Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Un message du cardinal Burke

Son Eminence le cardinal BurkeChers pèlerins Summorum Pontificum,

Votre pèlerinage annuel à Rome approche. En ces temps de préparation spirituelle à cet événement, sachez que j’implore la bénédiction de la Très Sainte Trinité pour vous, afin que vous receviez une abondance de grâces dès maintenant, et surtout lors des Offices liturgiques auxquels vous participerez dans la Ville éternelle fin octobre.

Que la ferveur de votre prière et de votre foi, qui trouveront un nouvel élan auprès de la chaire de saint Pierre, soit le gage de nombreuses bénédictions pour vous, pour vos proches, et en premier lieu pour le Saint-Père et pour la sainte Église.

Que Dieu vous bénisse !

Raymond Leo Cardinal Burke
Le 5 octobre 2013

Source : Cœtus Summorum Pontificum

Messe en la basilique Saint-Remi de Reims le 21 septembre à 11h30

La sortie paroissiale de rentrée de la paroisse Saint-Eugène – Sainte Cécile s’effectue à Reims le 21 septembre 2013 prochain, en la fête de l’apôtre saint Matthieu (mémoire du samedi des Quatre-Temps de septembre).

Nous aurons la joie de chanter la sainte messe (rit traditionnel) dans la basilique Saint-Remi de Reims le 21 septembre 2013 à 11h30.

La Schola Sainte Cécile interprètera à cette occasion la Missa Exsultate Deo de François Cosset, (c. 1610 † c. 1664), maître de chapelle de la cathédrale de Reims. Cette messe a été publiée en 1659 chez Robert Ballard.

L’évènement sur Facebook.

Peregrenación a Toledo

Messe en rit mozarabe à Salamanque

La Schola Sainte Cécile de París hará una peregrinación a Toledo del 21 al 25 de agosto de 2013. Cantará la Santa Misa en rito mozárabe ante las reliquias de San Eugenio, primer arzobispo de Toledo, en la capilla mozárabe de la Catedral Toledana, el sábado 24 de agosto de 2013 a las 9:00 hs.

Cantará la Santa Misa en rito mozárabe en la parroquia de Santas Justa & Rufina el domingo 25 de agosto a las 9:00 hs.

Messe mozarabe saint Eugène, premier évêque de Tolède

La Schola Sainte Cécile canta cada domingo en dos ritos: el romano (en su forma extraordinaria) y el bizantino eslavo. En el pasado y en varias oportunidades, hemos cantado misas pontificales en Italia en rito ambrosiano y ocasionalmente cantamos algunos oficios en rito parisino antiguo. Nos interesa particularmente la sinfonía de ritos de la Iglesia católica y mucho valoramos el tema de las liturgias particulares.

Reliquaire du corps de saint Eugène, cathédrale de Tolède

Evento en Facebook

Festivités du 1025ème anniversaire du baptême de la Russie : célébration à Moscou de la fête de sainte Olga par 9 patriarches et primats metropolitains

1025ème anniversaire du baptême de la Russie : divine liturgie de sainte Olga célébrée par 9 patriarches & primats métropolitains en la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou devant les reliques de la croix de saint André

Hier 24 juillet (11 juillet dans le calendrier julien) était dans le rit byzantin la fête liturgique de sainte Olga, appelée au baptême Hélène. Sainte Olga, grande-duchesse de Kiev, assura la régence de la principauté de Kiev à la mort de son époux le grand-duc Igor Ier de 945 à 964. En 955, au cours d’une visite politique à Constantinople, elle devient chrétienne et reçoit le saint baptême, prenant le nom d’Hélène. Revenue à Kiev, elle fait appel à des missionnaires latins venus d’Allemagne pour implanter le christianisme, mais le premier évêque des Russes, Adalbert, se décourage devant les difficultés de la mission et les massacres de ses assistants, et finit par quitter la Russie en 962. Impuissante à arracher son fils Sviatoslav des griffes du paganisme, c’est son petit-fils saint Vladimir le Grand qui deviendra le premier prince chrétien de Kiev et assurera l’implantation définitive de la foi chrétienne chez les peuples de Russie. Canonisée peu après sa mort en 969, sainte Olga est très tôt tenue en vénération non seulement en Orient chez les Russes, mais aussi chez les Bulgares et les Serbes, et en Occident chez les Bohémiens.

