Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme de la messe de minuit

Saint-Eugène, le dimanche 24 décembre 2017, premières vêpres de Noël & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45. Veillée de cantiques à 23h30, puis procession & messe solennelle de minuit.

C’est pourquoi, mes bien-aimés, rendons grâces à Dieu le Père, par son Fils, dans le Saint-Esprit : de ce que, « nous ayant aimés dans son infinie charité, il a eu pitié de nous, et comme nous étions morts par les péchés, il nous a vivifiés tous en Jésus-Christ », afin que nous fussions en lui une nouvelle créature et un ouvrage nouveau. « Dépouillons donc le vieil homme avec ses œuvres » ; et, admis à participer à la naissance du Christ, renonçons aux œuvres de la chair. Reconnais, ô Chrétien, ta dignité, et, « devenu participant de la nature divine », garde-toi de retomber, par une conduite indigne de cette grandeur, dans ta bassesse première. Souviens-toi de quel chef et de quel corps tu es membre. N’oublie jamais, « qu’arraché à la puissance des ténèbres », tu as été transporté à la lumière et au royaume de Dieu.
Sermon de saint Léon, pape, VIème leçon des vigiles nocturnes de Noël, au second nocturne.

Ières vêpres de Noël. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O Salutaris Hostia – sur le vieux noël français « A la venue de Noël »
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Alma Redemptoris Mater – Vème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus – VIIème ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – IIIème ton
  • Chant final, de Noël : Puer natus in Bethleem – Ier ton – rythme du XIIIème & XIVème siècles

Veillée de Noël

Noëls de Charles Gounod (1818 † 1893), à l’occasion du bicentenaire de sa naissance

A minuit – procession à la Crèche

Messe de minuit

  • Introït – Dominus dixit ad me (ton ii.)
  • Kyrie & Gloria : de la Messe aux Cathédrales de Charles Gounod
  • Epître : Tite II, 11-15 : Car la grâce de Dieu, notre Sauveur, a paru à tous les hommes.
  • Graduel – Tecum principium (ton ii.)
  • Alléluia – Dominus dixit ad me (ton viii.)
  • Evangile : Luc II, 1-14 : Et elle enfanta son Fils premier-né ; et l’ayant emmaillotté, elle le coucha dans une crèche ; parce qu’il n’y avait point de place pour eux dans l’hôtellerie.
  • Credo : de la Messe aux Cathédrales de Charles Gounod
  • Offertoire – Lætentur cœli (ton iv.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Tollite hostias, chœur final de l’Oratorio de Noël de Camille Saint-Saëns (1835 † 1921), organiste de La Madeleine
  • Sanctus : de la Messe aux Cathédrales de Charles Gounod
  • Après la Consécration : O salutaris de la Messe aux Cathédrales de Charles Gounod
  • Agnus Dei : de la Messe aux Cathédrales de Charles Gounod
  • Pendant la communion : Adeste fideles – cantique du XVIIIème siècle, harmonisation de Théodore Dubois (1837 † 1924), maître de chapelle et organiste de La Madeleine
  • Communion – In splendoribus sanctorum (ton vi.)
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Il est né le divin enfant – Noël du XIXème siècle, sur une sonnerie du XVIIIème siècle – harmonisation de Maxime Kovalevsky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris

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Programme de la vigile de Noël

https://www.youtube.com/watch?v=944qJ1lLh8k

Saint-Eugène, le dimanche 24 décembre 2023, grand’messe de 11h.

La messe de la vigile de Noël, célébrée en violet, constitue la dernière messe du temps de l’Avent. Dans le rit romain, lorsque le 24 décembre est un dimanche (comme cette année), la messe de la vigile a préséance sur la messe du IVème dimanche de l’Avent.

Pourquoi n’est-ce pas simplement par une vierge, mais par une vierge fiancée, qu’il est conçu ? D’abord, afin que par la généalogie de Joseph, celle de Marie fût constatée ; en second lieu, de peur qu’elle ne fût lapidée par les Juifs comme adultère ; en troisième lieu, pour que, fugitive en Égypte, elle eût un soutien en la personne de Joseph. Le Martyr saint Ignace ajoute une quatrième raison : s’il est conçu par une fiancée, c’est, dit-il, pour cacher cet enfantement au démon, qui le croira le fruit, non d’une vierge, mais d’une épouse.
Homélie de saint Jérôme, prêtre, Ière leçon des vigiles nocturnes de ce jour, au troisième nocturne.

Catéchisme de l’Avent

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Programme du XXVIIème dimanche après la Pentecôte – Dimanche des saints Ancêtres du Christ – ton 4

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 24 décembre 2017 du calendrier grégorien – 11 décembre 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Carême de Noël. Avec le dimanche qui suit, ce jour constitue un dimanche de préparation à la fête de la Nativité du Christ puisque l’on y fête tous les saints ancêtres de notre Seigneur, selon la chair.

En fait, ce premier dimanche a reçu son appellation (en grec « Πропатόрων ») parce qu’il précède le second (« Παтέрων »), mais tous deux célèbrent, sans réelles différences, tous les justes de l’Ancien Testament qui ont précédé & préparé la venue du Messie.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Ancêtres. Kondakion : des Ancêtres.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 2, & 4 tropaires de la 3ème ode du canon des Ancêtres (œuvre de saint Joseph l’Hymnographe (816 † 886)) :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Au plus profond de l’Enfer, * lorsqu’ils virent ta clarté, * ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort, ** ô Christ, se levèrent, ressuscités.
6. Ressuscité du tombeau, * tu vins au-devant des Myrophores, * et les Disciples reçurent la mission ** de proclamer ta Résurrection.
7. Dans l’univers est célébrée * l’ardeur de Seth pour son Créateur : * par la ferveur de son âme, en effet, * et la pure vie qu’il a menée, * il l’a servi en vérité * et maintenant il s’écrie * sur la terre des vivants : ** Saint es-tu, Seigneur notre Dieu.
8. De bouche et de cœur, * de ses lèvres et en esprit * l’admirable Enos commença * d’invoquer divinement * le nom du Seigneur Dieu de l’univers ; * ayant vécu sur terre * d’une façon qui plut à Dieu, ** il en acquit grand renom.
9. Par des hymnes sacrées * célébrons le bienheureux Enoch * qui, ayant plu au Seigneur, * fut ravi dans la gloire, * ainsi qu’il est écrit, * triomphant visiblement de la mort * pour avoir été ** un serviteur tout proche de Dieu.
10. L’attente des nations * vient de la Vierge maintenant * et voici que Bethléem * entr’ouvre justement * l’Eden jadis fermé, * en recevant le Verbe incarné * et dans la crèche reposant ** corporellement.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleines de fierté, aux Apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
2. Tropaire des Ancêtres, ton 2 : Par la foi tu as justifié les Ancêtres, * en épousant d’avance par eux l’Eglise de la gentilité. * Ces saints sont fiers, dans la gloire, * car de leur lignée devait naître un fruit glorieux, * celle qui t’a engendré virginalement. ** Par leurs supplications, ô Christ Dieu, aie pitié de nous.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. Kondakion des Ancêtres, ton 6 : Jeunes gens trois fois heureux, vous n’avez point vénéré * l’image faite de main d’homme, * mais fortifiés par l’Essence indescriptible, * dans la fournaise de feu vous fûtes glorifiés, vous trois fois bienheureux. * Dans la flamme de feu irrésistible vous tenant, vous avez invoqué Dieu. * Hâte-Toi, ô Miséricordieux, ** viens vite, plein de pitié, à notre aide, car Tu le peux selon ta volonté.

