programme de l’Ascension

    Saint-Eugène, le jeudi 5 mai 2016, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.

    Catéchisme sur l’Ascension.

    Saint Augustin estimait que la fête de l’Ascension était d’institution apostolique. Cette fête est en effet très ancienne, même si dans les tous premiers temps de l’Eglise, l’Ascension du Seigneur était célébrée au jour de la Pentecôte, jointe à la descente de l’Esprit-Saint sur les Apôtres (cette disposition, qui nous paraîtra aujourd’hui curieuse, est encore attestée au début du IVème siècle par Eusèbe de Césarée et le récit de la pèlerine Egérie). L’institution d’une fête propre au 40ème jour après Pâques paraît remonter au dernier quart du IVème siècle, probablement après le premier Concile œcuménique de Constantinople de 381 qui défendit la divinité de l’Esprit-Saint (on voulut sans doute alors réserver la fête de la Pentecôte à la célébration seule du mystère de l’Esprit-Saint) – et il est possible que saint Grégoire de Nysse – dont on possède l’homélie pour l’Ascension de l’année 388 – fusse, sinon l’initiateur – du moins l’un des premiers propagateurs d’une célébration de l’Ascension au 40ème jour après Pâques au lieu du 50ème jour. La fixation de la célébration liturgique de l’Ascension au jeudi qui est le 40ème jour après Pâques, commune à partir de la fin du IVème siècle à tous les rits d’Orient & d’Occident, n’est bien sûr pas le fruit du hasard, notre Seigneur s’étant élevé vers le ciel 40 jours après sa résurrection ainsi que le rapporte saint Luc dans les Actes des Apôtres (« Il s’était aussi montré à eux depuis sa passion, et leur avait fait voir, par beaucoup de preuves, qu’il était vivant, leur apparaissant pendant quarante jours, et leur parlant du royaume de Dieu. » Actes 1, 3). Selon une tradition patristique ancienne (attestée par les Constitutions Apostoliques, livre V, chap. XIX.), l’ascension du Seigneur s’est produite à midi, aussi l’heure de sexte revêt une solennité particulière en ce jour. A Rome, après la messe célébrée sur l’autel de Saint-Pierre, le Pape était couronné par les cardinaux et, vers l’heure de sexte, se rendait en procession solennelle au Latran, accompagné par les évêques et tout le clergé.

    La liturgie traditionnelle connait en ce jour un symbole fort : afin de signifier le départ de notre Maître & Seigneur, après le chant par le diacre de l’évangile à la messe de ce jour, on éteint « le Cierge pascal, que nous vîmes allumer dans la nuit de la résurrection, et qui était destiné à figurer, par sa lumière de quarante jours, la durée du séjour de notre divin Ressuscité au milieu de ceux qu’il a daigné appeler ses frères » (dom Guéranger).

    L’Ascension est une fête d’obligation pour l’Eglise universelle, ce qui signifie que l’assistance à la messe et la sanctification du jour en sont obligatoires, à l’instar d’un dimanche.

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    Ego sum Alpha & Omega – grande antienne parisienne pour le temps pascal

    Ego Sum AlphaEt Omega

    Je suis, moi, * l’Alpha & l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement & la fin, celui qui est avant le début du monde, et dans les siècles des siècles, je vis à jamais. Je suis mort & fut enseveli, je suis ressuscité, je suis avec vous ; voyez, car c’est bien moi, et il n’y a d’autre Dieu que moi, * alléluia.
    ℣. Je suis, moi, votre rédemption, je suis, moi, votre Roi, je vous ressusciterai, moi, au dernier jour, * alléluia.

    Voici une très belle composition française du premier millénaire qui décrit le Christ comme l’Alpha & l’Oméga, le commencement & la fin de toutes choses. Le texte de cette grande antienne est inspiré de celui de l’Apocalypse :

    • Apocalypse I, 8 : Εγώ ειμι το Αλφα και το Ωμεγα, λέγει κύριος ο θεός, ο ων και ο ην και ο ερχόμενος, ο παντοκράτωρ – Ego sum Alpha et Omega, principium et finis, dicit Dominus Deus, qui est et qui erat et qui venturus est Omnipotens – Je suis l’Alpha et l’Oméga, le principe et la fin, dit le Seigneur Dieu, qui est, qui était, et qui doit venir, le Tout-Puissant.
    • Apocalypse XXI, 6 : Il me dit encore : Tout est accompli. Je suis l’Alpha et l’Oméga, le principe et la fin. Je donnerai gratuitement à boire de la source d’eau vive à celui qui aura soif.
    • Apocalypse XXII, 13 : Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le principe et la fin.

