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La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du XXXVIème dimanche après la Pentecôte – saint Ignace d’Antioche – ton 3

Saint hiéromartyr Ignace d'Antioche, le ThéophoreParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 11 février 2024 du calendrier grégorien – 29 janvier 2024 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons en ce jour le hiéromartyr Ignace d’Antioche, le Théophore.

Saint Ignace parait être né en Syrie aux alentours de l’an 35. Son prénom d’origine latine (ignis : le feu) est doublé du prénom grec de Théophore (le Porteur de Dieu). Il fut disciple direct des Apôtres à Antioche, et selon saint Jean Chrysostome, plus particulièrement de saint Pierre et de saint Jean (saint Jean Chrysostome lui donne le titre d’apôtre, que les Grecs attribuent ordinairement à tous les disciples du Christ de la première génération apostolique, mais ce titre ne fut pas conservé par la suite par les livres liturgiques byzantins).

Saint Ignace devient le troisième évêque d’Antioche, après saint Pierre et saint Evode (il est probable qu’il était déjà évêque adjoint d’Evode du vivant de celui-ci, plusieurs auteurs indiquant qu’il avait reçu la grâce de l’épiscopat par l’imposition des Apôtres eux-mêmes, en particulier de saint Pierre et de saint Paul, il deviendrait alors seul évêque d’Antioche à la mort de saint Evode survenue vers 68). Antioche était alors la Métropole de l’Orient, l’une des villes les plus importantes de l’Empire romain, la troisième après Rome et Alexandrie (on peut estimer sa population à 400 000 habitants). C’est là que les disciples de Jésus reçurent pour la première fois le nom de Chrétiens (Actes des Apôtres XI, 26). Saint Ignace s’appelle lui-même « l’évêque de Syrie » (Epître aux Romains), ce qui marque qu’il avait déjà une forme de gouvernance des différentes églises de Syrie, prémice du futur siège patriarcal d’Antioche.

Ignace gouverna son Eglise au travers de la persécution de Domitien (95-96), regrettant de n’avoir pu y donner alors le témoignage de son propre martyre. La persécution de Trajan lui en donnera l’occasion.

Le jeudi 13 décembre 115, alors que l’empereur Trajan était à Antioche pour ses quartiers d’hiver et préparait sa seconde campagne contre l’Empire Parthe, un tremblement de terre survint à la première heure du jour qui ravagea profondément la ville et passe pour être l’un des plus meurtriers de l’histoire de l’Humanité (un habitant sur deux aurait péri à Antioche, soit 200 000 morts). Cela fut interprété comme un présage néfaste par les païens, qui dès lors trouvèrent dans les Chrétiens un bouc émissaire idéal. C’est dans ce contexte que saint Ignace fut arrêté et fut ensuite envoyé à Rome en juillet 116 pour être supplicié par les lions, cet odieux spectacle devant faire partie des cérémonies célébrant la victoire de Trajan sur les Parthes et la prise au printemps de la même année de Séleucie-Ctésiphon leur capitale. Selon les Actes de saint Ignace, qui en raison de leur brièveté possèdent selon Le Nain de Tillemont de bonnes marques d’authenticité, Ignace fut traduit devant Trajan lui-même à Antioche, qui ordonna qu’il fut livré aux bêtes à Rome.

Saint Ignace fut embarqué à Séleucie de Piérie, le port sur la Méditerranée non loin d’Antioche, il était accompagné des diacres Philon et Agathopode, qui furent volontaires dans ce périple. Ignace était gardé par dix soldats qu’il appelle ses léopards, en raison de leur cruauté. Pendant son voyage, il rencontre les diverses communautés chrétiennes à chaque étape de son périple et leur adresse une série de lettres. Ces épîtres au nombre de sept sont fondamentales pour la connaissance du christianisme primitif. On relèvera dans ces écrits son insistance à rappeler aux chrétiens de s’attacher à la tradition des Apôtres et à se garder des premières hérésies naissantes. Il leur rappelle l’union qui doit être entre les membres de l’Eglise, l’importance de la prière commune et publique, la soumission qu’on doit avoir à l’évêque, aux prêtres et aux diacres. Arrivé à Smyrne alors que saint Polycarpe en est l’évêque, il écrit une première série de quatre lettres à l’Eglise d’Ephèse gouvernée par l’évêque Onésime, à celle de Magnésie, gouvernée par l’évêque Damas et à celle de Tralles gouvernée par l’évêque Polybe.

L’essentiel, c’est d’être trouvé par notre union avec le Christ Jésus dignes de la véritable vie. N’aimez rien en dehors de Lui. C’est pour Lui que je promène mes chaînes qui sont mes perles spirituelles. Puissé-je ressusciter avec elles grâce à vos prières. (Epître aux Ephésiens XI)

Saint hiéromartyr Ignace d'Antioche, le Théophore dévoré par les lionsSurtout, il écrit de Smyrne le 24 août 116 une poignante et toute extraordinaire lettre aux Romains, Eglise qu’il décrit comme « présidant à la Charité » entre les Eglises, pour les dissuader d’essayer d’intervenir pour sa libération :

Contentez-vous de demander pour moi la force intérieure et extérieure, pour que je sois chrétien, non seulement de bouche mais de cœur ; non seulement de nom mais de fait, car si je me montre chrétien de fait, je mériterai aussi ce nom, et c’est quand j’aurai disparu de ce monde que ma foi apparaîtra avec le plus d’éclat. (Epître aux Romains III, 1)

Laissez-moi devenir la pâture des bêtes : c’est par elles qu’il me sera donné d’arriver à Dieu. Je suis le froment de Dieu et je suis moulu par, la dent des bêtes pour devenir le pain immaculé du Christ. Caressez-les plutôt, afin elles soient mon tombeau et qu’elles ne laissent rien subsister de mon corps, mes funérailles ne seront ainsi à charge à personne. (Epître aux Romains IV, 1-2)

Il m’est bien plus glorieux de mourir pour le Christ Jésus que de régner jusqu’aux extrémités de la terre. C’est lui que je cherche, qui est mort pour nous ! C’est lui que je veux, qui est ressuscité pour nous ! Voici le moment où je vais être enfanté. De grâce, frères, épargnez-moi : ne m’empêchez pas de naître à la vie, ne cherchez pas ma mort… Laissez-moi arriver à la pure lumière : c’est alors que je serai vraiment homme. Permettez-moi d’imiter la passion de mon Dieu. (Epître aux Romains IV, 6)

Mes passions terrestres ont été crucifiées, il n’existe plus en moi de feu pour la matière il n’y a plus qu’une eau vive qui murmure au-dedans de moi : « Viens vers le Père ». (Epître aux Romains VI)

Parti de Smyrne, Ignace arriva à Troade, et de là, envoya trois nouvelles lettres : aux Églises de Philadelphie et de Smyrne, et une plus personnelle à l’évêque saint Polycarpe de Smyrne.

Ne regardez comme valide que l’Eucharistie célébrée sous la présidence de l’évêque ou de son délégué. Partout où paraît l’évêque, que là aussi soit la communauté, de même que partout où est le Christ-Jésus, là est l’Église catholique. (Epître aux Smyrniotes VIII, 1-2)

Ce passage est le plus ancien texte où l’on qualifie de catholique (= »universelle) l’Eglise.

J’offre pour toi ma vie et ces fers pour lesquels tu as montré tant de charité. (Epître à Polycarpe II, 3)

Tiens ferme comme l’enclume sous le marteau. Un grand athlète triomphe malgré les coups qui le déchirent. (Epître à Polycarpe III, 1)

Saint Polycarpe de Smyrne, qui collecta et transmis à la postérité les épîtres d’Ignace, subira par la suite la gloire d’un éclatant martyre.

D’après le contenu des épîtres envoyées à Philadelphie et à Smyrne, Ignace a appris que la persécution avait entre temps cessé à Antioche ; il leur demande d’y envoyer un diacre pour leur témoigner combien il se réjouissait de ce que la paix y avait été rendue.

De Troade, saint Ignace fut conduit à Néapolis (port de Macédoine) puis à Philippes. Selon la tradition, il traversa la Macédoine et l’Epire par la terre, embarqua de nouveau à Epidamne (l’actuelle Durrës) jusqu’à Rome. Saint Jean Chrysostome donne le 20 décembre pour la date de son martyre dans l’amphithéâtre romain, dévoré par les lions. Les Actes de son Martyre précisent que le saint apparut aux chrétiens de Rome après son martyre pour les consoler.

Translation des reliques de saint Ignace à Antioche sous le règne de Théodose IIUne première translation de ses reliques à Antioche en 360 sous l’épiscopat de saint Mélèce d’Antioche est évoquée par saint Jean Chrysostome. Une seconde translation à Antioche, plus éclatante, survint sous le règne de Théodose II (408 † 450) et il semble que ce soit celle-ci qui soit commémorée le 29 janvier dans le rit byzantin.

Le nom de saint Ignace est cité dans le Canon de la messe romaine, au second Memento (des défunts).

Aucun Père de l’Église n’a exprimé avec autant d’intensité qu’Ignace l’ardent désir d’union avec le Christ et de vie en Lui. (…) L’irrésistible aspiration d’Ignace vers l’union au Christ donne naissance à une véritable « mystique de l’unité ». Lui-même se définit comme « un homme auquel est confié le devoir de l’unité » (Epître aux Philadelphiens VIII, 1). Pour Ignace, l’unité est avant tout une prérogative de Dieu qui, existant dans trois personnes, est Un dans l’unité absolue. Il répète souvent que Dieu est unité, et que ce n’est qu’en Dieu que celle-ci se trouve à l’état pur et originel. L’unité à réaliser sur cette terre de la part des chrétiens n’est qu’une imitation, la plus conforme possible à l’archétype divin. De cette façon, Ignace arrive à élaborer une vision de l’Église qui rappelle de près certaines des expressions de la Lettre aux Corinthiens de Clément l’Évêque de Rome. « Il est bon pour vous », écrit-il par exemple aux chrétiens d’Éphèse, « de procéder ensemble en accord avec la pensée de l’Évêque, chose que vous faites déjà. En effet, votre collège des prêtres, à juste titre célèbre, digne de Dieu, est si harmonieusement uni à l’Évêque comme les cordes à la cithare. C’est pourquoi Jésus Christ est chanté dans votre concorde et dans votre amour symphonique. Et ainsi, un par un, vous devenez un chœur, afin que dans la symphonie de la concorde, après avoir pris le ton de Dieu dans l’unité, vous chantiez d’une seule voix » (Epître aux Ephésiens IV, 1-2). Et après avoir recommandé aux Smyrniotes de ne « rien entreprendre qui concerne l’Église sans l’évêque » (Epître aux Smyrniotes VIII, 1), confie à Polycarpe : « J’offre ma vie pour ceux qui sont soumis à l’Évêque, aux prêtres et aux diacres. Puissé-je avec eux être uni à Dieu. Travaillez ensemble les uns pour les autres, luttez ensemble, courez ensemble, souffrez ensemble, dormez et veillez ensemble comme administrateurs de Dieu, ses assesseurs et ses serviteurs. Cherchez à plaire à Celui pour lequel vous militez et dont vous recevez la récompense. Qu’aucun de nous ne soit jamais surpris déserteur. Que votre baptême demeure comme un bouclier, la foi comme un casque, la charité comme une lance, la patience comme une armure » (Epître à Polycarpe VI, 1-2). (Catéchèse de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI du 14 mars 2007).

A matines

Versets du matin, ton 3
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde. (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire du Hiéromartyr, ton 4 : Émule des Apôtres dans leur vie, et leur successeur sur leurs trônes, * tu as trouvé dans la pratique des vertus, ô inspiré de Dieu, la voie qui mène à la contemplation. * Aussi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu as lutté pour la foi jusqu’au sang, * hiéromartyr Ignace, * prie le Christ Dieu ** afin qu’il sauve nos âmes.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Théotokion, ton 4 : Le mystère caché depuis les siècles et inconnu des Anges * par toi est apparu aux hommes, ô Mère de Dieu ; * Dieu s’est incarné par une union sans confusion * et il a volontairement accepté la Croix pour nous ; * par elle ayant ressuscité le premier homme, ** Il a sauvé nos âmes de la mort.

Tropaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 3
L’ange resplendissant remplit d’effroi les femmes myrrhophores par son apparition * et répandit la rosée de ses paroles en disant : * Pourquoi cherchez-vous dans le tombeau le Vivant ? * Il est ressuscité après avoir vidé les tombeaux ; * sachez que l’Immuable a aboli la corruption ; * et dites à Dieu : Que tes œuvres sont redoutables, ** car Tu as sauvé le genre humain.

