Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Oraison funèbre du Requiem du 21 janvier 2026 par le R.P. Thomas, s.j.

Oraison funèbre
pour la Messe solennelle de Requiem
pour le repos de l’âme du Roi Louis XVI

Eglise Saint-Eugène-Sainte-Cécile, Paris
21 janvier 2026

Requiem pour Louis XVIAu Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Mes chers Frères,

Lorsque le sang de ses fils coule dans un pays par décision de ceux qui le gouvernent, à la tristesse s’ajoutent la malédiction et le malheur. Si le père lui-même est immolé par un régime politique, ce dernier, – à moins de se repentir -, ne pourra plus que laisser derrière lui dévastation et décadence. La Révolution ne fut ni une révolte, ni une rébellion. Elle ne fut point la fièvre mais la maladie. Ce ne sont pas les barricades qui bouleversent une nation mais l’écroulement des puissances spirituelles voulues et programmées par ceux qui saisissent le pouvoir. Louis XVI, dans sa dure montée vers l’échafaud, racheta ses erreurs politiques en s’offrant sans réserve pour le sacrifice, un sacrifice expiatoire. Le 11 juin 1775, au jour de son sacre en la cathédrale de Reims, le jeune roi impressionna les assistants par son attitude recueillie et sa foi sincère, à tel point que le duc de Croÿ, témoin de la cérémonie, rapportera :

« Dans ce moment (de l’intronisation), des larmes de joie coulèrent à chacun, et le saisissement fut tel, que, ce qui n’était jamais arrivé, des claquements de mains sans nombre se joignirent aux cris de « Vive le roi ! » et tout le monde fut transporté hors de lui-même. Je sais bien que je n’ai jamais vu un enthousiasme pareil : je fus tout étonné de me trouver en pleurs et de voir tout le monde de même. »

Tel fut donc le jour des Rameaux, l’entrée triomphale à Jérusalem, de ce lieutenant du Christ qui posa ainsi le pied sur le chemin de la Passion. Sur ce corps oint par le sacre reposa alors la survie de la vocation spirituelle de la France. Quelle est-elle d’ailleurs ? Georges Bernanos la définit ainsi :

« [Elle] ne consiste pas en quelque moyen d’ébranler le monde par des doctrines neuves et surprenantes. Moins encore à exercer par la force ou le prestige, une sorte de dictature des consciences. Il est beaucoup plus juste de dire que sa mission providentielle est de maintenir le monde dans les limites de l’humain, de le circonscrire dans le cercle des valeurs humaines que le christianisme divinise. […] Que signifie maintenir le monde dans l’humain, sinon le défendre contre l’inhumain, contre les grandeurs inhumaines ? Et que peuvent être ces grandeurs inhumaines, sinon des divinités féroces et cupides, implacables, impitoyables ? Il y a des siècles que la France se voit mise en face de ces bêtes redoutables, comme Jeanne d’Arc en face de ses juges. »

Requiem pour Louis XVIComme aussi Louis, fils de Louis, en face de ses juges iniques. L’homme, marqué du sceau de Dieu, est debout devant le tribunal d’hommes qui ont choisi de servir des idoles en sacrifiant l’humain.

Le bourreau Charles Henri Sanson, confiant son témoignage à Théodore de Lameth après la terrible exécution, transmet fidèlement les dernières paroles de Louis XVI sur le point d’être immolé :

« Vous savez tous que je suis innocent, mais si le sacrifice de ma vie peut être utile au repos de mon peuple, je le fais volontiers. »

Il s’agit bien d’un sacrifice, non point pour son salut personnel, mais pour le repos de la France. Cependant la France ne trouva plus le repos depuis car elle ne confessa jamais son crime et elle continue de graver dans le marbre de ses lois tout ce qui offense l’essence de l’homme et la grandeur de Dieu, la sacralité de la vie humaine et l’inviolabilité de la nature et du surnaturel. Tant que le roi vivait, même écrasé par les humiliations, les injures, dépossédé de son nom et de son titre, la mèche fumait encore et le roseau à demi rompu n’était point brisé, pour reprendre l’image utilisée par Notre Seigneur (Evangile selon saint Matthieu XII, 20).

Louis XVI prit au sérieux le fait d’être un fils de saint Louis. Résonne encore la voix de Bossuet prêchant au Louvre devant Louis XIV le dimanche des Rameaux 1662 :

« Rien de plus grand dans les grands, que cette noble obligation de vivre mieux que les autres. Car ce qu’ils feront de bien ou de mal dans une place si haute, étant exposé à la vue de tous, sert de règle à tout leur empire. Et c’est pourquoi, dit saint Ambroise, « le prince doit bien méditer qu’il n’est pas dispensé des lois, mais que lorsqu’il cesse de leur obéir, il semble en dispenser tout le monde par l’autorité de son exemple. »

Quel pontife, en notre temps, ose encore s’adresser de la sorte à ceux qui gouvernent le monde ? Seul un roi très chrétien est capable d’entendre, d’écouter, de mettre en pratique et de se repentir du mal commis si cela est nécessaire.

Requiem pour le Roi 2022 - Le catafalque pour Louis XVI.Louis XVI avait une âme semblable à celle des chrétiens de Rome attachés à l’enseignement de saint Paul, à celle des fidèles soutenus par saint Justin ou Tertullien au cœur des persécutions, une âme sensible à la description de la lutte des deux cités, – celle de Dieu et celle des hommes -, par saint Augustin. Il est habité par une inaltérable douceur, une patience invincible, une inviolable fidélité envers la foi.

Depuis sa prime jeunesse, il avait pris l’habitude d’assister à la sainte messe chaque jour, communiant régulièrement grâce à une confession fréquente. La figure de son dernier confesseur, au temps mauvais, le marquera profondément, guidant ses décisions pour corriger les malheurs spirituels du temps. Le P. François-Louis Hébert, supérieur général des Eudistes, remplaça dans cette tâche Jean-Jacques Poupard, curé de Saint-Eustache qui avait prêté serment à la constitution civile du clergé. Aussitôt, il invita le roi à prêter vœu au Sacré Cœur afin de contrer les méfaits de la Révolution. Aux côtés du monarque jusqu’au 10 août 1792, il mourra martyr à Saint-Joseph-des-Carmes lors du massacre des prêtres le 2 septembre de la même année. Ce sont les journaux jacobins qui relatent le fait que toutes les victimes portaient sur elles une image avec le double cœur, Sacré Cœur de Jésus et Cœur immaculé de Marie, ainsi qu’une prière à la Très Sainte Vierge pour le roi. Le P. Hébert connaissait dans le détail l’âme de son pénitent et la prière qu’il composa ainsi est révélatrice de la haute opinion qu’il avait de Louis XVI. Dans le numéro de septembre 1792 des Révolutions de Paris, organe des persécuteurs, l’intégralité du texte est reproduite, ceci afin de souligner le fanatisme religieux de ces prêtres réfractaires. Il faudrait lire toutes ces lignes si émouvantes. En voici un court extrait :

« Considérez, Mère très pure, Vierge remplie de clémence, que ce bon prince n’a jamais été souillé par celui de tous les vices que vous avez le plus détesté : qu’il n’a été ni un homme de sang, ni le tyran de son peuple. Vierge toute puissante, le canal de tous les dons et de toutes les vertus, c’est par vous que ses mœurs sont pures, qu’il aime la droiture, la probité, et que la bonté de son âme s’est toujours refusée à permettre que l’on répandît le sang d’un seul homme pour mettre sa propre vie à couvert. […] Augmentez et perfectionnez sans cesse ses vertus chrétiennes et ses vertus royales. Sanctifiez surtout ses épreuves et ses sacrifices, et faites-lui mériter une couronne plus brillante et plus solide que les plus belles couronnes de la terre. »

Moins de cinq mois plus tard, les derniers mots adressés à Louis gravissant les marches menant à la guillotine furent, de la bouche de l’abbé Edgeworth de Firmont, – comme rapportés encore par le bourreau Sanson :

« Fils de saint Louis, montez au ciel ! ».

