Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du Vendredi Saint

Crucifixion tirée d'un canon pontifical du XVIIème siècleSaint-Eugène, le Vendredi Saint 29 mars 2013, office des présanctifiés de 19h.
Répétition à compter de 18h30.

  • Procession d’entrée en silence
  • Traits : Faux-bourdon du 2nd ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Passion de Notre Seigneur-Jésus-Christ selon Jean – Répons de la Synagogue en polyphonie – Henri de Villiers
  • Découvrement de la croix : Antienne Ecce lignum
  • Pendant l’adoration de la croix :
  • – Premiers impropères : polyphonie de Thomas Luis de Victoria (1540 † 1611), maître de chapelle de l’impératrice Marie
    – Seconds impropères : Popule meus sur une polyphonie du R.P. Jean-Baptiste Geoffroy, s.j. (1601 † 1675), maître de musique de la maison professe des jésuites à Paris
    – Crucem tuam de František Picka (1873 † 1918), organiste, chef d’orchestre et compositeur à Prague
    – Crux fidelis en plain-chant

  • A la procession ramenant le Saint Sacrement : Vexilla Regis prodeunt – hymne du temps de la Passion, composé au VIème siècle par Saint Venance Fortunat lors de la susception à Poitiers des reliques de la vraie Croix par la reine de France Sainte Radegonde – mise en polyphonie d’Anthoine de Bertrand (1530 † 1581)
  • Pendant la communion : Miserere de Gregorio Allegri (1582 † 1652), maître de la Chapelle Sixtine, chanté à la fin des offices des Ténèbres célébrés devant le Pape à la Sixtine – version avec ornementations baroques
  • Procession de sortie : Au sang qu’un Dieu va répandre – cantique sur un texte de François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651 † 1715), archevêque de Cambrai, de l’Académie française – mélodie d’Amédée Gastoué – harmonisation Henri de Villiers
  • Les Présanctifiés seront suivis de l’Office des Ténèbres du samedi saint
    (après une courte pause)

    Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Programme du Jeudi saint

    La Cène - gravure tirée d'un canon pontifical
    Saint-Eugène, le jeudi 28 mars 2013, messe solennelle de 21h00.
    Répétition à 20h pour les choristes.

    La messe du Jeudi Saint a une importance toute particulière, c’est la solennité commémorative de la dernière Cène qui est aussi la première messe. A Rome, la station est aujourd’hui en l’Archibasilique du Très-Saint-Sauveur (Saint-Jean de Latran), l’église cathédrale du Pape, père de la chrétienté.

    Procession du Très-Saint Sacrement au tombeau, après la messe du Jeudi Saint - gravure de PicardLa liturgie de cette messe est tout à fait saisissante et touchante, elle présente en effet une double impression, une impression de joie et une impression de tristesse. C’est d’abord une impression de joie. L’autel est orné ; la croix du maître-autel est voilée de blanc ; le prêtre monte à l’autel en ornements blancs ; on chante le joyeux Gloria qu’on n’a pas entendu depuis longtemps ; pendant le Gloria, on sonne, pour la dernière fois, les cloches. Ensuite, les cloches se taisent. Sur cette fête joyeuse, qui est consacrée à l’institution du Sacrement de l’autel, s’étend soudain alors un voile de profonde tristesse : l’Eglise participe alors à la déréliction & à l’agonie de son Maître au Jardin des Oliviers.

    Programme du dimanche des Rameaux

    Saint-Eugène, le dimanche 24 mars 2013, grand’messe de 11h.
    La répétition du samedi 16 mars est précédée à 17h30 du chant des premières vêpres des Rameaux selon l’usage de Paris.

    > Catéchisme sur la Semaine Sainte

    « Le dimanche des Rameaux est la porte d’entrée monumentale qui nous introduit dans les saints mystères de Pâques. » (Dom Pius Parsch).

  • Avant la bénédiction des rameaux : antienne Hosanna Filio David
  • Pendant la distribution des rameaux : antiennes Pueri Hebræorum
  • Procession des Rameaux : Antiennes processionnelles : Cum appropinquaret Dominus – Cum audisset – Ante sex dies – Occurrunt turbæ – Cum Angelis – Turba multa
  • Station devant les portes de l’église : Hymne de Théodulphe, évêque d’Orléans (IXème siècle) : Gloria laus
  • Ouverture de la porte de l’église : dialogue Attollite portas entre les chantres & le célébrant
  • Entrée processionnelle dans l’église : répons Ingrediente Domino
  • Kyrie XVII – Kyrie Salve
  • Trait : Faux-bourdon du 2nd ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Passion de Notre Seigneur-Jésus-Christ selon Matthieu – Répons de la Synagogue en polyphonie – Henri de Villiers
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Vexilla Regis prodeunt – hymne du temps de la Passion, composé au VIème siècle par Saint Venance Fortunat lors de la susception à Poitiers des reliques de la vraie Croix par la reine de France Sainte Radegonde – mise en polyphonie d’Anthoine de Bertrand (1530 † 1581)
  • Sanctus XVII
  • Après la Consécration : O Salutaris sur le ton de Vexilla Regis prodeunt, d’après Antoine de Bertrand
  • Agnus Dei de la messe Exultate Deo de François Cosset (c. 1610 † c. 1664), maître de chapelle des cathédrales de Laon, Reims et Paris
  • Pendant la communion : Stabat Mater (1736) de Jean-Baptiste Pergolèse (1710 † 1736), composé pour la Confrérie des chevaliers de Saint-Louis du Palais de Naples
  • Prière pour la France – faux-bourdon parisien du VIIIème ton (édition de 1739)
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : Au sang qu’un Dieu va répandre – cantique sur un texte de François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651 † 1715), archevêque de Cambrai, de l’Académie française – mélodie d’Amédée Gastoué – harmonisation Henri de Villiers
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    Programme du dimanche de la Passion

    CanonPontifical-CrucifixionSaint-Eugène, le dimanche 17 mars 2013, grand’messe de 11h.