Anavathmi, ton 3

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
℟. Dites parmi les nations que le Seigneur est entré dans son règne ; * car Il a affermi l’univers qui ne sera pas ébranlé (Psaume XCV, 10).
℣. Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, toute la terre (Psaume XCV, 1).

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6.

Canon

Canon du dimanche, ton 3 (4 tropaires), de la Croix & de la Résurrection (2 tropaires), de la Mère de Dieu (Octoèque) (2 tropaires) & du Hiéromartyr, œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845) (6 tropaires). Catavasies de la Rencontre du Seigneur, ton 3.

Après la 3ème ode : Ayant suivi le Dieu * dignement chanté dans la Trinité, * tu as brisé les autels consacrés aux idoles, * tu as virilement supporté d’être plongée dans de douloureuses souffrances, ô sainte martyre Barbara, * sans craindre les menaces des tyrans, * en chantant sans cesse d’une voix forte : ** je vénère la Trinité, le Dieu unique.

Kondakion du Hiéromartyr, ton 4 : S’étant levé de l’Orient * et ayant répandu la lumière de ses enseignements sur toute la création, ** le divin théophore Ignace fut orné du martyre.

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 3 : RTu es ressuscité aujourd’hui du tombeau, ô Miséricordieux, * et Tu nous as écartés des portes de la mort. * Aujourd’hui Adam exulte et Ève se réjouit ; * avec eux prophètes et patriarches ne cessent de chanter ** la force divine de ta puissance.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Les Laudes, ton 3

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (impair), ton 3

Conclusion des matines

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Programme du XXXVème dimanche après la Pentecôte – tous les saints néomartyrs & néoconfesseurs de Russie – ton 2

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 4 février 2024 du calendrier grégorien – 22 janvier 2024 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. En ce jour également, l’Eglise russe fête tous ses néomartyrs du XXème siècle victimes du communisme.

La persécution athée sans précédent qui s’est abattue sur l’Église de Russie après la Révolution bolchévique de 1917 jusqu’à la célébration du Millénaire du Baptême de la Russie en 1988 n’est pas parvenue à éteindre la foi dans ce pays, mais de nombreux martyrs ont témoigné de la victoire du Christ sur la mort, sur la peur et sur le mal. Une base de données de l’Université orthodoxe Saint-Tikhon de Moscou a recensé 500 000 néomartyrs & néoconfesseurs de la foi victimes du communisme. Parmi ceux-ci, les responsables de cette base de données ont réunis des dossiers personnels plus complets sur 35 000 individus. Si chaque année l’Eglise russe ajoute nommément à son calendrier de nombreux nouveaux saints néomartyrs, il a paru nécessaire de regrouper tous les néomartyrs en une fête. Un nouvel office fut composé en 2002. Celle-ci a été fixée au dimanche le plus proche du 25 janvier, pour la raison que c’est à cette date que fut martyrisé saint Vladimir, métropolite de Kiev, lequel fut la première victime de la persécution après la révolution d’Octobre. Le 25 janvier 1918 en effet, arrêté en pleine nuit, saint Vladimir de Kiev fut conduit hors de la Laure des Grottes de Kiev. Maltraité et injurié, il chanta et pria calmement jusqu’à son exécution, bénissant ses bourreaux avant d’être fusillé, leur disant : « Que Dieu vous pardonne ! ».

Il n’est certes pas possible d’énumérer tous les néomartyrs, mais rappelons ici la figure de la grande-duchesse sainte Elisabeth. Élisabeth Feodorovna naquit le 20 octobre 1864. Elle était l’épouse du grand duc Sergei Alexandrovitch, assassiné en 1905 dans un attentat terroriste. Elle rendit visite à l’assassin en prison pour l’exhorter au repentir et demanda sa grâce au tsar. Elle ne cessa de prier pour lui. Pendant la guerre russo-japonaise, elle se dévoua beaucoup, s’occupant des blessés et décida de se consacrer à Dieu.

Animée d’un esprit d’entraide, elle fonda à Moscou le Monastère de Marthe et Marie, moniales infirmières pour les pauvres et les malades. Personne au regard doux, sentant venir des moments durs pour son pays, elle encouragea les croyants à traverser ces moments terribles avec foi. Elle-même se montra une infirmière admirable, ne se ménageant jamais. Refusant d’être sauvée, elle fut arrêtée en 1918 avec deux consœurs dont sainte Barbara qui partagea son martyr. La nuit du 17 juillet 1918, elle fut jetée avec d’autres membres de la famille Romanov dans un puits des mines d’Alapaevsky profond de 60 mètres. Elle ne mourut pas de suite et on l’entendit chanter du fond du gouffre le tropaire de la Résurrection & l’hymne Acathiste. Son corps fut retrouvé intact sur un rebord à seize mètres de profondeur à côté du prince Constantinovitch dont elle avait encore pu soigner les blessures. Après un long périple par Irkoutsk, la Chine, Suez et la Palestine, ses reliques furent déposées dans l’Église du Monastère Sainte-Marie-Madeleine à Jérusalem, construit par l’empereur Alexandre III. Sainte Élisabeth est une des saintes néomartyres les plus vénérées en Russie où son icône est partout présente.

Par la prière des saints néomartyrs & néoconfesseurs, Seigneur notre Dieu, aie pitié de nous.

A matines

Versets du matin, ton 2
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : ** Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi ! (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire des Néomartyrs, ton 4 : Aujourd’hui, l’Eglise russe chante avec joie en chœur, * louant ses néomartyrs et confesseurs : * hiérarques et prêtres, * souverains ayant souffert la passion fermes dans la foi, * princes et princesses, * hommes vénérables et femmes, * et tous les chrétiens orthodoxes. * Après avoir donné leur vie pour la foi dans le Christ * pendant les jours de la persécution athée, * ils ont conservé la vérité par l’effusion de leur sang. * Par leur protection, O Seigneur, lent à la colère, * préserve notre pays dans l’orthodoxie ** jusqu’à la fin des temps.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Théotokion, ton 4 : Le mystère caché depuis les siècles et inconnu des Anges * par toi est apparu aux hommes, ô Mère de Dieu ; * Dieu s’est incarné par une union sans confusion * et il a volontairement accepté la Croix pour nous ; * par elle ayant ressuscité le premier homme, ** Il a sauvé nos âmes de la mort.

Tropaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 2
Après ta passion, ô Christ Dieu, * les femmes venues à ton sépulcre pour embaumer ton corps * virent les anges dans le tombeau * et furent frappés de stupeur ; * car elles entendirent d’eux cette parole : * Le Seigneur est ressuscité, ** en accordant au mon-de la grande miséricorde.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Eveille-toi, Seigneur mon Dieu, selon le précepte que Tu as prescrit, * et l’assemblée des peuples t’entourera (Psaume VII, 7).
℣. Seigneur mon Dieu, en toi j’ai mis mon espérance, sauve-moi. (Psaume VII, 8).

IInd évangile de la Résurrection

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6

Canon

Canon du dimanche, ton 2 (4 tropaires), de la Mère de Dieu (Octoèque) (2 tropaires) & des Néomartyrs (8 tropaires). Catavasies de la Rencontre du Seigneur, ton 3.

Après la 3ème ode :
Kondakion des Néomartyrs, ton 3 : Aujourd’hui, les Néomartyrs de Russie, * parviennent drapés de blanc devant l’Agneau de Dieu : * et chantent à Dieu le cantique victorieux des Anges : * bénédiction, gloire, sagesse, * louange, honneur, * puissance et force * à notre Dieu ** pour les siècles des siècles. Amen.

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Les Laudes, ton 2

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (pair)

Conclusion des matines

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Programme du XXXIVème dimanche après la Pentecôte – saint Paul de Thèbes – saint Jean le Calybite – ton 1

Vénérable Père Paul de ThèbesParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 28 janvier 2024 du calendrier grégorien – 15 janvier 2024 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton I de l’Octoèque. Nous fêtons aussi nos Vénérables Pères Paul de Thèbes et Jean le Calybite.

Saint Paul de Thèbes est le premier ermite chrétien connu. Il nait vers 228 en Haute-Egypte dans une riche famille où il fut instruit dans les lettres grecques et coptes, mais fut orphelin à 15 ans. Lors de la persécution générale des chrétiens décidée par l’empereur Dèce († 251), son beau-frère chercha à le dénoncer, afin de récupérer l’héritage familial. Paul, craignant s’il était arrêté de faillir et de renier sa foi dans les supplices réservés aux chrétiens, fuit alors en s’avançant dans le désert oriental égyptien, en direction de la Mer Rouge, jusqu’à ce qu’il rencontre une caverne, ombragée d’un vaste palmier, auprès duquel jaillit une source d’eau vive. La il vécut seul dans la prière et la contemplation des mystères divins. La source lui donnait de quoi boire, le palmier de quoi se vêtir, et un corbeau lui apportait chaque soir un demi-pain pour le lendemain. Au bout de sa longue vie sans voir âme qui vive, il reçoit le célèbre saint Antoine le Grand, à qui Dieu avait révélé son existence et qui avait marché trois jours pour le rencontrer. Le corbeau nourricier apporta alors une miche entière au lieu du demi-pain habituel. Paul déclara à Antoine qu’il allait bientôt mourir et demanda comme grâce d’être enseveli dans le manteau qu’Antoine avait reçu naguère de saint Athanase. Saint Antoine s’empressa d’aller chercher la précieuse relique. En revenant, il aperçut l’âme de Paul qui s’élevait vers le ciel. Arrivé à la grotte, il trouva le corps du saint solitaire agenouillé dans l’attitude de la prière. Saint Antoine se demandait alors comment, faute d’outils, il allait pouvoir enterrer son corps, lorsque deux lions vinrent qui, avec leurs grosses pattes, creusèrent sa tombe, et ensuite la comblèrent, une fois que le corps du saint y fut déposé. Antoine rapporta comme souvenir la tunique que Paul s’était confectionnée avec les feuilles du palmier, il l’honora en la portant deux fois l’an : à Pâques et à la Pentecôte. Saint Paul de Thèbes mourut à l’âge de cent treize ans (vers 341), Antoine avait alors 90 ans. Nous connaissons principalement sa vie par la biographie que rédigea vers 376 saint Jérôme (Vita Pauli primi eremitæ – Vie de Paul le Premier Ermite).

Coupole de l'église Saint-Paul construite sur son ermitage.
Coupole de l’église Saint-Paul construite sur son ermitage.
Paul n’a pas fondé de communauté monastique. Néanmoins, à partir du Vème siècle, une communauté monastique s’établit là où il vécut et fut enseveli, fondant le Monastère Saint-Paul-du-Désert. Ruiné de nombreuses fois, plusieurs fois relevé, ce monastère est actuellement un haut lieu du monachisme de l’Eglise copte. L’une de ses églises, crypte dédiée à saint Paul Ermite, est établie sur la grotte et le tombeau où vécut le premier ermite.

Au XIIème siècle, les reliques de saint Paul de Thèbes ont été translatées à Constantinople et placées dans le monastère de la Mère de Dieu de Peribleptos sur ordre de l’empereur Manuel Ier Comnène (1143-1180). Plus tard, elles ont été translatées à Venise, et finalement en Hongrie où l’Ordre de Saint Paul le Premier Ermite (« les Pères Paulins ») fut créé au début du XIIIème siècle. Son corps fut d’abord vénéré dans la chapelle royale du palais de Buda et à partir de 1381 au monastère de Budaszentlőric, qui devint le centre de nombreux pèlerinages hongrois et étrangers venus honorer le saint ermite.

Quelques reliques insignes sont restées en Italie, et elles sont conservées dans la Basilique Saint-Pierre et dans Sainte-Marie-du-Capitole à Rome, ainsi qu’à la basilique Sainte-Marie-in-Porto de Ravenne qui appartient à l’ordre des Pères Paulins.

*

Saint Jean le CalybiteNous fêtons aussi en ce jour notre Vénérable Père Jean le Calybite, surnommé le « Pauvre pour le Christ ».

Saint Jean le Calybite était le fils d’un riche aristocrate de Constantinople du nom d’Eutrope, officier général dans l’armée impériale. Il quitta jeune la maison paternelle pour entrer dans le monastère des Acémètes (« ceux qui ne dorment jamais » – couvent de moines non loin de la Ville impériale qui célébrait en permanence l’office divin en se répartissant en différents groupes qui se relayaient en permanence). Un peu comme saint Alexis, il décida de revenir six ans plus tard à Constantinople revêtu des haillons d’un pauvre et choisit de demeurer dans une calybe, une petite cabane (d’où il tient son surnom de Calybite, mot grec signifiant chaumière, petite loge) située non loin de la maison de ses parents, qui le nourrissaient de leurs aumônes, sans avoir reconnu qui il était. Il mena dans sa cabane une vie de prière continuelle, sanctifiée par la pratique de la douceur, de l’humilité, de la patience et de la mortification.

