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La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Litanies patriarchines à la Vierge Marie, selon l’usage de Saint-Marc de Venise

Titre Litanies Patriarchines
Antienne pénitentielle Exaudi nos en plain-chant patriarchin
Litanies patriarchines

Textus litaniæ patriarchinæ

Kyrie eleison. Christe eleison. Kyrie eleison.
Christe audi nos. Christe exaudi nos.
Pater de cœ-lis De-us, miserére nobis.
Fili Redemptor mun-di De-us, miserére nobis.
Spíritus Sanc-te De-us, miserére nobis.
Qui es Trinus, & u-nus De-us, miserére nobis.

Sancta María Mater Chris-ti sanc-tis-sima, ora pro nobis.
Sancta María Vir-go vír-ginum, ora pro nobis.
Sancta María Dei Géni-trix & Vir-go, ora pro nobis.
Sancta María Vir-go per–pé-tua, ora pro nobis.
Sancta María grátia De-i ple-na, ora pro nobis.
Sancta María ætérni Re-gis Fí-lia, ora pro nobis.
Sancta María Mater Chris-ti et Spon-sa, ora pro nobis.
Sancta María Templum Spí-ri-tus Sanc-ti, ora pro nobis.
Sancta María Cœló-rum Re–gí-na, ora pro nobis.
Sancta María Ange-ló-rum Dó-mina, ora pro nobis.
Sancta María Scala Cœ-li rec–tís-sima, ora pro nobis.
Sancta María felix Porta Pa-ra–dí-si, ora pro nobis.
Sancta María nostra Ma-ter & Dó-mina, ora pro nobis.
Sancta María Spes ve-ra Fi–dé-lium, ora pro nobis.
Sancta María Mater Mi-se-ri–cór-diæ, ora pro nobis.
Sancta María Mater æ-tér-ni Prín-cipis, ora pro nobis.
Sancta María Mater ve-ri con–sí-lii, ora pro nobis.
Sancta María Mater ve-ræ Fí-dei, ora pro nobis.
Sancta María Virtus Divínæ Incar-na-ti–ó-nis, ora pro nobis.
Sancta María Consílium cœ-lés-tis ár-cani, ora pro nobis.
Sancta María Thesáu-rus Fi–dé-lium, ora pro nobis.
Sancta María nostra Sa-lus ve-ra, ora pro nobis.
Sancta María Mater ve-ri gáu-dii, ora pro nobis.
Sancta María Stella cœ-li cla–rís-sima, ora pro nobis.
Sancta María cœléstis Pátriæ de-si–dé-rium, ora pro nobis.
Sancta María omni honó-re di–gnís-sima, ora pro nobis.
Sancta María cœléstis vi-tæ já-nua, ora pro nobis.
Sancta María pulchritúdo An-ge–ló-rum, ora pro nobis.
Sancta María flos Pa-tri-ar–chá-rum, ora pro nobis.
Sancta María desidérium Pro-phe–tá-rum, ora pro nobis.
Sancta María thesáurus A-pos-to–ló-rum, ora pro nobis.
Sancta Marí-a laus Már-tyrum, ora pro nobis.
Sancta María glorificátio Sa-cer-dó-tum, ora pro nobis.
Sancta María Casti-tá-tis é-xemplum, ora pro nobis.
Sancta María Archangeló-rum læ–tí-tia, ora pro nobis.
Sancta María ómnium Sanctórum ex-ul–tá-tio, ora pro nobis.
Sancta María mæstórum con-so–lá-tio, ora pro nobis.
Sancta María miseró-rum re–fú-gium, ora pro nobis.
Sancta María ómnium fons a-ro–má-tum, ora pro nobis.
Sancta María glória óm-ni-um Vír-ginum, ora pro nobis.
Sancta María Stella ma-ris fir–mís-sima, ora pro nobis.

Kyrie eleison. Christe eleison. Kyrie eleison.

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Sources :

  • Supplicationes ad sanctissimam Virginem Mariam tempore belli, secundum consuetudinem Ducalis basilicæ S. Marci Venetiarum, Venise 1695.
  • Dichlich, Dizionario sacro liturgico, Venise 1824. Vol. III, pp. 11-12.
  • Mario Dal Tin, Melodie tradizionali Patriarchine di Venezia, Padoue 1993, pp. 135-151.

Le chant – ci dessus solennel (il existe un second ton férial) – de ces litanies patriarchines de la Vierge était traditionnel à Venise. Ses 41 invocations – qui se rencontrent dans un texte imprimé en 1695 pour l’usage de la basilique Saint-Marc – sont de fait les héritières de versions beaucoup plus longues que l’on trouve dans des manuscrits médiévaux en usage au XIIIème siècle dans le ressort du patriarcat d’Aquilée / Grado, et qui pouvaient aller jusqu’à 92 invocations à la Vierge.

Il n’est pas impossible du reste que les toutes premières litanies adressées à la Vierge soient nées dans le patriarcat d’Aquilée, & leur lyrisme pourrait bien avoir emprunté certains traits de la poésie liturgique byzantine, la Vénitie ayant toujours gardé d’étroits contacts avec le monde grec. De là, ces litanies de la Vierge se diffusèrent-elles sans doute en Italie, et c’est une version plus concise – non seulement quant à la longueur mais aussi quant à l’expression poétique – qui finit par être usage au XVème siècle à Lorette et par là passer dans les livres liturgiques romains au siècle suivant sous le nom de Litanies de Lorette.

Notons enfin qu’à Venise ces litanies sont toujours précédées, même semble-t-il lorsqu’elles sont chantées hors temps de guerre, de l’antienne pénitentielle Exaudi nos (du mercredi des Cendres, sur un plain-chant substantiellement simplifié, comme on en rencontrait assez souvent dans les chants imprimés patriarchins au XVIème siècle).

Traduction française des litanies patriarchines à la Vierge Marie :

Ant. Exaucez-nous, Seigneur, car vous êtes bon et miséricordieux ; selon la multitude de vos miséricordes, jetez les yeux sur nous. Ps. Sauvez-moi mon Dieu, car les eaux submergent mon âme. ℣. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen. Ant. Exaucez-nous, Seigneur, car vous êtes bon et miséricordieux ; selon la multitude de vos miséricordes, jetez les yeux sur nous. (Psaume LXVIII, 17 & 2)

Seigneur, ayez pitié. Christ, ayez pitié. Seigneur, ayez pitié.
Christ, écoutez-nous. Christ, exaucez-nous.
Père du ciel Dieu, ayez pitié de nous.
Fils Rédempteur du monde Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint Dieu, ayez pitié de nous.
Vous qui êtes Trine et Un Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie Mère du Christ très sainte, priez pour nous.
Sainte Marie Vierge des Vierges, priez pour nous.
Sainte Marie Mère de Dieu & Vierge, priez pour nous.
Sainte Marie Vierge perpétuelle, priez pour nous.
Sainte Marie pleine de la grâce de Dieu, priez pour nous.
Sainte Marie Fille du Roi éternel, priez pour nous.
Sainte Marie Mère du Christ et Epouse, priez pour nous.
Sainte Marie Temple du Saint-Esprit, priez pour nous.
Sainte Marie Reine des Cieux, priez pour nous.
Sainte Marie Maîtresse des Anges, priez pour nous.
Sainte Marie Echelle du Ciel très droite, priez pour nous.
Sainte Marie heureuse Porte du Paradis, priez pour nous.
Sainte Marie notre Mère & Dame, priez pour nous.
Sainte Marie Espérance véritable des fidèles, priez pour nous.
Sainte Marie Mère de Miséricorde, priez pour nous.
Sainte Marie Mère du Prince éternel, priez pour nous.
Sainte Marie Mère du vrai conseil, priez pour nous.
Sainte Marie Mère de la vraie foi, priez pour nous.
Sainte Marie Force de l’Incarnation divine, priez pour nous.
Sainte Marie Conseil des secrets célestes, priez pour nous.
Sainte Marie Trésor des fidèles, priez pour nous.
Sainte Marie notre vrai salut, priez pour nous.
Sainte Marie Mère de la divine joie, priez pour nous.
Sainte Marie Etoile très brillante du ciel, priez pour nous.
Sainte Marie désir de la céleste patrie, priez pour nous.
Sainte Marie très digne d’honneur, priez pour nous.
Sainte Marie Porte de la vie céleste, priez pour nous.
Sainte Marie beauté des Anges, priez pour nous.
Sainte Marie fleur des Patriarches, priez pour nous.
Sainte Marie désir des Prophètes, priez pour nous.
Sainte Marie trésor des Apôtres, priez pour nous.
Sainte Marie louange des Martyrs, priez pour nous.
Sainte Marie glorification des Prêtres, priez pour nous.
Sainte Marie exemple de chasteté, priez pour nous.
Sainte Marie joie des Archanges, priez pour nous.
Sainte Marie exultation de tous les Saints, priez pour nous.
Sainte Marie consolation des affligés, priez pour nous.
Sainte Marie refuge des miséreux, priez pour nous.
Sainte Marie source de tous parfums, priez pour nous.
Sainte Marie gloire de toutes les vierges, priez pour nous.
Sainte Marie Etoile très ferme de la mer, priez pour nous.