Prokimen
Des Ancêtres, ton 4 :
℟. Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères, & vénérable, & que ton Nom soit glorifié éternellement. (Daniel, 3, 26).
℣. Car tu es juste en toutes les œuvres accomplies pour nous. (Daniel, 3, 27).
(On ne dit pas le prokimen du dimanche).

Epître
Du dimanche des saints Ancêtres : Colossiens (§ 257) III, 4-11 (du 29ème dimanche après la Pentecôte).
Dépouillez le vieil homme avec ses œuvres, et revêtez-vous du nouveau.

Alleluia
Des saints Ancêtres, ton 4 :
℣. Moïse et Aaron étaient ses prêtres, et Samuel était au nombre de ceux qui invoquaient son nom (Psaume 98, 6).
℣. Ils invoquaient le Seigneur, et le Seigneur les exauçait (Psaume 98, 6).
(On ne dit pas l’alleluia du dimanche).

Evangiles
Du dimanche des saints Ancêtres : Luc (§ 76) XIV, 16-24 (du 28ème dimanche après la Pentecôte).
Car je vous assure que nul de ces hommes que j’avais conviés, ne goûtera de mon souper.

Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Des saints Ancêtres : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du troisième dimanche de l’Avent

Saint-Eugène, le dimanche 17 décembre 2017, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & complies à 20h.

Ce dimanche est appelé dimanche de Gaudete en raison des premiers mots de l’introït, qui est aussi le premier verset de l’épître lue aujourd’hui (Philippiens 4, 4). Comme pour le dimanche de Lætare pendant le Carême, ce dimanche marque une pause pendant la pénitence de l’Avent, dont l’austérité est tempérée en ce jour par la liturgie : on orne de fleurs les autels, l’orgue peut se faire entendre seul, on peut user d’ornements roses au lieu des violets, le diacre et le sous-diacre déposent les chasubles pliées des temps de pénitence pour revêtir la dalmatique et la tunique qui sont des ornements de joie, de même les évêques usent de la mitre précieuse. Néanmoins, tant le Te Deum aux vigiles nocturnes que le Gloria à la messe restent supprimés jusqu’à Noël. Autrefois, au dimanche de Gaudete, on bénissait les fiançailles de ceux qui se devaient marier après Noël ainsi que les oriflammes et les bannières. A matines, on annonce par la leçon suivante tirée d’une homélie de saint Léon le Grand le jeûne solennel des Quatre-Temps du dixième mois (=décembre).

Nous vous avertissons publiquement, mes très chers frères, et avec une sollicitude pastorale d’observer le jeûne du dixième mois. Le temps où nous sommes et la coutume de notre dévotion nous y engagent. Par ce jeûne, qu’on célèbre lorsque la récolte de tous les fruits de la terre est terminée, on offre à Dieu, qui nous a donné ces fruits, un très juste sacrifice de continence. En effet, que peut-il y avoir de plus utile que le jeûne ? Par son observance, nous nous approchons de Dieu, et, résistant au démon, nous surmontons les attraits des vices.
Sermon de saint Léon, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

Catéchisme de l’Avent

  • Procession d’entrée : Marche solennelle pour orgue – Charles Gounod (1818 † 1893)
  • Kyrie : de la Messe aux Cathédrales de Charles Gounod
  • Credo : de la Messe aux Cathédrales de Charles Gounod
  • Préface de l’Avent au propre de l’archidiocèse de Paris
  • Sanctus : de la Messe aux Cathédrales de Charles Gounod
  • Après la Consécration : O salutaris de la Messe aux Cathédrales de Charles Gounod
  • Agnus Dei : de la Messe aux Cathédrales de Charles Gounod
  • Pendant la communion : Alma Redemptoris Mater – Polyphonie de Charles Gounod
  • Prière pour la France : de la Messe aux Cathédrales de Charles Gounod
  • Benedicamus Domino XVIII
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Laudate Dominum – Psaume CXVI – Charles Gounod

IIndes vêpres du IIIème dimanche de l’Avent. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O Salutaris Hostia – sur le ton de Conditor Alme siderum, hymne des vêpres de l’Avent
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Alma Redemptoris Mater – Vème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium – Ier ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – Ton « moderne »
  • Chant final, de l’Avent : Rorate cœli desuper – Ier ton

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Programme du XXVIIIème dimanche après la Pentecôte – sainte Barbara – saint Jean Damascène – ton 3

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 17 décembre 2017 du calendrier grégorien – 4 décembre 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons en ce jour la mégalomartyre Barbara.

Sainte Barbe (ou Barbara) fut l’une des martyres les plus fameuses de la persécution de l’Eglise qui eut lieu sous Maximin Ier le Thrace, lequel régna brièvement de 235 à 238 pendant la période dite de l’Anarchie militaire.

Sainte Barbe vivait à Nicomédie, capitale de la province de Bithynie (actuelle Izmit). Dioscore, son père païen d’origine phénicienne, refusait sa conversion au christianisme et voulait la marier de force. Devant son refus, il l’enferma dans une tour à deux fenêtres, mais un prêtre chrétien, déguisé en médecin, s’introduisit dans la tour et la baptisa.

Au retour d’un voyage de son père, Barbe lui apprit qu’elle avait percé une troisième fenêtre dans le mur de la tour pour représenter la Sainte Trinité et qu’elle était devenue chrétienne. Dioscore dénonça sa fille au préfet de la province, Martinianus (Marcien). Barbe fut arrêtée et torturée. Le juge la condamna à être décapitée et il chargea son père, Dioscore, de l’exécution, ce que ce dernier accomplit sans hésitation. Le père fut puni en mourant peu après foudroyé.

Un homme charitable, Valentin, enterra le corps de Barbe avec celui d’une autre vierge martyrisée avec elle, sainte Julienne (Juliana), laquelle est aussi commémorée avec elle le 4 décembre. Sainte Julienne avait été convertie par l’exemple de sainte Barbe.

En raison de l’épisode des trois fenêtres symbolisant la Très-Sainte Trinité, il est possible que le culte de sainte Barbara se soit répandu très rapidement dans tout l’univers chrétien après le concile de Nicée (autre ville de Bithynie) tenu en 325, concile qui proclama la définition théologique de la Trinité.