Ce ne fut qu’à son agonie que saint Jean révéla son identité à sa mère Théodora. On retrouva sur lui le magnifique manuscrit enluminé des évangiles que son père lui avait offert lorsqu’il était allé prendre l’habit monastique chez les Acémètes. Il naquit au ciel l’an 450 sous l’empereur Théodose le Jeune, et fut enterré selon ses volontés dans sa petite loge. Ses parents firent par la suite construire une magnifique église sur son tombeau (appelée église du Pauvre-Jean ou église de Saint-Jean-Calybite). Rome lui dédia une église sur l’Ile Tibérine, où l’on conserve une partie de ses reliques.

Après la prise de Constantinople par la IVème Croisade dévoyée (1204), le chef de saint Jean le Calybite fut transféré à Besançon en France-Comté par les soins du chevalier Jean de Besançon, où il fut longtemps conservé dans un reliquaire dans l’église Saint-Etienne de cette ville. Ce reliquaire est une châsse de cuivre, environnée d’un cercle d’argent sur lequel on lit les deux vers grecs suivants :

ΧΕΙΡ ΜΕΝ ΒΕΒΗΑΟΣ ΤΙΜΙΑΝ ΣΥΝΘΑΛ ΚΑΡΑΝ
ΑΛΛ΄ΕΥΣΕΒΗΣ ΧΕΙΡ ΙΟΥΑΝΝΟΥ ΣΥΝΔΕΕΙ

Manus quidem profana venerandum confregit caput,
Sed pia manus Joannis colligat.

Une main profane a brisé cette tête vénérable,
mais la main pieuse de Jean (de Besançon) l’a recueillie.

On sait que lors du sac de Constantinople les soudards de la IVème Croisade (excommuniés par le Pape) profanèrent de nombreuses églises et les pillèrent pour s’emparer des reliquaires d’or et d’argent. La relique de saint Jean le Calybite fut probablement profanée à ce moment-là, et le chef séparé du corps.

Au cours du Moyen-Age, le chapitre de Saint-Etienne de Besançon fit faire un buste d’argent en l’honneur du chef de saint Jean le Calybite, sur lequel on lisait cette inscription fort ancienne : Caput sancti Joannis Calybitæ. Ce reliquaire fut translaté dans la cathédrale Saint-Jean de Besançon en 1674. Il disparu en 1794 lors de la révolution dite française.

L’office de saint Jean le Calybite fut célébré par l’Eglise de Besançon au 15 janvier dès le XIIIème siècle.

A matines

Versets du matin, ton 1
1. Tropaire du dimanche, ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! » (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire des Vénérables Pères, ton 4 : Dieu de nos Pères, * dont la clémence agit toujours envers nous, * n’éloigne pas de nous ta miséricorde, * mais par leurs prières ** gouverne notre vie dans la paix.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Théotokion, ton 4 : Le mystère caché depuis les siècles et inconnu des Anges * par toi est apparu aux hommes, ô Mère de Dieu ; * Dieu s’est incarné par une union sans confusion * et il a volontairement accepté la Croix pour nous ; * par elle ayant ressuscité le premier homme, ** Il a sauvé nos âmes de la mort.

Tropaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 1
Par son repentir le larron a ravi le paradis, * et par leurs lamentations les femmes myrrhophores ont annoncé la joie, * car Tu es ressuscité, Christ Dieu, ** en accordant au monde la grande miséricorde.

Prokimen
Du dimanche, ton 1 :
℟. Maintenant Je ressuscite, dit le Seigneur, * Je serai leur salut, Je le resterai fidèlement (Psaume 11, 6).
℣. Loue le Seigneur, ô mon âme ! * Je louerai le Seigneur toute ma vie, je chanterai mon Dieu tant que je serai. (Psaume 11, 7).

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6

Canon

Canon du dimanche, ton 1 (4 tropaires), de la Mère de Dieu (Octoèque) (2 tropaires), du Vénérable Père Paul (4 tropaires), œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749), et du Vénérable Père Jean (4 tropaires), œuvre de saint Joseph l’Hymnographe (816 † 886). Catavasies de la Rencontre du Seigneur, ton 3.

Après la 3ème ode :
Kondakion du Vénérable Père Jean, ton 2 : Chérissant la pauvreté pour imiter le Christ, * tu laissas les richesses de tes parents * et, prenant dans tes mains son Evangile divin, * à sa suite, saint Jean, tu marchas, ** sans cesse auprès de lui intercédant pour nous tous.
Kondakion du Vénérable Père Paul, ton 3 : Comme une lumière inextinguible du Soleil invisible, * réunis aujourd’hui, nous te louons en chants : * car tu as brillé pour ceux qui sont dans les ténèbres de l’ignorance, * élevant tout vers la divine hauteur, parure de Thèbes, vénérable Paul, ** fondement solide des pères et des jeûneurs.

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Les Laudes, ton 1

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (impair)

Conclusion des matines

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Programme du XXXIIIème dimanche après la Pentecôte – Dimanche après la Théophanie – saint Georges le Khozébite – ton 8

Saint Georges le Khozébite, icôneParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 21 janvier 2024 du calendrier grégorien – 8 janvier 2024 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton VIII de l’Octoèque. En ce dimanche, qui est celui après la Théophanie, nous fêtons notre Vénérable Père Georges le Khozébite. Nous sommes dans l’après-fête de la Théophanie, qui dur 8 jours et se clôture le 14 janvier.

Saint Georges le Khozébite (alias Georges de Choziba) naquit à chypre vers le milieu du VIème siècle, au sein d’une pieuse famille de cette île. Orphelin de bonne heure, et souhaitant échapper à un mariage forcé préparé par son onde et tuteur, il s’enfuit vers les Lieux Saints de Palestine pour y retrouver son frère aîné, Héraclide, qui vivait en ermite depuis déjà plusieurs années dans la laure de Calamon, sur les rives du Jourdain. Mais le trouvant encore trop jeune pour mener ce genre de vie, son frère le conduisit au Monastère de la Mère-de-Dieu de Choziba, sur la route de Jérusalem à Jéricho, lequel avait été fondé en 480 par saint Jean, évêque de Césarée. Après avoir reçu la tonsure monastique, il fut confié à un ancien du monastère, originaire de Mésopotamie, sévère et injuste, mais Georges lui était soumis avec douceur, patience et humilité. Un jour, comme il avait tardé à rapporter de l’eau du torrent, son ancien lui asséna, en présence de toute la communauté, un violent soufflet ; sa main se trouva aussitôt desséchée et paralysée, et il n’en retrouva l’usage que grâce à la prière de Georges, devant le tombeau des Saints du Monastère. Saint Georges s’enfuit alors pour échapper à la vaine admiration des hommes, et se rendit à Calamon, où il partagea pendant de longues années la cellule et l’admirable mode de vie de son frère. La prière de Georges acquit bientôt une telle faveur auprès de Dieu qu’il pouvait faire fructifier un arbre stérile ou approcher sans crainte un lion redoutable. Héraclide s’endormit en paix à l’âge de soixante-dix ans, laissant la réputation d’un parfait modèle d’humilité, et Georges poursuivit seul dans la même cellule sa manière de vivre, tout en restant toujours prompt à servir les frères de la laure.

Icône de saint Jean et de saint Georges les Chozébites
Icône de saint Jean et de saint Georges les Chozébites
A la mort de l’higoumène du monastère de Calamon, les troubles qui agitèrent la communauté pour l’élection d’un successeur poussèrent Georges à quitter Calamon et à regagner le monastère de sa tonsure, Choziba, où l’higoumène Léonce le reçut avec joie et lui assigna une cellule à part, en le laissant mener le genre de vie qui lui convenait. Reclus comme ermite toute la semaine, il se joignait à la communauté cénobitique le dimanche, prodiguait alors ses discours utiles à l’âme et recevait avec sollicitude la confession des pensées des frères.

Au cœur de sa vie monastique, Georges met au centre la charité avec le prochain : « Croyez-moi, disait-il, même si un homme pouvait mettre à neuf le ciel et la terre mais méprisait avec orgueil son prochain, son labeur resterait vain et son lot serait avec les hypocrites. On ne peut approcher de Dieu qu’en étant en paix avec son prochain. Les péchés et les passions ont tous l’orgueil pour source commune et conduisent à la mort ; alors que l’obéissance et la soumission au Seigneur sont vie, joie et lumière ». Il enseignait à ses moines à se délivrer de leurs passions par la crainte de Dieu, manifestée par le labeur, les larmes, la prière et le jeûne, et les exhortait à rivaliser dans l’humilité.

A la veille de l’invasion perse de 614, saint Georges prédit, à la suite d’une vision, la prise de Jéricho et de Jérusalem, ce qui permit à l’essentiel de sa communauté de se mettre à l’abris (14 moines furent toutefois martyrisés par les Perses). Comme il ne voulait pas quitter le monastère lui-même, ce n’est que sur les instances de ses disciples qu’il accepta finalement de se réfugier à Calamon. A Calamon toutefois, la plupart des moines furent massacrés ou emmenés en captivité par les Perses mais saint Georges imposa cependant le respect aux barbares et fut laissé libre.

Après l’invasion perse, Georges retourna à Choziba où, jusqu’à la fin de ses jours, il demeura en reclus dans l’enceinte du monastère, servi par son fidèle disciple et biographe Antoine. Grâce à ses prières, le monastère ne manqua jamais de pain et d’huile pour la réception des hôtes, malgré les temps de famine qui suivirent la prise de la Ville Sainte. Ayant atteint un grand âge, il tomba malade et, sentant venir le moment de son départ de cette vie, il fit appeler Antoine. Celui-ci, occupé au service des hôtes, ne pouvait se rendre à son chevet. L’ancien lui fit dire : « Ne te trouble pas, j’attendrai jusqu’à ce que tu aies fini ton service ». Quand son disciple arriva, vers minuit, il l’embrassa et dit : « Sors, mon âme! Va vers le Seigneur! » Et il s’endormit. C’était le 8 janvier 625.

Monastère Saint-Georges-de-Choziba
Le Monastère Saint-Georges-de-Choziba
Le Monastère de Choziba prit depuis son nom : Saint-Jean-de-Choziba (Μονή Αγίου Γεωργίου του Χοζεβίτου). Après des restaurations opérées par Manuel Ier Comnène en 1179, et par Frederic II Barberousse en 1234 (selon une inscription conservée), il fut abandonné après la chute du royaume latin de Jérusalem (l’archimandrite russe Agrefeny est le dernier à l’avoir visité aux alentours de 1370). Le monastère fut refondé en 1878 par un moine grec, le père Kalinikos ; il est toujours en activité, sous la juridiction du patriarche de Jérusalem et conserve les reliques de saint Georges avec d’autres saints du monastère.

A matines

Versets du matin, ton 8
1. Tropaire du dimanche, ton 8 : Du ciel tu descendis, ô Dieu de miséricorde, * trois jours dans le tombeau tu souffris de demeurer * pour nous délivrer de nos péchés ; ** notre Vie & notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi. (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Tropaire de la fête, ton 1 : Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !

Tropaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 8
Les femmes myrrhophores se tenant près du tombeau du Donateur de vie, * cherchaient parmi les morts le Maître immortel ; * ayant reçu de l’ange la bonne et joyeuse nouvelle, * elles annoncèrent aux apôtres : le Seigneur est ressuscité, ** accordant au monde la grande miséricorde.

Anavathmi, ton 8

Prokimen
Du dimanche, ton 8 :
℟. Le Seigneur régnera pour les siècles ; * Il est ton Dieu, ô Sion, d’âge en âge (Psaume 145, 10).
℣. Loue le Seigneur, ô mon âme ! * Je louerai le Seigneur toute ma vie, je chanterai mon Dieu tant que je serai. (Psaume 145, 2).

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6

Canon

Canon du dimanche, ton 8 (hirmi & 3 tropaires), de la Mère de Dieu (Octoèque) (2 tropaires), du premier canon de la fête (4 tropaires), œuvre de saint Côme le Mélode, évêque de Maïouma (c. 675 † c. 787), et du vénérable Père (4 tropaires). Catavasies de la fête.

Après la 3ème ode : Kondakion & ikos de la fête, ton 4 : En ce jour de l’Epiphanie * l’univers a vu ta gloire * car, Seigneur, tu t’es manifesté * et sur nous resplendit ta lumière ; * c’est pourquoi en pleine connaissance nous te chantons : * Tu es venu et t’es manifesté, ** Lumière inaccessible.

