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La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

D’après Charles de Courbes – Regina cœli

D’après Charles de Courbes (c. 1580 † ap. 1628), esleu & lieutenant particulier, organiste de l’église Saint-Sauveur de Paris.
Regina cæli – Canticum paschale cum quatuor vocibus atque organis, servatis accentibus.
4 voix (SATB).
2 pages.

« L’amateur » éclairé que fut le Sieur de Courbes, élu & lieutenant particulier, publie ses compositions chez Pierre Ballard en 1622 : « Cantiques spirituels nouvellement mis en musique à IIII, V, VI, VII et VIII parties ». Une bonne part de cet ouvrage est consacrée à la mise en musique d’hymnes de l’Eglise. Influencées par la chanson française, les hymnes de Charles de Courbes témoignent aussi de l’aspiration générale à plus de clarté dans les compositions musicales liturgiques qui se fait jour après le Concile de Trente. Elles reflètent également les spéculations rythmiques conduites quelques années auparavant par les auteurs de la Pléiade et par Jean-Antoine de Baïf en particulier. C’est à ses spéculations que se réfère directement l’indication « servatis accentibus » – en se servant des accents des mots latins – pour rythmer cette pièce sur l’accentuation et non sur un rythme uniforme.

Charles de Courbes met ici en musique à quatre voix le texte de l’antienne à la Sainte Vierge durant le temps pascal (des complies du Samedi Saint à none du Samedi après la Pentecôte). Il utilise au Superius un chant abrégé et syllabique de l’antienne traditionnelle, relativement proche du chant abrégé en usage universel de nos jours. Ce chant abrégé de l’antienne Regina cæli passait pour avoir été l’œuvre du R.P. François Bourgoing, de l’Oratoire, dans son Brevis Psalmodiæ de 1634. Cette partition témoigne que ce chant est antérieur, sans qu’on puisse cependant décider si le Sieur de Courbes est l’auteur de cette abréviation du plain-chant médiéval qui deviendra traditionnelle par la suite, ou pas.

Afin de faciliter l’emploi de ce chant par les communautés traditionnelles de notre temps, le chant du Superius a ici été retouché par endroit (et du coup la polyphonie légèrement modifiée) afin de se conformer à l’usage actuellement reçu. Le rythme a été également aligné sur l’usage reçu.

A titre de comparaison, voici la partition original du Sieur de Courbes :

Pour faciliter le chant de la basse, nous avons monté la partition d’un ton, de Fa à Sol majeur (VIème ton ecclésiastique).

Regína cæli, laetáre, alleluia;
Quia quem meruísti portáre, alleluia,
Resurréxit, sicut dixit, alleluia:
Ora pro nobis Deum, alleluia.
Reine du Ciel, réjouis-toi, alléluia,
Car celui que tu as mérité de porter, alleluia,
Est ressuscité, comme il l’avait dit, alleluia,
Prie Dieu pour nous, alleluia.

Les premières mesures de cette partition :

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Charles de Courbes, Regina cœli
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Charles de Courbes - Regina cœli

Amédée Gastoué / Henri de Villiers – Au sang qu’un Dieu va répandre

Texte de François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651 † 1715), archevêque de Cambrai, de l’Académie française.
Mélodie d’Amédée Gastoué (1873 † 1943), maître de chapelle de Saint-Jean-Baptiste de Belleville, commandeur de l’Ordre de saint Grégoire le Grand.
Harmonisation d’Henri de Villiers
.
Au sang qu’un Dieu va répandre.
4 voix (SATB).
2 pages – Mi mineur.

Sur ce texte fameux – Au sang qu’un Dieu va répandre – dont la rédaction admirable est de Fénelon, fut adaptée à la fin du XVIIIème siècle – vraisemblablement par les Sulpiciens – une mélodie bien profane alors très à la mode (« Que ne suis-je la fougère / Où sur la fin du jour, / Se repose ma bergère, / Sous la garde de l’amour ? »), mélodie elle-même tirée d’un opéra de Pergolèse ; cette même mélodie fut du reste réutilisée au XXème siècle pour le générique de l’émission « Bonne nuit les petits » !