Seigneur, ayez pitié. Christ, ayez pitié. Seigneur, ayez pitié.

Programme du XIIIème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 14 août 2016, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Premières vêpres de l’Assomption & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.

La guérison des 10 lépreux.

On peut donc, sans absurdité, penser que les lépreux représentent ceux qui, sans avoir la science de la vraie foi, professent en conséquence les doctrines variées de l’erreur. Loin de cacher leur ignorance, ils la produisent au grand jour comme la science suprême et dans des discours pleins de jactance, ils en font étalage. Or, il n’est si fausse doctrine qui ne soit mêlée de quelque vérité. Dans une seule et même discussion ou récit d’un homme, les vérités s’entremêlent sans ordre aux erreurs comme si elles apparaissaient dans la coloration d’un seul corps. Ainsi en va-t-il de la lèpre, elle altère et flétrit les corps humains, mêlant aux teintes vraies des fausses couleurs. »
Homélie de saint Augustin, évêque, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la messe :

Ières vêpres de la fête de l’Assomption avec mémoire du XIIIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Adoro te supplex, Vème ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Exaltata est, du IVème ton (antienne de l’Antiphonaire de Notre-Dame de Paris du XIIIème s. pour le premier nocturne l’Assomption & antique psalmodie ornée du psaume XLIV)
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es pastor ovium du Ier ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton
  • Chant d’action de grâces : In voce exultationis, VIème ton (antienne de Antiphonaire de Notre-Dame de Paris du XIIIème s. pour le second nocturne de la Fête-Dieu & psaume CXVI)

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Iconographie & les 3 leçons des nocturnes de ce dimanche, sur notre page Facebook.

Programme du XIIème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 7 août 2016, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.

Le dimanche du bon Samaritain.

Mais voici qu’un docteur de la loi se leva pour le mettre à l’épreuve, en disant : « Maître, que dois-je faire pour posséder la vie éternelle ? » Il me semble que ce docteur de la loi qui voulait mettre le Seigneur à l’épreuve en le questionnant au sujet de la vie éternelle, a pris occasion pour ce faire des paroles mêmes du Seigneur : « Réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux. » Mais par sa question même il proclama combien est vraie cette parole du Seigneur louant son Père « d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout petits. »
Homélie de saint Bède le Vénérable, prêtre, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la messe :

IIndes vêpres du XIIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Adoro te supplex, Vème ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Sicut Myrrha, du IVème ton (antienne de l’Antiphonaire de Notre-Dame de Paris du XIIIème s. pour le premier nocturne l’Assomption & antique psalmodie ornée du psaume XLIV)
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus du VIIème ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton
  • Chant d’action de grâces : In voce exultationis, VIème ton (antienne de Antiphonaire de Notre-Dame de Paris du XIIIème s. pour le second nocturne de la Fête-Dieu & psaume CXVI)

Organiste invité : Philippe Ourselin

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Iconographie & les 3 leçons des nocturnes de ce dimanche, sur notre page Facebook.

Bref tableau historique du rit d’Aquilée (rit patriarchin)

L’archevêque de Venise porte toujours de nos jours le titre de patriarche. Si ce titre est relativement commun en Orient pour désigner les chefs des principales Eglises, il surprend en Occident, qui n’en a compté que deux, celui de Rome et celui d’Aquilée, dont Venise est aujourd’hui l’héritière comme nous le verrons ; un troisième, celui de patriarche de Lisbonne fut par ailleurs créé au XVIIIème siècle.

Aquilée, la seconde Rome

Mosaïque du IVème siècle de la basilique d Aquilée (détail : le Bon Pasteur).
Mosaïque du IVème siècle de la basilique d’Aquilée (détail : le Bon Pasteur).

Petit village en ruines sur le golfe de Trieste, rien ne laisse aujourd’hui présager de la gloire passée de la cité d’Aquilée. Fondée par trois romains en -181 avant J.-C., cette cité devint un immense port, plaque tournante du commerce entre l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest, ainsi qu’une forteresse frontalière qui permit à Rome de conquérir l’Illyrie & les régions du Danube. Roma secunda, maxima Italiæ urbs, Italiæ emporium, Aquilée servit de résidence impériale depuis Auguste († 14) jusqu’à Théodose († 395).

Selon la tradition, l’Evangile fut apporté à Aquilée par l’évangéliste saint Marc, après son séjour romain auprès de saint Pierre et avant d’aller à Alexandrie pour y recevoir la palme du martyre. A son départ pour l’Egypte, saint Marc confie l’Eglise naissante d’Aquilée à l’évêque saint Hermagoras, qui, en compagnie du diacre saint Fortunat, évangélise la région et y meurt martyr sous Néron.

Après l’Edit de Milan libéralisant le Christianisme dans l’Empire en 313, Théodore, évêque d’Aquilée (qui assiste au concile d’Arles de 314) fait édifier une grande basilique. Dans cette église plusieurs fois reconstruite & remaniée au cours des âges furent redécouvertes en 1909 les exceptionnelles mosaïques de l’église primitive du IVème siècle.

A un concile qui se tint à Rome en 347, l’évêque d’Aquilée occupait la seconde place, immédiatement après le pape. Le clergé d’Aquilée de cette époque paraît s’être distingué par la fermeté de son orthodoxie et la splendeur donnée à la célébration du culte. En 381, sous saint Valérien, qui devint le premier archevêque métropolitain d’Aquilée, un important concile se tint dans cette cité pour combattre l’hérésie arienne. Saint Ambroise († 397) le présidait, entouré de trente-deux évêques, parmi lesquels l’évêque aquiléen de Torcello (Altinum), saint Héliodore, ami de saint Jérôme et du fameux historien ecclésiastique Rufin d’Aquilée.

Succédant à saint Valérien sur le trône d’Aquilée, saint Chromatius († 407) avait baptisé Rufin d’Aquilée et était aussi ami de saint Jérôme. Ce fut un célèbre exégète et nous possédons encore dix-sept de ses traités sur l’Evangile selon Matthieu et une homélie sur les Béatitudes. La pureté du chant liturgique dans la cathédrale d’Aquilée à cette époque fut vantée par saint Jérôme († 420), qui le comparait au chœur des anges. La métropole d’Aquilée étendait alors sa juridiction sur l’Illyrie occidentale (Slovénie, Croatie & Bosnie actuelles), la Norique & la Rhétie (Allemagne méridionale et Autriche). A l’Ouest, la juridiction aquiléenne allait jusqu’aux grands diocèses de Côme, Mantoue et Monza.