    Avec les premières vêpres de ce dimanche, nous entrons dans le temps de la Passion. La première partie du Carême avait jusqu’alors été surtout consacrée à notre ascèse personnelle, à la contrition de nos péchés. Désormais, le rit romain nous fait méditer sur la Passion & sur la Croix de notre Seigneur. Ce deuil où nous pleurons l’Epoux divin est marqué par un symbole très fort : à compter des premières vêpres de ce dimanche, les saintes images et les croix sont désormais voilées de violet, en signe de deuil. Les derniers chants joyeux de la messe cessent de se faire entendre : le Gloria Patri disparaît à l’Introït, au Lavabo et dans les répons de l’Office divin. De même, le psaume 42 des prières au bas de l’autel n’est plus récité jusqu’à Pâques. Dans les leçons des vigiles nocturnes, on quitte la lecture des livres de Moïse pour prendre celle du prophète Jérémie, l’une des plus importantes figures du Messie souffrant.

    A Rome, la station se fait en la basilique Saint-Pierre : l’importance de ce dimanche, qui ne cède la place à aucune fête, quelque solennelle qu’elle soit, demandait que la réunion des fidèles eût lieu dans l’un des plus augustes sanctuaires de la ville sainte.

  • Procession d’entrée : Les étendards du roi s’avancent, traduction versifiée du Vexilla Regis prodeunt – harmonisation du plain-chant traditionnel par Maxime Kovalevsky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris
  • Kyrie XVII – Kyrie Salve
  • Trait : Faux-bourdon du 8ème ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Vexilla Regis prodeunt – hymne du temps de la Passion, composé au VIème siècle par Saint Venance Fortunat lors de la susception à Poitiers des reliques de la vraie Croix par la reine de France Sainte Radegonde – mise en polyphonie d’Anthoine de Bertrand (1530 † 1581)
  • Sanctus XV
  • Après la Consécration : O Salutaris sur le ton de Vexilla Regis prodeunt, d’après Antoine de Bertrand
  • Agnus Dei XV
  • Pendant la communion : Miserere de Gregorio Allegri (1582 † 1652), maître de la Chapelle Sixtine – version originale de l’œuvre (la version avec les ornementations baroques sera donnée le Vendredi Saint prochain)
  • Prière pour la France – faux-bourdon parisien du VIIIème ton (édition de 1739)
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : Au sang qu’un Dieu va répandre – cantique sur un texte de François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651 † 1715), archevêque de Cambrai, de l’Académie française – mélodie d’Amédée Gastoué – harmonisation Henri de Villiers
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    Programme du IVème dimanche de Carême – dimanche de Lætare

    Victor Matorin, La Multiplication des painsSaint-Eugène, le dimanche 18 mars 2012, grand’messe de 11h.

    > Catéchisme sur le Carême

    A Rome, la messe stationnale de ce jour se tient en la basilique de Sainte-Croix de Jérusalem. Cette basilique, l’une des sept basiliques du pèlerinage romain, fut construite autour d’une pièce du palais impérial de sainte Hélène, le palais du Sessorium, qu’elle avait transformée en chapelle vers l’an 320. Sainte Hélène fit répandre une grande quantité de la terre du Golgotha sur le sol des fondations de ce sanctuaire, où elle fit déposer plusieurs reliques insignes de la Passion qui y sont toujours. Quelques décennies plus tard, cette chapelle est transformée en un véritable basilique, appelé Heleniana ou Sessoriana. Lorsqu’il récupéra la vraie croix volée par les Perses, l’empereur Héraclius fit partager celle-ci en trois morceaux : Jérusalem conserva le principal d’entre eux, mais l’empereur fit envoyer les deux autres parties à Constantinople et à Rome, qui l’accueillit tout naturellement en la Basilique de Sainte-Croix de Jérusalem (cette partie insigne du bois de la vraie Croix fut transféré en 1629 sur ordre du pape Urbain VIII dans la basilique Saint-Pierre où il est conservé près de la statue monumentale de sainte Hélène).

    La basilique de Sainte-Croix de Jérusalem représente symboliquement à Rome la sainte cité de Jérusalem. C’est pour cette raison que les textes de la messe de ce jour y font allusion :

    • Lætare, Jerusalem – Réjouis-toi Jérusalem (introït),
    • Sina enim mons est in Arabia, qui conjunctus est ei, quæ nunc est Jerusalem – le mon Sinaï se trouve en Arabie ; elle correspond à la Jérusalem actuelle (saint Paul, dans l’épître de ce jour, aux Galates)
    • Lætátus sum in his, quæ dicta sunt mihi : in domum Dómini íbimus – Je me suis réjoui de ce qu’on m’a dit : Nous allons à la maison du Seigneur (graduel),
    • Qui confídunt in Dómino, sicut mons Sion : non commovébitur in ætérnum, qui hábitat in Jerúsalem – Qui se confie en le Seigneur sera comme le Mont Sion : jamais il ne sera ébranlé, celui qui habite Jérusalem (trait).
    • Jerúsalem, quæ ædificátur ut cívitas, cuius participátio eius in idípsum – Jérusalem, qui est édifiée comme une cité où toutes les parties ne font qu’une (communion)

    Comme la liturgie byzantine qui célèbre joyeusement la vénération de la Croix au IIIème dimanche de Carême, le rit romain, méditant en ce milieu du Carême devant les reliques de la Croix & de la Passion, n’y associe nullement les sentiments de la tristesse mais bien au contraire ceux de la joie : la Croix, autrefois symbole de la mort la plus vile réservée aux criminels, est devenue par le sacrifice du Christ le glorieux Arbre de vie qui nous réconcilie avec le Père et nous rouvre les portes du ciel.

