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La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Qui procedis ab utroque : une séquence parisienne d’Adam de Saint-Victor pour le jeudi de l’octave de la Pentecôte

Alors que dans l’usage de Rome, la prose (ou séquence) Veni, Sancte Spiritus sert pour le jour de la Pentecôte & pour toutes les messes de son octave, l’ancien usage de Paris voyait chacune des messes de l’octave de la Pentecôte s’orner d’une prose différente chaque jour.

Voici comment Paris chantait les proses durant l’octave de la Pentecôte :

  1. Le dimanche de la Pentecôte : Fulgens præclara Paraclyti Sancti,
    subdivision d’une ancienne prose française de Pâques, antérieure à l’an 1000.
  2. Le lundi de la Pentecôte : Sancti Spiritus adsit nobis gratia,
    de Notker le Bègue (c. 840 † 912).
  3. Le mardi de la Pentecôte : Lux jucunda, lux insignis,
    d’Adam de Saint-Victor († 1146).
  4. Le mercredi de la Pentecôte : Simplex in essentia,
    d’Adam de Saint-Victor.
  5. Le jeudi de la Pentecôte : Qui procedis ab utroque,
    d’Adam de Saint-Victor.
  6. Le vendredi de la Pentecôte : Alma chorus Domini,
    composition anonyme française antérieure à l’an 1000.
  7. Le samedi de la Pentecôte : Veni, Sancte Spiritus,
    d’Etienne Langton (c. 1150 † 1228).

Il est notable que trois de ces proses soient des compositions de l’illustre hymnographe Adam, qui avant de finir ses jours dans l’abbaye de Saint-Victor, au pied de la Montagne Sainte-Geneviève, avait surtout été le préchantre de la cathédrale de Paris dès 1107 et jusque vers 1134. Les compositions d’Adam franchirent tôt les frontières du diocèse de Paris et se répandirent très vite dans toute l’Europe latine. Elles présentent toutes un ambitus vocal important, typique de l’école cathédrale de Paris, indice du très haut art vocal qui devait alors régner dans notre cité. De nombreuses proses furent par la suite modelés sur les rythmes & chants d’Adam, celle qui est parvenue jusqu’à nous est bien sûr le Lauda Sion de la Fête-Dieu, modulé par saint Thomas d’Aquin sur le Laudes crucis d’Adam de Saint-Victor.

La prose dont nous choisissons de présenter ici le texte et le chant est celle du jeudi dans l’octave de la Pentecôte : Qui procedis ab utroque, d’Adam de Saint-Victor. Les textes liturgiques à l’Esprit Saint sont devenus au fil du temps relativement rares dans l’Eglise latine. A ce titre il peut être intéressant de redonner vie à cet ancien répertoire hymnographique médiéval de haute qualité tant spirituelle que musicale. Voici du reste ce qu’écrit dom Guéranger, qui cite notre prose dans son Année liturgique :

Ce prince de la poésie liturgique dans l’Occident s’est surpassé lui-même sur les louanges du divin Esprit ; et plus d’une fois dans le cours de l’Octave, nous aurons recours à son magnifique répertoire. Mais ce n’est pas seulement une œuvre de génie que nous allons reproduire ici ; c’est une prière sublime et ardente adressée au Paraclet que Jésus nous a promis et dont nous attendons la venue. Efforçons-nous de faire passer dans nos âmes les sentiments du pieux docteur du XIIe siècle, et aspirons comme lui à la descente du Consolateur qui vient renouveler la face de la terre et habiter en nous.

Voici une restauration du chant et du rythme de la prose Qui procedis ab utroque d’après les plus anciens manuscrits liturgiques parisiens :

Prose Qui procedis ab utroque au Saint-Esprit d'Adam de Saint-Victor

Prose Qui procedis ab utroque au Saint-Esprit d'Adam de Saint-Victor

Prose Qui procedis ab utroque au Saint-Esprit d'Adam de Saint-Victor

Prose Qui procedis ab utroque au Saint-Esprit d'Adam de Saint-Victor

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Texte & traduction par dom Guéranger :