Basilique patriarcale d'Aquilée
Basilique patriarcale d’Aquilée

Longtemps Aquilée fut le scutum saldissimum et antemurale Christianitatis face aux invasions barbares, mais en 410, la cité fut mise à sac par les Goths et surtout en 452, Attila et ses Huns la dévastèrent si complètement dit-on, qu’on ne retrouvait qu’avec peine son emplacement. Le métropolitain Secundinus et la plupart des habitants s’étaient enfuis dans l’île voisine de Grado, mais son successeur, Nicetas, revint à Aquilée où il entreprit la reconstruction des églises en ruine.

En 544, l’empereur d’Orient Justinien, dans une maladroite tentative de se concilier les populations monophysites de Syrie et d’Egypte, promulgua un édit condamnant les écrits de Théodore de Mopsueste, de Théodoret de Cyr et une lettre d’Ibas à Mari. Cet édit est à l’origine d’une crise ecclésiastique majeure dite des « Trois Chapitres ». La faille de la manœuvre de Justinien résidait dans le fait que Théodore de Mopsueste, maître de Nestorius, était mort en communion avec l’Église, alors que l’enseignement des deux autres, quoique critiqué par le concile de Chalcédoine, avait été accepté par ce concile. Condamner ces écrits constituait par conséquent une attaque indirecte contre le concile lui-même, ce que perçurent avec acuité les évêques occidentaux ; d’autre part, la condamnation des Trois Chapitres fut accueillie froidement par les monophysites de Syrie & d’Egypte, qui attendaient une annulation pure et simple du concile œcuménique de Chalcédoine.

Aquilée devint l’un des fer de lance de la résistance occidentale à la condamnation des Trois Chapitres. Un concile se tint à Aquilée en 553 sous l’archevêque Macédonius qui, avec Milan, fit un schisme étrange avec le reste de la Chrétienté, schisme qui ne se résorba pour Aquilée qu’en l’an 700. A vrai dire, cette dispute sur les Trois Chapitres portait sur l’opportunité et les implications de l’édit de Justinien et ne mettait pas en cause une définition de la foi. En 557, à la mort de l’archevêque Macedonius, le synode provincial convoqué à Aquilée pour l’élection du nouveau métropolitain décida de ne pas reconnaître les conclusions du deuxième concile œcuménique de Constantinople (qui condamnait les Trois Chapitres) et choisit de rendre l’Église d’Aquilée autocéphale. Le nouvel archevêque, Paulin, décide alors en 560 de prendre le titre de patriarche, afin de bien marquer l’indépendance hiérarchique de son Eglise d’avec Rome et Constantinople.

Chœur de la basilique patriarcale Sainte-Euphémie de Grado
Chœur de la basilique patriarcale Sainte-Euphémie de Grado

Le tout jeune patriarcat d’Aquilée dut affronter très vite, en 568, une terrible épreuve avec l’invasion cette fois des Lombards ariens. Le patriarche Paulin s’enfuit à nouveau sur l’île de Grado – restée sous domination byzantine – avec les reliques de son Eglise. Estimant que le rétablissement du patriarcat à Aquilée était impossible, son successeur, le patriarche Elie (571 † 586) obtint du pape Pélage II (579 † 590) un décret transférant le siège et le titre de patriarche à l’église de Grado, Nova Aquilea, preuve s’il en était que le schisme de 553 avec Rome et Constantinople était quelque peu purement formel.

A la mort du patriarche Sévère en 610, les Lombards, estimant que la grandeur & les intérêts de leur royaume exigeaient un siège patriarcal à Aquilée, nommèrent Jean comme successeur, tandis que le synode réuni à Grado élisait Candinien, avec l’assentiment du pape Boniface IV (608 † 615). Nous voilà donc avec deux patriarcats concurrents, l’un siégeant de nouveau à Aquilée, persistant dans le schisme des Trois Chapitres et gouvernant les suffragants en territoires lombards, l’autre à Grado, dépendant politiquement de Byzance via l’Exarchat de Ravenne, en communion avec le pape et continuant à gouverner d’immenses territoires ecclésiastiques jusqu’au Danube au Nord, au lac Balaton & à la Dalmatie à l’Est. Néanmoins, donnant satisfaction au roi Lombard Luitprand, Rome reconnut formellement en 769 les deux patriarcats et donna le pallium à celui d’Aquilée, à condition que les droits de l’Eglise de Grado fussent respectés. L’histoire des deux patriarcats frères jumeaux continua ensuite plus ou moins paisiblement.

Evoquons quelques figures ecclésiastiques du patriarcat aquiléen :

  • Paul Diacre
    Paul Diacre

    Saint Paulin II d’Aquilée fut élu patriarche d’Aquilée en 776 et mourut en 802. Pontife plein de zèle et de sainteté, il s’illustra en particulier par la lutte contre l’hérésie adoptianiste qui tendait à voir en Jésus-Christ le fils adoptif de Dieu et pour cela convoqua un concile à Aquilée en 796. Son activité de patriarche est fondamentale dans la région du Frioul durant les années difficiles du passage de la domination lombarde à la domination franque, il lança également l’évangélisation des populations slaves qui arrivaient dans la région. Ecrivain de grand talent, ami de Charlemagne & d’Alcuin, il composa plusieurs hymnes pour la liturgie, dont l’une, Quodcumque vinclis, est passée dans la liturgie romaine pour la fête de saint Pierre aux Liens, et surtout sa fameuse strophe O Roma felix fut intégrée dans l’hymne plus ancienne Aurea luce d’Elpis pour la fête de saint Pierre & saint Paul. On lui attribue aussi le versus Ubi caritas & amor chanté au Mandatum du Jeudi Saint. Au témoignage de Walafrid Strabon, saint Paulin d’Aquilée récitait ses hymnes « aux messes privées, à l’offrande du Sacrifice ». On attribue aussi à saint Paulin une rédaction particulière plus développée de l’Hanc igitur du canon de la messe, qui resta longtemps en usage à Aquilée, mais aussi bien plus loin au dehors du patriarcat, puisqu’on la retrouve dans les manuscrits de Rouen ou de Saint-Denys en France :

    Hanc igitur oblationem servitutis nostræ, sed et cunctæ familiæ tuæ, quæsumus Domine, placatus accipias, quam tibi devoto offerimus corde pro pace et caritate et unitate sanctæ Dei Ecclesiæ, pro fide catholica, ut eam inviolatam in meo pectore et in omnium fidelium tuorum jubeas conservari ; pro sacerdotibus NN. et omnium fidelium tuorum et omni gradu ecclesiæ, pro regibus et ducibus et omnibus, qui in sublimitate sunt constituti, pro familiaribus et consanguineis et omnibus nobis commendatis, pro omnibus viventibus ac defunctis famulis et famulabus tuis, qui mihi propter nomen tuum bona fecerunt et mihi in tuo nomine confessi fuerunt ; propitius sis illis Deus ; pro pauperibus, orphanis, viduis, captivis, in errantibus, languidis, defunctis NN., qui de hac luce in recta fide et in tuo nomine confitentes migraverunt… »

  • Paul Diacre, né entre 720 et 730 à Cividale, capitale administrative du comté de Frioul dont Aquilée était la métropole spirituelle, fut aussi – comme saint Paulin d’Aquilée – l’un des acteurs majeurs de la Renaissance carolingienne. On lui doit la composition des hymnes de la fête de saint Jean Baptiste que nous chantons toujours, Ut queant laxis & O nimis felix, et peut-être aussi de l’Ave maris stella des fêtes de la Sainte Vierge. Il est surtout le compilateur – à la demande de Charlemagne – d’un Homiliaire des Pères de l’Eglise pour être lu à l’office nocturne, et dont la base est encore celle suivie par notre bréviaire romain traditionnel actuel. Il meurt vers 797-799.
  • Le bienheureux Bertrand d’Aquilée, élu patriarche en 1344, fut un prélat remarquable autant par sa sainteté que par son zèle pour le culte liturgique. Il convoqua quatre synodes diocésains & deux conciles provinciaux qui traitèrent de questions liturgiques. Lors d’une grande famine en 1348, il vendit ses biens pour nourrir les affamés et, de par l’inimitié des petits féodaux du Frioul, mourut assassiné à l’âge de 90 ans le 6 juin 1350 alors qu’il rentrait d’un concile à Padoue.