Reliquaire de sainte Barbe sur l'ile de Burano près de Venise.
Reliquaire de sainte Barbe sur l’ile de Burano près de Venise.
L’empereur Léon VI le Sage (886-912) fit édifier (ou reconstruire ?) vers l’an 900 une église dédiée à sainte Barbara à Constantinople, afin d’y abriter ses reliques de la sainte, venues de Nicomédie (la translation de celles-ci remonteraient à l’an 565). Sous l’empereur Basile II le Bulgaroctone (976-1025), la princesse Marie Argyropoula (probable sœur ou nièce de l’empereur) épousa dans la chapelle impériale de Constantinople Jean, fils du doge de Venise Pietro II Orseolo (991-1009). La nouvelle épouse obtint de quitter Constantinople pour Venise avec les reliques de la mégalomartyre Barbara, qui furent déposée en 971 dans la basilique Saint-Marc. Après la mort de Jean Orseolo et de sa femme Marie Argyropoula, Orso, évêque de Torcello, et Felicita, abbesse du monastère Saint-Jean-L’Evangéliste de Torcello, tous deux frère & sœur de Jean Orseolo, firent transférer en 1009 ces reliques dans l’église du susdit monastère sur l’île de Torcello. Ce monastère ayant été détruit par les troupes françaises sous Napoléon, les reliques furent alors déposées dans l’église de Saint-Martin sur l’île voisine de Burano, où l’on peut toujours les vénérer aujourd’hui. Ces reliques ont effectuées un voyage triomphal en Grèce du 10 au 24 mai 2015, où elles furent vénérées par les foules des fidèles.

L’église des Jésuite de Venise, conserve aussi le corps d’une sainte Barbara rapporté de Constantinople en 1258, mais c’est celui d’une autre sainte vierge du même nom.

Parmi les nombreux miracles dus à l’intercession de sainte Barbe, on peut rapporter celui survenu à Gorkum en Hollande le 28 août 1448, où un certain Henri Kock, complètement brûlé par le feu, fut maintenu miraculeusement en vie le temps de recevoir les derniers sacrements. De là peut-être (et des circonstances de la mort de son père Dioscore) vient le patronage traditionnel de sainte Barbe pour les métiers liés au feu et à la foudre : elle est la patronne des sapeurs-pompiers, des artilleurs, des mineurs (le jour de la sainte Barbe était férié dans les mines au XIXème siècle).

*

Nous fêtons aussi en ce jour notre vénérable Père Jean Damascène.

Saint Jean de Damas est né dans une famille chrétienne arabe éminente de cette ville au VIIème siècle. A sa naissance il portait le nom de Victor fils de Serge, en arabe Mansour ibn Sarjoun (منصور بن سرجون التغلبي). Devenu moine, il prendra le nom de Yuḥannā Al Demashqi (يوحنا الدمشقي), ou en grec Iôannês Damaskênos (Ιωάννης Δαμασκήνος) et en latin Iohannes Damascenus : Jean Damascène.

Les tribus arabes des confins de la Syrie et de la Palestine avaient de bonne heure été utilisées par les Romains dans leur système de défense des frontières orientales de l’Empire. Ces tribus, qui étaient très tôt devenues chrétiennes, avaient fini par se fédérer au début du IIIème siècle, constituant le royaume arabe chrétien des Ghassanides, vassal de l’Empire romain.

Saint Jean Damascène avait été nommé à sa naissance Mansour (=Victor), en l’honneur de son grand-père Mansour, qui était chargé de la collecte des impôts de la région de Damas par l’empereur Héraclius. À la prise de la ville par les troupes musulmanes en 635, Mansour resta en poste dans la nouvelle administration, comme nombre de fonctionnaires chrétiens de Syrie.

Le père de Jean, Serge fils de Mansour (ou, en arabe, Sarjoun ibn Mansour) fut lui aussi employé par les premiers califes musulmans, dans la perception des taxes, pour l’ensemble du Moyen-Orient. Il obtint des califes omeyyades qui s’étaient établis à Damas en 661, qu’ils y épargnent la basilique Saint-Jean-Baptiste ; mais elle fut transformée en mosquée 70 ans après la conquête musulmane.

Serge dépensait en œuvres de charité ses revenus, et surtout il profita de sa situation pour racheter des esclaves chrétiens et les affranchir. En particulier, il acheta pour l’affranchir le savant Côme, moine de Sicile et lui demanda de devenir précepteur de ses deux « fils » : Mansour (futur Jean) et un autre Côme, orphelin de père et mère que Serge avait recueilli. Les deux enfants reçurent une éducation soignée et furent très versés dès l’enfance dans la philosophie (en particulier celle d’Aristote), la théologie, les mathématiques, l’astronomie, la rhétorique ou encore l’étude des langues.

Icône de la Mère de Dieu Tricherousa (à 3 mains), patronne de la Serbie, du monastère serbe de Chilandar au Mont-Athos. Elle est une copie ancienne de l'icône devant laquelle saint Jean Damascène avait imploré la Mère de Dieu après son imputation de la main.
Icône de la Mère de Dieu Tricherousa, patronne de la Serbie, du monastère serbe de Chilandar au Mont-Athos. Elle est une copie ancienne de l’icône devant laquelle saint Jean Damascène avait imploré la Mère de Dieu après son imputation de la main.
En 726, malgré les protestations de Germain Ier, patriarche de Constantinople, l’empereur Léon III l’Isaurien commence sa politique iconoclaste et détruit les saintes images. Saint Jean Damascène est l’un des tous premiers à réagir et a rédiger trois Traités contre ceux qui décrient les saintes images, ce qui lui procura aussitôt une grande réputation.

Pour contrer son influence, Léon III s’arrangea pour faire parvenir au Calife des documents falsifiés impliquant saint Jean Damascène dans un faux projet d’attaque de Damas par les troupes byzantines. Jean, qui était employé à la suite de son père à la Cour omeyyade, ne put convaincre le Calife de son innocence et fut condamné à avoir la main droite tranchée. À la suite de sa prière insistante devant une icône de la Vierge Marie, saint Jean eut sa main miraculeusement recollée, et se présenta devant le Calife avec ses deux mains. Celui-ci, vivement impressionné, comprit alors qu’il était innocent et voulut le réintégrer dans son poste, mais Jean refusa, et choisit de devenir moine. Il fit faire une forme de main en argent et la fit accrocher à l’icône devant laquelle il avait prié, en signe de reconnaissance. De là est né le type d’icône de La Mère de Dieu aux trois mains (ou Tricherousa). Puis, avec son frère de lait Côme, il partit avec l’icône à la grande Laure de Saint-Sabbas en Palestine près de Jérusalem, monastère où s’était retiré leur vieux maître Côme le Moine, pour y faire tous deux profession monastique, Mansour choisissant de prendre pour nom monastique Jean.

Les saints frères hymnographes Jean Damascène et Côme de Maïouma
Les saints frères hymnographes Jean Damascène et Côme de Maïouma
Au monastère de Saint-Sabbas, où il est ordonné prêtre en 735, Jean de Damas rédigea de nombreux traités de théologie & prononça de nombreuses homélies, à la pensée élevée. Dans une homélie justement célèbre sur l’Annonciation, il qualifie la Vierge Marie d’ « Espérance des désespérés ».

Parmi ces traités, on pourra citer la Fontaine de la connaissance, rédigé en trois parties en 743 : la première partie traite de philosophie et de logique, afin de poser les bases d’un raisonnement clair ; la seconde partie traite des diverses hérésies et se termine par la 100ème hérésie, où l’auteur développe une analyse sans complaisance de l’Islam et de ses origines (saint Jean Damascène est le premier auteur chrétien à nous renseigner sur l’Islam et les musulmans, qu’il appelle à juste titre les Mutilateurs de Dieu) ; La troisième partie enfin – « Exposition exacte de la foi orthodoxe » – est une synthèse magistrale de l’enseignement des Pères des six premiers siècles, préfigurant le travail de saint Thomas d’Aquin.