    Aussi répondant à l’appel de l’introït de ce jour – Lætare Jerusalem – le rit romain suspend-il en ce jour les rigueurs du Carême : les ornements de la messe ne sont plus violet mais roses, on fleurit les autels, le diacre & le sous-diacre laissent les chasubles pliées pour prendre la dalmatique & la tunique qui sont des vêtements de joie, l’orgue – muet depuis le Mercredi des Cendres – fait tonner ces accents glorieux et joyeux.

    A Rome, le pape bénit en ce jour la rose d’or qu’il offre ensuite à une princesse catholique ou à un sanctuaire. Cette coutume est attestée depuis au moins le XIème siècle. Voici le texte de la bénédiction employé à cette occasion :

    « O Dieu, dont la parole et la puissance ont tout créé, dont la volonté gouverne toutes choses, vous qui êtes la joie et l’allégresse de tous les fidèles ; nous supplions votre majesté de vouloir bien bénir et sanctifier cette Rose, si agréable par son aspect et son parfum, que nous devons porter aujourd’hui dans nos mains, en signe de joie spirituelle : afin que le peuple qui vous est consacre, étant arraché au joug de la captivité de Babylone par la grâce de votre Fils unique qui est la gloire et l’allégresse d’Israël, représente d’un cœur sincère les joies de cette Jérusalem supérieure qui est notre mère. Et comme votre Église, à la vue de ce symbole, tressaille de bonheur, pour la gloire de votre Nom ; vous, Seigneur, donnez-lui un contentement véritable et parfait. Agréez la dévotion, remettez les pèches, augmentez la foi : guérissez par votre pardon, protégez par votre miséricorde ; détruisez les obstacles, accordez tous les biens : afin que cette même Église vous offre le fruit des bonnes œuvres, marchant à l’odeur des parfums de cette Fleur qui, sortie et de la tige de Jessé, est appelée mystiquement la fleur des champs et le lis des vallées, et qu’elle mérite de goûter une joie sans fin au sein de la gloire céleste, dans la compagnie de tous les saints, avec cette Fleur divine qui vit et règne avec vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen. »

    L’évangile chanté ce jour est le récit de la multiplication des cinq pains & deux poissons. Il fait partie du cycle de préparation des catéchumènes au baptême lors de la vigile pascale et figure l’Eucharistie, où le Christ, en son action de grâce au Père, se donne lui-même en une nourriture qui ne s’épuise jamais.

  • Procession d’entrée : Orgue
  • Kyrie de la Messe brève n°7 « Aux Chapelles » de Charles Gounod (1818 † 1893)
  • Trait : Faux-bourdon du 8ème ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Miserere de Michel-Richard de Lalande (1657 † 1726), maître de la chapelle des rois Louis XIV & Louis XV
  • Sanctus de la Messe brève n°7 « Aux Chapelles » de Charles Gounod
  • Après la Consécration : O Salutaris Hostia de la Messe brève n°7 « Aux Chapelles » de Charles Gounod
  • Agnus Dei de la Messe brève n°7 « Aux Chapelles » de Charles Gounod
  • Pendant la communion : Domine non secundum peccata nostra – motet d’offertoire sur le texte du trait des lundis, mer-credis et vendredis de Carême, de César Franck (1822 † 1890), organiste & maître de chapelle de la basilique Sainte-Clotilde
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : improvisation sur Attende, Domine
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    Télécharger le livret des chants des dimanches de la Septuagésime aux Rameaux au format PDF.

    La réforme de la Semaine Sainte de 1955 – 3ème partie – L’office des Ténèbres

    Dans ce troisième volet de notre étude sur la réforme de la Semaine Sainte de 1955, nous envisagerons l’office des Ténèbres et les changements substantiels qu’il a reçu.

    Articles précédents :

    Office des Ténèbres - gravure de Picard

    Synopsis de la cérémonie dans le bréviaire de saint Pie V & dans celui de saint Pie X

    On donne le nom d’Office des Ténèbres à l’office nocturne des trois derniers jours de la Semaine Sainte.

    Dès les temps apostoliques, on voit les premiers chrétiens passer certaines nuits en prière, en particulier celles entre le samedi & le dimanche, & celles des fêtes. Dans le rit romain, depuis les temps antiques, cette longue prière de veille nocturne (pannychis) s’est organisée en 2 parties principales qui pouvaient être réunies ou disjointes, l’office de la nuit proprement dit (les nocturnes) et l’office du matin, lequel se chantait très tôt, au point du jour, lorsque la nuit cédait aux premières lueurs du soleil.

    Le terme de matines ne désignait initialement que l’office du matin, mais l’usage de chanter celui-ci à la suite des nocturnes a fini par désigner l’ensemble de la vigile de toute la nuit, tandis qu’on s’est mis à désigner l’office du matin par le nom d’une de ses parties : les laudes.