Dans son opuscule « Le Chant populaire à l’Eglise et dans les Confréries et Patronages », le génial musicologue que fut Amédée Gastoué préféra revêtir Au sang qu’un Dieu va répandre, le cantique de Fénelon, d’une mélodie nouvelle, plus dans l’esprit du chant ecclésiastique traditionnel. C’est cette heureuse mélodie que j’ai harmonisée et que nous chantons tous les ans à Saint-Eugène pour le temps de la Passion.

Voici le texte du fameux cantique de Fénelon :

1. Au sang qu’un Dieu va répandre,
Ah ! mêlez du moins vos pleurs,
Chrétiens qui venez entendre
Le récit de ses douleurs
Puisque c’est pour vos offenses
Que ce Dieu souffre aujourd’hui,
Animés par ses souffrances,
Vivez & mourez pour lui.
2. Dans un jardin solitaire
Il sent de rudes combats;
Il prie, il craint, il espère,
Son cœur veut et ne veux pas.
Tantôt la crainte est plus forte,
Et tantôt l’amour plus fort :
Mais enfin l’amour l’emporte
Et lui fait choisir la mort.
3. Judas, que la fureur guide,
L’aborde d’un air soumis;
Il l’embrasse… et ce perfide
Le livre à ses ennemis !
Judas, un pécheur t’imite
Quand il feint de L’apaiser;
Souvent sa bouche hypocrite
Le trahit par un baiser.
4. On l’abandonne à la rage
De cent tigres inhumains;
Sur son aimable visage
Les soldats portent leurs mains
Vous deviez, Anges fidèles,
Témoins de leurs attentats,
Ou le mettre sous vos ailes,
Ou frapper tous ces ingrats.
5. Ils le traînent au grand-prêtre,
Qui seconde leur fureur,
Et ne veut le reconnaître
Que pour un blasphémateur.
Quand il jugera la terre
Ce sauveur aura son tour:
Aux éclats de son tonnerre
Tu le connaîtras un jour.
6. Tandis qu’il se sacrifie,
Tout conspire à l’outrager:
Pierre lui-même l’oublie,
Et le traite d’étranger.
Mais Jésus perce son âme
D’un regard tendre et vainqueur,
Et met d’un seul trait de flamme
Le repentir dans son cœur.
7. Chez Pilate on le compare
Au dernier des scélérats ;
Qu’entends-je ! ô peuple barbare,
Tes cris sont pour Barabbas !
Quelle indigne préférence !
Le juste est abandonné ;
On condamne l’innocence,
Et le crime est pardonné.
8. On le dépouille, on l’attache,
Chacun arme son courroux:
Je vois cet Agneau sans tache
Tombant presque sous les coups.
C’est à nous d’être victimes,
Arrêtez, cruels bourreaux !
C’est pour effacer vos crimes
Que son sang coule à grands flots.
9. Une couronne cruelle
Perce son auguste front:
A ce chef, à ce modèle,
Mondains, vous faites affront.
Il languit dans les supplices,
C’est un homme de douleurs:
Vous vivez dans les délices,
Vous vous couronnez de fleurs.
10. Il marche, il monte au Calvaire
Chargé d’un infâme bois:
De là, comme d’une chaire,
Il fait entendre sa voix :
« Ciel, dérobe à la vengeance
Ceux qui m’osent outrager ! »
C’est ainsi, quand on l’offense,
Qu’un chrétien doit se venger.
11. Une troupe mutinée
L’insulte et crie à l’envi :
S’il changeait sa destinée,
Oui, nous croirions tous en lui !
Il peut la changer sans peine
Malgré vos nœuds et vos clous :
Mais le nœud qui seul l’enchaîne,
C’est l’amour qu’il a pour nous.
12. Ah! de ce lit de souffrance,
Seigneur, ne descendez pas:
Suspendez votre puissance,
Restez-y jusqu’au trépas.
Mais tenez votre promesse,
Attirez-nous près de vous ;
Pour prix de votre tendresse,
Puissions-nous y mourir tous !
13. Il expire, et la nature
Dans lui pleure son auteur :
Il n’est point de créature
Qui ne marque sa douleur.
Un spectacle si terrible
Ne pourra-t-il me toucher ?
Et serai-je moins sensible
Que n’est le plus dur rocher ?