En cette année où nous célébrons le 800ème anniversaire du sacre de saint Louis, nous ne pouvons que nous incliner devant la mémoire de ces deux rois, l’un canonisé par l’Eglise, l’autre martyr de la foi, qui partagèrent tous deux un identique attachement à la mission reçue par l’onction de Reims. Saint Louis prit Louis XVI par la main jusqu’à la décapitation afin de l’introduire dans un Royaume autrement plus lumineux que celui de France et de Navarre. Nous connaissons les dernières paroles de Notre Seigneur en croix, dont

« Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » (Evangile selon saint Luc XXIII, 34).

En écho, Louis XVI, malgré les tambours qui tentèrent de couvrir sa voix, prononça distinctement, avec une voix assurée, à l’adresse des spectateurs de sa mort, et, au-delà d’eux, de tous les peuples de France, ces paroles mémorables, que vous connaissez tous :

« Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France. »

Cette insistance sur le pardon est présente aussi dans le Testament que nous avons de nouveau entendu avec émotion, texte rédigé le jour de Noël 1792, alors que le souverain sait que son sort sera bientôt scellé :

« Je pardonne de tout cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis. […] Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. […] Et à ceux qui par un faux zèle ou par un zèle malentendu m’ont fait beaucoup de mal. » (ses frères qui ont trahi et abandonné et une grande partie de la noblesse)

En ses derniers jours, Louis XVI reçoit des grâces particulières qui, à la fois, le soutiennent dans son sacrifice et qui lui révèlent le sort funeste réservé au pays, comme il le dit, le 20 janvier, à son fidèle valet Cléry :

« Je vois le peuple livré à l’anarchie, devenir la victime de toutes les factions, les crimes se succéder, de longues dissensions déchirer la France. »

Le 18 janvier, il avait confié à Malesherbes :

« La nation est égarée, et je suis prêt à m’immoler pour elle. »

Ajoutant après un silence :

« Le sacrifice de ma vie est peu de chose à côté de sa gloire et de son bonheur (gloire et bonheur de la France). »

Il n’est point angoissé, triste pour lui-même : il souffre pour ses peuples. Au soir du 20 janvier, se préparant à l’exécution, il souffle à Cléry :

« Je suis soulagé de voir s’achever enfin une si longue agonie. »

Requiem pour Louis XVI du 21 janvier 2021.

Admirable imitation de Notre Seigneur dont l’âme, triste à en mourir, fut percée pour nous, insensés. Jean de Viguerie parlera de Louis XVI comme du « roi bienfaisant ». Le qualificatif est approprié : un roi faisant le bien pour le bien commun, ceci au-delà et au-dessus de la sphère politique toujours entachée d’imperfections. Il avait parfaitement conscience, à la suite de saint Augustin, que l’Etat avec majuscule n’est qu’immoralité organisée. Louis XVI ne marche pas au martyre pour ce gros animal impitoyable, pour la patrie chantée par les révolutionnaires. Les pharisiens déjà étaient des patriotes prêts à tuer le Messie pour sauver la Nation. Louis XVI, à la suite du Christ, refusa de participer aux guerres de l’iniquité, demandant à tous ceux qui eurent l’intention de le délivrer, de ne point tenter l’utilisation de la violence. Les régénérations, les restaurations, les contre-révolutions ne s’opèrent qu’avec son propre sang, et non point avec le sang des autres. Comment Notre Seigneur a-t-Il « restauré toutes choses au ciel et sur la terre » (Saint Paul, Epître aux Colossiens I, 19-20) ? In proprio sanguine. Il n’a renversé aucune puissance de la terre faisant pacte avec les ténèbres, Il ne s’est appuyé sur aucun instrument temporel. Louis XVI a appliqué à lui-même ce modèle du Maître, sans cesser d’espérer mais en sachant que le combat était d’ordre surnaturel et que ses armées ne serviraient de rien. Parfois tout semble définitivement détruit et désolé, et soudain, il suffit d’un rien, d’une étincelle provenant du Ciel par le canal de la charité, de l’humilité et de la sainteté, pour que la source recommence à jaillir. Dans le Livre de Job, se trouve cette image poétique :

« Un arbre a de l’espoir : si on le coupe, il reverdit, et ses rameaux poussent. Quand sa racine aurait vieilli dans la terre, quand son tronc serait mort dans la poussière, à l’odeur de l’eau, il germera, et portera des feuilles comme auparavant, lorsqu’il fut planté. » (Job XIV, 7-9)

L’odeur de l’eau, voilà quelque chose de bien ténu, impalpable, imprévisible, immatériel, d’un autre ordre que celui du monde. Ainsi la marque d’un vrai chrétien posant ses sandales dans la poussière de la terre. Tout peut reverdir. L’aiguille est la vie politique, quel que soit le régime. Le fil est non seulement le moral mais aussi le spirituel : l’aiguille passe et le fil demeure. Si l’aiguille n’a pas de fil, elle ne peut rien coudre. Parfois elle croit se suffire à elle-même, mais sans le secours du fil, elle est inutile. Certes, en politique, Dieu semble être plus faible que l’Adversaire car les grands édifices chrétiens se sont souvent écroulés. Pourtant le matériel n’est qu’apparence. Louis XVI n’a pas déposé son espérance dans les institutions séculaires de la monarchie. Leur disparition n’a pas ébranlé sa foi parce qu’il savait que le prince de ce monde n’aurait jamais sur lui aucun pouvoir car déjà vaincu, une fois pour toutes, sur la Croix. Il sentait « l’odeur de l’eau » tandis que ses contemporains se laissaient emporter par l’utopie d’un âge nouveau ou bien sombraient dans la terreur des écroulements. Une prière du XIIème siècle exprime magnifiquement et sobrement ce qui soutint Louis, fils de saint Louis jusqu’à cette heure sombre et glacée sur la place Louis XV. Permettez-moi de la lire afin que nous puissions la faire nôtre :

« Ô Dieu tout puissant, qui avez établi l’Empire des Francs pour être l’instrument de votre divine volonté dans le Monde entier, le Porte-Glaive et le Rempart de votre Sainte Eglise, nous vous en supplions, que Votre céleste lumière prévienne partout et toujours les fils des Francs tournés vers Vous, afin que, voyant ce qu’il importerait de faire pour établir votre royaume en ce monde, ils aient le courage de l’accomplir avec une énergie et une charité que rien ne lasse. Ainsi soit-il. »

Il nous incombe de réaliser cette promesse, de poursuivre l’œuvre initiée par nos rois, de travailler au règne de Dieu sur terre et d’aspirer au Royaume des cieux par la pratique d’une intense charité, reliquaire de toutes les autres vertus. Que chacun puisse entendre, en sa dernière heure, une voix céleste l’invitant ainsi : « Fils de France, montez au Ciel ! » Ainsi soit-il.