Saint Jean développe aussi dans son monastère une activité hymnographique importante, organisant le livre des Huit Tons ou Octoèque, qui structure jusqu’à nos jours la liturgie byzantine. Beaucoup de pièces de l’Octoèque remontent à une période plus reculée (notamment les stichères du lucernaire), il est probable que saint Jean Damascène a organisé les textes selon les tons et complété les séries de stichères et de tropaires qui étaient incomplètes. A Saint-Sabbas toujours, de concert avec son frère de lait saint Côme qui deviendra évêque de Maïouma en Palestine, il compose de nombreux canons pour toutes les grandes fêtes de l’année. Les deux frères, s’ils n’ont pas inventé le genre (la gloire en reviendrait peut-être à saint André de Crète, autre Damascène qui avait fait profession monastique à Jérusalem), ont systématisé et popularisé la forme du canon, vaste composition lyrique en 9 odes qui forme le fleuron de l’office des matines dans le rit byzantin.

Saint Jean Damascène meurt le 4 décembre 749, en la fête de sainte Barbara pour laquelle il avait une grande vénération. Les deux canons de l’office du 4 décembre, celui de sainte Barbara et celui de saint Jean Damascène, ont été composés par saint Etienne le Sabbaïte (725 † 794 ou 807), le propre neveu de saint Jean et comme lui moine à Saint-Sabbas.

Le pseudo-concile iconoclaste réuni le 10 février 753 au palais impérial de Hiéria, près de Chalcédoine, par l’empereur Constantin Copronyme, enregistrait avec satisfaction la mort des trois principaux défenseurs des saintes images : Germain de Constantinople, Georges de Chypre et Jean de Damas, par cette formule : « La Trinité a fait disparaître les trois ». Corrigeant cette erreur, le VIlème Concile œcuménique, réuni à Nicée en 787 et qui condamna l’hérésie iconoclaste, déclara: « La Trinité a glorifié les trois ». La sixième session de ce Concile de Nicée II fit l’éloge de saint Jean Damascène ; la septième session proclama sa « mémoire éternelle ».

Le corps de saint Jean Damascène fut conservé pendant au moins quatre siècles dans la laure de Saint-Sabbas, avant d’être apporté à Constantinople. Certains Martyrologes latins doivent faire allusion à cette translation en inscrivant au 6 mai la mention suivante : « A Constantinople, déposition de Jean Damascène, de sainte mémoire, docteur insigne. »

Saint Jean Damascène a été proclamé docteur de l’Église catholique par le pape Léon XIII en 1890.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Vénérable Père. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mégalomartyre. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 3, 4 tropaires de la 3ème ode de la Mégalomartyre (œuvre de saint Etienne le Sabbaïte (725 † 794 ou 807)) & 4 tropaires de la 6ème ode du canon du Vénérable Père (œuvre du même hymnographe) :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Comme un lis a fleuri le désert et de même fleurira * l’Eglise stérile des nations à ton avènement, Seigneur : ** en lui mon cœur s’est affermi.
6. Blessée par la douce flèche de ton amour, * Barbara méprisa la paternelle impiété ** pour n’aimer que toi, Seigneur, son époux.
7. Ni l’attrait des délices ni les fleurs de la beauté, * ni la richesse ni les plaisirs de la jeunesse n’ont séduit ** Barbara, vierge si belle et fiancée au Seigneur.
8. Nul obstacle n’empêche de combattre jusqu’au bout, * ni la faiblesse du sexe, ni la fleur des jeunes ans, ** quand on est soutenu par ta force invincible, Seigneur.
9. Encerclé par l’abîme de mes péchés, * j’invoque l’abîme insondable de ta compassion : ** de la fosse, mon Dieu, relève-moi.
10. Eclairé par la grâce de l’Esprit, saint Jean, * riche de science humaine et de savoir divin, ** tu les transmis largement à qui manquait de ces biens.
11. Rivalisant avec les chœurs célestes, tu rythmas * pour les Eglises des chants conformes à la vraie foi, ** entonnant des hymnes pour chanter la Trinité.
12. Ô Vierge, sans connaître d’homme tu conçus * et, vierge demeurant, tu révélas bien clairement ** la divinité de ton Fils et ton Dieu.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Tropaire de la Mégalomartyre, ton 8 : Louons sainte Barbara, * elle a rompu les filets de l’ennemi * et comme un oiseau elle s’en est échappée ** par le secours et la protection de la Croix.
3. Tropaire du Vénérable Père, ton 8 : Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, * luminaire de l’univers, ornement des moines inspiré de Dieu, * ô docte saint Jean, tu nous as tous illuminés par tes enseignements, * toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit. ** Intercède auprès du Christ notre Dieu, pour qu’il sauve nos âmes.
4. Kondakion de la Mégalomartyre, ton 4 : Ayant suivi le Dieu * dignement chanté dans la Trinité, * tu as brisé les autels consacrés aux idoles, * tu as virilement supporté d’être plongée dans de douloureuses souffrances, ô sainte martyre Barbara, * sans craindre les menaces des tyrans, * en chantant sans cesse d’une voix forte : ** je vénère la Trinité, le Dieu unique.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion du Vénérable Père, ton 4 : L’hymnographe et le fameux combattant de Dieu, * de l’Eglise le docteur et le maître, des ennemis l’adversaire, Jean, célébrons-le ! * Pour avoir pris la Croix du Seigneur comme un glaive, il a coupé tout le mensonge des hérésies, * et comme fervent intercesseur devant Dieu, ** à tous il accorde le pardon des transgressions.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion du dimanche, ton 3 : Tu es ressuscité aujourd’hui du tombeau, ô Miséricordieux, * et Tu nous as écartés des portes de la mort. * Aujourd’hui Adam exulte et Ève se réjouit ; * avec eux prophètes et patriarches ne cessent de chanter ** la force divine de ta puissance.

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
℟. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
℣. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).
[De la Mégalomartyre, ton 4 :
℟. Dieu est admirable dans ses saints, lui le Dieu d’Israël (Psaume 67, 36).]

Epîtres
Du dimanche : Colossiens (§ 250) I, 12-18.
Il est le chef, la tête du corps de l’Église. Il est les prémices, et le premier-né d’entre les morts, afin qu’il soit le premier en tout.
[De la Mégalomartyre : Galates (§ 208) III, 23-29.
Il n’y a plus maintenant ni de Juif, ni de gentil: ni d’esclave, ni de libre ; ni d’homme, ni de femme ; mais vous n’êtes tous qu’un en Jésus-Christ.]

Alleluia
Du dimanche, ton 3 :
℣. En toi, Seigneur, j’ai mon abri ; sur moi pas de honte à jamais (Psaume 30, 2).
℣. Sois pour moi un Dieu qui me défend, un lieu fort qui me sauve (Psaume 30, 3).
[De la Mégalomartyre, ton 1 :
℣. J’espérais le Seigneur d’un grand espoir, il s’est penché vers moi, et il écouta mon cri (Psaume 39, 1).]

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 85) XVII, 12-19.
Alors Jésus dit : Tous les dix n’ont-ils pas été guéris ? Où sont donc les neuf autres ?
(évangile du XXIXème dimanche après la Pentecôte)
[De la Mégalomartyre : Marc (§ 21) V, 24-34.
Et Jésus lui dit : Ma fille, ta foi t’a sauvée.]

Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[De la Mégalomartyre : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).] Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du second dimanche de l’Avent

Saint-Eugène, le dimanche 10 décembre 2017, grand’messe de 11h (pas de vêpres exceptionnellement ce dimanche).

Après tant de signes et de prodiges que le Sauveur avait fait voir, il ne pouvait être pour personne un sujet de scandale, mais il aurait dû rester pour tous un sujet d’admiration. Cependant après tant de miracles, sa mort causa un très grand scandale dans l’esprit des infidèles ; et c’est pourquoi saint Paul a dit : « Nous prêchons le Christ crucifié ; scandale pour les Juifs, folie pour les Gentils ». Oui, les hommes regardèrent comme une folie que l’auteur de la vie mourût pour le salut des hommes ; et ainsi l’homme a tiré un sujet de scandale de ce qui devait le plus exciter sa reconnaissance. Car Dieu doit être honoré par les hommes d’une manière d’autant plus digne, qu’il a souffert pour les hommes de plus indignes traitements.
Sermon de saint Jérôme, prêtre, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce jour, au second nocturne.

Catéchisme de l’Avent

A la sainte messe :

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Programme du XXVIIème dimanche après la Pentecôte – Icône de la Vierge du Signe – saint Jacques le Persan – ton 2

Icône de la Vierge du Signe de NovgorodParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 10 décembre 2017 du calendrier grégorien – 27 novembre 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Carême de Noël. Nous fêtons aussi en ce jour l’icône miraculeuse de la Vierge du Signe de Novgorod.

Cette icône appartient à un type iconographique ancien : la Vierge y est représentée en buste, en orante, élevant ses mains, l’image de son fils est inscrite dans un médaillon qu’elle porte sur son cœur. La prophétie du chapitre VII, versets 14 & 15, du prophète Isaïe sert de base théologique à la composition iconographique de l’œuvre, qui est comme une prédication en image du mystère de l’Incarnation :

C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Une vierge concevra, et elle enfantera un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel. Il mangera du beurre et du miel, en sorte qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien.
Isaïe VII, 14-15.

L’icône miraculeuse de Novgorod remonte au moins au XIIème siècle et est tenue pour l’icône la plus ancienne de Russie. Elle fut restaurée au XVIème siècle par le patriarche Macaire de Moscou. Elle est écrite sur un panneau de bois presque carré (59 par 52,7 cm), saint Joachim et sainte Anne figurent au verso, priant le Christ.

Voici l’histoire de cette icône miraculeuse. L’an 1170, les force armées des Souzdaliens dirigées par le prince Mstislav Andreevitch, fils d’André Ier Bogolioubski, font le siège de la ville de Novgorod la Grande, dont les forces sont inférieures en nombre.

Le troisième jour du siège, l’archevêque Jean de Novgorod entend une voix céleste, qui lui ordonne de prendre l’icône dans l’église de la Transfiguration-du-Sauveur-sur-Iline et de la faire porter en procession sur les murs fortifiés du kremlin de la ville.

Au cours de cette procession, les assaillants dardent leurs flèches vers l’icône et l’une d’entre elles atteint le visage de Notre Dame. A cet instant, des larmes se mettent à couler des yeux de l’icône, et la Vierge tourne son visage vers le peuple de Novgorod. Une ténèbre s’abat sur le champ de bataille & les assaillants pris de terreurs, jettent leurs armes et battent en retraite.

Dix ans après, l’archevêque Elie de Novgorod fait édifier en action de grâce l’église de l’Annonciation-à-Arkaji à l’emplacement précis où survint le miracle. Il institue également ce jour de fête au 27 novembre, toujours célébré en Russie.

L’icône quant à elle, qui avait repris sa place dans l’église de la Transfiguration-du-Sauveur-sur-Iline, fut déplacée dans l’église (future cathédrale) de Notre-Dame du Signe en 1354. Après la révolution d’octobre 1917, et les spoliations des églises par les communistes, l’icône fut déposée dans un musée. Mais en août 1991, l’icône miraculeuse fut restituée à l’Eglise russe, qui la propose depuis à la vénération des fidèles dans la cathédrale Sainte-Sophie de Novgorod.

De très nombreuses copies de cette icône ont été réalisées en Russie. Plusieurs d’entre elles furent également à nouveau miraculeuses et portent alors le nom de l’endroit où le miracle s’est produit.

Icône du Signe Kourskaya Korenaya
Icône du Signe Kourskaya Korenaya.
Parmi les plus connues, on pourra citer l’icône du Signe Kourskaya Korenaya. Elle fut découverte le 8 septembre 1295, par un habitant de la ville de Rylsk, près d’un grand chêne sur la rive du fleuve Touskara. Tandis qu’il soulevait l’icône, une source se mit à couler de dessous les racines du chêne. A cet emplacement se produisirent des guérisons miraculeuses, on y érigea la cathédrale de la Nativité de la Mère de Dieu, dans l’ermitage masculin de Korennoi. En 1485 des Tartares brulèrent cet ermitage et coupèrent en deux l’icône, emmenant en esclavage en Crimée le prêtre desservant, du nom de Bogolep. Ayant été libéré après versement d’une rançon, Bogolep retrouva les deux morceaux de l’icône, qui, ayant été rapprochés, se soudèrent sans colle.

En 1597, le tsar Théodore Ioannovich déplaça à Moscou cette icône que la tsarine Irène orna de pierres précieuses. L’année suivante, elle fut placée dans la cathédrale de la ville de Koursk puis dans le monastère Znamenskii (du Signe) qui fut construit au début du XVIIème siècle pour l’abriter. A partir de 1726, on prit l’habitude de faire revenir l’icône deux semaines par an à l’ermitage de Korennoi, lieu de sa première découverte. Cet usage fut précisé en 1806 par un oukase impérial, qui réglait que l’icône devait revenir tous les ans à l’ermitage de Korennoi, de la neuvième semaine après Pâques jusqu’au 9 septembre. A ces dates une gigantesque procession avec la croix (Крестный ход) portait l’icône depuis Koursk et l’y ramenait, soit une distance de plus de 40 kilomètres. Quarante à cinquante mille personnes y participaient habituellement, beaucoup de guérisons miraculeuses s’enregistraient chaque année lors de ce pèlerinage devenu très populaire en Russie. L’une des plus fameuses guérisons fut celle de Prokhore Isidorovitch Mochnine qui fut guéri miraculeusement à l’âge de 10 ans tandis que la procession passait devant sa maison. Il devint par la suite en religion le Père Séraphim de Sarov, l’un des plus grands saints de la Russie moderne.

Icône du Signe Kourskaya Korenaya avec riza
Icône du Signe Kourskaya Korenaya avec riza.
L’icône fut l’objet d’un attentat terroriste dans la nuit du 7 au 8 mars 1898, à 1h50 du matin de la part d’anarchistes athées. Des explosifs furent placés autour de l’icône, qui causèrent des dommages terribles dans un rayon de 10 mètres, mais l’icône ne subit miraculeusement aucun dommage. L’explosion survint alors que les moines et le peuple chantaient les vigiles dominicales de toute la nuit, mais tous sortirent indemnes de l’attentat. L’un des anarchistes se convertit après cet évènement et devint fervent chrétien.