Qui procédis ab utróque,
Genitóre Genitóque
Páriter, Paraclíte,
O toi qui procèdes
du Père et du Fils,
divin Paraclet,
Redde linguas eloquéntes,
Fac fervéntes in te mentes
Flamma tua divite.
Par ta flamme féconde,
viens rendre éloquent notre organe,
et embraser nos cœurs de tes feux.
Amor Patris Filiíque,
Par ambórum, et utríque
Compar et consímilis,
Amour du Père et du Fils,
l’égal des deux et
leur semblable en essence,
Cuncta reples, cuncta foves :
Astra regis, cœlum moves,
Pérmanens immóbilis.
Tu remplis tout, tu donnes la vie à tout ;
dans ton repos, tu conduis les astres,
tu règles le mouvement des cieux.
Lumen carum, lumen clarum,
Internárum tenebrárum
Effúgas calíginem.
Lumière éblouissante et chérie,
tu dissipes nos ténèbres intérieures ;
ceux qui sont purs,
Per te mundi sunt mundáti :
Tu peccátum, et peccáti
Déstruis rubíginem.
Tu les rends plus purs encore ;
c’est toi qui fais disparaître le péché
et la rouille qu’il apporte avec lui.
Veritátem notam facis :
Et osténdis viam pacis,
Et iter justítiæ.
Tu manifestes la vérité,
tu montres la voie de la paix
et celle de la justice ;
Perversórum corda vitas,
Et bonórum corda ditas
Múnere sciéntiæ.
Tu fuis les cœurs pervers,
et tu combles des trésors de ta science
ceux qui sont droits.
Te docénte nil obscúrum,
Te præsénte nil impúrum :
Sub tua præséntia.
Si tu enseignes, rien ne demeure obscur ;
si tu es présent à l’âme,
rien ne reste impur en elle ;
Gloriátur mens jocúnda :
Per te læta, per te munda
Gaudet consciéntia.
Tu lui apportes la joie et l’allégresse,
et la conscience que tu as purifiée
goûte enfin le bonheur.
Tu commútas eleménta :
Per te suam sacraménta
Habent efficaciam.
Ton pouvoir transforme les éléments ;
par toi les sacrements
obtiennent leur efficacité ;
Tu nocívam vim repéllis :
Tu confútas et reféllis
Hóstium nequítiam.
Tu fais obstacle à la puissance mauvaise,
tu repousses les embûches
de nos ennemis.
Quando venis, corda lenis :
Quando subis, atræ nubis
Effúgit obscúritas.
A ta venue, nos cœurs sont dans le calme ;
à ton entrée, le sombre nuage
se dissipe ;
Sacer ignis, pectus ignis
Non combúris, sed a curis
Purgas quando vísitas.
Feu sacré, tu embrases le cœur
sans le consumer, et ta visite
l’affranchit de ses angoisses.
Mentes prius imperítas,
Et sopítas et oblítas,
Erúdis et éxcitas.
Des âmes jusqu’alors ignorantes,
engourdies et insensibles,
tu les instruis et les ranimes.
Foves linguas, formas sonum :
Cor ad bonum facit pronum,
A te data cháritas.
Inspirée par toi, la langue fait entendre
des accents que tu lui donnes ; la charité que tu apportes avec toi dispose le cœur à tout bien.
O juvámen oppressórum,
O solámen miserórum,
Páuperum refúgium,
Secours des opprimés,
consolation des malheureux,
refuge des pauvres,
Da contémptum terrenórum,
Ad amórem supernórum
Trahe desidérium.
Donne-nous de mépriser les objets terrestres ;
entraîne notre désir
à l’amour des choses célestes.
Consolátor et fundátor,
Habitátor et amátor
Córdium humílium.
Tu consoles et tu affermis
les cœurs humbles ;
tu les habites et tu les aimes ;
Pelle mala, terge sordes :
Et discórdes fac concórdes,
Et affer præsídium.
Expulse tout mal, efface toute souillure,
rétablis la concorde entre ceux qui sont divisés
et apporte-nous ton secours.
Tu qui quondam visitásti,
Docuísti, confortásti
Timéntes discípulos :
Tu visitas un jour
les disciples timides :
par toi ils furent instruits et fortifiés ;
Visitáre nos dignéris :
Nos, si placet, consoléris,
Et credéntes pópulos.
Daigne nous visiter aussi
et répandre ta consolation
sur nous et sur le peuple fidèle.
Par majéstas personárum,
Par potéstas est eárum,
Et commúnis Déitas :
Égale est la majesté des divines personnes,
égale leur puissance ;
commune aux trois est la divinité ;
Tu procédens a duóbus,
Coæquális es ambóbus,
In nullo dispáritas.
Tu procèdes des deux premières,
semblable à l’une et à l’autre,
et rien d’inférieur n’est en toi.
Quia tantus es et talis,
Quantus Pater est et qualis :
Servórum humílitas.
Aussi grand que l’est
le Père lui-même,
souffre que tes humbles serviteurs
Deo Patri, Filióque
Redemptóri, tibi quoque
Laudes reddat débitas. Amen.
Rendent à ce Dieu-Père,
au Fils rédempteur et à toi-même
la louange qui vous est due. Amen.

