Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.
Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.
La Schola Sainte Cécile de París hará una peregrinación a Toledo del 21 al 25 de agosto de 2013. Cantará la Santa Misa en rito mozárabe ante las reliquias de San Eugenio, primer arzobispo de Toledo, en la capilla mozárabe de la Catedral Toledana, el sábado 24 de agosto de 2013 a las 9:00 hs.
Cantará la Santa Misa en rito mozárabe en la parroquia de Santas Justa & Rufina el domingo 25 de agosto a las 9:00 hs.
La Schola Sainte Cécile canta cada domingo en dos ritos: el romano (en su forma extraordinaria) y el bizantino eslavo. En el pasado y en varias oportunidades, hemos cantado misas pontificales en Italia en rito ambrosiano y ocasionalmente cantamos algunos oficios en rito parisino antiguo. Nos interesa particularmente la sinfonía de ritos de la Iglesia católica y mucho valoramos el tema de las liturgias particulares.
Saint-Eugène, le dimanche 17 août 2013, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h.
La guérison des 10 lépreux.
« On peut donc, sans absurdité, penser que les lépreux représentent ceux qui, sans avoir la science de la vraie foi, professent en conséquence les doctrines variées de l’erreur. Loin de cacher leur ignorance, ils la produisent au grand jour comme la science suprême et dans des discours pleins de jactance, ils en font étalage. Or, il n’est si fausse doctrine qui ne soit mêlée de quelque vérité. Dans une seule et même discussion ou récit d’un homme, les vérités s’entremêlent sans ordre aux erreurs comme si elles apparaissaient dans la coloration d’un seul corps. Ainsi en va-t-il de la lèpre, elle altère et flétrit les corps humains, mêlant aux teintes vraies des fausses couleurs. »
Homélie de saint Augustin, évêque, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.
Après la Consécration : Tantum ergo sacramentum « mozarabe » – Sur le plain-chant des livres de Tolède – Tomás Luis de Victoria (1548 † 1611), maître de chapelle aux Descalzas Reales de Madrid
Pendant la communion : Ave Maria – Tomás Luis de Victoria (1548 † 1611), maître de chapelle aux Descalzas Reales de Madrid
Refecti Christi corpore – Antiphona post Communionem – ordinaire de la liturgie du rit mozarabe – plain-chant de Tolède
La fête de l’Assomption de la Vierge est sans doute la plus ancienne des fêtes mariales et est universellement célébrée par les Eglises d’Orient & d’Occident. Il est probable que son institution fut faite au début du Vème siècle à Jérusalem (la fête est attestée dans le lectionnaire de 415-417) et de là se soit diffusée partout ailleurs. Dans l’Empire d’Orient, un net décret de l’empereur Maurice (582 † 602) en imposa la célébration. Rome reçut la célébration de la fête sous le pontificat du pape Théodore (642 † 649), qui était d’origine constantinopolitaine (aussi retrouve-t-on le même évangile à Rome qu’à Byzance pour la messe de la fête). Vers l’an 700, le Pape d’origine syrienne saint Serge Ier ordonne 4 grandes processions en l’honneur de Marie, aux 4 grandes fêtes mariales de l’Annonciation, de l’Assomption, de la Nativité & de la Purification de la Sainte Vierge. Il convient de citer ici l’oraison composée par saint Serge Ier par laquelle débutait cette procession de l’Assomption, en raison de sa remarquable formulation :
Veneranda nobis, Domine, hujus est diei festivitas, in qua sancta Dei Genetrix mortem subiit temporalem, nec tamen mortis nexibus deprimi potuit, quæ Filium tuum, Dominum nostrum, de se genuit incarnatum.
Vénérable est pour nous, Seigneur, la fête qui commémore ce jour en lequel la sainte Mère de Dieu subit la mort temporelle, mais néanmoins ne put être retenue par les liens de la mort, elle qui avait engendré de sa substance votre Fils, notre Seigneur incarné.
La magnifique procession romaine qui précédait la messe de l’Assomption disparut hélas du rit romain lors de la diffusion générale de sa forme simplifiée, savoir celui en usage dans la Curie romaine. Cependant, la France en conserve un lointain souvenir avec la procession dite du vœu de Louis XIII. En effet, par lettres patentes du 10 février 1638, le pieux roi déclarait consacrer à Marie sa personne, son état, sa couronne, ses sujets et demandait l’instauration à cet effet d’une procession solennelle après les secondes vêpres de l’Assomption. Plusieurs indices rendent probable que le fameux ton psalmique néo-gallican appelé « ton royal » (qu’on a longtemps cru être de la composition du roi Louis XIII mais que l’on trouve déjà dans des manuels de procession de la Ligue sous le règne d’Henri III) ait été employé à Notre-Dame de Paris dès la première procession de 1638. Il figure depuis parmi les pièces les plus fameuses & les plus traditionnelles du répertoire de la cathédrale.