A la révolution communiste, l’icône quitta la Russie avec les soldats de l’Armée blanche qui prenaient l’exil. Depuis 1951 cette icône de la Vierge du Signe Kourskaya Korenaya réside aux Etats-Unis, au siège de l’Eglise Russe Hors Frontières.

*

Nous fêtons aussi en ce jour le mégalomartyr Jacques le Persan.

Saint Jacques était d’une riche et considérable famille de la ville de Gondishapour (dans l’actuel Khouzistan iranien), capitale d’été des empereurs perses sassanides, ville qui était appelée en araméen Beth Lapéta, en laquelle les chrétiens étaient nombreux, car la ville avait été édifiée par l’empereur Shapour Ier pour y recevoir les habitants d’Antioche déportés après la conquête de cette ville en 253.

L’empereur perse Yazdgard Ier (régnant de 399 à 420), d’abord très favorable aux chrétiens, changea de politique et lança une terrible persécution pendant les quatre dernières années de son règne. Jacques, pour préserver ses avantages à la cour, apostasie et abjure alors sa foi dans le Christ. Cependant, sa mère et sa femme lui envoyèrent une lettre où elles lui faisaient savoir qu’elles n’avaient plus rien de commun avec lui, parce qu’il avait préféré une gloire passagère à l’amour du Christ et à la promesse des biens éternels. Jacques fut frappé par leur message et, pleurant amèrement son péché, il confessa publiquement sa faute et se déclara partout disciple de Celui qui est mort pour nos péchés.

La succession de l’empereur Yazdgard Ier ayant été complexe, lorsque le pouvoir impérial fut enfin maîtrisé par son fils l’empereur Vahram V, celui-ci repris la politique de son père et continua la persécution contre les chrétiens. Il reprocha alors à Jacques sa foi chrétienne, signe pour lui de l’ingratitude de toutes les largesses et responsabilités politiques que son père lui avait témoignées et confiées.

Ce tyran imagina un supplice épouvantable et convoqua toute la ville pour en être témoin. Après avoir lié saint Jacques, on lui coupa méthodiquement et progressivement tous les membres, en 28 morceaux, en commençant d’abord par les doigts et les orteils, puis les mains et les pieds, jusqu’aux jambes, aux bras jusqu’aux cuisses et aux épaules, et pour finir par la tête. De là vient le surnom – saint Jacques l’Intercis, qui signifie « taillé en pièces » – sous lequel ce mégalomartyr est connu en Occident. Pendant tout cet épouvantable martyre, saint Jacques ne cessa pas de louer Dieu et de proclamer sa vérité et sa justice, et au fur et à mesure que ses membres étaient coupés, une joie surnaturelle l’envahissait. Les actes de son martyre rédigés en araméen rapportent ces prières. En voici la dernière, juste avant sa mort :

Mon Dieu, me voilà par terre, au milieu de mes membres semés de toutes parts ; je n’ai plus mes doigts pour les joindre en suppliant, je n’ai plus mes mains pour les élever vers toi ; je n’ai plus mes pieds, ni mes jambes, ni mes bras. Seigneur, que ta colère s’arrête sur moi, et se détourne de ton peuple, et je te bénirai, moi le dernier de tes serviteurs, avec tous les martyrs et tous les confesseurs de l’Orient et de l’Occident, du Nord et du Midi, Toi, ton Fils, et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen.

Ce martyre survint le 27 novembre 421. Les chrétiens offrirent une somme d’argent considérable pour pouvoir recueillir les reliques du grand martyr, mais cela leur fut officiellement refusé. Ils parvinrent néanmoins à rassembler le corps épars de saint Jacques grâce à des bourreaux. Un grand nombre de monastères en Orient se sont placés sous le patronage de ce glorieux martyr.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Mégalomartyr. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Kondakion : de la Mère de Dieu.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 2, & 4 tropaires de la 3ème ode du premier canon de la Mère de Dieu :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Au plus profond de l’Enfer, * lorsqu’ils virent ta clarté, * ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort, ** ô Christ, se levèrent, ressuscités.
6. Ressuscité du tombeau, * tu vins au-devant des Myrrophores, * et les Disciples reçurent la mission ** de proclamer ta Résurrection.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : * Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire de la Mère de Dieu (« du Signe »), ton 4 : C’est un rempart infrangible * et une source de miracle, * qu’en toi ont reçu tes serviteurs Mère de Dieu Très-pure, * qui repousses les attaques des ennemis ; * c’est pourquoi nous te prions : * donne la paix à notre patrie ** et la grande miséricorde à nos âmes.
3. Tropaire du Mégalomartyr, ton 4 : Ton Martyr Jacques, Seigneur, * pour le combat qu’il a mené, a reçu la couronne d’immortalité de toi, notre Dieu ; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par ses prières sauve nos âmes.
4. Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion du Mégalomartyr, ton 2 : Docile à ta bonne épouse * et craignant le redoutable jugement, * tu bannis la crainte et le souci des Perses, ô Jacques * et devins un admirable martyr, ** supportant que ton corps fût taillé comme un sarment.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion de la Mère de Dieu, ton 4 : L’image honorée de ton signe, * ton peuple la fête, ô Mère de Dieu, * car tu as accordé une victoire miraculeuse à ta ville résistante, * c’est pour cela que nous te crions avec foi : ** Réjouis-toi, Vierge, louange des chrétiens.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
℣. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
De la Mère de Dieu, ton 3 :
℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 233) VI, 10-17.
Prenez encore le casque du salut, et l’épée spirituelle qui est la parole de Dieu.
De la Mère de Dieu : Hébreux (§ 320) IX, 1-7.
Après le second voile était le tabernacle, appelé, le Saint des saints.

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
℣. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
℣. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
De la Mère de Dieu, ton 8 :
℣. Ecoute, ma fille, regarde et tends l’oreille (Psaume 44, 11).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 71) XIII, 10-17.
Pourquoi donc ne fallait-il pas délivrer de ses liens, en un jour de sabbat, cette fille d’Abraham, que Satan avait tenue ainsi liée durant dix-huit ans ?
De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42 ; XI, 27-28.
Jésus lui dit : Mais plutôt heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent !

Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme de la fête de l’Immaculée Conception

Francisco de Zurbaran - l'Immaculée Conception - 1664Saint-Eugène, le vendredi 8 décembre 2017, grand’messe de 19h, suivie d’une procession en l’honneur de la Très-Sainte Vierge Marie jusqu’à Notre-Dame-des-Victoires où sera chanté l’office des complies.