Cette prose se chantait le jeudi de Pentecôte dans l’usage de Paris, et le mardi de Pentecôte à l’Abbaye de Saint-Victor.

Sources utilisées pour cette édition :
* Source principale : Missel parisien du XIIIème siècle de l’ancienne bibliothèque de Notre-Dame de Paris – Bibliothèque nationale de France. Département des manuscrits. Latin 1112, f° 271 v°.
* Missel parisien du XIIIème siècle à l’usage probable de l’Abbaye de Saint-Germain-des-Prés ou de Saint-Germain-L’Auxerrois – Bibliothèque nationale de France. Département des manuscrits. Latin 830, f° 318 r°.
* Missel parisien du XIIIème siècle à l’usage de la Sorbonne – Bibliothèque nationale de France. Département des manuscrits. Latin 15615, f° 366 v°.
* A titre de comparaison : Tropaire-prosaire de Saint-Martial de Limoges du XIIème-XIIIème siècle – Bibliothèque nationale de France. Département des manuscrits. Latin 1139, f° 223 v°.
* A titre de comparaison : Processional-tropaire-prosaire à l’usage de Saint-Léonard, du diocèse de Limoges du dernier quard du XIIèmeBibliothèque nationale de France. Département des manuscrits. Latin 1086, f° 63 r°.

Voici ci-après le chant de la prose Qui procedis ab utroque tel qu’il est donné dans le Propre de Paris publié en 1923-1925 – ce chant présente de nombreuses divergences avec les manuscrits parisiens et nous n’avons pas pu identifier la source qui a été utilisée pour cette édition musicale :

 

Qui procedis ab utroque-1 Qui procedis ab utroque-2 Qui procedis ab utroque-3 Qui procedis ab utroque-4 Qui procedis ab utroque-5

Les manuscrits médiévaux parisiens, même s’ils présentent entre eux quelques menues divergences quant au chant (surtout l’ultime formule finale), diffèrent notablement de l’édition parisienne de 1923-1925.
Voici par exemple cette prose telle quelle est notée dans un missel parisien à l’usage de la Sorbonne qui date du XIIIème siècle (Bnf latin 15615, f. 366 v° à 367 v°) :

Missel de la Sorbonne après 1239 (1)

Missel de la Sorbonne après 1239 (2)

Missel de la Sorbonne après 1239 (3)

Te sancte, rursus, Ludovice, prælia – Hymne des secondes vêpres de saint Louis – chant traditionnel

L’hymne Te sancte, rursus, Ludovice, prælia forme l’hymne des secondes vêpres de saint Louis au propre de Paris (et de beaucoup d’autres diocèses français qui ont suivi les usages parisiens pour la fête du saint roi). Cette hymne fut écrite par le grand érudit Isaac Habert (1598 † 1668), docteur de la Sorbonne, chanoine & théologal de Notre-Dame de Paris, prédicateur du roi de France, grand adversaire du jansénisme, qui devint évêque de Vabres (dans le comté de Toulouse) en 1645. Le texte de cette hymne entra au bréviaire parisien de 1643, où il prit la place de l’hymne Gaude mater Ecclesia lequel remontait au XIVème siècle et servait jusqu’alors pour les Ières & IIndes vêpres. Nous en donnons ici le chant traditionnel, avec les indications rythmiques & les altérations des sensibles présentes dans les anciennes éditions parisiennes des XVIIème & XVIIIème siècles. La traduction que nous fournissons après le chant est tirée du Diurnal de Paris de 1738.