    L’Office des Ténèbres est donc l’office des matines & laudes du Triduum pascal. Il contient de nombreux archaïsmes. En raison de la sainteté de ces 3 jours de l’année liturgique, les ajouts qui se firent au cours des âges à l’office divin épargnèrent les offices de Ténèbres, qui restèrent dans leur état le plus primitif : cet office ne comporte pas de versets d’introduction, pas d’invitatoire, pas d’hymnes, ni de petites doxologies (le Gloria Patri passe pour avoir été introduit à Rome dans l’office divin par le Pape saint Damase Ier (366 † 384)). Cette disposition toute antique – remontant vraisemblablement au moins au VIème siècle – a été notablement respectée par les moines d’Occident à la suite de saint Benoît : jusqu’aux réformes des années 1970, les bénédictins interrompaient le cours de leur office propre pour suivre la disposition de l’office romain pour les trois derniers jours de la Semaine Sainte.

    Chandelier de Ténèbres au séminaire de l'Institut du Christ-Roi à Gricigliano en 2012Une cérémonie toute particulière marque le chant des offices des Ténèbres et contribue à conférer à celui-ci un caractère inhabituel : un grand chandelier – appelé triangle ou herse – est placé dans le chœur côté épître et porte 15 cierges de cire jaune[1]. Après la reprise de chacune des antiennes de l’office (il y en a 15), on éteint un à un chacun des cierges, sauf le 15ème, qui symbolise le Christ, peu à peu délaissé par ses disciples (les 12 apôtres, Marie Madeleine & Marie de Cléophas)[2] : à la reprise de l’ultime antienne, celle du cantique de Zacharie Benedictus, ce dernier cierge est placé sur l’autel le temps du chant de l’antienne, puis provisoirement caché derrière l’autel pour les ultimes prières : le Christus factus est, le Miserere et l’oraison finale Respice, de sorte que toute cette fin de l’office est célébrée dans l’obscurité totale (les six cierges de l’autel, qui encadrent la croix, ont été éteints lors des six derniers versets du cantique Benedictus). Une fois l’office terminé, le cierge symbolisant le Christ est replacé, toujours allumé, sur le chandelier de Ténèbres.

    Le Pape saint Grégoire le Grand, divinement inspiré par le Saint-Esprit, dicte le texte de l'Antiphonaire. Antiphonaire de Hartker, vers l'an 1000Le répertoire des antiennes & des répons de ces trois jours est déjà attesté dans les plus anciens témoins manuscrits que nous ayons de l’office divin du rit romain (et ce répertoire leur est certainement bien antérieur) : l’Antiphonaire de Compiègne (datant des environs de l’an 870) ou l’Antiphonaire de Hartker (le plus ancien manuscrit complet noté, écrit à Saint-Gall vers l’an 1000). C’est ce même répertoire que nous retrouvons dans le Bréviaire de saint Pie V, publié en 1568.

    Si selon les lieux, l’usage existait au cours de l’année de dissocier le chant des matines de celui des laudes ou de les associer, l’office des Ténèbres a toujours été chanté en joignant matines à laudes, en un seul office. Cet office est censé durer toute la nuit, commençant le soir et s’achevant très tôt au petit matin. L’usage général était de le dire de ce fait la veille, un usage qui s’observe très communément dans les différents rits orientaux, où la vigile nocturne est chantée toute l’année en paroisse la veille au soir. Il s’agit là ni plus ni moins que l’antique conception du nycthémère[3] qui voulait que le jour liturgique commence la veille au soir, se conformant en cela à l’Ecriture : « Il y eut un soir, il y eut un matin, ce fut le premier jour » (Genèse 1, 5). De la sorte, on chantait donc les Ténèbres du Jeudi Saint au soir du Mercredi Saint, celles du Vendredi Saint au soir du Jeudi Saint et celles du Samedi Saint au soir du Vendredi Saint.

    Commencement de la première lamentation de François Couperin pour les Ténèbres du premier jour (celles du Jeudi Saint, chantées au soir du Mercredi Saint).L’office des Ténèbres comprend 3 nocturnes et les laudes, comme aux jours de fête. Chaque nocturne comporte 3 psaumes avec antiennes, un verset, 3 leçons suivies chacune par un répons. Au premier nocturne, les leçons de Ténèbres sont tirées des Lamentations du prophète Jérémie, sur une mélodie particulière justement célèbre. Les plus grands compositeurs de musique sacrée d’Occident ont rivalisé pour laisser de très nombreux chefs d’œuvres sur le texte admirable de ces 9 leçons de Jérémie, ainsi que les 27 répons et même certains des psaumes de l’office des Ténèbres (le premier psaume était ainsi chanté en musique à la Cour de Versailles[4], le dernier de chaque premier nocturne fut mis en musique par Marc-Antoine Charpentier pour la Sainte-Chapelle[5], nous reviendrons plus loin sur le chant du Miserere final) ainsi que le Benedictus final (il était le plus souvent chanté en musique à la Chapelle royale de Versailles[6]) : le prolixe répertoire musical qui a été composé au cours des siècles pour les 3 offices des Ténèbres est un vrai joyau de toute la culture européenne.