Entrée du clergé : orgue
Procession du vœu de Louis XIII selon le propre de Paris : Litanies de la Sainte Vierge – A la station à l’autel de la Sainte Vierge, chant du Sub tuum præsidium – retour au chœur au chant de l’Exaudiat – Psaume 19, sur le ton royal – faux-bourdon traditionnel à Paris depuis le XVIIème siècle
Propre grégorien du jour – Kyriale IV Cuntipotens Genitor Deus
Pendant les encensements de l’offertoire : Ave Maria – Tomás Luis de Victoria (1548 † 1611), maître de chapelle aux Descalzas Reales de Madrid
Après la Consécration : Tantum ergo sacramentum « mozarabe » – Sur le plain-chant des livres de Tolède – Tomás Luis de Victoria (1548 † 1611), maître de chapelle aux Descalzas Reales de Madrid
Saint-Eugène, le dimanche 11 août 2013, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h.
Le dimanche du bon Samaritain.
« Mais voici qu’un docteur de la loi se leva pour le mettre à l’épreuve, en disant : ‘Maître, que dois-je faire pour posséder la vie éternelle ?’ » Il me semble que ce docteur de la loi qui voulait mettre le Seigneur à l’épreuve en le questionnant au sujet de la vie éternelle, a pris occasion pour ce faire des paroles mêmes du Seigneur : « Réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux. » Mais par sa question même il proclama combien est vraie cette parole du Seigneur louant son Père « d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout petits. » Homélie de saint Bède le Vénérable, prêtre, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.
Avant la messe : Benedicam Dominum de Tomás Luis de Victoria (1548 † 1611), maître de chapelle aux Descalzas Reales de Madrid – Transcription pour orgue : Anne Foulard
Après la Consécration : Tantum ergo sacramentum « mozarabe » – Sur le plain-chant des livres de Tolède – Tomás Luis de Victoria (1548 † 1611), maître de chapelle aux Descalzas Reales de Madrid
Ils se sont écriés en voyant la place de son embrasement : Quelle ville, disaient-ils, a jamais égalé cette grande ville ? Ils se sont couvert la tête de poussière, jetant des cris accompagnés de larmes et de sanglots, et disant : Hélas ! hélas ! cette grande ville, qui a enrichi de son opulence tous ceux qui avaient des vaisseaux en mer, se trouve ruinée en un moment !
Apocalypse 18, 18-19.
Photo : ruines de la cathédrale Sainte-Marie d’Urakami de Nagasaki en 1945.
Le 9 août 1945, le B-29 Bockscar piloté par Charles Sweeney, parti de Tinian dans les îles Mariannes du Nord, largua la bombe atomique Fat Man sur la ville de Nagasaki. La bombe explosa à 580 m d’altitude, à la verticale du quartier majoritairement catholique d’Urakami, quasiment à la verticale de la cathédrale. Ce fut la seconde explosion nucléaire au Japon, trois jours après celle d’Hiroshima.
75 000 des 240 000 habitants de Nagasaki furent tués sur le coup, et au moins autant décédèrent des suites de leurs maladies ou de leurs blessures.
Nagasaki est liée dès son origine à l’arrivée de la foi chrétienne au Japon. Ce lieu fut concédé aux Portugais en 1571 par le daimyo Ōmura Sumitada comme port de commerce, avant de le leur être retiré et confié aux missionnaires de la Compagnie de Jésus en 1580. A la suite d’une révolution politique, les missionnaires sont chassés et le christianisme interdit en 1587. Malgré d’ignobles persécutions, les chrétiens de Nagasaki conservent leur foi et la pratiquent en secret, jusqu’au retour des missionnaires au XIXème siècle. Ainsi, le village d’Urakami, proche de Nagasaki (plus tard englobé dans la ville) est alors composé uniquement de crypto-chrétiens lorsqu’il est découvert en 1865 par le RP Bernard Petitjean, des Missions étrangères de Paris.
Parce que l’Agneau qui est au milieu du trône, sera leur pasteur, et il les conduira aux sources vives des eaux, et Dieu essuiera toutes les larmes de leurs yeux.
