Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du XXXVIème dimanche après la Pentecôte – tous les saints néomartyrs & néoconfesseurs de Russie – ton 3

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 7 février 2016 du calendrier grégorien – 25 janvier 2016 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. En ce jour également, l’Eglise russe fête tous ses néomartyrs du XXème siècle victimes du communisme (cette fête est fixée au 25 janvier ou dimanche qui suit le 25 janvier).

La persécution athée sans précédent qui s’est abattue sur l’Église de Russie depuis la Révolution bolchévique de 1917 jusqu’à la célébration du Millénaire du Baptême de la Russie en 1988 n’est pas parvenue à éteindre la foi dans ce pays, mais de nombreux martyrs ont témoigné de la victoire du Christ sur la mort, sur la peur et sur le mal. Une base de données de l’Université orthodoxe Saint-Tikhon de Moscou a recensé 500 000 néomartyrs & néoconfesseurs de la foi victimes du communisme. Parmi ceux-ci, les responsables de cette base de données ont réunis des dossiers personnels plus complets sur 35 000 individus. Si chaque année l’Eglise russe ajoute nommément à son calendrier de nombreux nouveaux saints néomartyrs, il a paru nécessaire de regrouper tous les néomartyrs en une fête. Un nouvel office fut composé en 2002. Celle-ci a été fixée au dimanche qui suit le 25 janvier, pour la raison que c’est à cette date que fut martyrisé saint Vladimir, métropolite de Kiev, lequel fut la première victime de la persécution après la révolution d’Octobre. Le 25 janvier 1918 en effet, arrêté en pleine nuit, saint Vladimir de Kiev fut conduit hors de la Laure des Grottes de Kiev. Maltraité et injurié, il chanta et pria calmement jusqu’à son exécution, bénissant ses bourreaux avant d’être fusillé, leur disant : « Que Dieu vous pardonne ! ».

Il n’est certes pas possible d’énumérer tous les néomartyrs, mais rappelons ici la figure de la grande-duchesse sainte Elisabeth. Élisabeth Feodorovna naquit le 20 octobre 1864. Elle était l’épouse du grand duc Sergei Alexandrovitch, assassiné en 1905 dans un attentat terroriste. Elle rendit visite à l’assassin en prison pour l’exhorter au repentir et demanda sa grâce au tsar. Elle ne cessa de prier pour lui. Pendant la guerre russo-japonaise, elle se dévoua beaucoup, s’occupant des blessés et décida de se consacrer à Dieu.

Animée d’un esprit d’entraide, elle fonda à Moscou le Monastère de Marthe et Marie, moniales infirmières pour les pauvres et les malades. Personne au regard doux, sentant venir des moments durs pour son pays, elle encouragea les croyants à traverser ces moments terribles avec foi. Elle-même se montra une infirmière admirable, ne se ménageant jamais. Refusant d’être sauvée, elle fut arrêtée en 1918 avec deux consœurs dont sainte Barbara qui partagea son martyr. La nuit du 17 juillet 1918, elle fut jetée avec d’autres membres de la famille Romanov dans un puits des mines d’Alapaevsky profond de 60 mètres. Elle ne mourut pas de suite et on l’entendit chanter du fond du gouffre le tropaire de la Résurrection & l’hymne Acathiste. Son corps fut retrouvé intact sur un rebord à seize mètres de profondeur à côté du prince Constantinovitch dont elle avait encore pu soigner les blessures. Après un long périple par Irkoutsk, la Chine, Suez et la Palestine, ses reliques furent déposées dans l’Église du Monastère Sainte-Marie-Madeleine à Jérusalem, construit par l’empereur Alexandre III. Sainte Élisabeth est une des saintes néomartyres les plus vénérées en Russie où son icône est partout présente.

Par la prière des saints néomartyrs & néoconfesseurs, Seigneur notre Dieu, aie pitié de nous.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Néomartyrs. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Néomartyrs. Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : des Néomartyrs.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche & 4 tropaires de la 3ème ode du canon de la fête :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Aux Myrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant : Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Tropaire des Néomartyrs, ton 4 : Aujourd’hui, l’Eglise russe chante avec joie en chœur, * louant ses néomartyrs et confesseurs : * hiérarques et prêtres, * souverains ayant souffert la passion fermes dans la foi, * princes et princesses, * hommes vénérables et femmes, * et tous les chrétiens orthodoxes. * Après avoir donné leur vie pour la foi dans le Christ * pendant les jours de la persécution athée, * ils ont conservé la vérité par l’effusion de leur sang. * Par leur protection, O Seigneur, lent à la colère, * préserve notre pays dans l’orthodoxie ** jusqu’à la fin des temps.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion des Néomartyrs, ton 3 : Aujourd’hui, les Néomartyrs de Russie, * parviennent drapés de blanc devant l’Agneau de Dieu : * et chantent à Dieu le cantique victorieux des Anges : * bénédiction, gloire, sagesse, * louange, honneur, * puissance et force * à notre Dieu ** pour les siècles des siècles. Amen.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 3 : Du tombeau tu es ressuscité * en ce jour, ô Dieu de miséricorde, * nous arrachant aux portes de la mort ; * en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie, * et tous ensemble les Patriarches & les Prophètes chantent inlassablement ** la force & la puissance de ta divinité.

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
℟. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
℣. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).
Des Néomartyrs, ton 7 :
℟. Dieu est notre refuge & notre force (Psaume 45, 2).

Epîtres
Du dimanche : I Timothée (§ 280) I, 15-17.
C’est une vérité certaine, et digne d’être reçue avec une parfaite soumission : Que Jésus-Christ est venu dans le monde sauver les pécheurs, entre lesquels je suis le premier.
Des néomartyrs : Romains (§ 99), VIII, 28-39.
Qui donc nous séparera de l’amour du Christ ? Sera-ce l’affliction, ou les déplaisirs, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou les périls, ou le fer, ou la violence ?

Alleluia
Du dimanche, ton 3 :
℣. En toi, Seigneur, j’ai mon abri ; sur moi pas de honte à jamais (Psaume 30, 2).
℣. Sois pour moi un Dieu qui me défend, un lieu fort qui me sauve (Psaume 30, 3).
Des Néomartyrs, ton 4 :
℣. Les justes ont crié, et le Seigneur les a exaucés ; et il les a délivrés de toutes leurs peines (Psaume 33, 18).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§93) XVIII, 35-43.
Lorsqu’il était près de Jéricho, un aveugle se trouva assis le long du chemin, demandant l’aumône.
Des Néomartyrs : Luc (§105-106) XXI, 8-19.
Vous serez trahis et livrés par vos pères et vos mères, par vos frères, par vos parents, par vos amis ; et on fera mourir plusieurs d’entre vous.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Des Néomartyrs : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Les Quarante-Heures – histoire & liturgie

Les Quarante-Heures à l'Oratoire de Londres.
Les Quarante-Heures à l’Oratoire de Londres.

On désigne sous le terme de Quarante-Heures une supplication instante par laquelle on implore Dieu en se relayant dans l’adoration du Saint Sacrement exposé avec solennité 40 heures durant. Cette supplication a lieu le plus souvent et par tradition pendant les heures qui précèdent l’ouverture du Carême, du dimanche de la Quinquagésime au mardi avant les Cendres, mais peut se faire à d’autres moments de l’année.

HISTOIRE – Durant la Semaine Sainte, les fidèles veillaient dans les églises auprès de la représentation du sépulcre du Christ, depuis sa mort – à none du Vendredi Saint – jusqu’à sa résurrection, que la liturgie marquait par la procession pascale au petit matin de Pâques, soit environ 40 heures. Dans beaucoup d’endroits, le clergé ensevelissait le Corps du Christ en mettant une hostie dans le tombeau après la messe des Présanctifiés le Vendredi Saint, et c’est cette hostie qui était retirée du tombeau et conduite solennellement en procession pour être ramenée triomphalement à l’autel au matin de Pâques. Ce chiffre symbolique de 40 heures passées par le Christ dans la mort remonte à une haute tradition, il est déjà rapporté par saint Augustin (De Trinitate IV, 6 : Ab hora ergo mortis usque ad diluculum resurrectionis horæ sunt quadraginta, ut etiam ipsa hora nona connumeretur. Cui numero congruit etiam vita ejus super terram post resurrectionem in quadraginta diebus. Rappelons que la manière antique de décompter les heures ne correspond pas à notre pratique actuelle d’heures fixes de 60 minutes).

Machine des Quarante-Heures - église de Bottanuco.
Les Quarante-Heures – église de Bottanuco.