    Cette image pour décrire le Tout-Puissant est déjà présente dans le livre d’Isaïe :

    • Isaïe XLIV, 6 : Voici ce que dit le Seigneur, le Roi d’Israël, et son Rédempteur, le Seigneur des années : Je suis le premier, et je suis le dernier, et il n’y a point de Dieu que moi.

    Cette grande antienne est tirée des Offices propres du diocèse de Paris approuvés par ordre de Son Eminence le Cardinal Dubois, archevêque de Paris, publiés en 1923, qui la conseille aux Saluts du Très-Saint Sacrement durant le Temps pascal. Le même propre diocésain la suggère également parmi les nombreuses pièces ad libitum qu’il propose pour les fastueuses vêpres stationnales du jour de Pâques, où elle avait en effet originellement sa place dans les manuscrits médiévaux français : cette belle antienne processionnelle à verset se chantait tandis que le clergé, après avoir encensé les fonts baptismaux, se remettait en route pour aller vers la Croix de la poutre de gloire ou du jubé. Le texte médiéval initial donnait Ego sum Alpha & O, l’O fut précisé en Oméga par les éditions modernes.

    A titre de comparaison voici cette antienne Ego sum Alpha et O des vêpres stationnales de Pâques dans l’antiphonaire de chœur de Notre-Dame de Paris, manuscrit de la fin du XIIIème siècle :

    Ego-sum-Alpha-et-O-antiphonaire-de-Notre-Dame-de-Paris

    Il n’est pas impossible que cette antienne puisse remonter à l’antique liturgie des Gaules, supprimée par Pépin le Bref et Charlemagne. On sait en effet que la première liturgie de notre pays recourrait de façon très importante au livre de l’Apocalypse de saint Jean pour ses textes et ses chants. Lors de la suppression de l’ancien rit des Gaules, plusieurs pièces de l’ancienne liturgie (comme le Venite, populi qui se chantait le jour de Pâques & à perduré jusqu’au XXème siècle dans quelques diocèses français) ont pu subsister en étant réadaptées. Ce fut peut être le cas pour cette antienne comme pour les autres pièces principales des vêpres stationnales de Pâques (Christus resurgens ex mortuis et Stetit Angelus), cérémonie papale adaptée en France au VIIIème siècle où on la dota de nouveaux chants que Rome ne connaissait pas.

    Programme du IVème dimanche après Pâques – Cantate Domino

    Saint-Eugène, le dimanche 24 avril 2016, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.

    Comme dimanche dernier, l’évangile de ce dimanche nous prépare au départ prochain du Christ à l’Ascension & à la venue du Paraclet de vérité à la Pentecôte. L’évangile est tiré de l’évangile de Jean, comme régulièrement durant le Temps Pascal ; la lecture de l’évangile de Jean pendant le Temps Pascal doit remonter à la plus haute antiquité, car c’est une constante que l’on retrouve dans les différents rits tant Orientaux qu’Occidentaux. Comme dimanche dernier, l’évangile de ce dimanche est extrait du dernier discours du Christ pendant la Cène (Jean 16, 5-14).

    Que veulent donc dire ces paroles : « Mais je ne vous ai pas dit ces choses dès le commencement, parce que j’étais avec vous », si ce n’est que les prédictions qu’il leur fait ici du Saint-Esprit, à savoir qu’il viendrait à eux et rendrait témoignage au moment où ils auraient à souffrir les maux qu’il leur annonçait, il ne les leur avait pas faites dès le commencement, parce qu’il était avec eux ? Ce consolateur ou cet avocat (car le mot grec Paraclet veut dire l’un et l’autre) n’était donc nécessaire qu’après le départ du Christ ; il ne leur en avait point parlé dès le commencement lorsqu’il était avec eux, parce qu’il les consolait lui-même par sa présence.
    Homélie de saint Augustin, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

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    IIndes vêpres du quatrième dimanche après Pâques. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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    Programme du IIIème dimanche après Pâques – Jubilate Deo

    Troisième dimanche après PâquesSaint-Eugène, le dimanche 17 avril 2016, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.