1025ème anniversaire du baptême de la Russie : divine liturgie de sainte Olga célébrée par 9 patriarches & primats métropolitains en la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou devant les reliques de la croix de saint André

A l’occasion des festivités marquant le 1025ème anniversaire du baptême du saint grand-duc Vladimir et du baptême de la Russie, la célébration liturgique de la fête de sainte Olga a pris hier un relief tout particulier à Moscou où s’étaient déplacés 8 patriarches et primats d’Eglises orthodoxes autour du patriarche de Moscou dans la cathédrale du Christ-Sauveur.

1025ème anniversaire du baptême de la Russie : divine liturgie de sainte Olga célébrée par 9 patriarches & primats métropolitains en la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou devant les reliques de la croix de saint André

Etaient présents (dans l’ordre des dyptiques) :
le Patriarche et Pape Théodore d’Alexandrie et de toute l’Afrique,
le Patriarche Théophile de Jérusalem,
le Patriarche Cyrille de Moscou et de toutes les Russies,
le Catholicos-Patriarche Ilia de Georgie,
le Patriarche Néophyte de Sofia,
le Patriarche Irénée de Serbie,
le Métropolite Sawa de Varsovie,
l’archevêque Chrysostome de Nova Justiniana et de tout Chypre,
le Métropolite Tikhon de toutes les Amériques.

1025ème anniversaire du baptême de la Russie : divine liturgie de sainte Olga célébrée par 9 patriarches & primats métropolitains en la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou devant les reliques de la croix de saint André

Etaient représentés par des délégués : le Patriarche œcuménique de Constantinople (par le Métropolite Emmanuel), le Patriarche d’Antioche, celui de Roumanie, ainsi que les Eglises orthodoxe d’Albanie et de Tchéquie-Slovaquie.

1025ème anniversaire du baptême de la Russie : divine liturgie de sainte Olga célébrée par 9 patriarches & primats métropolitains en la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou devant les reliques de la croix de saint André

La divine liturgie fut célébrée par Sa Sainteté le patriarche d’Alexandrie Théodore II, plus haut dignitaire présent, puisque son patriarcat est l’un des trois premiers fondés dès l’origine du christianisme (Rome, Antioche, Alexandrie), quand bien même l’Eglise orthodoxe melkite d’Alexandrie, chacédonienne, demeura très minoritaire en Egypte face aux Coptes monophysites (de 1517 à 1811, le patriarche résidait à Constantinople, faute de fidèles en nombre suffisant sur place). Au XIXème siècle, le renouveau du patriarcat orthdoxe melkite d’Alexandrie est dû à la politique d’Ali Pacha favorisant l’implantation de grecs en Egypte. Une hiérarchie locale fut restaurée en Egypte entre 1900 et 1925 par le patriarche Photios. Confrontés au départ des grecs après la chute de la monarchie égyptienne, les patriarches d’Alexandrie du XXème siècle se sont attachés à créer des missions dans tout le continent africain, favorisant l’adoption des langues vernaculaires pour la liturgie. Le patriarche Pierre VII (1996 † 2004) développa en particulier ces missions, créant des diocèses au Nigeria, au Ghana, à Madagascar, en Zambie, avant de périr tragiquement dans un accident d’avion au Mont Athos avec les membres de son saint synode. L’actuel patriarche Théodore II d’Alexandrie et de toute l’Afrique est Crétois de naissance et a effectué une partie de ses études à Odessa. Il s’est illustré en fondant plusieurs centres missionnaires lorsqu’il était métropolite du Cameroun puis du Zimbabwe et de l’Angola.