Les premières mesures de cette partition :

Au sang qu'un Dieu va répandre - Au sang qu'un Dieu va répandre - Gastoué / Villiers

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Anonyme – Emendemus in melius

Auteur anonyme français (1529).
Emendemus in melius – Répons du mercredi des Cendres.
4 voix (STTB).
4 pages.

La musique française du début du XVIème siècle, et plus largement, de la Renaissance, demeure pour de larges parts bien méconnue, alors que pour cette même période règnent sur les répertoires des chœurs ecclésiastiques les géants que sont Palestrina et Victoria.

Voici néanmoins une très intéressante pièce anonyme de 1529 (Palestrina n’avait alors que 3 ans 😉 ) qui présente une belle musique en contrepoint du répons du mercredi des Cendres. Il a été publié chez Attaignant à Paris en 1529.

Ce répons, le premier du second nocturne du premier dimanche de Carême dans l’office traditionnel, est également employé lors de la distribution des Cendres le mercredi qui précède, où il figure en troisième position des pièces chantées, après les antiennes Immutemur habitu et Inter vestibulum & altare.

Noter que cette pièce sonnera mieux pour voix égales (haute contre / haute taille / basse taille / basse). Néanmoins, en cas d’exécution par un chœur mixte, la première voix pourrait être chantée par toutes les voix féminines, pour peu que le chœur possède suffisamment de voix masculines.

La réclame du répons se fait à la dernière page sur * Attende Domine. Cette réclame peut être repris après le chant par un chantre du verset Adjuva nos Deus et du Gloria Patri (attaquer chacun des deux versets sur le sol naturel). Comme cela est courant dans les compositions anciennes, la polyphonie est conçue dans la même modalité que le plain-chant originel de la pièce, ce qui fait que les versets peuvent s’enchaîner sans hiatus.

Voici le texte de ce répons, ainsi qu’une traduction :

℟. Emendémus * in mélius quæ ignoránter peccávimus : ne súbito præoccupáti die mortis quærámus spátium pœniténtiæ, et inveníre non possímus. * Atténde, Dómine, et miserére : quia peccávimus tibi. Amendons par une vie meilleure les fautes que par irréflexion nous avons commises, de peur que, saisis à l’improviste par le jour de la mort, nous ne cherchions le temps de faire pénitence sans pouvoir le trouver. * Ecoute, Seigneur, et aie pitié, car nous avons péché contre toi.
℣. Adjuva nos, Deus salutáris noster : et propter honórem nóminis tui, Dómine, líbera nos. ℣. Secoure-nous, Dieu de notre salut, et pour l’honneur de ton nom, Seigneur, délivre-nous.
* Atténde, Dómine, et miserére : quia peccávimus tibi. * Ecoute, Seigneur, et aie pitié, car nous avons péché contre toi.
℣. Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto. ℣. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit.
* Atténde, Dómine, et miserére : quia peccávimus tibi. * Ecoute, Seigneur, et aie pitié, car nous avons péché contre toi.

Les premières mesures de cette partition :

La partie de superius dans l’édition originale de Pierre Attaignant de 1529 :

Emendemus in melius - Partie de Superius

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Charles de Courbes – Hostis Herodes impie

Charles de Courbes (c. 1580 † ap. 1628), esleu & lieutenant particulier, organiste de l’église Saint-Sauveur de Paris.
Hostis Herodes impie – Sedulius in Hymno De Vita Christi Cum quatuor vocibus – Hymne de l’Epiphanie, à vêpres.
4 voix (SATB).
3 ou 5 pages.