    Les laudes suivent alors, avec des psaumes chantés sous 5 antiennes, un verset, et le cantique de Zacharie, le Benedictus, chanté avec son antienne.[7]

    Graduel Christus factus est pro nobis - graduel allemand de 1420Puis le chœur chante l’une des pièces les plus fameuses du répertoire grégorien, le Christus factus est, qui est aussi le graduel de la messe du Jeudi Saint. Aux Ténèbres du Jeudi Saint, le Christus factus est est chanté jusqu’aux mots « usque ad mortem » ; à celles du Vendredi Saint, on le prolonge jusqu’aux paroles « mortem autem Crucis » et à celles du Samedi Saint il est enfin chanté en entier (le même Christus factus est est aussi récité recto-tono à la fin de toutes les autres heures du Triduum pascal, avec les mêmes dispositions)[8]. Cette progression journalière dans le chant du texte rend compte de la marche du Christ en sa passion vers sa mort et son exaltation. Ce chant s’élève majestueusement tandis que toute l’église est plongé dans l’obscurité.

    Gregorio Allegri tenant en main la partition de son célèbre MiserereAprès ce chant, on récite en silence la Prière du Seigneur puis, toujours dans l’obscurité totale, on chante recto-tono le psaume 50 Miserere mei Deus. Malgré la rubrique indiquant le recto-tono, ce psaume fut chanté à partir du XVIème siècle dans des polyphonies somptueuses à plusieurs chœurs. Il semblerait que ce soient les chantres de la Chapelle Sixtine à Rome qui lancèrent cette pratique du Miserere final en faux-bourdon, plus précisément aux Ténèbres du Mercredi Saint 1519, si l’on en croit une note de Paris de Grassis, maître des cérémonies du Pape Léon X. Parmi les Miserere en usage à la Chapelle Sixtine, le plus fameux est sans conteste celui composé par Gregorio Allegri, un Romain entré au collège des chantres papaux en 1629. Son Miserere fut donné aux trois Ténèbres papales, puis conjointement avec ceux composés par Alessandro Scarlatti ou par Felice Anerio, qui furent donnés le Jeudi Saint. Ces deux derniers furent éclipsés par le Miserere composé en 1714 par Tommaso Bai, un Bolonais devenu maître de chapelle de Saint-Pierre. Sous Pie VII, on adjoignit un troisième Miserere, composé par Baini, et depuis 1821, la tradition s’instaura de donner aux Ténèbres papales dans la Sixtine les Miserere de Baini, Bai & Allegri à la fin des Ténèbres des Jeudi, Vendredi & Samedi Saint.

    La Chapelle Sixtine au VaticanEtant chantés dans l’obscurité, les Miserere de la Chapelle Sixtine devaient être su par cœur par les chanteurs. Aussi les partitions étaient inexistantes, ormis une copie manuscrite à l’attention du maître de chapelle. Reproduire la partition de celui d’Allegri, le plus célèbre, fut même puni d’excommunication ! Cette exécution par cœur permit sans doute aux chantres de la Chapelle Sixtine de développer avec aisance une tradition orale des abbellimenti particulièrement raffinée & fleurie. Ces ornementations de style oral étaient pratiquées couramment à Rome par ailleurs au moins dès l’époque baroque.

    En France, à la chapelle royale de Versailles, on chantait aussi le Miserere en faux-bourdon à la fin des Ténèbres ; on sait qu’on y donna aussi le Miserere en musique du Vénitien Antonio Biffi[9]. Par ailleurs Michel-Richard de Lalande & Sébastien de Brossard laissèrent aussi des Miserere en faux-bourdon pour l’office des Ténèbres. Nous avons publié sur ce site celui écrit par Guillaume-Gabriel Nivers pour les Damoiselles de Saint-Cyr.

    Après le Miserere l’oraison finale Respice est récitée recto-tono, en abaissant la voix d’une tierce à la fin. Cette oraison Respice, quæsumus, Domine, super hanc familiam tuam, est en fait l’Oratio super populum de la messe du Mercredi Saint (c’est une pratique ancienne de reprendre l’oraison sur le peuple qui conclut les messes de Carême à l’office de vêpres qui les suivent). Du reste, l’oraison Respice est la seule dite à tous les offices du Triduum, depuis vêpres du Mercredi Saint à none du Samedi Saint, elle contribue à l’unité & à l’identité liturgique forte de ces trois jours. En voici son texte & sa traduction :

    Réspice, quæsumus Dómine, super hanc famíliam tuam, pro qua Dóminus noster Jesus Christus non dubitávit mánibus tradi nocéntium, et crucis subíre torméntum.

    Nous vous prions, Seigneur, de regarder en pitié votre famille, pour laquelle notre Seigneur Jésus-Christ n’a point refusé de se livrer entre les mains des méchants, & de souffrir le supplice de la croix.

    Pendant tout le Triduum, la conclusion de cette oraison est dite en silence par le célébrant, de ce fait elle n’est pas suivie d’un Amen des fidèles. Aux Ténèbres, après l’oraison Respice, après une brève pause, tous font du bruit en frappant sa stalle ou son livre, afin de représenter le tremblement de terre et la confusion de la Création devant la mort de son Créateur. Le tremblement s’étant arrêté, le 15ème chandelier, qui symbolise le Christ lumière du Monde, dont la splendeur de la gloire qui sans s’éteindre fut éclipsée dans sa passion et sa mort, est enfin ramené de derrière l’autel et replacé en haut du chandelier, image de la lumineuse victoire de notre Sauveur sur les ténèbres de la mort par sa résurrection.[10]

    Synopsis de la cérémonie dans la réforme de 1955

    La réforme de 1955 n’a guère touché au texte des Ténèbres. On notera la suppression de la récitation mentale du Pater, de l’Ave et du Credo au début de l’office (cette récitation mentale introduit un moment de concentration & de recueillement avant le chant de l’office). L’oraison Respice est remplacée le samedi par une autre oraison, Concede, rompant l’unité liturgique des trois jours du Triduum que nous avons évoquée.