Des patriarches d’Aquilée et de Grado au patriarcat de Venise

Basilique Saint-Marc de Venise, siège de l'actuel patriarcat.
Basilique Saint-Marc de Venise, siège de l’actuel patriarcat.

Ruinée par un tremblement de terre en 1348, Aquilée ne se rétablit jamais et le patriarche & son chapitre décidèrent de résider à Udine. Celle qui fut la « seconde Rome », la « plus grande des villes d’Italie » n’était plus qu’un pauvre village infesté par le brigandage & la malaria. En 1751, le pape Benoît XIV (1740 † 1758), à la demande répétée des Autrichiens, supprima le patriarcat d’Aquilée.

Du côté de Grado, la situation n’était guère meilleure : suite à l’engloutissement d’une partie de l’île en 1156, les patriarches de Grado – tout en conservant leur titre – quittèrent cette île pour s’établir à Venise, dont la puissance ne faisait que croître, surtout depuis que les marchands vénitiens avaient récupéré en Egypte les reliques de saint Marc, le premier évangélisateur d’Aquilée, en 1094.

Du reste, au Moyen-Age, la situation ecclésiastique de Venise était tout à fait exceptionnelle, car la ville était découpée en quartiers gouvernés par quatre prélats différents qui tous étaient évêques :

  • le patriarche de Grado, qui siégeait dans l’église San Silvestro,
  • l’évêque de Castello, qui avait pour cathédrale la basilique San Pietro di Castello,
  • le Primicerio de la Basilique Saint-Marc, qui était la chapelle palatine du Doge de Venise et de ce fait l’église d’état de la République de Venise,
  • le patriarche latin de Constantinople, titre créé après la IVème croisade et la conquête de Constantinople de 1204, qui s’était replié dans la Sérénissime après la reconquête byzantine de 1246, et qui dès lors était réservé à des Vénitiens.

En 1451, on décida de fusionner le patriarcat de Grado avec l’évêché de Castello et de créer ainsi le tout nouveau patriarcat de Venise, avec résidence dans la cathédrale San Pietro di Castello. En 1807, avec la chute de la République de Venise face aux armées napoléoniennes, le Primicerio de la Basilique Saint-Marc fut supprimé, et celle-ci devint le siège du patriarcat de Venise. Toutefois San Pietro di Castello continua d’être qualifiée de co-cathédrale. Enfin le patriarcat latin de Constantinople fut supprimé en 1964.

Depuis la suppression du patriarcat d’Aquilée en 1751, Venise est donc devenue la seule héritière du prestigieux titre antique.

Le rit d’Aquilée – ou rit patriarchin

En toutes choses, nous maintenons toujours l’agencement et l’ordonnance en usage dans l’Eglise d’Alexandrie. »

Ce très intéressant passage d’une lettre du concile d’Aquilée de 381 montre que, plus de trois cents ans après, des liens très forts continuaient d’exister entre les deux grandes métropoles de l’Empire qui avaient été évangélisées par saint Marc. Une thèse très intéressante du Dr. Rudolph Buchwald (Weidenauer Studien, n. 1, Weidenau et Vienne, 1906) estime que ce que nous appelons le canon romain et dont les plus anciens témoins sont en Italie du Nord (le De Sacramentis de saint Ambroise comme certaines mosaïques de Ravenne qui le citent) serait de fait une anaphore alexandrine en usage à Aquilée, qui se serait rapidement répandue dans toute l’Italie au IVème siècle. A l’appui de cette thèse, on peut constater que le canon romain ne contient pas d’épiclèse descendante (cette prière par laquelle le célébrant appelle la venue du Saint Esprit sur les saints dons, ce qui est commun aux anaphores d’Antioche, de Jérusalem ou de Constantinople), mais un équivalent inverse sous forme d' »épiclèse ascendante » (on demande à Dieu d’élever au ciel le sacrifice eucharistique – c’est la prière Supplices te rogamus, omnipotens Deus – structure qui se rencontre dans les anciennes anaphores égyptiennes).

Le Codex Rehdigeranus, évangéliaire aquiléen du VIIème-VIIIème siècle.
Le Codex Rehdigeranus, évangéliaire aquiléen du VIIème-VIIIème siècle.

De ce rit primitif d’Aquilée, nous ne savons hélas pas grand chose. Un seul manuscrit antique nous est parvenu, le Codex Rehdigeranus, qui est un évangéliaire du VIIème ou VIIIème, dont le texte latin est antérieur à la Vulgate de saint Jérôme. Voilà ce que nous pouvons déduire de cet évangéliaire :

    • l’Avent d’Aquilée comporte 5 dimanches, le dernier – avec l’évangile Missus est – est une fête de l’Annonciation, comme dans le rit ambrosien,
    • saint Etienne est fêté le 27 décembre, comme à Jérusalem, Antioche et Constantinople – et non le 26 comme à Rome,
    • la fête des saints Innocents est appelée Infantorum, comme dans les rits gallicans, mozarabes et chartreux,
    • le 29 décembre voit la fête de saint Jacques le Mineur, comme parfois en Orient et primitivement à Milan,
    • l’avant-Carême ne comporte que deux dimanches de Quinquagésime et de Sexagésime, comme à Milan et Naples, mais pas de Septuagésime, contrairement à Rome,
    • pendant le Carême, il n’y a que trois scrutins pour les catéchumènes, comme à Milan (et aussi Rome à une période très ancienne) ; le plus important de ces scrutins a lieu le dimanche des Rameaux : il s’agit de la Traditio Symboli ; la cérémonie, très différente du rit romain qui la place la veille au samedi, était semblable à celle en usage en Espagne, en Gaule et à Milan ; elle était si populaire qu’elle fut longtemps conservée même après l’adoption des usages romains,
    • à l’offertoire, on renvoyait les catéchumènes et les pénitents, mais aussi les hérétiques, avec une formule particulièrement développée :

      Si qui est arianus est, secedat.
      Si quis sabellianus est, secedat.
      Si quis nestorianus est, secedat.
      Si quis theodocianus, secedat.
      Si quis macedonianus, secedat.
      Si quis pelegianus, secedat.
      Si quis priscillianus, secedat.
      Si quis eutycianus, secedat.
      Si quis fotinianus, secedat.
      Si quis hæreticus est, secedat.

Sacramentaire patriarchin du XIème siècle
Sacramentaire patriarchin du XIème siècle

Le rit antique d’Aquilée suivit le même sort que le rit des Gaules – celui que faillit subir aussi les rits ambrosiens et mozarabes : il disparut, Charlemagne ayant décrété l’adoption de l’usage romain dans toute l’étendue de son empire. Toutefois, le rit romain qui fut accommodé à l’usage d’Aquilée à compter du IXème siècle conserva maints usages plus anciens de l’antique liturgie et continua à être appelé rit d’Aquilée ou liturgie patriarchine (Ritus patriarchinus). Ce rit, comme tous les rits romano-francs, est substantiellement l’ordo romain avec des particularités locales. Détail intéressant, la plus ancienne mention de la célébration d’une fête de l’Immaculée Conception en Occident se trouve dans un missel manuscrit d’Aquilée du XIIIème siècle.