Cette vénération du Christ au tombeau – qui de fait, dans de larges parties de l’Europe médiévale, était aussi une véritable garde du Corps eucharistique au tombeau en attente de la résurrection – fut reprise à compter du XVIème siècle en dehors de la Semaine Sainte, en réponse aux négations protestantes de la présence réelle du Christ dans la sainte hostie hors de la messe.

Les Quarante-Heures – en tant que supplication exceptionnelle – virent le jour en effet à Milan en 1527, dans un contexte de guerres & de calamité (sac de Rome & invasion française du Milanais). Elles y furent instituées par Jean-Antoine Bellotti au début de chaque trimestre, et ce jusqu’en 1529. En 1537, le capucin milanais Giuseppe da Ferno les reprends et en fait une chaîne de prières solennelles avec procession eucharistique : lorsque une paroisse terminait ses Quarante-Heures, une autre prenait la relève, de sorte que le Saint Sacrement était adoré de façon perpétuelle (cette pratique est à l’origine de l’adoration perpétuelle). Saint Antoine-Marie Zaccaria (1502 † 1539), fondateur, à Milan toujours, des Clercs réguliers de saint Paul (ou Barnabites) les propage ardemment.

Les Quarante-Heures à Arrone en Italie.
Les Quarante-Heures à Arrone en Italie.

Les Capucins et les Barnabites contribuent rapidement à diffuser les Quarante-Heures en dehors de Milan. Giuseppe da Ferno les fait connaître, lors de ses missions des années 1537-1539 à Pavie, Sienne, Arezzo, son confrère François de Soriano les acclimate en Ombrie. En 1550, saint Philippe Néri les introduit à Rome et prend coutume de les organiser au début de chaque mois dans les différentes églises de confréries qu’il anime, dont celle de la Très-Sainte-Trinité-des-Pèlerins. A Messine, assiégée par les Turcs en 1552, ce sont les Jésuites qui les organisent pour demander et obtenir la libération de la ville. A partir de 1556, l’ordre des Jésuites prend l’habitude de faire la prière des Quarante-Heures du dimanche de la Quinquagésime au mardi avant les Cendres, pour expier les fautes qui se commettent durant la période du Carnaval.

Machine des Quarante-Heures de l'église de Bienno, Italie.
Machine des Quarante-Heures de l’église de Bienno, Italie.

En 1575, l’archevêque de Milan saint Charles Borromée, dans une lettre pastorale d’une éloquence admirable sur la sainteté du temps de la Septuagésime, déplore le malheur des chrétiens relâchés qui emploient si mal ces jours précieux, durant lesquels ils devraient s’appliquer spécialement à la prière et aux bonnes œuvres. A cet effet, saint Charles règle l’organisation des Quarante-Heures dans le plus grand diocèse d’Europe qu’il dirige : on exposera le Saint Sacrement les trois jours précédant le Carême, dans la cathédrale de Milan, et dans trente autres églises de la ville ; le matin et le soir il y aura procession solennelle, et MM. les Curés distribueront les heures de la journée à leurs paroissiens, de manière à ce qu’il y eût toujours un nombre assez considérable d’adorateurs devant le Très-Saint Sacrement.

Machine des Quarante-Heures de la paroisse de Colere - Italie.
Machine des Quarante-Heures de la paroisse de Colere – Italie.

Le 25 novembre 1592, le pape Clément VIII, par la Constitution Graves & diuturnæ, organise les Quarante-Heures dans la Ville de Rome à la manière de ce qu’avait fait précédemment Giuseppe da Ferno : de manière continue, les prières commençant dans telle église romaine au moment où elle se terminaient dans telle autre. En les instituant, le Pape demandait que la prière des Quarante-Heures soit alors effectuée pour 3 intentions :
1. pour le salut du royaume de France, alors déchiré par la succession d’Henri III,
2. pour la victoire de la Chrétienté contre les Turcs,
3. pour l’unité de l’Eglise.
Le Pape démarra cette chaîne de prières le 30 novembre 1592 à la Chapelle Sixtine.

Le pape Clément XI (1700 † 1721), publia le 21 janvier 1705 diverses directives pour le maintien de cette observance dans les églises de Rome.

Machine des Quarante-Heures napolitaine.
Machine des Quarante-Heures napolitaine.

Mais c’est surtout le pape Clément XII (1730 † 1740) qui les republia le 1erseptembre 1731, sous la forme d’une instruction en italien, l’Instruction clémentine, qui fixe le cadre liturgique des supplications des Quarante-Heures dans les église romaines. L’Instruction clémentine n’était – à strictement parler – rigoureusement obligatoire que dans la Ville éternelle, mais les règles générales qu’elle a édictées ont valeur partout, en vertu des rubriques et des décisions de la Sacré Congrégation des Rites (n. 2403). C’est, dit Stercky, « un excellent traité de l’exposition du Saint-Sacrement » auquel il est louable de se rapporter et de se conformer dans tous les diocèses du rit romain.

Mandement du cardinal de Noailles en 1725 pour les Quarante-Heures à Paris. Le télécharger.
Mandement du cardinal de Noailles en 1725 pour les Quarante-Heures à Paris.
Le télécharger.
LES QUARANTE-HEURES EN FRANCE – La France ne fut pas en reste de l’Italie, car dès 1574 un Jésuite, le R.P. Auger, avait obtenu de l’Archevêque de Paris que les Quarante-Heures soient organisées dans toutes les églises de notre capitale, malgré la forte opposition alors du curé de Saint-Eustache. De Paris, la supplication des Quarante-Heures se répandit rapidement dans toute la France. On les note à Rouen en 1584 et 1589, à l’Isle-sur-Sorgue & à Lyon en 1593, à Avignon en 1596, à Annemasse en 1597, à Thonon en 1598, à Marseille en 1599, à Gap en 1604, etc… Les Quarante-Heures sont célébrées très solennellement dans le cadre de missions de prédications, à l’initiative des Capucins, pour faire revenir à l’Eglise les fidèles égarées par le protestantisme, et soutenir et confirmer la foi des néophytes. Les Quarante-Heures deviennent dans notre pays une véritable « machine de guerre » de la Contre-Réforme catholique, déplaçant de grandes foules (100 000 personnes à Gap en 1618 par exemple) et réalisant de nombreuses conversions, par la convocation de tous les arts (des décors extraordinaires et des musiques magnifiques sont mis en place à chaque fois) pour exalter la Sainte Eucharistie.

Par le Bref Sacri apostolatus ministerio, le Pape Grégoire XV (qui régna de 1621 à 1623) exhorte les archevêques et évêques de France à organiser partout des prières des Quarante-Heures pour le « succès des entreprises royales contre les hérétiques du royaume, l’extirpation des hérésies & l’exaltation et la paix de notre Sainte Mère l’Eglise ». Ce bref accordait déjà une indulgence plénière aux fidèles français qui, après s’être confessés et avoir communié, priaient aux intentions du Souverain Pontife (cette indulgence est générale pour tout l’univers catholique depuis Pie XI en 1931). Peu après, en 1625, le pape Urbain VIII donna de plus aux capucins français (puis à d’autres ordres missionnaires), lorsqu’ils confessaient dans le cadre des Quarante-Heures, d’amples facultés d’absolution réservées ordinairement aux évêques, ce qui ne contribua pas peu aux succès des nombreuses missions capucines – toujours assorties de Quarante-Heures magnifiques – tout au long du XVIIème siècle dans notre pays (les fidèles préféraient venir en masse se confesser à des missionnaires de passage plutôt qu’à leur curé, qui – pour les cas réservés à l’évêque – ne pouvaient leur donner l’absolution !).

En 1617, à Cahors, la foule de ceux qui voulaient assister aux Quarante-Heures célébrées à l’église des Jésuites fut si nombreuse que cela entraina des émeutes. A Gap en 1628, où les Quarante-Heures enregistrèrent l’abjuration de 1500 protestants, des « hérétiques qui venaient des plus hautes montagnes du Dauphiné, entrant dans l’église et la voyant parée en si grande pompe et magnificence, éclairée avec tant de lumières pour honorer le Très-Saint Sacrement qui était exposé en évidence, se mettaient d’abord à genoux, croyant d’être dans le Paradis et disaient tout haut : Vive l’Eglise romaine qui est si magnifique et non pas le temple des ministres qui semblent des étables à bêtes » (Archives départementales des Hautes-Alpes, 3H2, 1, p. 89, cité in Bernard Dompnier, Un aspect de la dévotion eucharistique dans la France du XVIIe siècle : les prières des Quarante-Heures, Revue d’histoire de l’Eglise de France, 1981, Vol. 67, n°178, p. 17)

Si les Quarante-Heures étaient célébrées toute l’année pendant les missions capucines, comme en Italie, on en vint assez rapidement à les célébrer à la Quinquagésime, pour les 3 derniers jours avant le Carême. A Paris, l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet se met à célèbrer annuellement les Quarante-Heures à la Quinquagésime dès l’année 1616. Des actes de fondation établis entre 1628 et 1637 dans cette paroisse indiquent que les Quarante-Heures y étaient un grandiose préambule du Carême, assorti d’une invitation à la confession & à la communion. Ces actes décrivent assez bien comment se déroulaient alors ces supplications solennelles à Saint-Nicolas-du-Chardonnet : les sonneries des cloches devaient se faire comme au jour de première classe, le maître-autel devait être décoré de reliquaires, tableaux, d’un grand nombre de cierges « et autres ornements pieux & sacrés », « le tout avec l’appareil, ornements, cérémonies & solennité de fête solennelle comme du propre jour de la Fête-Dieu voire et au-delà autant que faire se peut. » La province des Capucins de Paris décide elle aussi d’organiser ses Quarante-Heures à la Quinquagésime dès 1621-1622. Mais ce furent les Jésuites français – et saint Jean-François Régis (1597 † 1640) tout particulièrement – qui généralisèrent dans notre pays l’usage italien de leur compagnie de faire les Quarante-Heures à la Quinquagésime en préambule du Carême.

