Qui procédis ab utróque,
Genitóre Genitóque
Páriter, Paraclíte, |
O toi qui procèdes
du Père et du Fils,
divin Paraclet, |
Redde linguas eloquéntes,
Fac fervéntes in te mentes
Flamma tua divite. |
Par ta flamme féconde,
viens rendre éloquent notre organe,
et embraser nos cœurs de tes feux. |
Amor Patris Filiíque,
Par ambórum, et utríque
Compar et consímilis, |
Amour du Père et du Fils,
l’égal des deux et
leur semblable en essence, |
Cuncta reples, cuncta foves :
Astra regis, cœlum moves,
Pérmanens immóbilis. |
Tu remplis tout, tu donnes la vie à tout ;
dans ton repos, tu conduis les astres,
tu règles le mouvement des cieux. |
Lumen carum, lumen clarum,
Internárum tenebrárum
Effúgas calíginem. |
Lumière éblouissante et chérie,
tu dissipes nos ténèbres intérieures ;
ceux qui sont purs, |
Per te mundi sunt mundáti :
Tu peccátum, et peccáti
Déstruis rubíginem. |
Tu les rends plus purs encore ;
c’est toi qui fais disparaître le péché
et la rouille qu’il apporte avec lui. |
Veritátem notam facis :
Et osténdis viam pacis,
Et iter justítiæ. |
Tu manifestes la vérité,
tu montres la voie de la paix
et celle de la justice ; |
Perversórum corda vitas,
Et bonórum corda ditas
Múnere sciéntiæ. |
Tu fuis les cœurs pervers,
et tu combles des trésors de ta science
ceux qui sont droits. |
Te docénte nil obscúrum,
Te præsénte nil impúrum :
Sub tua præséntia. |
Si tu enseignes, rien ne demeure obscur ;
si tu es présent à l’âme,
rien ne reste impur en elle ; |
Gloriátur mens jocúnda :
Per te læta, per te munda
Gaudet consciéntia. |
Tu lui apportes la joie et l’allégresse,
et la conscience que tu as purifiée
goûte enfin le bonheur. |
Tu commútas eleménta :
Per te suam sacraménta
Habent efficaciam. |
Ton pouvoir transforme les éléments ;
par toi les sacrements
obtiennent leur efficacité ; |
Tu nocívam vim repéllis :
Tu confútas et reféllis
Hóstium nequítiam. |
Tu fais obstacle à la puissance mauvaise,
tu repousses les embûches
de nos ennemis. |
Quando venis, corda lenis :
Quando subis, atræ nubis
Effúgit obscúritas. |
A ta venue, nos cœurs sont dans le calme ;
à ton entrée, le sombre nuage
se dissipe ; |
Sacer ignis, pectus ignis
Non combúris, sed a curis
Purgas quando vísitas. |
Feu sacré, tu embrases le cœur
sans le consumer, et ta visite
l’affranchit de ses angoisses. |
Mentes prius imperítas,
Et sopítas et oblítas,
Erúdis et éxcitas. |
Des âmes jusqu’alors ignorantes,
engourdies et insensibles,
tu les instruis et les ranimes. |
Foves linguas, formas sonum :
Cor ad bonum facit pronum,
A te data cháritas. |
Inspirée par toi, la langue fait entendre
des accents que tu lui donnes ; la charité que tu apportes avec toi dispose le cœur à tout bien. |
O juvámen oppressórum,
O solámen miserórum,
Páuperum refúgium, |
Secours des opprimés,
consolation des malheureux,
refuge des pauvres, |
Da contémptum terrenórum,
Ad amórem supernórum
Trahe desidérium. |
Donne-nous de mépriser les objets terrestres ;
entraîne notre désir
à l’amour des choses célestes. |
Consolátor et fundátor,
Habitátor et amátor
Córdium humílium. |
Tu consoles et tu affermis
les cœurs humbles ;
tu les habites et tu les aimes ; |
Pelle mala, terge sordes :
Et discórdes fac concórdes,
Et affer præsídium. |
Expulse tout mal, efface toute souillure,
rétablis la concorde entre ceux qui sont divisés
et apporte-nous ton secours. |
Tu qui quondam visitásti,
Docuísti, confortásti
Timéntes discípulos : |
Tu visitas un jour
les disciples timides :
par toi ils furent instruits et fortifiés ; |
Visitáre nos dignéris :
Nos, si placet, consoléris,
Et credéntes pópulos. |
Daigne nous visiter aussi
et répandre ta consolation
sur nous et sur le peuple fidèle. |
Par majéstas personárum,
Par potéstas est eárum,
Et commúnis Déitas : |
Égale est la majesté des divines personnes,
égale leur puissance ;
commune aux trois est la divinité ; |
Tu procédens a duóbus,
Coæquális es ambóbus,
In nullo dispáritas. |
Tu procèdes des deux premières,
semblable à l’une et à l’autre,
et rien d’inférieur n’est en toi. |
Quia tantus es et talis,
Quantus Pater est et qualis :
Servórum humílitas. |
Aussi grand que l’est
le Père lui-même,
souffre que tes humbles serviteurs |
Deo Patri, Filióque
Redemptóri, tibi quoque
Laudes reddat débitas. Amen. |
Rendent à ce Dieu-Père,
au Fils rédempteur et à toi-même
la louange qui vous est due. Amen. |