    Le troisième dimanche après Pâques est aussi appelé dimanche de Jubilate, en raison du premier mot de l’introït de la messe.

    L’évangile de la messe de ce jour est tiré du dernier discours du Christ à la Cène dans l’évangile de Jean (16, 16-22) : « Un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et puis un peu encore, et vous me verrez, car je vais au Père. » Aussi ce dimanche constitue-t-il un point de bascule au milieu du temps pascal : après avoir célébré la résurrection et la vie nouvelle offerte par le baptême & l’eucharistie, voici que la perspective que nous offre la sainte liturgie change et nous prépare au départ du Seigneur vers son Père et à l’envoi de l’Esprit, aux fêtes prochaines de l’Ascension & de la Pentecôte.

    « Ce peu de temps nous paraît long, parce qu’il dure encore ; mais lorsqu’il sera fini, nous comprendrons combien il était court. Que notre joie ne ressemble donc pas à celle du monde, dont il est dit : « Mais le monde se réjouira » ; et néanmoins, pendant l’enfantement du désir de l’éternité, que notre tristesse ne soit pas sans joie ; montrons-nous, comme dit l’Apôtre : « Joyeux par l’espérance, patients dans la tribulation ». En effet, la femme qui enfante, et à laquelle nous avons été comparés, éprouve plus de joie à mettre au monde un enfant, qu’elle ne ressent de tristesse à souffrir sa douleur présente. Mais finissons ici ce discours, car les paroles qui suivent présentent une question très épineuse ; il ne faut pas les circonscrire dans le court espace de temps qui nous reste, afin de pouvoir les expliquer plus à loisir, s’il plaît au Seigneur. »
    Homélie de saint Augustin, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

    IIndes vêpres du troisième dimanche après Pâques. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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    Télécharger le livret du propre des IIndes vêpres du dimanche du IIIème dimanche après Pâques.

    La Résurrection du Christ

    Enregistrement & photos : messe du dimanche du Bon Pasteur

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    Télécharger le livret du commun des IIndes vêpres du dimanche durant le Temps pascal.
    Télécharger le livret du propre des IIndes vêpres et du salut du dimanche du IInd dimanche après Pâques.

    Téléchargez les partitions chantées au cours de cette messe & présentes dans cet enregistrement :

    Les fichiers MP3 sont téléchargeables ici.

    Ce dimanche du Bon Pasteur, Saint-Eugène accueillait les séminaristes du Séminaire international de Wigrazbad de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre. La messe était célébrée par M. l’Abbé Renard, fssp, et servie par les prêtres & séminaristes de la Fraternité Saint-Pierre. Le cérémoniaire était M. l’Abbé Guillaume, ancien grand-clerc de notre paroisse et le sermon fut donné par M. l’Abbé Bizard, également ancien grand-clerc de notre paroisse, laquelle a fourni une vingtaine de prêtres & de séminaristes à cette fraternité depuis sa fondation en 1988.

    Merci à Fanny B. pour ses belles photos !

    Programme du IInd dimanche après Pâques – Dimanche du Bon Pasteur

    Saint-Eugène, le dimanche 10 avril 2016, grand’messe de 11h, où cours de laquelle nous accueillerons les séminaristes du Séminaire international de Wigrazbad de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.

    Ce second dimanche de Pâques est aussi appelé dimanche de Misericordia (du 1er mot de l’introït) ou – le plus souvent – sous le nom populaire de dimanche du Bon Pasteur, en raison de l’évangile qui y est lu (Jean 10, 11-16) et qui est repris par le second Alleluia et l’antienne de communion du jour :

    Ego sum pastor bonus : et cognósco meas et cognóscunt me meæ. Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.

    Dès l’antiquité, à Rome, la messe stationnale du pape a lieu en ce jour à Saint-Pierre du Vatican, auprès de la tombe du Prince des Apôtres qui a été le premier pasteur du peuple chrétien après Notre Seigneur, que saint Pierre précisément appelle, dans l’épître qui est lue ce jour à la messe :

    Pastórem et epíscopum animárum vestrárum, Le Pasteur et l’Evêque de vos âmes.