1956 - Les Quarantes-Heures au sanctuaire de San Francesco de Geronimo.
1956 – Les Quarantes-Heures au sanctuaire de San Francesco de Geronimo.

La révolution française porta dans notre pays un coup certain aux Quarante-Heures, et il semble que l’usage de les faire soit devenu moins usuel au cours du XIXème siècle. Un indice de cette désaffection se rencontre dans les différents cérémoniaux et manuels de liturgie publiés au cours de ce siècle en France, où l’on ne trouve qu’exceptionnellement une description des cérémonies des Quarante Heures. La Semaine Religieuse du diocèse de Lyon constate ainsi en 1911 que « dans notre diocèse, il n’est guère possible d’observer à la lettre l’Instruction Clémentine, et de faire les Quarante-Heures sans interruption aucune de jour ni de nuit » (p. 218). Il est probable que la Seconde guerre mondiale porta un coup encore plus fatal à cette tradition, qui est demeurée pourtant vivace jusqu’aujourd’hui au Royaume Uni et en Italie, y compris dans le nouveau rit.

LA MACHINE DES QUARANTE-HEURES – Pour rehausser la solennité de l’exposition du Saint Sacrement durant les Quarante-Heures, la piété des fidèles, alliée à tout le génie décoratif de l’âge baroque, conçut de grandes construction temporaires afin d’y placer un trône élevé pour l’ostensoir, orné de très nombreux candélabres. Ces constructions temporaires pour les 3 jours de l’exposition reçurent le nom de « Machine des Quarante-Heures » (« Macchine delle Quarantore » en italien). La première machine semble avoir été conçue par les Jésuites de Rome. Les plus grands architectes et artistes collaborent à leurs réalisations, qui témoignent de l’extraordinaire piété de nos pères. Nicolas Poussin reçoit ainsi en 1633 la commande du Repos pendant la fuite en Egypte et de l’Adoration des Mages pour orner les Quarante-Heures d’un oratoire romain.

Voici la machine dessinée en 1650 pour les supplications des Quarante-Heures des Jésuites à l’église du Gesù de Rome :

Dessin de la machine des Quarante Heures en 1650 dans l'église jésuite du Gesù à Rome

Voici une gravure représentant le Pape Pie VI en adoration du Saint Sacrement disposé sur l’extraordinaire machine des Quarante-Heures conçue par le Bernin lui-même pour le Vatican :

Machine des Quarante-Heures pour le Vatican conçue par le Bernin - gravure de Desprez

Louis-Jean Desprez (Auxerre, 1743 – Stockholm, 1804) et Francesco Piranesi (Rome, 1758/9 – Paris, 1810) – « Pie VI en adoration dans la Chapelle Pauline pendant la cérémonie des Quarante Heures », vers 1783-1785. Aquarelle et gouache (Desprez) sur traits gravés (Piranese). Source : La Galerie Tarantino, que nous remercions vivement ici pour cette aide iconographique.

Voici encore quatre dessins de machines des Quarante-Heure du XVIIème siècle :

  • Le premier porte une indication manuscrite indiquant que la machine comportait 140 lumières
  • Le second est un projet de décor des Quarante-Heures. Rome, fin du XVIIème siècle. Source : Galerie Tarantino.
  • Le Troisième est un projet de décor pour les Quarante-Heures figurant le « Retour des explorateurs du pays de Canaan » par Giacinto Calandrucci (élève de Maratta), vendu à la National Gallery de Washington (lesdits explorateurs avaient passés 40 jours à explorer Canaan).
  • Beneduci di Orzinuovi – dessin d’une machine des Quarante-Heures.
La machine des Quarante-Heures - récemment restaurée - de la paroisse de la Très-Sainte-Trinité-des-Pèlerins à Rome
La machine des Quarante-Heures – récemment restaurée – de la paroisse de la Très-Sainte-Trinité-des-Pèlerins à Rome (Fraternité Saint-Pierre)

Voici une vidéo de la machine des Quarante-Heures de l’église Santa Maria dell’Orto à Rome, toujours en usage (mais pour le reposoir du Jeudi Saint). Exécutée en 1848, elle comporte 231 cierges. Elle est l’oeuvre d’un certain Luigi Clementi, et a coûté, selon les archives, 500 écus pour le travail du bois et 50 autres pour la dorure.

SYMBOLISME DU NOMBRE 40 – Le nombre 40 se retrouve de très nombreuses fois dans l’Ecriture, où souvent, il est en relation avec la rencontre avec Dieu. En voici les principales occurrences. Ainsi :

REGLES LITURGIQUES – Les supplications des Quarante Heures sont régies par l’Instruction clémentine, promulguée en 1731 par le pape Clément XII à partir d’une première publication réalisée par le pape Clément XI en 1705. Ce document est cité en neuvième lieu dans la liste officielle des livres liturgiques de l’Eglise romaine (Sacré Congrégation des Rites, n°4266 du 17 mai 1911). Nous sommes heureux de vous offrir en téléchargement cette instruction sur notre site :

L’Instruction est divisée en 37 paragraphes dont le cadre nous fournira une présentation succincte des règles liturgiques pour la célébration des Quarante-Heures :

Les Quarante-Heures à l'Oratoire de Londres
Les Quarante-Heures à l’Oratoire de Londres

Règles générales

  • Un signe extérieur (un écu ou une bannière) doit être apposé auprès de la porte principale de l’église où le Saint-Sacrement est exposé solennellement. Ce signe doit comporter un symbole du Saint Sacrement, afin que le peuple sache que les Quarante-Heures se déroulent dans cette église.
  • L’autel où a lieu l’exposition ne doit présenter aucune relique de saints ni de symboles funèbres. Il est régulièrement le maître-autel de l’église. Si une peinture figure sur le retable de cet autel, elle doit être recouverte d’un tissu blanc ou rouge. De même pour les statues de saints qui orneraient l’autel (mais pas celles d’anges tenant des candélabres).
  • Sur l’autel doit être placé un trône élevé où sera placé l’ostensoir renfermant le Saint Sacrement. Des draperies blanches (galonnées d’or précise Barbier de Montault) formant dais ou baldaquin pourront être disposées, en particulier si le trône n’est pas couvert.
  • Les parements & la décoration de l’autel doivent être de couleur blanche et ne pas cacher l’ostensoir.
  • On ne placera jamais de fleurs devant le tabernacle. Les fleurs ne sont pas prohibées mais doivent rester discrètes. A Rome, on n’en met pas.
  • De jour comme de nuit, il convient qu’un minimum de 20 cierges brûlent en permanence à cet autel.
  • On ne placera pas de luminaire derrière l’hostie pour tenter de la faire briller.
  • Les fenêtres de l’église proches de l’autel de l’exposition pourront être occultées, l’idéal étant de faire briller les cierges de l’autel au milieu des ténèbres, afin de favoriser la concentration et la prière.
  • Un banc pour s’agenouiller est préparé et sera placé pour l’adoration du clergé au bas des marches de l’autel d’exposition une fois la messe d’exposition et sa procession finies. Ce banc pourra être couvert de rouge ou de vert.
  • La réserve eucharistique – si elle est conservée habituellement à l’autel de l’exposition – devra être placée à un autre autel. En tout état de cause, la communion ne pourra jamais être reçue à l’autel de l’exposition.
  • Les cloches doivent sonner avec solennité la veille du début de l’exposition à l’Angelus, puis une demi-heure avant le coucher du soleil et une heure après celui-ci. Durant l’exposition, les cloches de l’église doivent sonner chaque heure, de nuit comme de jour.
  • Le Saint Sacrement ne devra pas être visible de la rue durant l’adoration (pour éviter les blasphèmes, en particulier pendant le temps de Carnaval). Un drap devra être tendu au niveau de la porte d’entrée, si nécessaire, pour occulter la vue de l’autel de l’exposition depuis la rue.
  • Si les Quarante-Heures se tiennent de coutume à partir du dimanche de la Quinquagésime, on peut aussi les pratiquer toute l’année sauf durant le Triduum pascal où elles sont bien sûr interdites. Cependant, si pendant que durent les Quarante-Heures, devaient avoir lieu la bénédiction des cierges et la procession de la Chandeleur, la distribution des Cendres du Mercredi saint, la bénédiction et la procession des Rameaux, l’exposition du Saint Sacrement devrait être interrompue durant la durée de ces cérémonies et reprendraient après elles. Des règles spécifiques existent également dans le cas où les Quarante-Heures comprennent le 2 novembre.