Voici quelques particularismes – parmi bien d’autres – de cette liturgie médiévale romano-aquiléenne :

  • dans l’ordo missæ, on notera le Et Sancte Spiritus ajouté à la fin du Gloria in excelsis, comme le texte grec du rit byzantin (mais pas à la même place),
  • les noms d’Hermagoras et de Fortunat, les deux saints fondateurs de l’Eglise après saint Marc, apparaissent au Communicantes et à chaque Memento du canon,
  • la formule du baiser de paix est proche de celles employées en France : Pax tibi, et ecclesiæ : Vade in pace. Habete vinculum pacis et charitatis ut apti sitis sacrosanctis mysteriis Christi,
  • le Domine non sum dignus avant la communion est tout à fait particulier, et inspiré de Jérémie XVII, 14 : Domine, non sum dignus : salvum me fac et salvus ero, quoniam laus mea tu es,
  • aux Rameaux, la croix est véritablement au centre de la cérémonie : elle est posée sur un tapis au pied de l’autel et reçoit l’adoration du peuple ; puis le célébrant l’élève en chantant O Crux, ave, spes unica. Tous se prosternent à nouveau, l’un des ministres frappe les épaules du célébrant avec une palme en entonnant l’antienne Percutiam pastorem ; le célébrant ayant reçu la croix la porte triomphalement en procession,Le diacre patriarchin arme du heaume et de l epee le jour de l Epiphanie
  • après la messe du Jeudi Saint, deux hosties sont portées au reposoir ; l’une sera consommée par le célébrant à la messe des Présanctifiés du Vendredi Saint, l’autre, enveloppée dans un linceul, sera portée avec la croix et mise au tombeau après cette messe, après les vêpres de l’ensevelissement ; au petit matin de Pâques la procession après les laudes ramène triomphalement l’hostie au maître-autel, en l’ôtant de son suaire,
  • la fête de la Trinité est célébrée le dernier dimanche après la Pentecôte,
  • notons la curieuse tradition d’allumer une grosse boule de coton enflammée (bambagia, pharus) au sommet de la croix de procession pour certaines fêtes, à l’instar de ce qui se pratique dans le rit ambrosien,
  • et enfin une curieuse tradition le jour de l’Epiphanie veut que le diacre chante l’évangile coiffé d’un casque et brandissant une épée ! Cette tradition s’est maintenue jusqu’à nos jours.

 

Le rit patriarchin – en dépit d’une romanisation continuelle – fut maintenu au moins en théorie jusqu’à la fin du XVIème siècle. La basilique Saint-Marc adopta les livres romains en 1456 mais conserva néanmoins certaines cérémonies et usages particuliers.

Cependant c’est un argument économique qui décida de la fin du rit : les coût à engager pour une impression de livres liturgiques propres étaient trop importants pour Aquilée tandis que les éditions romaines étaient nombreuses et peu coûteuses. Seul le missel put être imprimé en 1519, mais aucun bréviaire, antiphonaire, graduel, rituel ne put être publié et le clergé devait continuer de se servir des manuscrits médiévaux.

Graduel d'Aquilée du XIIIème siècle
Graduel d’Aquilée du XIIIème siècle

En 1578, saint Charles Borromée supprima le rit patriarchin à Monza mais ne parvint pas à imposer l’ambrosien, le clergé et le peuple firent appel à Rome et obtinrent de passer au rit romain. Trieste adopta les livres romains en 1586. En 1589, le chapitre d’Aquilée demanda l’autorisation d’utiliser des bréviaires romains quand il ne chantait pas l’office au chœur. L’abandon définitif du rit propre d’Aquilée fut entérinée en 1596 sous un patriarche portant le nom de Barbaro. Le diocèse de Côme tenta de conserver la liturgie patriarchine plus longtemps, mais dû se résoudre à l’abandonner en 1597-1598, tout en exceptant l’office de la Sainte Vierge qu’on continua à chanter dans la cathédrale selon le rit patriarchin.

Si le rit propre a disparu, il survit au travers du chant liturgique. A Venise ainsi, le chant tout à fait particulier qui est encore employé pour l’épître et l’évangile des jours de fête est très certainement une survivance du vieux rit médiéval d’Aquilée, et c’est loin d’être un fait isolé. Les différentes cathédrales du ressort de l’ancien patriarcat, en particulier sur la côte dalmate, ont toutes conservé de très nombreuses particularités dans les chants, les tons et les récitatifs liturgiques. Ce répertoire du chant patriarchin est en cours de redécouverte et intéresse à la fois les musicologues et les liturgistes.

Signalons l’excellent site web I Libri dei Patriarchi, qui a entrepris de mettre en ligne le très riche patrimoine des manuscrits liturgiques patriarchins.

Pour prolonger cet article, voici une étude de Michel Huglo sur les manuscrits liturgiques notés du diocèse d’Aquilée, publiée en 1984.

Programme du XIème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 31 juillet 2016, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.

« Ephphetha » – dimanche de la guérison du sourd-muet.

Quand Dieu, Créateur de toutes choses, a voulu guérir un sourd-muet, il lui mit les doigts dans les oreilles et il prit de la salive et lui toucha la langue. Pourquoi ? Que signifient les doigts du Rédempteur, sinon les dons du Saint-Esprit ? C’est pour cela que, ailleurs, après avoir chassé un démon, il dit : « Si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, le Royaume de Dieu est donc venu jusqu’à vous. » Un autre évangéliste exprime cette même parole ainsi : « Si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le Royaume de Dieu est donc venu jusqu’à vous. » En mettant ces deux textes ensemble, on voit que l’Esprit est appelé doigt de Dieu. Donc, mettre les doigts dans les oreilles, c’est ouvrir à l’obéissance l’esprit du sourd par les dons du Saint-Esprit. »
Homélie de saint Grégoire, pape, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la messe :

Organiste invité : Samuel Campet

IIndes vêpres du XIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : ave verum, VIème ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave Maria, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus du VIIème ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton
  • Chant d’action de grâces : Adoremus in æternum Sanctissimum Sacramentum, VIème ton

Organiste invité : Philippe Ourselin

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Iconographie & 3 leçons des nocturnes de ce dimanche, sur notre page Facebook.

Programme du Xème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 24 juillet 2016, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.

Le pharisien & le publicain.

Le Seigneur est le Très-Haut et il regarde l’humilité. Mais les hommes hautains, – et le pharisien était l’un d’eux –, il ne les connaît que de loin. Leurs actes hautains, Dieu les connaît de loin, mais il ne méconnaît pas leur faute. Écoute encore l’humilité du publicain. Non content de se tenir à distance, il ne levait même pas les yeux vers le ciel. Afin d’être regardé, lui ne regardait pas. Il n’osait pas relever les yeux. Sa conscience l’opprimait, l’espérance le soulevait. Écoute encore : « Il se frappait la poitrine. » De lui-même, il exige un châtiment. Aussi le Seigneur épargne-t-il celui qui confesse sa faute. « Il se frappait la poitrine en disant : Mon Dieu, sois indulgent au pécheur que je suis. » Le voilà, celui qui prie ! Pourquoi t’étonner ? La faute qu’il reconnaît Dieu, lui, ne veut plus la connaître.
Homélie de saint Augustin, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la messe :

IIndes vêpres du Xème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : ave verum, VIème ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave Maria, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus du VIIème ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton
  • Chant d’action de grâces : Adoremus in æternum Sanctissimum Sacramentum, VIème ton

Organiste invité : Philippe Ourselin

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Programme du Vème dimanche après la Pentecôte – Saintes Euphémie & Olga – ton 4

Sainte Euphémie de ChalcédoineParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 24 juillet 2016 du calendrier grégorien – 11 juillet 2016 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la sainte & illustre mégalomartyre Euphémie (304), par laquelle fut sauvegardée la définition de la vraie foi (451).

Sainte Euphémie est honorée du titre rare de mégalomartyre (grande martyre). Dans le rit byzantin, elle est fêtée à deux reprises au cours de l’année : le jour de son martyre, le 16 septembre, et le 11 juillet. Sainte Euphémie était de Chalcédoine et fut martyrisée avec un luxe de d’épreuves & de souffrances durant la persécution de Dioclétien ; sur son tombeau fut édifiée une grande basilique. C’est dans cette basilique de Chalcédoine que se tint le IVème concile œcuménique. Selon l’historien Nicéphore, les pères du concile, après des jours de discussions sans fin, décidèrent de demander à Dieu de trancher sur la question de la double nature (homme et Dieu) du Christ. Chacun des deux camps déposa dans la tombe d’Euphémie l’exposé de sa doctrine, et les pères se mirent en prière. Quand ils ouvrirent le tombeau, la thèse orthodoxe se trouvait sur la poitrine de la sainte, et la thèse hérétique à ses pieds. C’était le 11 juillet 451. La seconde fête de sainte Euphémie que nous célébrons ce dimanche commémore donc ce miracle.