    « La dévotion à Jésus Rédempteur sous les traits du Bon Pasteur pénétra de bonne heure dans le cœur des premiers fidèles. Abercius, dans son inscription funéraire, parle du Bon Pasteur qui, de ses yeux toujours vigilants, regarde son troupeau. A la fin de l’âge apostolique, Hermas donne précisément le nom du Pasteur à son écrit apocalyptique sur la pénitence, sujet alors si discuté. A Rome, l’église située sur le Viminal, près de laquelle les Pontifes fixent leur résidence temporaire, est dédiée au bon Pasteur, dont l’image, au dire de Tertullien, ornait les calices et les coupes eucharistiques. La représentation du bon Pasteur est si familière aux peintres et aux sculpteurs des catacombes que nous la trouvons reproduite à profusion dans les arcosolia et sur les sarcophages. Bien plus, à une époque où le spiritualisme de l’art chrétien antique avait encore en horreur les statues, on fait une exception en faveur de celle du bon Pasteur, dont plusieurs exemplaires importants nous ont été conservés. »
    Bienheureux cardinal Schuster, archevêque de Milan, in Liber Sacramentorum.

    « Vous avez entendu, mes très chers frères, dans la lecture du saint Évangile, un enseignement qui vous concerne ; vous y avez appris aussi à quelle épreuve nous sommes mis, (nous, vos pasteurs). Celui qui est bon, non par une grâce accidentelle, mais par l’essence de sa nature, vous dit : « Moi je suis le bon pasteur. » Et nous donnant le modèle de cette même bonté à imiter, il ajoute : « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. » Il a fait ce qu’il a enseigné ; il nous a donné l’exemple de ce qu’il a commandé. Le bon pasteur a donné sa vie pour ses brebis, afin de convertir, dans notre sacrement, son corps et son sang, et d’en rassasier tous ceux qu’il avait rachetés. »
    Homélie de saint Grégoire, pape, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

    IIndes vêpres du second dimanche après Pâques. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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    L’évènement sur Facebook.

    Programme du dimanche des 318 saints Pères du Concile de Nicée – Saints Cyrille & Méthode – ton 6

    Dimanche des 318 saints Pères du Concile de Nicée en 325Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 23 mai 2015 du calendrier grégorien – 11 mai 2015 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Ce VIIème dimanche de Pâques, dimanche après l’Ascension, le rit byzantin commémore les 318 saints Pères du premier concile œcuménique de Nicée, tenu l’an 325.

    La fête des 318 saints Pères du premier Concile œcuménique de Nicée est attestée au dimanche qui suit l’Ascension dans le Typikon de la Grande Eglise de Constantinople du IXème siècle. Le choix de cette date correspond plus ou moins à celle de l’ouverture de ce premier Concile, lequel s’est en effet tenu du 20 mai au 25 août 325. Sa fixation au dimanche qui suit l’Ascension s’est établie assez naturellement, puisque, comme le rappelle le Synaxaire de Nicéphore Calliste Xanthopoulos, « le Fils de Dieu est devenu homme en vérité, et l’homme parfait est monté au cieux comme Dieu et s’est assis à la droite de sa grandeur dans les cieux », les Pères conciliaires « l’ont proclamé ainsi, le confessant consubstantiel et partageant le même honneur que le Père ». Cette commémoraison avait semble-t-il primitivement été fixée au 29 mai (Ménologue de Basile) ; elle se célèbre le 9 novembre chez les Coptes & le 21 février chez les Syriens.

    Réunis par l’Empereur Constantin lui-même pour régler les désordres graves provoqués par l’hérésie d’Arius, les 318 Pères du Concile se répartissaient entre 232 évêques & 86 prêtres, diacres & moines. Le pape saint Sylvestre Ier, déjà âgé, est représenté par Ossius de Cordoue et par deux légats. Arius et ses partisans sont excommuniés, le Concile déclare que le Fils est bien consubstantiel & coéternel au Père, dans une célèbre confession de la foi qui, complétée au Concile de Constantinople, deviendra notre Credo ou Symbole de Nicée-Constantinople.

    Voici le texte de la confession des Pères à Nicée :

    « Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, Créateur de toutes choses visibles et invisibles ; et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, engendré du Père, c’est-à-dire, de la substance du Père. Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ; engendré et non fait, consubstantiel au Père ; par qui toutes choses ont été faites au ciel et en la terre. Qui, pour nous autres hommes et pour notre salut, est descendu des cieux, s’est incarné et s’est fait homme ; a souffert, est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux, et viendra juger les vivants et les morts. Nous croyons aussi au Saint-Esprit. »

    Le Concile décide d’uniformiser la célébration de la date de Pâques au premier dimanche après la première pleine lune qui suit le 21 mars. Il pose les premiers éléments juridiques des patriarcats de Rome, Alexandrie & Constantinople. Le dernier canon du Concile demande de supprimer les agenouillements les jours où l’on célèbre la résurrection à savoir les dimanches et durant la cinquantaine pascale.