Apocalypse 7, 17.
Photo : Messe pontificale célébrée dans les ruines de la cathédrale Sainte-Marie d’Urakami à Nagasaki en juin 1949.
Cette extraordinaire – et prophétique – photo d’une messe pontificale célébrée dans les ruines de la cathédrale de Nagasaki est une belle image de la reconstruction spirituelle sur les ruines de la Cité catholique.
Quiconque sera victorieux, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône ; de même qu’ayant été moi-même victorieux, je me suis assis avec mon Père sur son trône.
Apocalypse 4, 21.
Photo : Messe pontificale au trône dans les ruines de la cathédrale Sainte-Marie d’Urakami à Nagasaki en juin 1949.
Cette messe pontificale célébrée au trône en 1949 célébrait alors le 4ème centenaire de l’arrivée de saint François-Xavier au Japon et à la fondation de la première communauté chrétienne de ce pays.
Lorsqu’il eut ouvert le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient souffert la mort pour la parole de Dieu, et pour le témoignage qu’ils avaient rendu.
Apocalypse 6, 9.
Photo : Messe pontificale dans les ruines de la cathédrale Sainte-Marie d’Urakami à Nagasaki en juin 1949. Procession des reliques de saint François-Xavier.
Afin de célébrer le 400ème anniversaire de la venue de la foi véritable au Japon par l’arrivée de saint François-Xavier, la relique insigne de son bras avait alors été emmenée de Rome (où elle est conservée à l’église du Gesù) à Nagasaki.
Voici d’autres photos de cette cérémonie prises par Carl Mydans en 1949 pour le compte de Life. Nous y avons adjoint une photographie d’un requiem à la mémoire des fidèles morts dans l’explosion de la bombe, messe célébrée devant les ruines de la cathédrale le 23 novembre 1945.
En cet anniversaire, prions.
Nagasaki : juin 1949 – messe pontificale célébrée dans les ruines de la cathédrale en l’honneur des 400 ans de l’arrivée de saint François-Xavier au Japon – La foule des pèlerins
Nagasaki : juin 1949 – messe pontificale célébrée dans les ruines de la cathédrale en l’honneur des 400 ans de l’arrivée de saint François-Xavier au Japon – La foule des pèlerins
Nagasaki : juin 1949 – messe pontificale célébrée dans les ruines de la cathédrale en l’honneur des 400 ans de l’arrivée de saint François-Xavier au Japon – les porte-insignes de la messe pontificale
Nagasaki : juin 1949 – messe pontificale célébrée dans les ruines de la cathédrale en l’honneur des 400 ans de l’arrivée de saint François-Xavier au Japon – La foule des pèlerins
Nagasaki : juin 1949 – messe pontificale célébrée dans les ruines de la cathédrale en l’honneur des 400 ans de l’arrivée de saint François-Xavier au Japon – La foule des pèlerins
Nagasaki : juin 1949 – messe pontificale célébrée dans les ruines de la cathédrale en l’honneur des 400 ans de l’arrivée de saint François-Xavier au Japon – La foule des pèlerins
Nagasaki : juin 1949 – messe pontificale célébrée dans les ruines de la cathédrale en l’honneur des 400 ans de l’arrivée de saint François-Xavier au Japon – l’arrivée de Rome de la relique du bras de saint François-Xavier
Messe de requiem à la mémoire des victimes – Nagasaki – 23 novembre 1945
Ce samedi 3 août 2013, M. l’Abbé Bertrand Lacroix, fssp, ordonné le 29 juin dernier en Bavière, chantait sa première messe solennelle en la Basilique Notre-Dame des Victoires, Paris II.
La sainte messe fut célébrée dans le merveilleux chœur de la vénérable basilique, décoré des toiles monumentales de Carle van Loo (1705 † 1765) représentant au centre Louis XIII au siège de La Rochelle faisant le vœu d’édifier cette église, et de part & d’autre la vie de saint Augustin (l’église fut jusqu’à la Révolution celle du couvent des Augustins Deschaussés, appelés « Petits Pères »). L’un de ces religieux, le frère Fiacre, y reçu une apparition de la Vierge annonçant la naissance du futur Louis XIV. La vie liturgique & musicale de cette église, connue par des manuscrits encore conservés à la Bibliothèque nationale de France, fut intense dès sa fondation & jusqu’à la Révolution. Couperin, Mondonville & Lully habitaient dans le voisinage immédiat de cette église, le dernier y est du reste inhumé. En décembre 1836, le curé de Notre-Dame des Victoires, l’Abbé Desgenettes, consacre sa paroisse au Cœur immaculé de Marie, sous le titre de Refuge des Pécheurs. Dès ce moment, des conversions éclatantes et des grâces abondantes s’y répandent à profusion. Le Pape accorda à cette église le titre de basilique mineure en 1927.