1025ème anniversaire du baptême de la Russie : divine liturgie de sainte Olga célébrée par 9 patriarches & primats métropolitains en la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou devant les reliques de la croix de saint André : le patriarche & pape d'Alexandrie Théodore et le patriarche de Moscou Cyrille

Le patriarche Théodore d’Alexandrie et le patriarche Cyrille de Moscou.

1025ème anniversaire du baptême de la Russie : divine liturgie de sainte Olga célébrée par 9 patriarches & primats métropolitains en la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou devant les reliques de la croix de saint André

A l’issue de la divine liturgie, le patriarche de Moscou célébra un office d’action de grâces (Молебен) en l’honneur de saint Vladimir le grand et du baptême de la Russie. Cet office, comme la divine liturgie qui précédait, était célébré alors qu’étaient exposées les reliques de la croix de saint André, récemment arrivées de Grêce en Russie à l’occasion des festivités du 1025ème anniversaire.

1025ème anniversaire du baptême de la Russie : divine liturgie de sainte Olga célébrée par 9 patriarches & primats métropolitains en la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou devant les reliques de la croix de saint André : le patriarche Cyrille de Moscou vénère les reliques de la croix de saint André

Vénération des reliques de saint André par le patriarche Cyrille de Moscou.

1025ème anniversaire du baptême de la Russie : divine liturgie de sainte Olga célébrée par 9 patriarches & primats métropolitains en la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou devant les reliques de la croix de saint André : bénédiction par le patriarche Cyrille de Moscou

Bénédiction par le patriarche Cyrille de Moscou.

Source : Site officiel de l’Eglise orthodoxe russe.

Arrivée des reliques de la croix de saint André à Saint-Pétersbourg

Toujours dans le cadre des célébrations du 1025ème anniversaire du baptême de la Russie, les reliques de la croix sur laquelle fut crucifié l’apôtre saint André sont arrivées hier 11 juillet 2013.

Arrivée des reliques de la croix de saint André à Saint-Pétersbourg

Arrivées des reliques de la croix de saint André à Saint-Pétersbourg.

La croix arrive de Grèce, depuis la cathédrale de Patras où elle est actuellement conservée, sur le lieu même du martyre de l’apôtre André, le Premier-Appelé. Quelques mots sur l’histoire de cette relique insigne : en 357, par décision de l’empereur Constance II, la croix ainsi que les reliques du corps de saint André furent enlevés de Patras pour être déposés dans l’église des Saints-Apôtre de Constantinople. Ils y restèrent jusqu’au IXème siècle où l’empereur byzantin organisa leur retour partiel à Patras. Prise par les Ottomans en 1460, Thomas Paléologue, despote de Morée parvint toutefois à récupérer le chef & la croix de saint André et à les remettre en 1462 au Pape Pie II qui les déposa dans la basilique du Vatican, rejoignant ainsi les reliques de son frère Simon Pierre. La cathédrale d’Amalfi, dont saint André est le patron, conserve le reste du corps de l’apôtre, récupéré des byzantins. En 1964, le Pape Paul VI offrit ces précieuses reliques que sont le chef et la croix de saint André à l’Eglise orthodoxe de Grèce et elles furent déposées dans la cathédrale Saint-André de Patras, dédiée en 1974, qui est actuellement la plus grande église de ce pays.

Vénération des reliques de la croix de saint André par le patriarche de Moscou

Vénération des reliques de la croix de saint André par le patriarche Cyrille de Moscou.

Les reliques sont arrivées la veille de la fête de saint Pierre & saint Paul en Russie, et leur vénération eut lieu au cours de l’office des vigiles de cette grande fête, célébrées en la cathédrale Notre-Dame de Kazan de Saint-Pétersbourg par le patriarche de Moscou.

Vénération des reliques de la croix de saint André par le patriarche de Moscou

Vénération des reliques de la croix de saint André par le patriarche Cyrille de Moscou.