    Par les prières des trois cent dix-huit Pères saints & théophores, Christ notre Dieu, aie pitié de nous.

    *
    Saint Cyrille et saint MéthodeCe 11 mai voit également la fête des saints égaux aux Apôtres Cyrille et Méthode, évangélisateurs des Slaves, copatrons de l’Europe.

    Laissons la parole au Pape Benoît XVI, qui présenta la vie de ces deux saints dans une de ses catéchèses :

    Chers frères et sœurs,

    Je voudrais parler aujourd’hui des saints Cyrille et Méthode, frères de sang et dans la foi, appelés apôtres des slaves. Cyrille naquit à Thessalonique, du magistrat de l’empire Léon en 826/827 : il était le plus jeune de sept enfants. Dans son enfance, il apprit la langue slave. A l’âge de quatorze ans, il fut envoyé à Constantinople pour y être éduqué et fut le compagnon du jeune empereur Michel III. Au cours de ces années, il fut initié aux diverses matières universitaires, parmi lesquelles la dialectique, ayant comme maître Photios. Après avoir refusé un brillant mariage, il décida de recevoir les ordres sacrés et devint « bibliothécaire » auprès du Patriarcat. Peu après, désirant se retirer dans la solitude, il alla se cacher dans un monastère, mais il fut bientôt découvert et on lui confia l’enseignement des sciences sacrées et profanes, une fonction qu’il accomplit si bien qu’elle lui valut le surnom de « philosophe ». Entre-temps, son frère Michel (né aux alentours de 815), après une carrière administrative en Macédoine, abandonna le monde vers 850 pour se retirer dans la vie monastique sur le mont Olympe en Bithynie, où il reçut le nom de Méthode (le nom monastique devait commencer par la même lettre que le nom de baptême) et devint higoumène du monastère de Polychron.

    Les saints égaux aux Apôtres Cyrille & MéthodeAttiré par l’exemple de son frère, Cyrille aussi décida de quitter l’enseignement et de se rendre sur le mont Olympe pour méditer et prier. Quelques années plus tard, cependant (vers 861), le gouvernement impérial le chargea d’une mission auprès des khazars de la Mer d’Azov, qui demandèrent que leur soit envoyé un homme de lettres qui sache dialoguer avec les juifs et les sarrasins. Cyrille, accompagné de son frère Méthode, s’arrêta longuement en Crimée, où il apprit l’hébreu. Là, il rechercha également le corps du Pape Clément I, qui y avait été exilé. Il trouva sa tombe, et lorsque son frère reprit le chemin du retour, il porta avec lui les précieuses reliques. Arrivés à Constantinople, les deux frères furent envoyés en Moravie par l’empereur Michel III, auquel le prince moldave Ratislav avait adressé une requête précise : « Notre peuple – lui avait-il dit – depuis qu’il a rejeté le paganisme, observe la loi chrétienne ; mais nous n’avons pas de maître qui soit en mesure de nous expliquer la véritable foi dans notre langue ». La mission connut très vite un succès insolite. En traduisant la liturgie dans la langue slave, les deux frères gagnèrent une grande sympathie auprès du peuple.