Hymnes des vêpres de saint Louis - rythme traditionnel

Te sancte, rursus, Ludovíce, prǽlia
Divína poscunt : tu crucis clavum tenens,
Speíque sacras ánchora fundans rates,
Moves tyránnis bella, Christo mílitas.
De nouveaux combats, ô saint Roi, vous appellent pour la gloire du vrai Dieu : vos vaisseaux ont la croix pour gouvernail, l’espérance chrétienne leur tient lieu d’une ancre inébranlable : c’est ainsi qu’enrôlé sous l’étendard de Jésus-Christ, vous allez de nouveau porter la guerre aux infidèles.
Vincis cadéndo : mors tibi victóriam
Aufert et addit : corpus hic palmæ tegunt
Nondum sepúltum ; sed triúmpho nóbili
Cœlum parátur, & corónis sídera.
Vous triomphez en mourant : la mort vous ôte & vous assure la victoire : encore sans sépulture sur le rivage barbare, votre corps est couvert de vos lauriers ; mais le ciel vous offre un triomphe plus glorieux, & les astres une couronne immortelle.
Tuus patérnæ rédditus terræ cinis
Regnum tuétur, dum throno præsens Dei,
Ætérna regnans pascis inter lília,
Favénsque blando nostra cernis lúmine.
Vos cendres, rendues à votre patrie, protègent le royaume ; pendant que votre âme, dans le sein de Dieu, se repose parmi des lys immortels, d’où vous jetez sur vos Français un regard favorable.
Sit Trinitáti sempitérna glória,
Honor, potéstas, atque jubilátio,
In unitáte, quæ, gubérnans ómnia,
Per cuncta regnat sæculórum sǽcula.
Amen.
Gloire, louange, honneur au Dieu unique en trois personnes, le souverain arbitre de l’univers, qui vit & règne dans tous les siècles des siècles. Amen.

 

Séquence Urbs Aquensis pour la fête de saint Charlemagne (28 janvier)

En ce 1200ème anniversaire du retour à Dieu de Charles le Grand (28 janvier 814 / 28 janvier 2014), nous avons le plaisir de mettre en ligne la séquence qui fut composée à Aix-la-Chapelle pour la messe de la fête de saint Charlemagne.

Cette prose est Urbs Aquensis le joyaux de l’office liturgique composé à Aix-la-Chapelle après la canonisation de saint Charlemagne. Ode à la gloire de la ville, sa première strophe fut même gravée en lettres capitales gothiques sur la façade du palais qu’éleva en 1267 à Aix le roi Richard de Cornouailles.

Elle constitue le plus ancien témoin de la liturgie de saint Charlemagne, et était déjà en usage avant 1215, lorsque l’office du saint se faisait non pas encore au 28 janvier mais au 29 décembre.

Dès le XIIIème siècle, cette prose se répandit dans nombre de diocèses d’Occident, soit telle quelle, soit en adaptant le texte de la première strophe. Après une période d’éclipse au cours du XIXème siècle, elle fut remise en usage à Aix-la-Chapelle depuis 1931.

Le chant d’Urbs Aquensis est bien sûr modulé sur celui de la célèbre séquence de la Croix – Laudes Crucis – composée par Adam de Saint-Victor.

Prose Urbs Aquensis de saint Charlemagne

Source : Le Prosaire d’Aix-la-Chapelle, Monumenta Musicæ Sacræ III, Rouen, 1961.