Au Nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

P. Jean-François Thomas s.j.
13 janvier 2026
Octave de l’Epiphanie, Baptême de Notre Seigneur

Photos et vidéo des messes solennelles de Requiem pour le roi Louis XVI

Comme chaque 21 janvier depuis 1993, ce n’était pas une mais deux messes solennelles de Requiem pour Sa Majesté le Roi Louis XVI qui étaient célébrées cette année à Saint-Eugène, en ce 228ème anniversaire de la mort.

La messe de 19h fut enregistrée et vous pouvez retrouver celle-ci sur YouTube sur la chaîne Ite Missa Est) :

Voici quelques photos qui rendent compte de la beauté de ces deux cérémonies, avec des extraits du Testament du roi :

Requiem pour Louis XVI du 21 janvier 2021.
Requiem du 21 janvier 2021 : l’absoute finale.

Au nom de la très Sainte Trinité, du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Aujourd’hui vingt-cinquième jour de décembre, mil sept cent quatre-vingt-douze, moi Louis XVIème du nom Roi de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la tour du Temple à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille, de plus impliqué dans un procès, dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser ; je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.

Requiem du 21 janvier 2021 : le catafalque
Requiem du 21 janvier 2021 : le catafalque

Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes quelque indignes que nous en fussions, et moi le premier.

Requiem pour Louis XVI du 21 janvier 2021.
Requiem du 21 janvier 2021 : l’élévation du Corps du Seigneur

Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Église catholique, apostolique et romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de Saint Pierre auquel Jésus-Christ les avait confiés ; je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Église, les Sacrements et les Mystères tels que l’Église catholique les enseigne et les a toujours enseignés ; je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchirent l’Église de Jésus-Christ, mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs ecclésiastiques, unis à la Sainte Église catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l’Église suivie depuis Jésus-Christ ; je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ suivant ce que la charité chrétienne nous l’enseigne.

Requiem pour Louis XVI du 21 janvier 2021  : les prières au bas de l'autel
Requiem du 21 janvier 2021 : les prières au bas de l’autel

Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés ; j’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m’humilier en sa présence ; ne pouvant me servir du ministère d’un prêtre catholique, je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Église catholique, à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur ; je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du ministère d’un prêtre catholique, pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.

Requiem pour Louis XVI du 21 janvier 2021  : le chant de l'épître par le sous-diacre
Requiem du 21 janvier 2021 : le chant de l’épître par le sous-diacre

Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.

Requiem pour Louis XVI du 21 janvier 2021  : les encensements de l'offertoire
Requiem du 21 janvier 2021 : les encensements de l’offertoire

Je prie tous ceux qui ont de la charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.

Je pardonne de tout mon cœur, à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu m’ont fait beaucoup de mal.

Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma sœur, mes tantes, mes frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être ; je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.

Requiem pour Louis XVI du 21 janvier 2021.
Requiem pour Louis XVI du 21 janvier 2021.

Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle, si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.

Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi ; je les prie de regarder ma sœur comme une seconde mère.

Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant lui que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.

Requiem pour Louis XVI du 21 janvier 2021  : l'absoute de la première messe
Requiem du 21 janvier 2021 : l’absoute de la première messe

Messe de Requiem solennelle pour le centenaire du trépas de l’impératrice Eugénie

Le samedi 11 juillet dernier, une messe de Requiem solennelle était célébrée pour le 100ème anniversaire jour pour jour du trépas de Sa Majesté l’impératrice Eugénie, trépas survenu au palais de Liria à Madrid le 11 juillet 1920. Il s’agissait pour notre paroisse de prier pour son âme en remerciement à Dieu des biens qu’elle a opéré au cours de sa vie, en particulier envers les œuvres de l’Eglise catholique, et de nous souvenir de son discret patronage lors de la fondation de l’église Saint-Eugène sous le Second Empire en 1855.

Messe de Requiem pour le centième anniversaire du trépas de l'impératrice Eugénie - le catafalque
Le catafalque avant la cérémonie.

Née le le 5 mai 1826 à Grenade, María Eugenia Ignacia Agustina de Palafox y Kirkpatrick, 19ème comtesse de Teba, plus connue sous le nom d’Eugénie de Montijo, fut impératrice des Français du 29 janvier 1853 au 4 septembre 1870, après son mariage avec l’empereur Napoléon III à Notre-Dame de Paris le 30 janvier 1853. Un trait typique du caractère et de la volonté de bienfaisance de la nouvelle impératrice se manifeste dès ce jour : elle refuse une parure de diamants que la ville de Paris lui offrait à l’occasion de son mariage et demande que la somme de la vente de celle-ci soit consacrée à la construction d’un orphelinat (édifié sur l’emplacement de l’ancien marché à fourrages du faubourg Saint-Antoine, dans le 12ème arrondissement de Paris. C’est avec joie qu’elle voit le Bienheureux Pape Pie IX devenir parrain du Prince Impérial, qui nait le jour des Rameaux 1856. Cette année-là vois aussi l’achat du grand orgue Merklin-Schütze de Saint-Eugène, orgue de l’exposition universelle de 1855, financé par l’Impératrice. Lorsqu’en 1858 le Prince Impérial étant malade, elle envoie à Lourdes qui voit cette année-là les apparitions de Notre Dame, une de ses dames d’honneur, l’amirale Bruat, quérir un peu d’eau réputée miraculeuse. Suite à la guérison du Prince Impérial, c’est l’impératrice Eugénie qui convainc Napoléon III de donner l’ordre de réouverture de la grotte qui avait été fermée aux pèlerins dans l’attente du jugement de l’Eglise sur les apparitions. Plus tard, lors de son exil en Angleterre, elle fonda l’Abbaye Saint-Michel de Farnborough, non loin de Londres, elle y repose dans la crypte avec Napoléon III et le Prince Impérial.

Messe de Requiem pour le centième anniversaire du trépas de l'impératrice Eugénie - chant de l'évangile par le diacre
Chant de l’évangile par le diacre.
Messe de Requiem pour le centième anniversaire du trépas de l'impératrice Eugénie - à l'offertoire
A l’offertoire.
Messe de Requiem pour le centième anniversaire du trépas de l'impératrice Eugénie - à l'élévation du Précieux Sang du Seigneur
A l’élévation du Précieux Sang du Seigneur.
Messe de Requiem pour le centième anniversaire du trépas de l'impératrice Eugénie - le catafalque
Le catafalque après la messe.