Après la Pentecôte, l’apôtre André évangélisa les bords de la Mer Noire : la Bithynie, la Thrace et la Scythie. Cette dernière région correspond au Sud de l’Ukraine actuelle, aussi cet apôtre est-il tenue en grande vénération en Russie, qui voit en lui leur Père dans foi. L’ordre de Russie le plus prestigieux était autrefois l’ordre impérial de Saint-André. La Russie actuelle a rétabli la croix de saint André sur les pavillons de ses navires de guerre, comme le faisaient autrefois les marins du tsar depuis 1690, sous le règne de Pierre Ier.

Icône de saint André dans la cathédrale Notre-Dame de Kazan

Icône de saint André dans la cathédrale Notre-Dame de Kazan.

Arrivée en Russie à Saint-Péterbourg, les reliques de la croix de saint André seront à Saint-Pétersburg du 11 au 15 juillet, à Moscou du 16 au 26 juillet, à Kiev du 26 au 28 juillet & à Minsk du 29 juillet au 2 août. A l’instar du voyage des reliques de saint Vladimir, il s’agit de célébrer le 1025ème anniversaire du baptême et de la conversion des peuples issus de l’ancienne grande principauté de Kiev, en mettant en valeur leurs racines spirituelles communes.

La précieuse relique est partie de Patras par un avion spécial le 11 juillet. Son voyage a été assuré pour 10 millions d’euros, même si sa valeur, de l’aveu de Segeri Golovin, directeur de la Fondation Saint-André, est inestimable.

Procession internationale des reliques de saint Vladimir

Les reliques de saint Vladimir à Odessa

Arrivée à Odessa (Ukraine) des reliques de saint Vladimir à l’occasion du 1025ème anniversaire de son baptême et du baptême de la Russie.

Les reliques de saint Vladimir, ordinairement conservées en la cathédrale de l’Assomption au Kremlin de Moscou, font l’objet d’un pèlerinage international à l’occasion du 1025ème anniversaire de son baptême, qui fut aussi celui de la Russie. Parties de Moscou, les reliques ont visité la Biélorussie puis désormais l’Ukraine. La fin du pèlerinage est prévue à Kiev le 27 juillet prochain.

Saint Vladimir, grand prince de Kiev, fut baptisé à la vigile pascale 988 à Chersonèse. Il est le premier souverain chrétien de ce pays, y introduisant le christianisme, à l’instar d’Agbar pour le royaume d’Edesse, de Tiridate IV pour le royaume d’Arménie, d’Ezana pour le royaume d’Aksoum, de saint Constantin le Grand pour l’Empire romain, de Mirian III pour le royaume de Georgie, ou encore de Clovis pour le royaume de France.

Messe traditionnelle à Notre-Dame de Paris : les photos et l’enregistrement audio

Le 29 mai dernier, la paroisse Saint-Eugène – Sainte-Cécile faisait un pèlerinage à Notre-Dame de Paris, afin d’y célébrer la messe votive de la dédicace, dans le cadre du 850ème anniversaire de la construction de l’actuelle cathédrale, et pour obtenir les grâces de l’indulgence plénière liée à l’année de la foi.

L’enregistrement de la messe :

(Nota, l’enregistreur est placé près de fidèles, et non de la schola – on entend donc ceux-ci répondre en premier plan).

Messe à Notre-Dame de Paris

Entrée du clergé dans le chœur de la cathédrale, tandis que la schola chante le début du grand motet Dominus regnavit de Jean-Joseph Cassanea de Mondonville.

Messe à Notre-Dame de Paris

La procession arrive au sanctuaire de Notre-Dame.

Messe à Notre-Dame de Paris

Le messe solennelle célébrée au maître-autel de la cathédrale.

Messe à Notre-Dame de Paris

Encensement du célébrant par le diacre après le chant de l’évangile.

Messe à Notre-Dame de Paris

Aux encensements de l’offertoire.

Messe à Notre-Dame de Paris

Encensement du célébrant à l’offertoire.

Messe à Notre-Dame de Paris

Le chœur de la cathédrale pendant le canon.

Messe à Notre-Dame de Paris

L’élévation du Corps du Seigneur.

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Le Corps très précieux de notre Sauveur.

Messe à Notre-Dame de Paris

L’élévation du Très-Précieux Sang de notre Seigneur & Sauveur.