    Mosaïque des saints Cyrille & MéthodeToutefois, cela suscita à leur égard l’hostilité du clergé franc, qui était arrivé précédemment en Moravie et qui considérait le territoire comme appartenant à sa juridiction ecclésiale. Pour se justifier, en 867, les deux frères se rendirent à Rome. Au cours du voyage, ils s’arrêtèrent à Venise, où eut lieu une discussion animée avec les défenseurs de ce que l’on appelait « l’hérésie trilingue » : ceux-ci considéraient qu’il n’y avait que trois langues dans lesquelles on pouvait licitement louer Dieu : l’hébreu, le grec et le latin. Bien sûr, les deux frères s’opposèrent à cela avec force. A Rome, Cyrille et Méthode furent reçus par le Pape Adrien II, qui alla à leur rencontre en procession, pour accueillir dignement les reliques de saint Clément. Le Pape avait également compris la grande importance de leur mission exceptionnelle. A partir du milieu du premier millénaire, en effet, les slaves s’étaient installés en très grand nombre sur ces territoires placés entre les deux parties de l’Empire romain, orientale et occidentale, qui étaient déjà en tension entre elles. Le Pape comprit que les peuples slaves auraient pu jouer le rôle de pont, contribuant ainsi à maintenir l’union entre les chrétiens de l’une et l’autre partie de l’Empire. Il n’hésita donc pas à approuver la mission des deux Frères dans la Grande Moravie, en acceptant l’usage de la langue slave dans la liturgie. Les livres slaves furent déposés sur l’autel de Sainte-Marie de Phatmé (Sainte-Marie-Majeure) et la liturgie en langue slave fut célébrée dans les Basiliques Saint-Pierre, Saint-André, Saint-Paul.

    Malheureusement, à Rome, Cyrille tomba gravement malade. Sentant la mort s’approcher, il voulut se consacrer entièrement à Dieu comme moine dans l’un des monastères grecs de la Ville (probablement près de Sainte-Praxède) et prit le nom monastique de Cyrille (son nom de baptême était Constantin). Il pria ensuite avec insistance son frère Méthode, qui entre-temps avait été consacré évêque, de ne pas abandonner la mission en Moravie et de retourner parmi ces populations. Il s’adressa à Dieu à travers cette invocation : « Seigneur, mon Dieu…, exauce ma prière et conserve dans la fidélité le troupeau auquel tu m’avais envoyé… Libère-les de l’hérésie des trois langues, rassemble-les tous dans l’unité, et rends le peuple que tu as choisi concorde dans la véritable foi et dans la droite confession ». Il mourut le 14 février 869.

    Saint Cyrille & saint MéthodeFidèle à l’engagement pris avec son frère, Méthode revint en 870 en Moravie et en Pannonie (aujourd’hui la Hongrie), où il retrouva à nouveau la violente aversion des missionnaires francs qui l’emprisonnèrent. Il ne perdit pas courage et lorsqu’il fut libéré en 873, il se prodigua activement dans l’organisation de l’Église, en suivant la formation d’un groupe de disciples. Ce fut grâce à eux si la crise qui se déchaîna à la mort de Méthode, qui eut lieu le 6 avril 885, put être surmontée : persécutés et mis en prison, certains de ces disciples furent vendus comme esclaves et conduits à Venise, où ils furent rachetés par un fonctionnaire constantinopolitain, qui leur permit de repartir dans les pays des slaves balkaniques. Accueillis en Bulgarie, ils purent poursuivre la mission commencée par Méthode, en diffusant l’Évangile dans la « terre de la Rus’ ». Dieu, dans sa mystérieuse providence, utilisait ainsi la persécution pour sauver l’œuvre des saints frères. De cette dernière, il reste également la documentation littéraire. Il suffit de penser à des œuvres telles que l’Évangéliaire (épisodes liturgiques du Nouveau Testament), le Psautier, différents textes liturgiques en langue slave, auxquels travaillèrent les deux frères. Après la mort de Cyrille, on doit à Méthode et à ses disciples, entre autres, la traduction de toute l’Écriture Sainte, le Nomocanon et le Livre des Pères.

    Saints Cyrille & MéthodeVoulant à présent résumer brièvement le profil spirituel des deux frères, on doit tout d’abord remarquer la passion avec laquelle Cyrille aborda les écrits de saint Grégoire de Nazianze, apprenant à son école la valeur de la langue dans la transmission de la Révélation. Saint Grégoire avait exprimé le désir que le Christ parle à travers lui : « Je suis le serviteur du Verbe, c’est pourquoi je me mets au service de la Parole ». Voulant imiter Grégoire dans ce service, Cyrille demanda au Christ de vouloir parler en slave à travers lui. Il introduit son œuvre de traduction par l’invocation solennelle : « Écoutez, ô vous tous les peuples slaves, écoutez la Parole qui vint de Dieu, la Parole qui nourrit les âmes, la Parole qui conduit à la connaissance de Dieu ». En réalité, déjà quelques années avant que le prince de Moravie ne demande à l’empereur Michel III l’envoi de missionnaires dans sa terre, il semble que Cyrille et son frère Méthode, entourés d’un groupe de disciples, travaillaient au projet de recueillir les dogmes chrétiens dans des livres écrits en langue slave. Apparut alors clairement l’exigence de nouveaux signes graphiques, plus proches de la langue parlée : c’est ainsi que naquit l’alphabet glagolitique qui, modifié par la suite, fut ensuite désigné sous le nom de « cyrillique » en l’honneur de son inspirateur. Ce fut un événement décisif pour le développement de la civilisation slave en général. Cyrille et Méthode étaient convaincus que chaque peuple ne pouvait pas considérer avoir pleinement reçu la Révélation tant qu’il ne l’avait pas entendue dans sa propre langue et lue dans les caractères propres à son alphabet.