Sainte Euphémie fut tenue très tôt en grand honneur tant en Orient qu’en Occident. Saint Ambroise de Milan parle ainsi de sainte Euphémie :

Cette illustre vierge, cette glorieuse Euphémie, conserva la gloire de la virginité et mérita de recevoir la couronne du martyre. Priscus son adversaire est vaincu. Cette vierge sort intacte d’une fournaise ardente, les pierres les plus dures reviennent à l’état de cendre; les bêtes féroces s’adoucissent et se baissent devant elle. Sa prière lui fait surmonter toute espèce de supplice. Percée en dernier lieu par la pointe du glaive, elle quitte sa chair qui était sa prison pour se joindre avec liesse aux chœurs célestes. Que cette vierge sacrée, Seigneur, protège votre Église ; qu’elle prie pour nous qui sommes pécheurs : puisse cette vierge pure nourrie dans votre maison vous présenter nos vœux.

Sainte Euphémie est également fêtée au 16 septembre – jour de sa naissance au ciel – par le rit romain :

A Chalcédoine, l’anniversaire de sainte Euphémie, vierge & martyre. Sous l’empereur Dioclétien & le proconsul Prisque, elle supporta courageusement pour le Christ les tortures, la prison, les fouets, les supplices de la roue & du feu, le poids des pierres, les bêtes, la flagellation, les scies aiguës, les poêles bouillantes. De nouveau ramenée à l’amphithéâtre pour y être exposée aux bêtes, comme elle priait le Seigneur de recevoir son âme, une de ces bêtes mordit son saint corps, tandis que les autres léchaient ses pieds, et elle remit à Dieu son âme immaculée.
Martyrologe romain au 16 septembre.

*
Sainte Olga de KievLe même jour, nous fêtons aussi la Bienheureuse Olga, grande princesse de Russie, Egale-aux-Apôtres, nommée Hélène au saint baptême.

Née païenne dans la région de Pskov, Olga – dont le nom d’origine scandinave est le féminin d’Oleg et dérive du vieux norrois Helge (« saint ») – épousa le souverain varègue Igor Ier, second grand prince de Kiev en 913. Grande princesse de Kiev, elle dut assurer la régence de l’état russe en 945 à la mort de son époux. Elle inaugure sa régence avec 4 célèbres vengeances d’une rare cruauté, envers la tribu voisine des Drevlyans qui avaient assassiné son mari, ce qui témoigne de la fermeté de son caractère. En 955, poursuivant la politique entamée par son défunt mari, elle décide de se rendre à Constantinople afin de nouer des échanges politiques avec l’Empire romain d’Orient, que les Varègues de Kiev avaient précédemment affronté au cours de plusieurs raids.

A Byzance, Olga est accueillie avec faste par l’empereur Constantin VII Porphyrogénète qui lui demande de l’épouser. Celle-ci souligne qu’un empereur se doit d’épouser une souveraine chrétienne et demande alors le baptême. Elle prend l’empereur pour parrain et reçoit en 957 le saint baptême des mains du patriarche Polyeucte, prenant alors son nom chrétien d’Hélène en l’honneur de la sainte mère de saint Constantin Ier. Lorsque l’empereur renouvelle sa demande, elle argue alors de sa désormais parenté spirituelle avec lui, qui interdit canoniquement leur mariage. L’empereur accepte gracieusement sa défaite et laisse repartir Olga avec des présents et la bénédiction du patriarche. Une fois revenue à Kiev, aux demandes de Constantin de respecter leur promesse d’un échange d’esclaves, de cire, de fourrures et d’assistance militaire, elle répond qu’il faudra que l’empereur vienne lui-même à Kiev et attende autant de temps qu’elle avait dû attendre dans le port de Constantinople !

Bienheureuse grande princesse Olga de KievEn 959, Olga fait appel à des missionnaires latins venus d’Allemagne pour l’aider à implanter le christianisme dans ses états, mais le premier évêque des Russes, saint Adalbert (futur premier archevêque de Magdebourg), se décourage devant les difficultés de la mission et les massacres de ses assistants, et finit par quitter à grand peine la Russie en 962. De cette période datent les toutes premières églises de Russie qu’Olga fait construire en bois :

  • à Kiev :
    • l’église Saint-Nicolas,
    • l’église de la Sainte-Sagesse (Sainte-Sophie), future cathédrale, qui reçut sa dédicace le 11 mai 960,
  • à Vitebsk (ville qu’elle avait fondé en 947), l’église de l’Annonciation,
  • à Pskov, l’église de la Trinité (future cathédrale), suite à une vision que reçut Olga en visitant le lieu en 957, dans laquelle elle voyait trois rayons de lumière pointant sur un point de la berge.

En 964, son fils majeur Sviatoslav monte sur le trône de Kiev, mais laisse sa mère continuer à gouverner de fait, préférant se consacrer à des campagnes militaires aux frontières de son état. Olga fut une souveraine sage et efficace mais demeura impuissante à arracher son fils Sviatoslav des griffes du paganisme ; c’est son petit-fils saint Vladimir le Grand qui deviendra le premier prince chrétien de Kiev par son baptême en 988 et assurera l’implantation définitive de la foi chrétienne chez les peuples de Russie.

En 969, elle tombe malade et tente une dernière fois de convertir le grand prince Sviatoslav son fils, mais elle se heurte à son refus obstiné. La sainte prédit la prochaine conversion de la Russie au Christianisme, ainsi que la triste fin de son fils, qui fut assassiné trois ans après par les Petchénègues. Elle remet son âme à Dieu le 11 juillet 969, non sans avoir exigé de son fils et des ses petits fils qu’aucun rite païen ne soit accompli pour ses funérailles, qui furent conduites de façon chrétienne par le prêtre Grégoire qui l’accompagnait depuis son retour de Constantinople. Ses reliques furent ultérieurement déposées sur ordre de son petit-fils saint Vladimir le Grand dans l’église de la Dormition de la Mère de Dieu (église de la Dîme) de Kiev puis cachées lors des fréquents pillages de la ville, et l’on ignore où elles se trouvent.

Canonisée peu après sa mort, sainte Olga est la première sainte russe ; les livres liturgiques la déclarent Egale-aux-Apôtres, puisqu’elle est la première à avoir apporté la lumière de l’Evangile sur ces terres. Elle reçut très tôt les honneurs liturgiques non seulement en Orient chez les Russes, mais très vite aussi chez les Bulgares et chez les Serbes, et même en Occident latin dans le royaume de Bohème.

Olga fut en Russie comme le présage du christianisme, comme l’étoile du matin, qui devance le soleil, comme l’aurore qui présage la lumière. Elle répandit le même éclat que l’astre des nuits, & brilla au milieu de ses compatriotes incrédules comme une perle brillerait dans un monceau d’ordures. En effet, souillés de péchés, les Russes ne se purifièrent point comme elle dans les saintes eaux du baptême. Seule elle avait dépouillé le vêtement taché du vieil homme Adam, pour prendre celui du nouvel Adam, qui est le Christ. Disons-lui donc en la glorifiant : « Réjouis-toi, car tu as été pour nous le commencement de la connaissance de Dieu et de sa réconciliation avec ton pays. » Elle est en effet la première en Russie qui soit entrée dans le royaume du Ciel, & les Russes l’honorent comme leur devancière, car elle a pour eux invoqué la mort de l’Homme-Dieu.
Chroniques de Nestor