Tenues des clercs & des laïcs

  • Deux membres du clergé devraient adorer en permanence le Saint-Sacrement.
  • L’usage de l’étole ne leur est pas prescrit pendant qu’ils adorent.
  • Les clercs qui entretiennent le luminaire seront toujours en surplis. Des laïcs peuvent suppléer ces clercs, à condition de revêtir la soutane et le surplis lors de l’entretient des cierges.
  • La génuflexion à deux genoux doit se faire toutes les fois qu’on entre ou qu’on quitte le sanctuaire où est exposé le Saint Sacrement, et chaque fois qu’on passe devant celui-ci.

Célébration de la messe

  • La messe ne sera jamais célébrée à l’autel de l’exposition, si ce n’est le 1er jour pour la messe d’exposition (encore que celle-ci ne débute « techniquement » en réalité qu’après la procession qui suit ladite messe) et le 3ème jour pour la reposition.
  • Les messes de l’exposition (le 1er jour) et de la reposition (le 3ème jour) seront des messes votives solennelles du Saint Sacrement (avec Gloria et Credo), chantées avec ministres sacrés (diacres & sous-diacres), sauf si ces messes votives sont empêchées par la messe du jour. Les jours empêchés, on dira la messe du jour avec mémoire du Saint Sacrement sous une seule conclusion. Toutefois l’antependium de l’autel d’exposition et le voile huméral seront toujours blancs, quelle que soit la couleur de la messe qui est célébrée.
  • Le 2nd jour on célèbrera une messe votive solennelle avec ministres sacrés, pour la paix ou pour une autre nécessité (avec Gloria – sauf si la messe est en ornements violets), selon les prescriptions de l’évêque.
  • Cette messe du 2nd jour ne sera célébrée ni à l’autel de l’exposition, ni à celui où serait conservée la réserve eucharistique.
  • Pendant la durée de l’exposition, on ne doit célébrer aucune messe de requiem.
  • L’antependium de l’autel de l’exposition sera toujours blanc, quelle que soit la couleur de la messe et de l’office du jour.
  • Lorsque le Saint Sacrement est exposé il est défendu de faire usage de la clochette aux messes basses. Il convient que son usage soit aussi interdit aux messes solennelles.
  • Il est de même interdit de faire toute quête dans l’église pendant que le Très-Saint Sacrement est exposé, ni d’y disposer des troncs spéciaux.
  • Les prédications pendant les Quarante-Heures ne sont pas encouragées ; mais si toutefois elles ont lieu, elles doivent être brèves et ne devront porter que sur l’Eucharistie ; il est interdit au prédicateur de faire usage de la barrette et de l’étole. Le prédicateur devra se placer de biais près de l’autel de l’exposition de sorte qu’aucun fidèle n’ait à tourner le dos à celui-ci.

Particularités de la messe d’exposition

  • L’autel est préparé avant la messe pour l’exposition mais seuls les six cierges habituels seront allumés au début de la messe. La croix de l’autel reste à sa place. Un corporal peut être placé au trône d’exposition, si celui-ci est distinct de l’emplacement de la croix de l’autel. L’ostensoir sera préparé, recouvert d’un voile blanc, ainsi que le livre qui devra servir aux prières finales après la procession (on les trouve dans le Rituale Romanum par exemple). On préparera aussi le dais, les cierges à porter pendant la procession et deux encensoirs pour celle-ci.
  • A cette messe du 1er jour, le célébrant consacre deux grandes hosties, dont l’une servira pour l’exposition.
  • L’ostensoir est placé sur le corporal après la communion.
  • A partir du moment où la seconde grande hostie a été renfermée dans l’ostensoir par le diacre, le reste de la messe est célébré avec les rubriques de la Missa coram Sanctissimo :
    • le célébrant et ses ministres font la génuflexion devant le Saint Sacrement chaque fois qu’ils s’approchent ou se retirent du milieu de l’autel,
    • lorsque le célébrant ou le diacre s’adressent au peuple (pour le Dominus vobiscum, l’Ite, missa est et la bénédiction finale), ils se placent de biais côté évangile afin de ne pas tourner le dos au Très-Saint Sacrement
    • au cours du dernier évangile, le célébrant génuflecte à Et Verbum caro factum est en se tournant vers le Corps du Seigneur.
  • Après le dernier évangile, le célébrant et ses ministres génuflectent à deux genoux au bas des marches de l’autel puis vont à la banquette où ils déposent leurs manipules, le célébrant laissant la chasuble pour prendre la chape, tout en ayant soin de ne pas tourner le dos se faisant au Saint Sacrement. La croix, les canons et le missel sont retirés de l’autel. Les deux thuriféraires viennent de la sacristie avec les éventuels céroféraires. Ils génuflectent à deux genoux en passant devant l’autel. Le célébrant impose l’encens – sans le bénir – aux deux encensoirs, à la banquette même (seule exception liturgique où cela se rencontre), assisté du diacre pendant que le sous-diacre soulève sa chape. Le célébrant et ses ministres vont s’agenouiller au pied de l’autel et il encense (avec l’encensoir du premier thuriféraire) le Saint Sacrement (comme au salut) puis reçoit le voile huméral blanc du cérémoniaire, que le sous-diacre attache. Le célébrant monte les marches avec ses ministres et s’agenouille. Le diacre, ayant fait la génuflexion sur le marchepied, prend l’ostensoir et le remet au célébrant agenouillé. Pendant ce temps, on forme la procession.

Procession du Saint Sacrement
Celle-ci ressemble beaucoup à la procession de la Fête-Dieu :

  • Les chantres entonnent alors l’hymne Pange lingua et la procession se met en marche.
  • Les confréries doivent marcher devant la croix et le clergé.
  • Le porte-croix est vêtu du surplis (et non de la tunique) et accompagné de deux acolytes et suivis des chantres.
  • Huit prêtres ou clercs doivent marcher devant le dais. Tous ont la tête découverte et il n’est pas permis de porter une calotte pour raison de santé.
  • Tous (clergé & peuple) portent des cierges en l’honneur du Saint Sacrement, qu’ils tiennent de la main extérieure.
  • Les ecclésiastiques parés ne peuvent revêtir que des ornements blancs.
  • Sur le parcours de la procession, on ne peut représenter des tableaux vivants de saints par des garçons ou des filles (cela se faisait beaucoup en France au XVIIème siècle).
  • Le clergé porte le dais. Toutefois, les magistrats les plus dignes peuvent les relayer pour porter les hampes du dais, mais seulement en dehors de l’église.
  • Deux thuriféraires devant le dais doivent encenser continuellement le Saint Sacrement sans se retourner.
  • Le célébrant, même évêque, doit marcher et porter l’ostensoir dans ses mains, et non à l’aide d’une quelconque machine.
  • Toutes les cloches doivent sonner pendant la procession, non seulement celles de l’église, mais aussi celles d’auprès desquelles la procession passerait. La procession peut aussi ne se faire que dans l’église (auquel cas elle prendrait par la droite en sortant du chœur pour prendre le bas-côté, puis remonterait l’allée centrale).
  • Si le parcours est long, un ou deux reposoirs peuvent être aménagés.
  • Au retour de la procession à l’autel où va avoir l’exposition, le diacre reçoit l’ostensoir du célébrant et le place sur le trône d’exposition, sur lequel a été disposé un corporal. On chante alors les deux dernières strophes de l’hymne Pange lingua : Tantum ergo et Genitori Genitoque.
  • L’officiant impose l’encens & encense le Saint Sacrement comme à l’ordinaire.
  • Deux chantres viennent alors s’agenouiller au milieu du chœur et commencent les litanies des saints. Tous restent à genoux. Après les litanies, le célébrant toujours à genoux, entonne le Pater noster qui est continué en secret. Les chantres entonnent ensuite le psaume 69 Deus, in adjutorium meum intende que le chœur poursuit en dialoguant. Puis le célébrant chante les versets Salvos fac servos tuos et suivants. Il se lève à Dominus vobiscum et chante les 5 oraisons des Quarante-Heures sur le ton férial. Après ces oraisons, le célébrant chante le verset Domine, exaudi orationem meam, les chantres chantent le verset Exaudiat nos omnipotens et misericors Dominus et le célébrant termine recto tono sur une note grave : Fidelium animæ per misericordiam Dei requiescant in pace. Commence alors l’adoration du Saint Sacrement.
Messe de reposition des Quarante-Heures célébrée devant le Saint-Sacrement exposé.
Messe de reposition des Quarante-Heures célébrée devant le Saint-Sacrement exposé.