Messe à Notre-Dame de Paris

Le célébrant, assisté de ses ministres diacre & sous-diacre.

Messe à Notre-Dame de Paris

Détail de la chasuble portée par M. le Curé de Saint-Eugène – Sainte-Cécile.

Messe à Notre-Dame de Paris

Vue du chœur de la cathédrale pendant le baiser de paix.

Messe à Notre-Dame de Paris

Départ du clergé après la messe.

Messe à Notre-Dame de Paris

Station devant la statue de Notre Dame de Paris. Le chœur chante le Magnificat royal, celui-là même qu’entendit Paul Claudel à cet endroit au secondes vêpres de Noël 1886 lorsqu’il reçut la grâce de la conversion.

Merci de tout cœur à Gonzague B. pour son sublime travail photographique et Nicholas K. pour son enregistrement sonore !

Retrouvez toutes les 330 photos de Gonzague prises au cours de cette cérémonie sur cet album Flickr.

Aimer la France
Homélie à Notre-Dame de Paris de M. le Curé de Saint-Eugène

Pèlerinage à Notre-Dame de Paris
Mercredi 29 mai 2013

Mes frères,

Nous sommes ici ce soir à la cathédrale Notre-Dame de Paris, pour nous associer à un grand anniversaire de sa construction : il y a 850 ans, la première pierre de cette église était posée en présence du pape Alexandre III, du roi Louis VII, et de l’évêque de Paris, Maurice de Sully, initiateur du projet. C’était au XIIe siècle. Il a fallu 109 années pour achever cet édifice.

L’intention de l’évêque de Paris était de donner au clergé de la ville et au peuple fidèle une église-mère où tous pourraient mieux honorer le Seigneur. En même temps qu’il élevait cette nouvelle cathédrale, Maurice de Sully édifiait aussi dans Paris des églises, des abbayes, des hospices et des léproseries. Lui-même est mort après avoir distribué ses biens pour ses fondations dans le diocèse, pour l’achèvement de la cathédrale, et pour les pauvres de Paris. Ce grand évêque était né d’une pauvre famille de bûcherons des bords de Loire. Il a marqué son temps, comme l’ont fait ses successeurs, Eudes de Sully et Guillaume d’Auvergne. Son soutien à saint Thomas Becket, l’archevêque de Cantorbery affronté au roi Henri II d’Angleterre, a confirmé l’importance que prenait le siège épiscopal de Paris comme centre intellectuel de la chrétienté.

Maurice de Sully a lancé au cœur de Paris cette nouvelle cathédrale qui, bénie par le pape et parrainée par le roi, ne pouvait pas ne pas se lier à l’histoire de la nation tout entière. C’est ici que saint Louis, dans une procession solennelle, est entré pieds nus vêtu d’une simple tunique, en portant dans ses mains la couronne d’épine qu’il exposa sur l’autel à la vénération des fidèles. C’est ici que Charles VII a fait célébrer par un Te Deum la reprise de Paris, et que s’est ouvert le procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc. C’est ici qu’à la révolution tous les autels ont été détruits, le mobilier du culte, les statues, les tableaux anéantis ou dispersés, le maître autel transformé en autel de la déesse Raison en 1793, tandis que le culte catholique était interdit à Paris, et que Notre-Dame était transformée en entrepôt. Cela dura pendant neuf années. Après ce temps, la cathédrale fut rendue au culte catholique.

Et c’est ici que Napoléon Bonaparte s’est lui-même sacré empereur en présence du pape Pie VII. Malheureusement, l’état de délabrement du bâtiment était tel que les autorités publiques songèrent peu à peu à sa destruction. Mais cet édifice avait été voulu pour le peuple de Paris. Et c’est du peuple qu’est venu son salut : c’est certainement le roman de Victor Hugo Notre-Dame de Paris et son succès immense qui a créé un large mouvement populaire en faveur de la cathédrale. « Vaste symphonie en pierre – écrit Victor Hugo en 1831 – œuvre colossale d’un homme et d’un peuple, tout ensemble une et complexe… produit prodigieux… de toutes les forces d’une époque… sorte de création humaine, en un mot, puissante et féconde comme la création divine dont elle semble avoir dérobé le double caractère : variété, éternité ».