« L’amateur » éclairé (comme il se présente lui-même) que fut le Sieur de Courbes, élu & lieutenant particulier, publie ses compositions chez Pierre Ballard en 1622 : « Cantiques spirituels nouvellement mis en musique à IIII, V, VI, VII et VIII parties ». Une bonne part de cet ouvrage est consacrée à la mise en musique d’hymnes de l’Eglise, lesquelles peuvent se chanter sur leur texte latin aussi bien que sur une traduction réalisée par l’auteur. Influencées par la chanson française, les hymnes de Charles de Courbes témoignent aussi de l’aspiration générale à plus de clarté dans les compositions musicales liturgiques qui se fait jour après le Concile de Trente. Elles reflètent également les spéculations rythmiques conduites quelques années auparavant par les auteurs de la Pléiade et par Jean-Antoine de Baïf en particulier.

Charles de Courbes utilise toujours le matériel préexistant du plain-chant pour écrire ses hymnes, de sorte que sa musique peut être également utilisée en alternance avec celle du plain-chant. Ici, pour la très belle hymne de l’Epiphanie due à la plume du poète latin Sédulius au Vème siècle, le chant liturgique est attribué à la partie de haute-contre. Notez que le texte de Sédulius cite déjà les 3 théophanies célébrées conjointement par le rit romain à la fête de l’Epiphanie : l’adoration des Mages, le baptême dans le Jourdain et les noces de Cana.

Nous proposons cette partition en deux présentations différentes : soit les 5 strophes en polyphonies, soit les strophes impaires en plain-chant et les paires en polyphonie. Voici le texte de cette hymne, ainsi qu’une traduction moderne (on trouvera dans notre partition PDF la traduction de Charles de Courbes, qui pourra être utilisée pour le chant) :

Hostis Heródes ímpie,
Christum venire quid times ?
Non eripit mortalia,
Qui regna dat cœlestia.
Hérode, ennemi impie,
Pourquoi crains-tu le Roi qui vient ?
Il ne cherche pas les trônes mortels
Lui qui gouverne dans les cieux.
Ibant Magi, quam viderant,
Stellam sequentes præviam:
Lumen requirunt lumine:
Deum fatentur munere.
Les Mages, s’en allaient, guidés
Par l’étoile nouvelle qu’ils voyaient;
Cherchant la Lumière par la lumière
Adorant Dieu par leurs présents.
Lavacra puri gurgitis
Cœlestis Agnus attigit:
Peccata, quæ non detulit,
Nos abluendo sustulit.
L’Agneau céleste est descendu
Dans les eaux purifiantes
Des péchés, dont il est innocent
Il nous lave en sa personne.
4. Novum genus potentiæ ;
Aquæ rubescunt hydriæ,
Vinumque jussa fundere,
Mutavit und’originem.
Nouveau prodige de puissance:
L’eau rougeoie dans les amphores
Et pour couler en flots de vin,
Elle obéit & change de nature.
5. Gloria tibi Domine
Qu’apparuisti hodie,
Cum Patr’et Sancto Spiritu,
In sempiterna sæcula. Amen.
Gloire à vous Seigneur,
Qui êtes apparu aujourd’hui,
Avec le Père & le Saint Esprit
Dans les siècles éternels. Amen.

Les premières mesures de cette partition :

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Cliquer sur ce lien pour ouvrir & télécharger la partition en fichier PDF – les 5 strophes en polyphonie.
Cliquer sur ce lien pour ouvrir & télécharger la partition en fichier PDF : plain-chant alternant avec la polyphonie de Charles de Courbes.
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Charles de Courbes - Hostis Herodes impie

Nicolas-Mammès Couturier – Cantique pour l’Epiphanie – Adressons nos hommages

Chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres.
Adressons nos hommages – Cantique pour la fête de l’Epiphanie sur le noël « Or nous dites Marie« .
4 voix (SATB).
1 page.