Après la 6ème ode : Kondakion du Vénérable Père, ton 3 : Tu t’es manifesté comme comme un phare tout rayonnant, Georges, * illuminant de rayons divins les fidèles qui crient vers toi : * Prie pour nous notre Maître le Christ, * qui s’est manifesté dans les eaux ** et a illuminés les mortels.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Exapostilaires
Saint est le Seigneur notre Dieu, ton 8 – Exapostilaire de la fête, ton 3

Les Laudes, ton 8

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (pair)

Conclusion des matines

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Programme de la fête de la Théophanie

Fête de la Théophanie - baptême du Christ au JourdainParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le jeudi 18 janvier 2024 du calendrier grégorien – 5 janvier 2024 du calendrier julien, vigiles (Grandes Complies et Matines) suivies de la bénédiction des eaux à 18h30, le vendredi 19 janvier 2024 du calendrier grégorien – 6 janvier 2024 du calendrier julien, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 12h.

La fête de l’Epiphanie (« manifestation ») est aussi appelée dans le rit byzantin fête de la Théophanie (« manifestation de Dieu »), car Dieu s’est manifesté dans sa gloire Trinitaire au jour du baptême du Christ dans le Jourdain (ce terme de Théophanie se retrouve aussi en Occident très fréquemment dans les manuscrits liturgiques latins médiévaux comme synonyme d’Epiphanie).

Cette fête est l’une des douze grandes fêtes de l’année liturgique byzantine.

A l’origine, les chrétiens orientaux fêtaient la Nativité du Christ le 6 janvier, et l’Eglise arménienne du reste est la seule à avoir conservé cette disposition primitive jusqu’à aujourd’hui. En Occident, et à Rome en particulier, on fêtait la Nativité du Christ le 25 décembre. Saint Jean Chrysostome nous enseigne que la date du 25 décembre choisie par les Romains avait été déterminée en consultant les archives impériales des recensements effectués sous le règne d’Auguste ; il témoigne qu’Antioche avait décidé de suivre Rome quelques années avant son épiscopat. Désormais, les Eglises d’Orient fêteraient Noël le 25 décembre et garderaient au 6 janvier la fête du baptême du Christ. En contrepartie, si l’on peut dire, les chrétiens d’Occident accueillaient la fête de l’Epiphanie, y célébrant l’adoration des mages (le Christ est manifesté comme Dieu à des païens), le baptême au Jourdain (le Christ est manifesté comme Dieu à son baptême par la voix du Père et la venue de l’Esprit Saint) et les noces de Cana (le Christ manifesté comme Dieu par son premier miracle).

Dans le rit byzantin, comme dans la plupart des autres rits chrétiens (éthiopien, copte, syriaque par exemple, et même romain, même si cela est tombé de l’usage commun), on procède à la bénédiction solennelle des eaux dans la nuit de la Théophanie (normalement celle-ci intervient après le chant des grandes vêpres). Les textes employés par le rit byzantin pour cette bénédiction ont été admirablement composés par saint Sophrone, patriarche de Jérusalem de 634 à 638.

Mais pourquoi n’est-ce pas le jour de la naissance du Sauveur plutôt que celui de son baptême qui est appelé Epiphanie ? Car c’est en ce jour qu’il fut baptisé et qu’il sanctifia les eaux. Aussi, dans cette solennité, vers le milieu de la nuit, tous vont puiser de l’eau qu’ils mettent en réserve dans leurs maisons, pour la garder l’année entière, en mémoire de ce qu’à pareil jour, les eaux ont été sanctifiées. Et par un miracle évident, le temps n’a aucune influence sur la nature de cette eau, car après un an, quelquefois deux et même trois, elle demeure pure et fraîche, et malgré cet espace de temps, on né la distingue pas de celle qui vient d’être prise à la source. Mais pour quelle cause ce jour est-il appelé manifestation ? Parce que Notre-Seigneur fut manifesté aux hommes, non le jour de sa naissance, mais le jour de son baptême, car jusque-là il était à peu près inconnu. Qu’il n’ait pas été généralement connu, et que la plupart aient ignoré qui il était, c’est ce qui ressort de ces paroles de Jean-Baptiste Il y a quelqu’un au milieu de vous que vous ne connaissez pas. (Jean, 1, 26.) Et faut-il s’étonner si les autres ne le connaissaient pas quand Jean-Baptiste lui-même l’ignorait jusqu’à ce jour ? Et je ne le connaissais pas moi-même, dit-il, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : Celui sur qui vous verrez descendre et demeurer le Saint-Esprit, est celui qui baptise dans le Saint-Esprit. (Jean, I, 33.)
Saint Jean Chrysostome, Homélie sur la Théophanie.

A la vigile & à la bénédiction des eaux

A matines
Texte des hirmi du canon de saint Côme de Maïouma pour les matines de la Théophanie.

A la bénédiction des eaux
Stichères idiomèles de saint Sophrone, patriarche de Jérusalem (c. 550 † 638) :
1. La voix du Seigneur retentit sur les eaux, disant : * « Venez, recevez tous * l’Esprit de sagesse, l’Esprit d’intelligence, * l’Esprit de la crainte de Dieu, ** du Christ qui s’est manifesté.
2. En ce jour, la nature de l’eau est sanctifiée, * et le Jourdain interrompt son cours * et retient ses propres eaux en voyant ** le Seigneur être baptisé.
3. En tant qu’homme, dans le fleuve, * tu descends, Christ-Roi, * et tu te hâtes de recevoir le baptême, toi qui es Bon, * des mains du Précurseur, * à cause de nos péchés, Ami des hommes.
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Doxastikon : A la voix criant dans le désert : * « Préparez les chemins du Seigneur, » * toi qui as pris, Seigneur, * la forme d’un esclave * tu vins demander le baptême, sans avoir connu le péché. * Les eaux te virent & prirent peur, * le Précurseur fut saisi d’effroi, * et il s’écria : * Comment le chandelier éclairerait-il la lumière ? * Comment l’esclave imposerait-il les mains sur son Maître ? * Sanctifie-moi ainsi que les eaux, Sauveur, ** Toi qui ôtes les péchés du monde.

Prokimen
De la bénédiction des eaux, ton 3 :
℟. Le Seigneur est ma lumière & mon salut, de qui aurai-je crainte ?
℣. Le Seigneur est le rempart de ma vie, devant qui tremblerai-je ?

Alleluia
De la bénédiction des eaux, ton 4 :
℣. La voix du Seigneur retentit sur les eaux, sur les grandes eaux.

Après la consécration des eaux :
Tropaire de la fête, ton 1 : Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Stichère final, ton 6 : Chantons, fidèles, * la grandeur de l’économie de Dieu pour nous, * il s’est fait homme pour accomplir * il s’est fait homme pour accomplir * notre purification dans le Jourdain, * Lui le seul pur et sans souillure, * il me sanctifie, ainsi que les eaux * et il brise les têtes des dragons dans cette eau. * Puisons donc de cette eau avec allégresse, frères ! * car la grâce de l’Esprit, aux fidèles, est donnée * invisiblement à ceux qui y puisent par le Christ Dieu, ** et le Sauveur de nos âmes.

Aux heures
A tierce & à sexte Gloire au Père. Tropaire de l’avant-fête. Et maintenant. Theotokion de l’heure.
Kondakion : de la fête.

A la divine liturgie de saint Jean Chrysostome

Les psaumes des typiques ainsi que les Béatitudes, au début de la divine liturgie, sont remplacées par les trois antiennes suivantes :

Première antienne, ton 1 – Psaume CXIII
℣. Quand Israël sortit d’Egypte, * la maison de Jacob de chez un peuple barbare (Psaume 113, 1).
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. Juda devint son peuple saint, * Israël son domaine (Psaume 113, 2).
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. La mer le vit & s’enfuit, * le Jourdain retourna en arrière (Psaume 113, 3).
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. Qu’as-tu, mer, à t’enfuir, * Jourdain, à retourner en arrière ? (Psaume 113, 5)
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.

Seconde antienne, ton 2 – Psaume CXIV
℣. J’aime ! car le Seigneur * écoute les accents de ma prière (Psaume 114, 1).
Ant. Sauve-nous, Fils de Dieu, * qui fut baptisé dans le Jourdain, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. Car il a incliné son oreille vers moi * & moi, je l’invoquerai chaque jour (Psaume 114, 2).
Ant. Sauve-nous, Fils de Dieu, * qui fut baptisé dans le Jourdain, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. La mort m’avait enveloppé dans ses rets, * déjà m’avait saisi l’angoisse de la tombe. * En proie à la détresse & à la douleur, * j’ai invoqué le nom du Seigneur (Psaume 114, 3-4).
Ant. Sauve-nous, Fils de Dieu, * qui fut baptisé dans le Jourdain, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. Le Seigneur est miséricordieux & juste, * & notre Dieu est plein de compassion (Psaume 114, 5).
Ant. Sauve-nous, Fils de Dieu, * qui fut baptisé dans le Jourdain, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Ant. Fils unique & Verbe de Dieu, qui es immortel & qui, pour notre salut, as voulu t’incarner de la sainte Mère de Dieu & toujours Vierge Marie, qui, sans changer, t’es fait homme, as été crucifié, Christ-Dieu, et par ta mort as vaincu la mort, l’un de la sainte Trinité, glorifié avec le Père et le Saint-Esprit, sauve-nous.

Troisième antienne, ton 1 – Psaume CXVII
℣. Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour (Psaume 117, 1).
Ant. Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
℣. Qu’elle le dise la maison de Jacob, car il est bon, car éternel est son amour (Psaume 117, 2).
Ant. Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
℣. Qu’elle le dise la maison d’Aaron, car il est bon, car éternel est son amour (Psaume 117, 3).
Ant. Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
℣. Qu’ils le disent ceux qui craignent le Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour (Psaume 117, 4).
Ant. Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !

A la petite entrée :
1. Tropaire de la fête, ton 1 : Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Kondakion de la fête, ton 4 : En ce jour de l’Epiphanie * l’univers a vu ta gloire * car, Seigneur, tu t’es manifesté * et sur nous resplendit ta lumière ; * c’est pourquoi en pleine connaissance nous te chantons : * Tu es venu et t’es manifesté, ** Lumière inaccessible.

A la place du Trisaghion :
℟. Vous tous qui avez été baptisés en Christ, * vous avez revêtu le Christ. * Alléluia. (3 fois)

Prokimen
De la fête, ton 4 :
℟. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! * Le Seigneur es Dieu, & il nous est apparu (Psaume 117, 26-27).
℣. Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour. (Psaume 117, 1).

Epître
De la fête : Tite (§ 302) II, 11-14; III, 4-7.
Car la grâce de Dieu, notre Sauveur, a paru à tous les hommes.

Alleluia
De la fête, ton 1 :
℣. Apportez au Seigneur, enfants de Dieu, apportez au Seigneur les petits des béliers (Psaume 28, 1).
℣. La voix du Seigneur a retenti sur les eaux, le Dieu de gloire a tonné, le Seigneur est sur les eaux innombrables (Psaume 28, 3).

Evangile
De la fête : Matthieu (§ 6) III, 13-17.
Et au même instant une voix se fit entendre du ciel, qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, dans lequel j’ai mis toute mon affection.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique (de la fête)
Mégalynaire : Magnifie, mon âme, * la Toute-vénérable reine de l’armée des cieux, * la très sainte Vierge Mère de Dieu.
Hirmos : Toute langue hésite à te célébrer comme il convient, * & tout esprit, même élevé, est saisi de vertige à te chanter, Mère de Dieu ; * mais comme tu es bonne, reçois notre foi * car tu sais notre amour inspiré par Dieu : ** tu es la protectrice des chrétiens, nous te magnifions.

Verset de communion
De la fête : La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s’est manifestée (Tite, 2, 11). Alléluia, alléluia, alléluia.

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Programme du XXXIIème dimanche après la Pentecôte – Circoncision – saint Basile le Grand – ton 7

Saint Basile le GrandParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 14 janvier 2024 du calendrier grégorien – 1er janvier 2024 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton VII de l’Octoèque. Nous fêtons en ce jour la mégalomartyre Barbara.

En ce premier jour de l’année civile, le rit byzantin fait coïncider la fête Circoncision de notre Seigneur, accomplie 8 jours après sa naissance avec celle de saint Basile le Grand. Le chant des deux offices est de ce fait combiné.

Huit jours après la naissance du Sauveur, Joseph et Marie le firent circoncire (Luc 2:21), conformément à l’ordre donné par Dieu à Abraham au moment où Il lui promit d’établir une alliance éternelle avec lui et toute sa descendance : « Et voici Mon alliance qui sera observée entre Moi et vous : c’est-à-dire ta race après toi (…) quand ils auront huit jours tous vos mâles seront circoncis de génération en génération » (Gen. 17:10-12).