C’est ici qu’a retenti le Te Deum pour la victoire de 1945, et qu’ont été célébrées les funérailles des maréchaux célèbres et des grands hommes de la Nation. Le pape Jean-Paul II est venu deux fois visiter Notre-Dame. Le pape Benoît XVI est venu en septembre 2008. Et il y a tout ce qu’il faudrait dire encore…

Mais à Notre-Dame de Paris, tous ces grands événements dispersés dans le temps se rassemblent et se résument dans la profondeur de Dieu et dans la réflexion qu’il inspire.

Car c’est ici que le dominicain Lacordaire en 1841 prononça son discours sur la vocation divine de la France. « Nous appartenons tous à deux cités – disait-il – nous avons tous deux patries… la cité spirituelle et la cité temporelle, la patrie de la foi et la patrie du sang… Et quoique distinctes, ces deux patries ne sont pas ennemies l’une de l’autre… bien loin de là : elles sont unies comme l’âme et le corps sont unis. Et de même que l’âme aime le corps, bien que le corps se révolte souvent contre elle, de même la patrie de l’éternité aime la patrie du temps et prend soin de sa conservation, bien que celle-ci ne réponde pas constamment à son amour ». Mes frères, à cette justesse de vue ajoutons simplement que c’est l’âme qui apporte la vie et qui la donne au corps, et non l’inverse. Entre la patrie céleste et la patrie terrestre il y a donc un ordre de priorité pour ce qui est de donner la vie.

Les deux patries ne sont pas à égalité lors même qu’elles fraternisent. Sainte Thérèse de l’enfant Jésus le dit suffisamment au Christ : « Ta face est ma seule patrie ». Or pourtant, nous le savons, sainte Thérèse s’est identifiée mystiquement à sainte Jeanne d’Arc dans un même amour immense pour la France. Cela, parce que, pour paraphraser Lacordaire, il peut arriver qu’entre la patrie céleste et la patrie terrestre il se forme un dévouement réciproque, et que de la fraternité des deux naisse une sorte de patriotisme surnaturel. David et tous les prophètes, et saint Paul avec eux, ont été remplis d’élan patriotique pour Israël. Et notre Seigneur lui-même a pleuré amèrement sur Jérusalem à la pensée qu’un jour elle serait déportée. Jeanne d’Arc et Thérèse ont nourri les mêmes sentiments pour la France. Et ici à Notre-Dame de Paris, Dieu entretient en nous ce même amour.

Dans cet amour nous comprenons que ce n’est pas la patrie terrestre qui doit naturaliser la foi et peu à peu réduire Dieu à un phénomène psychologique et culturel parmi d’autres, mais que c’est la foi qui doit surnaturaliser le service de la patrie pour que cette patrie apprenne à respecter les droits de Dieu dans tous ses enfants, sous peine de s’égarer peu à peu loin de la justice et de la vérité.

Il n’appartient pas à la patrie terrestre de définir et de décider par elle-même, par voix légale, au besoin parlementaire, qui a le droit de vivre et qui ne l’a pas, qui a le droit de connaître ses origines et qui ne l’a pas. A travers la légalisation de l’avortement, et aujourd’hui la légalisation du mariage homosexuel conduisant logiquement tôt ou tard à la procréation artificielle des enfants, le législateur français construit la patrie terrestre sur le meurtre et la blessure des plus petits des siens. Mais ici, à Notre-Dame, les veillées de prière pour la vie rassemblent des fidèles de toute l’île de France, pour demander à Dieu la grâce de mener le combat pour la vie dans la persévérance, l’énergie et la dignité. C’est ici qu’on prend conscience – en ces jours où nous sommes – que l’amour surnaturel pour la France, pour ses grandeurs et pour sa liberté, veut dire très concrètement le même amour égal pour tous ses enfants, y compris les plus faibles dans leur droit à la vie et à leurs origines.