Ce petit cantique pour l’Epiphanie du chanoine Couturier utilise la très belle et nostalgique mélodie du très beau noël du XVème siècle « Or nous dites Marie » (la mélodie de ce noël étant elle-même encore plus ancienne). Le chant, confié au dessus, reçoit une harmonisation simple mais de bon goût. Couturier cependant invente une mélodie nouvelle pour le couplet, laquelle gagne à être pensée à 2 temps. Le texte de ce couplet est emprunté quant à lui à l’abondante production de noëls écrits par l’Abbé Simon-Joseph Pellegrin (1663 + 1745) (in Noels nouveaux et Cantiques spirituels, sur divers passages de l’Evangile composés sur les plus beaux chants des Noëls anciens, sur des Airs d’Opéra, Airs nouveaux & Vaudevilles choisis, notés pour en faciliter le chant, par Monsieur l’Abbé Pellegrin, nouvelle édition revue & corrigée. Paris, Nicolas Le Clerc, 1728, p. 387.). Voici le texte de ce cantique, nous y ajoutons les autres strophes de l’Abbé Pellegrin qui ne sont pas sur la partition :

℟. Adressons nos hommages
A notre divin Roi.
Offrons avec les Mages
Les dons de notre foi. (bis)
L’or de l’amour sincère
Que l’on doit à Jésus,
L’encens de la prière,
La myrrhe des vertus.
1. Adorons le divin maître
A l’exemple des trois Rois ;
Du moment qu’il vient de naître
Tout doit révérer ses Lois ;
Chacun doit le reconnaître,
Rois & peuples à la fois.
Adorons le divin maître
A l’exemple des trois Rois.
2. Que pour lui chacun soupire,
Il soupire aussi pour nous :
Rangeons-nous sous son Empire ;
Il n’en est point de si doux,
Que l’ardeur qu’il nous inspire,
A jamais nous brule tous.
Que pour lui chacun soupire,
Il soupire aussi pour nous.
3. Il se livre à mille peines,
Mais c’est pour nous rendre heureux ;
Il se charge de nos chaînes,
De nos maux les plus affreux ;
Nos alarmes seraient vaines,
Puisqu’il a comblé nos vœux.
Il se livre à mille peines,
Mais c’est pour nous rendre heureux.
4. Dans le plus profond abîme
L’homme était précipité,
Dès longtemps contre son crime
Le Ciel était irrité ;
Un Dieu devient sa victime
Par l’excès de sa bonté.
Dans le plus profond abîme
L’homme était précipité.
5. Que l’on chante sa victoire,
Il triomphe des Enfers ;
De son nom & de sa gloire,
Il remplit tout l’Univers ;
Qu’on célèbre la mémoire
Du grand jour qu’il rompt nos fers.
Que l’on chante sa victoire,
Il triomphe des Enfers.

Les premières mesures de cette partition :

Cantique pour l'Epiphanie : Adressons nos hommages

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Marc-Antoine Charpentier – Judith (H. 391) : chœur Peccavimus Domine

Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV, des Jésuites & de la Sainte Chapelle.
Chœur des fils d’Israël : Peccavimus Domine, extrait de l’histoire sacrée Judith (H. 391).
4 voix (SATB) & basse continue.
3 pages.

Ce chœur peu connu de Charpentier et qui conviendra aux temps de pénitence est extrait de son oratorio, ou – pour reprendre sa terminologie – son histoire sacrée « Judith sive Bethulia liberata », vaste fresque biblique utilisant 7 solistes, chœur à 4 voix & orchestre (2 flûtes, 2 violons & basse continue).