Particularités de la reposition
La reposition à la fin des Quarante-Heures est sensiblement identique à l’exposition, avec toutefois l’ordre suivant : messe / litanies des saints / procession / fin des litanies (au lieu de messe / procession / litanies des saints).

  • La messe de reposition doit être chantée à l’autel de l’exposition, devant le Saint Sacrement exposé, et doit, de ce fait, suivre les rubriques de la missa coram Sanctissimo.
  • A la fin de la messe, comme à la messe d’exposition, le célébrant et ses ministres vont à la banquette retirer manipules et chasuble ; le célébrant prend la chape. La croix d’autel (si il y en avait une d’utilisée), les canons d’autel et le missel sont retirés de l’autel, un corporal est déployé au centre de celui-ci, la clef du tabernacle et un voile huméral blanc sont préparés.
  • Les ministres sacrés & le célébrant reviennent s’agenouiller sur la première marche au bas de l’autel. Deux chantres, agenouillés au milieu du chœur, chantent les litanies des saints suivies du psaume 69. Le célébrant chante les versets jusqu’au verset Domine exaudi orationem meam et sa réponse.
  • Vers la fin des litanies des saints, deux thuriféraires sont allés préparer les deux encensoirs, la procession se forme et on distribue à tous des cierges.
  • Quand le verset Domine exaudi orationem meam et sa réponse ont été chantés, le célébrant se lève et impose l’encens dans les deux encensoirs, sans bénir. Il reçoit le voile huméral et monte les marches avec ses ministres. Là le diacre donne au célébrant agenouillé l’ostensoir, comme au premier jour et on part en procession.
  • Pendant la procession, on chante le Pange lingua, comme au premier jour des Quarante-Heures, puis on revient à l’autel. Le diacre dépose l’ostensoir sur le corporal au milieu de l’autel. Les deux dernières strophes du Pange lingua (Tantum ergo & Genitori Genitoque) sont alors chantées, le Saint Sacrement étant encensé comme à l’ordinaire durant la dernière strophe.
  • Comme au salut, les chantres chantent le verset Panem de cœlo, le célébrant se lève pour chanter l’oraison du Saint Sacrement Deus qui nobis sub sacramento mirabili (sans Dominus vobiscum, comme à l’ordinaire) et ajoute les 4 autres prières des Quarante-Heures, comme au premier jour.
  • Comme au premier jour, après ces oraisons, le célébrant chante le verset Domine, exaudi orationem meam, les chantres chantent le verset Exaudiat nos omnipotens et misericors Dominus et le célébrant termine recto tono sur une note grave : Fidelium animæ per misericordiam Dei requiescant in pace.
  • Le célébrant donne alors la bénédiction du Saint Sacrement, comme à l’ordinaire. Le diacre remet le Très-Saint Sacrement au tabernacle, tous éteignent leurs cierges et on rentre à la sacristie après avoir salué l’autel.

Programme de la fête de la Purification de la Sainte Vierge au Temple (Chandeleur)

Procession de la Chandeleur (2 février)Saint-Eugène, le mardi 2 février 2016, procession & messe solennelle de 19h.

> Catéchisme sur la fête de la Purification

Mais celui qui veut partir ainsi doit venir au temple, venir à Jérusalem, attendre l’Oint du Seigneur, recevoir dans ses mains le Verbe de Dieu, l’embrasser par ses bonnes œuvres qui sont comme les bras de la foi. Alors il s’en ira paisiblement, et ne verra point la mort éternelle, puisqu’il aura vu la Vie. Tu vois que la naissance du Seigneur répand la grâce avec abondance sur toute sorte de personnes, et que le don de prophétie est refusé aux incrédules, mais non aux justes. Voici donc Siméon prophétisant que le Seigneur Jésus-Christ est venu pour la ruine et pour la résurrection d’un grand nombre, pour discerner ce que méritent les bons et les méchants, et pour décerner, juge infaillible, juge équitable, des supplices ou des récompenses, selon la qualité de nos actes.
Homélie de saint Ambroise, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

  • Procession d’entrée : Fumant Sabæis – hymne pour la Fête de la Purification – texte de Jean-Baptiste de Santeul, chanoine de Saint-Victor de Paris (Hymni sacri et novi, 1689) – plain-chant composé par l’abbé Pierre Robert (1618 † 1699), maître de chapelle des cathédrales de Senlis, Reims et Paris, et de la Chapelle royale
  • Bénédiction des cierges
  • Distribution des cierges bénis :
    Cantique de Siméon: Nunc dimittis (Luc 2, 29-31) – Faux-bourdon du 8ème ton par Maxime Kovalevski (1903 † 1988)
    Ave gratia plena, antienne de l’ancien rit parisien, tropaire de cette même fête au rit byzantin, anciennement traduit en latin
    Antienne Exsurge, Domine
  • Procession de la Chandeleur : antiennes Adorna thalamum & Responsum accepit – répons Obtulerunt pro eo. L’antienne Adorna thalamum est un des apostiches idiomèles des grandes vêpres de cette fête au rit byzantin, composition de saint Côme de Maïouma († vers 787), introduite par la suite comme antienne processionnelle dans le rit romain.
  • Kyrie de la Messe de Minuit pour Noël (H. 9) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704) maître de la musique de la Sainte Chapelle
    • Kyrie sur le vieux noël « Joseph est bien marié »
    • Christe sur le vieux noël « Or nous dites Marie« 
    • Kyrie sur le vieux noël « Une jeune pucelle de noble cœur »
  • Gloria de la Messe de Minuit pour Noël (H. 9) de Marc-Antoine Charpentier
    • Laudamus te sur le vieux noël « Tous les bourgeois de Chastre »
    • Quoniam tu solus sanctus sur le vieux noël « Où s’en vont ces gays bergers »
  • Credo III
  • Sanctus : Sanctus de la Messe de Minuit de Marc-Antoine Charpentier, sur le vieux noël « O Dieu que n’estois-je ne vie »
  • Après la Consécration : O salutaris sur le vieux noël « A la venue de Noël » – Henri de Villiers
  • Agnus Dei de la Messe de Minuit de Marc-Antoine Charpentier, sur le vieux noël « A Minuit fut fait un réveil »
  • Pendant la communion : Prose parisienne de la fête de la Purification
  • Ite missa est IV
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Sion orne ta chambre nuptiale – Antienne Adorna thalamum de saint Cosmas de Maïouma – VIIème ton russe stichéarique – adaptation de Maxime Kovalevsky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris

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Enregistrement : dimanche de la Sexagésime

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Téléchargez les partitions chantées au cours de cette messe & présentes dans cet enregistrement :

Les fichiers MP3 sont téléchargeables ici.

Salut du Très-Saint Sacrement après les secondes vêpres de la Sexagésime
Salut du Très-Saint Sacrement après les secondes vêpres de la Sexagésime

Vidéo YouTube de ce dimanche :

Vitrail représentant la parabole du Semeur

Programme du dimanche de la Sexagésime

Saint-Eugène, le dimanche 31 janvier 2016, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.

> Catéchisme sur la Septuagésime

> Le temps d’Avant-Carême (Septuagésime) dans les liturgies chrétiennes : antiquité & universalité

Le dimanche de la Sexagésime est le IInd des dimanches de l’Avant-Carême du rit romain. A l’office nocturne, l’Eglise poursuit la lecture du livre de la Genèse, commencée au dimanche de la Septuagésime, avec l’histoire de Noé.

A la messe se chante l’évangile de la parabole du Semeur. A Rome, la station de ce dimanche se célèbre à Saint-Paul-hors-les-Murs, d’où l’importante portion de la Seconde Epître aux Corinthiens où Paul livre l’intimité de ses combats et de ses grâces apostoliques.

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Programme du XXXVème dimanche après la Pentecôte – saints Athanase & Cyrille d’Alexandrie – ton 2

Saints Athanase et Cyrille - archevêques d'AlexandrieParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 31 janvier 2016 du calendrier grégorien, 18 janvier 2016 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour leurs Saintetés Athanase & Cyrille, archevêques d’Alexandrie.