Beau combat où il faut écouter, argumenter, réfuter, promouvoir. Beau combat où il faut montrer la vraie vie conjugale et familiale, fondée sur la nature des corps, face à ses contrefaçons fondées sur les besoins de l’ego.

Lors de l’inauguration des célébrations du jubilé, le 8 décembre dernier, le cardinal archevêque de Paris rappelait que le péché originel a défiguré la relation entre Adam et Eve. Disons qu’aujourd’hui c’est bien le péché, mensonger dès l’origine, qui voudrait au nom de la loi dénaturer cette relation entre l’homme et la femme, et sa fécondité. Mais la France résiste, plus que d’autres pays. Et elle résistera encore, dans la durée, avec autant de force que d’intelligence, jusqu’au jour où les lames de fond qu’on veut faire passer pour des feux de paille la remettront debout, grandie par ses épreuves.

Dans son récent discours à l’Académie des Sciences Morales et Politiques, le cardinal archevêque de Lyon relève que les autorités romaines ont été impressionnées par l’attitude des catholiques de France face aux réformes du mariage et de la filiation. Et ces autorités romaines ont remercié les évêques en visite ad limina pour leur appel à la prière, au jeûne et à la réflexion menée avec des juristes, des éducateurs, des philosophes, des psychologues et des représentants des autres religions. Et le cardinal de Lyon de voir que dans cette attitude exemplaire il y a peut-être cette France « éducatrice des peuples », comme l’a nommée le pape Jean-Paul II en 1980.

C’est que cette France est aussi la « fille aînée de l’Eglise » – même si ce titre est tardif et sans doute imputable à Lacordaire ici à Notre-Dame en 1841 seulement – « fille aînée de l’Eglise » parce qu’elle a soutenu régulièrement le Saint-Siège du XIIIe au XIXe siècle, et surtout parce qu’elle a soutenu et soutient encore l’Eglise dans le monde entier par son dynamisme missionnaire, spirituel et intellectuel. Toutes les œuvres pontificales et missionnaires sont parties de France. Et qu’a-t-il fallu d’Esprit-Saint pour qu’un jeune Théophane Vénard s’écrie à neuf ans : « Moi aussi je veux aller au Tonkin. Moi aussi je veux être martyr » ! Voilà cette France fervente et missionnaire. Mais France indissociablement priante et pensante. Dès le XIIIe siècle, elle était appelée « le four où cuit le pain intellectuel du monde entier », cette nation dont le pape Paul VI aimait à redire que « le Français exerce la magistrature de l’universel. » Si souvent, mes frères, le regard que nous portons sur notre pays et sur notre église gagne à être élargi par le regard que les autres portent sur la France. Que jamais nous ne perdions cet élan et cet appel qui nous ouvrent à l’Eglise universelle et à la vraie vie. C’est là notre vocation de français.

Nous serons fidèles à cette vocation aussi longtemps qu’aux pieds de Notre-Dame, en ce lieu le plus visité du monde, nous serons les enfants de l’épouse du Christ qui récapitule en lui tout ce qui est humain et tout ce qui est divin, tout ce qui est sur terre et tout ce qui est au ciel. Nous serons fidèles à notre vocation de français, insufflant à leurs compatriotes l’amour de la vérité, aussi longtemps que nous serons les enfants de celle qui a la Vierge Marie pour mère, l’Ecclesia Catholica. Voilà notre assurance et voilà notre avenir. Que Dieu les bénisse et qu’il fasse de nous ses témoins.

Abbé Patrick Faure, Curé de Saint-Eugène-Sainte-Cécile

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Messe traditionnelle à Notre-Dame de Paris le 29 mai 2013

Notre-Dame de Paris - messe traditionnelle du 29 mai 2013

Ce mercredi 29 mai 2013, la paroisse Saint-Eugène – Sainte-Cécile se rend en pèlerinage à Notre-Dame de Paris à l’occasion du 850ème anniversaire de l’édification de l’actuelle cathédrale.