Première messe de l’abbé Gauthier Guillaume à Saint-Eugène Sainte-Cécile

Le dimanche 28 juin, IVème dimanche après la Pentecôte, Monsieur l’Abbé Gauthier Guillaume, fssp, ancien cérémoniaire au sein du corps des grands clercs de Saint-Eugène – Sainte Cécile (Paris IX) revenait dans notre paroisse pour y célébrer sa toute première messe, au terme de ses études au séminaire de Wigratzbad. La sainte messe fut précédée comme de coûtume pour une première messe, par le chant du Veni Creator, afin d’implorer la descente du Saint-Esprit sur ce nouveau ministère qui s’inaugure, et suivie du chant du Te Deum en actions de grâces. A l’issue de la messe solennelle, M. l’Abbé Guillaume donna longtemps individuellement aux nombreux fidèles sa bénédiction de nouveau prêtre. L’Abbé officiait ensuite aux vêpres de la fête de saint Pierre et saint Paul dans l’après-midi.

Il avait reçu son ordination sacerdotale la veille en la cathédrale de Laon, des mains de l’évêque du lieu Mgr Renauld Dupont de Dinechin, qui était notre vicaire général à l’époque où l’abbé Guillaume servait la sainte messe à Saint-Eugène. Au cours de cette cérémonie, Mgr de Dinechin ordonna en effet trois nouveaux prêtre pour la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre : outre l’Abbé Gauthier Guillaume, les abbés Charles Marchand et Vianney Savy. M. l’Abbé Guillaume est nommé à la Maison Sainte-Anne, apostolat de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre à Nantes.

Prière pour les prêtres de Marcel Van :

O Jésus, nous t’en prions, règne dans le cœur des prêtres.
Que ton Amour pénètre librement au plus intime de leur cœur et qu’ils soient livrés tout entiers à ton Amour.
Donne leur un zèle ardent pour étendre ton règne et plonger la terre entière dans le brasier de ton Amour.
Qu’ils se rapprochent de toi pour te consoler et te protéger des blessures que t’infligent les prêtres qui se sont égarés loin de toi.
O Marie, protège ceux dont tu es la mère, jette sur eux ton regard compatissant, aide-les à vaincre tous les obstacles qu’il leur faudra surmonter.

*

Seigneur, donnez des prêtres !
Seigneur, donnez-nous de saints prêtres !
Seigneur, donnez-nous beaucoup de saints prêtres !

Messe solennelle de Requiem pour le roi Louis XVI

Comme chaque 21 janvier depuis 1993, une messe solennelle de Requiem pour Sa Majesté le Roi Louis XVI fut célébrée à Saint-Eugène, en présence d’un grand concours de fidèles, dont c’était le 227ème anniversaire de la mort.

Cette messe fut enregistrée et vous pouvez retrouver celle-ci sur YouTube (elle est devenue en quelques jours la vidéo la plus visionnée de la chaîne Ite Missa Est) :

Voici quelques photos qui rendent compte de la beauté de cette cérémonie, avec des extraits du Testament du roi :

Requiem pour Louis XVI : le catafalque
Requiem du 21 janvier 2020 : le catafalque

Au nom de la très Sainte Trinité, du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Aujourd’hui vingt-cinquième jour de décembre, mil sept cent quatre-vingt-douze, moi Louis XVIème du nom Roi de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la tour du Temple à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille, de plus impliqué dans un procès, dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser ; je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.

Requiem pour Louis XVI : la couronne du catafalque, avec l'ordre du Saint-Esprit
Requiem du 21 janvier 2020 : la couronne du catafalque, avec l’ordre du Saint-Esprit

Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes quelque indignes que nous en fussions, et moi le premier.

Requiem pour Louis XVI : chant de l'épître par le sous-diacre
Requiem du 21 janvier 2020 : chant de l’épître par le sous-diacre

Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Église catholique, apostolique et romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de Saint Pierre auquel Jésus-Christ les avait confiés ; je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Église, les Sacrements et les Mystères tels que l’Église catholique les enseigne et les a toujours enseignés ; je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchirent l’Église de Jésus-Christ, mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs ecclésiastiques, unis à la Sainte Église catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l’Église suivie depuis Jésus-Christ ; je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ suivant ce que la charité chrétienne nous l’enseigne.

Requiem pour Louis XVI : la prédication en chaire de M. le Chanoine Guelfucci
Requiem du 21 janvier 2020 : la prédication en chaire de M. le Chanoine Guelfucci

Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés ; j’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m’humilier en sa présence ; ne pouvant me servir du ministère d’un prêtre catholique, je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Église catholique, à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur ; je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du ministère d’un prêtre catholique, pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.

Requiem pour Louis XVI : l'offrande du vin à l'offertoire
Requiem du 21 janvier 2020 : l’offrande du vin à l’offertoire

Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.

Requiem pour Louis XVI : au début du canon
Requiem du 21 janvier 2020 : au début du canon

Je prie tous ceux qui ont de la charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.

Requiem pour Louis XVI : au début du canon
Requiem du 21 janvier 2020 : au début du canon

Je pardonne de tout mon cœur, à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu m’ont fait beaucoup de mal.

Requiem pour Louis XVI : après la communion
Requiem du 21 janvier 2020 : après la communion

Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma sœur, mes tantes, mes frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être ; je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.

Requiem du 21 janvier 2020 : à la fin de la messe
Requiem du 21 janvier 2020 : à la fin de la messe

Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle, si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.

Requiem du 21 janvier 2020 : l'absoute finale
Requiem du 21 janvier 2020 : l’absoute finale

Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi ; je les prie de regarder ma sœur comme une seconde mère.

Requiem du 21 janvier 2020 : l'absoute finale
Requiem du 21 janvier 2020 : l’absoute finale

Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant lui que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.

Fêtes patronales de saint Eugène et sainte Cécile 2019 : photos et vidéos

Les deux fêtes patronales des deux saints patrons de notre paroisse sont à huit jours de distance : saint Eugène est en fêté le 15 novembre et sainte Cécile le 22 novembre, jour octave de saint Eugène. Comme chaque année, notre paroisse déploie les fastes de la liturgie pour louer Dieu et honorer nos saints patrons, les solennités de ces deux fêtes étant reportées au dimanche qui suit.