    La rubrique de l’Officium Hebdomadæ Sanctæ de 1955 prohibe la coutume pourtant pluri-séculaire (et universelle puisque couramment pratiquée dans les rits orientaux, et logique dans la conception judéo-chrétienne du jour qui va du soir au soir) d’anticiper les offices de la nuit au soir du jour précédant : les offices de Ténèbres devront désormais être célébrés le matin. Une exception dans cette interdiction est toutefois ménagée pour les Ténèbres du Jeudi Saint dans les églises qui célèbrent la messe chrismale le matin de ce jour.

    Nous reparlerons dans un prochain article de la problématique générale des horaires des offices dans la réforme de 1955. Bornons-nous d’enregistrer la perte du sens traditionnel du jour chrétien au profit d’une conception calendaire moderne. Surtout, la célébration de ces longs offices le matin va avoir deux effets négatifs : d’une part leur désaffection générale dans les paroisses par les fidèles (et en premier lieu par les chanteurs, empêchés de chanter ces offices en raison de leurs occupations professionnelles) mais surtout la fin de tout le très beau symbolisme des Ténèbres elles-mêmes : l’extinction des lumières que nous avons décrite représente la passion, la mort et la résurrection du Christ : quel intérêt symbolique en effet d’éteindre progressivement les cierges quand l’église est inondée par la lueur du jour ?

    La fin de la cérémonie a été modifiée : le psaume Miserere final, qui était chanté dans l’obscurité totale, ce qui n’était pas sans produire un effet certain dans le cœur des fidèles, est supprimé (il l’est aussi à toutes les petites heures du Triduum).

    Mgr Gromier regrette cette suppression :

    Ce psaume pouvait rester après laudes ou vêpres seulement ou même au chœur seulement, ou même facultatif seulement. Les pastoraux auraient lus avec profit ce que le cardinal Wisemann, premier archevêque de Westminster, écrivit sur le chant de ce psaume à l’office des ténèbres dans la chapelle papale.[11]

    Il n’est plus fait mention dans les rubriques de 1955 du bruit symbolisant le tremblement de terre à la mort du Christ qui se faisait à la fin de l’office. En 1956, une réponse de la Sacré Congrégation des Rites indiqua que, puisque la rubrique était devenue muette sur la question, il fallait tenir le tremblement comme supprimé. Dans l’édition de 1961 du Bréviaire, la dernière avant les réformes post-conciliaires, non seulement le tremblement n’est plus mentionné, mais de plus il n’est plus fait mention que l’on cache le 15ème cierge derrière l’autel : rappelons que ce beau geste symbolisait parfaitement la kénose du Christ, sa mise en Croix (lorsqu’on pose le cierge sur l’autel pendant la reprise de l’antienne du Benedictus), son ensevelissement au tombeau (dont l’autel est une figure) puis sa résurrection le 3ème jour lorsque le cierge est sorti de derrière l’autel et replacé au sommet du chandelier à 15 branches.

    La réforme de la Semaine Sainte sous Pie XII n’a pas profondément bouleversé les textes liturgiques des matines et laudes des Ténèbres. Néanmoins, les modifications de détails qui y ont été apportées ont pourtant suffit à détruire le symbolisme bouleversant de ces offices. Ces modifications vont contribuer à la décadence générale de cet office vénérable, quasiment oublié désormais dans les paroisses. Cette désaffection a entraîné l’oubli de pans entiers de la culture occidentale, par la perte du riche patrimoine musical associé au chant des Ténèbres : leçons, répons & Miserere sont devenues désormais au mieux de simples œuvres de concert.

    *
    Plan

    Présentation générale
    1ère partie – Le dimanche des Rameaux
    2nde partie – Les Lundi Saint, Mardi Saint & du Mercredi Saint
    3ème partie – L’office des Ténèbres
    4ème partie – Les autres heures de l’office divin durant le Triduum
    5ème partie – La messe du Jeudi Saint & le Mandatum
    6ème partie – La messe des Présanctifiés le Vendredi Saint
    7ème partie – La vigile pascale
    8ème partie – L’office divin du jour de Pâques
    9ème partie – Les horaires des offices durant la Semaine Sainte
    10ème partie – Les lectures bibliques de la Semaine Sainte
    11ème partie – La Vigile de la Pentecôte
    12ème partie – La réforme de 1955 & la réforme post-conciliaire – Conclusions générales

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    Notes

    Notes :    (↵ reviens au texte)