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire de l’Egale-aux-Apôtres Olga. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire de la Mégalomartyre. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 4, et 4 tropaires de la 3ème ode du canon de la Mégalomartyre, œuvre de saint Joseph l’Hymnographe ((816 † 886) :
1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Pour nous l’Impassible devient homme de douleur * et sur la croix se laisse clouer, * afin de nous ressusciter avec lui ; * aussi nous glorifions avec la Croix * les Souffrances & la sainte Résurrection * par lesquelles nous fûmes rénovés, * obtenant le salut en criant : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
6. Ressuscité d’entre les morts * et dépouillant l’empire de la Mort, * il apparut aux Myrrophores, leur annonçant la joie ; * et nous fidèles, prions-le * d’épargner à nos âmes la corruption, * lui répétant sans cesse la parole du bon Larron : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
7. La puissance du Christ, * sainte Martyre, te fortifiant, * tu as livré ton corps * aux châtiments multiformes, * brisant l’ennemi par ta grande fermeté ; ** c’est pourquoi nous t’acclamons.
8. Avec courage tu supportas * d’être exposée à la roue * pour être meurtrie * en toute part de ton corps, * mais un Ange te sauva ** de ce châtiment cruel.
9. En tes saintes mains tu as pris * le fameux parchemin déposé près de toi ; * ainsi tu gardas la perfection * des véritables enseignements ** et couvris les hérétiques de confusion.
10. En toi s’est incarné * le Christ, se laissant voir * en deux natures * et une seule personne ; * Vierge pure, supplie-le ** d’éclairer nos pensées.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleines de fierté, aux Apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
2. Tropaire de la Mégalomartyre, ton 4 : Ta brebis, ô Jésus, Euphémie, * crie d’une voix forte : * « Mon époux, c’est toi que j’aime, * c’est pour te chercher que je combats, *c’est avec toi que je suis crucifiée * et ensevelie par ton baptême. * Pour toi je souffre, afin de régner avec toi. * Pour toi je meurs, afin de vivre en toi. * Accueille, comme victime sans tache, * celle qui par amour est immolée pour Toi ». ** Par son intercession, parce que tu es miséricordieux, sauve nos âmes.
3. Tropaire de l’Egale-aux-Apôtres, ton 1 : Sur les ailes de la connaissance de Dieu * ayant élevé ton esprit, * tu volas plus haut que la visible création * à la recherche du Dieu et Créateur universel ; * l’ayant trouvé, tu as reçu * la nouvelle naissance par le baptême ; * puis en goûtant l’arbre de vie, tu as acquis * pour les siècles l’immortelle condition, ** bienheureuse Olga.
4. Kondakion de la Mégalomartyre, ton 6 : Dans le domaine du martyre et dans celui de la foi * tu as mené combat sur combat * avec ardeur, vénérable Euphémie, * pour le Christ ton époux; * à présent, pour que triomphe encore la vraie foi * sur les hérésies et l’orgueil des ennemis * intercède auprès de lui avec l’aide de la Mère de Dieu, * toi qui des six cent trente Pères théophores réunis en concile ** as reçu la définition de la foi pour la sauver.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion de l’Egale-aux-Apôtres, ton 4 : En ce jour chantons le bienfaiteur de tous, notre Dieu * qui en Russie a glorifié sainte Olga ** afin d’accorder à nos âmes, par ses prières, la rémission des péchés.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon Sauveur & mon libérateur * a ressuscité tous les mortels, * les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau ; * il a brisé les portes de l’Enfer ** et en maître souverain il est ressuscité le troisième jour.

Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
℟. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
℣. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).
[Des saintes, ton 4 :
℟. Dieu est admirable dans ses saints, lui le Dieu d’Israël (Psaume 67, 36).]

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 103) X, 1-10.
Si vous confessez de bouche que Jésus est le Seigneur, et si vous croyez de cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, vous serez sauvé.
[Des saintes : II Corinthiens (§ 181) VI, 1-10.]

Alleluia
Du dimanche, ton 4 :
℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).
[Des saintes, ton 1 :
℣. J’espérais le Seigneur d’un grand espoir, il s’est penché vers moi, et il écouta mon cri (Psaume 39, 1).]

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 28) VIII, 28 à IX, 1.
Deux possédés qui étaient si furieux que personne n’osait passer par ce chemin-là, sortirent des sépulcres, et vinrent au-devant de lui ; ils se mirent en même temps à crier, et à lui dire : Jésus, fils de Dieu ! qu’y a-t-il entre vous et nous ?
[Des saintes : Luc (§ 33) VII, 36-50.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[Des saintes : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6).] Alleluia, alleluia, alleluia.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Enregistrements : IXème dimanche après la Pentecôte

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Téléchargez les partitions chantées au cours de cette messe & du salut & présentes dans cet enregistrement :

A la messe :

Les fichiers MP3 sont téléchargeables ici.

Carl Heinrich Bloch : Jésus chasse les marchands du Temple

Programme du IXème dimanche après la Pentecôte

IXème dimanche après la Pentecôte - Jésus chasse les marchands du TempleSaint-Eugène, le dimanche 17 juillet 2016, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.

Jésus pleure sur Jérusalem & chasse les marchands du temple.

Quiconque a lu l’histoire de la chute de Jérusalem survenue sous les chefs romains Vespasien et Titus, reconnaît cette ruine que le Seigneur a décrite en pleurant. N’est-ce pas les chefs romains qu’il dénonce quand il dit : « Car des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’entoureront de tranchées » ? Et ces paroles aussi : « Ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre », témoignent du déplacement même de cette ville. Car si maintenant elle a été reconstruite en dehors de la porte, là où le Seigneur fut crucifié, c’est que la Jérusalem antérieure a été renversée de fond en comble, comme il est dit.
Sermon de saint Grégoire, pape, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

A la messe :

  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Sub tuum præsidium
  • Procession de sortie : Loué soit à tout instant – Cantique de Saint Louis Marie Grignon de Montfort (1673 † 1716), docteur de l’Eglise
  • IIndes vêpres du IXème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

    • Motet d’exposition : ave verum, VIème ton
    • A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave Maria, du Ier ton
    • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus du VIIème ton
    • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton
    • Chant d’action de grâces : Adoremus in æternum Sanctissimum Sacramentum, VIème ton

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    Programme du IVème dimanche après la Pentecôte – saint empereur Nicolas II de Russie – ton 3

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 17 juillet 2016 du calendrier grégorien – 4 juillet 2016 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint empereur Nicolas II de Russie, la sainte impératrice Alexandra, le saint tsarevitch Alexis, les saintes grandes duchesses Olga, Tatiana, Marie & Anastasie, martyrisés le 17 juillet 1918 à Iekaterinbourg.

    Très vite, dès les années 20, les membres de la famille impériale tombés sous les coups des communistes furent inscrits dans le martyrologe de l’émigration russe et dans certaines Eglises orthodoxes en dehors de la Russie, comme en témoigne par exemple cette fresque du saint empereur Nicolas II peinte du monastère serbe de Zicha en 1935, qui dut être badigeonnée en 1945 lors de l’accession des communistes au pouvoir :

    saint-nicolas2-de-russie monastere-saint-sava_zicha_serbie1935

    Le 1er novembre 1981, le Saint Synode de l’Eglise russe hors frontière procéda à la « glorification » (=canonisation) des membres de la famille impériale assassinés à Iekaterinbourg, ainsi que de leurs serviteurs qui subirent le même sort funeste :

    • le médecin de la famille, Ievgueni Botkine,
    • le valet de chambre, Alekseï Egorovitch Trupp (qui du reste était catholique),
    • le cuisinier, Ivan Kharitonov,
    • la femme de chambre de la tsarine, Anna Stepanovna Demidova
    • ainsi que deux servantes qui furent exécutées peu après en septembre 1918, Anastasia Hendrikova et Catherine Adolphovna Schneider (laquelle était luthérienne).

    Voici une vidéo de cette canonisation, présidée par le métropolite Philarète de New-York :

    80 ans après, jour pour jour, le 17 juillet 1998, les reliques de ces néomartyrs (la famille impériale – moins celles du tsarevitch et d’une des grandes duchesses, qui ne furent retrouvées qu’en 2007 – mais avec le médecin Botkine, le valet de chambre catholique Trupp, la femme de chambre Anna Demidova, et le cuisinier Ivan Kharitonov) ont été déposées dans une chapelle de la cathédrale Pierre-&-Paul (Петропавловский собор) de Saint-Pétersbourg, nécropole traditionnelle des Romanov, puis, le 14 août 2000, le patriarcat de Moscou procéda à son tour à la canonisation de Nicolas II & de sa famille.