Urbs Aquensis, urbs regalis,
Regni sedes principalis,
Prima regni curia,
Cité d’Aix, cité royale,
Siège principal de la royauté,
Palais préféré de nos princes,
Regi regum pange laudes
Quae de magni regis gaudes
Caroli praesentia.
du Roi des rois chante la louange,
en ce jour où tu te réjouis de la fête
du grand roi Charles.
Iste coetus psallat laetus,
Psallat chorus hic sonorus
Vocali concordia.
Que notre chœur chante dans l’allégresse, que le clergé fasse entendre le mélodieux accord des voix.
At dum manus operatur
Bonum, quod cor meditatur,
Dulcis est psalmodia.
Quand la main est occupée aux bonnes œuvres, ce que le cœur médite
est une douce psalmodie.
Hac in die duo festa
Magni regis magna gesta
Recolat Ecclesia.
En ce double jour de fête,
que l’Église honore
la grande geste du grand roi.
Reges terrae et omnes populi
Omnes simul plaudant et singuli
Celebri laetitia.
Que les rois de la terre et tous les peuples applaudissent ensemble et fassent entendre un unique concert joyeux.
Hic est Christi miles fortis
Et invictae dux cohortis
Decem sternit millia.
C’est ici le fort soldat du Christ,
et le chef de l’invincible cohorte
qui en renverse dix mille.
Terram purgat lolio
Atque metis gladio
Ex messe zizania.
Il purge la terre de l’ivraie,
et de son glaive il affranchit la moisson
en extirpant l’ivraie.
Hic est magnus imperator,
Boni fructus bonus sator
Et prudens agricola.
C’est là le grand Empereur,
bon semeur d’une bonne semence
et prudent cultivateur.
Infideles hic convertit
Fana, deos, hic evertit
Et confregit idola.
Il convertit les infidèles,
il renverse temples et dieux,
et il brise les idoles.
Hic superbos domat reges,
Hic regnare santas leges
Fecit cum justitia.
Il dompte les rois superbes,
il fait régner les saintes lois
avec la justice.
Quam tuetur sine fine
Ut et justus, sed nec sine
Sit misericordia.
Les yeux sans cesse fixés sur elle,
De sorte qu’en étant juste, il ne soit
Cependant pas sans miséricorde.
Oleo laetitiae unctus dono gratiae
Ceteris prae regibus, cum corona gloriae
Majestatis regiae, insignitur fascibus.
Il est sacré de l’huile de liesse, par un don de grâce, plus que tous les autres rois.
Avec la couronne de gloire, il reçoit les insignes de l’Impériale Majesté.
O Rex mundi triumphator,
Jesu Christi conregator,
Sit pro nobis exorator,
Sancte Pater Carole,
Ô Roi triomphateur du monde,
toi qui règnes avec Jésus-Christ,
sois pour nous un intercesseur,
ô Charles, notre père saint !
Emundati a peccatis,
Ut in regno claritatis
Nos, plebs tua, cum beatis
Caeli simus incolae.
Afin que, purs de tout péché,
dans le royaume de la lumière,
nous, ton peuple, avec les bienheureux
Nous soyons habitants du Ciel.
Stella maris, ô Maria,
Mundi salus, vitae via,
Vacillantum rege gressus
Et ad Regem des accessus
In perenni gloria.
Étoile de la mer, ô Marie,
salut du monde, voie de la vie,
dirige nos pas vacillants
et donne-nous accès auprès du Roi
dans la gloire sans fin.
Christe, splendor Dei Patris,
Incorruptae Fili Matris,
Per hunc sanctum, cujus festa
Celebramus, nobis praesta
Sempiterna gaudia.
Ô Christ, splendeur de Dieu le Père,
fils d’une Mère sans tache,
par ce Saint dont nous célébrons la fête, daigne nous accorder
l’éternelle joie.
Amen. Ainsi soit-il !

Texte & traduction repris du site du Mesnil-Marie.

Publication de la date de Pâques & de celles des fêtes mobiles de l’année 2014

La publication de la date de Pâques dans le Pontificale Romanum.

Le jour de l’Epiphanie (dont la solennité est reportée en France au dimanche qui suit), dans le rit romain, le diacre fait selon la tradition la publication de la date de Pâques après le chant de l’évangile.

RIT ROMAIN

En voici le chant pour 2014, réalisé par nos soins :

Noveritis Romanum 2104

En voici la traduction pour 2014 :

Vous avez su, Frères très chers, par la miséricorde de Dieu qui nous a été annoncée, que nous avons été comblés par la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi de même nous vous annonçons la joie qui nous sera procurée par la Résurrection de notre même Sauveur.

  • Le 16 février sera le dimanche de la Septuagésime.
  • Le 5 mars sera le jour des Cendres et le début du jeûne très sacré du Carême.
  • Le 20 avril sera la sainte Pâque de Notre Seigneur Jésus-Christ, que vous célèbrerez avec joie.
  • Le 29 mai sera l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ.
  • Le 8 juin sera la fête de la Pentecôte.
  • Le 19 du même mois sera la fête du Très Saint Corps du Christ.
  • Le 30 novembre sera le premier dimanche de l’Avent de Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui est l’honneur et la gloire, dans les siècles des siècles. Amen.

    Plus de détails sur la Publication de la date de Pâques à l’Epiphanie.

    Un petit livret imprimable à l’attention du clergé.

    RIT PARISIEN

    Voici le chant de l’ancien usage de Paris, pour 2014 :

    Noverit Parisiense 2014

    En voici la traduction pour 2014 :

    Votre charité saura, Frères très chers, que, par la miséricorde de Dieu & de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a été annoncée, le 20 avril nous célèbrerons la Pâque de Seigneur.