    1. Une tradition – plutôt romaine & plutôt récente – veut que le 15ème cierge, qui représente le Christ, soit de cire blanche. En France, cet usage est inconnu, et l’on conserve l’usage plus ancien des 15 cierges de cire jaune.↵
    2. L’explication allégorique des 12 Apôtres et des deux Marie est postérieure. A vrai dire, il y a 15 cierges parce qu’il y a 15 antiennes. Au Moyen-Age a coexisté une tradition d’un chandelier de Ténèbres à 13 cierges, mais cette tradition est manifestement une réinterprétation afin de coller plus symboliquement au Christ et à ses 12 Apôtres ; elle complique les moments auxquels chacun des cierges doit être éteint. La tradition du chandelier à 13 cierges fut en usage à Paris comme l’atteste le cérémonial parisien de Martin Sonnet de 1662 : De Matutinis Tenebrarum, Feria quarta, quinta & sexta maioris Hebdomadæ, chapitre XI, § 2, page 337. Le cérémonial parisien du cardinal de Noailles de 1703 décrit lui des Ténèbres avec un chandelier à 15 branches : De officio Tenebrarum tridui ante Pascha, chapitre VIII, § 1, p. 152.↵
    3. Nycthémère : mot formé de la composition des mots grecs νύξ, νυκτός (nýx, nyktós), « nuit », & ἡμέρα (hêméra), « jour ». Il désigne une période de vingt-quatre heures correspondant à la succession d’une nuit et d’un jour Il s’agit bien là de la conception antique et liturgique du jour chrétien, héritée des Hébreux.↵
    4. Le journal de Dangeau (I, p. 157) l’atteste : « Jeudi Saint 19 [avril 1685], à Versailles : […] à Ténèbre, le roi entendit pour la première fois le Quare fremuerunt de Lully, qui fut fort loué. » Le Quare fremuerunt, psaume 2, est le premier psaume des Ténèbres du Vendredi Saint, chantées donc au soir du Jeudi Saint.↵
    5. Il s’agit des compositions suivantes de Marc-Antoine Charpentier :
      • Psalmus David 70us/ 3e psaume du 1er nocturne du Mercredi saint « In te Domine speravi » H.228 pour 5 vx, ch. à 5, cordes (4), bc, XII (1699)
      • Psalmus David 26us/ 3e psaume du 1er nocturne du Jeudi saint « Dominus illuminatio mea » H.229 pour 5 vx, ch. à 5, cordes (4), bc, XII (1699)
      • Psalmus David 15us/ 3e psaume du 1er nocturne du Vendredi saint « Conserva me Domine » H.230 pour 4 vx, ch. à 5, cordes (4), bc, XII (1699)

      Ces trois compositions admirables pour l’office des Ténèbres furent parmi les dernières œuvres laissées par Charpentier, parvenu au sommet de son art.↵

    6. Cf. Alexandre Maral, La Chapelle royale de Versailles sous Louis XIV. Cérémonial, liturgie et musique. Mardaga, 2010, p. 165.↵
    7. La réforme du Bréviaire opérée par saint Pie X a modifié les laudes de toute l’année ; la structure traditionnelle antique de cet office – héritée de la synagogue – faisait que tous les jours de l’année se chantaient les psaumes du matin (psaumes 62 et 66 sous une même antienne) et les psaumes des laudes (psaumes 148-149-150 sous une même antienne). Par volonté d’éviter la répétition, le Bréviaire moderne a déstructuré cette répartition, traditionnelle pourtant dans tous les rits orientaux & occidentaux anciens.↵
    8. Le chant du graduel Christus factus est a pris la place, lors des simplifications de l’office romain opérées durant l’exil de la papauté en Avignon, d’une litanie très curieuse et très ancienne – elle est attestée dans l’Antiphonaire de Compiègne -, dans laquelle on chantait, entre plusieurs versets, le même texte Christus factus est sur une autre mélodie. Cette antique litanie avait été conservée par la plupart des rits diocésains français, en particulier celui de Paris.↵
    9. Alexandre Maral, op. cit., p. 165.↵
    10. Dom Géranger :

      Nous sommes dans les jours où la gloire du Fils de Dieu est éclipsée sous les ignominies de sa Passion. Il était « la lumière du monde », puissant en œuvres et en paroles, accueilli naguère par les acclamations de tout un peuple ; maintenant le voilà déchu de toutes ses grandeurs, « l’homme de douleurs, un lépreux », dit Isaïe ; « un ver de terre, et non un homme », dit le Roi-Prophète ; « un sujet de scandale pour ses disciples », dit-il lui-même. Chacun s’éloigne de lui : Pierre même nie l’avoir connu. Cet abandon, cette défection presque générale sont figurés par l’extinction successive des cierges sur le chandelier triangulaire, même jusque sur l’autel. Cependant la lumière méconnue de notre Christ n’est pas éteinte, quoiqu’elle ne lance plus ses feux, et que les ombres se soient épaissies autour d’elle. On pose un moment le cierge mystérieux sur l’autel. Il est là comme le Rédempteur sur le Calvaire, où il souffre et meurt. Pour exprimer la sépulture de Jésus, on cache le cierge derrière l’autel ; sa lumière ne parait plus. Alors un bruit confus se fait entendre dans le sanctuaire, que l’absence de ce dernier flambeau a plongé dans l’obscurité. Ce bruit, joint aux ténèbres, exprime les convulsions de la nature, au moment où le Sauveur ayant expiré sur la croix, la terre trembla, les rochers se fendirent, les sépulcres furent ouverts. Mais tout à coup le cierge reparaît sans avoir rien perdu de sa lumière ; le bruit cesse, et chacun rend hommage au vainqueur de la mort.↵

    11. On peut lire les impressions du cardinal Wiseman en ligne : Four lectures on the offices and ceremonies of Holy Week as performed in the Papal chapels. Delivered in Rome, in the Lent of MDCCCXXXVII. Londres, 1839. 214 pages. La description du chant du Miserere final occupe à lui seul les pages 85 à 90 :

      I hardly think that once or twice hearing the Misereres of Allegri and Bai can impress the feelings which I have feebly endeavoured to describe. Perhaps, however, what I have said, may prepare yours minds for them, and induce you to assist at it.↵