Nous célébrons aussi aujourd’hui, la naissance au ciel le 1er janvier 379 de notre Père parmi les saints, Basile le grand, évêque de Césarée de Cappadoce. Basile suivit des études de rhétorique dans plusieurs écoles, en particulier à l’Académie d’Athènes où il se lie d’amitiés avec saint Grégoire de Naziance. En 358, il renonça au monde après avoir entreprit des voyages en Syrie, en Palestine et en Egypte où il put admirer les exploits ascétiques des premiers Pères du désert. Il se retire auprès de la solitude de sa sœur Macrine et de sa mère. Très vite, de nombreux disciples les rejoignent, formant un monastère double. Devenu prêtre en 363, il rédige à l’attention de ses compagnons monastiques des conseils dont cinquante-cinq forment la « grande règle » et 313 autres la « petite règle ». En 370 il est consacré évêque de Césarée de Cappadoce. Son engagement pendant une famine, les institutions qu’il crée et qui portent son nom, la Basiliade, en ont fait l’un des précurseurs du christianisme social. Sur le siège de Césarée, il défend la foi de Nicée contre l’arianisme et contre l’empereur arien Valens, n’hésitant pas à faire appel au Pape à plusieurs reprises. Il écrit des traités sur le Saint-Esprit, développant la théologie de la Trinité. Il organise les prières liturgiques ; la divine liturgie de saint Basile – un peu plus longue que celle de saint Jean Chrysostome – est toujours utilisée par le rit byzantin les dimanches du Grand Carême et à certaines fêtes importantes de l’année. Saint Basile est proclamé Docteur de l’Église en 1568 par le pape saint Pie V.

A matines

Versets du matin, ton 1
1. Tropaire du dimanche, ton 7 (deux fois) : Tu as détruit la mort par ta croix, * ouvert au Larron le Paradis ; * changé en joie les pleurs des myrrophores * et ordonné aux apôtres de prêcher. * Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, ** donnant au monde ta grande miséricorde !
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire de Sa Sainteté, ton 1 : Par toute la terre ton message s’est répandu * et ta parole fut reçue dans tout l’univers ; * par elle tu as enseigné les divines vérités, * expliqué la nature des êtres et redressé la conduite des humains ; * Père saint, Pontife au nom royal, * prie le Christ notre Dieu pour le salut de nos âmes.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Tropaire de la fête, ton 1 : Siégeant au plus haut des cieux sur un trône à l’aspect de feu, * avec le Père sans commencement et avec Ton Esprit divin, * tu daignas naître sur la terre du sein de ta Mère immaculée, ô Jésus : * et ainsi tu fus circoncis comme un homme le huitième jour. * Gloire à Ton dessein très bon, * gloire à Ta providence, * gloire à Ta condescendance, toi le seul Ami des hommes.

Tropaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 7
Toi qui as pris notre aspect * et enduré la croix dans ton corps, * sauve moi par ta résurrection, ô Christ-Dieu, ** car Tu es l’ami des hommes.

Anavathmi, ton 7

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
℟. Lève-toi, Seigneur mon Dieu, que ta main soit exaltée, * n’oublie pas tes pauvres à jamais (Psaume IX, 32).
℣. Je te confesserai, Seigneur, de tout mon cœur, je raconterai toutes tes merveilles (Psaume IX, 2).

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6

Canon

Canon du dimanche, ton 7 (hirmi et 3 tropaires), de la fête, œuvre de saint Etienne le Sabbaïte (725 † 794 ou 807) (4 tropaires) et de Sa Sainteté, œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749) (6 tropaires). Catavasies de la Théophanie, œuvre de saint Côme le Mélode, évêque de Maïouma (c. 675 † c. 787)

Après la 3ème ode : Kondakion de la fête, ton 3 : Le Seigneur de l’univers * daigne subir la circoncision * et retranche dans sa bonté, * les fautes qui couvraient l’humanité ; * en ce jour il donne au monde le salut. * Au plus haut des cieux se réjouit le pontife du Créateur, * l’initiateur des divins mystères, saint Basile le Grand, * qui porte la lumière du Christ notre Dieu.

Après la 6ème ode : Kondakion de Sa Sainteté, ton 4 : Pour l’Eglise tu t’es montré comme inébranlable fondement, * faisant part à tout mortel de l’incrustable Seigneurie * et la marquant du sceau de tes enseignements, vénérable Basile, révélateur du ciel.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Exapostilaires
Saint est le Seigneur notre Dieu, ton 7

Les Laudes, ton 7

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (impair)

Conclusion des matines

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Noël russe : grandes complies & matines – liturgie de saint Basile le Grand

Nativite de Notre Seigneur & Sauveur Jésus-ChristParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le samedi 6 janvier 2024 du calendrier grégorien – 24 décembre 2023 du calendrier julien, grandes complies et matines de Noël à 18h – le dimanche 7 janvier 2024 du calendrier grégorien – 25 décembre 2023 du calendrier julien, heures de tierce et de sexte puis divine liturgie de saint Basile le Grand à 10h15.

L’Eglise catholique russe suit le calendrier julien et non le calendrier grégorien. Le décalage entre les deux calendriers étant actuellement de 13 jours, Noël – le 25 décembre julien – tombe le 7 janvier grégorien. Le 6 janvier, la célébration de la fête de la Nativité s’ouvre par l’office des grandes complies, suivi de celui des matines de Noël, ces deux offices constituant la vigile nocturne de cette grande fête.

Tropaire apolytikion, ton 4
Ta Nativité, ô Christ notre Dieu, * a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance. * Par elle en effet les adorateurs des astres * ont appris par l’astre à t’adorer, * toi, Soleil de justice, * & à reconnaître en toi l’Orient d’en-haut; ** Seigneur, gloire à toi !

Kondakion (de saint Romanos le Mélode), ton 3
La Vierge en ce jour met au monde l’Eternel, * et la terre offre une grotte à l’Inaccessible. * Les Anges et les Pasteurs chantent sa gloire. * Les Mages avec l’étoile s’avancent. * Car tu es né pour nous * enfant nouveau-né ** le Dieu d’avant les siècles.

Aux matines

Canon des matines de Noël, de saint Côme de Maïouma

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A la divine liturgie de saint Basile le Grand

Les psaumes des typiques ainsi que les Béatitudes, au début de la liturgie, sont remplacées par les trois antiennes suivantes :

Première antienne, ton 2 – Psaume 110, 1-3
℣. Je Te confesserai de tout mon cœur Seigneur, * je raconterai toutes Tes merveilles.
℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. Dans la société des justes, et dans l’assemblée * grandes sont les œuvres du Seigneur.
℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. Elles sont proportionnées * à toutes ses volontés.
℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. Tout ce qu’il a fait publie sa gloire, et annonce sa grandeur : * sa justice demeure éternellement.
℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.

Seconde antienne, ton 2 – Psaume 111, 1-4
℣. Heureux l’homme qui craint le Seigneur, * et qui a une grande affection pour ses commandements.
℟. Sauve-nous, Fils de Dieu, né de la Vierge, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. Sa race sera puissante sur la terre : * la postérité des justes sera bénie.
℟. Sauve-nous, Fils de Dieu, né de la Vierge, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. La gloire et les richesses sont dans sa maison ; * et sa justice demeure éternellement.
℟. Sauve-nous, Fils de Dieu, né de la Vierge, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. Une lumière s’est levée dans les ténèbres pour les justes : * elle est miséricorde, tendresse et justice.
℟. Sauve-nous, Fils de Dieu, né de la Vierge, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Fils unique & Verbe de Dieu, qui es immortel & qui, pour notre salut, as voulu t’incarner de la sainte Mère de Dieu & toujours Vierge Marie, qui, sans changer, t’es fait homme, as été crucifié, Christ-Dieu, et par ta mort as vaincu la mort, l’un de la sainte Trinité, glorifié avec le Père et le Saint-Esprit, sauve-nous.

Troisième antienne, ton 4 – Psaume 109, 1-3
℣. Le Seigneur a dit à mon Seigneur : * siège à ma droite.
℟. Ta Nativité, ô Christ notre Dieu, * a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance. * Par elle en effet les adorateurs des astres * ont appris par l’astre à t’adorer, * toi, Soleil de justice, * & à reconnaître en toi l’Orient d’en-haut; ** Seigneur, gloire à toi !
℣. Jusqu’à ce que je réduise tes ennemis * à te servir de marchepied.
℟. Ta Nativité, ô Christ notre Dieu, * a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance. * Par elle en effet les adorateurs des astres * ont appris par l’astre à t’adorer, * toi, Soleil de justice, * & à reconnaître en toi l’Orient d’en-haut; ** Seigneur, gloire à toi !
℣. Le Seigneur fera sortir de Sion le sceptre de ta puissance : * règne au milieu de tes ennemis.
℟. Ta Nativité, ô Christ notre Dieu, * a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance. * Par elle en effet les adorateurs des astres * ont appris par l’astre à t’adorer, * toi, Soleil de justice, * & à reconnaître en toi l’Orient d’en-haut; ** Seigneur, gloire à toi !
℣. Le pouvoir est avec toi au jour de votre puissance, * dans la splendeur des saints.
℟. Ta Nativité, ô Christ notre Dieu, * a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance. * Par elle en effet les adorateurs des astres * ont appris par l’astre à t’adorer, * toi, Soleil de justice, * & à reconnaître en toi l’Orient d’en-haut; ** Seigneur, gloire à toi !

A la petite entrée :
1. Isodikon de la fête : De mon sein je t’ai engendré avant l’étoile du matin. Le Seigneur l’a juré et Il ne s’en repentira pas : Tu es prêtre pour les siècles selon l’ordre de Melchisédech (Psaume 109, 3-4).
2. Tropaire de la fête, ton 4 : Ta Nativité, ô Christ notre Dieu, * a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance. * Par elle en effet les adorateurs des astres * ont appris par l’astre à t’adorer, * toi, Soleil de justice, * & à reconnaître en toi l’Orient d’en-haut; ** Seigneur, gloire à toi !
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. Kondakion de la fête (de saint Romanos le Mélode, diacre du monastère des Blachernes à Constantinople au VIème siècle), ton 3 : La Vierge en ce jour met au monde l’Eternel, * et la terre offre une grotte à l’Inaccessible. * Les Anges et les Pasteurs chantent sa gloire. * Les Mages avec l’étoile s’avancent. * Car tu es né pour nous * enfant nouveau-né ** le Dieu d’avant les siècles.

A la place du Trisaghion :
℟. Vous tous qui avez été baptisés en Christ, * vous avez revêtu le Christ. * Alléluia. (3 fois)

Prokimen
De la fête, ton 8 :
℟. Que toute la terre t’adore et te chante, / qu’elle chante ton Nom, ô Très-Haut (Psaume 65, 4).
℣. Acclamez le Seigneur, toute la terre, chantez son Nom, célébrez sa gloire par la louange. (Psaume 65, 2).

Epître
De la fête : Galates (§ 209) IV, 4–7.
Mais lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, formé d’une femme, et assujetti a la loi, pour racheter ceux qui étaient sous la loi, et pour nous rendre enfants adoptifs.

Alleluia
De la fête, ton 1 :
℣. Les cieux racontent la gloire de Dieu, le firmament annonce l’œuvre de ses mains (Psaume 18, 2).
℣. Le jour au jour en proclame le récit ; la nuit à la nuit en annonce la connaissance (Psaume 18, 3).

Evangile
De la fête : Matthieu (§ 3) II, 1–12.
Et entrant dans la maison, ils trouvèrent l’enfant avec Marie, sa mère ; et se prosternant, ils l’adorèrent : puis ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent pour présents de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique (de la fête)
Mégalynaire : Magnifie, * mon âme, * celle qui est plus vénérable et plus glorieuse * que les armées d’en-haut, * la Vierge Très-Pure, ** Mère de Dieu.
Hirmos : Je vois un mystère étonnant, * qui dépasse l’entendement, * une grotte est devenue le ciel ; * la Vierge est devenue le trône des Chérubins ; * une crèche est devenue le lieu où repose * Celui que rien ne peut contenir, * le Christ-Dieu, ** chantons-le, & magnifions-le !

Verset de communion
De la fête : Le Seigneur a envoyé la délivrance à Son peuple (Psaume 110, 9). Alleluia, alleluia, alleluia.
Concert : Catavasies de la Nativité.

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Programme du XXVIIIème dimanche après la Pentecôte – sainte Barbara – saint Jean Damascène – ton 3

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 17 décembre 2023 du calendrier grégorien – 4 décembre 2023 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons en ce jour la mégalomartyre Barbara.

Sainte Barbe (ou Barbara) fut l’une des martyres les plus fameuses de la persécution de l’Eglise qui eut lieu sous Maximin Ier le Thrace, lequel régna brièvement de 235 à 238 pendant la période dite de l’Anarchie militaire.