    Voici une vidéo de la cérémonie de la glorification d’août 2000, présidée par le patriarche Alexis II de Moscou dans la cathédrale du Christ-Sauveur :

    A noter que les livres liturgiques russes qualifient ces nouveaux saints non de martyrs de la foi (en slavon мученики) mais d’un autre terme peu commode à rendre français, celui de страстотерпцеви, littéralement : « ceux qui souffrirent la passion », à l’image de Notre Seigneur Jésus-Christ, soulignant leur grande piété face à l’adversité (la tsarine et la grande duchesse Olga firent le signe de la croix avant de mourir). Plusieurs autres saints reçoivent aussi ce qualificatif dans les livres liturgiques russes, le précédent notable (qui explique cette attribution à Nicolas II et à sa famille) est celui du saint tsarévitch Dimitri au XVIème siècle. Néanmoins, lors de la cérémonie à Moscou d’août 2000 les nouveaux saints furent aussi qualifiés de néomartyrs et l’usage courant aujourd’hui en Russie est de les honorer comme martyrs.

    Selon le fameux aphorisme du pape saint Pie X lors de la création de l’Eglise catholique russe – « nec plus, nec minus, nec aliter » – cette Eglise catholique orientale suit l’ordo liturgique du patriarcat de Moscou. Elle se souvient par ailleurs que c’est le tsar Nicolas II qui par l’oukase du 30 avril 1905 avait libéralisé la pratique du catholicisme dans l’empire russe. Après la toute première divine liturgie de l’Eglise catholique russe, célébrée le jour de Pâques 29 avril 1909 à Saint-Pétersbourg, la jeune communauté avait adressé au tsar Nicolas II ses vœux pascaux par télégramme et avait reçu peu après une réponse tout à fait cordiale, qui fut affichée dans la chapelle de Saint-Pétersbourg.

    Notons que le saint empereur Nicolas II est le cinquième chef de l’Etat russe à recevoir les honneurs des saints autels, avec :

    • saint Vladimir le Grand, grand prince de Kiev (958 † 1015), qui a christianisé la Russie par son baptême reçu en 988,
    • saint Alexandre Nevski, grand prince de Vladimir (1220 † 1263),
    • saint Daniel de Moscou, fils de saint Alexandre Nevsky et premier grand prince de Moscou (1261 † 1303) qui finit sa vit comme moine,
    • et saint Dimitri Ier Donskoï, grand prince de Moscou & de Vladimir (1350 † 1389), qui vainquit les Tatars.

    Comparé aux millions d’être humains qui furent mis à mort par les communistes dans les années qui suivirent, le meurtre de la famille impériale Romanov pourrait sembler ne pas être d’une importance extraordinaire. Et cependant, l’événement revêt une profonde signification symbolique et manifeste déjà la haine mortifère pour motif idéologique, haine qui ira grandissante et conduira à l’élimination de près de 62 millions de citoyens soviétiques de 1917 à 1991, au point que les historiens durent former le néologisme de « démocide » pour qualifier ce long déchaînement totalitaire du communisme.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de Ceux qui souffrirent la passion. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

    A sexte : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de ceux qui souffrirent la passion. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de Ceux qui souffrirent la passion.

    Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 3, & 4 tropaires de la 3ème ode de Ceux qui souffrirent la passion :
    1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    5. Aux Myrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant : Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    7. Sur l’ordre de Dieu, l’ange gardien fut ôté de la terre de la Russie, * ses ennemis la dominèrent, & ceux qui la méprisaient prospérèrent, * en raison de la multitudes des impiétés de ce qui était auparavant une terre pieuse ;* et ses princes languirent au milieu des peuples étrangers. * Ne méprise pas plus avant les souffrances de ton peuple, Seigneur, ** mais tourne-toi et établis-les sur le roc de tes commandements.
    8. Combien de temps, Seigneur, prospèrera la voie des méchants ? * Combien de temps pleurera la terre à cause du mal de ceux qui y habitent ? * Hiérarques, prêtres, princes et fidèles ont été terrassés et tués. * Combien de temps, Seigneur, vrai et saint Maître, t’abstiendras-tu de condamner tes ennemis pour leur sang ? * Aie pitié et délivre-nous tous de tes ennemis, ** et sauve nos âmes.
    9. Privée de salut, la terre qui était appelée Chrétienne * a été remplie de tribulations et de gémissements, disant au milieu de ses souffrances : * Nous avons péché et transgressé, tombant loin de toi, Seigneur, * et nous n’avons pas obéi à tes commandements, ni gardé ceux-ci. * Conduis-nous à la repentance, ô Dieu, ** et établis-nous sur le roc inébranlable de tes commandements.
    10. Tu es notre espérance et notre confiance, ô toute sainte Dame. * Sauve notre patrie souffrante etton peuple qui supplie ** et fait appel à ton nom.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
    2. Tropaire de Ceux qui souffrirent la passion, ton 5 : Tu enduras avec douceur * la privation de la royauté terrestre, * les liens et les souffrances de toutes sortes, * ayant confessé le Christ jusqu’à la mort même de la main des ennemis de Dieu, * ô grand Tsar ayant souffert la passion, couronné de Dieu Nicolas ; * ayant pour cela reçu du Christ Dieu la couronne des martyrs dans les cieux, * avec la tsarine, tes enfants et tes serviteurs, * prie Le de faire miséricorde à la terre russe ** et de sauver nos âmes.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion de Ceux qui souffrirent la passion, ton 4 : Affermis l’espérance du tsar martyr avec la tsarine, ses enfants et ses serviteurs, * et donne-leur de voler vers ton amour, * toi qui leur annonças le repos à venir ; ** par leurs prières, Seigneur, fais nous miséricorde.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion du dimanche, ton 3 : Du tombeau tu es ressuscité * en ce jour, ô Dieu de miséricorde, * nous arrachant aux portes de la mort ; * en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie, * et tous ensemble les Patriarches & les Prophètes chantent inlassablement ** la force & la puissance de ta divinité.

    Prokimen
    Du dimanche, ton 3 :
    ℟. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; * sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
    ℣. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).
    De Ceux qui souffrirent la passion, ton 7 :
    ℟. Seigneur ! le roi se réjouira dans ta force ; * et il sera transporté de joie, à cause du salut que tu lui as procuré. (Psaume 20, 1).

    Epîtres
    Du dimanche : Romains (§ 93) VI, 18-23.
    Car la mort est la solde et le payement du péché ; mais la vie éternelle est une grâce et un don de Dieu, en Jésus-Christ notre Seigneur.
    De Ceux qui souffrirent la passion : Romains (§ 99) VIII, 28-39.
    Car je suis assuré que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les puissances, ni les choses présentes, ni les futures, ni la puissance, ni tout ce qu’il y a de plus haut, ou de plus profond, ni toute autre créature, ne pourra jamais nous séparer de l’amour de Dieu, en Jésus-Christ notre Seigneur.

    Alleluia
    Du dimanche, ton 3 :
    ℣. En toi, Seigneur, j’ai mon abri ; sur moi pas de honte à jamais (Psaume 30, 2).
    ℣. Sois pour moi un Dieu qui me défend, un lieu fort qui me sauve (Psaume 30, 3.)
    De Ceux qui souffrirent la passion, ton 1 :
    ℣. Parce que le roi espère dans le Seigneur, la miséricorde du Très-Haut le rendra inébranlable. (Psaume 20, 7).

    Evangiles
    Du dimanche : Matthieu (§ 25) VIII, 5-13.
    Mais le centenier lui répondit : Seigneur ! je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison ; mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri.
    De Ceux qui souffrirent la passion : Jean (§ 52) XV, 17 – XVI, 2.
    Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    De Ceux qui souffrirent la passion : Seigneur, sauve le Roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquerons (Psaume 19, 9). Alleluia, alleluia, alleluia.

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