Le ton de la mineur (« tendre & plaintif » selon le tableau des énergie des modes de Charpentier) utilisé pour ce chœur rend admirablement les gémissements des fils d’Israël gémissant devant l’invasion des troupes assyriennes & le siège de Béthulie par Holopherne. Les changements de mesure de la partition (mesures 20-24 et 28-32) ne sont pas tant à notre sens des ruptures rythmiques (la battue restant la même) mais de lumineux changements dans l’expression harmonique dès que le texte évoque la bonté de Dieu. Voici le texte de ce chœur :

Peccávimus, Dómine, peccávimus, injúste égimus, iniquitátem fécimus. Sed tu, quia pius es, miserére nostri. Nous avons péché, Seigneur, nous avons péché, nous avons commis ce qui était injuste, nous avons fait l’iniquité. Mais toi, parce que tu es bon, aie pitié de nous.

Les premières mesures de cette partition :

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Théodore Dubois – Adoramus te, Christe

Théodore Dubois (1837 † 1924), maître de chapelle et organiste de La Madeleine.
Adoramus te, Christe – chœur final des 7 Paroles du Christ.
4 voix (SATB), orgue (et orchestre).
2 pages – Ut majeur.

Ce célèbre « Adoramus te, Christe » en Ut majeur constitue le chœur final de l’oratorio « Les 7 paroles du Christ » daté de 1867, lequel fut dédié à M. l’Abbé Jean-Gaspard Deguerry (1797 † 1871) curé de la Madeleine, fusillé par les Fédérés à la prison de la Roquette. Cet oratorio, méditation sur les 7 dernières paroles prononcées par le Christ sur la Croix, allient à une inspiration élevée une musique d’un effet grandiose et dramatique : ces pages tragiques reflètent admirablement la mort du Christ. Durant plus de 90 ans, jusqu’en 1965, elle furent données à l’église de la Madeleine chaque Vendredi Saint, puis tombèrent dans l’oubli. Ce chœur final est une partie de l’oratorio facile à mettre en place qui conviendra tout particulièrement au temps de la passion, et pourra se donner éventuellement à d’autres moments de l’année liturgique, par exemple aux communions de l’avant-Carême ou du Carême.

Texte & traduction :

Adorámus te, Christe, et benedícimus tibi, quia per sanctam Crucem tuam redemísti mundum. Nous vous adorons, Christ, et nous vous bénissons, parce que par votre sainte Croix vous avez racheté le monde.

Les premières mesures de cette partition :

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Marc-Antoine Charpentier – Messe (H. 1)

Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV, des Jésuites & de la Sainte Chapelle.
Messe (H. 1).
4 voix (SATB), 8 solistes (SSAATTBB), 2 dessus instrumentaux & basse continue.
48 pages.

Cette messe qui ne porte pas de titre reçut le numéro 1 du catalogue des œuvres de Charpentier réalisé par Henry Wiley Hitchcock, et c’est plutôt à bon droit car nous sommes vraisemblablement en présence d’une des toutes premières compositions de jeunesse de Marc-Antoine.

Outre les parties habituelles de l’ordinaire (Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus Dei), cette messe comporte aussi – selon les traditions gallicanes – un Domine, salvum fac Regem (facticement séparé par Hitchcock sous le numéro H. 281) qui se donne à la fin de la communion ou de la messe. Comme pour d’autres messes de Charpentier, et selon les principes traditionnels de l’alternance, l’orgue figure également certaines parties de l’ordinaire de la messe : l’organiste – qui se doit d’improviser – joue ainsi en alternance avec le chœur dans le Kyrie. Il figure également le 1er Sanctus et le 3ème (Sanctus Dominus Deus Sabaoth). Le Benedictus n’est pas mis en musique, car il était aussi vraisemblablement figuré par l’organiste, de même que le 1er et le 3ème Agnus Dei ; on peut bien sûr chanter trois fois l’Agnus Dei, notre édition donne le texte avec dona nobis pacem également. De même, on pourrait aussi chanter un Benedictus en plain-chant, par exemple celui de la Missa De Angelis (messe VIII du Kyriale Vatican).