Outre leurs fêtes particulières (respectivement le 2 mai pour saint Athanase et le 9 juin pour saint Cyrille), le rit byzantin joint dans une commune célébration les 2 figures majeures de l’Eglise d’Alexandrie le 18 janvier. Cette date commémorait initialement le retour d’exil de saint Athanase (sans qu’on sache exactement lequel exactement, puisqu’il fut exilé à 5 reprises et passa de longues années (environ 19 ans au total) loin de son siège patriarcal, à Rome, à Trèves, à Jérusalem, dans le désert égyptien.

Ces deux papes d’Alexandrie furent les champions de la foi orthodoxe face aux hérésies. Ils durent affronter l’adversité et l’exil mais ne flanchèrent pas.

Saint Athanase & saint Cyrille papes d'AlexandrieSaint Athanase (né vers 298, mort le 2 mai 373) prit part, alors qu’il n’était encore que diacre, au premier concile œcuménique réunit à Nicée en 325. Il y brilla en défendant la vrai foi – à savoir que le Christ est consubstantiel (« homoousios ») au Père (cf. Jean XIV, 9), et pas une simple créature comme le prétendaient les Ariens. Par la suite, il dû lutter contre Arius – qui avait été déposé par son prédécesseur saint Alexandre d’Alexandrie – et contre son parti, qui eut régulièrement les faveurs du gouvernement impérial, entraînant son exil à 5 reprises. Ce n’est qu’avant sa mort qu’il put vivre en paix quelque temps durant, en bon berger au milieu de son troupeau alexandrin, qui l’aimait profondément. Ses reliques sont vénérées dans l’église Saint-Zacharie de Venise au-dessus du corps de saint Zacharie, le père de saint Jean-Baptiste.

Saint Cyrille (né en 376, mort le 27 juin 444) devient évêque d’Alexandrie en 412 à la suite de son oncle Théophile. De même qu’Athanase, il eut à défendre la foi véritable face à Nestorius dont les positions mettaient en cause l’union de la Divinité et de l’Humanité dans le Christ. Il fut l’une des principales figures du troisième concile œcuménique réunit à Ephèse en 431, lequel condamne Nestorius qui refusait d’appeler « Mère de Dieu » la Vierge Marie.

*

Saint Athanase sur l’Incarnation du Verbe :

Le Verbe de Dieu, incorporel, incorruptible et immortel vient parmi nous. Certes, il ne se tenait pas éloigné auparavant, car il n’a vidé de sa présence aucune partie de la création, lui qui remplissait toutes choses en tout lieu, puisqu’il était avec son Père. Mais il vient dans sa condescendance, nous manifester son amour pour notre humanité. Il a compassion de notre race, prend pitié de notre faiblesse, s’émeut de notre déchéance et ne peut supporter la domination sur nous de la mort. Pour empêcher que sa créature ne se perde et que l’œuvre accomplie par son Père en créant les hommes ne soit inutile, il prend lui-même un corps, et ce corps n’est pas différent du nôtre. Il ne s’est pas contenté de prendre un corps n’importe comment et de se rendre seulement visible. C’est dans la Vierge qu’il se construit à lui-même ce corps comme temple de sa présence et qu’il se l’approprie comme instrument de sa manifestation.
Saint Athanase d’Alexandrie

Saint Cyrille sur l’Eucharistie :

Si le poison de l’orgueil s’installe en vous, tournez-vous vers l’Eucharistie. Et ce Pain, qui est votre Dieu qui Se déguise humblement, vous enseignera l’humilité. Si la fièvre de l’égoïste avarice fait rage en vous, nourrissez-vous de ce Pain ; et vous en apprendrez la générosité. Si le vent glacial de la cupidité vous refroidit, hâtez-vous vers le Pain des Anges, et la charité fleurira en votre coeur. Si vous ressentez la piqûre de l’intempérance, nourrissez-vous de la Chair et du Sang du Christ, qui pratiqua un héroïque contrôle de lui-même durant sa vie terrestre, et vous en deviendrez tempérant. Si vous êtes fainéant et négligent des choses spirituelles, renforcez-vous de cette nourriture céleste, et vous deviendrez fervent. Et enfin, si vous vous sentez souillé par la fièvre de l’impureté, allez au Banquet des Anges, et la toute pure Chair du Christ vous rendra pur et chaste.
Saint Cyril d’Alexandrie

*

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de Leurs Saintetés. Et maintenant. Theotokion de l’heure.
Kondakion : du dimanche.

A la divine liturgie de saint Jean Chrysostome

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du ton dominical occurrent, 4 tropaires de la 3ème ode du canon de saint Athanase, œuvre de saint Théophane le Marqué, & 4 tropaires de la 6ème ode du canon de saint Cyrille, œuvre de saint Jean Damascène :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Ayant purifié de toute souillure * ton âme et ton corps, tu devins, * Athanase, un temple digne de Dieu; * c’est pourquoi l’ensemble de la Trinité ** en toi, bienheureux Pontife, a trouvé son repos.
6. La grâce du Paraclet, * selon son désir ayant trouvé * ton âme purifiée des passions, * rendit manifeste son action en elle ** et fit de toi pour le monde un vrai flambeau.
7. Pontife, tu fus un exemple pour ceux de ton rang, * ta vie fut un modèle d’action, * ta parole, l’image même de la contemplation; * et ton enseignement pour dire vrai, ** fut théologie : une parole sur Dieu.
8. Plus haute que les Chérubins, les Séraphins, * tu es apparue, ô Mère de Dieu, * car seule, Vierge pure, tu as reçu dans ton sein * le Dieu que nul espace ne peut cerner, * et nous fidèles, par nos hymnes incessantes nous te disons bienheureuse.
9. Ayant trouvé ta force en Christ, * Cyrille, par la vigueur de ta pensée * tu brisas les pièges du tortueux dragon ** comme toile d’araignée.
10. De ton âme, Cyrille, tu secouas * la fange des passions * en abaissant toute superbe pensée ** élevée contre le Christ.
11. En athlète bien entraîné * tu évitas fermement * tout plaisir de la chair ** comme nuisible et pernicieux.
12. L’archange Gabriel * t’a dit l’ineffable joie: * Réjouis-toi, tabernacle divin ** où Dieu a bien voulu demeurer.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : * Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire de Leurs Saintetés, ton 4 : Dieu de nos pères, * toi qui agis toujours envers nous avec douceur, * ne détourne pas de nous ta miséricorde, * mais par leurs prières ** conduis notre vie dans la paix.
3. Kondakion de saint Athanase, ton 2 : Ayant planté l’enseignement de l’orthodoxie, * tu retranchas les ronces de l’erreur, multipliant la semence de la foi sous les rosées de l’Esprit, vénérable Père, ** c’est pourquoi nous te chantons, Athanase.
4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Kondakion de leurs Saintetés, ton 4 : Hiérarques sublimes de la foi, * & vaillants défenseurs de l’Eglise du Christ, * protégez tous ceux qui Lui chantent : « Sauve, Compatissant, ** les fidèles qui T’honorent ».
6. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
7. Kondakion du dimanche, ton 2 : Lorsque tu es ressuscité du tombeau, Sauveur tout-puissant, * l’Enfer à la vue de ce miracle fut saisi de frayeur ; * les morts se sont levés et, te voyant, la création partage ta joie, * Adam s’unit à l’allégresse ; ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
℣. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
[De Leurs Saintetés, ton 7 :
℟. Les justes jubilent de gloire, ils tressaillent sur leur couche (Psaume 149, 5).]

Epîtres
Du dimanche : Colossiens (§ 258) III, 12-16.
Que la parole du Christ demeure en vous avec plénitude, et vous comble de sagesse. Instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, chantant de cœur avec édification les louanges du Seigneur.
[De Leurs Saintetés : Hébreux (§ 334) XIII, 7-16.
Souvenez-vous de vos conducteurs, qui vous ont prêché la parole de Dieu ; et considérant quelle a été la fin de leur vie, imitez leur foi.]

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
℣. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
℣. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
[De Leurs Saintetés, ton 2 :
℣. Que tes prêtres soient revêtus de justice, et que tes saints tressaillent de joie. (Psaume 131, 9)]

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 91) XVIII, 18-27.
Ce que Jésus ayant entendu, il lui dit : Il te manque encore une chose : vends tout ce que tu as, et le distribue aux pauvres, et tu aura un trésor dans le ciel ; puis viens, et me suis.
[De leurs Saintetés : Matthieu (§ 11) V, 14-19.
Celui donc qui violera l’un de ces moindres commandements, et qui apprendra aux hommes à les violer, sera regardé dans le royaume des cieux comme le dernier ; mais celui qui fera et enseignera, sera grand dans le royaume des cieux..]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[Des saints : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).] Alleluia, alleluia, alleluia.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Programme du dimanche de la Septuagésime

Saint-Eugène, le dimanche 24 janvier 2016, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.