Départ en pèlerinage de Saint-Eugène à 19h.
Entrée dans la cathédrale par le portail Nord (rue du Cloître Notre-Dame, à gauche quand vous regardez la cathédrale de face).
A 20h15, messe solennelle célébrée au maître-autel de la Pieta, par Monsieur le curé de Saint Eugène.
(les fidèles empêchés pas leur travail de participer au pèlerinage à pied dans les rues de Paris peuvent bien sûr nous rejoindre directement à Notre-Dame pour la messe).

Dans le cadre de l’année de la foi et à l’occasion du 850ème anniversaire de la construction de la cathédrale actuelle, vous pouvez gagnez – dans le cadre de ce pèlerinage, une indulgence plénière applicable aux vivants ou aux morts.

A deux jours de la fête liturgique de la Dédicace de Notre-Dame de Paris dans le calendrier traditionnel (31 mai), la messe qui sera célébrée sera la messe votive de la dédicace, avec mémoire de sainte Marie Madeleine de Pazzi.

PROGRAMME

  • Propre grégorien : messe votive de la dédicace – Kyriale : Messe VIII – De Angelis
  • Procession d’entrée : Dominus regnavit (« Le Seigneur règne », incipit du psaume 92) de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711 † 1772), maître de la Chapelle royale de Versailles
  • Prose de la dédicace : Jerusalem & Sion Filiæ – prose d’Adam de Saint-Victor (c. 1112 † c. 1192), préchantre de la cathédrale de Paris – plain-chant recomposé au XVIIIème siècle par l’Abbé d’Haudimont, maître de chapelle de la cathédrale de Châlons-sur-Saône puis de Notre-Dame de Paris et de Saint-Germain L’Auxerrois (avant 1790) – selon la tradition, l’orgue figure les strophes impaires
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Angeli, Archangeli – grand motet à tous les saints de Jean Veillot († 1662), chanoine et maître de chapelle de Notre-Dame de Paris, du roi Louis XIV et des Bénédictines de Montmartre
  • Benedictus polyphonique – alternance du chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton du récitatif liturgique de la préface – Henri de Villiers
  • Pendant la communion : Tantum ergo « Vigilantium » – hymne du Saint Sacrement – texte de Saint Thomas d’Aquin – adaptation & harmonisation : Henri de Villiers – traduction versifiée du XVIIIème siècle
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie et station à la statue de Notre-Dame de Paris
    Conformément à l’antique coutume de la cathédrale, le clergé se rend en procession à la statue de Notre-Dame au chant du répons suivant :
    Sancta et immaculata – répons processionnel et invocation à Notre-Dame de Paris – plain-chant grégorien et faux-bourdon de Mgr Jehan Revert, maître de chapelle de Notre-Dame de Paris, arrangé à 5 voix mixtes par Olivier Schneebeli.
    Arrivé à la statue de Notre-Dame, celle-ci est encensée au chant du Magnificat royal – psalmodie attribuée au roi Louis XIII, faux-bourdon traditionnel à Paris depuis le XVIIème siècle (c’est au chant de ce Magnificat que Paul Claudel reçut, devant la statue de Notre-Dame, la grâce de la conversion aux secondes vêpres de Noël, 25 décembre 1886)
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Notre-Dame de Paris - gravure des livres liturgiques parisiens du XVIIIème siècle

    Opération ScholaPourTous :-)

    26 mai - tous à Paris

    Les choristes de scholas de province qui se trouveraient à Paris ce week-end sont les bienvenus s’ils souhaitent chanter la messe de la fête de la Trinité demain à Saint-Eugène.

    Répétition ce samedi 25 août à 18h à Saint-Eugène, Paris IX (entrée par la porte sur le côté de l’église au 4 rue du Conservatoire). Messe demain 26 mai à 11h (échauffement et raccord avant la messe à 10h30).

    Les servants de messe qui souhaiteraient servir sont également les bienvenus.

    A l’issue de la messe, la Schola Sainte Cécile vendra des sandwichs, boissons & autres ravitaillements afin de financer son pèlerinage auprès des reliques de saint Eugène à Tolède cet été.