Fêtes patronales 2019
Dimanche 17 novembre : sainte messe de la solennité de saint Eugène, évêque et martyr

Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de saint Eugène - à l'offertoire.
Sainte messe de la solennité de saint Eugène – à l’offertoire.
Véritas mea et misericórdia mea cum ipso : et in nómine meo exaltábitur cornu ejus.
Offertoire de la messe de saint Eugène (Psaume LXXXVIII, 25)
Ma vérité et ma miséricorde lui sont acquises, et en mon nom croîtra sa vigueur.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de saint Eugène - aux encensements de l'offertoire.
Sainte messe de la solennité de saint Eugène – aux encensements de l’offertoire.
Súscipe, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus, hanc immaculátam hóstiam. Reçois, Père saint. Dieu éternel et tout-puissant, cette offrande sans tache.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de saint Eugène - à l'élévation du Corps du Seigneur.
Sainte messe de la solennité de saint Eugène – à l’élévation du Corps du Seigneur.
Benedíctus qui venit in nómine Dómini.
Hósanna in excélsis.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
Hosanna dans les hauteurs !
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de saint Eugène -  communion du célébrant.
Sainte messe de la solennité de saint Eugène – communion du célébrant.
Percéptio Córporis tui, Dómine Iesu Christe, quod ego indígnus súmere præsúmo, non mihi provéniat in iudícium et condemnatiónem : sed pro tua pietáte prosit mihi ad tutaméntum mentis et córporis, et ad medélam percipiéndam. Si j’ose recevoir ton Corps malgré mon indignité, Seigneur Jésus-Christ, que cela n’entraîne pour moi ni jugement ni condamnation, mais par ta miséricorde me serve de sauvegarde et de remède pour l’âme et pour le corps.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de saint Eugène -  bénédiction finale.
Sainte messe de la solennité de saint Eugène – bénédiction finale.
Pláceat tibi, sancta Trinitas, obséquium servitútis meæ : et præsta ; ut sacrifícium, quod óculis tuæ maiestátis indígnus óbtuli, tibi sit acceptábile, mihíque et ómnibus, pro quibus illud óbtuli, sit, te miseránte, propitiábile. Agrée, Trinité sainte, l’hommage de ton serviteur : ce sacrifice que malgré mon indignité j’ai présenté aux regards de ta Majesté, rende-le digne de te plaire et capable, par l’effet de ta miséricorde, d’attirer ta faveur sur moi-même et tous ceux pour qui je l’ai offert.

Retrouvez toute cette messe de nos fêtes patronales en vidéo sur YouTube, au cours de laquelle la Schola Sainte Cécile chantait la Missa Ad Majorem Dei Gloriam d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et du roi Louis XV à la Chapelle royale :

Fêtes patronales 2019
Dimanche 17 novembre 2019 : secondes vêpres de saint Eugène, évêque et martyr et salut du Très-Saint Sacrement

Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène - encensements des reliques de saint Eugène pendant le chant du Magnificat.
Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène – encensements des reliques de saint Eugène pendant le chant du Magnificat.
Qui vult veníre post me, abneget semetípsum, et tollat crucem suam, et sequátur me. Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à soi-même, qu’il porte sa croix, & me suive.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène - au début du salut du Très-Saint Sacrement.
Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène – au début du salut du Très-Saint Sacrement.
O salutáris Hóstia,
Quæ cœli pandis óstium :
Bella premunt hostília,
Da robur, fer auxílium.
Ô victime salutaire,
Qui nous ouvres la porte du ciel,
L’ennemi nous livre la guerre,
Donne-nous force, porte-nous secours.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène - au salut du Très-Saint Sacrement.
Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène – au salut du Très-Saint Sacrement.
O vere digna Hóstia,
Spes única fidélium :
In te confídit Fráncia,
Da pacem, serva lílium.
Ô vraiment digne Hostie
Unique espoir des fidèles,
En toi se confie la France,
Donne-lui la paix, conserve le lys.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène - au salut du Très-Saint Sacrement.
Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène – au salut du Très-Saint Sacrement.
Uni trinóque Dómino
Sit sempitérna glória :
Qui vitam sine término
Nobis donet in pátria. Amen.
Au Seigneur un et trine
Soit la gloire sempiternelle ;
Qu’il nous donne dans la patrie
La vie qui n’aura point de terme. Amen.

Retrouvez toutes ces vêpres et le salut du Très-Saint Sacrement de nos fêtes patronales en vidéo sur YouTube :

Fêtes patronales 2019
Vendredi 22 novembre 2019 : sainte messe de la fête de sainte Cécile, vierge et martyre – Messe ordinaire des Paroisses pour les festes solennelles de François Couperin

Comme nous y invite la première antienne de l’office de sainte Cécile – Cantantibus organis, pour le jour même de la fête de sainte Cécile, notre organiste nous avait proposé une expérience unique pour ces fêtes patronales 2019 : chanter la sainte messe en plain-chant avec les alternances d’orgue de la Messe des Paroisses de François Couperin, la plus célèbre des messes d’orgue du répertoire. Imprimée à Paris en 1690 alors que Couperin n’a que 22 ans, cette œuvre témoigne à la fois de son talent précoce et de la synthèse qu’il a su faire de l’art liturgique des maîtres parisiens de l’orgue qui l’ont précédé.

Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la fête de sainte Cécile - Messe des Paroisses de François Couperin.
Sainte messe de la fête de sainte Cécile – Messe des Paroisses de François Couperin.

Depuis le Moyen-Age (certains prétendent depuis la Grande Peste qui avait dépeuplé les chœurs des églises), l’usage s’était introduit que l’orgue – les dimanches et jours de fêtes – alternât avec les chantres du chœur les différents versets de certaines parties de l’office et de la messe. Le jeu de l’orgue figurait alors le chant liturgique.

Cet usage a été parfaitement codifié au Concile de Trente (1542-1563) et par les livres liturgiques qui en sont issus, en particulier par le Cérémonial des Evêques publié en 1600 par Clément VIII. Pour Paris, le Cérémonial parisien de 1662 sera encore plus précis sur les moments et temps où l’alternance d’orgue doit se pratiquer.

Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la fête de sainte Cécile - Messe des Paroisses de François Couperin.
Sainte messe de la fête de sainte Cécile – Messe des Paroisses de François Couperin.

Voici quelques unes des dispositions prévues par les cérémoniaux :

  • l’orgue figure toujours les versets impairs, les chantres chantent les versets pairs,
  • à la messe, l’alternance se fait pour le Kyrie, Gloria, Sanctus, Agnus Dei. L’orgue figure en outre l’Offertoire et la réponse Deo gratias à l’Ite missa est, le Credo en revanche ne doit pas être alterné,
  • le premier verset est régulièrement construit par l’organiste sur le plain-chant, cité en valeurs longue à la basse (cette technique reprend l’usage des polyphonies vocales improvisées appelées « Chant sur le livre ») – l’organiste est plus libre de composer/improviser les autres versets à sa guise (en s’inspirant plus ou moins librement du plain-chant) – le dernier verset est le plus souvent un plein jeu de l’orgue,
  • un chantre dans le chœur doit proclamer à haute voix le texte du verset que l’orgue figure,
  • toute alternance d’orgue est supprimée les jours de pénitence (Avent, Carême, Quatre-Temps, vigiles des fêtes) et aux offices et messes des morts : l’orgue est considéré comme l’instrument par excellence de la joie.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la fête de sainte Cécile - Messe des Paroisses de François Couperin.
Sainte messe de la fête de sainte Cécile – Messe des Paroisses de François Couperin.

La Messe des Paroisses de François Couperin est conçue pour alterner avec le plain-chant de la Messe IV Cunctipotens, gardée par toutes les traditions diocésaines comme la messe par excellence des fêtes les plus solennelles, ce que nous avons bien sûr suivi pour ces fêtes patronales 2019. Il s’agit d’une magnifique et lente contemplation de la messe et d’une offrande musicale à Dieu qui s’unit au Saint Sacrifice.