> Catéchisme sur la Septuagésime

> Le temps d’Avant-Carême (Septuagésime) dans les liturgies chrétiennes : antiquité & universalité
 
La Septuagésime nous prépare au Carême en nous invitant à penser à notre destinée. Ce temps d’Avant-Carême est caractérisé par la mise en place des règles liturgiques suivantes, propre à marquer la pénitence :

1. La couleur violette sert à l’office & à la messe du Temps de la Septuagésime pour tous les vêtements & ornements liturgiques.

2. L’Alleluia est supprimé depuis la fin des Ières vêpres de la Septuagésime jusqu’à la vigile pascale. A la fin des Ières vêpres de la Septuagésime, on fait l’adieu de l’Alleluia (Clausum Alleluia) : 2 chantres chantent en conclusion de ces vêpres, sur le ton de Pâques :

℣. Benedicamus Domino, alleluia, alleluia.

Et on y répond :

℟. Deo gratias, alleluia, alleluia.

Après ce renvoi, l’Alleluia qui termine chaque Deus, in adjutorium au début de tous les offices est remplacé par Laus tibi, Domine, Rex æternæ gloriæ (Louange à toi, Seigneur, Roi d’éternelle gloire).

A la messe, l’Alleluia qui suit le graduel est remplacé par le chant du trait le dimanche & aux jours de fête (on ne chante que le graduel seul aux messes fériales).

3. Les glorieuses hymnes que sont le Te Deum à l’office de la nuit et le Gloria in excelsis Deo à la messe sont supprimées. Elles reviendront à Pâques (et, pour le Gloria in excelsis Deo, à titre exceptionnel à la messe du Jeudi Saint). Dans le rit traditionnel, le Benedicamus Domino remplace l’Ite, missa est à la fin de la messe (la règle traditionnelle est simple & générale : on ne chante l’Ite, missa est à la messe que lorsqu’on y chante le Gloria in excelsis Deo).

4. On peut toutefois continuer à toucher l’orgue seul (jusqu’au Mercredi des Cendres).

5. Les auteurs ne s’accordent pas sur le maintien de la dalmatique du diacre et de la tunique du sous-diacre. La plupart notent qu’on continue à utiliser ces vêtements liturgiques (qui sont signes de joie), quelques uns néanmoins indiquent qu’il faut passer aux chasubles pliées, utilisées pour les jours de pénitence. Il est vrai que la rubrique du Missel (Partie I, titre 19, n°6) n’indique l’emploi des chasubles pliées pour les jours de jeûne et que le temps de la Septuagésime n’est pas jeûné (historiquement, on n’y jeûnait que le mercredi, le vendredi & le samedi comme le reste de l’année) ; la même rubrique précise l’emploi des chasubles pliées aux dimanche de Carême (qui ne sont pas jeûnés) sans faire remonter cet usage aux dimanches de Quinquagésime, Sexagésime et Septuagésime.

Au dimanche de la Septuagésime, à l’office nocturne, l’Eglise romaine démarre la lecture de la Bible dans l’ordre, en commençant par le livre de la Genèse : la création du monde et la chute d’Adam. On trouvera des allusions à ces thèmes dans diverses pièces de l’office divin et de la messe.

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Programme du XXXIVème dimanche après la Pentecôte – dimanche après la Théophanie – saint Théodose le Grand, le Cénobiarque – ton 1

Saint Théodose le Grand le Cénobiarque - mosaïque du monastère Nea Moni de l'île de Chios - XIème siècleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 24 janvier 2016 du calendrier grégorien – 11 janvier 2016 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton I de l’Octoèque. Ce dimanche est aussi celui après la Théophanie, aussi plusieurs pièces de la liturgie du jour sont-elles propres à ce dimanche, qui se situe encore dans les 8 jours d’après-fête, laquelle se clôture le 14 janvier.

Nous fêtons aussi en ce jour notre vénérable Père, saint Théodose le Grand, le Cénobiarque, l’un des fondateurs du monachisme palestinien.

Théodose naquit vers 424 dans une famille chrétienne de Cappadoce. Doté d’une belle voix, il devint encore jeune chantre-lecteur dans son église. En 451, il entrepris de faire un pèlerinage à Jérusalem. En passant à Antioche, il alla voir le célèbre saint Siméon le Stylite. Comme il approchait de la colonne au sommet de laquelle demeurait ce saint, il l’entendit qui l’appelait en disant : « Théodose, homme de Dieu, soyez le bienvenu ! » Etonné de se voir appelé par son nom et ainsi qualifié, Théodose fut invité par saint Siméon au sommet de la colonne ; celui-ci bénit le jeune homme en lui prédisant qu’il sera pasteur d’âmes d’un grand troupeau de brebis qu’il sauvera de la méchanceté du loup.

Ayant visité Jérusalem, Théodose décida de devenir disciple d’un vieillard, Longin, qui vivait près de la tour de David à côté de la porte de Jaffa. Puis il s’installa selon ses conseils à mi-chemin entre Jérusalem et Bethléem dans une communauté religieuse, mais finalement se décida pour la vie érémitique et partit au désert, où il demeura dans une grotte.

Des disciples vinrent bientôt à leur tour suivre son enseignement et vivre dans les grottes environnantes. À la requête des frères – devenus très nombreux – de construire un monastère, Théodose pris un encensoir, y jeta des braises froides et de l’encens et s’en alla marcher dans le désert. Dieu lui indiqua l’endroit propice à la construction du cenobium en déclenchant soudain l’allumage d’un feu nouveau dans l’encensoir. A cet endroit, peu de temps après, en 476, furent construits une première église, les cellules et les bâtiments communautaires de la laure de Théodose le Grand, l’un des tous premiers monastères, dédié à la Mère de Dieu, qui devint l’un des plus importants du désert de Juda avec 400 moines. La laure de Théodose attira des frères venant même du lointain Caucase, car à côté de l’église principale où les offices se célébraient en grec, on en construisit deux autres : une pour les Ibères et une pour les Arméniens. Pendant la période de son rayonnement le plus intense (du VIème siècle au début du VIIème siècle), le monastère de Théodose accueillait environ sept cents frères. L’Higoumène russe Daniel, qui périgrinait en Palestine aux alentours de l’an 1110, le visita. La laure parvint à continuer son existence jusqu’au début du XVIème siècle, date à laquelle elle fut détruite par les Turcs et n’a subsistée qu’à l’état de ruines.

Monastère de Théodose le Grand dans le désert de JudéeLe patriarcat orthodoxe de Jérusalem a racheté en 1898 la parcelle de terre sur laquelle se trouvait les ruines du monastère et a fait procéder à une reconstruction qui s’est déroulée en plusieurs étapes de 1914 à 1952. C’est ici que se trouve la tombe de Jean Moschus et d’autres saints de l’Église du temps des Pères. La relique du corps de saint Théodose le Grand, quant à elle, avait été transférée à l’abri au Saint-Sépulcre avant la destruction de la laure par les Turcs. Le monastère restauré abrite aujourd’hui une communauté féminine orthodoxe grecque.

Dès ses origines, le monastère de Théodose se signala par l’assistance importante que les frères dispensaient aux miséreux et plus particulièrement aux malades, pour lesquels un hôpital fut établi. Face à l’extrême dénuement des moines, la Providence dût souvent pourvoir par des miracles surprenants & éclatants à la nourriture de tous ces nécessiteux.

La Vie de saint Théodose par un de ses disciples (probablement le moine Cyrille) rapporte plusieurs autres miracles, toutefois nous allons nous attarder sur l’un de ces récits, car le canon de matines de la fête de saint Théodose l’évoque à plusieurs reprises, et ce texte devient obscur si l’on méconnait l’épisode suivant de la vie de notre saint.

Parmi les piliers de la vie cénobitique que Théodose proposait à ses disciples, le souvenir de la mort occupait la première place ; Théodose voyait en effet en elle le fondement de la perfection religieuse. Aussi décida-t-il de faire bâtir un grand tombeau, qui devait servir de sépulture commune aux religieux, afin que mourant tous les jours par la méditation à la vue de cet objet de mort, ils en eussent moins d’appréhension lorsqu’elle arriverait.