La messe célébrée fut celle votive de la Sainte Vierge au samedi. Le chant liturgique fut assuré par la Schola Sainte Cécile et MM. les Abbés Barker et Després de la Fraternité Saint-Pierre. L’ordinaire fut la messe Ad majorem Dei gloriam d’André Campra.
Au dialogue de la préface.
Chant de la préface de la Sainte Vierge par le célébrant.
O salutaris hostia !
Elévation du Corps du Seigneur par le célébrant après la consécration.
Elévation du Très-Précieux Corps du Seigneur.
Absolution après le chant du 3ème Confiteor.
Autour du célébrant faisaient fonction :
de prêtre assistant : M. l’Abbé Meissonnier, fssp,
Saint-Eugène, le dimanche 4 août 2013, grand’messe de 11h.
« Ephphetha » – dimanche de la guérison du sourd-muet.
« Quand Dieu, Créateur de toutes choses, a voulu guérir un sourd-muet, il lui mit les doigts dans les oreilles et il prit de la salive et lui toucha la langue. Pourquoi ? Que signifient les doigts du Rédempteur, sinon les dons du Saint-Esprit ? C’est pour cela que, ailleurs, après avoir chassé un démon, il dit : « Si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, le Royaume de Dieu est donc venu jusqu’à vous. » Un autre évangéliste exprime cette même parole ainsi : « Si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le Royaume de Dieu est donc venu jusqu’à vous. » En mettant ces deux textes ensemble, on voit que l’Esprit est appelé doigt de Dieu. Donc, mettre les doigts dans les oreilles, c’est ouvrir à l’obéissance l’esprit du sourd par les dons du Saint-Esprit. »
Homélie de saint Grégoire, pape, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.
Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
Après la Consécration : Tantum ergo sacramentum « mozarabe » – Sur le plain-chant des livres de Tolède – Tomás Luis de Victoria (1548 † 1611), maître de chapelle aux Descalzas Reales de Madrid
Procession de sortie : Mon esprit glorifie le Tout-Puissant – Paraphrase du Magnificat par Fernand Fouand, baron de La Tombelle (1854 † 1928), organiste à la Madeleine & à la Trinité
Pacem meam do vobis, pacem meam comméndo vobis, non sicut mundus dat pacem, do vobis.
Je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix, non comme le monde donne la paix, je vous la donne moi. (Jean 14, 27)
℣. Novum mandatum do vobis ut diligátis vos ínvicem.
℣. Je vous donne un commandement nouveau : de vous aimer les uns les autres. (Jean 13, 34)
℣. Glória et honor Patri et Fílio et Spíritui Sancto, in sæcula sæculórum. Amen.
℣. Gloire & honneur au Père & au Fils & au Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen.
Dans le rit mozarabe, comme dans toutes les liturgies orientales et la plupart des liturgies occidentales, le baiser de paix se place à l’offertoire avant le canon eucharistique, conformément aux paroles de Notre Seigneur :
Si donc, lorsque vous présentez votre offrande à l’autel, vous vous souvenez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez-là votre don devant l’autel, et allez vous réconcilier auparavant avec votre frère, et puis vous reviendrez offrir votre don. (Matthieu, 5, 23-24)
Seules l’ancienne liturgie des Eglises d’Afrique et la liturgie romaine divergent très tôt sur ce point et placent le baiser de paix avant la communion, après la consécration des saintes espèces, en insistant sur le fait que la paix est reçue par le sang versé du Christ (le calice contenant le précieux Sang est d’abord baisé par le célébrant et de là la paix se propage). Il s’agit d’une toute autre perspective.
La liturgie ambrosienne synthétise les deux usages et connait un double baiser de paix (à l’offertoire, selon la tradition antique commune et avant la communion, selon la tradition romano-africaine).