    C’est à Méthode que revient le mérite d’avoir fait en sorte que l’œuvre entreprise avec son frère ne soit pas brusquement interrompue. Alors que Cyrille, le « Philosophe », avait tendance à la contemplation, il était plutôt porté vers la vie active. C’est grâce à cela qu’il put établir les présupposés de l’affirmation successive de ce que nous pourrions appeler « l’idée cyrillo-méthodienne » : celle-ci accompagna les peuples slaves pendant les diverses périodes historiques, favorisant le développement culturel, national et religieux. C’est ce que reconnaissait déjà le Pape Pie xi dans la Lettre apostolique Quod Sanctum Cyrillum, dans laquelle il qualifiait les deux frères : « fils de l’Orient, byzantins de patrie, grecs d’origine, romains par leur mission, slaves par leurs fruits apostoliques ». Le rôle historique qu’ils jouèrent a ensuite été officiellement proclamé par le Pape Jean-Paul II qui, dans la Lettre apostolique Egregiae virtutis viri, les a déclarés copatrons de l’Europe avec saint Benoît. En effet, Cyrille et Méthode constituent un exemple classique de ce que l’on indique aujourd’hui par le terme d’ »inculturation » : chaque peuple doit introduire dans sa propre culture le message révélé et en exprimer la vérité salvifique avec le langage qui lui est propre. Cela suppose un travail de « traduction » très exigeant, car il demande l’identification de termes adaptés pour reproposer, sans la trahir, la richesse de la Parole révélée. Les deux saints Frères ont laissé de cela un témoignage significatif au plus haut point, vers lequel l’Église se tourne aujourd’hui aussi, pour en tirer son inspiration et son orientation.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche, ton 6. Gloire au Père. Tropaire des Egaux aux Apôtres. Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion des Egaux aux Apôtres.
    A sexte : Tropaire du dimanche, ton 6. Gloire au Père. Tropaire des Pères. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion des Pères.

    Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 6, 4 tropaires de la 3ème ode du canon des Pères, & 4 tropaires de la 6ème ode du canton des Egaux aux Apôtres :
    1. Souviens-toi de moi, Dieu Sauveur, * quand tu entreras dans ton royaume, ** seul Ami des hommes, sauve-moi.
    2. Adam fut séduit par l’arbre défendu, * mais par celui de la Croix tu as sauvé * le bon Larron s’écriant : ** Dans ton royaume, Seigneur, souviens-toi de moi.
    3. Ayant brisé les portes & les verrous de l’Enfer, * tu as ressuscité, Source de vie, * Sauveur, tous ceux qui s’écrient : ** Gloire à ta sainte Résurrection.
    4. Souviens-toi de moi, Seigneur * qui par ta sépulture triomphas de la mort * & comblas de joie l’univers, ** Dieu de tendresse, par ta Résurrection.
    5. Arius, dans sa folle impiété, * mêle à ta divine génération * le fertile écoulement, la souffrance, la division, ** mais il fut lui-même retranché par le glaive spirituel.
    6. Les saints docteurs, rangés en ordre de combat, * comme jadis Abraham sur les rois, * remportèrent la victoire sur les furieux ennemis, ** Seigneur de bonté, par la puissance de ton bras.
    7. L’illustre & premier synode de tes pontifes saints, * Sauveur, t’a pieusement proclamé * comme engendré avant les siècles & consubstantiel ** au Père éternel & créateur de l’univers.
    8. Aucune parole, aucune langue de mortel, * ô Vierge, ne peut te louer dignement, * car il a plu au Christ source-de-vie ** de s’incarner sans semence, Vierge pure, en ton sein.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !
    2. Tropaire des Pères, ton 8 : Sois glorifié par-dessus tout, Christ notre Dieu, * toi qui as établi nos Pères pour illuminer la terre ; * et par eux, vers la vraie foi, tu nous as tous guidés. ** Très miséricordieux, gloire à Toi.
    3. Tropaire des Egaux aux Apôtres, ton 4 : Vous qui des Apôtres avez partagé le genre de vie * & des pays slaves vous êtes montrés les docteurs, * Cyrille & Méthode, sages-en-Dieu, * priez le Maître universel * d’affermir tous les peuples slaves dans la concorde & la vraie foi, * de faire au monde le don de la paix * & d’accorder à nos âmes le salut.
    4. Kondakion des Pères, ton 8 : La prédication des apôtres et la doctrine des pères * ont donné à l’Église l’unité de la foi ; * portant la tunique de la vérité, * tissée par la théologie qui vient d’en haut, ** elle confirme et glorifie le grand mystère de la piété.
    5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    6. Kondakion des Egaux aux Apôtres, ton 3 : Honorons ces deux saints illuminateurs * qui par leur traduction des Ecritures sacrées * ont fait jaillir la connaissance de Dieu * comme une source inépuisable jusqu’à ce jour, * Cyrille & Méthode que nous disons bienheureux, * puisque pour nos âmes ils intercèdent avec ferveur devant le Trône du Très-Haut.
    7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    8. Kondakion de l’Ascension, de saint Romain le Mélode, ton 6 : Ayant accompli en notre faveur ton œuvre de salut, * après avoir uni les cieux & la terre & les hommes avec Dieu, * dans la gloire, ô Christ notre Dieu, tu montas vers le ciel * sans pour autant nous délaisser, * mais restant toujours parmi nous * et disant à ceux qui conservent ton amour : * Je suis toujours avec vous ** & personne à jamais ne peut rien contre vous.

    Prokimen :
    Des Pères, ton 4 :
    ℟. Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos Pères, & vénérable, & que ton nom soit glorifié éternellement. (Daniel, 3, 26)
    ℣. Car tu es juste en tout ce que tu nous as fait. (Daniel, 3, 27)
    Des Egaux aux Apôtres, ton 7 :
    ℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).

    Epîtres :
    Du 7ème dimanche de Pâques : Actes des Apôtres (§ 44) XX, 16-18A, 28-36.
    Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour gouverner l’Église de Dieu, qu’il a acquise par son propre sang.
    Des Egaux aux Apôtres : Hébreux (§ 318) VII, 26 – VIII, 2.

    Alleluia :
    Des Pères, ton 1 :
    ℣. Le Dieu des dieux, le Seigneur, parle. Il appelle la terre du lever du soleil à son couchant.
    ℣. Assemblez devant lui ses fidèles, qui scellèrent son alliance en sacrifiant. (Psaume 49, 1 & 5)
    Des Egaux aux Apôtres :
    ℣. Que tes prêtres soient revêtus de justice, et que tes saints tressaillent de joie. (Psaume 131, 9)

    Evangiles :
    Du 7ème dimanche de Pâques : Jean (§ 56) XVII, 1-13.
    Père ! l’heure est venue ; glorifiez votre Fils, afin que votre Fils vous glorifie.
    Des Egaux aux Apôtres : Matthieu (§ 11) V, 14-19.

    A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique (de la fête) :
    Mégalinaire : Magnifie, ô mon âme, magnifie * celui qui monta corporellement, * dans sa divine gloire, * de la terre jusqu’au ciel, ** le Christ notre Source de vie.
    Hirmos : Dépassant notre esprit et notre entendement, * tu mis au monde et dans le temps * le Seigneur intemporel : * Mère de Dieu, d’une même voix et d’un seul cœur, ** nous les fidèles, nous te magnifions.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux.
    Des Pères & des Egaux aux Apôtres : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Après la communion
    Le tropaire d’action de grâces ordinaire « Nous avons vu la Lumière véritable » étant omis jusqu’à la Pentecôte, on chante à sa place le tropaire de l’Ascension, ton 4 :
    Dans la gloire tu t’élèves, ô Christ notre Dieu, * comblant tes disciples de joie * par la promesse du Saint-Esprit, * leur donnant force & de tes mains les bénissant, ** car tu es le Fils de Dieu, le rédempteur du monde.

    Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.