Un jour que Théodose et ses frères étaient assemblés autour de ce tombeau, il leur dit de bonne grâce : « La fosse est faite ; mais qui de nous y entrera le premier ? » L’un des disciples, le prêtre Basile, dit alors en se mettant à genoux : « Mon Père, donnez-moi votre bénédiction, car je serai le premier qui y descendrai ». Théodose lui donna sa bénédiction et ordonna aux frères de réciter les prières que l’Eglise prescrit pour les défunts pendant 40 jours, alors même que le prêtre Basile était toujours en vie et en parfaite santé. Au bout des 40 jours, Basile s’endormit d’un doux sommeil et rendit paisiblement son âme à Dieu. Après ce trépas, Basile apparut pendant 40 jours encore, chantant dans le chœur des moines, visible de Théodose seul et audible d’un autre frère appelé Ætius.

Saint Théodose était lié d’une belle amitié spirituelle à saint Sabas, lequel lui envoyait les jeunes postulants de son monastère afin qu’ils reçoivent une première expérience de vie cénobitique. Le patriarche Saluste de Jérusalem (486 † 494) confia pour mission aux deux saints de remettre de l’ordre dans le monachisme de Palestine qui était alors profondément affecté par les controverses doctrinales entre orthodoxes et monophysites. A cet effet, le patriarche nomma Sabas et Théodose archimandrites, c’est-à-dire responsables de plusieurs établissements monastiques (sens originel de ce mot). Théodose reçut la charge de superviser les moines cénobites, d’où son surnom de Cénobiarque – le chef des cénobites – l’autre, Sabas, en tant qu’ « exarque des solitaires », devait veiller sur les ermites qui vivaient isolés ou auprès de laures.

Théodose était un fervent opposant des doctrines monophysites, ce qui lui valut un bref exil de la part de l’empereur Anastase Ier, après qu’il eut proclamé à l’ambon du Saint-Sépulcre : « Quiconque ne reçoit pas les quatre Conciles généraux, comme les quatre Evangiles, soit maudit & excommunié ».

Saint Théodose le Grand mourut en 529. Ses funérailles furent célébrées par le patriarche Pierre III de Jérusalem (524 † 552) entouré d’un grand nombre d’évêques, de clercs, de moines & de fidèles.

Il est fêté par le rit romain à la même date que le rit byzantin. Voici ce que dit le Martyrologe romain au 11 janvier :

En Judée, saint Théodose le Cénobiarque, né en Cappadoce au bourg de Magarisse. Il souffrit beaucoup pour la foi catholique, et finalement mourut en paix dans le monastère qu’il avait construit sur une montagne déserte du diocèse de Jérusalem.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Vénérable Père. Et maintenant. Theotokion de tierce.
Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de sexte.
Kondakion : du Vénérable Père.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du ton dominical occurrent, auxquels on ajoute 4 tropaires de la 6ème ode du canon de la fête – œuvre de saint Côme de Maïouma et de saint Jean Damascène, & 4 tropaire de la 6ème ode du canon du vénérable Père :
1. Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam * lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, * mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron qui lui criait : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Je me prosterne devant ta Passion * et je glorifie ta sainte Résurrection ; * avec Adam & le bon Larron * je te crie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Librement, Seigneur sans péché, * tu as souffert la croix & la mise au tombeau ; * mais, comme Dieu, tu es ressuscité, * faisant surgir avec toi * Adam qui s’écrie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Le temple de ton corps, tu l’as relevé * du tombeau le troisième jour ; * avec Adam, ô Christ notre Dieu, * tu as ressuscité le genre humain, * qui chante : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Né du Dieu et Père immatériellement, * de la Vierge, sans souillure, * le Christ prend chair * dont le Précurseur nous enseigne qu’il ne peut délier la courroie, * c’est-à-dire l’union du Verbe et de notre nature, ** puisqu’il est venu racheter les mortels de l’erreur.
6. C’est le Christ qui baptisera dans le feu ultime * ceux qui désobéissent & ne le conçoivent pas en tant que Dieu ; * mais c’est dans l’Esprit que par la grâce & dans l’eau * Il renouvelle ceux qui reconnaissent sa divinité, ** en les sauvant de leurs péchés.
7. Du ciel s’entr’ouvrent les brillants rideaux * et le Prophète voit l’Esprit * qui procède du Père et demeure dans le Verbe * descendre comme colombe d’ineffable façon ** et il apprend aux peuples à courir vers leur Maître.
8. Du ciel s’entr’ouvrent les brillants rideaux * et le Prophète voit l’Esprit * qui procède du Père et demeure dans le Verbe * descendre comme colombe d’ineffable façon ** et il apprend aux peuples à courir vers leur Maître.
9. Ô Christ, par ta résurrection tu nous as donné l’immortalité; * c’est pourquoi Basile, ton illustre serviteur, ** bien que mort, se manifeste encore vivant.
10. Le Dieu qui purifie le monde est baptisé pour moi, * lui qui s’est conformé à mon humanité ** et qu’en deux natures, bienheureux Théodose, tu prêchas.
11. C’est la douceur de l’allégresse, Théodose, qu’ont distillée * les sources de tes pleurs pour le Christ notre Dieu ** qui changea les larmes des Myrophores en sainte joie.
12. Rends-moi digne de ta divine compassion, * toi qui enfantas le Seigneur compatissant ** dont le sang nous a sauvés de la mort.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »
2. Tropaire de la fête, ton 1 : Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
3. Tropaire du Vénérable Père, ton 8 : Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le désert stérile, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, * par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier : ** vénérable Père Théodose, prie le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.
4. Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion du Vénérable Père, ton 8 : Planté dans les parvis de ton Seigneur, * tu as brillamment fleuri4 par tes œuvres bonnes * et tu as multiplié le nombre de tes disciples dans le désert * les abreuvant du flot de tes larmes comme un pasteur au service de Dieu ; ** aussi te clamons-nous : Réjouis-toi, Père Théodore.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion de la fête, ton 4 : En ce jour de l’Epiphanie * l’univers a vu ta gloire * car, Seigneur, tu t’es manifesté * et sur nous resplendit ta lumière ; * c’est pourquoi en pleine connaissance nous te chantons : * Tu es venu et t’es manifesté, ** Lumière inaccessible.

Prokimen
Du dimanche après la Théophanie, ton 1 :
℟. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
℣. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
Du Vénérable Père, ton 7 :
℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).

Epîtres
Du dimanche après la Théophanie : Ephésiens (§ 224) IV, 7-13.
Or la grâce a été donnée à chacun de nous, selon la mesure du don du Christ.
Du Vénérable Père : II Corinthiens (§ 176) IV, 6-15.
Or nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin qu’on reconnaisse que la grandeur de la puissance qui est en nous, est de Dieu, et non pas de nous.

Alleluia
Du dimanche après la Théophanie, ton 5 :
℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
℣. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
Du Vénérable Père, ton 6 :
℣. Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui a une grande affection pour ses commandements (Psaume 111, 1).

Evangiles
Du dimanche après la Théophanie : Matthieu (§ 8) IV, 12-17.
Ce peuple qui était assis dans les ténèbres a vu une grande lumière, et la lumière s’est levée sur ceux qui étaient assis dans la région de l’ombre de la mort.
Du Vénérable Père : Matthieu (§ 43) XI, 27-30.
Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique (de la fête)
Mégalynaire : Magnifie, mon âme, * la Toute-vénérable reine de l’armée des cieux, * la très sainte Vierge Mère de Dieu.
Hirmos : Toute langue hésite à te célébrer comme il convient, * & tout esprit, même élevé, est saisi de vertige à te chanter, Mère de Dieu ; * mais comme tu es bonne, reçois notre foi * car tu sais notre amour inspiré par Dieu : ** tu es la protectrice des chrétiens, nous te magnifions.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Du Vénérable Père : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme de la messe solennelle de Requiem pour Louis XVI

LouisXVI

Saint-Eugène, le jeudi 21 janvier 2015, Requiem solennel de 19h.

« Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France ».
Louis XVI.

L’évènement sur Facebook.

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Programme du IInd dimanche après l’Epiphanie

2nd dimanche après l'Epiphanie - les noces de CanaSaint-Eugène, le dimanche 17 janvier 2016, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.

Le troisième mystère de l’Epiphanie :
les noces de Cana.

« Le troisième Mystère de l’Épiphanie nous montre la consommation des plans de la divine miséricorde sur le monde, en même temps qu’il nous manifeste une troisième fois la gloire de l’Emmanuel.

L’Etoile a conduit l’âme à la foi, l’Eau sanctifiée du Jourdain lui a conféré la pureté, le Festin Nuptial l’unit à son Dieu.

Nous avons chanté l’Époux sortant radieux au-devant de l’Épouse ; nous l’avons entendu l’appeler des sommets du Liban ; maintenant qu’il l’a éclairée et purifiée, il veut l’enivrer du vin de son amour. »

Dom Guéranger.

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