Si on voit parfois en concert le plain-chant donné en alternance avec la Messe des Paroisses, jouer l’intégralité de la partition de Couperin dans une messe véritable est une expérience unique à l’époque contemporaine.

Retrouvez toute cette messe de nos fêtes patronales en vidéo sur YouTube, chantée en plain-chant avec l’intégrale des alternances d’orgue de la Messe des Paroisses de François Couperin :

Fêtes patronales 2019
Dimanche 24 novembre 2019 : sainte messe de la solennité de sainte Cécile, vierge et martyre – Messe du Sacre de Louis XVI par François Giroust

Chaque année, nous célébrons nos fêtes patronales en offrant à Dieu la plus belle louange possible : votre schola travaille ce répertoire plusieurs mois à l’avance et convoque des amis musiciens pour l’occasion.

Pour fêter notre patronne sainte Cécile, patronne des musiciens, la Schola Sainte Cécile a interprété cette année, avec orchestre, la messe à 5 voix Gaudete in Domino semper. Cette messe fut composée en urgence en quelques jours par François Giroust, maître de la chapelle royale, pour être jouée au sacre de Louis XVI en la cathédrale de Reims le dimanche de la Trinité, 11 juin 1775. Elle est transfigurée de part en part de l’allégresse rayonnante du sacre.

Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de sainte Cécile - Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust.
Sainte messe de la solennité de sainte Cécile – Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust.
Loquébar de testimóniis tuis in cons-péctu regum, et non confundébar : et meditábar in mandátis tuis, quæ diléxi nimis Je te rendrai témoignage en face des rois, et je ne serai pas confondue ; et je méditerai tes commandements, que j’aime par-dessus tout.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de sainte Cécile - Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust. A la fraction du pain.
Sainte messe de la solennité de sainte Cécile – Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust. A la fraction du pain.
Hæc commíxtio et consecrátio Córporis et Sánguinis Dómini nostri Iesu Christi, fiat accipiéntibus nobis in vitam ætérnam. Amen. Que ce mélange et consécration du Corps et du Sang de notre Seigneur Jésus-Christ, que nous allons recevoir, nous serve pour la vie éternelle. Ainsi soit-il.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de sainte Cécile - Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust. La schola et les instrumentistes après la messe.
Sainte messe de la solennité de sainte Cécile – Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust. La schola et les instrumentistes après la messe.

La sainte messe fut suivie de la bénédiction des instruments de musique par M. le Chanoine Guelfucci, curé.

Retrouvez toute cette messe de nos fêtes patronales en vidéo sur YouTube, avec la Messe du Sacre de Louis XVI composée par François Giroust :

Fêtes patronales 2019
Dimanche 24 novembre 2019 : secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile, vierge et martyre et salut du Très-Saint Sacrement

Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile.
Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile.
Cantántibus órganis, Cæcília Dómino decantábat dicens : Fiat cor meum immaculátum, ut non confúndar. Tandis que résonnent les chants des instruments, Cécile chantait au Seigneur, disant : « Que mon cœur soit pur, afin que je ne sois pas confondue ».
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile - aux encensements du Magnificat.
Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile – aux encensements du Magnificat.
Virgo gloriósa semper Evangélium Christi gerébat in péctore suo, et non diébus neque nóctibus, a collóquiis divínis et oratióne cessábat. La vierge glorieuse portait toujours l’évangile du Christ sur son cœur, et ne cessait de passer jour et nuit en colloques divins & en prière.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile - aux encensements du Magnificat.
Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile – aux encensements du Magnificat.
Quia fecit mihhi magna qui potens est : et sanctum nomen ejus. Car il a fait en moi de grandes choses, lui qui est tout-puissant, & de qui le nom est saint.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile - au salut du Très-Saint Sacrement.
Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile – au salut du Très-Saint Sacrement.
Ave verum Corpus natum de María Vírgine. Je te salue, ô vrai Corps, né de la Vierge Marie.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile - au salut du Très-Saint Sacrement.
Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile – au salut du Très-Saint Sacrement.
Tantum ergo Sacraméntum
Venerémur cérnui :
Et antíquum documéntum
Novo cedat rítui :
Præstet fides suppleméntum
Sénsuum deféctui.
Un si auguste sacrement
Adorons-le front contre terre
Et que l’ancienne alliance
Fasse place au rite nouveau.
Que la foi supplée
A la faiblesse de nos sens.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile - bénédiction du Très-Saint Sacrement.
Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile – bénédiction du Très-Saint Sacrement.
Genitóri, Genitóque
Laus et jubilátio :
Salus, honor, virtus quoque
Sit et benedíctio :
Procedénti ab utróque
Compar sit laudátio. Amen.
Au Père et au Fils
Soit Louange et jubilation,
Salut, honneur, puissance
Et bénédiction;
A Celui qui procède de l’un et de l’autre
Soit égale louange. Amen.

Retrouvez toutes ces vêpres et le salut du Très-Saint Sacrement de nos fêtes patronales en vidéo sur YouTube :

Nous terminons cet article, faible écho de la beauté des liturgies que nous avons eu la grâce de vivre au cours de ces fêtes patronales 2019, en remerciant vivement nos chers pasteurs Monsieur le Chanoine Guelfucci, curé, et Monsieur l’Abbé Grodziski, vicaire, les grands clercs, les choristes, Fanny pour les photos, les techniciens de la régie d’Ite missa est pour les enregistrements, et tout particulièrement Monsieur le Curé de la paroisse Saint-Paul – Saint-Louis qui a prêté à notre paroisse ces magnifiques ornements conçus au XIXème siècles pour l’ancien rit parisien.

Pèlerinage en Angleterre : Abbaye de Farnborough

Farnborough : Messe solennelle de Requiem pour la famille impériale (LLMMII Napoleon III, Eugenie, Prince Imperial) 

L’Abbaye Saint-Michel de Farnborough fut fondée en 1881 par l’impératrice Eugénie qui avait choisi cette abbaye pour abriter les corps de son époux Napoléon III (mort en exil en Angleterre en 1873) et de son fils le Prince impérial Louis-Napoléon (mort tragiquement en 1879 au cours d’une embuscade lors de la guerre anglo-zouloue).

L’Impératrice choisit elle-même en 1895 les moines bénédictins de Solesmes pour remplacer les Prémontrés français initialement installés dans le monastère.

L’aspect gothique flamboyant de l’abbaye est dû à l’architecte français Gabriel-Hyppolite Destailleurs. L’orgue provient de la célèbre facture française Cavaillé-Coll et fut placé derrière le maître-autel de l’abbatiale.

Dans la crypte de l’Abbatiale reposent les corps de Napoléon III et du Prince impérial Louis-Napoléon de part et d’autre de l’autel. La dépouille de l’Impératrice Eugénie fut placée au dessus de cet autel. Morte le 11 juillet 1920 au Palais de Liria à Madrid, elle fut inhumée quelques temps après à Farnborough.