    RIT AMBROSIEN

    Voici le chant pour le rit ambrosien, pour 2014 :

    Noverit Ambrosianum 2014

    En voici la traduction pour 2014 :

    Votre charité saura, Frères très chers, que, par la miséricorde de Dieu & de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a été annoncée, le 20 avril, nous célèbrerons avec joie la Pâque de Seigneur. ℟. Rendons grâces à Dieu.

  • Prose parisienne de Noël – Votis Pater annuit

    Prose parisienne de Noël - Votis pater annuit 01 Prose parisienne de Noël - Votis pater annuit 02

    Depuis le Moyen-Age, Paris chantait comme prose à la messe du jour de Noël le Lætabundus, une séquence médiévale très connue & très répandue dans les différents rits diocésains de l’ancien espace carolingien. Cette séquence Lætabundus figure toujours du reste dans le rit dominicain actuel, lequel dépend largement de l’ancien rit de Paris.

    Les conciles de Reims de 1564 & de 1583 – chargés d’appliquer en pratique le concile de Trente en France – avaient demandé la révision des très nombreuses proses médiévales qui ornaient les missels français (certaines possédaient en effet des textes qui n’étaient pas toujours très heureux !). On trouve encore le Lætabundus dans le Missale Parisiense de Mgr de Gondy de 1602. Dans le Missale Parisiense du cardinal de Noailles de 1706, alors qu’un nouveau corpus de proses commence à remplacer les anciennes afin d’obéir aux vœux des conciles de Reims, cette édition maintient pourtant le fameux Lætabundus. Notre prose Votis Pater annuit remplaça définitivement le Lætabundus dans le Missale Parisiense de Mgr de Vintimille de 1755.

    La séquence Votis Pater annuit – dont nous ignorons l’auteur – développe en fait le texte et la mélodie d’un noël latin de même incipit plus ancien. Sa gracieuse mélodie du Vème ton – vraisemblablement due au travail de l’Abbé Lebœuf – lui a assuré un grand succès et une large diffusion en France en dehors des limites de l’archidiocèse de Paris. A Paris, la prose était chantée également pendant l’octave de Noël.

    En voici le texte & une traduction du XVIIIème siècle :

    Votis Pater annuit:
    Justum pluunt sidera:
    Salvatorem genuit
    Intacta puerpera:
    Homo Deus nascitur.
    Le Père a exaucé nos vœux ; le Juste, comme une pluie salutaire, descend du haut des cieux ; une Vierge, devenue mère, a mis au monde le Sauveur ; l’Homme-Dieu naît parmi nous.
    Superum concentibus
    Panditur mysterium:
    Nos mixti pastoribus
    Cingamus præsepium
    In quo Christus ponitur.
    Les concerts des Anges découvrent ce mystère ineffable : Allons avec les bergers environner la crèche où le Christ est couché.
    Tu lumen de lumine
    Ante solem funderis:
    Tu numen de Numine
    Ab æterno gigneris,
    Patri par progenies.
    Divin Jésus, lumière de la lumière, vous êtes produit avant le soleil ; Dieu de Dieu, vous êtes engendré de toute éternité, Fils égal en tout à votre Père.
    Tantus es ! et superis,
    Quæ te premit caritas,
    Sedibus delaberis:
    Ut surgat infirmitas
    Infirmus humi jaces.
    Grand par essence, votre immense charité vous presse à descendre du ciel : afin de relever notre faiblesse, vous devenez faible, & vous vous couchez par terre.
    Quæ nocens debueram
    Innocens exequeris:
    Tu legi quam spreveram,
    Legifer subjiceris:
    Sic doces justitiam !
    Innocent, vous payez la peine de mes crimes ; législateur, vous vous assujétissez à la loi que j’ai méprisée : c’est ainsi que vous enseignez la justice.
    Cœlum cui regia,
    Stabulum non respuis;
    Qui donas imperia,
    Servi formam induis:
    Sic teris superbiam.
    Le ciel est votre palais, & vous ne refusez pas une étable ; vous donnez les empires, & vous prenez la forme d’esclave : c’est ainsi que vous confondez l’orgueil.
    Nobis ultro similem
    Te præbes in omnibus:
    Debilibus debilem,
    Mortalem mortalibus:
    His trahis nos vinculis !
    Vous vous rendez en tout semblable à nous ; faible avec les faibles, mortel avec les mortels : c’est par ces liens que vous nous attirez à vous.
    Cum ægris confunderis,
    Morbi labem nesciens;
    Pro peccato pateris
    Peccatum non faciens:
    Hoc uno dissimilis.
    Exempt de la contagion commune, vous ne laissez pas de vous confondre avec ceux qui en sont infectés : incapable de péché, vous souffrez pour le péché ; c’est la seule différence qu’il y a entre vous et nous.
    Summe Pater, Filium
    Qui mittis ad hominem,
    Gratiæ principium,
    Salutis originem,
    Da Jesum cognoscere.
    Père souverain, qui envoyez votre Fils aux hommes, faites-nous connaître Jésus, comme l’auteur de la grâce, comme le principe & la source du salut.
    Cujus igne cœlitus
    Caritas accenditur,
    Ades, alme Spiritus:
    Qui pro nobis nascitur,
    Da Jesum diligere. Amen. Alleluia.
    Esprit Saint, qui allumez la charité par le feu céleste dont vous brûlez, venez, & faites-nous aimer Jésus qui naît pour nous. Ainsi soit-il.