Catéchisme sur l’Immaculée Conception

Les qualités et les grandeurs de la bienheureuse et glorieuse Marie, toujours vierge, l’ange nous les déclare de la part de Dieu, quand il dit : « Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes. » Il convenait que de tels dons fussent assurés à la Vierge. Celle-là devait être pleine de grâce, qui a donné de la gloire au ciel et le Seigneur à la terre, qui a fait luire la paix, qui a apporté la foi aux nations, une fin aux vices, une règle de vie, une discipline pour les mœurs. Pleine de grâce, en effet, Marie en a reçu la plénitude, tandis que la grâce n’est donnée aux autres que partiellement. Vraiment pleine de grâce, parce que si la grâce s’est trouvée dans les saints Pères et dans les Prophètes, elle ne leur fut pas octroyée dans sa plénitude ; mais en Marie fut mise, quoique d’une manière différente, toute la somme des grâces qui se trouvent dans le Christ. Et c’est pourquoi l’Ange lui dit : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes ; » c’est-à-dire bénie au-dessus de toutes les femmes. Et par cela même, tout ce qu’il y avait de malédiction attirée par Ève, a été effacé par la bénédiction de Marie. C’est d’elle que Salomon chante comme à sa louange dans ses Cantiques : « Viens, ma colombe, mon immaculée ; déjà l’hiver est passé, la pluie a cessé ; » et il ajoute : « Viens du Liban, viens, tu seras couronnée. »
Sermon de saint Jérôme, prêtre, IVème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

  • Kyriale VIII – De Angelis
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire, Conceptio Mariæ virginis – Prose des missels médiévaux (XIIIème siècle)
  • Après la Consécration : O salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790) – harmonisation de Charles Gounod (1818 † 1893)
  • Pendant la communion : Tota pulchra es, Maria – antienne du XIVème siècle
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Ave maris stella – Hymne des fêtes de la Sainte Vierge, à Vêpres, ton dit « des Pèlerinages », en alternance avec le ton de Notre-Dame des Victoires

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Fête de la Présentation de la Mère de Dieu au Temple de Jérusalem

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le lundi 4 décembre 2017 du calendrier grégorien – 21 novembre 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 11h40, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 12h.

La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu, célébrée le 21 novembre (4 décembre grégorien), constitue l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine (la 2nde dans l’ordre du calendrier des 5 grandes fêtes dédiées à la Sainte Vierge). Elle est précédée dans le rit byzantin d’un jour d’avant-fête le 20 novembre et suivie de 4 jours d’après-fête qui se clôturent le 25 novembre.

L’épisode de la présentation au Temple de Jérusalem de la Vierge Marie n’est pas scripturaire mais se trouve dans un apocryphe, le Protoévangile de Jacques. Composé probablement en Egypte avant le milieu du IInd siècle, ce texte est déjà évoqué par saint Justin (mort vers 165) dans le Dialogue avec Tryphon, par saint Clément d’Alexandrie et par Origène qui s’y réfère explicitement dans le Commentaire de saint Matthieu. Quoique contenant beaucoup de récits merveilleux visant à satisfaire la curiosité des fidèles et bien qu’il ait subi de nombreuses et complexes modifications ultérieures, le texte, de par son ancienneté, a pu toutefois recueillir des traditions orales authentiques. Voici le passage du Protoévangile de Jacques relatif à l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu :

Les mois se succédèrent pour la petit fille. Lorsqu’elle eut deux ans, Joachim dit : Menons-la au Temple du Seigneur, afin que s’accomplisse la promesse que nous avons faite, sinon le Tout-Puissant nous avertirait et l’offrande que nous lui ferions serait rejetée. Mais Anne répondit : Attendons la troisième année pour que l’enfant soit en âge de reconnaître son père et sa mère. Et Joachim répondit : Attendons !

Lorsque la petite fille eut trois ans, Joachim dit : Appelez les filles d’Hébreux de race pure, et qu’elles prennent chacune un flambeau, un flambeau qui ne s’éteindra pas. L’enfant ne devra pas retourner en arrière et son cœur ne se fixera pas hors du Temple du Seigneur. Elles obéirent à cet ordre et elles montèrent ensemble au Temple du Seigneur. Et le prêtre accueillit l’enfant et la prit dans ses bras. Il la bénit, en disant : Il a glorifié ton nom, le Seigneur, dans toutes les générations. C’est en toi qu’aux derniers jours il révélera la Rédemption qu’il accorde aux fils d’Israël ! Et il fit asseoir l’enfant sur le troisième degré de l’autel. Et le Seigneur Dieu fit descendre sa grâce sur elle. Et, debout sur ses pieds, elle se mit à danser. Et elle fut chère à toute la maison d’Israël. Les parents redescendirent du Temple, et ils étaient remplis d’admiration, et ils louaient Dieu car l’enfant ne s’était pas retournée en arrière. Et Marie demeurait dans le Temple du Seigneur, semblable à une colombe, et la main d’un Ange la nourrissait.

Ce récit de cette consécration à Dieu de la Vierge Marie est d’ailleurs si conforme à ce que la dévotion chrétienne à toujours ressenti relativement à la vie immaculée de Marie, qu’il a jouit très tôt de la faveur des fidèles. C’est ainsi qu’on voit dans la crypte de Saint-Maximin dans le Var, datant du Vème siècle, une image de la Vierge Marie orante gravée sur une pierre tombale avec l’inscription suivante en bas latin : Marie la Vierge servant dans le Temple de Jérusalem.

L’origine de la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple au 21 novembre serait peut-être palestinienne : la vie de saint Jean le Silentiaire, écrite au milieu du VIème siècle par Cyrille de Scythopolis, nous apprend qu’en novembre 543, à Jérusalem, eut lieu la dédicace de la basilique Sainte-Marie-la-Neuve, construite sur ordre de Justinien dans la partie méridionale de la plate-forme qui avait porté le Temple et ses annexes. Il est probable que la date du 21 novembre rappelle le souvenir de cette dédicace. En tous cas, à Constantinople, la fête de la Présentation de Marie est attestée dès le VIIIème siècle, et des homélies de saint André de Crête (mort en 740) lui sont consacrées. En 1166, Michel Comnène la mît au nombre des fêtes où étaient défendues les séances judiciaires. La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu figure parmi les 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine. Le très beau tropaire de la fête (Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu) fait une référence à l’Eudoxia du Gloria chanté par les Anges à Noël.

En Occident, l’Angleterre célèbre cette fête un peu avant l’occupation normande, un calendrier hongrois la note au début du XIIIème siècle. Pour le rit romain, l’introduction de cette fête est due aux soins de Philippe de Maizières, envoyé de Pierre II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem, à la cour papale d’Avignon. En effet, l’ambassadeur décrivit sous des couleurs si brillantes cette solennité orientale à Grégoire XI, que celui-ci se décida à l’introduire dans le calendrier de la Curie en 1372. Dès 1373, le roi Charles V l’introduisit en la chapelle royale de France et, l’année suivante, convia tout le royaume à l’imiter, ce que fit aussi la Navarre. Comme Grégoire XI rentra à Rome après avoir fait célébrer la Présentation, cette fête devint plus importante et, peu à peu, elle fut adoptée un peu partout en Occident. Elle figure au missel romain de 1505 et à rang de fête double dans le bréviaire romain de 1550. Elle fut supprimée par saint Pie V dans le bréviaire de 1568 (la fête n’avait pas de fondement scripturaire ; or l’un des buts de la réforme tridentine était d’enlever des arguments aux protestants dans ce domaine) mais fut rétablie par le pape Sixte Quint en 1585 comme fête double puis élevée par Clément VIII en 1602 comme double majeur avec un nouvel office.

*

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire de la fête. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la fête.