Quoiqu’œuvre de jeunesse, cette partition recèle plusieurs passages remarquables par la maîtrise de l’écriture harmonique doit fait preuve Charpentier, en particulier l’incroyable Crucifixus et le contrepoint habile du Domine, salvum fac Regem

Dans notre édition, nous avons – pour plus de clarté – repris un principe éditorial utilisé par Ballard au XVIIème siècle : les parties chantées par tous sont en caractères droits, les parties des 8 solistes en caractère italiques. La plupart du temps, les parties solistes sont indiquées dans le manuscrit de Charpentier : par exemple, 1. seul devant le dessus indique ainsi que c’est le premier soprano solo qui chante. Lorsque la mention du soliste devant intervenir est inexistante dans le manuscrit, nous l’avons le plus souvent portée entre parenthèses. Le plus souvent, cela se déduit du contexte des autres voix, mais dans le Sanctus, qui pose un vrai problème de compréhension de la partition (le manuscrit passant à deux chœurs réels pour les Hosanna), nous avons pris un parti pris interprétatif assez différent de celui suivi par l’édition du CMBV, qui devrait simplifier l’exécution. L’intonation du Gloria comme l’Ite missa est de la messe pourraient être repris de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont. Le Credo pourrait utiliser également l’intonation de la Messe royale de du Mont (ce qui joue sur un effet de bascule ut mineur / ut majeur) ou alors emprunter son intonation au Credo III.

Le total des 8 solistes peut être réduit à 5 (SSATB), mais les effets de polychoralité qu’induit le double quatuor soliste sont évidemment perdus. Les deux dessus sont nécessaires ; comme ils dialoguent à certains moments, une disposition spaciale intéressante consiste à placer les deux quatuors en arc de cercle (plus ou moins face-à-face) dans l’ordre : BTAS-SATB

Le chœur peut être compris comme la réunion des deux groupes solistes, il constitue alors un double quatuor vocal. Cependant, le style d’écriture assez simple des parties chorales peut laisser entendre une masse vocale plus importante, le dialogue avec le double petit chœur des solistes avec un grand chœur plus important présente alors un réel enrichissement.

Le manuscrit contient des passages en apparence fautifs (Catherine Cessac estime que la partition n’a pas reçu un traitement soigné dans sa transcription par Charpentier). Nous avons pris le parti de laisser la plupart de ceux-ci, signalant juste une correction que nous avons effectuée dans le Gloria dans la partie du second dessus instrumental.

Nous proposons cette partition avec soit le Domine, salvum fac Regem, soit – pour une utilisation liturgique – le Domine, salvum fac Galliam. Nous proposons également le matériel d’orchestre en une partition de 20 pages, comportant en trio les deux dessus instrumentaux & la basse continue.

Les premières mesures de cette partition :

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Abbé Lambert (harm.) – Venez, divin Messie

Harmonisation de l’Abbé Lambert (Versailles, 1845)
Venez, divin Messie.
4 voix. 2 pages.

Ce cantique de l’Avent est adapté sur le chant du vieux noël traditionnel français « Laissez paistre vos bestes », attesté en Bresse au XVIème siècle. Le texte des paroles provient des travaux de M. l’Abbé Simon-Joseph Pellegrin (1663 † 1745), lequel composa à l’attention des demoiselles de Saint-Cyr de très nombreux vers sur les chants des vieux noëls de France, afin d’en renouveler les textes.

Voici en guise de comparaison le refrain et la première strophe de l’ancien noël bressan :

Laissez paistres vos bestes, Pastoureaux,
Par monts et par vaux,
Laissez paistre vos bestes,
Et venez chanter Nau.
J’ai ouy chanter le rossignô,
Qui chantoit un chant si nouveau,
Si haut, si beau,
Si résonneau,
Il me rompoit la teste,
Tant il preschoit
Et caquetoit.
Adonc prins ma houlette
Pour aller voir Naulet.