Le père Abbé Dom Cuthbert Brogan, élu en 2006, a reçu la Schola et les grands-clercs de Saint Eugène avec une grande bienveillance, le jeudi 22 août 2019 au cours de notre pèlerinage en Angleterre. Il a célébré la messe de Requiem à l’intention de la famille impériale. Les moines de l’Abbaye avaient tenu à célébrer en utilisant les mêmes ornements sacerdotaux noirs qui avaient été utilisés il y 99 ans pour les funérailles de l’impératrice, ainsi que le drap mortuaire impérial et ses décors héraldiques. Rappelons que l’impératrice Eugénie est la marraine de notre église Saint-Eugène Sainte-Cécile.

Les ornements ont été dessinés dans un esprit de renouveau des formes gothiques typiques des recherches liturgiques intenses activement menées au début du XXème à l’Abbaye de Farnborough, alors gouvernée par un grand liturgique, dom Fernand Cabrol, abbé de 1903 à 1937. Avec la collaboration de dom Henri Leclerc, il rédigea et publia le fameux Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, ouvrage encyclopédique d’une qualité inégalée à ce jour.

Le site web de l’Abbaye de Farnborough.

Pèlerinage en Angleterre : Messe en rit romain & Vêpres selon l’usage de Sarum au Collège de Balliol

Le prêtre pendant le chant de l'Evangile par le diacre. Messe en rit romain, vêpres en rit de Sarum.
Le prêtre pendant le chant de l’Evangile par le diacre. Chapelle de Balliol College, Université d’Oxford, Angleterre.

La Schola Sainte Cécile a eu la grande joie de chanter la messe solennelle – en rit romain – de la fête de saint Bernard de Clairvaux le 20 août 2019, ainsi que le lendemain 21 août 2019, les vêpres de l’Octave de l’Assomption selon l’ancien usage de Sarum dans la magnifique chapelle du Collège de Balliol au cours de son pèlerinage en Angleterre. Le collège de Balliol – l’un des 38 collèges qui composent la prestigieuse université d’Oxford – a été fondé vers 1263 par Jean de Balliol († 1268), seigneur de Ballieul (en Picardie) et de Barnard Castle (dans le comté de Durham), important baron anglo-normand dont le fils Jean devint roi d’Ecosse.

La chapelle actuelle est au moins la troisième du collège. Elle est l’œuvre de l’architecte William Butterfield en 1857. Cet architecte a réalisé ou restauré de nombreuses églises, pour lesquelles il a été fortement inspiré par le « mouvement d’Oxford« . Cette influence est patente à Balliol, tant cette église témoigne des idées de « re-catholicisation » de l’Anglicanisme développées alors pour le Bienheureux John Henry Newman et ses amis oxoniens. L’intérieur de la chapelle construite par Butterfield est richement décoré en ce sens : sculptures de pierre, décoration d’albâtre, de laiton, incrustations de marbres, stalles, tribune et buffet d’orgue en noyer, autel majestueux revêtu d’un somptueux antependium en argent, vitraux ornés de figures du Christ et des saints (récupérés pour beaucoup des précédentes chapelles qui s’étaient succédées sur le lieu).

Messe de la fête de saint Bernard à Balliol College :

*

L’Eglise de Salisbury brille comme le soleil dans son orbe parmi les Eglises du monde entier par son service divin et par ceux qui le célèbrent, et, en répandant ses rayons partout, elle corrige les défauts des autres.
Gilles, évêque de Bridport, c.1256.

Le rit de Sarum était au moment de la Réforme protestante l’usage le plus suivi en Angleterre. Originaire du diocèse de Salisbury (Sarum en latin), il se structura au moment de la conquête normande lorsque Guillaume le Conquérant établit son conseiller saint Osmond, comte de Séez, comme évêque de Salisbury. Il semble que saint Osmond ait accommodé les usages des diocèses normands avec les usages anglo-saxons antérieurs ; on note en effet de nombreuses parentés et ressemblances entre l’usage de Sarum et les usages diocésains, non seulement normands, mais plus largement français (comme l’usage de Paris). Le faste et le sérieux avec lesquels les chanoines de Salisbury célébraient les saints offices firent que le rit de Sarum s’étendit progressivement en dehors des limites de son diocèse d’origine : il fut adopté par les universités d’Oxford et de Cambridge, par toutes les chapelles royales d’Angleterre, la célèbre cathédrale de Winchester et même par celle de Canterbury, au point d’être célébré dans quasiment tous les diocèses anglais à la veille de la Réforme (à l’exception notable du Nord du pays qui utilisait le rit d’York). N’ayant jamais été formellement canoniquement aboli, il connut même encore quelques éditions postérieures à la Réforme protestante et à la suppression du culte catholique en Angleterre, la dernière étant celle du Manuale de Sarum en 1604 par des Jésuites anglais exilés en France au Collège anglais de Douai. Lors de la restauration de la hiérarchie catholique en 1850, le Bienheureux Pape Pie IX offrit aux évêques de restaurer l’usage de Sarum en Angleterre, mais ceux-ci – par commodité et en raison d’études scientifiques alors peu poussées – préférèrent adopter le rit romain pour leurs diocèses. Le mouvement d’Oxford initié par le Bienheureux John Henry Newman s’intéressa beaucoup à la redécouverte des anciens usages de Sarum et on nota ici et là des célébrations selon les anciens livres anglais, une des dernières en date étant la messe pontificale en rit de Sarum que célébra en l’an 2000 Mgr Mario Conti, alors évêque catholique d’Aberdeen, pour le 500ème anniversaire de la fondation du Collège Royal de l’université de sa ville épiscopale.

Les premières vêpres de l’octave de l’Assomption que nous avons chantées selon l’usage de Sarum présentent des parentés notables avec les mêmes premières vêpres de l’octave de l’Assomption que nous avions chantées l’an passée selon l’usage de Verceil (dit « rit eusébien« ). On notera les cinq psaumes sous la même antienne – une structure archaïque de l’office romain, également souvent conservée par le rit parisien, qui eut tendance à disparaître avec l’apparition du bréviaire au XIIIème siècle (on utilisa alors les antiennes des laudes pour les vêpres, ce qui permettaient de supprimer les antiennes propres que cet office possédait, et donc de réduire la taille du livre en abrégeant l’office, d’où le nom de bréviaire).

L’octave de l’Assomption dans les livres de Sarum est classée comme fête semi-double avec invitatoire triple, le chœur étant régi par deux « recteurs du chœur ». Le célébrant officie depuis sa stalle et ne prendra la chape que pour le Magnificat. Un clerc (en cape noire tenant un seul cierge) vient lui présenter le livre à sa place pour le capitule.

Après le capitule, un répons est chanté par deux chantres qui se revêtent de chape pour cela. Pendant qu’ils chantent le verset de ce répons, c’est le seul moment possible pour tous de s’assoir (le coutumier de Sarum est resté fidèle à l’usage antique de chanter quasiment l’intégralité de tous les offices debout ; il tolère qu’un membre du chœur puisse s’assoir à matines s’il est fatigué, à condition que ses deux voisins de stalles restent debout !).

Chant du répons des vêpres, selon l'usage de Sarum.
Chant du répons des vêpres, selon l’usage de Sarum.