    Programme du troisième dimanche de Carême

    IIIème dimanche de Carême : exorcisme du démon muetSaint-Eugène, le dimanche 3 mars 2013, grand’messe de 11h.
    (Répétition samedi 10 mars à 18h, précédée du chant des 1ères vêpres du dimanche à 17h30)

    > Catéchisme sur le Carême

    Ce troisième dimanche de Carême est aussi appelé Oculi, du premier mot de l’Introït de la Messe. A Rome, la station de ce troisième dimanche de Carême se fait en la Basilique de Saint-Laurent-hors-les-Murs. Le saint diacre Laurent qui, dans son martyre, a si héroïquement triomphé du diable, va être notre patron et notre protecteur dans la seconde partie du combat de Carême, combat spirituel auquel fait allusion l’évangile de la messe de ce jour. En ce dimanche également, les catéchumènes font un pas de plus vers l’Église : on l’appelle en effet le dimanche des scrutins. C’est à partir d’aujourd’hui qu’on commençait l’examen des candidats au baptême. Les fidèles étaient invités à venir témoigner au sujet de leur conduite. Il y avait sept de ces scrutins qui avaient lieu, d’ordinaire, le mercredi et le samedi. Le plus important était celui du mercredi de la quatrième semaine de Carême. Aux diptyques du canon de la messe de ce troisième dimanche de Carême, on priait autrefois pour les parrains & marraines des futurs baptisés.

    Messe d’action de grâces pour le pontificat de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI

    Armes du Pape Benoît XVISaint-Eugène, le jeudi 28 février 2012, grand’messe de 19h.

    Messe votive de la Chaire de saint Pierre avec les oraisons d’action de grâces du Missel Romain – Mémoire du jeudi de la 2nde semaine de Carême.

    • Tu es Petrus – ancien répons en l’honneur de saint Pierre chanté à Rome lors du pèlerinage aux tombeaux des Saints Apôtres – les fidèles sont invités à chanter le refrain avec la schola
    • Kyrie VIII – De Angelis
    • Gloria VIII
    • Trait Tu es Petrus : Faux-bourdon du 2nd ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
    • Pendant les encensements de l’offertoire : Te laudamus, o Regnator – Séquence parisienne de saint Pierre & saint Paul, texte de Simon Gourdan (1646 † 1729), chanoine de Saint-Victor
    • Sanctus de la Missa secunda (1599) de Hans Leo Hassler (1564 † 1612), archimusicien de Nuremberg, maître de la chapelle de l’Electeur de Saxe
    • Après la Consécration : Benedictus de la Missa secunda de Hans Leo Hassler
    • Agnus Dei la Missa secunda de Hans Leo Hassler
    • Pendant la communion : antienne de communion du propre Tu es Petrus, & Magnificat royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris depuis le XVIIème siècle
    • Ite missa est VIII
    • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
    • Procession de sortie : Chantez, voix bénies – Hymne officiel de l’Etat du Vatican, composé initialement en l’honneur de Sa Sainteté le Bienheureux Pape Pie IX – paroles de Louis Gallet – musique de Charles Gounod (1818 † 1893)

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    Programme du second dimanche de Carême

    Pietro Perugino : La Transfiguration de Notre Seigneur (1496)Saint-Eugène, le dimanche 24 février 2012, grand’messe de 11h.
    (Répétition samedi 23 février à 18h, précédée du chant des 1ères vêpres du dimanche à 17h30)

    > Catéchisme sur le Carême

    Le second Dimanche de Carême est appelé Reminiscere, du premier mot de l’Introït de la Messe, et quelquefois aussi le Dimanche de la Transfiguration, à cause de l’Évangile qui y est lu.

    La messe de ce dimanche est d’introduction relativement récente : il n’y avait pas primitivement de messe dominicale ce dimanche, car c’est la longue messe du samedi des Quatre-Temps de Carême, laquelle commençait le samedi soir et durait une bonne partie de la nuit (on y faisait les ordinations aux sept ordres ecclésiastiques) qui en tenait lieu. De ce fait, les pièces de la messe de ce dimanche sont empruntées à d’autres jours : l’introït Reminiscere provient de la messe du Mercredi des Quatre-Temps de Carême, de même que le graduel Tribulationes cordis mei, l’offertoire Meditabor in mandatis tuis et l’antienne de communion Intellige clamorem. L’évangile de la Transfiguration est repris de la messe du Samedi des Quatre-Temps de la veille. La secrète est la même qu’au IVème dimanche de l’Avent et la Postcommunion est reprise du dimanche de la Sexagésime.

    Longtemps, le rit romain n’a pas connu d’autre fête de la Transfiguration que ce dimanche (ou plus précisément ce Samedi des Quatre-Temps). Les homélies de saint Léon Ier le Grand sur la Transfiguration, prononcées en cette nuit à Saint-Pierre pour les Quatre-Temps, sont un vrai chef-d’œuvre et indiquent également les raisons pour lesquelles l’Eglise de Rome a placé la Transfiguration pendant le Carême.

    Au cours du Moyen-Age, à l’instar des Orientaux, plusieurs Eglises d’Occident se mirent à célébrer distinctement une fête de la Transfiguration le 6 août. Rome ne s’y décida qu’en 1457, en mémoire d’une éclatante victoire remportée sous Callixte III contre les ennemis de la Foi.

    La station de ce jour, à Rome, est dans l’Église de Sainte-Marie in Domnica, sur le mont Cœlius. Cette station est assez récente, il s’agissait à l’origine de l’antique Diaconie où présidait saint Laurent, et dans laquelle il distribuait les aumônes de l’Église.

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