Sainte Barbe vivait à Nicomédie, capitale de la province de Bithynie (actuelle Izmit). Dioscore, son père païen d’origine phénicienne, refusait sa conversion au christianisme et voulait la marier de force. Devant son refus, il l’enferma dans une tour à deux fenêtres, mais un prêtre chrétien, déguisé en médecin, s’introduisit dans la tour et la baptisa.

Au retour d’un voyage de son père, Barbe lui apprit qu’elle avait percé une troisième fenêtre dans le mur de la tour pour représenter la Sainte Trinité et qu’elle était devenue chrétienne. Dioscore dénonça sa fille au préfet de la province, Martinianus (Marcien). Barbe fut arrêtée et torturée. Le juge la condamna à être décapitée et il chargea son père, Dioscore, de l’exécution, ce que ce dernier accomplit sans hésitation. Le père fut puni en mourant peu après foudroyé.

Un homme charitable, Valentin, enterra le corps de Barbe avec celui d’une autre vierge martyrisée avec elle, sainte Julienne (Juliana), laquelle est aussi commémorée avec elle le 4 décembre. Sainte Julienne avait été convertie par l’exemple de sainte Barbe.

En raison de l’épisode des trois fenêtres symbolisant la Très-Sainte Trinité, il est possible que le culte de sainte Barbara se soit répandu très rapidement dans tout l’univers chrétien après le concile de Nicée (autre ville de Bithynie) tenu en 325, concile qui proclama la définition théologique de la Trinité.

Reliquaire de sainte Barbe sur l'ile de Burano près de Venise.
Reliquaire de sainte Barbe sur l’ile de Burano près de Venise.
L’empereur Léon VI le Sage (886-912) fit édifier (ou reconstruire ?) vers l’an 900 une église dédiée à sainte Barbara à Constantinople, afin d’y abriter ses reliques de la sainte, venues de Nicomédie (la translation de celles-ci remonteraient à l’an 565). Sous l’empereur Basile II le Bulgaroctone (976-1025), la princesse Marie Argyropoula (probable sœur ou nièce de l’empereur) épousa dans la chapelle impériale de Constantinople Jean, fils du doge de Venise Pietro II Orseolo (991-1009). La nouvelle épouse obtint de quitter Constantinople pour Venise avec les reliques de la mégalomartyre Barbara, qui furent déposée en 971 dans la basilique Saint-Marc. Après la mort de Jean Orseolo et de sa femme Marie Argyropoula, Orso, évêque de Torcello, et Felicita, abbesse du monastère Saint-Jean-L’Evangéliste de Torcello, tous deux frère & sœur de Jean Orseolo, firent transférer en 1009 ces reliques dans l’église du susdit monastère sur l’île de Torcello. Ce monastère ayant été détruit par les troupes françaises sous Napoléon, les reliques furent alors déposées dans l’église de Saint-Martin sur l’île voisine de Burano, où l’on peut toujours les vénérer aujourd’hui. Ces reliques ont effectuées un voyage triomphal en Grèce du 10 au 24 mai 2015, où elles furent vénérées par les foules des fidèles.

L’église des Jésuite de Venise, conserve aussi le corps d’une sainte Barbara rapporté de Constantinople en 1258, mais c’est celui d’une autre sainte vierge du même nom.

Parmi les nombreux miracles dus à l’intercession de sainte Barbe, on peut rapporter celui survenu à Gorkum en Hollande le 28 août 1448, où un certain Henri Kock, complètement brûlé par le feu, fut maintenu miraculeusement en vie le temps de recevoir les derniers sacrements. De là peut-être (et des circonstances de la mort de son père Dioscore) vient le patronage traditionnel de sainte Barbe pour les métiers liés au feu et à la foudre : elle est la patronne des sapeurs-pompiers, des artilleurs, des mineurs (le jour de la sainte Barbe était férié dans les mines au XIXème siècle).

*

Nous fêtons aussi en ce jour notre vénérable Père Jean Damascène.

Saint Jean de Damas est né dans une famille chrétienne arabe éminente de cette ville au VIIème siècle. A sa naissance il portait le nom de Victor fils de Serge, en arabe Mansour ibn Sarjoun (منصور بن سرجون التغلبي). Devenu moine, il prendra le nom de Yuḥannā Al Demashqi (يوحنا الدمشقي), ou en grec Iôannês Damaskênos (Ιωάννης Δαμασκήνος) et en latin Iohannes Damascenus : Jean Damascène.

Les tribus arabes des confins de la Syrie et de la Palestine avaient de bonne heure été utilisées par les Romains dans leur système de défense des frontières orientales de l’Empire. Ces tribus, qui étaient très tôt devenues chrétiennes, avaient fini par se fédérer au début du IIIème siècle, constituant le royaume arabe chrétien des Ghassanides, vassal de l’Empire romain.

Saint Jean Damascène avait été nommé à sa naissance Mansour (=Victor), en l’honneur de son grand-père Mansour, qui était chargé de la collecte des impôts de la région de Damas par l’empereur Héraclius. À la prise de la ville par les troupes musulmanes en 635, Mansour resta en poste dans la nouvelle administration, comme nombre de fonctionnaires chrétiens de Syrie.

Le père de Jean, Serge fils de Mansour (ou, en arabe, Sarjoun ibn Mansour) fut lui aussi employé par les premiers califes musulmans, dans la perception des taxes, pour l’ensemble du Moyen-Orient. Il obtint des califes omeyyades qui s’étaient établis à Damas en 661, qu’ils y épargnent la basilique Saint-Jean-Baptiste ; mais elle fut transformée en mosquée 70 ans après la conquête musulmane.

Serge dépensait en œuvres de charité ses revenus, et surtout il profita de sa situation pour racheter des esclaves chrétiens et les affranchir. En particulier, il acheta pour l’affranchir le savant Côme, moine de Sicile et lui demanda de devenir précepteur de ses deux « fils » : Mansour (futur Jean) et un autre Côme, orphelin de père et mère que Serge avait recueilli. Les deux enfants reçurent une éducation soignée et furent très versés dès l’enfance dans la philosophie (en particulier celle d’Aristote), la théologie, les mathématiques, l’astronomie, la rhétorique ou encore l’étude des langues.

Icône de la Mère de Dieu Tricherousa (à 3 mains), patronne de la Serbie, du monastère serbe de Chilandar au Mont-Athos. Elle est une copie ancienne de l'icône devant laquelle saint Jean Damascène avait imploré la Mère de Dieu après son imputation de la main.
Icône de la Mère de Dieu Tricherousa, patronne de la Serbie, du monastère serbe de Chilandar au Mont-Athos. Elle est une copie ancienne de l’icône devant laquelle saint Jean Damascène avait imploré la Mère de Dieu après son imputation de la main.
En 726, malgré les protestations de Germain Ier, patriarche de Constantinople, l’empereur Léon III l’Isaurien commence sa politique iconoclaste et détruit les saintes images. Saint Jean Damascène est l’un des tous premiers à réagir et a rédiger trois Traités contre ceux qui décrient les saintes images, ce qui lui procura aussitôt une grande réputation.

Pour contrer son influence, Léon III s’arrangea pour faire parvenir au Calife des documents falsifiés impliquant saint Jean Damascène dans un faux projet d’attaque de Damas par les troupes byzantines. Jean, qui était employé à la suite de son père à la Cour omeyyade, ne put convaincre le Calife de son innocence et fut condamné à avoir la main droite tranchée. À la suite de sa prière insistante devant une icône de la Vierge Marie, saint Jean eut sa main miraculeusement recollée, et se présenta devant le Calife avec ses deux mains. Celui-ci, vivement impressionné, comprit alors qu’il était innocent et voulut le réintégrer dans son poste, mais Jean refusa, et choisit de devenir moine. Il fit faire une forme de main en argent et la fit accrocher à l’icône devant laquelle il avait prié, en signe de reconnaissance. De là est né le type d’icône de La Mère de Dieu aux trois mains (ou Tricherousa). Puis, avec son frère de lait Côme, il partit avec l’icône à la grande Laure de Saint-Sabbas en Palestine près de Jérusalem, monastère où s’était retiré leur vieux maître Côme le Moine, pour y faire tous deux profession monastique, Mansour choisissant de prendre pour nom monastique Jean.

Les saints frères hymnographes Jean Damascène et Côme de Maïouma
Les saints frères hymnographes Jean Damascène et Côme de Maïouma
Au monastère de Saint-Sabbas, où il est ordonné prêtre en 735, Jean de Damas rédigea de nombreux traités de théologie & prononça de nombreuses homélies, à la pensée élevée. Dans une homélie justement célèbre sur l’Annonciation, il qualifie la Vierge Marie d’ « Espérance des désespérés ».

Parmi ces traités, on pourra citer la Fontaine de la connaissance, rédigé en trois parties en 743 : la première partie traite de philosophie et de logique, afin de poser les bases d’un raisonnement clair ; la seconde partie traite des diverses hérésies et se termine par la 100ème hérésie, où l’auteur développe une analyse sans complaisance de l’Islam et de ses origines (saint Jean Damascène est le premier auteur chrétien à nous renseigner sur l’Islam et les musulmans, qu’il appelle à juste titre les Mutilateurs de Dieu) ; La troisième partie enfin – « Exposition exacte de la foi orthodoxe » – est une synthèse magistrale de l’enseignement des Pères des six premiers siècles, préfigurant le travail de saint Thomas d’Aquin.

Saint Jean développe aussi dans son monastère une activité hymnographique importante, organisant le livre des Huit Tons ou Octoèque, qui structure jusqu’à nos jours la liturgie byzantine. Beaucoup de pièces de l’Octoèque remontent à une période plus reculée (notamment les stichères du lucernaire), il est probable que saint Jean Damascène a organisé les textes selon les tons et complété les séries de stichères et de tropaires qui étaient incomplètes. A Saint-Sabbas toujours, de concert avec son frère de lait saint Côme qui deviendra évêque de Maïouma en Palestine, il compose de nombreux canons pour toutes les grandes fêtes de l’année. Les deux frères, s’ils n’ont pas inventé le genre (la gloire en reviendrait peut-être à saint André de Crète, autre Damascène qui avait fait profession monastique à Jérusalem), ont systématisé et popularisé la forme du canon, vaste composition lyrique en 9 odes qui forme le fleuron de l’office des matines dans le rit byzantin.

Saint Jean Damascène meurt le 4 décembre 749, en la fête de sainte Barbara pour laquelle il avait une grande vénération. Les deux canons de l’office du 4 décembre, celui de sainte Barbara et celui de saint Jean Damascène, ont été composés par saint Etienne le Sabbaïte (725 † 794 ou 807), le propre neveu de saint Jean et comme lui moine à Saint-Sabbas.

Le pseudo-concile iconoclaste réuni le 10 février 753 au palais impérial de Hiéria, près de Chalcédoine, par l’empereur Constantin Copronyme, enregistrait avec satisfaction la mort des trois principaux défenseurs des saintes images : Germain de Constantinople, Georges de Chypre et Jean de Damas, par cette formule : « La Trinité a fait disparaître les trois ». Corrigeant cette erreur, le VIlème Concile œcuménique, réuni à Nicée en 787 et qui condamna l’hérésie iconoclaste, déclara: « La Trinité a glorifié les trois ». La sixième session de ce Concile de Nicée II fit l’éloge de saint Jean Damascène ; la septième session proclama sa « mémoire éternelle ».

Le corps de saint Jean Damascène fut conservé pendant au moins quatre siècles dans la laure de Saint-Sabbas, avant d’être apporté à Constantinople. Certains Martyrologes latins doivent faire allusion à cette translation en inscrivant au 6 mai la mention suivante : « A Constantinople, déposition de Jean Damascène, de sainte mémoire, docteur insigne. »

Saint Jean Damascène a été proclamé docteur de l’Église catholique par le pape Léon XIII en 1890.

A matines

Versets du matin, ton 3
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Tropaire de la Mégalomartyre, ton 8 : Louons sainte Barbara, * elle a rompu les filets de l’ennemi * et comme un oiseau elle s’en est échappée ** par le secours et la protection de la Croix.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Tropaire du Vénérable Père, ton 8 : Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, * luminaire de l’univers, ornement des moines inspiré de Dieu, * ô docte saint Jean, tu nous as tous illuminés par tes enseignements, * toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit. ** Intercède auprès du Christ notre Dieu, pour qu’il sauve nos âmes.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Théotokion, ton 8 : Toi qui pour nous es né d’une vierge et as enduré la Croix, ô Très-Bon, * qui par la mort as dépouillé la mort, * et, en tant que Dieu, as manifesté la Résurrection, * ne dédaigne pas ceux que Tu as créés de ta main, * montre ton amour pour les hommes, ô Miséricordieux. * Accueille l’intercession de celle qui t’a enfanté, la Mère de Dieu, ** et sauve un peuple désespéré, ô notre Sauveur.

Tropaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 3
L’ange resplendissant remplit d’effroi les femmes myrrhophores par son apparition * et répandit la rosée de ses paroles en disant : * Pourquoi cherchez-vous dans le tombeau le Vivant ? * Il est ressuscité après avoir vidé les tombeaux ; * sachez que l’Immuable a aboli la corruption ; * et dites à Dieu : Que tes œuvres sont redoutables, ** car Tu as sauvé le genre humain.

Anavathmi, ton 3

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
℟. Dites parmi les nations que le Seigneur est entré dans son règne ; * car Il a affermi l’univers qui ne sera pas ébranlé (Psaume XCV, 10).
℣. Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, toute la terre (Psaume XCV, 1).

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6

Canon

Canon du dimanche, ton 3 (hirmi et 3 tropaires), de la Mère de Dieu, ton 3 (2 tropaires), de la Mégalomartyre Barbara (4 tropaires), et du Vénérable Père Jean Damascène, œuvres de saint Etienne le Sabbaïte (725 † 794 ou 807).

Après la 3ème ode : Ayant suivi le Dieu * dignement chanté dans la Trinité, * tu as brisé les autels consacrés aux idoles, * tu as virilement supporté d’être plongée dans de douloureuses souffrances, ô sainte martyre Barbara, * sans craindre les menaces des tyrans, * en chantant sans cesse d’une voix forte : ** je vénère la Trinité, le Dieu unique.
Kondakion du Vénérable Père, ton 4 : L’hymnographe et le fameux combattant de Dieu, * de l’Eglise le docteur et le maître, des ennemis l’adversaire, Jean, célébrons-le ! * Pour avoir pris la Croix du Seigneur comme un glaive, il a coupé tout le mensonge des hérésies, * et comme fervent intercesseur devant Dieu, ** à tous il accorde le pardon des transgressions.

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 3 : RTu es ressuscité aujourd’hui du tombeau, ô Miséricordieux, * et Tu nous as écartés des portes de la mort. * Aujourd’hui Adam exulte et Ève se réjouit ; * avec eux prophètes et patriarches ne cessent de chanter ** la force divine de ta puissance.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Exapostilaires
Saint est le Seigneur notre Dieu, ton 3

Les Laudes, ton 3

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (impair), ton 3

Conclusion des matines

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Programme du XXVIIème dimanche après la Pentecôte – Icône de la Vierge du Signe – saint Jacques le Persan – ton 2

Icône de la Vierge du Signe de NovgorodParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 10 décembre 2023 du calendrier grégorien – 27 novembre 2023 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 10h30.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Carême de Noël. Nous fêtons aussi en ce jour l’icône miraculeuse de la Vierge du Signe de Novgorod.

Cette icône appartient à un type iconographique ancien : la Vierge y est représentée en buste, en orante, élevant ses mains, l’image de son fils est inscrite dans un médaillon qu’elle porte sur son cœur. La prophétie du chapitre VII, versets 14 & 15, du prophète Isaïe sert de base théologique à la composition iconographique de l’œuvre, qui est comme une prédication en image du mystère de l’Incarnation :

C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Une vierge concevra, et elle enfantera un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel. Il mangera du beurre et du miel, en sorte qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien.
Isaïe VII, 14-15.

L’icône miraculeuse de Novgorod remonte au moins au XIIème siècle et est tenue pour l’icône la plus ancienne de Russie. Elle fut restaurée au XVIème siècle par le patriarche Macaire de Moscou. Elle est écrite sur un panneau de bois presque carré (59 par 52,7 cm), saint Joachim et sainte Anne figurent au verso, priant le Christ.

Voici l’histoire de cette icône miraculeuse. L’an 1170, les force armées des Souzdaliens dirigées par le prince Mstislav Andreevitch, fils d’André Ier Bogolioubski, font le siège de la ville de Novgorod la Grande, dont les forces sont inférieures en nombre.

Le troisième jour du siège, l’archevêque Jean de Novgorod entend une voix céleste, qui lui ordonne de prendre l’icône dans l’église de la Transfiguration-du-Sauveur-sur-Iline et de la faire porter en procession sur les murs fortifiés du kremlin de la ville.

Au cours de cette procession, les assaillants dardent leurs flèches vers l’icône et l’une d’entre elles atteint le visage de Notre Dame. A cet instant, des larmes se mettent à couler des yeux de l’icône, et la Vierge tourne son visage vers le peuple de Novgorod. Une ténèbre s’abat sur le champ de bataille & les assaillants pris de terreurs, jettent leurs armes et battent en retraite.

Dix ans après, l’archevêque Elie de Novgorod fait édifier en action de grâce l’église de l’Annonciation-à-Arkaji à l’emplacement précis où survint le miracle. Il institue également ce jour de fête au 27 novembre, toujours célébré en Russie.

L’icône quant à elle, qui avait repris sa place dans l’église de la Transfiguration-du-Sauveur-sur-Iline, fut déplacée dans l’église (future cathédrale) de Notre-Dame du Signe en 1354. Après la révolution d’octobre 1917, et les spoliations des églises par les communistes, l’icône fut déposée dans un musée. Mais en août 1991, l’icône miraculeuse fut restituée à l’Eglise russe, qui la propose depuis à la vénération des fidèles dans la cathédrale Sainte-Sophie de Novgorod.

De très nombreuses copies de cette icône ont été réalisées en Russie. Plusieurs d’entre elles furent également à nouveau miraculeuses et portent alors le nom de l’endroit où le miracle s’est produit.

Icône du Signe Kourskaya Korenaya
Icône du Signe Kourskaya Korenaya.
Parmi les plus connues, on pourra citer l’icône du Signe Kourskaya Korenaya. Elle fut découverte le 8 septembre 1295, par un habitant de la ville de Rylsk, près d’un grand chêne sur la rive du fleuve Touskara. Tandis qu’il soulevait l’icône, une source se mit à couler de dessous les racines du chêne. A cet emplacement se produisirent des guérisons miraculeuses, on y érigea la cathédrale de la Nativité de la Mère de Dieu, dans l’ermitage masculin de Korennoi. En 1485 des Tartares brulèrent cet ermitage et coupèrent en deux l’icône, emmenant en esclavage en Crimée le prêtre desservant, du nom de Bogolep. Ayant été libéré après versement d’une rançon, Bogolep retrouva les deux morceaux de l’icône, qui, ayant été rapprochés, se soudèrent sans colle.

En 1597, le tsar Théodore Ioannovich déplaça à Moscou cette icône que la tsarine Irène orna de pierres précieuses. L’année suivante, elle fut placée dans la cathédrale de la ville de Koursk puis dans le monastère Znamenskii (du Signe) qui fut construit au début du XVIIème siècle pour l’abriter. A partir de 1726, on prit l’habitude de faire revenir l’icône deux semaines par an à l’ermitage de Korennoi, lieu de sa première découverte. Cet usage fut précisé en 1806 par un oukase impérial, qui réglait que l’icône devait revenir tous les ans à l’ermitage de Korennoi, de la neuvième semaine après Pâques jusqu’au 9 septembre. A ces dates une gigantesque procession avec la croix (Крестный ход) portait l’icône depuis Koursk et l’y ramenait, soit une distance de plus de 40 kilomètres. Quarante à cinquante mille personnes y participaient habituellement, beaucoup de guérisons miraculeuses s’enregistraient chaque année lors de ce pèlerinage devenu très populaire en Russie. L’une des plus fameuses guérisons fut celle de Prokhore Isidorovitch Mochnine qui fut guéri miraculeusement à l’âge de 10 ans tandis que la procession passait devant sa maison. Il devint par la suite en religion le Père Séraphim de Sarov, l’un des plus grands saints de la Russie moderne.

Icône du Signe Kourskaya Korenaya avec riza
Icône du Signe Kourskaya Korenaya avec riza.
L’icône fut l’objet d’un attentat terroriste dans la nuit du 7 au 8 mars 1898, à 1h50 du matin de la part d’anarchistes athées. Des explosifs furent placés autour de l’icône, qui causèrent des dommages terribles dans un rayon de 10 mètres, mais l’icône ne subit miraculeusement aucun dommage. L’explosion survint alors que les moines et le peuple chantaient les vigiles dominicales de toute la nuit, mais tous sortirent indemnes de l’attentat. L’un des anarchistes se convertit après cet évènement et devint fervent chrétien.

A la révolution communiste, l’icône quitta la Russie avec les soldats de l’Armée blanche qui prenaient l’exil. Depuis 1951 cette icône de la Vierge du Signe Kourskaya Korenaya réside aux Etats-Unis, au siège de l’Eglise Russe Hors Frontières.

*

Nous fêtons aussi en ce jour le mégalomartyr Jacques le Persan.

Saint Jacques était d’une riche et considérable famille de la ville de Gondishapour (dans l’actuel Khouzistan iranien), capitale d’été des empereurs perses sassanides, ville qui était appelée en araméen Beth Lapéta, en laquelle les chrétiens étaient nombreux, car la ville avait été édifiée par l’empereur Shapour Ier pour y recevoir les habitants d’Antioche déportés après la conquête de cette ville en 253.

L’empereur perse Yazdgard Ier (régnant de 399 à 420), d’abord très favorable aux chrétiens, changea de politique et lança une terrible persécution pendant les quatre dernières années de son règne. Jacques, pour préserver ses avantages à la cour, apostasie et abjure alors sa foi dans le Christ. Cependant, sa mère et sa femme lui envoyèrent une lettre où elles lui faisaient savoir qu’elles n’avaient plus rien de commun avec lui, parce qu’il avait préféré une gloire passagère à l’amour du Christ et à la promesse des biens éternels. Jacques fut frappé par leur message et, pleurant amèrement son péché, il confessa publiquement sa faute et se déclara partout disciple de Celui qui est mort pour nos péchés.

La succession de l’empereur Yazdgard Ier ayant été complexe, lorsque le pouvoir impérial fut enfin maîtrisé par son fils l’empereur Vahram V, celui-ci repris la politique de son père et continua la persécution contre les chrétiens. Il reprocha alors à Jacques sa foi chrétienne, signe pour lui de l’ingratitude de toutes les largesses et responsabilités politiques que son père lui avait témoignées et confiées.

Ce tyran imagina un supplice épouvantable et convoqua toute la ville pour en être témoin. Après avoir lié saint Jacques, on lui coupa méthodiquement et progressivement tous les membres, en 28 morceaux, en commençant d’abord par les doigts et les orteils, puis les mains et les pieds, jusqu’aux jambes, aux bras jusqu’aux cuisses et aux épaules, et pour finir par la tête. De là vient le surnom – saint Jacques l’Intercis, qui signifie « taillé en pièces » – sous lequel ce mégalomartyr est connu en Occident. Pendant tout cet épouvantable martyre, saint Jacques ne cessa pas de louer Dieu et de proclamer sa vérité et sa justice, et au fur et à mesure que ses membres étaient coupés, une joie surnaturelle l’envahissait. Les actes de son martyre rédigés en araméen rapportent ces prières. En voici la dernière, juste avant sa mort :

Mon Dieu, me voilà par terre, au milieu de mes membres semés de toutes parts ; je n’ai plus mes doigts pour les joindre en suppliant, je n’ai plus mes mains pour les élever vers toi ; je n’ai plus mes pieds, ni mes jambes, ni mes bras. Seigneur, que ta colère s’arrête sur moi, et se détourne de ton peuple, et je te bénirai, moi le dernier de tes serviteurs, avec tous les martyrs et tous les confesseurs de l’Orient et de l’Occident, du Nord et du Midi, Toi, ton Fils, et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen.

Ce martyre survint le 27 novembre 421. Les chrétiens offrirent une somme d’argent considérable pour pouvoir recueillir les reliques du grand martyr, mais cela leur fut officiellement refusé. Ils parvinrent néanmoins à rassembler le corps épars de saint Jacques grâce à des bourreaux. Un grand nombre de monastères en Orient se sont placés sous le patronage de ce glorieux martyr.

A matines

Versets du matin, ton 2
1. Tropaire du dimanche, ton 2.
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire du Mégalomartyr, ton 4
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Tropaire de la Mère de Dieu, ton 4

Tropaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 2
Après ta passion, ô Christ Dieu, * les femmes venues à ton sépulcre pour embaumer ton corps * virent les anges dans le tombeau * et furent frappés de stupeur ; * car elles entendirent d’eux cette parole : * Le Seigneur est ressuscité, ** en accordant au mon-de la grande miséricorde.