Parmi les nombreuses rubriques propres de cet office, on notera celle – très belle – qui veut que le célébrant se prosterne et baise le sol devant l’autel avant que de l’encenser durant le Magnificat.

Prosternation du célébrant au pied de l'autel avant l'encensement du Magnificat, selon l'usage de Sarum.
Prosternation du célébrant au pied de l’autel avant l’encensement du Magnificat, selon l’usage de Sarum.

La fin de cet office de vêpres présente un trait d’archaïsme peu commun : les vêpres se terminent par premier Benedicamus Domino chanté par deux chantres. Puis, comme le 22 août voit la mémoire de la fête des saints martyrs Timothée et Symphorien (qui y avait leur place, antérieurement à l’apparition de l’octave de l’Assomption), on en chante l’antienne, suivie du verset et de leur oraison. Et ce second office de vêpres très abrégé se termine logiquement par un second Benedicamus Domino chanté cette fois par un seul chantre. (Dans le même ordre d’idée, il faut se souvenir que le Fidélium ánimæ per misericórdiam Dei requiéscant in pace ajouté par saint Pie V à la fin des heures de l’office romain est une abréviation de l’office des morts et un rappel de l’époque où celui-ci doublait les heures de l’office canonique).

Chant du premier Benedicamus Domino par les deux recteurs du chœur, selon l'usage de Sarum
Chant du premier Benedicamus Domino par les deux recteurs du chœur, selon l’usage de Sarum

Après avoir chanté la sainte messe et les vêpres dans le rit ambrosien à maintes reprises depuis 2003, la sainte messe dans le rit mozarabe à Tolède en 2013, les vêpres en rit eusébien en 2018, après avoir à de nombreuses reprises chanté les vêpres en rit parisien ou les offices du rit byzantin, de chanter chaque mois la sainte messe dans le rit dominicain, nous avons donc eu la joie d’explorer cette année les splendeurs de l’Angleterre médiévale avec le rit de Sarum et de témoigner ainsi de la symphonie des liturgies de l’Eglise catholique, qui telle l’Epouse du Psaume XLIV, est parée de joyaux divers, circumdata varietate.

Photos de la solennité de Saint Pierre et Saint Paul – Adieu à l’abbé Iborra

Adieu à l'Abbé Iborra : le clergé, les clercs et les choristes après la messe.
Adieu à l’Abbé Iborra : le clergé, les clercs et les choristes après la messe.
Te laudámus, o Regnátor,
O pastórum, Christe, Pastor,
Summis in Princípibus.
Nous te louons, ô Souverain, ô Christ, Pasteur des pasteur, en la personne de ces premiers pasteurs.
Tibi memor gratulétur,
Et concéssis gloriétur
Pia plebs paréntibus.
Que le peuple fidèle te rende grâces et te glorifie pour les avoir reçus comme pères.
His ambóbus orbis cessit,
His ambóbus nox recéssit
Pulsa lumináribus.
Tous deux ont subjugué le monde, tous deux ont dissipé les ténèbres par les lumières de la foi.
Athlétæ férvidi
Debéllant númina :
Torréntes límpidi
Manant in flúmina.
Athlètes intrépides, ils abattent les idoles ; torrents limpides, ils arrosent le champ de l’Eglise.
Séquence du propre de Paris pour la fête de saint Pierre & saint Paul, texte de Simon Gourdan (1646 † 1729), chanoine de Saint-Victor (extraits).

 

La solennité des saints Apôtres Pierre et Paul voyait ce dimanche 30 juin dernier la dernière messe solennelle de notre vicaire parmi nous, M. l’Abbé Eric Iborra. Qu’il nous soit permis de le remercier encore ici vivement pour ces douze années fructueuses de ministère apostolique à Saint-Eugène – Sainte-Cécile, et en particulier pour son amitié envers notre Schola Sainte Cécile.

La Schola Sainte Cécile interpréta à cette occasion, à la demande de l’Abbé, la messe Ad Majorem Dei Gloriam d’André Campra, publiée en 1699 et vraisemblablement composée lorsque ce maître de chapelle dirigeait la musique de Notre-Dame de Paris, avant de finir à la Chapelle royale.

A la fin de la messe fut chanté un Te Deum d’actions de grâces, puis la Schola accompagnait le retour du clergé à la sacristie par le chœur final du grand motet Quam dilecta (psaume LXXXIII) de Michel Richard de Lalande (1657 † 1726), maître de la chapelle des rois Louis XIV et Louis XV :

Non privábit bonis eos, qui ambulant in innocéntia : Il ne privera pas de biens ceux qui marchent dans l’innocence.
Dómine virtútum, beátus homo, qui sperat in te. Seigneur des Armées, bienheureux l’homme qui espère en vous.

Enfin, un déjeuner rassemblait 200 paroissiens dans un restaurant à proximité de notre paroisse. Cette messe coïncidait également avec le 30ème anniversaire d’ordination sacerdotale de Monsieur l’Abbé Eric Iborra.

Vidéo de cette messe :

Fête-Dieu 2019 : messe, vêpres et procession

Lauda, Sion, Salvatórem,
Lauda ducem et pastórem
In hymnis et cánticis.
Loue, Sion, ton Sauveur,
Loue ton chef et ton pasteur
Par des hymnes et des cantiques.
Sit laus plena sit sonóra,
Sit jucúnda, sit decóra
Mentis jubilátio.
Que ta louange soit pleine et sonore,
Qu’elle soit belle et délicieuse,
Une jubilation pour nos âmes.

Pour la Fête-Dieu de cette année 2019, notre paroisse de Saint-Eugène a eu la grâce de recevoir M. l’Abbé Martial Merlin venu y célébrer une première messe après son ordination sacerdotale (son chant de la préface selon le ton solemnior fut particulièrement admirable).

La solennité des vêpres vit le renfort d’un quatuor de cuivres anciens qui relevèrent chacune des 6 antiennes par un neume tiré des œuvres de Claudin de Sermisy. Ils soutinrent également la Schola Sainte Cécile qui recréait pour la première fois depuis le XVIIème siècle un Dixit Dominus du premier ton à quatre parties composé par Guillaume Bouzignac.

Grande première cette année : le quatuor de cuivre marcha avec la procession et soutint avec grande efficacité et beauté son chant dans les rues du quartier.

Arrivée au second reposoir, la procession fut accueillie cette année par un orchestre de cordes qui jouèrent les symphonies composées par Marc-Antoine Charpentier pour le reposoir de la Fête-Dieu. Ces symphonies comprennent d’admirables variations sur le thème en plain-chant du Pange lingua.

De retour à l’église, la Schola Sainte Cécile fut accompagnée par cet ensemble de cordes pour chanter en musique le salut solennel du Très-Saint Sacrement. Les grands motets versaillais Quam dilecta et Pange lingua composés par Michel-Richard de Lalande pour la chapelle royale de France sous Louis XIV résonnèrent sous les voutes de Saint-Eugène.

Retrouvez en images et vidéos les belles cérémonies de la Fête-Dieu 2019 :

Vidéo de la sainte messe :

Vidéo des vêpres et du salut :