Il était aussi très courant jusqu’à naguère dans les Eglises de France de présenter l’instrument de paix à l’offertoire en particulier aux messes des morts, y compris celles célébrées dans le rit romain (alors que le baiser de paix est interdit stricto sensu aux messes des morts dans ce rit) : cette pieuse coutume est de fait un antique souvenir de l’ancien rit des Gaules supprimé par Charlemagne, lequel connaissait le baiser de paix à l’offertoire comme dans le rit mozarabe. C’était admirable de voir que cet usage avait perduré dans notre pays et traversé les âges jusqu’aux dernières années du XXème siècle.
Dans le rit mozarabe, le baiser de paix est accompagné d’un chant, dit « Ad pacem ». La plupart du temps, il s’agit du beau texte des paroles de Notre Seigneur dans l’évangile de Jean, dont le chant est donné ci-dessus. Quelques rares grandes fêtes ont un texte propre différent.
La plupart des rits chrétiens ont fortement atténué l’accompagnement rituel du baiser de paix, et celui-ci est tombé en général en désuétude. Son souvenir n’est plus en général évoqué que par un texte très bref (par exemple : Pax Domini sit semper vobiscum dans le rit romain, Aimons-nous les uns les autres, afin que dans un même esprit nous confessions : Le Père, le Fils et le Saint Esprit, Trinité consubstantielle et indivisible dans le rit byzantin). Dans le rit mozarabe en revanche, le rite de la paix s’est intégralement conservé depuis l’antiquité et n’a pas disparu en chemin (en raison probablement de l’isolement très fort du rit hispanique durant la domination arabe) ; la messe mozarabe comporte toujours une oraison qui varie à chaque messe, l’oratio ad pacem, plusieurs monitions diaconales et ce chant de l’antienne Ad pacem, le tout se place juste avant le dialogue de la préface eucharistique.
Le chant de l’antienne Pacem meam do vobis s’apparente au VIIIème ton grégorien, le chœur reprend l’intégralité de l’antienne après le verset & la doxologie.
Saint-Eugène, le dimanche 28 juillet 2013, grand’messe de 11h.
Le pharisien & le publicain.
« Le Seigneur est le Très-Haut et il regarde l’humilité. Mais les hommes hautains, – et le pharisien était l’un d’eux –, il ne les connaît que de loin. Leurs actes hautains, Dieu les connaît de loin, mais il ne méconnaît pas leur faute. Écoute encore l’humilité du publicain. Non content de se tenir à distance, il ne levait même pas les yeux vers le ciel. Afin d’être regardé, lui ne regardait pas. Il n’osait pas relever les yeux. Sa conscience l’opprimait, l’espérance le soulevait. Écoute encore : « Il se frappait la poitrine. » De lui-même, il exige un châtiment. Aussi le Seigneur épargne-t-il celui qui confesse sa faute. « Il se frappait la poitrine en disant : Mon Dieu, sois indulgent au pécheur que je suis. » Le voilà, celui qui prie ! Pourquoi t’étonner ? La faute qu’il reconnaît Dieu, lui, ne veut plus la connaître. » Homélie de saint Augustin, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.
Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
Procession d’entrée: orgue
Kyrie : de la Missa Vulneratus cor meum (1542) de Cristóbal de Morales (c. 1500 † 1553), maître de chapelle de la cathédrale de Tolède
Et incarnatus est : de la Missa Vulneratus cor meum de Cristóbal de Morales
Après la Consécration : Tantum ergo sacramentum « mozarabe » – Sur le plain-chant des livres de Tolède – Tomás Luis de Victoria (1548 † 1611), maître de chapelle aux Descalzas Reales de Madrid
Procession de sortie : Cantique des trois enfants dans la Fournaise – VIème ton (Daniel 3, 57-56 – Action de grâce après la messe) – Maxime Kovalevky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris
Alleluia. ℣. Exsultábit iustus in glória, et gaudébit in lætítia sempitérna. Alleluia.
Alleluia. Les saints seront dans la joie se voyant comblés de gloire : ils se réjouiront dans le lieu de leur repos. (Psaume 149, 5)
Les Laudes mozarabes correspondent à l’Alleluia de la messe romaine, ambrosienne, byzantine, etc… Il s’agit bien sûr de l’alleluia chanté avant et après un verset de psaume. C’est un trait particulier à l’antique liturgie hispanique que l’alleluia à la messe mozarabe ne se chante pas avant mais après l’évangile (après la prédication de fait), ainsi que l’attestent plusieurs canons des conciles de Tolède et plusieurs passages de saint Isidore de Séville.
Source : Cantoral mozarabe n° II de la Chapelle du Corpus Christi de la cathédrale de Tolède, folios XIII v° et XIV r°.