    Chant mozarabe – Pacem meam do vobis – commun de la messe mozarabe

    Pacem meam do vobis : Ad pacem ordinaire de la messe mozarabe

    Pacem meam do vobis, pacem meam comméndo vobis, non sicut mundus dat pacem, do vobis. Je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix, non comme le monde donne la paix, je vous la donne moi. (Jean 14, 27)
    ℣. Novum mandatum do vobis ut diligátis vos ínvicem. ℣. Je vous donne un commandement nouveau : de vous aimer les uns les autres. (Jean 13, 34)
    ℣. Glória et honor Patri et Fílio et Spíritui Sancto, in sæcula sæculórum. Amen. ℣. Gloire & honneur au Père & au Fils & au Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen.

    Dans le rit mozarabe, comme dans toutes les liturgies orientales et la plupart des liturgies occidentales, le baiser de paix se place à l’offertoire avant le canon eucharistique, conformément aux paroles de Notre Seigneur :

    Si donc, lorsque vous présentez votre offrande à l’autel, vous vous souvenez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez-là votre don devant l’autel, et allez vous réconcilier auparavant avec votre frère, et puis vous reviendrez offrir votre don. (Matthieu, 5, 23-24)

    Seules l’ancienne liturgie des Eglises d’Afrique et la liturgie romaine divergent très tôt sur ce point et placent le baiser de paix avant la communion, après la consécration des saintes espèces, en insistant sur le fait que la paix est reçue par le sang versé du Christ (le calice contenant le précieux Sang est d’abord baisé par le célébrant et de là la paix se propage). Il s’agit d’une toute autre perspective.

    La liturgie ambrosienne synthétise les deux usages et connait un double baiser de paix (à l’offertoire, selon la tradition antique commune et avant la communion, selon la tradition romano-africaine).

    Il était aussi très courant jusqu’à naguère dans les Eglises de France de présenter l’instrument de paix à l’offertoire en particulier aux messes des morts, y compris celles célébrées dans le rit romain (alors que le baiser de paix est interdit stricto sensu aux messes des morts dans ce rit) : cette pieuse coutume est de fait un antique souvenir de l’ancien rit des Gaules supprimé par Charlemagne, lequel connaissait le baiser de paix à l’offertoire comme dans le rit mozarabe. C’était admirable de voir que cet usage avait perduré dans notre pays et traversé les âges jusqu’aux dernières années du XXème siècle.

    Dans le rit mozarabe, le baiser de paix est accompagné d’un chant, dit « Ad pacem ». La plupart du temps, il s’agit du beau texte des paroles de Notre Seigneur dans l’évangile de Jean, dont le chant est donné ci-dessus. Quelques rares grandes fêtes ont un texte propre différent.

    La plupart des rits chrétiens ont fortement atténué l’accompagnement rituel du baiser de paix, et celui-ci est tombé en général en désuétude. Son souvenir n’est plus en général évoqué que par un texte très bref (par exemple : Pax Domini sit semper vobiscum dans le rit romain, Aimons-nous les uns les autres, afin que dans un même esprit nous confessions : Le Père, le Fils et le Saint Esprit, Trinité consubstantielle et indivisible dans le rit byzantin). Dans le rit mozarabe en revanche, le rite de la paix s’est intégralement conservé depuis l’antiquité et n’a pas disparu en chemin (en raison probablement de l’isolement très fort du rit hispanique durant la domination arabe) ; la messe mozarabe comporte toujours une oraison qui varie à chaque messe, l’oratio ad pacem, plusieurs monitions diaconales et ce chant de l’antienne Ad pacem, le tout se place juste avant le dialogue de la préface eucharistique.