A la divine liturgie de saint Jean Chrysostome

Tropaires des Béatitudes, ton 4 : 4 tropaires de la 3ème ode & 4 tropaires de la 6ème odes du premier canon de la fête (œuvre de saint Georges l’Hymnographe, évêque de Nicomédie en Bithynie – IXème siècle) :
1. En ce jour le Temple est devenu * le charmant séjour où l’on prépare la Fiancée ; * comme une chambre il a reçu le lit nuptial de la Divinité, ** la Vierge toute-pure, la plus belle des créatures.
2. David, prenant la direction du chœur, * exulte et danse avec nous : * il t’appelle Reine, ô Vierge immaculée, * vêtue de brocarts et te tenant ** dans le Temple en présence du Roi notre Dieu.
3. De celle en qui le genre humain * connut jadis la transgression * est issue la tige d’où fleurit * notre immortelle restauration, ** la Mère de Dieu présentée au Temple en ce jour.
4. Les Anges exultent dans le ciel : * avec eux la multitude des humains * en ce jour s’avance devant toi, * portant des lampes, Vierge pure, et proclamant ** tes merveilles en la maison de notre Dieu.
5. Celui qui par son verbe porte l’univers, * des Justes exauce l’oraison : * dans sa bonté les délivrant de la stérilité, ** il leur donna la Cause de notre joie.
6. Le Seigneur, voulant que soit connu * parmi toutes les nations son salut, * a choisi en l’humanité la Vierge inépousée ** comme signe pour réconcilier et recréer le genre humain.
7. Comme demeure de la grâce où sont gardés, * Vierge toute-pure, les trésors * de l’ineffable plan de Dieu pour le salut, * tu savoures dans le Temple les délices immaculées.
8. Lorsqu’il te reçut, telle un diadème royal, * divine Epouse, le Temple resplendit * et céda la place aux biens supérieurs, ** voyant qu’en toi s’accomplissaient les prophéties.

A la petite entrée :
1. Tropaire de la fête, ton 4 : Aujourd’hui est le prélude de la bienveillance de Dieu * et le salut des hommes est proclamé. * Dans le Temple de Dieu la Vierge est présentée * pour annoncer à tous les hommes la venue du Christ. * En son honneur, nous aussi, à pleine voix chantons-lui : * Réjouis-toi, ** accomplissement du dessein du Créateur.
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Kondakion de la fête, ton 7 : Le très-saint temple du Sauveur, * sa chambre nuptiale de grand prix, la Vierge, * trésor sacré de la gloire de Dieu, * en ce jour est présentée dans la maison du Seigneur ; * elle y apporte la grâce de l’Esprit divin * aussi les Anges de Dieu proclament * Voici le tabernacle céleste.

Prokimen
De la fête, ton 3 :
℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).
℣. Parce qu’il a regardé la bassesse de sa servante : car désormais je serai appelée bienheureuse dans la suite de tous les siècles (Luc I, 48)

Epître
De la fête : Hébreux (§ 320) IX, 1-7.
Après le second voile était le tabernacle, appelé, le Saint des saints.

Alleluia
De la fête, ton 8 :
℣. Ecoute, ma fille, regarde et tends l’oreille (Psaume 44, 11).
℣. Ton visage sera prié par les riches du peuple (Psaume 44, 13).

Evangile
De la fête : Luc (§ 54) X, 38-42 ; XI, 27-28.
Jésus lui dit : Mais plutôt heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent !

Mégalinaire à la Mère de Dieu, durant l’anaphore, ton 4 :
Les Anges s’émerveillèrent, * devant l’Entrée au Temple de la Vierge * s’étonnant de voir comme elle avançait 
jusqu’au Saint des saints.
Que de l’arche vivante de Dieu * aucune main profane n’ose s’approcher, * mais que nos lèvres fidèlement redisent sans cesse à la Mère de Dieu * le salut de l’ange Gabriel * et dans l’allégresse lui chantent: * Vierge pure, Dieu t’a élevée * plus haut que toute créature.

Verset de communion
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du premier dimanche de l’Avent

Avent01Saint-Eugène, le dimanche 3 novembre 2017 : grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Catéchisme de l’Avent
Le temps de l’Avent – du latin adventus qui signifie venue – est le temps liturgique préparatoire de Noël. Cette période a été instituée en Occident au cours du Vème siècle, sans doute en écho des conciles d’Ephèse et de Chalcédoine qui ont mis l’accent des prédicateurs sur l’Incarnation. A Rome, la messe stationale de ce premier jour de l’année liturgique se fait en la Basilique de Sainte-Marie-Majeure, reconstruite en 432 après le Concile d’Ephèse en l’honneur de la Mère de Dieu. Du reste, l’homélie de saint Grégoire le Grand qui se lit cette nuit à l’office nocturne a été prononcée dans cette basilique.

Dans l’Eglise romaine, l’Avent commence quatre dimanches avant Noël. Suivant le 9ème canon du concile de Macon de 581, l’Avent de l’ancien rit des Gaules comportait lui six dimanches (et commençait par la saint Martin le 11 novembre), comme du reste le font toujours les Milanais qui suivent le rit ambrosien et les Mozarabes (qui l’adoptèrent en 650). Les syriaques orientaux (assyriens & chaldéens) observent un Avent de quatre semaines comme les romains, et ce sont les seuls orientaux à avoir un temps liturgique spécial avant Noël. Chez les byzantins, seul un jeûne préparatoire commençant le 15 novembre est observé, sans incidence marquée dans les textes liturgiques, et les deux dimanches avant Noël font mémoire des ancêtres du Christ selon la chair.

L’Avent dans le rit romain est un temps de pénitence, que les usages liturgiques marquent de plusieurs façons : le violet devient la couleur de la liturgie, on n’orne plus les autels de fleurs, l’orgue cesse de se faire entendre seul, le diacre & le sous-diacre déposent leur dalmatique & leur tunique pour prendre les chasubles pliées. Le chant du Te Deum est supprimé de l’office nocturne et celui du Gloria de la messe (ce dernier, qui commence par les paroles même du chant des Anges lors de la naissance du Sauveur, se fera de nouveau entendre à Noël à la messe de minuit). Toutefois, ce temps de pénitence est aussi un temps de joyeuse espérance, avec l’emploi de textes magnifiques qui la chantent, l’alleluia n’y est du reste pas supprimé, contrairement au Carême. A l’office nocturne, on commence en ce jour la lecture du livre du prophète Isaïe, laquelle s’achèvera à Noël. On cantile les leçons d’Isaïe sur un ton spécial, particulièrement joyeux.

Il convient que tout homme se prépare à l’avènement du Sauveur ; de crainte qu’il ne le trouve livré à la gourmandise, ou embarrassé dans les soucis du siècle. Il est prouvé, par une expérience de tous les jours, que la vivacité de l’esprit s’altère par l’excès du boire, et que l’énergie du cœur est affaiblie par une trop grande quantité d’aliments. Le plaisir de manger peut devenir nuisible, même à la santé du corps, si la raison et la tempérance ne le modèrent, ne résistent à l’attrait, et ne retranchent au plaisir ce qui serait superflu.
Sermon de saint Léon le Grand, pape, Vème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

A la sainte messe :

IIndes vêpres du Ier dimanche de l’Avent. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O Salutaris Hostia – sur le ton de Conditor Alme siderum, hymne des vêpres de l’Avent
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Alma Redemptoris Mater – Vème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium – Ier ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – Ton « moderne »
  • Chant final, de l’Avent : Rorate cœli desuper – Ier ton

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