Le texte reçu de Venez, divin Messie connaît plusieurs variantes de détail tant dans les paroles que dans la répartition des vers entre les strophes. Pellegrin a du reste composé plusieurs textes sur le mètre de ce noël, en voici le refrain de l’un d’entre eux :

Le sauveur vient de naître :
Allons, Pasteurs, éveillez-vous
Venez voir votre Maître,
Marchez, accourez tous.

Voici la leçon du texte que nous présentons en partition :

℟. Venez, divin Messie,
Sauvez nos jours infortunés,
Vous êtes notre vie,
Venez, venez, venez.

1. Ah ! descendez, hâtez vos pas,
Seigneur de l’éternel trépas
Délivrez-nous, ne tardez pas.
Les temps se renouvellent
Sans voir nos crimes pardonnés
Les peuples vous appellent,
Venez, venez, venez.

2. Que nos soupirs soient entendus,
Les biens que nous avons perdus
Ne nous seront-ils pas rendus.
Voyez couler nos larmes
Grand Dieu si vous nous pardonnez
Nous n’aurons plus d’alarmes
Venez, venez, venez.

3. Ah! Puissions-nous chanter un jour
Dans votre bienheureuse cour
Et votre gloire et votre amour.
A nous livrer la guerre
Tous les démons sont acharnés
Pour vaincre leur colère,
Venez, venez, venez.

4. Si vous venez en ces bas lieux,
Nous vous verrons victorieux,
Fermer l’enfer, ouvrir les cieux.
Nous l’espérons sans cesse ;
Les cieux nous furent destinés :
Tenez votre promesse ;
Venez, venez, venez.

Pour mémoire, signalons l’existence d’une version moderne du texte, considérablement appauvrie, loin du charme indéniable de la langue de Pellegrin (lequel fut aussi librettiste de Rameau). L’harmonisation à 4 parties de M. l’Abbé Lambert est très usitée dans les communautés traditionnelles en France. Nous en proposons deux transpositions : en Si bémol majeur (ton original) et en La bémol majeur (plus apte au chant de l’assemblée).

Les premières mesures de cette partition :

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André Campra – Tota pulchra es

André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Louis XV à Versailles.
Tota pulchra es.
2 dessus vocaux & basse continue.
5 pages.

Maître de la musique de Notre-Dame de Paris, le méridional André Campra connut des succès d’édition en faisant publier chez Ballard nombre de petits motets pour solistes, genre en vogue au tournant des années 1700 pour lequel il se montra tout particulièrement habile.

Ce motet est construit sur les versets du Cantique des Cantiques que la liturgie romaine applique usuellement à la Sainte Vierge. En voici le texte :

Tota pulchra es, amíca mea, & mácula non est in te ; favus distíllans lábia tua ; mel & lac sub lingua tua ; odor unguentórum tuórum super ómnia arómata : jam enim hiems tránsiit, imber ábiit & recéssit : flores apparuérunt, víneæ floréntes odórem dedérunt, & vox túrturis audíta est in terra nostra : surge, própera, amíca mea : veni de Líbano, veni, coronáberis. Vous êtes toute belle, mon amie, & aucune tache n’est en vous. Vos lèvres distillent un rayon de miel, le miel et le lait sont sous votre langue ; l’odeur de vos parfums surpasse tout arôme ; déjà l’hiver est passé, la pluie s’en est allée et a cessé, les fleurs sont apparues, les vignes en fleur répandent leur odeur, et la voix de la tourterelle s’est fait entendre sur notre terre : levez-vous vite, mon amie, venez du Liban, venez soyez couronnée.

Le retour cyclique du Tota pulchra es amica mea en guise de refrain apporte une magnifique douceur mystique à cette heureuse composition.

Dans l’exécution liturgique, pour écourter et/ou par souci de simplification, on pourrait omettre la partie entre crochets (de la mesure 69 à la mesure 113), laquelle contient les principales difficultés rythmiques de la partition.

Les premières mesures de cette partition :

Tota pulchra es - André Campra

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