    Le chant de l’antienne Pacem meam do vobis s’apparente au VIIIème ton grégorien, le chœur reprend l’intégralité de l’antienne après le verset & la doxologie.

    Source : Cantoral mozarabe n° II de la Chapelle du Corpus Christi de la cathédrale de Tolède, folios XIII v° et XIV r°.

    Chant mozarabe – Laudes de la messe d’un martyr ponfife

    Laudes Exultabit justus de la messe d'un martyr pontife

    Alleluia. ℣. Exsultábit iustus in glória, et gaudébit in lætítia sempitérna. Alleluia. Alleluia. Les saints seront dans la joie se voyant comblés de gloire : ils se réjouiront dans le lieu de leur repos. (Psaume 149, 5)

    Les Laudes mozarabes correspondent à l’Alleluia de la messe romaine, ambrosienne, byzantine, etc… Il s’agit bien sûr de l’alleluia chanté avant et après un verset de psaume. C’est un trait particulier à l’antique liturgie hispanique que l’alleluia à la messe mozarabe ne se chante pas avant mais après l’évangile (après la prédication de fait), ainsi que l’attestent plusieurs canons des conciles de Tolède et plusieurs passages de saint Isidore de Séville.
    Source : Cantoral mozarabe n° II de la Chapelle du Corpus Christi de la cathédrale de Tolède, folios XIII v° et XIV r°.

    Chant mozarabe – Psallendum de la messe d’un martyr ponfife

    Psallendum Beatus vir de la messe d'un martyr pontife

    Beátus vir qui non ábiit in consílium impiórum, sed in lege Dómini fuit volúntas ejus. Bienheureux l’homme qui ne s’est point laissé aller à suivre le conseil des impies, mais dont la volonté est attachée à la loi du Seigneur. (Psaume 1, 1-2)
    ℣. Et erit tanquam lignum, quod plantátus est secus decúrsus aquárum ; et ómnia quæcúmque fecit prosperabúntur. ℣. Il sera comme un arbre qui est planté proche le courant des eaux ; toutes les choses qu’il fera, auront un heureux succès. (Psaume 1, 3)
    ℟. Sed in lege Dómini fuit volúntas ejus. ℟. Mais sa volonté est attachée à la loi du Seigneur.

    Le Psallendum mozarabe (parfois appelé Psalmus) correspond très exactement au Graduel de la messe romaine, au Psalmellus de la messe ambrosienne, au Prokimenon de la liturgie byzantine, au Shouraya des Chaldéens, etc… Il s’agit dans tous les cas d’un répons avec un verset de psaume suivi d’une reprise (partielle ou totale) du répons. C’est un élément universel de toutes les liturgies chrétiennes, qui remonte à la primitive Eglise.

    Source : Cantoral mozarabe n° II de la Chapelle du Corpus Christi de la cathédrale de Tolède, folios XII v° à XIII v°.

    Chant mozarabe – Sacrificium de la messe d’un martyr ponfife

    Sacrificium Ego servus tuus

    Ego servus tuus et fílius ancíllæ tuæ, dirupísti víncula mea, * tibi sacrificábo sacrifícium laudis, allelúia. Je suis votre serviteur, et le fils de votre servante, vous avez rompu mes liens, * je vous sacrifierai une hostie de louanges. (Psaume 115, 16-17)
    ℣. Pretiósa in conspéctu Dómini, mors sanctórum eius, allelúia. ℣. C’est une chose précieuse devant les yeux du Seigneur, que la mort de ses saints. (Psaume 115, 15)
    ℟. Tibi sacrificábo sacrifícium laudis, allelúia. ℟. Je vous sacrifierai une hostie de louanges.

    Le Sacrificium correspond à l’Offertoire de la messe romaine & ambrosienne, et au Sonus de la messe gallicane, dans tous les cas il s’agit d’une pièce chantée pendant le transfert des dons à l’offertoire. Le nom de Sacrificium employé par le rit mozarabe est en lui même significatif ; en effet, ces pièces de chant évoquent toujours l’idée du sacrifice par un choix judicieux de versets bibliques.

    Source : Cantoral mozarabe n° II de la Chapelle du Corpus Christi de la cathédrale de Tolède, folio XIV r° & v°.