Anavathmi, ton 2

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Eveille-toi, Seigneur mon Dieu, selon le précepte que Tu as prescrit, * et l’assemblée des peuples t’entourera (Psaume VII, 7).
℣. Seigneur mon Dieu, en toi j’ai mis mon espérance, sauve-moi. (Psaume VII, 8).

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6

Canon

du dimanche, ton 2 (hirmi et 3 tropaires), [de la Mère de Dieu, (icône du Signe)] & du Mégalomartyr Jacques (4 tropaires), œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845), avec l’acrostiche : Par des chants je célèbre saint Jacques le Perse. Catavasies de Noël.

Après la 3ème ode : Kondakion de la Mère de Dieu, ton 4. Kondakion du Mégalomartyr, ton 2.

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 1

A la 9ème ode : chant du Magnificat, ton 2.

Exapostilaires
Saint est le Seigneur notre Dieu, ton 1

Les Laudes, ton 2

Grande doxologie
Tropaire du dimanche, ton 2

Conclusion des matines

A la divine liturgie de saint Jean Chrysostome

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 2, & 4 tropaires de la 3ème ode du premier canon de la Mère de Dieu :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Au plus profond de l’Enfer, * lorsqu’ils virent ta clarté, * ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort, ** ô Christ, se levèrent, ressuscités.
6. Ressuscité du tombeau, * tu vins au-devant des Myrrophores, * et les Disciples reçurent la mission ** de proclamer ta Résurrection.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : * Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire de la Mère de Dieu (« du Signe »), ton 4 : C’est un rempart infrangible * et une source de miracle, * qu’en toi ont reçu tes serviteurs Mère de Dieu Très-pure, * qui repousses les attaques des ennemis ; * c’est pourquoi nous te prions : * donne la paix à notre patrie ** et la grande miséricorde à nos âmes.
3. Tropaire du Mégalomartyr, ton 4 : Ton Martyr Jacques, Seigneur, * pour le combat qu’il a mené, a reçu la couronne d’immortalité de toi, notre Dieu ; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par ses prières sauve nos âmes.
4. Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion du Mégalomartyr, ton 2 : Docile à ta bonne épouse * et craignant le redoutable jugement, * tu bannis la crainte et le souci des Perses, ô Jacques * et devins un admirable martyr, ** supportant que ton corps fût taillé comme un sarment.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion de la Mère de Dieu, ton 4 : L’image honorée de ton signe, * ton peuple la fête, ô Mère de Dieu, * car tu as accordé une victoire miraculeuse à ta ville résistante, * c’est pour cela que nous te crions avec foi : ** Réjouis-toi, Vierge, louange des chrétiens.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
℣. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
De la Mère de Dieu, ton 3 :
℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 233) VI, 10-17.
Prenez encore le casque du salut, et l’épée spirituelle qui est la parole de Dieu.
De la Mère de Dieu : Hébreux (§ 320) IX, 1-7.
Après le second voile était le tabernacle, appelé, le Saint des saints.

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
℣. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
℣. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
De la Mère de Dieu, ton 8 :
℣. Ecoute, ma fille, regarde et tends l’oreille (Psaume 44, 11).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 71) XIII, 10-17.
Pourquoi donc ne fallait-il pas délivrer de ses liens, en un jour de sabbat, cette fille d’Abraham, que Satan avait tenue ainsi liée durant dix-huit ans ?
De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42 ; XI, 27-28.
Jésus lui dit : Mais plutôt heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent !

Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Télécharger le livret des choristes pour la divine liturgie au format PDF

Programme du XXVIème dimanche après la Pentecôte – avant-fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu – saint Grégoire le Décapolite – ton 1

Présentation au Temple de la Sainte ViergeParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 3 décembre 2023 du calendrier grégorien – 20 novembre 2023 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton I de l’Octoèque. Ce dimanche coïncide avec l’avant-fête de la Présentation (ou Entrée) de la Très-Sainte Vierge Marie au Temple de Jérusalem. La divine liturgie de cette grande fête sera célébrée lundi 4 décembre grégorien (/21 novembre julien) à 12h à la paroisse de la Très-Sainte-Trinité.

La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu célébrée le 21 novembre (4 décembre grégorien) constitue l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine (la 2nde dans l’ordre du calendrier des 5 grandes fêtes dédiées à la Sainte Vierge). Elle est précédée dans le rit byzantin d’un jour d’avant-fête le 20 novembre et suivie de 4 jours d’après-fête qui se clôturent le 25 novembre.

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Saint Grégoire le Décapolite - miniature du XI-XIIe siècle - Mont-Athos
Saint Grégoire le Décapolite – miniature du XI-XIIe siècle – Mont-Athos.
Nous fêtons aussi en ce jour notre vénérable Père saint Grégoire le Décapolite.

Saint Grégoire vit le jour à la fin du VIIIème siècle dans une des villes de la Décapole d’Isaurie, appelée Irénopolis. Il était apparenté au patriarche de Constantinople Euthyme (qui siégea de 907 à 912). Grâce à es parents Serge & Marie, le jeune garçon reçut une éducation élémentaire mais, dès l’âge de huit ans, il manifesta nettement sa préférence pour l’étude des saintes Ecritures et la fréquentation des offices.

Parvenu adulte, ses parents cherchèrent à le marier, mais Grégoire s’enfuit de la maison familiale et se rendit dans un monastère à la tête duquel se trouvait l’évêque d’Irénopolis exilé à cause de la persécution iconoclaste. Quelques années passèrent et, après la mort de son père, sa mère finit par le retrouver. Elle ne s’opposa pas à sa vocation, toutefois elle lui demanda de rejoindre son frère, qui était moine dans un monastère voisin. Grégoire obéit, mais il ne put rester dans cet établissement, car l’higoumène était hérétique iconoclaste. Il se rendit alors dans un autre monastère, dirigé par son oncle maternel Syméon. Au bout de 14 ans de vie cénobitique, il obtint de son supérieur l’autorisation de se retirer dans une grotte des environs pour s’y consacrer à la vie érémitique. Là il subit les assauts des tentations des démons, mais y reçut également des extases consolantes.

Il reçoit le commandement divin de quitter sa sainte solitude pour devenir pèlerin et prêcher la foi véritable & la vénération des saintes icônes, alors que l’Empire était ravagé par le second iconoclasme, pourtant déjà condamné par le second Concile œcuménique de Nicée tenu l’an 787. Commence alors une longue série de pérégrinations

Saint Grégoire le Décapolite - icône russe XVIIème-XVIIIème siècle.
Saint Grégoire le Décapolite – icône russe XVIIème-XVIIIème siècle.
Grégoire se rendit d’abord à Éphèse, où il passa l’hiver dans un monastère. Le printemps venu, il embarqua sur un bateau en partance pour Constantinople, où il voulait se rendre car la capitale impériale était le foyer principal de l’iconoclasme politique. Mais il ne put atteindre que l’île de Proconnèse, dans l’archipel des Princes. Ne pouvant entrer dans la capitale par suite des édits impériaux chassant les moines orthodoxes, le saint partit pour la ville d’Énos en Thrace et de là parvint à Thessalonique, après avoir échappé à une bande de brigands slaves à proximité de Christoupolis (l’actuelle Kavala). Se joignant à un moine qui était en partance pour Rome, il parvint à Corinthe par voie de terre. De là, il s’embarqua pour l’Italie et atteignit Reggio de Calabre puis Rome. Cependant, après avoir chassé un démon d’un possédé, il fut sollicité par la foule qui le vénérait comme un saint. Il s’enfuit alors à Syracuse, où il établit sa retraite dans une tour abandonnée près du port. Là, il convertit même une prostituée qui exerçait sa triste profession à proximité, et la convainquit de devenir moniale et de transformer sa maison de débauche en monastère. Il prit une nouvelle fois la route de l’exil volontaire pour fuir la gloire des hommes, mais ne put cependant rester à Otrante où il s’était arrêté, car l’évêque y était gagné à l’hérésie, aussi s’embarqua-t-il pour Thessalonique. Il s’installa dans l’église abandonnée de Saint-Mennas. C’est alors que saint Joseph l’Hymnographe devint son disciple. D’autres disciples vinrent se joindre à eux, et cette communauté devint un centre de rayonnement de la vraie foi et de la grâce de Dieu, par le grand nombre de miracles que saint Grégoire y accomplissait, grâce au don de clairvoyance que Dieu lui avait accordé, gagnant son surnom de νέος θαυματουργός (Le Nouveau Thaumaturge). On possède de cette époque un sermon qu’il prononça concernant la conversion d’un musulman au christianisme.

Saint Grégoire le Décapolite - ménologue de Basile II
Saint Grégoire le Décapolite – ménologue de Basile II.
Vers la fin de sa vie, il fut atteint gravement de maladies mais put enfin se rendre à Constantinople et séjourner quelque temps au sein de la fameuse communauté monastique du Mont Olympe de Bithynie, ce haut lieu de la vie monastique et de la défense de l’Orthodoxie. De retour à Byzance, il s’installa avec Joseph dans l’église de Saint-Antipas, située près de Saint-Mocios, et rendit visite dans sa prison à saint Syméon, son père spirituel, qui avait subi de nombreuses persécutions pour la défense des saintes icônes. Tourmenté encore pendant une année par la maladie, saint Grégoire prédit, douze jours à l’avance, le moment de son trépas. Il s’endormit dans la paix le 20 novembre 842, quelques mois avant le rétablissement définitif de la vénération des saintes icônes et le triomphe de l’Orthodoxie.

Vers 850, son disciple saint Joseph l’Hymnographe transféra ses reliques dans le monastère qu’il fondait près de l’église des Saints-Apôtres, monastère qu’il dédia à saint Barthélémy et à saint Grégoire le Décapolite. Il composa aussi le canon de matines en son honneur.

Après la conquête de Constantinople par les Turcs en 1453, les reliques de saint Grégoire le Décapolite furent transportées en Valachie. En 1498, le boyard Barbu Craiovescu les racheta pour une somme considérable, afin de les placer dans l’église principale du monastère de Bistritsa qu’il fonda près de la ville de Râmnicu Vâlcea, dans la province d’Olténie, où elles sont restées jusqu’à nos jours.

A matines

Versets du matin, ton 1
1. Tropaire du dimanche, ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire du Vénérable Père Grégoire, ton 3 : Tu fus un modèle d’abstinence, * illuminant tout avec l’Esprit divin, * tu as achevé la course de la foi orthodoxe, * ayant illuminé le monde par ton enseignement, * et dénoncé les pensées des hérétiques ; * Vénérable Père Grégoire, ** prie le Christ-Dieu, afin qu’il nous accorde la grande miséricorde.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Tropaire de l’avant-fête, ton 4 : Anne annonce maintenant la joie à tous, * en portant le fruit qui dissipe toute tristesse, celle qui seule fut toujours Vierge. * En accomplissement de son vœu, * elle présente aujourd’hui dans la joie au Temple du Seigneur ** celle qui est le véritable temple de Dieu le Verbe et la Mère très pure.

Tropaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 1
Par son repentir le larron a ravi le paradis, * et par leurs lamentations les femmes myrrhophores ont annoncé la joie, * car Tu es ressuscité, Christ Dieu, ** en accordant au monde la grande miséricorde.

Anavathmi, ton 1

Prokimen
Du dimanche, ton 1 :
℟. Maintenant Je ressuscite, dit le Seigneur, * Je serai leur salut, Je le resterai fidèlement (Psaume 11, 6).
℣. Loue le Seigneur, ô mon âme ! * Je louerai le Seigneur toute ma vie, je chanterai mon Dieu tant que je serai. (Psaume 11, 7).

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6

Canon

Canon du dimanche, ton 1 (hirmi et 3 tropaires), de la Mère de Dieu, ton 1 (2 tropaires) de l’Avant-fête (4 tropaires), œuvre de saint Joseph l’Hymnographe (816 † 886) & du Vénérable Père Grégoire (4 tropaires), aussi de Joseph l’Hymnographe.

Après la 3ème ode : Kondakion de l’avant-fête, ton 4 : Aujourd’hui l’univers entier, plein d’allégresse * en l’heureuse fête de la Mère de Dieu, s’écrie : ** Voici le tabernacle céleste.
Kondakion du vénérable Père Grégoire, ton 3 : L’Église te reconnaît comme un rayon de soleil, * rayonnant des beautés des vertus et des rais de guérisons, * illuminant tout, ô favori du Christ ; * Par conséquent, nous célébrons ta mémoire honorable et nous honorons tes luttes, ** Père béni entre tous, sage Grégoire.

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Exapostilaires
Saint est le Seigneur notre Dieu, ton 1

Les Laudes, ton 1

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (impair)

Conclusion des matines

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